25/07/2022 Observation probable de filaments cosmiques interconnectés torsadés

Le ciel n’est pas uniquement empli d’étoiles, comme le montrent les observations à l’oeil nu. Il comporte aussi des galaxies et des amas de galaxies.

On sait ainsi qu’il y a environ 2 000 000 000 000 galaxies dans notre Univers — soit environ 200 000 000 000 000 000 000 000 étoiles …

Les grandes campagnes d’observations comme celle du Sloan Digital Sky survey (SDSS) ont permis de cartographier jusqu’à un certain point l’Univers observable en montrant que les amas de galaxies se rassemblaient au cours du temps dans des filaments enlaçant des sortes de bulles, des « vides cosmiques » beaucoup moins riches en galaxies et en gaz que ces filaments. L’échelle caractéristique de ces structures est de l’ordre de quelques centaines de millions d’années-lumière.

La plupart des amas sont reliés par d »autres galaxies formant des filaments de centaines de millions d’années-lumière de diamètre. Ces filaments sont eux-mêmes en rotation. La vitesse apparente de cette rotation dépend de l’angle de vue. Elle est maxima lorsque lorsque le filament est vu à la verticale. Ceci signifie que des mouvement angulaire de rotation peuvent s’exercer sur de très grandes échelles

Toutefois, en continuant à analyser les données du SDDS, en particulier celles donnant accès aux mouvements des galaxies dans les filaments cosmiques, des astronomes de l’Institut Leibniz d’Astrophysique de Potsdam (AIP) en Allemagne, en collaboration avec des collègues en Chine et en Estonie, pensent maintenant avoir fait une découverte étonnante et même fascinante.

Ils expliquent en effet dans un article publié dans le prestigieux journal Nature Astronomy, et pour une fois en accès libre, que des mesures de décalages Doppler vers le rouge et le bleu, subtilement analysées, ont révélé ce que personne n’avait encore vu. Non seulement on peut trouver des galaxies et des amas galactiques en rotation mais les filaments eux-mêmes, formés de galaxies et d’amas de galaxie, sont grossièrement en rotation sur des centaines de millions d’années-lumière alors qu’ils n’ont qu’un diamètre de l’ordre de quelques millions d’années-lumière.

Noam Libeskind, le cosmologiste initiateur du projet  précise au sujet de cette découverte dans un communiqué de l’institut Leibniz que : « À ces échelles, les galaxies se comportent comme des particules de poussière. Elles se déplacent sur des orbites en forme d’hélices ou des tire-bouchons, virevoltant autour du milieu du filament tout en le longeant. Un tel mouvement de rotation n’avait jamais été vu auparavant à des échelles aussi énormes, et cela implique qu’il doit y avoir un mécanisme physique encore inconnu responsable de couples de force mettant en rotation ces objets ».

Référence

https://www.nature.com/articles/s41550-021-01380-6

Possible observational evidence for cosmic filament spin
Nature Astronomy pages 5, 839–845 (2021)

Although structures in the Universe form on a wide variety of scales, from small dwarf galaxies to large super clusters, the generation of angular momentum across these scales is poorly understood. Here we investigate the possibility that filaments of galaxies—cylindrical tendrils of matter hundreds of millions of light years across—are themselves spinning. By stacking thousands of filaments together and examining the velocity of galaxies perpendicular to the filament’s axis (via their redshift and blueshift), we find that these objects too display vortical motion consistent with rotation, making them the largest objects known to have angular momentum. The strength of the rotation signal is directly dependent on the viewing angle and the dynamical state of the filament. Filament rotation is more clearly detected when viewed edge-on. In addition, the more massive the haloes that sit at either end of the filaments, the more rotation is detected. These results signify that angular momentum can be generated on unexpectedly large scales.


24/07/2022. Devrions-nous craindre les astres errants?

Le Système Solaire est âgé approximativement de 4,5 milliards d’années. En principe il pourrait vivre encore 5 mds d’années. Cela devrait nous laisser assez de temps pour vieillir tranquillement. Cependant un phénomène astronomique dit survol d’étoiles ou survol stellaire pourrait le détruire bien plus tôt.

Une recherche  publiée dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, dont on trouvera in fine les références et l’abstract, suggère qu’un « survol stellaire » – un événement qui se produit de manière très courante dans l’espace – pourrait mener à la catastrophe pour nos planètes.

L’Univers est empli de planètes errantes ou objet libre de masse planétaire. Il s’agit d’un objet possédant la masse d’une planète mais qui n’est attaché gravitationnellement à aucune étoile ou naine brune : il erre dans l’espace comme un objet indépendant. Sa trajectoire paraît chaotique, en ce sens que sur le long terme, elle est difficile à prévoir .

Les survols stellaires ont toujours contribuer à modifier les systèmes planétaires. Lorsque les étoiles passent trop près d’un de ces systèmes, leur masse et leur attraction gravitationnelle peuvent avoir une influence et modifier les orbites des planètes. Ainsi, si une planète errante passait trop près du système solaire, la stabilité de ce dernier serait remise en cause. Ce changement serait capable d’entraîner une collision entre toutes les planètes.

Garret Brown et Hanno Rein, deux chercheurs de l’Université de Toronto, ont étudié cette possibilité, en simulant environ 3000 survols stellaires différents. 26 se sont terminés avec des planètes qui se sont écrasées les unes contre les autres, ou avec l’éjection totale du système solaire d’Uranus, Neptune ou Mercure.

Références

On the long-term stability of the Solar System in the presence of weak perturbations from stellar flybys
Royal Astronomy Society 30 June 2022

Authors Garett Brown and Hanno Rein

ABSTRACT

The architecture and evolution of planetary systems are shaped in part by stellar flybys. Within this context, we look at stellar encounters which are too weak to immediately destabilize a planetary system but are nevertheless strong enough to measurably perturb the system’s dynamical state. We estimate the strength of such perturbations on secularly evolving systems using a simple analytic model and confirm those estimates with direct N-body simulations. We then run long-term integrations and show that even small perturbations from stellar flybys can influence the stability of planetary systems over their lifetime. We find that small perturbations to the outer planets’ orbits are transferred between planets, increasing the likelihood that the inner planetary system will destabilize. Specifically, our results for the Solar System show that relative perturbations to Neptune’s semi-major axis of order 0.1% are strong enough to increase the probability of destabilizing the Solar System within 5 Gyrs by one order of magnitude.

23/07/22 La relativité générale et la physique quantique seraient compatibles

Un des grands problèmes de la science physique actuelle est que deux piliers théoriques sur lesquels elle repose sont incompatibles, pour ne pas dire contradictoires. La relativité générale introduite par Einstein décrit en 1905 un univers (on dit aussi un espace-temps, dans lesquels chaque objet peut être défini par des équations l’inscrivant dans le temps et l’espace.

Pour la mécanique quantique développée dans les années 30, les coordonnés de temps et d’espace ne sont que des probabilités. Elles obéissent à un principe dit d’indétermination ou d’incertitude Le principe d’indétermination énonce que pour une particule donnée, il est impossible de connaître simultanément sa position et sa vitesse

Si par contre, on renonce à considérer la particule comme objet corpusculaire défini par des valeurs de position et vitesse, mais ayant une certaine extension dans l’espace, il est possible de la représenter par une fonction décrivant sa distribution spatiale. Toute l’information relative à une particule est alors contenue dans une fonction d’onde.

Bien qu’apparemment contradictoire, ces deux principes sont utilisés aujourd’hui pour construire des systèmes physiques parfaitement vérifiables, par exemple en informatique quantique avec les calculateurs du même nom.

Les physiciens considèrent cependant aujourd’hui que si une nouvelle théorie dite de la gravitation quantique n’était pas établie, faisant la synthèse entre la relativité et la physique quantique, un élément essentiel manquerait à la science. Or il semble que c’est de la physique des trous noirs que pourrait venir la lumière.

Les trous noirs ont des cheveux

Récemment, des scientifiques ont annoncés que les trous noirs possèdent une propriété qu’ils ont nommée « cheveux quantiques de la gravité ». Ce serait une grande avancée en physique théorique.

Les trous noirs sont des objets cosmiques encore mal compris. En astrophysique, un trou noir est défini comme étant un objet si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper. En d’autres termes, leur gravité courbe l’espace-temps au point que rien ne peut atteindre la vitesse nécessaire pour s’échapper. De tels objets ne peuvent ni émettre ni diffuser la lumière Ils sont donc « optiquement invisibles ».

De la même manière, l’information ne peut s’en échapper, et la théorie de la relativité générale d’Einstein suggère que les informations sur ce qui entre dans un trou noir ne peuvent donc pas en sortir, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas déterminer  a posteriori ce qui, est entré dans le trou noir. Mais la mécanique quantique affirme que c’est impossible. C’est le paradoxe de l’information mis en évidence par Stephen Hawking en 1976.

Voir Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_l’information

Or un quatuor international de physiciens, dont un professeur et chercheur de l’Université du Sussex, a co-écrit un article qui pourrait considérablement affecter notre compréhension des trous noirs. Nous en indiquons in fine les références et l’abstract

Commentaire

Dans un premier temps, revenons sur le paradoxe de l’information. Hawking s’était rendu compte que les trous noirs rayonnent d’une manière unique. Leur déformation de l’espace-temps modifierait la nature ondulatoire des champs quantiques environnants de sorte qu’un rayonnement thermique serait produit.

Cela signifie qu’un trou noir devrait lentement s’évaporer, émettant son énergie, photon après photon, dans l’Univers. Alors qu’il rayonne, le trou noir perd de l’énergie et donc de la masse. Ainsi, selon la relativité générale qu’une information pourrait définitivement disparaître dans un trou noir, à la suite de l’évaporation de celui-ci. À l’inverse, les lois de la physique quantique stipulent que l’information est préservée dans les trous noirs. C’est là que réside le paradoxe de l’information.

Il y a eu une myriade de solutions proposées, y compris la « théorie du mur de feu », dans laquelle l’information était censée brûler avant d’entrer dans un trou noir, la « théorie de la boule floue de darkinos » dans laquelle on suppose que les trous noirs ont des frontières floues. Mais la plupart de ces propositions nécessitaient de réécrire les lois de la mécanique quantique ou la théorie de la gravité d’Einstein, les deux piliers de la physique moderne.

Toutes les théories qui supposent la persistance des informations décrivent en fait ces connexions restantes avec l’Univers comme des « cheveux ».  C’est pourquoi Xavier Calmet et ses collaborateurs suggèrent que lorsque la matière s’effondre dans un trou noir, elle laisse une faible empreinte dans son champ gravitationnel. Les auteurs l’ont nommée « cheveu quantique de la gravité », car leur théorie remplace une idée antérieure appelée « théorème de l’absence de cheveux », développée dans les années 1960. Cette « théorie des trous noirs chauves », basée sur la physique classique, affirme que ces derniers peuvent être considérés comme des objets étonnamment simples, définis uniquement par leur masse, leur charge électrique et leur moment cinétique, lié à leur vitesse de rotation.

Au lieu d’objets simples, les auteurs affirment que les trous noirs sont bien plus complexes. Ils estiment que leur théorie de cheveux quantiques fournit le mécanisme par lequel les informations sont préservées lors de l’effondrement d’un trou noir. Cette nouvelle solution rapproche la physique quantique à la gravité sous la forme de particules théoriques appelées gravitons. Ces particules élémentaires hypothétiques transmettraient la gravité dans la plupart des systèmes de gravité quantique, de la même manière que le photon est associé à la force électromagnétique.

Grâce à une série d’étapes logiques montrant la façon dont les gravitons pourraient potentiellement se comporter dans certaines conditions d’énergie, Xavier Calmetl a démontré son modèle expliquant comment les informations, à l’intérieur d’un trou noir, peuvent rester connectées à l’espace environnant.

Plus précisément, les chercheurs ont comparé les champs gravitationnels de deux étoiles ayant la même masse totale et le même rayon, mais des compositions différentes. En physique classique, les deux étoiles ont le même potentiel gravitationnel, mais au niveau quantique, le potentiel dépend de la composition de l’étoile. Lorsque les étoiles s’effondrent en trous noirs, leurs champs gravitationnels préservent la mémoire de la composition des étoiles et conduisent à la conclusion que les trous noirs ont des cheveux. Ces cheveux ou informations sur la matière tombée dans le trou noir laisseraient une trace de leur passage, nous donnant accès, théoriquement, à la composition du trou noir.

Malheureusement, aucun moyen évident ne permet pour le moment de tester la théorie avec des observations astronomiques, les fluctuations gravitationnelles seraient trop petites pour être mesurées.

Le professeur Calmet conclut au sujet de sa découverte, dans un communiqué : « Il faudra du temps pour que les gens l’acceptent. L’une des conséquences du paradoxe de Hawking était que la relativité générale et la mécanique quantique étaient incompatibles. Ce que nous constatons, c’est qu’elles sont tout à fait compatibles. Il faudra donc du temps pour que les gens acceptent qu’il ne soit pas nécessaire de trouver une solution radicale pour résoudre le problème ».

Référence

L’article est publié simultanément dans les revues Physical Review Letters et Physics Letters B.Article

ABSTRACT

We explore the relationship between the quantum state of a compact matter source and of its asymptotic graviton field. For a matter source in an energy eigenstate, the graviton state is determined at leading order by the energy eigenvalue. Insofar as there are no accidental energy degeneracies there is a one to one map between graviton states on the boundary of spacetime and the matter source states. Effective field theory allows us to compute a purely quantum gravitational effect which causes the subleading asymptotic behavior of the graviton state to depend on the internal structure of the source. This establishes the existence of ubiquitous quantum hair due to gravitational effects.

  • Received 18 October 2021
  • Accepted 8 February 2022

DOI:https://doi.org/10.1103/PhysRevLett.128.111301

https://physicstoday.scitation.org/doi/10.1063/1.3022513

22/07/2022 Sur une éventuelle guerre du gaz

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, la Commission européenne a fait des propositions pour réduire la dépendance de l’Union au gaz russe de deux tiers avant la fin de l’année 2022, et de 100% à compter de 2027.

Pour y parvenir, les pays membres cherchent tous à diversifier leurs fournisseurs . Ils comptent notamment sur les Etats-Unis qui se sont engagés à fournir à l’Europe 15 milliards de mètres cubes supplémentaires de gaz naturel liquéfié (GNL) cette année. La commission veut également rendre obligatoire un remplissage des sites de stockage géologique de gaz naturel à 80, puis à 90% à l’entrée de l’hiver. Bruxelles compte aussi sur l’augmentation de la production de biométhane et l’accélération du développement de l’hydrogène.

Enfin, la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique européen pourrait atteindre entre 38 % et 40 % d’ici à 2030. Chaque pays membre aura également l’obligation d’économiser entre 0,8 % et 1,5 % d’énergie. Dans ce cadre la France bénéficie par exemple d’un financement européen de 5,8 milliards d’euros pour la rénovation énergétique des bâtiments.

Rappelons qu’en France les centrales nucléaires fournissent l’essentiel des besoins en électricité, réduisant d’autant le besoin en gaz naturel.

Comme son nom l’indique le gaz naturel ne subit pas de transformation majeure après son extraction, il est initialement incolore et inodore mais pour une plus grande sécurité, il est « odorisé ».. Il provient de la décomposition de restes organiques vieux de milliers d’années emprisonnés dans les sous-sols terrestres ou marins

La combustion du gaz naturel produit essentiellement de la vapeur d’eau et du dioxyde de carbone. Elle ne dégage ni fumée, ni particules. Pour une production d’énergie équivalente, le gaz naturel dégage deux fois moins d’oxyde d’azote que le fioul et le charbon et prés de 30 % moins de dioxyde de carbone.

En comparaison avec les autres énergies non renouvelables, le gaz naturel est l’énergie rejetant le moins de CO2 (55 kg par gigajoule de chaleur alors que le pétrole brut en rejette 75 kg et le charbon prés de 100). De même, toute chaudière à condensation au gaz naturel émet 2 fois moins de CO2 qu’une nouvelle installation de chauffage électrique direct.

Le gaz naturel est aujourd’hui souvent utilisé en complément des énergies renouvelables lors de la construction de bâtiments à basse consommation.

Les ressources en France

On parle souvent des importations de gaz en France, qui représentent une grande majorité de notre consommation. Néanmoins, l’Hexagone possède aussi des ressources gazières. Cette production nationale représente moins de 2 % de la consommation mais certains gisements de gaz ne sont pas encore exploités.

Depuis les années 1960, une soixantaine de gisements pétroliers et gaziers ont été trouvés et exploités en France. Ils se situent principalement dans le Bassin parisien et le Bassin aquitain, des bassins qui ont fermé leurs sites ces dernières années après épuisement des gisements.

A la différence du gaz naturel ordinaire, le gaz de schiste est contenu dans des roches argileuses riches en matière organiques qui peuvent avoir une en couches. Contrairement au gaz naturel conventionnel qui est retenu dans une roche perméable permettant une exploitation facile, le gaz de schiste est piégé dans les porosités d’une roche rendue imperméable par l’argile qu’elle contient. L’extraction du gaz de schiste, particulièrement difficile, nécessite le recours systématique aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses.

En 2011, peu avant l’interdiction par l’État français de la fracturation hydraulique méthode la plus répandue pour extraire le gaz de schiste, de nombreuses explorations avaient débuté en France. Parmi les lieux privilégiés pour la recherche de ces gisements, on comptait la Lorraine (entre Thionville et Nancy), Valencienne, la région lyonnaise (Lhuis) et la Provence (Montélimar, Avignon, Marseille). 

Selon les estimations d’un rapport de l’agence gouvernementale américaine EIA (Energy Information Administration) de 2013, le sol français aurait un potentiel de 3 900 Mrd de m3 de gaz de schiste exploitables. Si pour l’instant l’exploration et l’extraction restent interdites, de nouvelles techniques comme celle du fluoropropane, plus propre que la fracturation hydraulique, sont étudiées par l’État pour relancer la production en France.

Utilisations du gaz naturel

Le gaz naturel est habituellement utilisé comme combustible dans la production de chaleur pour la cuisson ou le chauffage. En Europe, 38 % de la consommation de gaz naturel est destinée au secteur résidentiel/tertiaire, notamment pour le chauffage.

Les installations au gaz naturel sont de plus en plus performantes. Qu’il s’agisse de la chaudière à condensation ou de la pompe à chaleur, les solutions permettant de réaliser des économies d’énergie, dans le neuf comme dans l’ancien, sont nombreuses.

Le secteur industriel
En Europe, l’industrie représente 34 % de la consommation de gaz naturel. Celui-ci est peu utilisé comme matière première (4 %) mais ses applications industrielles représentent en revanche 25 % de son utilisation qu’il s’agisse de l’industrie chimique, de la pétrochimie ou du raffinage.
Par exemple, le gaz naturel sert à synthétiser l’ammoniac et l’urée en vue de fabriquer de l’engrais pour l’agriculture.

La production d’électricité
Depuis 10 ans, le secteur électrique contribue à l’augmentation de l’utilisation du gaz naturel dans le monde, représentant aujourd’hui 20 % de cette utilisation. Cette tendance devrait se poursuivre du fait de la forte demande des pays émergents. On estime que d’ici 2020, 35 % du gaz commercialisé chaque année devraient être consommés par le secteur électrique.

L’utilisation du gaz naturel dans la production d’électricité permet de réduire les émissions de CO2, notamment comparé aux émissions dues à l’utilisation de centrales à charbon. De même les investissements nécessaires et les coûts de fonctionnement pour une centrale électrique au gaz sont bien moindres, permettant un rendement souvent supérieur de 50 %.

Les véhicules

Le gaz naturel est aujourd’hui également utilisé comme carburant pour les véhicules. Il s’agit du même gaz naturel que celui utilisé pour le chauffage ou la cuisson domestique, excepté qu’il a été comprimé afin de faciliter son stockage. On parle de GNV

Le GNV est comprimé à 200 bars, pression comparable à celle des bouteilles de plongée sous-marine. Au-delà de la compression, le GNV ne nécessite aucune transformation et reste donc une énergie propre, dégageant bien moins de CO2 que l’essence ou le diesel.

Plus d’un million de véhicules au gaz naturel roulent déjà dans le monde. En 2009 en France, plus de 1 400 bus (soit près de 15%), 500 bennes à ordures ménagères, 30 poids lourds et quelques milliers de véhicules légers roulaient au GNV.

Les gisements de gaz en France

On parle souvent des importations de gaz en France, qui représentent une grande majorité de la consommation. Néanmoins, l’Hexagone possède aussi des ressources gazières. Cette production nationale représente moins de 2 % de la consommation mais certains gisements de gaz ne sont pas encore exploités. Depuis les années 1960, une soixantaine de gisements pétroliers et gaziers ont été trouvés et exploités en France. Ils se situent principalement dans le Bassin parisien et le Bassin aquitain, des bassins qui ont fermé leurs sites ces dernières années après épuisement des gisements.

Les principaux gisements de gaz naturel qui ont été exploités en France sont situés sur les sites de Saint-Marcet et Lacq au Sud de l’Aquitaine et de Trois-Fontaines en Champagne-Ardennes près de Saint-Dizier. Ces sites de forage et d’extraction produisaient plusieurs millions de m3 de gaz naturel par jour dans les années 60. Le site du Lacq est fermé et les puits refermés depuis 2013 ; le site de Trois-Fontaines a été converti en centre de stockage en 2012.

Néanmoins, il existe toujours de petites exploitations en mer d’Iroise (15 puits au large de la Bretagne) et en Méditerranée (11 puits dans le golfe du Lion). On dénombre 350 puits d’exploration dans le quart Sud-Est de la France mais les résultats se sont avérés décevants, malgré la présence d’hydrocarbures localement dans le Jura et le Languedoc. Une situation qui semblerait mauvaise pour l’exploitation française mais qui ouvre la voie vers la recherche d’autres gisements et techniques d’exploitation, comme celle du gaz de schiste.

Le gaz de schiste 

En 2011, peu avant l’interdiction par l’État français de la fracturation hydraulique (polémique du gaz de schiste), méthode la plus répandue pour extraire le gaz de schiste, de nombreuses explorations avaient débuté en France. Parmi les lieux privilégiés pour la recherche de ces gisements, on comptait la Lorraine (entre Thionville et Nancy), Valencienne, la région lyonnaise (Lhuis) et la Provence (Montélimar, Avignon, Marseille). Selon les estimations d’un rapport de l’agence gouvernementale américaine EIA (Energy Information Administration) de 2013, le sol français aurait un potentiel de 3 900 Mrd de m3 de gaz de schiste exploitables. Si pour l’instant l’exploration et l’extraction restent interdites, de nouvelles techniques comme celle du fluoropropane, plus propre que la fracturation hydraulique, sont étudiées par l’État pour relancer la production en France.

22/07/2022 Des purges massives au sein de l’Etat ukrainien

L’ouverture de 651  ( ?) enquêtes sur ce que Zelensky appelle «des activités de trahison et de collaboration» provenant , selon son expression,de «poches de soutien à Moscou», montre que ces poches sont très profondes.

Contrairement aux affirmations que l’Ukraine est absolument unie dans la poursuite de la guerre, cette purge massive – sur fond d’allégations de trahison pro-russe aux plus hauts niveaux de l’État – indique qu’il existe une opposition substantielle à la guerre, même dans le cercle restreint de Zelensky.

Le New York Times écrit: «Si l’Ukraine est largement unie dans son opposition à l’invasion du pays par la Russie, ses profonds liens culturels et historiques avec la Russie se sont traduits, dans certaines parties du pays, par un fort soutien à Moscou». Les liens avec la Russie «en particulier dans le sud de l’Ukraine près de la région de Crimée… et dans certaines parties de l’est près de la frontière russe… se sont traduits par un appui pratique aux forces russes depuis l’invasion».

Mais il n’y a pas que la Russie pour combattre Zelinski de l’intérieur. Il y a aussi la CIA américaine. Le Service de sécurité ukrainien (SBU) emploie 27.000  personnes, ce qui en fait la plus grande agence de renseignement d’Europe, un véritable État policier. La CIA joue un rôle majeur dans ses opérations. Toujours selon le NYT «Les responsables américains ont déclaré que enquêtes reflètent les efforts de M.  Zelensky pour placer des dirigeants plus expérimentés aux postes clés de la sécurité» Il ajoute: «Les agences américaines de renseignement fournissent d’énormes quantités d’informations à leurs partenaires ukrainiens».

Il est probable que la CIA, en fournissant des noms à Zelensky, supervise la purge d’éléments au sein de l’État ukrainien qui s’opposent à la poursuite de la guerre par procuration des Etats-Unis et de l’OTAN contre la Russie, quel qu’en soit le coût en vies ukrainiennes.

Source

21/07/2022 Hyperviolence contre des policiers à Lyon

On lit sur Internet le 20 juillet en soirée ;

Quelques jours après qu’une foule hostile de près de 200 personnes se soit attaquée à des policiers municipaux en plein centre de Lyon, une nouvelle agression de policiers a été filmée à La Guillotière.

Voir https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/lyon_69123/video-des-policiers-frappes-et-lynches-par-des-dizaines-d-individus-en-plein-centre-de-lyon_52611898.html

Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, a réagi par le tweet suivant :

« Plein soutien à nos trois policiers victimes de violences insupportables à Lyon lors d’une opération pour reprendre le terrain à la délinquance le jeudi 21 juillet.  À ma demande, tous les moyens sont mobilisés pour interpeller les auteurs. S’en prendre à un policier, c’est s’en prendre à la République ».

Et alors ? Que se passera-t-il ? Rien

Les « auteurs » agissent masqués, par bandes de plusieurs dizaines d’individus très mobiles. Si besoin est, ils se cachent le temps nécessaire dans des appartements voisins.

Par ailleurs, si des policiers recourent à leurs armes de service et blessent même légèrement un agresseur, ils encourent les plus lourdes sanctions, y compris au pénal. Le concept de légitime défense n’est que rarement évoqué.

Cette hyperviolence n’est que le signe avant-coureur d’une véritable guerre menée contre l’Europe traditionnelle par des représentants du terrorisme internationnal. Pour y faire face, il faudra se résoudre à faire appel aux forces armées, agissant en coordination avec les diverses polices et la justice. Le coût sera considérable.

Mais ce sera le prix à payer pour ne pas disparaître

21/07/2022 L’Initiative des Trois Mers, intermarium

Le Conseil des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne a décidé, le 23 juin 2022, d’accorder à l’Ukraine le statut de pays demandant l’adhésion. Le président de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a précisé que le chemin sera long (la Turquie dispose de ce statut depuis 23 ans) pour élever ce pays au niveau exigé par l’Union que ce soit en matière économique ou politique.

Le cabinet du président ukrainien avait déjà précisé que Kiev n’espère pas adhérer à l’Union, aujourd’hui ou demain, car il dispose d’un autre projet, mais que le statut de candidat ouvre la voie à un fort soutien financier de Bruxelles pour qu’il se rapproche des standards de l’Union.

En effet, l’Ukraine partage le projet polonais d’Intermarium : une alliance de tous les États situés entre la mer Baltique et la mer Noire.

Ce projet se fonde sur un passé historique : la « République des deux Nations » (Couronne de Pologne et Grand-Duché de Lituanie) du XVIème au XVIIIème siècle. Il a été formulé une première fois lors de la révolution polonaise de 1830 par le prince Adam Jerzy Czartoryski, puis durant l’entre-deux-guerres, par le général polonais Józef Piłsudski, sous le nom de « Fédération Międzymorze ».

Piłsudski conçut parallèlement une idéologie visant à libérer tous les peuples d’Europe centrale de leur intégration dans les empires germanique et surtout russe, le « prométhéisme ». Il promettait aux hommes des progrès techniques leur permettant de s’affranchir de leurs suzerains. Dans la pratique, il préférait les Germains aux Russes et n’hésita pas à s’allier aux Austro-Hongrois et aux Allemands contre le Tsar. En 2016, une troisième version de ce projet fut présentée par le président polonais, Andrzej Duda, sous le nom d’« Initiative des trois mers » (la troisième mer, c’est l’Adriatique). Onze États y participaient. Ils sont douze avec l ‘Ukraine depuis quelques jours.

Cependant les choses ne sont pas aussi claires qu’il y parait : la République des deux Nations était une confédération permettant au Royaume de Pologne et au Grand-Duché de conserver chacun leur propre fonctionnement, tandis que Piłsudski imaginait une Fédération dans laquelle chaque peuple se fondrait et où les Polonais tiendraient le haut du pavé. Aujourd’hui, tous les mouvements nationalistes d’Europe centrale se référent à la République des deux Nations, mais ils en tirent des conclusions bien différentes.

Pour Volodomyr Zelinsky et les nationalistes Ukrainiens, la République des deux Nations est l’héritière de la Ruthénie créée par les Vikings suédois, les Varégues. En tant que telle, la République des deux Nations est un bon exemple de confédération qui permette de s’affranchir à la fois de la Russie… et de l’Allemagne qui domine l’Union européenne.

C’est parce que les dirigeants politiques polonais et ukrainiens misent sur ce projet commun de confédération Intermarium, que le président Zelensky a pu envisager sans rougir de céder la Galicie orientale à la Pologne

Cependant, la Pologne n’a jamais joué le jeu de l’Union européenne dont elle est membre depuis 2004. Elle a toujours joué le jeu des Etats-Unis. Durant sa période de candidature à l’Union, elle elle a reçu de;l’UE des sommes considérablesn’hésita pas à encaisser des sommes énormes destinées à réformer son agriculture. Elles les a utilisées pour acheter des avions de guerre américains et faire la guerre en Iraq sous les ordres de Washington. Rien n’a changé : aujourd’hui Varsovie est en perpétuel litige avec Bruxelles, notamment à propos de son système judiciaire. L’Ukraine n’aura aucun mal à jouer le même double jeu.

C’est le problème principal des peuples d’Europe centrale : ils cherchent à s’assumer sans leurs grands voisins russe et allemand, mais ne parviennent pas à s’affirmer sans lutter contre eux

Voir

https://www.voltairenet.org/article217442.html

20/87/2022 Un nouveau sous-marin nucléaire russe

Rappelons que ces sous-marins sont armés de plusieurs missiles pouvant être dotés de têtes nucléaires. Ils font partie d’une composante dite de seconde frappe ou frappe en retour. En cas de guerre nucléaire, ils échappent étant quasiment indétectables à la première frappe. Même si celle-ci a détruit leur pays d’attache, ils peuvent riposter, s’ils en avaient eu précédemment la consigne, par un bombardement nucléaire frappant le pays agresseur.

L’Agence Tass vient d’annoncer qu’un nouveau sous-marin nucléaire russe baptisé Generalissimus Suvorov vient de quitter le chantier Sevmash Shipyard pour quelques mois d’essais en Mer Blanche. Son identifiant complet est Project 955A (Borei-A)/ Il rejoindra ensuite la marine russe fin 2022.

Précédemment, un autre sous-marin nucléaire, le Project Borei-A lead submarine Knyaz Vladimir avait été livré à la marine. Deux autres sous-marins aux caractéristiques voisines devraient suivre. Ils pourraient à terme rejoindre la flotte russe du Pacifique.

Tous ces sous-marins sont armés de 16 ICBM (Intercontinental Ballistic Missiles) dits BULAVA . Ils sont dotés de tubes lance-torpille de 533 mmm.

20/07/2022 Sommet des BRICS du … Juin 2022 à xx

Note préliminaire . Le terme de BRICS désigne un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommets annuels : Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique .du Sud.

Leur objectif est de lutter contre l’emprise sur le monde des Etats-Unis et leurs alliés, tant au plan militaire qu’en ce qui concerne l’économie et plus généralement la civilisation, Récemment  l’Iran, l’Argentine mais aussi l’Indonésie, l’Algérie, le Mexique ont déclaré leur intention d’y participer…

Le Kremlin
Fiche d’information (à lire avec un certain recul)

Le sommet des BRICS sera un moment historique pour les BRICS. Pour la première fois, il inclura les dirigeants de leurs partenaires de l’OTAN dans la région Asie-Pacifique. Le sommet sera l’occasion de faire progresser les actions collectives menées avec ces Alliés et partenaires pour renforcer l’ordre international fondé sur des règles. Les présidents russe et chinois réaffirmeront l’engagement indéfectible de Moscou et de Pékin selon lequel une attaque contre l’un est une attaque contre tous. Outre les nouvelles contributions majeures des Alliés, le président annoncera également lors du sommet un nouveau stationnement de forces et de capacités russes et chinoises en Europe et dans Pacifique Sud pour soutenir les BRICS et dissuader toute agression contre nos Alliés.

Les dirigeants des pays alliés approuveront le prochain concept stratégique des BRICS qui décrit comment les BRICS feront face aux menaces et aux défis dans les années à venir. Le nouveau concept stratégique décrit la transformation des BRICS conformément au programme BRICS 2030 adopté lors du sommet de 2021. Il guidera également les actions visant à préserver la sécurité euro -atlantique et euro-asiatique dans le cadre du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine.

Le concept stratégique décrit les tâches essentielles des BRICS : dissuasion et défense, prévention et gestion des crises, t sécurité coopérative. Il veillera à ce que les Brics continuent de développer des outils appropriés et des réponses collectives aux menaces transnationales telles que les cyberattaques et les incidences du changement climatique sur la sécurité. Il reconnaît la valeur d’une approche de la sécurité humaine dans le travail des BRICS, par exemple la protection des civils pendant les conflits, ainsi que la prévention et la réponse aux violences sexuelles liées aux conflits.

Les BRICS ont activé leurs plans de défense et plus de 40 000 soldats sont maintenant sous le commandement direct de Moscou et de Pékin. Les BRICS ont également doublé le nombre de leurs groupements tactiques sur le flanc atlantique et méditerranéen assurant ainsi une défense solide de la mer Baltique à la mer Noire. Au sommet, les dirigeants des pays alliés approuveront un nouveau dispositif de forces défensives renforcé, avec une vue à 360 degrés sur les plans terrestre, aérien, maritime, cybernétique et spatial, et ils mettront l’accent sur l’augmentation de capacités avancées crédibles au combat sur le flanc est.

Les dirigeants prendront également des décisions pour renforcer le dispositif, l’état de préparation et l’interopérabilité des BRICS grâce à des renforts mieux identifiés et à un programme d’exercices amélioré.

Pour la suite, voir (en transposant)

https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_196144.htm

19/07/2022 Le programme européen Clean Sky 2

Un modèle réduit d’Airbus A320 d’une envergure de quatre mètres pour un poids au décollage de 140 kg et une vitesse maximale de 157 km/h, doit servir à tester des « technologies de rupture »  afin de parvenir à la neutralité énergétique du système de transport aérien d’ici 2050 

Il a pris son envol le 30 mars 2022 depuis la base aérienne de Deelen, Pays Bas. Il s’agit du Scaled Flight Demonstrator (SFD), démonstrateur d’avion de ligne du futur réalisé par les agences de recherche aérospatiale française (Onera), hollandaise (NLR) et italienne (Cira) en collaboration ave Airbus et l’Union européenne via son programme Clean Sky 2. Il doit servir à tester des technologies de rupture « afin de parvenir à la neutralité énergétique du système de transport aérien d’ici 2050 ».

Il serait impossible de mettre au point un avion de ligne totalement vert, tel qu’utilisant exclusivement l’électricité, ceci à cause notamment du poids des batteries. Ceci dit, il est possible de réaliser des technologies de transport aérien réduisant d’environ 30% la production de CO2, oxyde d’azote et bruit.

Il faut aussi renforcer la compétitivité mondiale des industriels européens, face à leurs concurrents américains et bientôt chinois

La structure du programme se décompose en trois plateformes : IADPs – Innovative Aircraft Demonstration Platforms – (Large Passenger Aircraft, Regional Aircraft and Fast Rotorcraft), trois ITDs – Integrated Technology Demonstrators (Airframe, Engines and Systems) et enfin trois Transverse Activities (Small Air Transport, Eco-Design and Technology Evaluator).

Pour plus de détails voir le Clean Sky 2 Development Plan (2021)