29/11/2022 Protéger la Terre des « évènements de Miyake »

Des flux de particules chargées électriquement provenant d’éruptions ou d’explosions solaires atteignent régulièrement la Terre. Les plus mineures provoquent des aurores polaires, perturbent les télécommunications ou causent des dommages aux satellites. Episodiquement cependant des tempêtes solaires atypiques, connues dans la science sous le nom d’événements de Miyake, dont l’origine est encore incertaine, peuvent atteindre la Terre avec des conséquences bien plus graves.

Jusqu’à présent, il existe peu d’enregistrements d’incidents de grande amleur générés par de tels évènements après la révolution industrielle. Le plus connu, l’événement de Carrington de 1859, a paralysé la population mondiale de l’époque. Il a provoqué une surtension des réseaux télégraphiques jusqu’à leur destruction. On peut imaginer un effet bien plus catastrophique sur la société actuelle.

Récemment, un groupe d’experts de l’université du Queensland  a découvert que l’histoire des « superfluidités » était archivée dans les cernes des arbres. Une mystérieuse tempête cosmique frapperait la Terre tous les mille ans environ., cela a été compris grâce aux fortes concentrations de carbone 14 radioactif contenues dans les anneaux. On a parlé aussi de « superfluidité ».

« Organiser l’infrastructure électrique pour qu’elle soit plus résiliente, en créant des réseaux locaux et régionaux qui peuvent agir indépendamment en cas de besoin », est l’un des points soulevés par le Dr Ethan Siegel, astrophysicien théorique. En outre, les transformateurs doivent être protégés, en utilisant des condensateurs en série ou neutre, selon John Kappenman, ingénieur électricien. Enfin, le renforcement et l’amélioration du système d’alerte précoce à l’aide de modèles d’intelligence artificielle seraient optimaux pour prévoir ces événements, a rappelé le Dr Holly Gilbert, directeur de l’Observatoire de haute altitude aux Etats-Unis.

Rien de tout cela ce ne devrait être impossible.

27/11/22/ Futures contributions du Télescope Spatial James Ward à la recherche de la vie dans l’univers (biosignatures)

Une première image significative reçue à cet égard fut celle d’un mince panache de vapeur d’eau émis dans l’atmosphère d’une exoplanète dite WASP 96b. Preuve était donnée que les astronomes pouvaient observer les planètes voisines à la recherche d’eau et par conséquent à la recherche de vies proches de la vie telle que nous la connaissons sur Terre, pour qui l’eau est indispensable.

Désormais les astronomes ont été nombreux à s’inscrire pour bénéficier d’un temps d’observation dans le programme déjà très chargé du TSJW. Ils vont étudier les atmosphères provenant des planètes les plus prometteuses à cet égard. Ces images seront analysées par spectroscopie.

Il faut rappeler que de premiers efforts en ce sens furent récompensés lorsqu’en 2002, David Charbonneau, de l’université de Californie, détecta en utilisant le télescope spatial Hubble des traces de sodium dans l’atmosphère de la planète géante gazeuse OSIRIS passant devant son étoile.

Par la suite, avec la spectroscopie rendue plus facilement accessible, les astronomes identifièrent de nombreuses autres molécules favorables à la vie dans les atmosphères de ces planètes . Il ne s’agissait pas de vie elle-même, inobservable à ces distances, mais d’indices laissant fortement supposer que la vie n’était pas étrangère à ces planètes.

Concernant le James Ward, les recherches porteront sur des planètes rocheuses comme la Terre. Elles sont bien plus favorables à l’existence d’une atmosphère que les géantes gazeuses. Elle également bien moins chaudes. L’eau qu’elles pourront comporter ne devra pas être plus chaude que l’eau terrestre. Dans l’immédiat, leur nombre ne pourrait pas dépasser la douzaine.

Dans un premier temps, les chercheurs analyseront les atmosphères des planètes du groupe géant dit TRAPPIST-1 . Si ces atmosphères comportaient de l’oxygène ou du méthane, alternativement produits par une vie animale ou une vie végétale, les pronostics de vie seraient bons. Resterait à y aller voir…

27/11/22 Un hélicoptère de l’US Air Force réussit un vol sans pilote de plus de 100 miles

Après les drones tueurs de l’Ukraine que nous avions présentés précédemment, l’attention se porte sur l’exploit d’un hélicoptère lourd Black Hawk de l’US Air Force qui a effectué sans pilotage, même sans pilote à terre, un vol d’essai de 135 miles dans une vallée accidentée. Il a même un moment rebroussé chemin pour embarquer un mannequin simulant un homme blessé. Il portait une tonne de cargaison dans un filet ventral.

Le système avait été réalisé par l’industriel Sikorsky INNOVATION dans le cadre d’un programme dit ALIAS de la DARPA destiné à tester la technologie MATRIX utilisée en l’absence de pilote.

Il paraît cependant risqué d’autoriser en temps de paix l’emploi de telles ressources. On imagine sans peine les morts et blessés qu’elles pourraient faire à terre si quelque incident survenait pendant le déroulé du programme. Ce sont des objections de cette nature qui gênent la commercialisation des voitures civiles entièrement auto-pilotées.

26/11/22 L’Ukraine va développer ses capacités de robots tueurs

On donne ce nom, entre autres candidats, aux drones capables de sélectionner leurs objectifs seuls à partir d’un certain nombre de critères définis à l’avance. Les drones plus couramment utilisés sont pilotés à distance par des radio-opérateurs humains qui interviennent notamment pour leur donner l ‘ordre de tuer. Mais ces ordres sont systématiquement brouillés par leurs adversaires

Jaroslav Honchar lieutenant colonel dans l’armée ukrainienne et spécialiste des drones, fondateur en 2014 de l’association Aerial Intelligence comptant aujourd’hui 1000 membres, a entrepris de faire développer des programmes permettant à ces drones d’identifier leurs objectifs et ceci fait, de prendre eux-mêmes les décisions nécessaires à leur destruction.

La première de leurs applications sera un programme permettant d’identifier et de neutraliser les blindés russes aux formes aisément reconnaissables.  L’ONU s’était saisie de la question mais les discussions se sont enlisées.

24/11/22 Fiche de lecture Laura Mersini-Houghton
Before the Big Bang. The origins of our Univers in the Multivers

Dans un livre au titre ambitieux, la cosmomogiste d’origine albanaise Laura Mersini-Houghton souhaite apporter une réponse à une question que pratiquement chacun se pose : D’où vient notre univers ? Le simple fait d’employer le terme de notre univers au lieu de parler simplement de l’univers comporte un début de réponse à la question.

.Il y aurait plusieurs univers formant un multivers. Ceci dit le concept de multivers est déjà répandu chez un certain nombre de ses confrères. A son apparition, il a tout autant intéressé que scandalisé. Il a donné lieu à de nombreux débats. En quoi l’auteur pense -t-elle renouveler la question ?

Nous devons pour notre part admettre que la réponse qu’elle lui donne est aussi complexe que la question. L’univers à ses débuts peut être selon elle assimilé à une fonction d’onde quantique. Le monde quantique, se caractérise par son indétermination. Pour en sortir, il doit être « observé » au niveau d’une particule subatomique. L’auteur assimile à une telle observation celle de la radiation qu’aurait laissé l’Univers à sa naissance, la Cosmic Microwave Background CMB. Elle comporte des traces laissées par les univers quantiques primitifs. Tous ces univers interagissaient et ont laissé dans le CMB un grand vide de 900 millions d’années lumière.

Il ne semble pas que ces univers aient partagé des copies des formes de vie existant dans le nôtre. Chacune est dans son univers et y reste.

23/11/22 Entretien avec Maria Zakharova

Cet entretien a été réalisé à Moscou par le Journal Le Point, la veille du départ de la délégation russe pour le G20 de Bali.

Nous le republions ici car Le Point n’est accessible que sur abonnement . Observons que Le Point est le seul journal français qui ose affronter directement le Pentagone en bravant la censure qu’il exerce sur les médias européens.

Maria Zakharova, 46 ans, est depuis 2015 la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie. Première femme à occuper ce poste au cœur du pouvoir, elle est connue pour son franc-parler et son infatigable détermination à développer et préciser la vision russe du monde, notamment sur sa chaîne Telegram.

La rencontre, sans interprète, a duré plus d’une heure dans une salle de réunion du ministère des Affaires étrangères, en plein centre de Moscou, la veille du départ de la délégation russe pour le G20 de Bali.

Rompue à l’exercice, Maria Zakharova a répondu avec verve, sans consulter les notes qui lui avaient été préparées par ses services. Classée par la BBC, il y a cinq ans, parmi les 100 femmes les plus influentes du monde, elle n’avait pas accordé d’interview à un média occidental depuis plusieurs mois. La traduction de ses propos, effectuée par Le Point, a été validée par le ministère.

Le Point : Qu’est-ce que l’Occident aurait selon vous « raté » dans ses relations avec la Russie ? Et plus particulièrement dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Tout a commencé à la fin des années 1980 et au début des années 1990. À l’époque, on pouvait encore différencier l’Europe des États-Unis. Avant la dislocation de l’URSS, le monde était bipolaire. Quand les États membres du pacte de Varsovie ont commencé à le quitter – et ce processus a débuté avant la fin de l’URSS –, l’Europe aurait pu affirmer son indépendance. L’URSS était en faveur de l’union des deux Allemagne, les États-Unis étaient contre…

C’est là que l’Europe a commencé à saisir ce que ça signifiait d’être vraiment l’Europe unie, sans ligne de démarcation. Elle a commencé à s’unir. Là aussi, nous étions pour. Nous disions : nous sommes avec vous ! Unissons-nous, intégrons-nous ! Construisons un avenir ensemble ! Mais là, ça a été l’horreur : les États-Unis d’Amérique, les élites, « l’État profond », je ne sais pas vraiment, ont tout d’un coup compris que ça serait un cauchemar. Que si l’Europe s’unissait avec nous, avec nos ressources russes, ça leur ferait non  seulement de la concurrence, mais ça serait même la fin pour eux.

D’abord, ils se sont prononcés contre notre intégration, ont refusé le régime sans visa, ensuite, ils ont commencé le processus de rapprochement de leurs bases militaires, avec des contingents et du matériel, vers nos frontières. Puis ils ont accepté de nouveaux membres dans l’OTAN, mais surtout, ils ont créé ce narratif historique anti-russe.

Le Point : À quel moment cela a-t-il basculé ?

Maria Zakharova : Au début des années 2000, quand on a fini par comprendre de quoi il s’agissait, nous leur avons dit : eh, dites donc camarades, quel monde construit-on ? C’est nous qui nous sommes ouverts à l’Occident, et pas l’inverse ! L’Europe, elle, a poursuivi son intégration, notamment économique : création de l’euro, de Schengen ; et pour les États-Unis, ça a été un second choc : le dollar a cessé d’être la seule devise dominante. Or le dollar n’est sécurisé que sur sa propre dette, sur rien d’autre. Alors que l’euro, lui, est sécurisé par le niveau économique élevé d’une vingtaine de pays, sans compter les économies des pays de l’Europe orientale, de l’Europe centrale et du Nord… Pardon, mais c’est une économie puissante, et qui, en plus, à ce moment-là, se nourrissait du fort potentiel des ressources russes !

En face, la devise américaine, c’est une bulle de savon ! Là, ils ont compris qu’il fallait agir, non seulement envers nous, mais aussi envers l’Europe : ils ont commencé à saper nos liens énergétiques avec l’Ukraine qui est devenue le nœud central de cette politique. Les politiques ukrainiens se sont mis à s’écrier qu’on était très dangereux parce qu’on ne leur livrait pas notre gaz gratuitement, les Américains ont répondu aux Européens, mais achetez donc le nôtre ! Les Européens ont rétorqué : il est cher, si on achète plus cher, nos opinions publiques ne comprendront pas… Augmentez donc les impôts, ont-ils répondu ! Problème, parce que les impôts, c’est aussi le peuple, a répondu l’Europe. OK, d’accord, débrouillez-vous, voilà ce qu’on dit les Américains.

Donc, l’Ukraine, c’est juste un instrument, c’est tout ! L’Europe a deux bananes dans les oreilles.

Le Point : Donc, pour vous, cette situation n’est pas une nouveauté ?

Maria Zakharova : Quelle nouveauté ? Que l’Europe a les deux yeux fermés et deux bananes dans les oreilles ? Tout ça, c’est à cause de vos médias qui ne se sont jamais déplacés dans le Donbass pendant toute cette période, à l’exception de quelques-uns. Au moment de Pussy Riot ou de Navalny, en revanche, ils étaient tous là. Mais là-bas, quand des milliers de personnes mouraient, il n’y avait personne. Et savez-vous que depuis 2014, les Criméens n’ont pas eu droit à des visas Schengen ? Pourquoi ? Parce qu’ils auraient pu raconter la situation !

En revanche, il suffisait de venir en Crimée pour s’en rendre compte par soi-même. En 2016, on a organisé des voyages de presse en Crimée, on a demandé aux journalistes ce qu’ils voulaient voir et faire, on a dit OK à tout. Un Français a dit qu’il voulait aller sur la base navale de la flotte de la mer Noire. On a accepté. Mais quand on a lu son article, on n’en croyait pas nos yeux, une telle censure ! Son titre était quelque chose du genre « pour faire peur à l’Europe, la Russie a regroupé des journalistes et leur a montré la flotte de la mer Noire », et vous me demandez pourquoi l’Europe n’est au courant de rien ! Justement à cause de ce genre de journalistes !

Le Point : Depuis neuf mois, la Russie a-t-elle réussi à développer ses relations avec des pays en dehors de la sphère occidentale ?

Maria Zakharova : Nous ne nous impliquons pas dans des coups ou des renversements. Pendant toutes ces années, nous nous sommes vraiment efforcés de nous tourner vers l’Occident. Aujourd’hui, nous souhaitons avoir des relations harmonieuses et équilibrées avec tous ceux avec qui il est possible de construire des relations sur un pied d’égalité, mutuellement  respectueuses et bénéfiques. Une conception « multi vecteurs » avait commencé à être déployée dès l’arrivée de Primakov aux Affaires étrangères (Evgueni Primakov a été ministre des Affaires étrangères de 1996 à 1998 avant de devenir Premier ministre, NDLR). Avant lui, on n’avait d’yeux que pour l’Occident. Kozyrev (Andreï Kozyrev a été ministre des Affaires étrangères de 1990 à 1996, NDLR) avait même prononcé la phrase suivante : « Il est impossible pour la Russie d’avoir des intérêts qui différeraient de ceux des États-Unis » ! Oui, il l’a dit, et aujourd’hui il dit que Lavrov était bien avant, et qu’aujourd’hui, il est terrible…

Mais ce qui est terrible, c’est justement ce qui s’est passé avec Kozyrev, et pas avec Lavrov. Ceux qui ont dirigé la Russie dans ces années 1990 avaient même l’impression qu’ils pouvaient réduire le nombre d’ambassades russes dans le monde, et ils l’ont fait ! Ils ne payaient pas les salaires des fonctionnaires du ministère, ne les envoyaient plus en mission, etc. Primakov, lui, a insisté sur nos intérêts nationaux et sur la nécessité d’une diplomatie forte. Il a tout fait pour qu’on reçoive nos salaires et que nos ambassades ne manquent de rien. C’est depuis ce moment-là que la Russie a commencé à tisser des liens étroits en dehors de l’Occident. Et aujourd’hui, ces pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine sont justement ceux qui, contrairement aux exigences des USA, n’adoptent pas de position anti-russe. Et ils représentent la majorité des pays du monde !

L’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir.

Le Point : L’Occident mène-t-il, selon vous, une politique anti-russe ?

Maria Zakharova : Ce n’est pas une position anti-russe, c’est une position antinationale vis-à-vis de vos propres peuples. Qu’avons-nous à voir là-dedans ? Bien sûr, nous aimerions être perçus normalement, objectivement et positivement, mais que peut-on y faire ? En premier lieu, c’est vous-même que vous détruisez ! Finalement, vous n’avez plus rien, vous ne disposez plus des ressources ni des possibilités que vous offraient les relations avec la Russie, et vous n’avez même plus la paix en Europe.

L’Ukraine flambe depuis 2014 dans le Donbass et personne ne s’en préoccupait. Vous n’arrivez même pas à comprendre que tout l’armement que vous envoyez en Ukraine est déjà en train de se déverser en Europe sur le marché noir. Vous savez pourquoi ? Parce que ce que vous pensez être la mafia « russe » n’a jamais été « russe », ce sont plutôt des gars de Moldavie et d’Ukraine. Vous avez toujours cru que tous ceux qui venaient de l’ex-URSS étaient des Russes, vous n’avez jamais fait la distinction. Vos ministères de l’Intérieur, vos forces policières et services de renseignements sont au courant, mais l’opinion publique en général ne le sait pas. Je vous félicite, après avoir reçu les « élites » d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, aujourd’hui vous avez remplacé tout ça par des gens qui viennent d’Ukraine, mais ce ne sont pas des gens qui veulent travailler ou étudier…

Le Point : Vous voulez dire, les réfugiés de guerre ?

Maria Zakharova : Oui, vous les appelez comme ça. Beaucoup souffrent de la situation humanitaire, c’est vrai, mais ce ne sont pas des gens qui apporteront leur part personnelle à la vie en Europe, ils vont juste en profiter !

Ils ont besoin d’allocations, de logements et ils utiliseront cette situation politique. Ils ont vu comment en profiter… Nous connaissons leur mentalité, vous non. Vos belles valeurs sur la tolérance ont perdu leur sens : on est passé à la complaisance. La tolérance n’est plus du tout le respect d’un avis différent ou la possibilité d’écouter quelqu’un qui n’a pas la même mentalité que vous, c’est devenu une complaisance vis-à-vis de tous ses actes d’une personne, bons ou mauvais. Du coup, c’est le chaos.

Le Point : Parleriez-vous ainsi si nous étions avant le début de la guerre, en février 2022 ?

Maria Zakharova : Bien sûr ! Ça fait des années qu’on le dit, au moins depuis 2014. Et souvenez-vous qu’en 2007, Vladimir Poutine était venu à la conférence de Munich. Il avait dit : « Réfléchissez bien, que voulez-vous de nous ? Que nous soyons ensemble ou pas ? Sachez que nous, on ne peut pas rester impassibles face à vos mensonges ! »

En 2015, sur la Syrie, Poutine déclare à l’Assemblée générale de l’ONU : « Si vous voyez, comme moi, que l’État islamique existe, il faut s’unir pour le contrer. Comme en 1941, quand nous avons tous raté Hitler justement parce que vous ne vous  étiez pas décidé à temps ! Unissons-nous et ensemble, nous vaincrons l’EI. » Une moitié du public s’est moquée, l’autre a hué… Poutine a dit OK, il est rentré à Moscou, et la semaine suivante nos avions partaient pour la Syrie.

Il avait raison, en tous points, même si, à l’époque, beaucoup nous ont menacés. Aujourd’hui, les mêmes pays nous remercient et nous disent qu’on les a sauvés ! Qu’est-ce que vous croyez ? Que ça se serait terminé comme ça avec la Syrie ? Pas du tout, « l’Occident collectif » aurait été ailleurs, là où il y a du gaz et du pétrole. Ils ne vont jamais là où règnent la pauvreté, les problèmes et la famine. Uniquement là où il y a des ressources.

Le Point : L’Occident ne se serait réveillé qu’à cause du conflit en Ukraine ?

Maria Zakharova : Qui s’est réveillé ? L’Occident ? Il dort d’un sommeil léthargique. Ce sont les États-Unis d’Amérique les plus actifs à ce jeu. L’Union européenne est un peu comme le Titanic, l’eau rentre par tous les côtés, mais l’orchestre continue à jouer !

Dès que la bataille est honnête, les Américains perdent.

Le Point : Les médias et dirigeants politiques occidentaux ont interprété le retrait des troupes russes de Kherson comme une défaite . Pouvez-vous convaincre qu’il en est autrement ?

Maria Zakharova : Nous n’avons aucune intention de convaincre quiconque de quoi que ce soit. L’époque où on essayait de convaincre est passée, c’est leur problème. À eux de voir comment ils vont prendre tout ça ! Certains dorment, ou nous sifflent, mais tous s’occupent de livraisons d’armes, et nous, on a déjà compris que la discussion sous ce format était inutile. On leur a couru après pendant huit ans, on a essayé d’obtenir, via les Occidentaux, que Kiev respecte les accords de Minsk. Pendant huit ans, les Occidentaux ne l’ont pas fait. Et on irait maintenant parler avec eux ?

Je comprendrais que vous n’avez pas pitié de nous, je comprends même que vous n’ayez pas pitié de l’Ukraine, mais enfin, vous n’avez même pas pitié de vous-mêmes, avec toutes ces armes que vous livrez, vous avez oublié tous les actes terroristes commis sur vos sols ? Vous en avez tous subi. Personne n’y prête attention, c’est devenu un problème de politique intérieure. En plus, à la tête des institutions politiques de certains de ces pays se tiennent des personnes liées aux États-Unis parce qu’elles y ont étudié, travaillé… Les États-Unis ne veulent qu’une chose : primo, dominer le monde et être les seuls qui contrôlent tous les processus ; deuzio : ne pas avoir de concurrents…

Or, dès que la bataille est honnête, ils perdent. Technologiquement, ils ont déjà perdu face à la Chine ; économiquement, financièrement et d’un point de vue civilisationnel, ils ont perdu face à l’Europe et au reste du monde ; du point de vue de leur complexe militaro-industriel, ils ont compris qu’ils étaient en retard. Pour ce qui est du cosmos, je suis ravie qu’on puisse y envoyer des stations spatiales, mais ça a été rendu possible grâce à nos fusées de lancement ! Tout ça n’est que de la com. En fait, les États-Unis ont tout perdu à cause de la crise de leur système fondé sur cette suprématie du dollar. Leur dette est gigantesque. Leur économie n’est pas réelle, elle n’est que virtuelle. Il vous faut des preuves ? Écoutez Trump ! Quand il parlait de « Make America Great Again » ça voulait dire qu’il fallait revenir à l’économie réelle !

Souvenez-vous comment le G20 a été créé, en 2008, au moment où le marché américain de l’immobilier avait éclaté, embarquant avec lui toutes les Bourses mondiales. C’était une crise mondiale mais artificielle, à cause  du système hypothécaire américain… Or, là, en 2008, ils avaient besoin de tout le monde pour réanimer le système économique mondial, de l’UE, du Brésil, des pays du Golfe, de la Russie, de la Chine. « Big Brother », pardon pour l’expression, avait fait dans sa culotte, il fallait que tout le monde aide… Ensuite, quand il s’est remis, « Big Brother » a commencé à se mêler de l’Irak, de la Libye, de l’Afghanistan, de la Syrie, et de l’Ukraine…

Le Point : Les relations russo-américaines étaient-elles plus faciles sous Trump que sous Biden ?

Maria Zakharova : Pas du tout, surtout quand, tous les jours, Trump était accusé d’avoir des liens spéciaux avec les Russes… Et qu’est-ce que ça veut dire « plus  facile » ?

Le Point : N’est-ce pas plus compliqué aujourd’hui, avec Biden ?

Maria Zakharova : Aujourd’hui, c’est plus marrant… Non, je plaisante, mais on se rend tous compte que ce qui se passe est absurde. Le scrutin qui a élu Biden en 2020 s’est déroulé de manière sauvage, pas honnête. Les Américains eux-mêmes le disent : lisez les sondages selon lesquels la population ne croit pas en ces résultats ! Et de quelle liberté d’expression parle-t-on quand on ferme le compte Twitter d’un président en exercice, rendez-vous compte, en exercice ! Uniquement parce que c’est le souhait des sphères libérales !

En 2016, Trump a gagné justement parce qu’il avait été capable de s’adresser directement à son public via les médias sociaux. Pendant ces 4 ans, il n’y a pas eu un seul jour où on ne l’accusait pas de liens avec la Russie, mais qu’avons-nous donc à voir là-dedans ? En revanche, nous avons bien vu comment certains dirigeants européens étaient liés, eux, à Hillary Clinton. François Hollande, par exemple, qui l’a félicitée avant même que les résultats soient proclamés, il voulait sans doute être le premier. Le problème est plutôt qu’on a accusé la Russie de soutenir Trump, même si aucun fait ne le prouve, alors que certains soutenaient ouvertement Hillary Clinton et là, c’est encore une fois deux poids, deux mesures. Ils pensent qu’ils ont le droit de le faire et pas nous. Ils expliquent que c’est parce que nous ne serions pas une « vraie » démocratie. Voilà, tout est dit. 

On leur demande : mais qui définit une « vraie » démocratie ? Nous, « l’Occident collectif », ils répondent. L’Iran ? Non, l’Iran n’est pas une démocratie, le Venezuela ? Non plus… En 2020, Mme Rodriguez, la vice-présidente du Venezuela, a prononcé une phrase géniale lors d’une visite ici à Moscou : « Savez-vous combien de scrutins électoraux nous avons organisés ? Pas un seul n’a plu aux États-Unis ! Pourquoi ? Parce que ce ne sont pas les élections qui les intéressent, mais leurs résultats ! » C’est ainsi : les Américains ne considèrent comme légitimes que les résultats électoraux qui leur conviennent.

Le Point : Le /Wall Street Journal /affirme que, ces dernières semaines, le Kremlin et l’administration présidentielle ont mené des discussions officielles concernant la menace nucléaire. Confirmez-vous ?

Maria Zakharova : Je ne sais pas à quels contacts en particulier vous faites allusion. En revanche, pour ce qui concerne notre position sur l’arme nucléaire, nous essayons de rassurer tout le monde. Nous avons publié une déclaration à ce propos sur le site du ministère des Affaires étrangères. Cessons ces spéculations, cessons d’en parler.

Le Point :  Mais si Vladimir Poutine en parle, les spéculations reprendront…

Maria Zakharova : En parle-t-il maintenant ? Non. C’est nous qui décidons ce qu’on a envie de dire, et vous, vous décidez ce que vous avez envie d’entendre. Nous continuerons à dire ce que nous avons envie de dire. Et pour ce qui est de poursuivre le dialogue, écoutez… Ici, Macron nous a tous fatigués.

Surtout quand on a appris que pendant ses coups de fil avec Moscou, il y avait une caméra derrière lui et que tout était enregistré pour un film (/Un président, l’Europe et la guerre/, 2022, NDLR). Avec qui on parle alors, et de quoi ? Cela fait huit ans qu’on a déjà discuté de tout et pour ce qui est de l’Ukraine, ce sont les États-Unis qui décident.

Rendez-vous compte que l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne a traité le chancelier Scholz de « saucisse offensée » (en mai 2022, NDLR), c’est comme s’il lui disait que son seul boulot était de continuer à donner de l’argent, des armes. Avec qui pourrait-on parler de l’Ukraine dans l’UE? Conseillez-moi. Peut-être avec Borrell ? Ou avec un Italien ? Ou avec l’Allemande Baerbock, spécialiste de l’écologie ? Avec qui parler, et de quoi ? Ils ne savent même pas de quoi ils parlent…

Le Point : Personne en Europe ne pourrait donc influencer la situation ?

Maria Zakharova : Ils le pourraient, s’ils admettaient que le centre des décisions se trouve à Washington qui prend des sanctions, établit des listes, livre des armes, dit qu’il faut accueillir des réfugiés, faire ceci, ou voter cela… Comment les Européens pourraient-ils admettre tout ça, alors qu’ils n’arrivent même pas à être indépendants, c’est-à-dire à agir par eux-mêmes ? Le plus triste, et je le dis sur un ton sarcastique, c’est que chaque État de l’UE pense qu’il est indépendant, en est convaincu, même s’ils sont incapables de dire en quoi ça consiste. Ils sont même  incapables de poser des questions tout doucement, par exemple, celle-ci : qui a fait exploser les gazoducs (Nord Stream, NDLR) au fond de la mer Baltique ? Ils n’ont même pas le droit de la poser. Pourtant, quand un certain Skripal avait été empoisonné (Sergueï Skripal est un agent russe devenu un agent double britannique, qui a survécu en 2018 à une tentative d’empoisonnement au Novitchok, NDLR), toute l’Europe en parlait… mais en quoi cela concernait-il la France, l’Italie, la Grande-Bretagne ? Ils ne savaient même pas ce qui s’était vraiment passé.

Alors que ce projet est celui d’une infrastructure nous concernant tous. Oui, c’est notre gaz et nos tubes, mais pour approvisionner l’Europe ! Il a été détruit et aucun chef d’État ou Premier ministre de l’UE n’ose poser cette question simple : qui a fait ça ? Et vous me parlez de politique indépendante européenne ! Le peuple, lui, est capable de se poser des questions, mais chez lui, pas publiquement. Dès que quelqu’un s’exprime là-dessus, les services spéciaux viennent le voir et l’accusent d’être un agent russe.

Le Point : Vous pensez que ce que vous dites là arrive en France ?

Maria Zakharova : Je ne le pense pas, je le sais…

Le Point : La russophobie existe-t-elle en France ?

Maria Zakharova : Les Français tentent d’y résister parce qu’ils lisent, regardent des films, vont au théâtre et qu’ils sont habitués à penser et réfléchir par eux-mêmes grâce à leur niveau de culture. Mais on essaie de la leur imposer d’en haut. Comme en Espagne, au Portugal et en Grèce.

Le Point : Vous évoquez souvent ce que vous qualifiez de « deux poids, deux mesures » entre la Russie et l’Occident, pouvez-vous expliquer ce que vous entendez par-là en rapport avec l’Ukraine ?

Maria Zakharova : Voici un exemple : en 2012, un groupe de jeunes femmes russes habillées en punk a fait irruption dans une cathédrale de Moscou. Elles s’appelaient les Pussy Riot. Elles ont bondi derrière l’autel, dansé sur fond d’icônes et d’objets saints, fait quelques déclarations et posté ce moment sur les médias sociaux. En Russie, le peuple et les structures de sécurité ont été épouvantés.

Cette cathédrale du Christ Sauveur est la plus grande sur le territoire de la Russie, elle a été complètement reconstruite après sa destruction par les communistes qui en avaient fait une piscine. Elle avait été érigée avec l’argent du peuple, d’abord au XIXe siècle pour célébrer notre victoire sur Napoléon en 1812, puis au XXe. Ces filles ont profané en quelques minutes tout ce en quoi les gens de notre pays croient ! Elles voulaient provoquer. Le monde libéral les a défendues et aussi Madonna, Sting, Red Hot Chili Peppers, etc. On nous disait : Comment osez-vous punir des jeunes femmes pour leurs actes civiques ? C’est de l’art !

Aujourd’hui, on voit qu’en différentes parties de l’Europe des activistes, du même âge qu’elles, pénètrent dans les musées et jettent une substance sur des œuvres. Ils protestent contre ce qu’ils estiment être un préjudice infligé à la nature par les industries. Leur but n’est pas de détruire l’œuvre d’art protégée par une vitre, mais d’attirer l’attention sur ce problème. Et que voit-on ?

Personne ne s’exprime en leur faveur. Ni l’Union européenne, ni le président des États-Unis, ni aucun diplomate ne les soutiennent, alors que chacun d’entre eux défend un programme environnemental et que dans tous ces pays, les démocrates considèrent l’écologie comme un thème central. Tout ça pour vous dire que des actions grotesques similaires n’aboutissent pas aux mêmes réactions.

Quand ça se passe en Russie, c’est critiqué, mais dès que ça touche l’Occident, ces personnes sont  considérées comme des hooligans ! Pourquoi ? J’aimerais bien le savoir ! Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Combien de jeunes ont terminé en prison pour avoir participé aux Gilets jaunes en France ou à des protestations en Amérique ? Des centaines, des milliers de gens partis à l’assaut du Capitole ont été pénalement condamnés. Mais dès que c’est chez nous, ça concerne immédiatement les États-Unis, Bruxelles, Paris, Rome, Madrid, Lisbonne ! J’ai envie de dire : eh, les amis, faudrait peut-être avoir les mêmes standards !

Pour ce qui est des élections, c’est la même chose. Aux États-Unis : personne ne comprend ce qui s’est vraiment passé. Des observateurs de l’OSCE se sont exprimés avec grande délicatesse sur les violations. Je le sais, j’ai attentivement lu leur conférence de presse. Alors que pour ces mêmes observateurs occidentaux, pas un seul scrutin ne s’est déroulé tranquillement chez nous. Chaque fois, c’était la même hystérie. Nous ne nous mêlons pas des élections aux États-Unis, alors qu’ils ne se mêlent pas des nôtres ! C’est un second exemple. Et au Venezuela ! Pour les Occidentaux, Maduro n’est pas président. OK mais qui est-ce alors ? Même si aujourd’hui, tout a changé, Macron l’a salué, et aussi Kerry qui, je le rappelle, représente un pays qui le recherche.

Le Point ? Et l’Ukraine ?

Maria Zakharova : En ce qui concerne l’Ukraine, tout a commencé quand les États-Unis, de concert avec l’Union européenne, Bruxelles, Berlin et Paris dans une moindre mesure, Varsovie et les pays Baltes ont commencé à se mêler des affaires internes de ce pays, et ils n’ont pas fait que ça : ils ont carrément modelé la situation sur place en dépensant de l’argent, en multipliant les soutiens politiques, en formant ceux qui, en 2014, avaient fomenté le coup d’État. En 2004, la Révolution orange, c’était quoi ? Le troisième tour des élections ? Alors que tout le monde voyait bien que Ianoukovitch (l’ex-président ukrainien pro-russe entre 2010 et 2014, NDLR) les avait gagnées. Tout le sud-est de l’Ukraine avait voté pour lui.

Donc ils ont conçu une Ukraine à leur main, ont été à la source d’un changement gouvernemental et ont transformé les problèmes énergétiques en facteur politique. Ce sont eux qui ont décidé comment l’Ukraine allait nous acheter de l’énergie et que ces tuyaux passeraient à travers leur territoire en transit. Ensuite, il est apparu qu’eux seuls avaient le droit d’agir ainsi, encore un double standard, et ça ne pouvait qu’exploser, car quand on met dehors à deux reprises un président élu, ça ne peut pas bien se passer. Ils l’ont viré comme un malpropre !

Le Point : Pouvez-vous expliciter le terme « Occident collectif » que vous avez utilisé la veille du départ de la délégation russe pour le G20 ?: 

C’est le fait que vous n’avez aucune politique extérieure individuelle !

À de nombreuses reprises, lors de conférences de presse, j’ai été témoin des questions posées par des journalistes à des ministres des Affaires étrangères des pays européens. Tous répondaient qu’ils n’avaient pas le droit de donner leur avis sur des questions internationales globales parce qu’ils suivent une politique collective au sein de l’UE et de l’OTAN. Donc ils ne peuvent que commenter que les relations bilatérales.

Vous êtes l’« Occident collectif » parce que vous êtes unis dans un système administratif de direction au sein de l’OTAN. Depuis les années 1990 et 2000, l’UE a cessé d’être une union politico-économique, elle est devenue une partie de l’OTAN, elle a cessé d’être autonome.

Pourtant, selon certains sondages, la population de tel ou tel pays européen ne soutient pas les sanctions anti-russe, et ce, non par amour pour la Russie, mais parce que ça leur rend la vie plus complexe, mais elle n’a aucun moyen de déléguer son opinion aux dirigeants. On sait très bien qui a pris le premier la décision des sanctions au lendemain de 2014, c’est Biden, alors vice-président, c’est lui qui a influencé la décision de l’UE, c’est de notoriété publique. C’est seulement après que les pays de l’UE ont décidé de nous sanctionner, alors, vous voyez bien ce qu’on veut dire avec l’idée de « l’Occident collectif » ! Il n’y a rien de répréhensible à prendre une décision de façon collective, nous
aussi sommes membres de structures collectives, mais il y a une différence fondamentale : nous décidons avec les autres sur un pied d’égalité.

Sur certaines questions pas vraiment cruciales, les Européens prennent des décisions de concert, mais dès que certains pays sont tentés de prendre des décisions qui leur seraient individuellement bénéfiques, mais qui diffèrent de ce qui est important pour la superstructure, ils sont punis. Regardez ce qui se passe en Pologne, et ça n’a rien à voir avec la Russie, elle a sa propre législation nationale sur la question du genre ou la question nationale, mais si ça ne plaît pas à Bruxelles, ils sont punis ! Et la Hongrie ! Comment on l’a traitée, comment on traite Orban ! Voilà : personne ne peut prendre ses propres décisions si elles ne coïncident pas avec les opinions de « Big Brother ».

Note du rééditeur.

Si, comme on peut le penser, Mme Zakharova considère les images concernant des tortures infligées par les Russes à des Ukrainiens comme des fakes news, il serait temps qu’elle le dise.

23/11/2022 Iter. Au moins 2 ans de retard .

Nous renvoyons le lecteur aux articles diffusés sur le site d’information Iter et les suivants à venir

https://www.iter.org/newsline/-/3818

Les lobbies du Charbon et des Renouvelables se réjouiront. Disons seulement que pour un projet de cette importance, il n’y a là rien d’anormal. Le Soleil a mis plus de temps pour s’allumer.

Voir aussi

https://siecledigital.fr/2022/09/12/le-reacteur-coreen-kstar-etablit-un-nouveau-record/

22/11/22 Charger des batteries électriques en un clin d’oeil

Depuis les batteries d’accumulateur des autocars électriques jusqu’aux brosses à dents portables, tous les équipements modernes auront besoin d’accéder pour rechargement à des sources d’électivité opérant aussi vite, sinon plus vite que les pompes à essence des autoroutes actuelles.

La technologie lithium-ion des accumulateurs modernes a presque atteint ses limites. Le peu d’autonomie et la rapidité d’usure de ces batteries pourront dans un futur proche devenir très problématiques, au fur et à mesure que la technologie globale évolue et que la demande en énergie s’accroît.

Dans ce domaine comme d’autres, la Physique quantique offre des solutions supérieures à celles de la physique ordinaire.

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Pour pouvoir satisfaire la croissante demande en énergie, de nombreux chercheurs ont misé sur des batteries quantiques. Ceux de l’Université d’Adélaïde ont basé leur théorie sur le principe d’enchevêtrement et d’intrication des molécules. Il s’agit d’un phénomène selon lequel deux objets quantiquement entrelacés partagent leurs propriétés quelle que soit la distance qui les sépare. La possibilité de recharger durablement et ultra-rapidement un appareil en énergie électrique grâce aux batteries quantiques ne serait plus une utopie.

Le concept a pour la première fois été prouvé expérimentalement en Australie et permet un pas de plus vers la conception de ces super-batteries. Des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, dirigés par le Dr Quach, ont longuement étudié la théorie et ont compris que, grâce au phénomène de « superabsorption » qu’ils ont pu démontrer, plus une batterie quantique serait grande, plus elle se chargerait vite.

Grâce à ce phénomène, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer cet effet de super-absorption. En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie serait grande, plus vite elle se chargerait. Cela constituerait un avantage inestimable dans une application commerciale à grande échelle.

«La superabsorption désigne un effet collectif quantique où les transitions entre les états des molécules interfèrent de manière constructive », explique le Dr Quach dans un communiqué. « L’interférence constructive se produit dans toutes sortes d’ondes (lumière, son, ondes aquatiques . Elle apparaît lorsque différentes ondes s’additionnent pour donner un effet plus important que l’une ou l’autre onde seule. Fondamentalement, cela permet aux molécules combinées d’absorber la lumière plus efficacement que si chaque molécule agissait individuellement ».

Jusqu’ici, la superabsorption n’avait encore jamais été prouvée sur des échelles suffisamment grandes pourenvisager la réalisation d’une batterie quantique proprement dite. Mais les chercheurs australiens ont réussi un exploit grâce à leur dispositif de test.

Dans une expérience, ils ont appliqué une couche active de molécules photoabsorbantes à l’intérieur d’une microcavité entre deux miroirs. Les molécules étaient composées d’un colorant appelé Lumogen-F Orange. Les miroirs, quant à eux, ont été conçus selon une méthode standard de fabrication de miroirs de haute qualité. Dans ce concept, on utilise des matériaux diélectriques (ici du dioxyde de silicium et du pentoxyde de niobium) pour créer un « réflecteur de Bragg distribué ». Grâce à ce principe, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer un effet de super-absorption.

En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie est grande, plus vite elle se chargerait. Ce qui est certain, c’est que cela constituerait un avantage de taille dans une application à grande échelle.

« La superabsorption est un effet collectif quantique où les transitions entre les états des molécules interfèrent de manière constructive », explique le Dr Quach dans un communiqué. « L’interférence constructive se produit dans toutes sortes d’ondes (lumière, son, ondes sur l’eau) et se produit lorsque différentes ondes s’additionnent pour donner un effet plus important que l’une ou l’autre onde seule. Fondamentalement, cela permet aux molécules combinées d’absorber la lumière plus efficacement que si chaque molécule agissait individuellement ».

La batterie quantique pourrait servir dans de nombreuses applications et domaines. Prouver la théorie vers sa concrétisation est un pas de plus vers cet objectif. Elle devrait pouvoir un jour alimenter des voitures électriques à recharge ultrarapide (quelques secondes pour une recharge complète) ou encore servir pour le stockage d’énergie à flux fluctuants, par exemple issue de sources renouvelables (éolien, solaire…)

L’équipe a ensuite utilisé la spectroscopie d’absorption transitoire ultrarapide pour mesurer la façon dont les molécules stockaient l’énergie et à quelle vitesse l’ensemble de l’appareil se chargeait. Il a alors été démontré que plus la taille de la microcavité et le nombre de molécules augmentaient, plus le temps de charge diminuait. C’est la superabsorption.

Grâce à ce phénomène, les molécules peuvent ainsi s’activer ensemble et engendrer un effet de super-absorption. En théorie, plus elles sont ainsi liées et nombreuses, plus leur capacité est grande. Ce qui en fait un paradoxe, car plus la batterie est grande, plus vite elle se chargerait. Ce qui est certain, c’est que cela constituerait un avantage certain dans une application commerciale à grande échelle.

Mais le principal défi est cependant de combler le fossé entre un petit appareil de démonstration et l’exploitation des mêmes idées dans des systèmes industriels utilisables. Les prochaines étapes consisteront donc à étudier comment l’expérience pourrait être combinée avec d’autres moyens de stockage et de transfert d’énergie.

21/11/22. Faudra-t-il abandonner l’hypothèse de la matière noire ?

La matière noire, dite aussi matière sombre, est comme son nom l’indique, une forme de matière hypothétique jamais observée directement, au contraire de la matière ordinaire. Elle a l’intérêt, dans le cadre du modèle Lambsa CDM (voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_%CE%9BCDM) de rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique. Wikipédia

Faudra-t-il cependant abandonner cette hypothèse ? Sans remettre en cause la théorie du Big Bang dans ses grandes lignes, il faudrait peut-être, par exemple, remplacer les effets des hypothétiques particules de matière noire par une modification des lois de la mécanique céleste de Newton, et finalement par une modification des lois de la théorie relativiste de la gravitation proposée par Einstein il y a un peu plus d’un siècle.

Mais par quoi les remplacer?

Nous publions ci-dessous les références et l’abstract d’une recherche et du rapport que vient de publier une équipe internationale d’astrophysiciens dirigée par le Dr Pavel Kroupa (https://astro.uni-bonn.de/~pavel/) de l’Université de Bonn. L’équipe a fait une découverte surprenante en analysant certains amas d’étoiles dits amas stellaires https://fr.wikipedia.org/wiki/Amas_stellaire). Il se trouve que ces amas stellaires affichent une asymétrie inattendue en matière de distribution d’étoiles ; or, ceci vérifie davantage la théorie de la dynamique newtonienne modifiée (théorie MOND) — qui s’impose comme une alternative au concept de matière noire — que la théorie de la gravité largement admise aujourd’hui.

Sur la Théorie MOND (Modified Newtonian Dynamics), on lira https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_MOND

Cette nouvelle étude repose sur l’existence d’amas d’étoiles dits « ouverts » — des amas de 4 à 5 parsecs en moyenne, de plusieurs dizaines à plusieurs milliers d’étoiles. Ces milliers d’étoiles naissent en peu de temps dans un énorme nuage de gaz principalement d’hydrogène et de poussières et sont liées entre elles par des forces gravitationnelles. Ces amas stellaires ne survivent généralement que quelques centaines de millions d’années avant de se dissoudre : certaines étoiles se déplacent plus lentement, d’autres plus vite que l’amas dans son ensemble, emportant avec elles une partie du nuage de gaz et de poussière.

On observe alors la formation de deux « queues de marée ». L’une de ces queues s’étend derrière l’amas lorsqu’il voyage dans l’espace, tandis que l’autre s’étend vers l’avant. Les lois de la gravité de Newton prédisent qu’une étoile a autant de chance de se trouver dans la queue avant que dans la queue arrière ; ainsi, les deux queues devraient en théorie contenir un nombre d’étoiles quasi similaire. Or, en observant cinq amas ouverts connus (les Hyades, Praesepe ou amas de la Ruche, la Chevelure de Bérénice, COIN-Gaia 13 et NGC 752), des chercheurs se sont aperçus que cela n’était pas le cas.

« Dans les amas que nous avons étudiés, la queue avant contient toujours beaucoup plus d’étoiles proches de l’amas que la queue arrière », a expliqué le Dr Jan Pflamm-Altenburg de l’Institut Helmholtz de radioprotection et de physique nucléaire. Il n’est pas particulièrement aisé de distinguer les étoiles qui appartiennent aux queues de l’amas lorsque ce dernier est entouré de millions d’étoiles ; cela nécessite d’évaluer la vitesse, la direction du mouvement et l’âge de chacun des objets.

La Dr Tereza Jerabkova, astronome à l’Observatoire européen austral et co-auteure de l’étude, a donc mis au point une méthode — la méthode Jerabkova-compact-convergent-point (CCP) — permettant de compter avec précision les étoiles situées dans les queues de marée. Grâce aux données collectées par le satellite Gaia de l’Agence spatiale européenne, ses collègues et elle ont pu cartographier les queues de quatre amas ouverts proches, âgés de 600 à 2000 millions d’années. C’est ainsi qu’ils ont découvert que les queues de tête contenaient toutes plus d’étoiles que les queues arrière, au moins dans un rayon de 150 années-lumiére du centre de l’amas.

En effectuant une série de simulations informatiques, l’équipe a constaté que cette asymétrie correspondait tout à fait aux prédictions de la théorie de la dynamique newtonienne modifiée (ou théorie MOND). « En simplifiant, on dira que selon MOND, les étoiles peuvent quitter un amas par deux queues de marée différentes, la queue de marée arrière et la queue de marée avant Cependant, la première est beaucoup plus étroite que la seconde, il est donc moins probable qu’une étoile quitte l’amas par cette porte. La théorie de la gravité de Newton, en revanche, prédit que les deux portes devraient avoir la même largeur », explique le professeur Pavel Kroupa, de l’Institut Helmholtz de physique des rayonnements et de physique nucléaire de l’Université de Bonn.

Non seulement les simulations coïncidaient parfaitement avec la distribution stellaire observée, mais elles ont fourni une explication à un autre phénomène : elles ont en effet permis de déterminer que la durée de vie des amas d’étoiles ouverts était nettement plus courte (de 20 à 50% plus courte) que celle à laquelle on pourrait s’attendre selon les lois de Newton. « Cela explique un mystère connu depuis longtemps. À savoir que les amas d’étoiles dans les galaxies proches semblent disparaître plus vite qu’ils ne le devraient », a déclaré Kroupa.

De nombreuses étoiles et galaxies se déplacent trop vite par rapport à leur masse ; ainsi, dès les années 1930, les scientifiques ont émis l’hypothèse que d’énormes quantités de matière invisible — décrites aujourd’hui comme de la matière noire — pouvaient être à l’origine de ce phénomène. Bien qu’aucune preuve directe n’ait jusqu’à présent permis de confirmer son existence, la matière noire constitue encore aujourd’hui une théorie largement acceptée.

La théorie MOND a été proposée au début des années 1980 comme alternative au concept de matière noire pour expliquer pourquoi les galaxies ne semblent pas obéir aux lois de la physique actuellement admises. Ce phénomène supposerait supposerait une modification de la loi de la gravitation universelle de Newton. A des accélérations (vitesse) extrêmement faibles les effets de la gravité sont plus forts que ne le suggèrent les lois de Newton. Si elle devait se vérifier, cela aurait évidemment des conséquences considérables pour d’autres domaines de la physique . Selon Kroupa, il faudrait complètement « réinventer la cosmologie ». C’est pourquoi davantage de preuves seront nécessaires.

L’hypothèse MOND pour sa part est encore très controversée, mais les auteurs explorent maintenant de nouvelles méthodes mathématiques pour des simulations encore plus précises. Elles pourraient ensuite être appliquées à d’autres observations et peut-être, apporter de nouvelles preuves en faveur de cette théorie alternative.

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Référence

[Submitted on 24 Oct 2022]

Asymmetrical tidal tails of open star clusters: stars crossing their cluster’s prah challenge Newtonian gravitation

Pavel Kroupa, Tereza Jerabkova, Ingo Thies, Jan Pflamm-Altenburg ….

arXiv:2210.13472  v1

After their birth a significant fraction of all stars pass through the tidal threshold (prah) of their cluster of origin into the classical tidal tails. The asymmetry between the number of stars in the leading and trailing tails tests gravitational theory. All five open clusters with tail data (Hyades, Praesepe, Coma Berenices, COIN-Gaia 13, NGC 752) have visibly more stars within dcl = 50 pc of their centre in their leading than their trailing tail. Using the Jerabkova-compact-convergent-point (CCP) method, the extended tails have been mapped out for four nearby 600-2000 Myr old open clusters to dcl>50 pc. These are on near-circular Galactocentric orbits, a formula for estimating the orbital eccentricity of an open cluster being derived. Applying the Phantom of Ramses code to this problem, in Newtonian gravitation the tails are near-symmetrical. In Milgromian dynamics (MOND) the asymmetry reaches the observed values for 50 < dcl/pc < 200, being maximal near peri-galacticon, and can slightly invert near apo-galacticon, and the Küpper epicyclic overdensities are asymmetrically spaced. Clusters on circular orbits develop orbital eccentricity due to the asymmetrical spill-out, therewith spinning up opposite to their orbital angular momentum. This positive dynamical feedback suggests Milgromian open clusters to demise rapidly as their orbital eccentricity keeps increasing. Future work is necessary to better delineate the tidal tails around open clusters of different ages and to develop a Milgromian direct n-body code.

https://arxiv.org/abs/2210.13472









20/11/22. Principaux Missiles balistiques intercontinentaux (ICBM)

A ce jour, l’observation astronomique des quelques 60 planètes extra-solaires visibles de la Terre et situé dans la zone dite habitable de leur propre système n’a pas révélé la présence de formes de vie telle que nous connaissons.

Pour se développer et laisser des structures visibles de l’espace, celle-ci demande quelques milliards d’années. Faut-il en conclure que ces planètes n’ont jamais connues de vie et moins encore de civilisations semblables à celles qui peuplent la Terre. Sans doute pas?

Aujourd’hui une conclusion plus tentantes est que ces planètes ont hébergé des civilisations avancées mais que celles-ci se sont auto-détruites dans des guerres faisant appel à des armes telles que nos ICBM dotés de plusieurs têtes nucléaires.

Nous avons rassemblé ci-dessous quelques informations concernant ces armes et les pays en disposant et apparemments disposés à les utiliser à la première occasion (bien avant la fin du présent siècle)

1 Russie. “Satan 2” : un missile d’une portée de 10 000 km Réputé extrêmement dévastateur, ce missile intercontinental est la pièce maîtresse de l’arsenal nucléaire de la Russie. Il aurait la capacité de raser un pays équivalent à la moitié de la France en quelques instants seulement.

Parmi les armes que la Russie affirme avoir à sa disposition, le “Satan 2” est de loin la plus puissante. Son vrai nom est RS-28 Sarmat, “Satan 2” étant un surnom donné par l’Otan en référence à la précédente génération de missiles, les “Satan”.

2 USA  Prompt Global Strike (PGS), ou « frappe planétaire rapide ». Il s’agit d’un programme  lancé au début des années 2000 qui a pour but d’atteindre n’importe quelle cible sur la planète, et ceci en moins d’une heure, . Un tel système permettrait aux États-Unis de répondre bien plus rapidement qu’actuellement à des menaces soudaines.

 La PGS serait aussi utile en remplaçant l’arme nucléaire conventionnelle sur presque 30 % des cibles. Le programme englobe de nombreuses technologies acquises et en développement, dont les missiles conventionnels lancés depuis les airs et la surface de la mer et les missiles hypersoniques lancés depuis les profondeurs océaniques.

4 France. Le missile M51 est un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) français dont l’ogive peut contenir jusqu’à 10 têtes nucléaires ayant chacune une trajectoire indépendante. Il n’est donc pas à proprement parler intercontinental

5 Iran. voir https://www.afrique-asie.fr/liran-pourrait-devoiler-son-premier-icbm/

Le futur missile balistique intercontinental iranien pourrait être propulsé par un moteur à propergol solide comme le “Raafe” dont les essais ont été effectuées il y a quelques mois. Destiné à équiper un nouveau lanceur spatial pour la mise en orbite de satellites, ce moteur peut parfaitement équiper un missile balistique de portée intercontinentale.