Editorial au 07/01/2022. La dronisation navale prend du retard dans la marine nationale française

Moins coûteux à l’achat et à l’utilisation que des unités navales dotées d’un équipage embarqué, les drones navals connaissent aujourd’hui un fort développement. Dans leurs composantes aéronavales, mais aussi de surface et sous-marine, ils font office de multiplicateur de force. Si les États-Unis et la Chine les intègrent dans leurs stratégies d’équipements, des acteurs plus modestes comme la Turquie, la Corée du Sud et Israël s’y intéressent également, avec une orientation vers l’export.

La Marine nationale doit faire face au renouvellement de ses capacités sous- marines et aéronavales avec un budget limité, alors même que la France réaffirme ses ambitions en Indo-Pacifique. Face à ce dilemme, la dronisation partielle peut contribuer au maintien de certaines capacités tout en accroissant l’efficacité des unités de premier rang

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Rappelons qu’à l’été 2022, des prototypes de drones navals de l’US Navy prirent part à l’exercice interallié RIMPAC (Rim of the Pacific), mené par le commandement américain pour le Pacifique. Chargés d’accomplir des missions logistiques ou de reconnaissance, ces systèmes ont illustré une dynamique de plus en plus affirmée de dronisation des flottes de combat dans leurs composantes aéronavale, mais aussi de surface et sous-marine, en agissant comme un multiplicateur de force.

Si les États-Unis et la Chine disposent d’une avance en la matière, des acteurs plus modestes comme la Turquie, la Corée du Sud ou le Royaume-Uni s’y intéressent également. Des dizaines de programmes de drones de surface, aériens navalisés et sous-marins sont aujourd’hui en développement, les tout premiers systèmes ayant vu le jour dès la fin des années 1990. Moins coûteux à l’achat et à l’utilisation que des unités habitées en raison de l’absence de systèmes de survie et de protection complexes, les drones navals sont attractifs tant pour des flottes en forte croissance que pour celles aux moyens plus limités.

La Chine y voit un moyen de développer ses capacités plus rapidement, tandis que les États-Unis cherchent à maintenir un nombre d’unités satisfaisant à budget égal, alors que le coût croissant des navires de combat modernes contraint le format des flottes. En France, la Marine nationale subit la hausse du coût des navires habités, alors même que le remplacement à venir du porte-avions Charles de Gaulle la contraint à prévoir de nouvelles économies. Cependant, Paris annonce son souhait de réinvestir en IndoPacifique et de développer de nouvelles capacités vis-à-vis de la surveillance des grands fonds et de la protection des câbles sous-marins.

Face à cette tension entre les objectifs et les moyens, une politique de dronisation partielle pourrait comme un multiplicateur de force. À plus long terme, de futures unités de premier rang pourraient évoluer comme des systèmes de systèmes, articulés autour d’une plateforme habitée et de plus petites unités dronisées portant capteurs et effecteurs. De même, des systèmes dronisés, moins coûteux que des unités habitées mais capables de remplir des missions en autonomie permettraient à la Marine de retrouver une efficacité qui lui fait aujourd’hui de plus en plus défaut.

En dépit de ces perspectives, l’investissement militaire français en la matière est encore timide dans ses moyens comme dans son ambition, cantonnant ses futurs drones à un panel limité de missions. Alors que la France a déjà accusé un retard dans le domaine des drones aériens, quelle dronisation permettrait à la Marine nationale de préparer sa flotte à l’horizon 2050 ?

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