03/06/2022. Faut-il fermer les yeux sur l’islamisme à l’école ?

En visite le 2 juin dans  l’école Menpenti du 10e arrondissement de Marseille, Emmanuel Macron accompagné du nouveau ministre de l’éducation nationale, Pap Ndaye, a fait l’éloge d’une expérimentation scolaire censée donner plus de liberté et d’autonomie aux établissements et aux enseignants, à laquelle cette école avait accepté de participer.

Il s’agit d’un « labo de maths » pour les élèves de maternelle démarré au début de l’année dans l’un des cinquante-neuf établissements tests de « l’école du futur ». Ce projet de 2,5 millions d’euros, a donné lieu à un concert de louanges. « Effet d’entraînement », « émulation », « liberté », « sens », « sourire retrouvé », mise à mal des « déterminismes », apprentissage des « erreurs » et même « ruissellement » des savoirs.

Personne de sensé ne critiquera un tel projet…personne sauf sans doute les militants d’un islam de combat qui vise à s’implanter dans l’éducation nationale, en commençant par l’école primaire. Nombreux sont aujourd’hui les rapports des enseignants qui font état d’élèves de ces écoles qui interrompent leurs cours en leur disant qu’ils n’ont pas droit de tenir de tels propos « contraires à la sharia », la loi islamique – ceci même et surtout dans les sciences.

Si l’enseignant se tourne vers les parents pour qu’ils appellent leur progéniture à la raison, ces parents sont encore plus violents. Certains d’entre eux menacent l’instituteur du sort de Samuel Paty.

Ceci ne devrait pas surprendre. L’organisation multiforme qui se revendique de l’Etat islamique a bien compris que la guerre contre une France républicaine et laïque supposera en premier lieu la destruction de son école, en commençant par les maillons les plus faibles, les élèves du Primaire.

Laissés seuls, sans soutien du gouvernement et de l’administration, ceux des enseignants qui ont bien compris ce mécanisme de guerre de 4e génération d’un nouveau genre ne pourront rien faire.

Mais que faire dira-t-on ? Oserons nous dire pour notre part qu’à Moscou et Pékin la question ne se pose pas, autant que l’on sache? La guerre est la guerre.

02/06/2022 Le dépassement des limites planétaires

Référence https://theconversation.com/jusqua-quand-pourrons-nous-depasser-les-limites-planetaires-183781

Les sciences du système Terre appréhendent la planète comme une entité qui met en jeu des interactions complexes entre l’atmosphère, la lithosphère, l’hydrosphère et la biosphère (le vivant). Et comme tout système, la Terre est dotée de capacités d’adaptation qui permettent de maintenir un état d’équilibre dynamique entre ces éléments – on parle de « régime » pour désigner cet état de relative stabilité.

Pour ces sciences l’Holocène est une période interglaciaire du Quaternaire. C’est une période tempérée qui suit la dernière période glaciaire du Pléistocène (dénommée Glaciation vistulienne en Europe du Nord, Glaciation de Wisconsin en Amérique du Nord, et Glaciation de Würm dans les Alpes). L’Holocène est la deuxième et dernière époque de la période Quaternaire

Le régime de l’Holocène s’est avéré particulièrement favorable à l’épanouissement de l’homo sapiens. Ce régime est censé durer encore plus de 10 000 ans. Malheureusement l’humanité (ce même homo sapiens) est en train de menacer l’équilibre de ce régime. Autrement dit, nous sommes sur le point de franchir un point de bascule (tipping point.)

En écologie, il est démontré que les écosystèmes nous envoient des signes lorsqu’ils sont en train d’atteindre des niveaux de dégradation tels qu’ils ne peuvent plus assurer les fonctions de régulation qui leur permettent de maintenir leur équilibre. C’est ce qu’on appelle des « signaux d’alarme précoces » (« early warning signals » ).

Depuis plus de dix ans, des scientifiques issus de disciplines et d’institutions différentes travaillent ensemble à définir à l’échelle planétaire le cadre d’un « espace de fonctionnement sûr » (SOS – Safe Operating Space, ), caractérisé par des limites physiques que l’humanité devrait respecter sous peine de voir les conditions de vie sur Terre devenir bien moins accueillantes pour la vie humaine. Ce cadre a depuis été complété et actualisé à l’occasion de plusieurs publications.

 Par exemple, l’altération de l’utilisation des sols et des cycles de l’eau rend les systèmes plus sensibles aux changements climatiques. Les modifications négatives des trois grands systèmes globaux de régulation sont aujourd’hui bien documentées : l’érosion de la couche d’ozone, le changement climatique et l’acidification des océans.

D’autres cycles, plus lents et moins visibles, régulent la production de la biomasse et de la biodiversité, contribuant ainsi à la résilience des systèmes écologiques : les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, le cycle de l’eau douce, les changements d’utilisation des sols et l’intégrité génétique et fonctionnelle de la biosphère. Enfin, deux phénomènes présentent des limites qui ne sont à ce jour pas quantifiées par la communauté scientifique : la pollution atmosphérique par les aérosols et l’introduction d’entités nouvelles (chimiques ou biologiques, par exemple).

Ces sous-systèmes biophysiques réagissent de façon non linéaire, parfois brutale, et sont particulièrement sensibles lorsque l’on s’approche de certains seuils. Les conséquences du dépassement de ces seuils risquent alors d’être irréversibles et pourraient, dans certains cas, conduire à des changements environnementaux démesurés voire catastrophiques.

Les limites planétaires sont déjà dépassées pour le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, les cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore et le changement d’utilisation des sols. Selon les chercheurs du Stockholm Resilience Centre et leurs collègues (2022), celles relatives à la pollution plastique et chimique le sont aussi.

On s’approche également dangereusement des limites en ce qui concerne l’acidification des océans. Pour ce qui est du cycle de l’eau douce, si beaucoup considèrent que la limite n’est pas encore atteinte à l’échelle mondiale, le ministère de la Transition écologique et solidaire constate que le seuil est déjà franchi au niveau de la France

Ces dépassements ne pourront pas se prolonger indéfiniment sans menacer les équilibres du système Terre. D’autant que ces processus sont intimement liés les uns aux autres. Par exemple, transgresser les limites d’acidification des océans ainsi que celles des cycles de l’azote et du phosphore limitera, à terme, la capacité des océans à absorber le carbone atmosphérique. De même, l’artificialisation des terres et la déforestation diminuent la capacité des forêts à séquestrer le carbone, et donc à limiter le changement climatique. Mais elles réduisent aussi la résilience des systèmes locaux face aux changements globaux…

Les ressources biologiques dont nous dépendons subissent des transformations rapides et imprévisibles à l’horizon de quelques générations humaines. Ces transformations risquent de provoquer un effondrement des écosystèmes, des pénuries alimentaires ainsi que des crises sanitaires potentiellement bien pires que celle que nous connaissons aujourd’hui. Les principaux facteurs à l’origine de ces impacts planétaires sont clairement identifiés : il s’agit de la croissance de la consommation de ressources ; de la transformation et de la fragmentation des habitats naturels ; et de la consommation d’énergie.

Pour en savoir plus, lire Aurélien Boutaud et Natacha Gondran  « Les limites planétaires », paru en mai 2020 aux éditions La Découverte.

02/06/2022 Le paquet européen «économie circulaire»

Les ministère français de la transition écologique et de la transition énergétique précisent que l’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique plus circulaire.

Ce document précise les principes fondamentaux de l’économie circulaire, préserver les ressources de notre environnement, préserver notre santé, permettre le développement économique et industriel des territoires, réduire les déchets et le gaspillage.

L’économie circulaire est un modèle économique qui vise à répondre à ces enjeux. Elle vise à passer d’une société du tout jetable, basé sur une économie linéaire (extraire, fabriquer, consommer, jeter) vers un modèle économique plus circulaire.

Les nouveaux modèles de production et de consommation liés à l’économie circulaire peuvent être générateurs d’activités et de création d’emplois durables et non délocalisables.

L’économie circulaire fait partie du champ de l’économie verte. Les enjeux de l’économie circulaire sont à la fois environnementaux, économiques et sociaux.

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En France, la transition vers une économie circulaire est reconnue officiellement comme l’un des objectifs de la transition énergétique et écologique et comme l’un des engagements du développement durable. Elle nécessite de progresser dans plusieurs domaines.

L’approvisionnement durable : prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux des ressources utilisées, en particulier ceux associés à leur extraction et à leur exploitation.

L’écoconception : prendre en compte des impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie d’un produit et les intégrer dès sa conception.

L’écologie industrielle et territoriale : mettre en synergie et mutualiser entre plusieurs acteurs économiques les flux de matières, d’énergie, d’eau, les infrastructures, les biens ou encore les services afin d’optimiser l’utilisation des ressources sur un territoire.

L’économie de la fonctionnalité : privilégier l’usage à la possession, vendre un service plutôt qu’un bien.

La consommation responsable : prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit dans les choix d’achat, que l’acheteur soit public ou privé.

L’allongement de la durée d’usage des produits par le recours à la réparation, à la vente ou à l’achat d’occasion, par le don, dans le cadre du réemploi et de la réutilisation.

L’amélioration de la prévention, de la gestion et du recyclage des déchets, y compris en réinjectant et réutilisant les matières issues des déchets dans le cycle économique.
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Au niveau européen, quatre directives constituent le Paquet économie circulaire. Celles-ci parues en 2018 constituent le socle d’un passage à l’économie circulaire pour les prochaines années. Il s’agit de nouveaux objectifs mais aussi de nouvelles contraintes pour plus de réemploi et de recyclage ainsi que réduire les mises en décharge. Sa transcription en droit français impose de revisiter la feuille de route économie circulaire, toujours en attente de textes législatifs et réglementaires… Mais certaines dispositions sont déjà applicables !

Le paquet économie circulaire a été publié au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE) du 14 juin 2018. Il s’agit de quatre directives concernant les déchets : la directive relative aux véhicules hors d’usage, aux piles et aux DEE n° 2018/849 modifiant la directive 2000/53/CE, la directive concernant la mise en décharge des déchets n° 2018/850 modifiant la directive 1999/31/CE, la directive relative aux déchets n° 2018/851 modifiant la directive 2008/98/CE, la directive relative aux déchets d’emballages n° 2018/852 modifiant la directive 94/62/CE.

31/05/2022 Une informatique quantique tolérante aux fautes

Contrairement aux calculateurs classiques pour lesquels un bit ne peut avoir que deux états, 0 et 1, les bits quantiques peuvent afficher un nombre infini d’états. Leur utilisation pratique dans le cadre de ce que l’on nomme le calcul quantique oblige à résoudre cette difficulté. Elle rend en effet très complexe la correction des erreurs de calcul.

Une équipe de chercheurs autrichiens vient pourtant de publier des recherches dans lesquelles ils affirment avoir trouvé le moyen de surmonter cet obstacle. On trouvera ci-dessous l’abstract et les références de leur article

Ils expliquent que les ordinateurs quantiques sont intrinsèquement beaucoup plus sensibles aux perturbations et nécessiteront donc probablement toujours des mécanismes de correction d’erreurs, car sinon les erreurs se propageront de manière incontrôlée dans le système et des informations seront perdues 

Dans un calculateur classique, pour résoudre ce problème, on utilise la redondance des données. Ce terme signifie que l’on se donne plusieurs copies du calcul concerné. Si une erreur a été commise, les résultats des calculs divergent. Ceci n’est pas possible dans un ordinateur quantique. Selon le principe du « no cloning » de l’informatique quantique, on ne peut copier l’information quantique.

Pour remédier à cela, les chercheurs cités ici proposent de distribuer les informations quantiques dans un état dit intriqué de plusieurs systèmes physiques, par exemple plusieurs atomes individuels. L’intrication quantique est un « enchevétrement » entre deux qubits quantiques qui permet d’en faire un seul système. Si on les éloigne, il est possible de connaître l’état d’un qubit en mesurant celui de l’autre. Ceci peut se faire indépendamment du temps et de la distance.

Ils utilisent pour ceci ce qu’ils nomment une « porte logique quantique universelle » .Ce dispositif est trop complexe pour être résumé ici. Disons que cette « porte » a été réalisée grâce à 16 atomes confinés dans 2 bits quantiques logiques. Ce système présente une tolérance aux pannes suffisante pour le plus grand nombre des calculs

Voir aussi
https://siecledigital.fr/2022/05/31/teleportation-quantique-information/

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Référence

Demonstration of fault-tolerant universal quantum gate operations, 

Nature 
volume  605,  pages 675–680 (2022)

Abstract

Quantum computers can be protected from noise by encoding the logical quantum information redundantly into multiple qubits using error-correcting codes. When manipulating the logical quantum states, it is imperative that errors caused by imperfect operations do not spread uncontrollably through the quantum register. This requires that all operations on the quantum register obey a fault-tolerant circuit design, which, in general, increases the complexity of the implementation. Here we demonstrate a fault-tolerant universal set of gates on two logical qubits in a trapped-ion quantum computer. In particular, we make use of the recently introduced paradigm of flag fault tolerance, where the absence or presence of dangerous errors is heralded by the use of auxiliary flag qubits. We perform a logical two-qubit controlled-NOT gate between two instances of the seven-qubit colour code, and fault-tolerantly prepare a logical magic state. We then realize a fault-tolerant logical T gate by injecting the magic state by teleportation from one logical qubit onto the other. We observe the hallmark feature of fault tolerance—a superior performance compared with a non-fault-tolerant implementation. In combination with recently demonstrated repeated quantum error-correction cycles, these results provide a route towards error-corrected universal quantum computation.

31/05/2022 Iter. A la recherche du deutérium

Plus efficace, moins dangereuse et moins polluante que la fission nucléaire que nous connaissons aujourd’hui, la fusion éveille beaucoup d’espoirs concernant la production électrique de demain. Le principe en est simple : deux isotopes de l’hydrogène différents, le deutérium et le tritium, sont envoyés dans un réacteur spécialisé appelé tokamak où ils fusionnent, créant un plasma aussi chaud que la surface du soleil ; Pour le moment cependant, personne ne maîtrise suffisamment cette technique pour produire de l’électricité en quantité suffisante pour être utilisée.

Pour le moment c’est la France qui pilote cette recherche internationale, dans le cadre du Programe Iter, à Cadarache

Rappel

Les isotopes sont des atomes qui possèdent le même nombre d’électrons – et donc de protons, pour rester neutre -, mais un nombre différent de neutrons. On connaît actuellement environ 325 isotopes naturels et 1200 isotopes créés artificiellement. Les isotopes d’un même élément ont des propriétés chimiques identiques mais des propriétés physiques différentes (stables ou radioactifs notamment).

Par exemple, l’hydrogène a trois isotopes : l’hydrogène classique noté H (1 proton, pas de neutron), le deutérium noté H2 (1 proton, 1 neutron) et le tritium noté H3 (1 proton,2 neutrons

Le plasma est un état de la matière (au même titre que liquide, solide ou gaz). C’est de la matière partiellement ou totalement ionisée. Les plasmas sont un milieu constitué d’un mélange de particules neutres, d’ions positifs (atomes ou molécules ayant perdu un ou plusieurs électrons) et d’électrons négatifs. Le terme « ionisation » se rapporte à l’action d’ajouter ou d’enlever des charges électriques à un atome ou à une molécule. La structure électronique de l’atome ou de la molécule est alors modifiée et, perdant ou gagnant un ou plusieurs électrons, l’entité prend le nom d’ion.

Grâce aux très importants moyens et efforts investis dans le secteur, il est toutefois possible que la fusion devienne à moyen terme une solution viable. Auquel cas elle fera face à un problème majeur: elle manquera de tritium.

Le deutérium est à la fois abondant et simple à obtenir puisque chaque mètre cube d’eau de mer contient 33 grammes de deutérium que l’on extrait de manière routinière à des fins scientifiques et industrielles.Ce n’est en revanche pas le cas du tritium. Il n’est présent dans la nature qu’à l’état de traces, et les réserves mondiales de l’isotope se limitent à 20 kilos.

Le stock de tritium disponible aujourd’hui est un sous-produit des réacteurs à fission, qui en rejettent environ 100 grammes par an. Mais il ne reste que trente de ces réacteurs en activité, et ils sont en fin de vie. De surcroît, l’objectif de la fusion est de remplacer le nucléaire existant, pas de dépendre de lui.

Le tritium n’a qu’une durée de vie d’un peu plus de douze ans. Lorsqu’Iter démarrera, normalement en 2035, la moitié du stock existant aura déjà disparu. Or, un réacteur devrait avoir besoin d’environ 200 kilos de tritium par an.

Cependant théoriquement, les réacteurs à fusion pourraient être autosuffisants en tritium. Si les neutrons rejetés par le réacteur entraient en contact avec du lithium-6, ils devraient produire du tritium, qui pourrait être extrait et réinjecté dans le réacteur. Un tokamak aurait ainsi simplement besoin d’une petite quantité de l’isotope pour démarrer, puis produire son propre carburant.

Tapisser le tokamak d’une couche de lithium pourrait donc suffire à le rendre autosuffisant en tritium, tout en produisant un petit surplus pour démarrer de nouvelles centrales. Mais ceci restera à démonter, notamment dans le cadre d’Iter.

Voir

https://www.wired.com/story/nuclear-fusion-is-already-facing-a-fuel-crisis/

30/05/2022 Le berceau des galaxies

Après le Big Bang, il a environ 13,8 milliards d’années, l’univers primitif en résultant était empli d’énormes nuages de gaz neutres (ne réagissant pas en présence d’autres gaz) connus sous le nom de Damped Lyman-α systems,ou DLA. Ces gaz se sont condensés lentement pour former les premières étoiles et galaxies.

Leurs résidus sont encore observables aujourd’hui, mais avec difficulté. Ils sont trop diffus et n’émettent pas de lumière par eux-mêmes. Aujourd’hui, pour estimer leur taille et leur masse, les astrophysiciens utilisent des quasars ou trous noirs supermassifs émettant de la lumière comme référence lumineuse.

Aujourd’hui, deux directeurs de recherche au W.M. Keck Observatory à Kamuela, Hawaii annoncent avoir résolu le problème en utilisant des galaxies dont la forme leur permet de jouer le rôle de lentilles gravitationnelles (Gravitationally lensed galaxies https://en.wikipedia.org/wiki/Gravitational_lens), pour observer des DLA âgés de 11 milliards d’années. Ces galaxies disposent d’une structure massive frontale qui courbe la lumière se dirigeant vers la Terre comme le ferait un télescope cosmique.

Cette méthode permet aux astrophysiciens de voir des éléments de l’espace profond qui sont invisibles autrement. Dans ce cas précis ils ont pu déterminer la taille des deux DLA, soit dans ce cas les 2/3 de la Voie Lactée. Ils ont constaté qu’ils contenaient des galaxies-hôtes.

Référence

Resolving the HI in Damped Lyman-α systems that power star-formation

DOI:  10.1038/s41586-022-04616-1

Auteurs: Rongmon Bordoloi, Ahmed Shaban, North Carolina State University et autres

Published: May 18, 2022 in Nature 

Abstract:
Reservoirs of dense atomic gas (primarily hydrogen), contain ~90% of the neutral gas at a redshift of 3, and contribute to 2-3% of the total baryons in the Universe.  These “Damped Lyman-α systems” (so called because they absorb Lyman-α photons from within and from background sources) have been studied for decades, but only through absorption lines present in the spectra of background quasars and gamma-ray bursts. Such pencil beams do not constrain the physical extent of the systems. Here, we report integral-field spectroscopy of a bright, gravitationally lensed galaxy at a redshift of 2.7 with two foreground Damped Lyman-α systems. These systems are ≳ 238 kpc2 in extent, with column densities of neutral hydrogen varying by more than an order of magnitude on ≲3 kpc-scales. The Otan column densities are ~ 1020.46 – 1020.84 cm-2 and the total DLA masses are ≳ 5.5×108 – 1.4×109 M⊙, showing that DLAs contain the necessary fuel for the next generation of star formation, consistent with relatively massive, low-luminosity primeval galaxies at redshifts > 2.

28/05/2022. La France entre l’américanisation et le djihadisme

Appelons sommairement France une nation qui s’est progressivement distinguée au fil des siècles des dizaines d’autres nations que l’on rencontre à la surface de la Terre. Si l’on pouvait la définir en quelques mots, que dirait-on ? Au plan des croyances, sur un fond hérité du christianisme encore très vivant, elle se caractérise par une laïcité aujourd’hui très affirmée. Laïcité signifie stricte séparation des églises et de l’Etat ou des institutions publiques, chacun étant libre de croire ce qu’il veut au plan philosophique.

Au plan racial, sur un fond encore largement représenté par la race blanche, dite aussi indo-europénne, la France comporte d’importantes minorités issues de l’immigration et coexistant pacifiquement avec celle-ci, issues d’Afrique (Afrique du nord et Afrique continentale) ou d’Asie-Pacifique.

En ce qui concerne le mode de vie socio-économique, il s’agit d’une société industrielle avec d’importantes composantes agricoles et artisanales. Les services publics y sont partout bien représentés et actifs. La recherche scientifique est bien présente, y compris dans le domaine spatial. Néanmoins les équilibres économiques y sont fragiles, des cycles de sous-production et d’inflation se succédant ou se superposant.

En termes de défense, malgré d’importantes lacunes et d’un budget un peu insuffisant, la France dispose de l’arme nucléaire et de forces armées bien formées, habituées à de nombreux théâtres d’opération. Il n’existe aucun conflit de fond entre l’armée et la nation.

Depuis quelques années cependant, des « bandes de jeunes » selon l’expression usitée, tentent de faire la loi dans certaines banlieues en terrorisant et pillant les habitants. Il n’est politiquement pas possible d’employer systématiquement l’armée pour maintenir l’ordre. Quant à la police, elle est débordée, n’étant pas autorisée à utiliser son armement de service.

Sur le plan géographique, la France possède d’un des domaines maritimes les plus importants du monde.

Son revenu national brut par habitant est d’environ 50.000 dollars.
https://donnees.banquemondiale.org/indicator/NY.GNP.PCAP.CD

Compte tenu de ces données, la France est généralement considérée comme la 7e puissance mondiale

Les Etats-Unis

Par comparaison, les Etats-Unis présentent des supériorités mais aussi d’indiscutables faiblesses. Les supériorités ne sont pas dans l’ensemble transposables . Elles tiennent à la taille du pays qui est celle d’un demi continent, à la richesse d’un complexe militaro-industriel qui n’a cessé d’investir pour mener des guerres sans fins, y compris dorénavant celle de l’espace. Le budget américain dit de défense équivaut à plusieurs fois ceux cumulés des autres pays.

Les supériorités tiennent aussi à la puissance des industries de l’audio-visuel, aujourd’hui représentées, après le cinéma, par la télévision. Elles ont su donner une image si favorable de la société et de l’homme américain qu’elle est devenue une référence mondiale. On a longtemps parlé de l’Empire américain.

Mais celui-ci ne s’étend plus dorénavant aux quelques deux milliards de Russes, de Chinois et d’Indiens décidés aujourd’hui à mettre en place leur propres empires.

Par ailleurs l’américanisme présente des faiblesses en terme de civilisation. Leur culture n’ a rien d’universel. La libre pensée y est impossible, face à la puissance des religions dominantes. 50% des croyants se déclarant protestants, 20% catholiques. Pour le reste, les citoyens n’y sont dans l’ensemble considérés que comme des machines à consommer. Ils doivent se borner à reproduire sans le critiquer l’ordre social. Or celui est dominé par des élites pour qui seule compte leur propre puissance personnelle.

L’américanisation pour la France signifierait perdre toute autonomie et se satisfaire de n’être qu’un simple rouage de la machine à gagner ou à perdre américaine.

Le Djihadisme

Aujourd’hui le djihadisme s’efforce de se répandre, tant en France qu’en Amérique. Il s’agit d’une idéologie politique et religieuse islamiste qui recommande l’utilisation de la violence, dite guerre sainte, afin d’instaurer un État islamique.

Le djihadisme a beaucoup de difficultés pour le moment à s’implanter aux Etats-Unis compte tenu de la concurrence des organisations criminelles plus anciennes telles que diverses maffias voulant garder leurs clientèles.

Mais en Europe et plus particulièrement en France le djihadisme espère recruter des terroristes, notamment au sein des banlieues urbaines où trop de jeunes citoyens d’origine arabo-musulmane font l’objet d’un rejet fréquent quand ils cherchent un emploi et cherchent à s’intégrer.

A fortiori, dès qu’un attentat ou un crime est commis, les premiers suspectés sont recherchés parmi les jeunes des banlieues

29/05/2022. Armements. Massifier ou sophistiquer ?

Selon les dernières déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky, 2.000 missiles russes se seraient abattus sur l’Ukraine depuis bientôt trois mois. Même s’il paraît impossible de vérifier ce chiffre, il paraît être un nouvel exemple révélateur de l’intensité du conflit ouvert par la Russie. Il soutient la doctrine dite de la «massification» des armées.

Dans le cadre de cette doctrine, c’est le nombre de combattants, de munitions et de systèmes d’armes engagés (véhicules, bateaux, avions…) plutôt que leur sophistication qui fera céder l’adversaire. Ainsi, environ 600 chars russes ont été détruits depuis le début du conflit. Ils semblent avoir tous été remplacés. Leur nombre a même augmenté. La vitesse de leur mise en service a surpris. Ce chiffre représenterait plus de la totalité des chars allemands Leopard 2 et français Leclerc. Mais ces chars semblent bien plus rustiques que leurs homologues allemands et français.

 Par ailleurs à Kharkiv près de la frontière russe, où les combats ont été intense au début du conflit, il aurait été tiré en une minute autant de munitions que l’Armée française n’en utilise pour l’entraînement en un an.

Ces chiffres ne doivent cacher une autre réalité. Depuis 2 ans, comme Vladimir Poutine l’avait annoncé et comme nous l’avions relaté, la Russie s’est dotée d’un nombre important de missiles hypersoniques Zircon et Kinjal. Le 22 mai, un missile Zircon a été tiré depuis la frégate Amiral Gorchkov, en mer de Barents, vers une cible dans les eaux de la mer Blanche, dans l’Arctique, a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué. La cible située à un millier de kilomètres a été atteinte sans difficulté. Le tir a été effectué dans le cadre des essais de nouvelles armes russes selon le communiqué. Un tir analogue a été présenté sur les télévisions du monde entier.

Le Zircon peut être doté d’une tête nucléaire. Sa portée maximale serait de 1000 km. Il peut également lancé d’un sous-marin, lui même indétectable avant d’avoir procédé au tir. Ceci signifie que la ville de New York pourrait éventuellement être frappée d’une bombe russe sophistiquée, du type nucléaire tactique à faible aire de dispersion.

27/05/2022. La Nupes sortira-t-elle des sentiers battus ?

La Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) a créé la surprise en rapprochant les différents partis de gauche français le Pôle écologiste (comprenant notamment Europe Écologie Les Verts), le Parti communiste français et le Parti socialiste en vue de présenter des candidatures communes aux élections législatives de 2022.

L’enjeu est de taille. Si la Nupes disposait d’un nombre suffisant de sièges, à commencer par l’accès à la présidence de la commission des finances, elle pourrait imposer des changements géopolitiques importants obligeant Emmanuel Macron à en tenir compte et modifier en profondeur la politique de la France, tant au plan national qu’en ce qui concerne l’Union européenne et la politique internationale. Le Rassemblement National avec Marine Le Pen serait obligés de s’aligner.

Mais il ne faut pas se faire d’illusions. Si la Nupes se bornait à rassembler les vieux briscards de l’opposition de gauche autour d’objectifs pratiquement inchangés depuis trente ans, elle n’éveillerait aucun intérêt. De plus, comme elle persisterait à ignorer les nouveaux enjeux de la politique internationale, face notamment aux affrontements prévisibles entre les Etats-Unis et l’ensemble russo-chinois ou en réponse aux offensives du terrorisme islamique, elle ne passionnera pas grand monde. C’est faire injure à l’électeur français de penser qu’il n’est intéressé que par le prix de l’essence, aussi important que soit celui ci pour qui notamment vit en banlieue.

Ainsi, l’on comprendrait mal que la Nupes ne s’intéresse pas aux grands enjeux du passage généralisé à la société numérique et au rôle que devrait y jouer la France face aux Géants de l’Internet américain. En matière de robotisation, la Nupes pourrait avoir un rôle important en proposant des modèles de robots intelligents destinés non à remplacer le travailleur actuel mais à lui permettre de continuer à jouer un rôle essentiel. Plus généralement dans tous les grands domaines de la recherche scientifique et technique, nul ne comprendrait que la Nupes n’engage pas des débats en sein puis dans les instances intéressées pour y faire valoir d’autres objectifs que la préservation de l’acquis ou au mieux la recherche du profit immédiat. Inutile de donner des exemples ici. Les citoyens et électeurs qui font l’effort de s’informer comprendront ce dont il s’agir.

Terminons par un détail qui a son importance. La Nupes ferait bien de changer de nom et d’initiales si elle voulait devenir une référence un tant soit peu sexy dans le monde francophone.

26/05/2022. Appartenons-nous à l ‘espèce Homo sapiens ?

Homo sapiens, plus souvent appelé « homme moderne »« homme »« humain », ou « être humain », est une espèce de primates originaire d’Afrique qui s’est aujourd’hui répandue et généralisée  sur l’ensemble de la planète hormis l’Antarctique. Il appartient à la famille des hominidés et est le seul représentant actuel du genre Homo, les autres espèces étant éteintes. Les plus anciens fossiles connus de cette espèce, découverts sur le site marocain de Djebel Irhoud, sont datés d’environ 300 000 ans1.

Parmi les hominidés actuels, il se distingue du point de vue physiologique par un mode locomoteur au sol exclusivement bipède, son cerveau plus volumineux et sa pilosité moins développée. Il faut ajouter à ces critères l’existence d’une ménopause chez la femme, rare chez les autres hominidés.

Du point de vue de l’éthologie, et par rapport au reste du règne animal, l’Homo sapiens se distingue par la complexité de ses relations sociales, l’utilisation d’un langage articulé élaboré transmis par l’apprentissage, la fabrication d’outils, le port de vêtements, la maîtrise du feu, la domestication de nombreuses espèces végétales et animales, ainsi que l’aptitude de son système cognitif à l’abstraction, à l’introspection et à la spiritualité.

Dans le dernier quart du 20e siècle, l’espèce Homo sapiens a parfois été subdivisée en deux sous-espèces, l’Homme moderne dit Homo sapiens sapiens et l’Homme de Néanderthal dit Homo sapiens neanderthalensis. Le consensus actuel classe à nouveau les deux groupes humains dans deux espèces séparées, l’Homme de Néandertal étant désormais dit Homo neanderthalensis,

Ceci dit, pour répondre à la question Appartenons-nous à l ‘espèce Homo sapiens ? il serait tentant au vu de nos performances actuelles de répondre par la négative. Nous mettons en danger par nos comportements belliqueux l’ensemble de l’humanité, voire l’ensemble de la planète. Chacun sait qu’en cas de guerre nucléaire, fut-elle de faible intensité, ce serait toute vie pluricellulaire qui pourrait disparaître. Ceci n’a rien de sapiens.

Mais pourrait-on changer d’espèce, au bénéfice d’une espèce qui serait vraiment sage ? Si l’on s’en tenait aux processus de la reproduction naturelle, la réponse serait définitivement négative. A supposer que les généticiens puissent définir des embryons possédant des qualités de sagesse améliorées par rapport à celles de l’humain, il faudrait attendre des siècles pour que ceux-ci ‘ils puissent, grâce à leur sagesse, remplacer les milliards d’humains actuels .

Le seul espoir repose dans la perspective de pouvoir un jour réaliser des hommes de synthèse ou robots humanoîdes superinteligents, y compris sous forme de prothèses cérébrales enrichissant le comportement du cerveau supérieur des humains. Mais ce serait une forme de suicide pour ceux des humains qui accepteraient de se lancer dans un tel processus.

Si les astrophysiciens ne détectent aujourd’hui aucune trace de vie intelligente dans les zones dites habitables des nombreuses planètes qu’ils peuvent désormais observer, serait-ce du à un simple hasard ?