11/01/22. Le SU 57 russe Felon

On parle assez peu actuellement du rôle que jouent lors des affrontements entre la Russie et l’Ukraine les avions de combat utilisés par les Russes. Mais ce rôle est important, selon les agents de l’Intelligence Service britannique utilisés par le ministère de la Défense. Si l’on en croit le magazine britannique The War zone en date du 9 janvier 2023, généralement bien informé, selon l’expression

«Depuis au moins juin 2022, les forces aérospatiales russes (VKS) ont avec une quasi-certitude utilisé le Su-57 Felon pour mener des missions contre l’Ukraine, a déclaré le ministère de la Défense dans un communiqué publié le 9 janvier. Felon est l’avion de combat supersonique de cinquième génération le plus moderne de Russie, utilisant des technologies furtives et une avionique très avancée».

https://www.thedrive.com/the-war-zone/su-57-felon-fighters-are-flying-ukraine-combat-missions-uk-intel

L’avion de chasse, qui a effectué son premier vol en 2010 et qui est entré officiellement en service en 2020 au sein des forces russes, n’aurait pas directement survolé le territoire ukrainien. «Ces missions se sont probablement limitées à lancer depuis le territoire russe des missiles air-sol ou air-air à longue portée en Ukraine», écrivent les Britanniques. En cause notamment, le risque pour les Russes de voir le fleuron de leur aviation abattu par les Ukrainiens, ce qui affecterait gravement leur réputation. «La priorité pour la Russie est très probablement d’éviter les atteintes à la réputation de son aviation, à la réduction des perspectives d’exportation et à la compromission des technologies sensibles qui découleraient de la perte de Felon en Ukraine»

Editorial au 10/01/2023. Voici de nouveau les OVNIS

Nous lisons dans la LETTRE 3AF NUMÉRO 44 / OCTOBRE 2020 l’article suivant:
SCIENCES ET TECHNIQUES AÉROSPATIALES POUR LA SANTÉ POINTS DE VUE CROISÉS SUR LES PHÉNOMÈNES AÉROSPATIAUX NON IDENTIFIÉS OBSERVÉS EN INFRAROUGE ET RADAR
https://www.3af.fr/global/gene/link.php?doc_id=4234&fg

Que dit cet article?

L’observation de Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (ou PAN) n’est pas nouvelle, même si elle reste mystérieuse à bien des égards. Depuis les années 30-40 (voire bien avant) de nombreux témoignages ont été rapportés et des enquêtes menées dans différents pays par les armées de l’air (rapport Blue Book de l’US Air Force, programme Condigm UK, travaux du GEIPAN en France depuis 1977, programme SETKA en Russie), etc.) rassemblant des observations visuelles, radar, des photos ou des films.

Plus récemment, les caméras infrarouges se sont déployées, notamment sur les avions de surveillance ou sur les chasseurs, procurant de nouveaux enregistrements, parfois très étonnants. Cependant l’infrarouge très utile pour détecter un objet, pour l’identifier, nécessite d’autres moyens pour estimer les distances et vitesses notamment, comme les radars.

Cet article a pour but de décrire trois cas d’observations de PAN avec des moyens IR croisés couplés à des observations radar, en commençant par le cas Cougar (2011, Marine Chilienne), Aguadilla (2013, Porto Rico, avion de surveillance côtière), et Nimitz (observations IR par des F18 de l’US Navy et des radars du Nimitz et du Princeton en 2004, puis en 2014-2015 à nouveau par des F-18).

Ce dernier cas est le plus fameux et défraye la chronique depuis décembre 2017, avec la publication d’articles dans le New York Times, accompagnée de la révélation d’un programme de recherche secret AATIP 1 du Pentagone sur les UFOs (Unidentified Flying Objects). Ces vidéos IR (reconnues authentiques par le Pentagone en avril 2020) fournissent des données en 2D. Elles nécessitent de connaître aussi la position de la plate forme d’observation, son altitude et les données de contexte, notamment radar, pour reconstituer les distances et en déduire une cinématique en 3D.

Or l’article pose une question fondamentale. Pourquoi devant un phénomène qui défie toutes les connaissances actuelles, tant en physique spatiale qu’en astrobiologie, les gouvernements et les autorités scientifiques ne déclenchent-ils pas plus d’investigations ?

La Lettre 3AF a une réputation de sérieux suffisant pour que ses allégations soient étudiées avec le plus grand soin par les autorités compétentes, à commencer par les militaires. Ainsi, envisager que les phénomènes décrits puissent résulter d’une plus grande utilisation de drones militaires rendus discrets à des fins de défense n’a aucun sens, d’autant plus que de tels drones n’auraient pas pu exister avant 2017.

Quant à l’existence de PAN extraterrestres, ils ne pourraient provenir qu’au delà du système solaire, vues les distances. Autrement dit ils ne pourrait être qu’être vieux de centaines voire de milliers d’années. Pourquoi auraient-ils attendu tant de temps pour nous rendre visite ?

Editorial au 09/01/2023 Les chimistes du projet Gavo s’attaquent aux virus

20.05.2021, par Martin Koppe
https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-chimistes-du-projet-gavo-sattaquent-aux-virus

Pour élargir la diffusion de cet article important du CNRS, nous en publions ici une version un peu allégée. JPB
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Comme les virus ne peuvent répliquer leur matériel génétique qu’en détournant la machinerie cellulaire, cibler cette étape cruciale peut stopper l’infection. Des chercheurs d’universités françaises et du CNRS se sont rassemblés au sein du projet Gavo, afin de synthétiser des molécules susceptibles de bloquer la réplication des virus à ARN comme celui du Covid-19.

Si de nombreux vaccins ont été proposés pour se protéger du Covid-19, nous manquons encore de médicaments adaptés pour guérir les patients déjà contaminés. SARS-CoV-2, comme tous les virus, est incapable de s’autorépliquer et a donc absolument besoin d’infecter un hôte et d’en détourner la machinerie cellulaire à son profit. Les cellules infectées se mettent alors à produire de nouveaux virus au détriment de leurs fonctions vitales. Si ce mode d’action fait la spécificité des virus, il représente également un point faible ciblé par les chercheurs : affecter ce processus freine, voire stoppe, la propagation des virus dans l’organisme.

Une piste prometteuse pour traiter plusieurs maladies

« Lorsqu’un virus entre dans une cellule, il y déverse les matériaux de base nécessaires à sa réplication, explique Jacques Lebreton, professeur à l’université de Nantes et membre du laboratoire Chimie et interdisciplinarité : synthèse, analyse, modélisation (Ceisam). Les virus à ARN libèrent ainsi des segments d’ARN qui sont ensuite traduits en protéines par les ribosomes de la cellule hôte. » Ces séquences d’ARN sont une succession de nucléotides, des molécules formées par l’association d’un sucre, d’un phosphate et d’une des quatre bases azotées propres à l’ARN : adénine, guanine, cytosine et uracile.

« Pour combattre les virus, on peut tenter de bloquer la polymérase virale chargée de la réplication du matériel génétique du virus en incorporant à l’ARN viral un analogue de nucléosides (association d’un sucre et d’une base azotée) poursuit Jacques Lebreton. Bien choisie, la molécule factice empêche d’accrocher de nouveaux nucléosides au brin d’ARN, et donc de terminer la réplication du virus. Environ la moitié des médicaments contre des pathologies virales sont basés sur des dérivés de nucléosides. »

Les virus à ARN sont impliqués dans de nombreuses maladies : Ebola, hépatite C, poliomyélite, dengue, chikungunya, Zika mais aussi le Covid-19. L’emploi d’analogues de nucléosides est ainsi une des pistes les plus prometteuses pour des traitements ciblant le SARS-CoV-2. Pour plus d’efficacité, ces molécules doivent cependant être adaptées aux caractéristiques du virus. Chacun utilise en effet ses propres enzymes, appelées ARN polymérases, pour détourner la machinerie cellulaire. Si cela est parfois possible, il ne suffit pas toujours de piocher dans les molécules déjà connues, même si elles agissent contre d’autres pathologies.

Le programme Gavo, pour Génération d’Anti-Viraux Originaux, a ainsi été bâti pour découvrir de futurs médicaments basés sur des nucléosides. Dans le contexte actuel, l’accent est mis sur le Covid-19, toutefois ces travaux concerneront plus généralement les virus à ARN et certains cancers. Le projet est porté par Jacques Lebreton et son collègue Arnaud Tessier, chargé de recherche CNRS au Ceisam.

« La France a eu par le passé un incroyable savoir-faire dans la chimie des nucléosides, et nous trouvions dommage qu’il se perde, regrette Jacques Lebreton. Pendant le premier confinement, nous avons contacté Jacques Maddaluno, directeur de l’Institut de chimie du CNRS, pour fédérer les équipes françaises travaillant dans ce domaine. Le ministère de l’Enseignement supérieur,  de la Recherche et de l’innovation nous a ensuite soutenus financièrement pour mettre en place le programme Gavo. »

Synthèse et modélisation, deux approches complémentaires

Le projet réunit donc des chercheurs du Ceisam à Nantes, mais également d’autres laboratoires : l’Institut des biomolécules Max Mousseron à Montpellier, l’Institut de chimie organique et analytique à Orléans et le Laboratoire de physique et chimie théoriques à Nancy. Ces divers talents permettent de combiner deux approches en parallèle. 

La première consiste à synthétiser un grand nombre de dérivés de nucléosides pour constituer une véritable bibliothèque de molécules, dont les propriétés biologiques seront, dans la foulée, évaluées par ViroCrib à Montpellier. Cette plateforme, mise en place par le CNRS via l’Institut des sciences biologiques, va tester l’activité antivirale de ces analogues sur un large panel de virus.

La seconde approche se base sur la modélisation, à l’échelle moléculaire, des processus impliqués dans la réplication de l’ARN viral, afin de prédire la structure des composés aptes à perturber, voire inhiber, le phénomène. Ce procédé offre alors des pistes aux chimistes, qui peuvent ensuite synthétiser ces molécules originales susceptibles de bloquer la réplication du virus.

« Notre expert en modélisation a par exemple analysé comment le remdesivir, un analogue de nucléosides breveté par Gilead Sciences contre le virus Ebola, s’accroche à la polymérase de SARS-CoV-2 en l’empêchant de glisser le long du brin d’ARN et donc de le reproduire, ajoute Jacques Lebreton. La modélisation permet de comprendre pourquoi un composé donné peut bloquer l’action d’un enzyme et comment la structure de ce dernier pourrait être modifiée pour en augmenter l’efficacité. 

Cela revient à trouver la bonne clé pour une serrure donnée. Notre collègue conçoit de manière rationnelle, et in silico, des solutions que nous essayons ensuite de synthétiser. Avec nos moyens limités par rapport aux géants pharmaceutiques, nous devons être astucieux pour identifier des molécules efficaces et spécifiques. »

Les chercheurs ont besoin d’être guidés dans le choix des transformations chimiques les plus pertinentes à réaliser, impliquant une expertise à la croisée de la chimie des sucres et de celle des hétérocycles. Les nucléosides sont en effet une classe de molécules complexes, offrant une quasi-infinité de modifications chimiques et leurs combinaisons.

 Le criblage des molécules, anciennes ou nouvelles, est ainsi crucial pour identifier une activité biologique donnée dans une telle multitude. L’AZT (Retrovir®), synthétisé et breveté en 1964 comme anticancéreux, avait par exemple été oublié du fait de piètres résultats. Vingt ans plus tard, cet analogue nucléosidique est revenu sur le devant de la scène quand son effet contre le VIH a été découvert lors d’une vaste campagne de criblage. « Avec tous les analogues de nucléosides qui ont été synthétisés depuis ces dernières décennies, nous pouvions penser trouver rapidement une solution thérapeutique efficace contre le Covid-19, rappelle Jacques Lebreton. Ça n’a malheureusement pas été le cas, même si le remdesivir a un temps apporté une lueur d’espoir. »

La synthèse de nouveaux analogues de nucléosides doit donc se poursuivre.

Dans le cadre du projet Gavo, cette mission est renforcée par la présence d’experts en chimie en flux du laboratoire Chimie organique, bio-organique : réactivité et analyse à Rouen. Cette technologie récente permet de préparer en continu des molécules inédites, avec une grande variété de conditions opératoires. Curieusement, cette approche a jusqu’à présent été très peu utilisée pour la synthèse de nucléosides, alors qu’elle offre la possibilité d’aller au-delà des structures déjà connues. La chimie en flux tend également à être plus rapide que les méthodes conventionnelles.

Avec la mise en commun de leurs compétences, les chercheurs du programme Gavo vont pouvoir travailler en synergie. La modélisation guide les chimistes pour l’élaboration de molécules nucléosidiques originales et appropriées pour bloquer la réplication virale. Ces molécules seront testées contre le Covid-19 mais aussi sur d’autres virus connus ou émergents. Reste à attendre les premiers résultats. ♦

Editorial au 08/01/2022. Avec ou sans Poutine, quelles solutions?

On peut supposer que dans l’esprit de Vladimir Poutine, envahir et annexer l’Ukraine le 24 février 2022 aurait signifié au monde que la Russie sous son autorité était redevenue l’ex-Empire soviétique effondré en 1991. Il aurait montré que l’Amérique était un tigre de papier incapable de s’opposer malgré l’aide militaire de l’Union européenne à ce que la Russie devienne, avec l’appui éventuel de la Chine, le leader d’un nouvel ordre international dans un monde devenu multipolaire.

Les événements n’ont en rien démontré cela. L’armée ukrainienne s’est révélée avec il est vrai les milliards de dollars de l’aide occidentale, capable de s’opposer à des forces russes précédemment présentées par Moscou comme imbattables et qui ont au contraire montré leur peu d’organisation et de volonté de se battre. La défaite militaire russe apparait aujourd’hui comme inéluctable. Mais quelle forme prendrait-t-elle ?

Trois scénarios sont évoqués actuellement, dont les conséquences seraient différentes. Dans le premier et le plus improbable, Moscou reconnaîtrait sa défaite. Il se bornerait à vouloir conserver sa souveraineté sur la Crimée et négocierait des concessions dans tous les autres domaines. Il n’exclurait pas cependant la possibilité d’incursions militaires ultérieures, notamment si l’Otan continuait à approvisionnes l’Ukraine en armes du dernier modèle. Ce scénario entraînerait vraisemblablement la mise à l’écart des responsables politiques partisans d »une ligne dure, y compris sans doute de Poutine lui-même.

Le second scenario intéressant une défaite russe ferait appel à des bombardements et des actes de sabotage russes dans les pays européens tels que la Pologne qui aident Kiev et l’Ukraine. La perspective d’une frappe nucléaire de faible intensité serait évoquée. L’Otan à son plus niveau serait obligée d’intervenir. La Russie baisserait le ton, mais elle se retirerait avec les honneurs de la guerre.

Le troisième scénario repose sur un effondrement du régime russe, les batailles décisives se tenant non pas en Ukraine mais dans les rues de Moscou et dans les couloirs du Kremlin. La question fondamentale resterait posée. Qui prendrait le contrôle de l’armement nucléaire russe ?

Pour en savoir plus, voir

https://www.foreignaffairs.com/russian-federation/putin-last-stand-russia-defeat

Editorial au 07/01/2022. La dronisation navale prend du retard dans la marine nationale française

Moins coûteux à l’achat et à l’utilisation que des unités navales dotées d’un équipage embarqué, les drones navals connaissent aujourd’hui un fort développement. Dans leurs composantes aéronavales, mais aussi de surface et sous-marine, ils font office de multiplicateur de force. Si les États-Unis et la Chine les intègrent dans leurs stratégies d’équipements, des acteurs plus modestes comme la Turquie, la Corée du Sud et Israël s’y intéressent également, avec une orientation vers l’export.

La Marine nationale doit faire face au renouvellement de ses capacités sous- marines et aéronavales avec un budget limité, alors même que la France réaffirme ses ambitions en Indo-Pacifique. Face à ce dilemme, la dronisation partielle peut contribuer au maintien de certaines capacités tout en accroissant l’efficacité des unités de premier rang

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Rappelons qu’à l’été 2022, des prototypes de drones navals de l’US Navy prirent part à l’exercice interallié RIMPAC (Rim of the Pacific), mené par le commandement américain pour le Pacifique. Chargés d’accomplir des missions logistiques ou de reconnaissance, ces systèmes ont illustré une dynamique de plus en plus affirmée de dronisation des flottes de combat dans leurs composantes aéronavale, mais aussi de surface et sous-marine, en agissant comme un multiplicateur de force.

Si les États-Unis et la Chine disposent d’une avance en la matière, des acteurs plus modestes comme la Turquie, la Corée du Sud ou le Royaume-Uni s’y intéressent également. Des dizaines de programmes de drones de surface, aériens navalisés et sous-marins sont aujourd’hui en développement, les tout premiers systèmes ayant vu le jour dès la fin des années 1990. Moins coûteux à l’achat et à l’utilisation que des unités habitées en raison de l’absence de systèmes de survie et de protection complexes, les drones navals sont attractifs tant pour des flottes en forte croissance que pour celles aux moyens plus limités.

La Chine y voit un moyen de développer ses capacités plus rapidement, tandis que les États-Unis cherchent à maintenir un nombre d’unités satisfaisant à budget égal, alors que le coût croissant des navires de combat modernes contraint le format des flottes. En France, la Marine nationale subit la hausse du coût des navires habités, alors même que le remplacement à venir du porte-avions Charles de Gaulle la contraint à prévoir de nouvelles économies. Cependant, Paris annonce son souhait de réinvestir en IndoPacifique et de développer de nouvelles capacités vis-à-vis de la surveillance des grands fonds et de la protection des câbles sous-marins.

Face à cette tension entre les objectifs et les moyens, une politique de dronisation partielle pourrait comme un multiplicateur de force. À plus long terme, de futures unités de premier rang pourraient évoluer comme des systèmes de systèmes, articulés autour d’une plateforme habitée et de plus petites unités dronisées portant capteurs et effecteurs. De même, des systèmes dronisés, moins coûteux que des unités habitées mais capables de remplir des missions en autonomie permettraient à la Marine de retrouver une efficacité qui lui fait aujourd’hui de plus en plus défaut.

En dépit de ces perspectives, l’investissement militaire français en la matière est encore timide dans ses moyens comme dans son ambition, cantonnant ses futurs drones à un panel limité de missions. Alors que la France a déjà accusé un retard dans le domaine des drones aériens, quelle dronisation permettrait à la Marine nationale de préparer sa flotte à l’horizon 2050 ?

Editorial au 07/01/2022; Certains ancêtres des Américains modernes auraient vécu en Ethiopie

Aujourd’hui, au moment où pèse la menace d’une guerre entre les Etats Unis et la Chine, une étude scientifique récente montre que des fossiles trouvés en 1989 en Chine ont enfin pu être identifiés comme appartenant aux ancêtres des premiers Américains.

C’est en 1989 que des restes humains ont été découverts dans une grotte de la province chinoise de Yunnan, au sud-ouest du pays. Selon une première datation au radiocarbone, cet os de cuisse et une partie d’un crâne ont pu être datés à 14.000 ans, soit une période où l’Homo sapiens commençait sa migration à travers le monde.

Mais si la période de ces fossiles était connue, certaines caractéristiques inhabituelles des os laissaient un doute sur l’espèce humaine à laquelle ils appartenaient. Si certains scientifiques ont d’abord pensé à une espèce hybride entre l’homme moderne dit homo sapins sapiens et une autre espèce plus archaïque, ce groupe nommé « Red Deer People » ou « Red Dear Cave People « a pu finalement être identifié par un séquençage ADN effectué par des scientifiques chinois.

Ce génome complète une pièce manquante très importante de l’histoire globale concernant la façon dont les humains sont arrivés en Amérique. De nombreux travaux ont été consacrés à l’autre branche de l’ascendance des Amérindiens – les Sibériens – mais on ne savait pas grand-chose, jusqu’à cet article, des ancêtres des Amérindiens originaires d’Asie de l’Est. Or cette branche représente la majorité des ancêtres des Amérindiens. »

ref Hunter-gatherer genomes reveal diverse demographic trajectories during the rise of farming in Eastern Africa
https://www.cell.com/current-biology/pdfExtended/S0960-9822(22)00314-1

In brief Using new genotype data, Gopalan et al. show that the Chabu people of Southwest Ethiopia are closely related to ancient people who lived in the region prior to the rise of farming. The Chabu population has declined sharply over the past 1,400 years. However, this trend is not universal among Ethiopian hunter-gatherer descendants

Editorial au 04/01/23. Les êtres vivants comprennent-ils le monde plus en profondeur que nos cerveaux ne l’imaginent ?

Cette question est souvent posée par les scientifiques constatant que les êtres vivants les plus élémentaires, tels que les bactéries, ont pour s’adapter au monde et y survivre la capacité de résoudre des problèmes devant lesquels malgré la puissance des connaissances scientifiques accumulées depuis des années, restent encore sans réponses.

Les végétaux, faciles à observer dès qu’ils ont une taille suffisante, montrent des facilités à résister aux agressions extérieures dont les humains semblent dépourvus. Non seulement ils résistent mais ils acquièrent ce faisant de nouvelles capacités pour conquérir de nouveaux milieux et s’y développer.

On explique qu’il s’agit là de l’application des mécanismes élémentaires de la sélection naturelle. Les principes s’y retrouvent dans tous les organismes. Tout structure évolutive, biologique ou non, rencontrant des difficulté à survivre dans son milieu origine, y réagit en générant de nouvelles versions dont certaines avec un peu de chance peuvent se révéler mieux adaptées.

Il va de soi que le fonctionnement des cerveaux, y compris celui du cortex supérieur générant les idées complexes qui sont à la base de toute connaissance se voulant scientifique, obéit à ces règles de la sélection naturelle. Il semble que le cerveau produise en permanence des représentations du monde mais qu’il Il ne conserve que celles se révélant les plus efficaces dans la vie des sujets.

Ceci dit, vers quel âge cette capacité s’acquiert-elle ? Des expériences récentes ont montré que des nouveaux nés humains, quelques heures après leur naissance, peuvent distinguer non seulement des personnes mais des objets, sur la base de leur nombre. Existe-t-il dans leur cerveau des systèmes de représentation ayant un contenu mathématique présents avant tout apprentissage formel.

A partir de 2008, des expériences ont montré que cela était le cas chez des nouveaux nés âgés de 7 à 100 heures. Ils étaient capables d’établir des liens positifs entre des éléments présentant une caractéristique identique.

Ces expériences permettent aussi de démontrer que sous une forme un peu différente ces capacités se rencontrent chez des animaux possédant un cerveau moins complexe que le cerveau humain. Ainsi des poulpes qui ne possèdent pas de cerveaux à proprement parler ont montré les mêmes capacités.

Editorial au 03/01/2022 La dernière croisade

Nous republions ici un article remarquable de Club Orlov (Dimitri Orlov) qui figure dans DeDefensa de ce jour

https://www.dedefensa.org/article/la-derniere-croisade-ii

Nous sommes, pour la plupart d’entre nous sans le savoir, les témoins d’un événement capital : la fin de la Drang nach Osten qui a duré mille ans – la marche implacable vers l’est du cadavre réanimé de l’Empire romain d’Occident, avec le pape comme tête symbolique et le Vatican comme capitale symbolique, connue sous le nom de Croisades. Parmi celles-ci, les croisades du Sud sont beaucoup plus connues en Occident, tandis que les croisades du Nord, lancées en 1147, le sont beaucoup moins. Mais ce sont elles qui ont duré le plus longtemps, jusqu’au 22 février 2022, parce que, contrairement à la Chine, à l’Inde et à presque tous les autres pays non occidentaux, la Russie ne s’est jamais rendue à personne.

Le gant a été jeté en 1252, lorsqu’Alexandre Nevsky a accepté un document officiel, appelé yarlyk, du Khan Batyj de la Horde d’Or (qui fait partie de l’Empire mongol), l’autorisant à régner en tant que Grand Prince de Kiev (et donc à régner sur toute la Russie), plutôt que de demander la bénédiction du Pape à Rome, comme il était exigé de tous les rois occidentaux. Pour ces potentats occidentaux, leur prétention à être ordonnés par Dieu reposait sur l’approbation de son siège au Vatican ; pour les Russes, le pape n’était qu’un usurpateur hérétique. La distinction religieuse a joué avec le temps, mais l’idée qu’il existe un club exclusif de nations occidentales qui méritent d’exercer leur autorité sur le reste du monde a survécu.

Il s’en est suivi une série d’attaques contre la Russie, qui se sont étalées sur plusieurs siècles, toutes découlant du même principe : “Ce que l’Occident ne peut pas contrôler doit être détruit”. Les Allemands et les Suédois ont continué à l’attaquer jusqu’en 1709. Puis les Français ont attaqué à nouveau en 1812 ; et ensuite les Allemands en 1941. Les Américains étaient prêts à attaquer en mars 2022, par l’intermédiaire de leurs mandataires ukrainiens et de l’OTAN, mais ils ont été devancés par l’opération militaire spéciale de la Russie. Ainsi, la dernière croisade a été avortée et de nouvelles tentatives semblent peu probables, car, à ce stade, il n’est pas question de détruire ce que l’Occident ne peut pas contrôler, et pas seulement la Russie, mais aussi une grande partie du reste du monde. Même la petite Corée du Nord peut tenir tête à l’Occident collectif et lui faire un doigt d’honneur. Ce spectacle de mille ans est presque terminé.

Au cours des siècles précédents, chaque fois que la Russie expulsait un croisé, d’autres nations occidentales prenaient la tête et tentaient de marcher sur Moscou : c’étaient les Allemands (en tant que chevaliers teutoniques), puis les Suédois, les Polonais, puis d’autres Suédois, puis les Français sous Napoléon, puis les Allemands sous Hitler, et maintenant les Américains (déguisés en Ukrainiens malchanceux et désemparés) sous Biden. (Oui, le dernier acte de ce drame est sans aucun doute une farce.) Mais qui pourrait bien devenir le prochain croisé du jour ? Personne ! Il n’y a plus personne en Occident pour poursuivre le projet.

Il existe une curieuse corrélation à 100% entre les langues étrangères que les Russes choisissent d’étudier et les capitales occidentales qu’ils viennent ensuite occuper. Les Russes ont étudié le français et la cavalerie russe est entrée dans Paris ; ils ont étudié l’allemand et les chars russes sont entrés dans Berlin. Et maintenant, les Russes étudient tous l’anglais, dès la deuxième année. Nous devrions donc nous attendre à des feux d’artifice russes au-dessus de Washington (Londres n’est plus capable que de quelques petits coups bas). Cette corrélation est juste quelque chose à surveiller dans le futur.

Mais nous sommes déjà en mesure de revoir l’histoire de cette dernière et ultime croisade, qui touche à sa fin. Pour ce faire, nous devons rembobiner jusqu’en 1998, il y a 24 ans. L’économie russe était en ruine, la première guerre de Tchétchénie était pour l’essentiel perdue et l’Occident était occupé à piller ce qui restait de l’économie soviétique. Les sentiments séparatistes étaient légion et le pays aurait pu s’effondrer à tout moment, réalisant ainsi le vieux rêve occidental de rayer la Russie de la carte politique. Mais l’Occident ne pouvait pas attendre et a décidé de donner un coup de grâce à la Russie en déclenchant la deuxième guerre de Tchétchénie.

Et là, quelque chose a mal tourné : au lieu de l’ivrogne Eltsine, Poutine est arrivé au pouvoir et a gagné la deuxième guerre de Tchétchénie. L’apparition de Poutine sur la scène mondiale a été une surprise totale pour l’État profond occidental, qui a alors réalisé qu’il avait besoin d’un tout nouveau plan pour détruire la Russie, à coup sûr cette fois : un nouveau Drang nach Osten mondialiste. L’objectif principal de ce nouvel assaut était la poursuite de la domination complète du monde entier par les États-Unis, assurée par le démembrement, l’engloutissement et la dévoration de leur principal adversaire géopolitique, la Russie. La Russie devait être attaquée simultanément à l’ouest (via l’Ukraine), au sud (via le Caucase) et à l’est (via l’Afghanistan et l’Asie centrale). Le commerce du pétrole et du gaz naturel de la Russie devait être perturbé, ses liens économiques avec l’économie mondiale rompus et sa politique perturbée par des protestations internes.

Le 11 septembre 2001, le nouveau plan était prêt et lancé en grande pompe par l’abattage de trois gratte-ciel new-yorkais à l’aide de deux avions de ligne Boeing, une sorte de miracle des pains et des poissons des temps modernes, qui a nettement désavantagé ceux qui étaient gênés par un peu trop d’arithmétique. Cela a donné carte blanche aux États-Unis pour suspendre les libertés civiles dans le pays et pour insérer leurs forces n’importe où à l’étranger, dans le cadre de leur guerre globale contre la terreur, qui était, étant donné la nature artificielle de l’événement du 11 septembre, une imposture sur une imposture.

La première étape a consisté à préparer une incursion en Asie centrale, en envahissant l’Afghanistan en 2001. Cet effort s’est notoirement mal passé. Deux tentatives de coup d’État ont échoué, l’une au Turkménistan en 2002 et l’autre au Kirghizistan en 2005, toutes deux déjouées par les services spéciaux russes. Les Américains se sont attardés en Afghanistan pendant une vingtaine d’années, après avoir été détournés par le commerce de l’héroïne, mais lorsque les toxicomanes américains ont commencé à se tourner vers le fentanyl, fabriqué en Chine, beaucoup plus économique, il n’y avait plus de raison de poursuivre le commerce de l’héroïne afghane. Le dernier cadeau d’adieu a été la tentative de coup d’État au Kazakhstan en janvier 2022, qui a été réprimée par les troupes russes, invitées par le président du Kazakhstan. Ainsi s’est achevé l’effort de destruction de la Russie via l’Asie centrale.

La deuxième étape consistait à préparer une incursion terroriste via le Caucase. Le gouvernement de Géorgie a été renversé en 2003 et les États-Unis, avec l’aide d’Israël, ont commencé à former l’armée géorgienne. Un effort a été fait pour organiser un nouveau cycle de la manie séparatiste tchétchène, avec une infusion de fondamentalistes islamiques via la gorge de Pankisi en Géorgie. Cela aurait pu poser un problème à la Russie, ou non, nous ne le saurons jamais avec certitude, car le 8 août 2008, le président géorgien Saakashvili, psychologiquement instable, a sauté le pas et a commencé à bombarder les soldats de la paix russes en Ossétie du Sud. Cette région a été arbitrairement intégrée à la République socialiste soviétique de Géorgie par les bolcheviks et s’est retrouvée bloquée après la désintégration de l’Union soviétique, à l’instar de ce qui est arrivé au Donbass en Ukraine. La Russie a réagi en expulsant l’armée géorgienne de la région et en la défaisant. Ce que Saakashvili a fait, en substance, c’est échanger une défaite tactique géorgienne contre une victoire stratégique russe. Depuis lors, la Géorgie n’a pas bougé, ce qui met le plan d’incursion au sud dans les limbes.

La troisième étape a été de loin la plus réussie. La révolution orange de Kiev en 2004 a été suivie de diverses autres révolutions et coups d’État, pour culminer avec la violente révolution de Maidan au printemps 2014. Inspirés par les chimères russophobes de Zbigniew Brzezinski, les États-Unis ont placé de grands espoirs dans l’Ukraine et ont adopté une approche sans concession pour en faire une sorte d’anti-Russie. Cet effort a jusqu’à présent permis à la Russie de s’étendre à cinq nouvelles régions (Crimée, Donetsk, Lugansk, Zaporozhye et Kherson), tout en transformant l’Ukraine en un parasite de classe mondiale, inondant l’Europe de huit millions de migrants et aspirant cent milliards de dollars d’aide (utilisés pour garnir de nombreux nids d’oligarques) et d’armes (qui sont soit détruites sur le front oriental, soit utilisées pour inonder le marché noir international). L’Ukraine est désormais un État zombie en faillite, dont l’économie a été divisée par deux, les infrastructures détruites, la société détruite et le gouvernement de loin le plus corrompu de la planète. Bien que cette partie du plan visant à détruire la Russie ait gagné le plus de terrain, ses chances de permettre aux États-Unis de démembrer, engloutir et dévorer la Russie sont toujours nulles.

Entre-temps, une mauvaise récolte en Russie en 2010 a fourni ce qui aurait pu être une manne stratégique majeure dans ce qui est devenu le Printemps arabe. La hausse des prix des céréales dans les pays d’Afrique et du Moyen-Orient, qui subsistaient en grande partie grâce aux importations de céréales russes, y a provoqué une grande misère. En conséquence, des bouleversements sociaux, aboutissant parfois au renversement du gouvernement et à la guerre civile, se sont produits à Tunis, en Égypte, au Yémen, en Libye, en Syrie, à Bahreïn, à Alger, en Irak, en Jordanie, au Maroc, à Oman, au Koweït, en Mauritanie, en Arabie saoudite, au Soudan, à Djibouti et au Sahara occidental.

Cette situation a permis aux États-Unis d’élaborer un tout nouveau plan pour attaquer la Russie par le sud en jouant une fois de plus la carte du radicalisme islamique. Cette carte avait échoué de façon spectaculaire en Afghanistan et en Tchétchénie, alors, selon la logique typique du gouvernement américain, pourquoi ne pas l’utiliser à nouveau ? Les jeunes islamistes radicalisés de ces divers pays en détresse ont été organisés en ISIS, alias le Califat ou l’État islamique, qui a ensuite été implanté en Irak, en Syrie et en Libye, avec des armes, un entraînement et un soutien médiatique généreux, avec des vidéos de propagande de style hollywoodien montrant des décapitations d’infidèles portant les traditionnelles combinaisons orange américaines. L’exécution n’était pas sans éléments comiques : à un moment donné, l’ISIS du Pentagone et l’ISIS du Département d’État sont entrés en guerre l’un contre l’autre, dans ce qui devait être le premier cas au monde de terrorisme interdépartemental.

La Syrie est devenue le principal point de convergence. Le plan consistait à établir l’État islamique en Syrie, puis à l’étendre à la Turquie, en orchestrant un renversement de gouvernement dans ce pays, après quoi il serait, en théorie, facile de l’étendre plus au nord dans les régions musulmanes turcophones de la Russie. La Russie a neutralisé ce plan en deux étapes. Premièrement, en 2015, elle a introduit ses forces en Syrie et a procédé au bombardement d’ISIS, permettant ainsi au gouvernement syrien de rétablir son autorité sur une grande partie du pays. Deuxièmement, en 2016, elle a empêché un renversement du gouvernement turc organisé par les États-Unis et l’assassinat du président turc Erdoǧan en le prévenant de l’action imminente. Erdoǧan en a alors profité pour faire le grand ménage, purgeant le gouvernement et la société turcs de l’influence américaine, tout en renforçant ses liens avec Poutine, à qui il doit désormais la vie. Un geste important à cet égard a été l’achat par la Turquie du système moderne de défense aérienne russe S-400 – malgré le fait que cela ait fait cracher du sang aux Washingtoniens. Pour punir la Turquie d’une telle désobéissance (les membres de l’OTAN ne sont censés acheter que des armes fabriquées aux États-Unis), les Washingtoniens ont retiré la Turquie de son programme d’avions de chasse F-35 truffé de bogues, trop cher et stratégiquement inutile.

Ce gouffre politique a récemment été creusé par l’effort de l’OTAN pour absorber la Suède et la Finlande, juste pour prouver que l’OTAN peut s’étendre où bon lui semble. Ce faisant, l’OTAN violerait les termes du traité de Paris de 1947, en vertu duquel la Finlande doit rester militairement neutre, et remettrait automatiquement la Finlande en état de guerre avec la Russie, ce qui donnerait à cette dernière non seulement une raison d’attaquer la Finlande à volonté, mais aussi une excuse légale pour le faire, mais qui, à Washington, a le temps de se pencher sur de tels détails ? Cependant, ce plan a rencontré un obstacle lorsque la Turquie a refusé de ratifier cette expansion car, voyez-vous, la Suède donne asile aux terroristes kurdes, et la Finlande ne se joindra pas à elle si la Suède ne le peut pas. En guise de touche finale, Erdoǧan (commandant de la deuxième plus grande armée de l’OTAN) et le président Assad de Syrie (visé par un renversement et une mort violente par toutes les administrations américaines depuis Clinton) ont décidé de passer du statut d’ennemis à celui de coopérateurs. Leurs ministres de la défense respectifs viennent de tenir une réunion fructueuse à Moscou, bien sûr.

Les autres efforts de l’Amérique pour déstabiliser et affaiblir la Russie en semant le trouble dans le Caucase ont également échoué. En Arménie, une révolution de couleur orchestrée par les États-Unis a permis d’installer à la tête du pays Nikol Pashinyan, formé par Soros. Mais il s’est ensuite produit quelques événements qui ont largement annulé ce gain politique. Le garant de la souveraineté arménienne est la Russie ; sans son soutien, le petit pays faible et enclavé qu’est l’Arménie serait avalé par la Turquie et l’Azerbaïdjan, qui se fondraient alors joyeusement dans une « turcophonie » turcophone et referaient peut-être le génocide arménien.

Pour créer un moment propice à l’apprentissage de ce fait, l’Azerbaïdjan a englouti en 2020 le Haut-Karabakh, une province disputée par l’Arménie et l’Azerbaïdjan mais occupée par l’Arménie depuis peu après la dissolution de l’URSS. Pour mettre fin aux combats et protéger la population arménienne de cette région, la Russie a dû introduire ses casques bleus. Un fait important concernant le Nagorny-Karabakh est qu’il s’agit d’un territoire impérial russe : La Russie l’a obtenu de la Perse par le traité de Gulistan en 1813 et il a été peuplé par des Arméniens, des Azéris et des Russes depuis lors, le russe étant la langue véhiculaire. Ainsi, la situation actuelle, avec des troupes russes qui maintiennent la paix, peut être considérée comme un retour partiel à la norme.

Un autre fait important concernant le Haut-Karabakh est qu’il offre un corridor terrestre de la Russie à l’Iran, via l’Azerbaïdjan, ajoutant une autre route, plus courte, de Moscou à l’Iran, et de là à la mer d’Oman et à l’océan Indien (en plus de la route plus longue qui traverse le Kazakhstan et le Turkménistan). Ce corridor nord-sud offre à la Russie un accès au commerce mondial qui contourne aisément tous les principaux points d’étranglement contrôlés par l’Occident : le Kattegat à l’embouchure de la mer Baltique, le Bosphore et les Dardanelles entre la mer Noire et la Méditerranée, le détroit de Gibraltar à l’embouchure de la Méditerranée et le canal de Suez.

Mais Erevan, la capitale de l’Arménie, abrite la plus grande ambassade américaine de toute la région, et les Américains ne voulaient pas abandonner comme ça. Ils ont donc envoyé Nancy Pelosy, l’ancienne présidente de la Chambre des représentants, y faire une visite rapide à la fin de ses divers autres voyages inutiles. Bien sûr, quelques jours plus tard, il y a eu une mini-manifestation à Erevan, avec des gens brandissant des drapeaux américains et demandant que l’Arménie rompe avec la Russie. Mettre Nancy dans un fusil et le tirer dans la direction générale du Kremlin aurait été tout aussi efficace.

En parlant de points d’étranglement contrôlés par l’Occident, un autre point majeur est le détroit de Malacca qui relie l’océan Indien, via la mer d’Andaman, à la mer de Chine, et par lequel passe une grande partie du commerce de la Chine avec le monde et une grande partie du pétrole qui alimente l’économie chinoise. Non contents de s’acharner misérablement sur la Russie, les États-Unis ont également déployé divers efforts pour créer des problèmes à la Chine, en créant des tensions entre celle-ci et ses voisins du sud. À cette fin, ils ont tenté de dépeindre la Chine comme une menace pour eux et ont organisé des exercices de « liberté de navigation » près des îles Spratley, que la Chine a revendiquées et transformées en formidables forteresses. Tous ces efforts ont été réduits à néant par une victoire stratégique conjointe russo-chinoise au Myanmar en 2021.

L’histoire du Myanmar est longue et tordue, mais en résumé, avec le soutien de la Chine et de la Russie, Aung San Suu Kyi (titulaire d’un passeport britannique, lauréate du prix Nobel de la paix, plante occidentale) a été chassée du pouvoir et remplacée par Min Aung Hlaing, commandant des forces armées, le tout dans le strict respect des termes de la constitution de 2008, selon laquelle l’armée en est le garant. Grâce à cette action plutôt limitée, un autre corridor de transport nord-sud a été débloqué. Celui-ci passera par le Myanmar et reliera directement la Chine à l’océan Indien, en contournant le point d’étranglement que constitue le détroit de Malacca. Ainsi, les échecs flagrants de la politique étrangère américaine ne se limitent en aucun cas à ses efforts pour contenir et affaiblir la Russie ; ses efforts pour contenir et affaiblir la Chine ne sont pas moins spectaculaires. Mais je m’écarte du sujet.

Pour en revenir au sujet de la dernière croisade, toutes les autres possibilités de perturber la Russie ayant été écartées, il ne reste plus que la possibilité traditionnelle de croisade : le front occidental de la Russie. Sur ce front, la Russie réussit à démilitariser l’OTAN (après avoir déjà largement démilitarisé l’Ukraine en détruisant son armée et son armement de l’ère soviétique) et à dénazifier l’Ukraine en tuant des dizaines de nazis ukrainiens (et quelques mercenaires étrangers). Le ratio de tués entre les forces russes et ukrainiennes est maintenant proche de 1:30 en faveur des Russes : un tir au pigeon.

Les Russes ont récemment compris comment abattre de manière fiable les roquettes fournies par l’OTAN et comment faire passer leurs roquettes à travers les systèmes de défense aérienne de l’OTAN. Le plus intéressant, c’est que les Russes savent maintenant aussi comment mettre hors d’état de nuire les systèmes de défense aérienne de l’OTAN en lançant d’abord un leurre à vol lent dans leur voisinage, en repérant leur emplacement lorsqu’ils l’abattent, et enfin en les éliminant par une frappe de précision avec un engin qu’ils ne peuvent pas intercepter – quelque chose d’hypersonique, peut-être. Une fois l’Ukraine débarrassée de tous ses systèmes de défense aérienne, la Russie pourra enfin utiliser librement ses forces aériennes pour bombarder avec précision l’armée ukrainienne, comme elle l’a fait avec ISIS en Syrie.

Personne ne sait exactement combien de temps tout cela va prendre ; comme je l’ai décrit dans un article précédent, les Russes ne sont pas trop pressés. Mais nous pouvons être sûrs que les établissements américains de politique étrangère et de défense travaillent d’arrache-pied sur un ou deux autres plans. Le plus évident (et le plus stupide) est de presser la Pologne de servir une fois l’Ukraine terminée. À cette fin, la Pologne vient d’annoncer son intention de doubler la taille de ses forces armées pour atteindre un quart de million d’hommes – parce que le maître leur a dit de le faire, leurs dirigeants refusent d’ajouter.

Ce plan pose seulement trois problèmes. Premièrement, les Polonais ont tous des passeports de l’UE et ont la possibilité de courir vers la frontière la plus proche pour éviter d’être incorporés. Deuxièmement, même si les Polonais ont subi un lavage de cerveau presque aussi important que les Ukrainiens en ce qui concerne la haine de la Russie, l’économie polonaise se porte plutôt bien, surtout par rapport au reste de l’Europe, et ils ne sont pas assez désespérés pour jeter tous leurs jeunes hommes dans l’armée russe. Troisièmement, il faut de l’énergie pour attaquer quelque chose d’aussi grand que la Russie, mais l’Occident collectif connaît déjà une faim d’énergie, qui ne fera que s’accentuer avec le temps. J’écrirai prochainement sur la faim énergétique à venir.

Il est difficile de faire des prédictions, notamment sur l’avenir, mais je suis convaincu qu’il n’y aura plus de Dränge nach Osten, de Marches futiles sur Moscou, de Croisades du Nord ou d’autres efforts occidentaux pour s’en prendre sérieusement à la Russie. Après tout, plus les Occidentaux essaieront d’embêter la Russie, plus ils deviendront froids et affamés. Mais apprendront-ils un jour ?

30 décembre 2022, Club Orlov – Traduction de L’EchelledeJacob

Editorial au 02/01/2023. L’Occident se prépare à la guerre avec la Russie et la Chine

Trois des principaux combattants de la dernière guerre mondiale – les États-Unis, l’Allemagne et le Japon – ont approuvé des budgets militaires les plus importants depuis la Seconde Guerre mondiale. Ils marquent chacun une escalade majeure dans leurs préparatifs en vue d’un conflit militaire avec la Russie et la Chine.

Concernant les Etats-Unis, , le Sénat américain a voté à une écrasante majorité en faveur d’un projet de loi d’autorisation de la défense nationale de 858 milliards de dollars, soit 45 milliards de dollars de plus que la demande de la Maison-Blanche, qui était elle-même supérieure à la demande du Pentagone.

Ces budgets marque une augmentation de huit pour cent par rapport à l’année dernière et une augmentation de 30 pour cent des dépenses militaires par rapport au budget du Pentagone de 2016. L’augmentation massive des dépenses militaires intervient alors que le revenu réel du ménage américain type a vu son revenu réel baisser de trois pour cent au cours des 12 derniers mois.

Le projet de loi augmente le financement de chaque département militaire et de chaque programme d’armement. La marine américaine recevra 32 milliards de dollars pour de nouveaux navires de guerre, dont trois contre-torpilleurs de classe Arleigh Burke et deux sous-marins de classe Virginia. Et le Pentagone est autorisé à acheter 36 avions F-35 supplémentaires, chacun coûtant environ 89 millions de dollars.

Les membres du Congrès n’ont pas dissimulé le fait que l’objectif central du projet de loi était de se préparer à ce qu’ils appellent «un futur conflit avec la Chine» et à la guerre par procuration menée par les États-Unis contre la Russie qui se déroule actuellement.

«La Loi sur l’autorisation de la défense nationale(National Defense Authorization Act – NDAA) de cette année prend des mesures concrètes pour se préparer à un futur conflit avec la Chine en investissant dans la puissance militaire américaine, en renforçant la posture américaine dans l’Indo-Pacifique et en soutenant nos alliés», a déclaré Mike Gallagher, représentant républicain du Wisconsin.

Le projet de loi transforme Taïwan en une force intermédiaire de première ligne pour le conflit futur avec la Chine, de la même manière que l’Ukraine sert de force intermédiaire pour la guerre avec la Russie.

Un jour plus tard, le gouvernement japonais a dévoilé une nouvelle stratégie de défense nationale qui doublerait le budget militaire du pays et transformerait son armée en une force de combat offensif. Pour la première fois, le Japon se doterait de missiles à longue portée capables de frapper la Chine dans le cadre d’une opération offensive.

Cette stratégie défie ouvertement la constitution japonaise, qui déclare que «les forces terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que les autres dépenses pouvant servir à la guerre, ne seront jamais entretenues».

Concernant l’Allemagne, la commission du budget du parlement allemand vient de voter en faveur de l’achat aux États-Unis d’avions F35 à capacité nucléaire. Bien que l’Allemagne ne dispose pas de ses propres armes nucléaires, elle participe, en tant que membre de l’OTAN, au partage des armes nucléaires avec les États-Unis, et des armes nucléaires américaines sont stationnées en Allemagne.

L’achat des chasseurs F-35 fait partie d’un programme de dépenses de 100 milliards de dollars adopté par le Parlement allemand au début de l’année. Celui-ci double les dépenses militaires allemandes antérieures.

Référence

Loi sur l’autorisation de la défense nationale (National Defense Authorization Act – NDAA)

https://www.congress.gov/bill/117th-congress/house-bill/7900