02/08/2023 France. La perte du statut d’Etat-Nation

Selon wikipedia, un État-nation est un type particulier d’État dans lequel les individus sont censés appartenir dans leur majorité à une même nation. Il repose donc sur la coïncidence entre une notion d’ordre identitaire, l’appartenance à un groupe, la nation, et une notion d’ordre juridique, l’existence d’une forme de souveraineté et d’institutions politiques et administratives qui exercent cette souverainté, l’État. Sans cette coïncidence, on parlera plutôt d’un État multinational ou d’un empire, deux modes d’organisation politique favorables à la coexistence de minorités ethniques1.

En France, l’État s’est construit progressivement. A partir du Moyen Âge les rois de France ont étendu leur autorité sur un ensemble de plus en plus grand. Le développement du nationalisme s’est fait progressivement. Il a clairement émergé au 16  siècle (sans pour autant porter ce nom) dans la bourgeoisie, intellectuelle, commerçante et pré-industrielle, pour s’étendre progressivement à l’ensemble de la population (ou presque). La langue française est devenue la seule langue officielle. Le nationalisme a été renforcé par le système politique démocratique, la création d’une école gratuite, laïque et obligatoire par Jules Ferry à la fin du 19 siècle, l’instauration du service militaire obligatoire et entretenu par la création de divers symboles républicains, régulièrement mis en avant, comme le drapeau français, la Marianne et la Marseillaise.

Depuis la 2e guerre mondiale, en France, l’Etat-nation français s’est dégradé progressivement. Plusieurs raisons expliquent cette situation.

  • La défaite de 1940 suivi de la disparition momentanée de la République française au profit de l’Etat français de Vichy contrôlé par l’Allemagne nazi,
  • l’influence écrasante prise par la Fédération des Etats-Unis et plus généralement la soumission de la nation française aux règles d’un capitalisme international définies à Wall Street et Washington,
  • les guerres d’Indochine et d’Algérie où l’armée nationale française reconstituée a perdu beaucoup ses forces,
  • le marché commun que le traité de Rome avait mis en place en 1958 et qui consistait à libéraliser les échanges entre les États membres dans le double but, officiellement, d’accroître la prospérité économique et de contribuer à «une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe». Ce furent essentiellement les Etats-Unis qui ont obligé les Etats européens à s’unir dans un marché unique favorable à leur domination économique et politique.
  • L’Union européenne, union politico-économique sui generis de vingt-sept États européens qui délèguent ou transmettent par traité l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires. Le principe d’une telle union pouvait se justifier. Mais là encore, ce fut l’Empire américain qui imposa de fait aux Etats-membres d’accepter sa domination politique et militaire dans un tel cadre.
  • l’Otan pour Organisation du traité de l’Atlantique nord. Il s’agit en principe d’une organisation politico-militaire mise en place par les Etats-Unis dans les pays signataires du traité de l’Atlantique Nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives. Il s’agit en fait, comme le montre la présente guerre russo-ukrainienne, de l’organisation d’une force militaire occidentale, dominée là encore par les Etats-Unis mais où les Etats-membres de l’Otan apporteraient les ressources de leurs budgets militaires. Son principal objectif aujourd’hui est de construire une force armée capable d’affronter, sous commandement américain, la Russie et ultérieurement la Chine.
  • L’entrée d’une migration clandestine de travailleurs et de leurs familles provenant principalement d’Afrique du nord et d’Afrique noire censés apporter une force de travail indispensable dans l’économie française, alors que celle-ci souffre d’un sous-emploi grandissant. Aujourd’hui l’entrée des migrants parait incontrôlable.

Quelles conditions justifieraient un retour de la France à l’Etat-nation ?

Ceci ne serait possible qu’en situation de catastrophe obligeant l ‘Etat à reprendre en mains les forces armées nationales afin assurer une meilleure distributions des rares ressources disponibles et la défense contre les prédateurs étrangers, y compris les alliés d’outre-atlantique. Parmi ces catastrophes se trouveraient des changements climatiques importants et longs, la désertification de continents entiers ou le déclenchement de pandémies de grande ampleur entrainant des migrations par centaines de millions.

01/08/2023 Accélérer le passage à la fusion nucléaire

La France importe plusieurs milliers de tonnes d’uranium chaque année pour faire fonctionner son parc de centrales nucléaires de 1ère génération dite à fission L’uranium est un minerai. Les mines françaises ont fermé depuis longtemps faute de réserves. Dans les années 1970, deux compagnies nationales se donc installé au Niger, une ancienne colonie française. Elles exploitent deux mines dans la région du désert d’Arlit, proche de l’Algérie : l’une, à ciel ouvert et l’autre, souterraine. En 2008, 43 % de l’uranium produit par l’exploitant Orano, qui a succédé à Areva, provenaient du Niger. 

Depuis quelques années, Orano extrait un peu moins au Niger. On est passé de 43 % en 2008 à 30 % d’uranium extrait au Niger en 2021, soit 2 000 tonnes par an. L’une des deux mines a fermé en 2021 car les réserves se sont épuisées , l’autre restera exploitée jusqu’en 2040. Une troisième mine nigérienne aurait dû ouvrir mais son exploitation a été repoussée car le cours de l’uranium sur les marchés a chuté depuis la catastrophe de Fukushima. La mettre en route en respectant les impératifs écologiques n’est pour l’instant pas assez rentable pour l’entreprise. Depuis quelques années, Orano extrait donc de l’uranium surtout au Kazakhstan qui est le principal fournisseur mondial, et au Canada depuis 1999.

Or, qu’en sera-t-il de l’uranium nigérien, alors que le Quai-d’Orsay a annoncé le 1er août que la France avait commencé l’évacuation de ses ressortissants. Cette décision se justifie du fait des « violences qui ont eu lieu contre notre ambassade avant-hier et la fermeture de l’espace aérien qui laisse nos compatriotes sans possibilité de quitter le pays par leurs propres moyens ». Quelque 600 Français se trouvent actuellement sur place au Niger, dont un certain nombre travaille chez Orano. Que vont-ils devenir et que va devenir la production d’uranium ? Faudra-t-il faire appel à des forces spéciales de l’armée française pour les protéger ?

A terme, cette dépendance de la France à l’égard de l’uranium justifierait que le pays fournisse davantage de ressources au projet Iter consacré au remplacement de la fission nucléaire par la fusion. Voir notre article du 11/03/2023 La France doit maintenir son avance mondiale en matière de fusion nucléaire

31/07/2023 Parthénogenèse …chez la mouche

Pour la première fois, des femelles modifiées génétiquement – en l’occurrence, des mouches – ont pu se reproduire sans l’intervention d’un mâle. Il s’agit de « parthénogenèse« , ou encore « naissance vierge » : l’ovule devient embryon sans faire appel à un spermatozoïde, qui est la cellule reproductrice du mâle ! Certains oiseaux ou poissons y parviennent naturellement. Des reptiles comme le dragon de Komodo aussi.

C’est arrivé dans certains zoos lorsque une femelle reste trop longtemps seule, sans mâle. Jamais chez le mammifère, qui lui, se reproduit uniquement sexuellement (notamment chez l’homme )

Or des chercheurs de l’Université de Cambridge ont réussi à provoquer une parthénogenèse chez la mouche des fruits (drosophila melanogaster) qui, pourtant dans la nature, s’accouple pour se reproduire. Il s’agit d’une première, réalisée par manipulation génétique. Une découverte publiée dans la revue scientifique Current Biology (voir ci-dessous) grâce à six ans de travail et 220 000 mouches. 

Cependant, tant qu’il y a un mâle, la femelle modifiée garde le réflexe de se reproduire de façon classique. Mais au bout de 40 jours sans aucun mâle (à peu près la moitié de sa durée de vie), elle peut se reproduire seule . Une sorte de stratégie de survie que mettent au point 1 ou 2% des animaux étudiés. Cette découverte est considéré comme une percée scientifique sans précédent.

Référence

A genetic basis for facultative parthenogenesis in Drosophila

Published:July 28, 2023
DOI:https://doi.org/10.1016/j.cub.2023.07.006

Summary

Facultative parthenogenesis enables sexually reproducing organisms to switch between sexual and asexual parthenogenetic reproduction. To gain insights into this phenomenon, we sequenced the genomes of sexually reproducing and parthenogenetic strains of Drosophila mercatorum and identified differences in the gene expression in their eggs. We then tested whether manipulating the expression of candidate gene homologs identified in Drosophila mercatorum could lead to facultative parthenogenesis in the non-parthenogenetic species Drosophila melanogaster. This identified a polygenic system whereby increased expression of the mitotic protein kinase polo and decreased expression of a desaturase, Desat2, caused facultative parthenogenesis in the non-parthenogenetic species that was enhanced by increased expression of Myc. The genetically induced parthenogenetic Drosophila melanogaster eggs exhibit de novo centrosome formation, fusion of the meiotic products, and the onset of development to generate predominantly triploid offspring. Thus, we demonstrate a genetic basis for sporadic facultative parthenogenesis in an animal.

31/07/2023 La Russie craint elle l’Otan ou des forces spéciales russes hostiles basées sur sa frontière avec l’Otan

On peut s’étonner de voir la Russie combattre avec une telle énergie l’entrée éventuelle de l’Ukraine dans l’Otan. Certes en ce cas une Ukraine sous influence américaine pourrait comme d’autres pays de l’Otan se voir imposer par Washington des bases de missiles éventuellement dotées d’ogives nucléaires « tactiques » susceptibles de frapper la Russie jusqu ‘à Moscou, mais ceci n’aurait rien de nouveau.

Début avril 2022, la Russie avait de son côté commencé à former les militaires bélarusses à l’utilisation d’armes nucléaires « tactiques ». Précédemment Vladimir Poutine avait indiqué par le passé que dix avions avaient déjà été équipés au Bélarus pour l’utilisation de telles armes et qu’un entrepôt spécial serait terminé d’ici au 1er juillet. Plus généralement, l’appel au nucléaire serait susceptible de déclencher une guerre mondiale dont la Russie serait la première victime.

Ce que craint la Russie est la guerre de l’ombre. Des « forces spéciales » constituées de militaires ukrainiens opérant dans un relatif anonymat en Ukraine même ont déjà été mises en place par l’armée ukrainienne comme le montrent de petits documentaires obligeamment fournies par l’état-major ukrainien ou la CIA. Elles mènent diverses actions de renseignement et de contre offensives dans la suite de la force de police spéciale ukrainienne Berkut.

Berkut fut l’un des atouts utilisés par le gouvernement prorusse précédant pour réprimer le soulèvement. Aujourd’hui l’Ukraine s’appuie sur les forces Spetsnaz pour diverses activités telles que la collecte de renseignements, la lutte contre la fraude et le crime organisé, la réponse au terrorisme, la cyber-guerre ainsi que la répressions des manifestations de masse.  Elles font parties de l’armée ukrainienne. Le commandement des forces spéciales compte plus de 4 000 agents spetsnaz, tous soldats professionnels 

Or ce qui inquiète actuellement l’état-major russe est que dans les forces armées russes elles-mêmes sont apparues des cellules contestataires de plus en plus virulentes. Elles reprochent notamment à Vladimir Poutine soit de ne pas mener la guerre anti-occidentale avec suffisamment d’énergie, soit au contraire de conduire en Ukraine des opérations de plus en plus meurtrières se révélant inutiles.

Il est évident que si ces cellules trouvaient un appui minimum clandestin transfrontalier chez certains membres de l’Otan, telles la Pologne ou la Hongrie, elles pourraient inquiéter Moscou.

Il s’agit sans doute de la principale raison pour laquelle Vladimir Poutine a lancé une « opération militaire spéciale en Ukraine » et ne renoncera pas au terrain acquis.

29/07/2023 Ce que révèle l’ADN fossile des humains du Pléistocène

De récentes découvertes faites en France précisent les caractères des humains vivants au Pléistocène, révélés par l’étude de restes fossiles de leur ADN. Le Pléistocène est la première époque géologique du Quaternaire et l’avant-dernière sur l’échelle des temps géologiques. Elle s’étend de 2,58 millions d’années à 11 700 ans avant le présent. Elle est précédée par le Pliocène et suivie par l’Holocène. Le Pléistocène est marqué par les cycles glaciaires.,
Ces découvertes viennent d’être publiées par Nature dans deux articles dont nous donnons ici les références et les abstracts

Article 1
https://www.nature.com/articles/s41586-023-06035-2#Sec5
Ancient human DNA recovered from a Palaeolithic pendant
Published: 03 May 2023
Nature volume618, pages 328–332 (2023)

Abstract

Artefacts made from stones, bones and teeth are fundamental to our understanding of human subsistence strategies, behaviour and culture in the Pleistocene. Although these resources are plentiful, it is impossible to associate artefacts to specific human individuals1 who can be morphologically or genetically characterized, unless they are found within burials, which are rare in this time period. Thus, our ability to discern the societal roles of Pleistocene individuals based on their biological sex or genetic ancestry is limited2,3,4,5. Here we report the development of a non-destructive method for the gradual release of DNA trapped in ancient bone and tooth artefacts. Application of the method to an Upper Palaeolithic deer tooth pendant from Denisova Cave, Russia, resulted in the recovery of ancient human and deer mitochondrial genomes, which allowed us to estimate the age of the pendant at approximately 19,000–25,000 years. Nuclear DNA analysis identifies the presumed maker or wearer of the pendant as a female individual with strong genetic affinities to a group of Ancient North Eurasian individuals who lived around the same time but were previously found only further east in Siberia. Our work redefines how cultural and genetic records can be linked in prehistoric archaeology.

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Article 2
https://www.nature.com/articles/s41586-023-06350-8

Extensive pedigrees reveal the social organization of a Neolithic community

Abstract

Social anthropology and ethnographic studies have described kinship systems and networks of contact and exchange in extant populations1,2,3,4. However, for prehistoric societies, these systems can be studied only indirectly from biological and cultural remains. Stable isotope data, sex and age at death can provide insights into the demographic structure of a burial community and identify local versus non-local childhood signatures, archaeogenetic data can reconstruct the biological relationships between individuals, which enables the reconstruction of pedigrees, and combined evidence informs on kinship practices and residence patterns in prehistoric societies. Here we report ancient DNA, strontium isotope and contextual data from more than 100 individuals from the site Gurgy ‘les Noisats’ (France), dated to the western European Neolithic around 4850–4500 BC. We find that this burial community was genetically connected by two main pedigrees, spanning seven generations, that were patrilocal and patrilineal, with evidence for female exogamy and exchange with genetically close neighbouring groups. The microdemographic structure of individuals linked and unlinked to the pedigrees reveals additional information about the social structure, living conditions and site occupation. The absence of half-siblings and the high number of adult full siblings suggest that there were stable health conditions and a supportive social network, facilitating high fertility and low mortality5. Age-structure differences and strontium isotope results by generation indicate that the site was used for just a few decades, providing new insights into shifting sedentary farming practices during the European Neolithic.

29/07/2023 Découverte d’une quasi-particule qui devrait rendre enfin compétitifs les calculateurs quantiques

Une particule qui se souvient de son passé vient d’être redécouverte grâce à un calculateur quantique. Contrairement aux autres particules connues à ce jour, notamment l’électron et le photon, elle peut garder une sorte de souvenir de ses expériences passées. Il s’agit de l’anyon.

En physique quantique l’ anyon est un type de particule, en fait une quasi-particule propre aux systèmes a deux dimensions ou plans. Un plan n’a pas de volume Ni boson ni fermion, l’anyon en est une généralisation du plan.

Prédits et théorisés depuis plus de quatre décennies, les premières preuves expérimentales de l’existence des anyons ne datent que de 2020. Les chercheurs ont montré que ces quasi-particules ne sont pas vraiment des particules mais plutôt des vibrations collectives qui se comportent comme si elles étaient des particules. Contrairement aux autres particules, échanger des anyons les modifie fondamentalement.

En effet, l’anyon est différente de toutes les particules connues car elle garde le souvenir de ses échanges avec d’autres particules

Rappelons que les ordinateurs quantiques manipulent les qubits selon une méthode orchestrée appelée « algorithmes quantiques ». La difficulté réside dans le fait que les qubits sont si sensibles que même la lumière parasite peut provoquer des erreurs de calcul, un risque qui augmente à mesure que l’ordinateur quantique grossit. Cela a des conséquences importantes, car les algorithmes quantiques les plus efficaces que nous connaissons nécessitent un taux d’erreurs largement inférieur à celui de nos qubits actuels. Pour combler cette lacune, il faut recourir à la correction des erreurs quantiques.

La correction des erreurs quantiques consiste à protéger l’information en la codant à l’aide de plusieurs qubits physiques formant un « qubit logique ». L’objectif est de créer un ordinateur quantique à grande échelle ayant un taux d’erreurs suffisamment faible pour effectuer des calculs utiles. Ceci vise à réaliser des opérations au moyen de qubits logiques plutôt que de qubits individuels. En codant un grand nombre de qubits physiques sur un processeur quantique de sorte à créer un qubit logique, on peut espérer réduire le taux d’erreur et ainsi ouvrir la voie à des algorithmes quantiques utiles.

On obtient ainsi un Non-Abelian topological order (TO) Il s’agit d’un état de la matière aux propriétés remarquables très recherchées. Il inclut des quasi-particules qui peuvent se souvenir des séquences au cours desquelles elles ont été échangées. Le nombre des échanges détermine la façon dont elles vibrent.

Henrick Dryer et ses collègues, auteurs de l’étude référencée ci-dessous dont nous publions l’abstract, ont développé dans un entrprise de calcul quantique nommée Quantinuum un nouveau processeur quantique dit H2 qui utilise des champs magnétiques et des lasers pour créer des qubits

Référence

Creation of Non-Abelian Topological Order and Anyons on a Trapped-Ion Processor

Mohsin IqbalNathanan TantivasadakarnRuben VerresenSara L. CampbellJoan M. DreilingCaroline FiggattJohn P. GaeblerJacob JohansenMichael MillsSteven A. MosesJuan M. PinoAnthony RansfordMary RowePeter SiegfriedRussell P. StutzMichael Foss-FeigAshvin VishwanathHenrik Dreyer

Non-Abelian topological order (TO) is a coveted state of matter with remarkable properties, including quasiparticles that can remember the sequence in which they are exchanged. These anyonic excitations are promising building blocks of fault-tolerant quantum computers. However, despite extensive efforts, non-Abelian TO and its excitations have remained elusive, unlike the simpler quasiparticles or defects in Abelian TO. In this work, we present the first unambiguous realization of non-Abelian TO and demonstrate control of its anyons. Using an adaptive circuit on Quantinuum’s H2 trapped-ion quantum processor, we create the ground state wavefunction of D4 TO on a kagome lattice of 27 qubits, with fidelity per site exceeding 98.4%. By creating and moving anyons along Borromean rings in spacetime, anyon interferometry detects an intrinsically non-Abelian braiding process. Furthermore, tunneling non-Abelions around a torus creates all 22 ground states, as well as an excited state with a single anyon — a peculiar feature of non-Abelian TO. This work illustrates the counterintuitive nature of non-Abelions and enables their study in quantum devices.

Comments:6 + 20 pages, 6 + 5 figures, 3 tables
Subjects:Quantum Physics (quant-ph); Strongly Correlated Electrons (cond-mat.str-el)
Cite as:arXiv:2305.03766 [quant-ph]
 (or arXiv:2305.03766v1 [quant-ph] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2305.03766 Focus to learn more

28/07/2023 Le Parlement européen compte réguler l’Intelligence Artificielle AI

Le parlement européen a adopté le 14 Juin 2023 une résolution visant à adopter avant la fin de cette même année 2023 une loi réglementant les utilisations de l’AI. Il s’agit d’encourager les innovations en ce domaine tout en prévenant les abus en fonction du niveau des risques.

Sont particulièrement visés semble-t-il les abus concernant les Grands Modèles de langage LLM. Ceux-ci sont considérés comme des apports de l’Intelligence Artificielle essentiels à la diffusion des connaissances. Outre DALL-E. le modèle le plus souvent cité est ChatGPT. Il utilise les innombrables textes désormais contenus sur Internet pour élaborer un modèle statistique du langage humain. Cela lui permet de prédire quels mots succéderont probablement à un autre dans une phrase donnée.

Concrètement, ChatGPT est dit réseau neuronal transformer-based. Comme les autres, il utilise l’IA générative (et plus précisément le Deep Learning) pour le traitement du langage naturel (NLP) et la génération de langage naturel (NLG).

La Commission a par ailleurs défini six blocs de construction (Building blocs ) où l’AI intervient massivement et devra être réglementé. Il s’agit des données structurelles, des données non structurelles, des processus préliminaires, des processus fondamentaux, des bases de données et des productions d’informations à valeur ajoutée.

La loi réglementera l’AI en fonction du niveau des risques courus, menaces à la santé, à la sécurité, aux droits publics et à l’environnement. Elle devrait aussi interdire la surveillance biométrique, l’identification des émotions et la « Predicting policing » Predictive policing is the usage of mathematics, predictive analytics, and other analytical techniques in law enforcement to identify potential criminal activity.

Très bien mais que se passera-t-il si, faute de moyens dans les administrations concernées, ce ne serait pas la Loi qui réglementerait l’AI , mais l’IA qui contrôlerait la Loi ?

26/07/2023 L’Europe se refroidira-t-elle alors que le reste du monde se réchauffera ?

Le courant nord-atlantique dit AMOC (Atlantic meridional overturning circulation ou circulation méridienne de retournement atlantique, dont la branche la plus connue est le Gulf Stream, constitue le plus important courant océanique capable d’influencer le climat mondial, et en particulier celui de l’Europe. Il s’agit d’un courant chaud né dans les tropiques. Il permet à l’Europe atlantique en hiver de conserver un climat tempéré alors que les glaces du pôle nord paralysent une grande partie de la Russie du Nord.

Or, l’AMOC pourrait s’arrêter d’ici 2060 si les émissions actuelles de gaz à effet de serre persistaient. Alors qu’une partie du monde se réchaufferait encore plus, l’Europe se refroidirait jusqu’à atteindre un froid glacial. Ce refroidissement serait alors sans doute le bienvenu en Europe qui pourrait ainsi conserver un climat tempéré dans ses parties cotières .

Telle est la conclusion d’un rapport qui vient d’être publié par l’université de Copenhague dans le journal Nature Communications ce mardi 25 juillet. Nous en donnons ci-dessous les références et l’abstract

Cette université, considérée comme la meilleure des pays scandinaves, jouit d’une réputation prestigieuse en ce qui concerne la recherche scientifique. Or les conclusions de son étude vont complètement à l’inverse de ce que prévoient les derniers rapports du Giec.

Jusqu’à maintenant, toutes les études envisageaient un climat de plus en plus chaud en Europe, la région du monde qui se réchauffe actuellement le plus vite après les pôles. Mais l’institut Niels Bohr de l’université de Copenhague envisage désormais la possibilité d’un continent européen plus froid dans quelques dizaines d’années, et cela en raison de la modification des courants océaniques de l’Atlantique.

Selon les chercheurs de l’Institut, la circulation des courants océaniques de l’Atlantique nord, qui influence les masses d’air chauds et froids dans la zone, va s’arrêter si nos émissions de gaz à effet de serre continuent au même rythme. L’équipe a utilisé des outils statistiques et des relevés de températures sur les 150 dernières années pour comprendre l’évolution de l’Amoc. Selon eux, il y a 95 % de chances pour que celle-ci disparaisse entre 2025 et 2095, avec une probabilité encore plus forte dans 34 ans, soit en 2057.

Ce courant est ce que les spécialistes appelle une boucle de circulation, ou boucle thermohaline, qui brasse les eaux et disperse la chaleur dans chaque hémisphère du Globe. Il joue donc un rôle fondamental dans le fonctionnement du climat. Son bouleversement, ou pire son effondrement, modifierait complètement notre climat, au niveau des températures comme des précipitations.

Concrètement, cela voudrait dire que la majorité de la planète va continuer à se réchauffer encore plus fort, en particulier les Tropiques qui subiront dans ce cas des températures extrêmes. Mais l’inverse se produirait en Europe. Comme le courant circule dans l’Atlantique, proche de notre continent, il réchauffe l’Europe. Son absence dans le Pacifique explique notamment pourquoi l’Alaska est par exemple un pays beaucoup plus froid que ceux de la Scandinavie aux mêmes latitudes.

Si ce courant s’arrêtait, cela plongerait donc une partie de l’Europe dans un froid glacial. Un phénomène difficile à imaginer dans le contexte actuel du réchauffement climatique flagrant en Europe. Parmi les autres conséquences envisagées, la hausse subite du niveau de la mer, qui engloutirait des zones comme la côte est des États-Unis.  

Ajoutons que l’Europe subirait alors l’invasion de milliards de réfugiés climatiques.

Les conclusions de l’université de Copenhague contredisent donc celles du Giec sur l’évolution du courant Amoc : le Giec ne juge pas possible un effondrement du courant d’ici la fin du siècle, et encore moins, un refroidissement de l’Europe.

L’évolution du courant et celle des températures de surface des océans n’est réellement étudiée que depuis une quinzaine d’années. Toutes les recherches effectuées sur le sujet comportent donc encore de nombreux points d’interrogations.

Sur le GIEC

N’étant pas lui-même un organisme de recherche, il fait appel pour la rédaction des rapports à des experts. Ceux-ci font la synthèse des travaux de recherche reconnus, effectués partout dans le monde et publiés dans les revues scientifiques. Pour cela, le Giec est organisé en trois groupes de travail : le premier évalue les données scientifiques sur le climat et son évolution, le deuxième enquête sur la vulnérabilité et l’adaptation des systèmes socio-économiques face aux conséquences du changement climatique, et le troisième envisage des moyens d’atténuer le changement climatique et ses effet

Référence

https://www.nature.com/articles/s41467-023-

Warning of a forthcoming collapse of the Atlantic meridional overturning circulation

Nature Communications 

volume14, Article number: 4254 (2023)is article

  • Abstract

The Atlantic meridional overturning circulation (AMOC) is a major tipping element in the climate system and a future collapse would have severe impacts on the climate in the North Atlantic region. In recent years weakening in circulation has been reported, but assessments by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), based on the Climate Model Intercomparison Project (CMIP) model simulations suggest that a full collapse is unlikely within the 21st century. Tipping to an undesired state in the climate is, however, a growing concern with increasing greenhouse gas concentrations. Predictions based on observations rely on detecting early-warning signals, primarily an increase in variance (loss of resilience) and increased autocorrelation (critical slowing down), which have recently been reported for the AMOC. Here we provide statistical significance and data-driven estimators for the time of tipping. We estimate a collapse of the AMOC to occur around mid-century under the current scenario of future emissions.

27/07/2023 Mystérieux radiosignaux provenant de l’espace profond

Depuis 1988, des signaux radio provenant d’une source extraterrestre lointaine sont enregistrés régulièrement par le radiotélescope Murchison Widefield Array en Australie sans que les chercheurs n’en trouvent la source. C’est ce que rapportent des scientifiques dans une étude publiée le 19 juillet 2023 par la revue Nature dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract. Les chercheurs ne savent pas quel objet envoie ces ondes radio. Elles sont telles qu’elles ne sont conformes à aucun modèle tentant de l’expliquer.

L’équipe scientifique qui a observé ces ondes utilisait le radiotélescope Murchison pour étudier les émission radios provenant de la Voie Lactée. Natasha Hurley Walker, radioastronome à l’Université Curtin en Australie, qui dirigeait la recherche, a précisé que “Presque aussitôt que nous avons commencé à chercher, nous avons trouvé une nouvelle source, dans une autre partie du ciel se répétant cette fois toutes les 22 minutes”

Les scientifiques ont étudié dans les archives les précédentes ondes émises depuis l’univers vers la Terre. C’est là qu’ils ont découvert que l’émission de signaux en question avait débuté il y a trente-cinq ans.

Il faut savoir que la plupart du temps, les signaux radio venant de l’espace proviennent des pulsars, des étoiles à neutrons en rotation . Un pulsar (wikipedia) est un objet astronomique produisant un signal périodique allant de l’ordre de la milliseconde à quelques dizaines de secondes. Ce serait une étoile à neutrons tournant très rapidement sur elle-même (période typique de l’ordre de la seconde, voire beaucoup moins pour les pulsars milliseconde) et émettant un fort rayonnement électromagnétique dans la direction de son axe magnétique. Elles émettent vers la Terre des faisceaux énergétiques qui clignotent lorsqu’ils tournent vers et loin de notre planète.

Ici, les chercheurs ont d’abord pensé que ces les ondes pourraient être émises par des pulsars un peu particuliers appelés magnétars“Dans certains cas, les impulsions radio ont été interprétées comme provenant d’étoiles à neutrons en rotation avec des champs magnétiques extrêmement puissants, appelés magnétars”, précisent-ils dans leur étude. Ces ondes, qui peuvent se retrouver dans les relevés de fréquences radio, sont d’une durée très courte“L’origine d’autres messages transitoires radio, parfois périodiques et moins bien échantillonnés, est encore débattue.”

Or, “si la source était un magnétar, l’émission radio ne devrait être visible que pendant quelques mois à quelques années,  33 ans et plus”, précise Natasha Hurley Walker.

Piste extraterrestre ?

Il serait alors tentant de penser qu’il s’agirait d’un message provenant d’une intelligence extraterrestre située en dehors du système solaire. Le message ne comporterait pas de sens précis, faute d’un interlocuteur identifié. L’intelligence n’espérerait pas de réponse, compte tenu du temps, en année lumière, que prendrait les transmissions. Le sens du message serait cependant profond. Nous le traduirions ainsi : « qui que vous soyez, vous vous demandez sans doute si vous êtes seuls dans l’univers. Eh bien rassurez vous, vous n’êtes pas seuls ».

D’autres recherches sont nécessaires pour confirmer qu’il s’agit de signes de vie extraterrestre. Les auteurs sont en tous cas enthousiastes. La technologie évolue, et l’humain se rapproche peut-être d’une réponse qu’il s’est toujours posée: est-il seul dans l’univers ?

Notons qu’à ce jour, la source est toujours active

Référence

Nature volume619, pages 487–490 (2023)

Abstract

Several long-period radio transients have recently been discovered, with strongly polarized coherent radio pulses appearing on timescales between tens to thousands of seconds1,2. In some cases, the radio pulses have been interpreted as coming from rotating neutron stars with extremely strong magnetic fields, known as magnetars; the origin of other, occasionally periodic and less-well-sampled radio transients is still debated3. Coherent periodic radio emission is usually explained by rotating dipolar magnetic fields and pair-production mechanisms, but such models do not easily predict radio emission from such slowly rotating neutron stars and maintain it for extended times. On the other hand, highly magnetic isolated white dwarfs would be expected to have long spin periodicities, but periodic coherent radio emission has not yet been directly detected from these sources. Here we report observations of a long-period (21 min) radio transient, which we have labelled GPM J1839–10. The pulses vary in brightness by two orders of magnitude, last between 30 and 300 s and have quasiperiodic substructure. The observations prompted a search of radio archives and we found that the source has been repeating since at least 1988. The archival data enabled constraint of the period derivative to <3.6 × 10−13 s s−1, which is at the very limit of any classical theoretical model that predicts dipolar radio emission from an isolated neutron star.

26/07/2023 Un embryon humain synthétique

Il pourrait s’agir d’un premier pas décisif vers l’homme de synthèse. Ce concept ne doit pas être confondu avec celui d’homme artificiel, uniquement composé tel un robot d’aujourd’hui d’éléments mécaniques. Le futur homme de synthèse sera fait d’ éléments prélevés sur des humains ou chez des espèces animales proches, rendus compatibles par diverses procédures telles que l’ingénierie cellulaire ou organique. C’est le cas de l’embryon humain évoqué dans cet article.

Une équipe dirigée par Magdalena Zernicka-Goetz, de l’Université de Cambridge, vient d’annoncer avoir réalisé un embryon humain synthétique composé de cellules-souches . Il a été détruit au bout de 14 jours comme l’impose la législation britannique concernant les embryons humains. Sinon il paraissait capable s’il avait été implanté dans un utérus de se développer normalement. et de produire différent tissus, notamment des précurseur de cellules utilisées dans le sperme et les œufs chez les embryons réels.

De tels embryons seront essentiels pour la recherche scientifique, du fait qu’ils pourraient être produits en nombre illimité, notamment pour étudier les causes d’avortement. Mais les chercheurs impliqués dans ces recherches veulent disposer de plus de temps. Des propositions en ce sens devraient être bientôt soumises à l’ UK Human Fertilisation and Embryology Authority

Source

  • A model of the post-implantation human embryo derived from pluripotent stem cells

Nature (2023)

Abstract

The human embryo undergoes morphogenetic transformations following implantation into the uterus, yet our knowledge of this crucial stage is limited by the inability to observe the embryo in vivo. Stem cell-derived models of the embryo are important tools to interrogate developmental events and tissue-tissue crosstalk during these stages1. Here, we establish a model of the human post-implantation embryo, a human embryoid, comprised of embryonic and extraembryonic tissues. We combine two types of extraembryonic-like cells generated by transcription factor overexpression with wildtype embryonic stem cells and promote their self-organization into structures that mimic several aspects of the post-implantation human embryo. These self-organized aggregates contain a pluripotent epiblast-like domain surrounded by extraembryonic-like tissues. Our functional studies demonstrate that the epiblast-like domain robustly differentiates to amnion, extraembryonic mesenchyme, and primordial germ cell-like cells in response to BMP cues. In addition, we identify an inhibitory role for SOX17 in the specification of anterior hypoblast-like cells2. Modulation of the subpopulations in the hypoblast-like compartment demonstrated that extraembryonic-like cells impact epiblast-like domain differentiation, highlighting functional tissue-tissue crosstalk. In conclusion, we present a modular, tractable, integrated3 model of the human embryo that will allow us to probe key questions of human post-implantation development, a critical window when significant numbers of pregnancies fail.