02/05/2024 La France ne devrait pas manquer d’uranium pour ses centrales nucléaires.

L’énergie nucléaire est un avantage stratégique crucial pour la France. Selon le ministère de l’Environnement, le nucléaire représente 75% du mix électrique français, soit un peu plus de 40% de son mix énergétique. Alors que l’Europe est en proie à la crise énergétique, le nucléaire permet à la France d’assurer une partie de son autonomie énergétique, et de bénéficier d’une source d’énergie propre et compétitive à l’export.

Pour faire fonctionner les 56 réacteurs nucléaires en activité, la France a besoin de 8 000 à 9 000 tonnes d’uranium naturel par an. L’uranium naturel est extrait sous forme de poudre jaune qui est ensuite transmise dans une usine de conversion chimique. Il est ensuite transformé en tétrafluorure d’uranium (UF4), puis en hexafluorure d’uranium (UF6). L’UF6 est alors enrichi à la centrifugeuse avant d’être ensuite transformé en tétrafluorure d’uranium (UF4), puis en hexafluorure d’uranium (UF6). L’UF6 est alors enrichi à la centrifugeuse avant d’être modifié en oxyde d’uranium,

Pour obtenir le combustible final destiné aux centrales nucléaires, quatre étapes sont donc nécessaires. Le français Orano, anciennement AREVA, maîtrise totalement ou en partie chacune des étapes nécessaires à la production de l’uranium : l’extraction, la transformation chimique, l’enrichissement et enfin la fabrication du combustible. 

Comme la France n’extrait plus d’uranium naturel sur son sol depuis 2001, elle est entièrement dépendante de l’étranger concernant l’approvisionnement en uranium naturel.

Sur les dix dernières années, la France a importé 88 200 tonnes d’uranium naturel. Selon le comité Euratom, ces importations proviennent majoritairement de 4 pays : le Kazakhstan (environ 27%), le Niger (environ 20%), l’Ouzbékistan (environ 19%) et la Namibie (environ 15%). Ainsi, 80% de l’extraction provient de 4 pays. L’approvisionnement en uranium est donc extrêmement concentré. Une crise survenant dans l’un de ces pays menacerait considérablement la filière nucléaire.

A titre d’exemple, le cas du Niger permet de mesurer les risques induits par cette concentration. Le coup d’État survenu en 2023 a déjà un impact significatif sur la chaîne d’approvisionnement. Sous la pression des sanctions imposées par la communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la fermeture des frontières du Niger, Orano a dû mettre provisoirement fin à la production d’uranium sur place en raison d’une pénurie de matières premières. De plus, l’exportation de l’uranium depuis le Niger vers la France passe par le Bénin, un pays touché par les troubles politiques de son voisin, ce qui perturbe d’autant plus la chaîne logistique de l’uranium. Si le groupe assure que la situation n’est pas menaçante à court terme, il risque d’être exposé durablement à des risques multiples comme la nationalisation, ou l’expropriation selon l’évolution de la situation.

L’approvisionnement de la France en uranium est également soumis à la menace d’une guerre économique et informationnelle dans laquelle la Chine et la Russie déploient des stratégies d’influence et de contre influence à l’égard de la France, comme les Russes ont pu le faire au Niger par exemple. La France a subi de nombreux revers diplomatiques ces dernières années comme au Mali, au Burkina, en Centrafrique ou au Maghreb. Le risque d’une déconvenue similaire en Namibie n’est  donc pas à écarter compte-tenu du sentiment antifrançais et des ingérences de ses  adversaires stratégiques.

D’un point de vue géopolitique, la dépendance à ces quatre pays (Kazakhstan, Ouzbékistan, Namibie, Niger) pose la question de la sécurité de nos approvisionnements en cas de conflits avec la Chine et la Russie. Un scénario que l’on ne peut pas exclure compte-tenu de la tension diplomatique et militaire actuelle.

Face à leurs voisins, comment réagiraient le Kazakhstan et l’Ouzbékistan ? Prendraient-ils le risque de s’opposer à la Russie ou à la Chine pour défendre leurs intérêts commerciaux, ou bien s’aligneraient-ils  sous  la contrainte ? En cas de déstabilisation de la région ou de crise politico-militaire avec la Russie, pratiquement la moitié de notre approvisionnement en uranium se trouverait menacé. La même question se pose avec les pays africains. Alors que ces derniers sont alimentairement dépendants de la Russie, et financièrement dépendants de la Chine (la Chine détenant 20% de la dette africaine), les intérêts commerciaux avec la France pèseraient-ils lourd dans la balance des négociations ? La France ne peut se permettre d’attendre les réponses à ces questions.

C’est là qu’intervient l’uranium canadien, stratégique pour les centrales nucléaires françaises

La mine de Cigar Lake

Située au cœur de la Saskatchewan, la mine est l’une des plus riches en uranium au monde. L’usine de McClean Lake, qui le traite, est exploitée par une filiale d’Orano et vend 40 % de sa production à EDF. C’est à 700 kilomètres au nord de Saskatoon, la capitale économique de la Saskatchewan, que le minerai est extrait.

Cette province, plus grande que la France et soixante-dix fois moins peuplée, dispose d’importantes richesses minières. Son sous-sol possède vingt-trois des trente minéraux critiques et stratégiques retenus par le Canada comme étant nécessaires à la transition énergétique, tels que la potasse, le lithium, le cuivre, l’hélium, les terres rares, mais aussi, et surtout, l’uranium.

Les réserves canadiennes en uranium sont estimées à 588 500 tonnes, soit 10 % des réserves connues au monde. Une manne financière, alors que le cours du minerai a été multiplié par quatre depuis 2020, jusqu’à franchir la barre des 100 dollars la livre (94 euros pour 0,45 kg) en février.

Le gisement de Cigar Lake, localisé dans le nord de la Saskatchewan (province de l’ouest du Canada) a été découvert en 1981, à 40 km à l’ouest de la limite est du bassin de l’Athabasca, près du lac de Waterbury, à environ 60 km au nord-est de la mine d’uranium de McArthur River1. Le dépôt sensiblement orienté est-ouest s’étend sur une longueur de près de 2 000 m et une largeur variable de 20 à 100 m, à 500 m sous terre. C’est un gisement d’uranium dans du grès, reposant sur le socle.

Ce gisement serait le deuxième plus grand gisement d’uranium à haute teneur dans le monde après la mine d’uranium de McArthur River, située elle aussi au Canada. Il est opéré par Cameco, plus important producteur d’uranium au monde.

D’autres gisements, comme celui d’Olympic Dam en Australie, contiennent plus d’uranium ; mais les teneurs n’y sont pas aussi élevées que dans les gisements de la Saskatchewan : la teneur en uranium (= rapport (masse du métal U) / (masse roche totale) ) moyenne à Cigar Lake est de 20 %, alors que la moyenne mondiale des gisements exploités est inférieure à 1 %.

Les réserves prouvées et probables de la mine sont estimées à 537 100 t d’oxyde d’uranium (U3O8) pour une exploitation à un taux moyen de 17,4 %.

La mine est exploitée en mine souterraine, par abattage hydraulique automatisé (donc sans intervention locale d’opérateurs). Les grès encaissants, poreux et saturés d’eau à haute pression, imposent au préalable de geler le terrain dans la masse, pour le stabiliser et éviter des inondations. La mine étant dans le grand nord canadien, au nord de la province de Saskatchewan, le gel est plus facile.

La construction des installations souterraines a débuté en 2005, pour un début de production initialement planifié pour 2007.

Cependant, le 23 octobre 2006, c’est l’échec de l’ouverture de la Mine de Cigar Lake, victime d’une seconde inondation en moins de 6 mois, pour les mêmes raison qu’avait échoué en 2003 celle de la mine d’uranium de McArthur River6: le gel de la terre ne suffit pas à bloquer l’humidité. Les installations étaient alors complétées à 60 %.

L’inondation du site a entraîné la suspension des travaux et le 1er novembre 2007, l’opérateur principal Cameco confirme que sa mine ne sera fonctionnelle au plus tôt qu’en 2011: il précise devoir d’abord terminer la construction du deuxième puits d’évacuation de la mine avant de compléter les développements souterrains.

Une troisième inondation aura lieu en 2008, pendant que la mine était en cours d’assèchement, la première voie d’eau ayant été maîtrisée. Les travaux d’aménagement ne purent reprendre qu’en 2010.

Les analystes ont estimé que cette inondation fut la cause directe du pic du cours de l’uranium de 2007, où le cours au comptant s’est élevé jusqu’à 300 $/kgU8,. Il a ensuite chuté après la catastrophe de Fukushima, au point que de nombreuses mines sont devenues non-viables.

L’ouverture de l’exploitation a été successivement annoncée pour 2011, puis 2013, et enfin 2014.

La production minière n’a été effectivement entreprise qu’en mars 2014 et le début de l’exploitation commerciale (marquant la fin de l’imputation des dépenses sur l’investissement initial) a été annoncé un an plus tard, fin mai 2015.

Initialement l’exploitant canadien Cameco détient 50,025 % des parts de la mine de Cigar Lake, contre 37,1 % pour l’entreprise française Orano Mining et 7,875 % et 5 % respectivement pour les sociétés japonaises Idemitsu et TEPCO. Puis, en 2022, Cameco et Orano Mining font conjointement l’acquisition des parts de la société Idemitsu, ce qui augmente leur participation à 54,547 % et 40,453 % respectivement

Le 15 juin 2013,  Cameco a annoncé avoir obtenu un permis de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) pour exploiter la mine de Cigar Lake jusqu’en juin 2021

Le minerai extrait est traité dans l’usine canadienne de McClean Lake (58° 11′ 27″ N, 103° 42′ 24″ O), puis exploitée par Orano Mining dans la province de la Saskatchewan, située à 70 km de la mine.

l. 

01/05/2024 Le bel avenir des guerres nucléaires

Chaque jour qui passe rapproche l’humanité de ce que les stratèges bien informés nomment l’Apocalypse. Il s’agirait de la destruction, non seulement de toutes les sociétés humaines, mais sans doute d’une partie de la vie animale et végétale. Au mieux ne subsisteraient que des colonies bactériennes anaérobies  enfouies au fond des océans.

La Terre offrirait alors à un improbable observateur située dans le cosmos le visage qui est celui des centaines de planètes que les humains peuvent dorénavant observer dans l’espace-temps au fur et à mesure que se perfectionnent les moyens d’observation interplanétaires, celui de planètes situées dans la zone habitable de leur soleil et qui pourtant semblent dépourvues de toutes formes de vie complexe.

Il est alors tentant de penser, similia similibus curantur, que ces planètes ont été ravagées par des guerres nucléaires analogues à celles qui menaceront de plus en plus la Terre.

Jusqu’à présent, il était entendu que, compte tenu des conséquences potentiellement apocalyptiques de la décision d’engager le feu nucléaire stratégique, cette décision ne pouvait être prise, après un temps de réflexion extrêmement limité, que par une autorité politique censée représenter légitimement son peuple.

Or aujourd’hui, ces autorités politiques sont nombreuses . Mais elles ne s’intéressent qu’aux intérêts particuliers et souvent opposés qu’elles sont officiellement chargées de défendre.

Aucune n’est chargée de définir un quelconque intérêt collectif qui serait celui de l’humanité dans son ensemble. Les personnalités ou groupuscules qui à titre individuel essaieraient de rappeler cet intérêt collectif ne seraient pas entendues et seraient éventuellement poursuivies pour trahison. Plus un conflit nucléaire s’étendrait, plus elles seraient désavouées.

A une échelle bien plus modeste, ce même phénomène avait joué avant et pendant la 1ère guerre mondiale. Il en était résulté des millions de morts inutiles.

Nous faisons ce rappel aujourd’hui alors que se pose en France la question du partage avec d’autres pays européens du contrôle de l’arme nucléaire française. Plus ce pouvoir sera partagé, plus les risques d’un mauvais usage augmenteront.

01/05/2022 Evaluation de la masse des neutrinos

La valeur de la masse des neutrinos est l’une des grandes énigmes de la physique. Après les photons, les neutrinos sont les particules les plus abondantes de l’Univers, mais comme ils interagissent très peu avec la matière, ils sont extrêmement difficiles à observer. Leurs masses étaient jusqu’ici inconnues

Ces particules existent en trois « modèles » qui ont la propriété de pouvoir s’interchanger au long de leur déplacement.

Vestiges du big bang et produits au cœur des étoiles, les neutrinos sont aussi émis dans certaines désintégrations radioactives, comme celle du tritium, un isotope instable de l’hydrogène. C’est grâce à ces désintégrations que l’expérience KATRIN, située à l’Institut de technologie de Karlsruhe, a tenté de déterminer la masse des neutrinos. Celle-ci s’est révélée être plusieurs millions de fois plus faible que la masse des électrons.

Le principe de l’expérience KATRIN

Il s’agit de scruter la désintégration d’un atome radioactif de tritium, qui donne lieu à l’émission d’un électron et d’un antineutrino (dont la masse est identique à celle d’un neutrino). On mesure l’énergie des électrons éjectés lors de la réaction, pour en déduire celle des neutrinos (masse et énergie sont liées, par l’équation E=mc2).

Sans en donner la valeur absolue, les scientifiques de KATRIN viennent toutefois d’annoncer un résultat important : la masse des neutrinos ne dépasse pas 0,8 eV (électronvolts, soit 1,4x 10-36 kg), selon l’article référencé ci-dessous et publié dans la revue Nature Physics

La précédente limite calculée par l’équipe en 2019, après la mise en service du dispositif, était de 1,1 eV.

L’expérience KATRIN est extrêmement sensible et performante. Le dispositif expérimental de 70 m de long abrite la source de tritium la plus intense au monde et un spectromètre géant permettant de mesurer l’énergie des électrons de désintégration avec une précision inédite.

https://www.researchgate.net/figure/Working-principle-of-the-KATRIN-experiment-as-explained-in-the-main-text-The-view-into_fig1_351685364#

Référence

https://www.nature.com/articles/s41567-021-01463-1

Electron-beam energy reconstruction for neutrino oscillation measurements

 24 November 2021

Abstract

Neutrinos exist in one of three types or ‘flavours’—electron, muon and tau neutrinos—and oscillate from one flavour to another when propagating through space. This phenomena is one of the few that cannot be described using the standard model of particle physics (reviewed in ref. 1), and so its experimental study can provide new insight into the nature of our Universe (reviewed in ref. 2). Neutrinos oscillate as a function of their propagation distance (L) divided by their energy (E). Therefore, experiments extract oscillation parameters by measuring their energy distribution at different locations. As accelerator-based oscillation experiments cannot directly measure E, the interpretation of these experiments relies heavily on phenomenological models of neutrino–nucleus interactions to infer E. Here we exploit the similarity of electron–nucleus and neutrino–nucleus interactions, and use electron scattering data with known beam energies to test energy reconstruction methods and interaction models. We find that even in simple interactions where no pions are detected, only a small fraction of events reconstruct to the correct incident energy. More importantly, widely used interaction models reproduce the reconstructed energy distribution only qualitatively and the quality of the reproduction varies strongly with beam energy. This shows both the need and the pathway to improve current models to meet the requirements of next-generation, high-precision experiments such as Hyper-Kamiokande (Japan)3 and DUNE (USA)4.

30/04/2024 Possible rapprochement de la mécanique quantique et de la relativité générale d’Einstein

Ces deux représentations de l’univers paraissent incompatibles. Cependant, chacune dans son domaine ont été vérifiées un grand nombre de fois, notamment dans la cadre d’applications pratiques indiscutables. L’ambition des physiciens théoriciens est de trouver une formulation qui en soit la synthèse et qui soit vérifiée expérimentalement. Selon l’article cité ci-dessous, il semble aujourd’hui que cet objectif soit à portée.

Rappelons que la relativité générale et la mécanique quantique semblent être en désaccord sur plusieurs points fondamentaux. Par exemple, la mécanique quantique prédit l’existence d’états superposés, tandis que la relativité générale décrit un univers où les objets ont des positions et des vitesses bien définies. De plus, la mécanique quantique utilise un cadre probabiliste pour décrire le comportement des particules, tandis que la relativité s’appuie sur des équations déterministes pour décrire la dynamique de l’espace-temps.

Le paradoxe du chat de Schrödinger illustre cette incompatibilité. Dans ce scénario, un chat se trouve dans une boîte avec un dispositif qui peut déclencher la libération d’un poison, tuant ainsi le chat. Selon la mécanique quantique, tant que la boîte est fermée, le chat est dans un état de superposition, à la fois vivant et mort. Ce n’est que lorsque la boîte est ouverte et que le chat est observé que son état est déterminé. Cependant, cela contredit l’intuition classique selon laquelle le chat ne peut être ni vivant ni mort, mais qu’il doive être dans un seul état bien défini, soit vivant soit mort, qu’il soit observé ou qu’il ne le soit pas.

Pour tenter de concilier ces deux perspectives apparemment contradictoires, des physiciens ont proposé une modification de l’équation de Schrödinger, qui est le fondement de la mécanique quantique. Cette modification suggère que les systèmes quantiques s’effondrent spontanément à intervalles réguliers, acquérant ainsi des valeurs définies pour leurs parties observables.

En d’autres termes, au lieu de rester dans un état superposé indéfiniment, les particules quantiques finissent par « choisir » un état spécifique de manière aléatoire et spontanée.

Rappelons que la mécanique quantique décrit le monde des particules subatomiques qui peuvent être dans plusieurs états à la fois. Par ailleurs la relativité générale d’Einstein donne une image de l’univers à grande échelle, où les objets suivent des trajectoires déterministes bien définies, comme le font des planètes en orbite autour d’une étoile.

Ces deux visions du monde semblent donc se contredire. La mécanique quantique ssuppose que les choses peuvent être floues et incertaines, tandis que la relativité générale affirme que tout est précis et défini.

Dans le cadre de leur nouvelle approche, les physiciens ont proposé de voir les choses, non pas comme étant soit floues soit précises selon l’échelle à laquelle on les observe, mais qu’elles sont les deux en même temps, mais à des échelles différentes ? C’est là que la modification de l’équation de Schrödinger entre en jeu.

Les auteurs de cette modification suggèrent que les systèmes quantiques, comme les particules subatomiques, peuvent s’effondrer spontanément à intervalles réguliers, choisissant ainsi un état spécifique parmi une multitude de possibilités. Cela leur donne une impulsion vers un état déterminé et les rend plus cohérents avec la vision classique du monde à grande échelle régi par la relativité générale.

En d’autres termes, cette modification de l’équation de Schrödinger permet aux particules quantiques de passer d’un état flou et incertain à un état précis et défini au fil du temps, sans avoir besoin d’une observation externe pour le provoquer. Cela expliquerait pourquoi nous ne voyons pas d’objets macroscopiques, comme des chats,dans des états superposés mais dans des états définis et observables.

On reprochera à cette approche de modifier la réalité observée pour la rendre cohérente avec les représentations que nous en avons, alors qu’une approche scientifique devrait prende un chemin différent, c’est-à-dire modifier les représentations que nous nous faisons de la réalité afin de les rendre cohérentes avec la réalité que nous observons.

Pourquoi les particules quantiques s’effondreraient-elles spontanément à intervalles régulier?. Pourquoi n’a-t-on pas observé cet effondrement depuis longtemps?

Les détails de l’étude, dont on trouvera ci-dessous l’abstract sont publiés dans le   Journal of High Energy Physics  

Article

    Spontaneous collapse models lead to the emergence of classicality of the Universe
    https://link.springer.com/article/10.1007/JHEP02(2024)193
    • Abstract
    • Assuming that Quantum Mechanics is universal and that it can be applied over all scales, then the Universe is allowed to be in a quantum superposition of states, where each of them can correspond to a different space-time geometry. How can one then describe the emergence of the classical, well-defined geometry that we observe? Considering that the decoherence-driven quantum-to-classical transition relies on external physical entities, this process cannot account for the emergence of the classical behaviour of the Universe. Here, we show how models of spontaneous collapse of the wavefunction can offer a viable mechanism for explaining such an emergence. We apply it to a simple General Relativity dynamical model for gravity and a perfect fluid. We show that, by starting from a general quantum superposition of different geometries, the collapse dynamics leads to a single geometry, thus providing a possible mechanism for the quantum-to-classical transition of the Universe. Similarly, when applying our dynamics to the physically-equivalent Parametrised Unimodular gravity model, we obtain a collapse on the basis of the cosmological constant, where eventually one precise value is selected, thus providing also a viable explanation for the cosmological constant problem. Our formalism can be easily applied to other quantum cosmological models where we can choose a well-defined clock variable.

    29/04/2024 A propos d’un article de Paul Craig Roberts

    Traduction allégée

    J’apprécie Vladimir Poutine, mais cela ne m’empêche pas de souligner ses fautes de jugements. Aujourd’hui il nous conduit sans le vouloir vers la 3e guerre mondiale.

    Sa récente opération militaire spéciale visant à neutraliser les milices militaires d’extrême-droite ayant pris le pouvoir dans le Donbas et soutenues par l’armée ukrainienne était une erreur stratégique. Elle prenait la suite de plusieurs autres erreurs stratégiques.

    Les deux républiques indépendantes de Donetsk et Luhansk qui s’étaient mises en place dans le Donbass visaient à répondre au véritable coup d’état américain ayant renversé le gouvernement ukrainien légitime présidé par Viktor Fedorovych Yanukovych. Elles votèrent démocratiquement pour être réincorporées à la Russie comme l’avait été la Crimée, mais Poutine le refusa. Il n’avait accepté la réintégration de le Crimée que pour ne pas perdre sa base navale dans la Mer Noire.

    S’il l’avait accepté, jamais Washington ou l’Otan n’auraient osé attaqué un « territoire russe ». Mais il se borna à protéger la population russophone par le Protocole de Minsk qui ne fut jamais appliqué. Il montra ainsi qu’il n’était pas un chef militaire mais tout juste un diplomate.

    Durant les années 2014-2022 l’on put constater les efforts extraordinaires de Poutine et de son ministre des affaires étrangères Lavrov, pour négocier un accord permettant de faire de la Russie sinon un membre de l’Otan, du moins une alliée de l’Otan . Mais la chancelière allemande et le président français s’y refusèrent toujours.

    L’accord de Minsk ne servit qu’à donner à l’Ukraine le temps de renforcer ses forces militaires grâce à des milliards de dollars de matériels fournis par les USA

    La naïveté de Poutine dans ces circonstances fut extraordinaire. Elle se traduisit par le fait qu’il n’entreprit que tardivement de renforcer l’armée russe et dut accepter de faite appel aux mercenaires du groupe Wagner.

    Poutine s’était entouré de généraux incapables et jaloux qui ne songeaient pas à faire la guerre mais à renforcer leur pouvoir politique.

    L’ opération militaire spéciale » été l’une des pires erreurs stratégiques de Poutine. Elle lui a pas permis de voir qu’il était en guerre contre l’Ouest et que dans ce cas, la seule chose à faire était de la gagner le plus vite possible sans laisser à l’Ouest le temps de s’engager et d’escalade en escalade le temps de la gagner.

    C’est ce qui est précisément en train de se faire, en mobilisant progressivement pour ce faire toutes les forces de l’Otan.

    Dans le même temps en Russie des élites pro-occidentales dites atlanticistes-intégrationnistes manifestent de plus en plus leur volonté de s’intégrer à l’Occident. Mais il ne faudra pas beaucoup de temps pour qu’ils comprennent leur erreur. Poutine lui-même avait longtemps prêché pour le « globalisme », de même que la présidente de la Banque Centrale de Russie.

    Mais ces efforts pour récupérer une partie de la force ancienne sont interprétés à l’ouest comme une tentative de la Russie pour reconstruire son empire.

    Suite
    Article original non traduit et non commenté

    From the standpoint of the Atlanticist-Integrationists, the point is to avoid justifying Western suspicions of Russia caused by Putin defending Russian interests. The West would interpret decisive Russian actions in defense of Russia as “Russia rebuilding its empire.” Consequently, the Russian liberals and the youth cultivated by foreign NGO money operating in Russia unregulated imposed constraints on Putin’s ability to defend his country, even if he understood the problem, which is not clear.

    So that you understand, the long-range missiles, which President Biden denied would ever be given to Ukraine, have been given. They are not battlefield weapons. Their use is to further embarrass Putin with inability to protect Russian civilians and infrastructure from Ukrainian attacks inside mother Russia. Clearly, Washington is doing everything it can to embarrass Putin with Russians, and Putin is playing into Washington’s hands.

    Putin’s limited military operation is a total failure. Yes, Russia dominates the battle front. But by restraining the use of force Putin has created the impression that he is irresolute and an inconsequential military opponent. Even the president of France, hardly a military power, is unafraid of Russia under Putin and is willing to send French troops to fight for Ukraine against Russia.

    Initially the French president was ridiculed for suggesting NATO troops be sent to Ukraine. Now others are warming to the idea. 


    The American president declared never would long range missiles be delivered to Ukraine, and now they have been.

    As I warned, Putin’s failure to put down a heavy foot has encouraged provocation after worsening provocation, and these provocations invited by Putin’s non-response are leading to a provocation that Putin will not be able to ignore, and then the world blows up.

    When will Putin understand that all he has gained from his limited military operation is a wider war, two new NATO members–Finland and Sweden–that greatly expand (more that Ukraine) Russia’s borders with NATO, and deliveries to the anti-Russian government in Ukraine of weapons unintended for the battlefield but for long distance strikes into Russia, which will make Russia look weak and Putin a failure as a war leader who is unable to protect his country?

    The US Secretary of State, Blinken, was recently in China doing his best to unwind the Russian-Chinese relationship. Putin’s inability to deal with such a minor military adversary as Ukraine must make China wonder. Clearly Putin’s failure to win a war, now in its third year which he should have won in 3 weeks, provided Blinken with the opportunity to pressure China. Blinken saw the opportunity and used it. Blinken gained the support of a Chinese “Russian expert” and the ear of the Chinese government.

    China itself is an ineffectual defender of its interest. Chinese thinking teaches the long run perspective. China simply waits out its opponents, but the West is immediate, which is something China doesn’t understand.

    There is still no Russian-Chinese-Iranian Mutual Defense Treaty that would put a halt to Western provocations and war-making. No doubt the Russians and Chinese don’t want to be provocative. This indicates that they are incapable of realizing that they are at war.

    To sum up: Putin thinks Russia has won the conflict because, despite $200 billion in US aid, Russia dominates the battlefield. Ukrainian casualties are 10 or more times Russian casualties, and the Western weapons are vastly inferior to the Russian ones. Putin thinks it is only a matter of time before the West comes to its senses and realizes it has lost and agrees to Russia’s conditions for ending the conflict. Why does Putin think that the West has any sense to come to? Putin is deceiving himself.

    Putin should read Mike Whitney’s latest. Whitney has an independent uncompromised mind concerned only with the truth. Whiteny says, backed with the evidence, that the US, understanding that it has lost the battlefront war, nevertheless still intends to win the real war and has moved to Plan B.

    Plan B is to prolong the conflict with aid not for the lost battlefield but for long distant strikes into Russia against civilian centers and essential social and economic infrastructure. The success of these strikes will show Putin to be a failure, a leader unable to protect mother Russia from a non-existant military power–Ukraine.

    Will the pro-Western Russian intellectuals seize on “Putin’s failure to protect Russia” by pushing for a peace accord that results in Ukraine’s admission to NATO?

    In other words, Putin’s timidy, restraint, and miscalculations have defeated him.


    Here is Whitney’s analysis of the US Plan B https://www.unz.com/mwhitney/washington-moves-on-to-plan-b/

    Putin has been seriously damaged by the incomprehensible failure of Russian intelligence. Where, for example, was Putin when the US/Israeli trained and armed Georgian Army attacked the Russian protectorate of South Ossetia killing Russian troops serving as peace keepers? Putin was at the Chinese olympics unaware that he was faced with a dangerous crisis. Putin was recalled from his fun and games and had to use an unprepared Russian Army to repel the American/Israeli trained Georgian army. Then when he again had Georgia in Russian hands, he left, apparently leaving in exchange for a less hostile government toward Russia. Now there are reports, true or false, of another Georgian color revolution against the Georgian government that is not sufficiently hostile to Russia.

    Do we have here a second war front opening against Russia in addition to Ukraine? And what about the reports that NATO is focusing on Belarus where Russian nuclear weapons are stationed if not deployed? Will a third war front open? 

    https://www.globalresearch.ca/nato-terrorists-launch-attack-belarus/5855863

    Russian intelligence also failed Putin when the Washington orchestrated Maiden Revolution occurred. Putin had no warning of what was happening on his doorstep. He was away, again, enjoying the Sochi olympics while Washington took possession of Ukraine, a part of Russia for centuries.

    What explains these massive total failures of Russian intelligence? Are the Russian intelligence services so pro-Western that they are incapable of seeing reality? Or are the intelligence agencies operating under a protocol in which only a happy agreement can be the result of the US orchestrated conflict between Russia and the West?

    If Putin continues to deny reality, he risks losing his alliance with China. This will end dollar replacement in the settlement of international balances and leave the entirety of the dissenting world at the mercy of US financial sanctions. Can even this report from RT bring Putin to confront reality?

    “Specifically, an article in The Economist by Feng Yujun, a professor at Peking University, has caused a stir. This methodical, official expert on Russia and the Ukraine conflict speaks very much in the spirit of Western political thought: he criticizes Moscow, predicts its defeat, praises Kiev for its ‘strength and unity of its resistance,’ and even suggests that if Russia doesn’t change its power structure, it will continue to threaten international security by provoking wars.

    “Knowing how Chinese society is organized, it’s hard to imagine that the professor who penned this article was acting at his own risk without the support of responsible comrades in Beijing. The recent refusal of four major Chinese banks to accept payments from Russia, even in yuan, can also be seen as an alarming signal to Moscow. In other words, it may turn out that the Russian-Chinese alliance, so strong in words, is far from being effective and trouble-free in practice. And Blinken would certainly have tried to consolidate this trend.

     https://www.rt.com/news/596632-blinken-in-beijing-russia/

    Clearly, Putin has no economic and political advisers with sufficient intelligence and awareness to tell him the dangerous situation he has created for himself and for Russia.

    And for the world, as the consequence will be nuclear war.

    28/04/2024 Mieux connaitre Götz Kubitschek 

    L’Allemagne d’aujourd’hui est généralement considérée en France comme définitivement protégée d’une résurgence du nazisme tel que celui qui avait soutenu Adolf Hitler jusqu’à sa mort.

    On y trouve certes un nombre important de mouvements et partis d’extrême-droite, plus nombreux sans doute qu’en France, mais il y manque, croit-on, un chef fédérateur et charismatique susceptible de représenter une alternative sérieuse au centre-droit et à la droite allemande.

    Mais peut-être est-ce juger trop vite? Le parcours politique et les ambitions d’un certain Götz Kubitschek, encore pratiquement ignoré en France, devraient donner à réfléchir.

    Il s’agit d’un activiste d’extrême droite, journaliste et éditeur. Né en 1970, il a toujours affiché des positions dites ethnocentristes (pour ne pas dire racistes) et est des plus importants protagonistes de la  Neue Rechte (nouvelle droite ) allemande.

    Il fait partie du comité de rédaction du journal d’extrême-droite  Junge Freiheit. Il a été un des fondateur d’un think-tank  Institut für Staatspolitik  qui approfondi les idées de cette mouvance.

    Depuis 2002, il est le directeur de la maison d’édition d’extrême-droite  Antaios, et depuis 2003 le rédacteur en chef du journal  Sezession et du blog Sezession im Netz.

    Il a participé au lancement de plusieurs campagne politiques reprenant ces idées, telles que Konservativ-Subversive Aktion (KSA) et  Ein Prozent für unser Land.   Enfin il est un des inspirateur du mouvement anti-islamique  PEGIDA Patriotische Europäer gegen die Islamisierung des Abendlandes

    Il bénéficie de nombreux soutiens qui souhaiteraient semble-t-il se regrouper sous son égide. Loin de les décourager, manifestement il les encourage.

    Jusqu’ici pratiquement inconnu en France, il est très populaire aux Etats-Unis parmi les mouvements germanophiles.

    28/04/2024 Un descendant des Australopithèques

    En avril 2019, des paléoanthropologues annoncèrent avois découvert une nouvelle espèce d’hominiens dans la grotte de Callao, située dans l’ile de Luzon, la plus grande des iles de l’archipel des Philippines.

    Il s’agissait de quelques petits ossements fossiles identifiés en 2007 par une équipe dans laquelle se trouvait le français Florent Détroit du Musée National d’Histoire Naturelle. Il s’agissait essentiellement d’un ossement de pied. Douze ans après furent découvert par la même équipe et sur le même site douze nouveaux fossiles dont sept dents, deux doigts de la main et un fragment de fémur. Des études de datation suggérèrent que ces os étaient anciens de 50.000 ans.

    Dans les Philippines le climat est suffisamment chaud et humide pour que l’ADN se conserve mal. Cependant les chercheurs déclarèrent rapidement que ces os n’appartenaient à aucune espèce d’hominiens connue. Des hominiens avaient vécu dans l’ile de Luzon dès 700.000 ans, nommés Homo luzonensis. Mais les os trouvés ne pouvaient être rattachés à cet espèce.

    Mais de quelle espèce s’agissait-il ? Certains firent l’hypothèse qu’il pouvait s’agir de Homo erectus, un des prédécesseurs de l’Homo sapiens dont des représentants après avoir quitté l’Afrique avaient survécu dans les Philippines jusqu’à 108.000 ans bp.

    Une autre possibilité est qu’il s’agisse d’hommes dits Dénisovans, dont des restes ont été trouvés en Asie dans les montagnes de l’Altaï et qui avaient parcouru les îles du sud-est asiatique.

    Aujourd’hui l’hypothèse la plus discutée mais la plus excitante est qu’il s’agisse d’un descendant des Australopithèques, Australopithecus Africanus

    Ces très lointains prédécesseurs de l’homme, plus proches du singe que de celui-ci, auraient pu en effet sortir d’Afrique occasionnellement

    Pour en savoir plus, voir Welcome to the Team Michael Marshall New Scientist 24 april 2024, p 24

    25/04/2024 L ‘Université française de la Sorbonne a lancé le Programme dit IPI Initiative Physique des Infinis

    Derrière ce nom quelque peu incompréhensible se cachent deux programmes de recherche destinés à rassembler chercheurs, enseignants et étudiants travaillant dans le cadre de la Cité de l’innovation de l’Université de la Sorbonne.

    Il s’agit de la Physique des Plasmas et de la Physique de l’Univers. Les thèmes intéressés sont la Physique des hautes énergies, la cosmologie, la physique des particules , la fusion nucléaire, les plasmas naturels, les plasmas dits out of equilibrium et de nombreux autres. L’ambition de l’IPI est d’alimenter ces thèmes par des projets de recherche correspondants ou des projets transversaux.

    Au cœur de l’IPI se trouvent les neuf laboratoires de physique de renommée internationale ci-dessous

    LPNHE (website) LPP (website) IAP (website) LPTHE (website) LULI (website) LPENS (website) LESIA (website) LERMA (website) INSP (website)

    Référence

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    26/04/2024 Faut-il considérer l’univers entier comme un objet quantique unique ?

    Selon le physicien Heinrich Päs, auteur de The One, que nous commenterons ultérieurement, le monisme a de tous temps inspiré la pensée humaine. On appelle monisme le Système de pensée qui maintient l’unité de l’objet auquel la pensée s’applique, par opposition au dualisme.. Plus généralement, le monisme est une doctrine selon laquelle le monde n’est constitué que par une seule substance, qu’on la nomme matière, comme les matérialistes, ou esprit, comme les spiritualistes.

    Très répandu, sous diverses formes, durant l’Antiquité, le monisme n’a pas résisté à la contre-réforme du fondamentalisme. A cette époque, les religions et les croyances redevinrent dualistes et de ce fait plus oppressives. C’est ainsi que Giordano Bruno fut exécuté par le feu à Rome en 1600 en ayant affirmé que toutes les choses n’étaient qu’une chose laquelle contient en elle-même toutes choses.

    Meme dans la plus libérale Amsterdam , le philosophe Baruch Spinoza fut banni de sa comunauté juive sépharade pour avoir identifié Dieu et la Nature comme une substance unique, nécessaire et éternelle. Enfin, au début du 18e siècle l’étudiant Thomas Aikenhead fut pendu pour blasphème à 20 ans pour avoir affirmé que Dieu, le Monde et la Nature étaient une seule et uique chose.

    Les esprits évoluèrent enfin au 19e siècle quand en Allemagne, Goethe, le philosophe Friedrich Schelling et les Romantiques diffusèrent la pensée de Spinoza auprès des scientifiques qui étudiaient des phénomènes tels que la chaleur, la vapeur, l’électricité et les origines de la vie

    Parmi eux furent Johann Wilhelm Ritter, qui découvrit les rayons ultra-violets et les batteries rechargeables, Hans Christian Ørsted qui découvrit le principe de l’électromagnétisme, Michael Faraday, Alexander von Humboldt, Charles Darwin, Ernst Haeckel et bien d’autres.

    Ils s’inspirèrent de Spinoza en présentant l’univers comme une substance unique qui est la fois Dieu et la Nature. Par contre les Romantiques qui affirmèrent la priorité des sujets créateurs sur les faits objectifs favorisèrent le développement de pseudo—sciences associant le monisme et l’ésotérisme.

    Aujourd’hui, les philosophes du monisme peinent encore à expliquer pourquoi, si « tout est un » nous ressentons le monde comme une pluralité de choses. Pourquoi le « natura creans » de Eriugenia ou le « natura naturans » n’est pas la « natura creata » que nous rencontrons tous les jours. Dans l’ancienne Egypte ou l’Inde l’unité de la nature fut envisagée comme caractérisant la divinité , mais les mécanismes concrets permettant à la Nature d’être Une n’apparurent pas.

    Avec la mécanique quantique, les regards changèrent. Dans l’énergie nucléaire, les calculateurs, les cellules solaires et les scanners par Résonance magnétique (MRI), la mécanique quantique intervient avec un processus qui peut justifier la philosophie moniste et résoudre son principal problème. Il s’agit de l’intrication.

    Dans celle-ci les composants sont si étroitement associés qu’il n’est plus possible de les distinguer. C’est le cas des neutrons et des protons dans le noyau d’un atome.

    Par ailleurs, les objets quantiques sont décrits comme des vagues. Or les vagues individuelles peuvent être superposées pour produire des vagues identiques plus importantes ou au contraire pour s’annihiler, la crête de l’une comblant le creux de l’autre. Les parties sont complètement immergées dans la totalité.

    Il faudrait faire de même dans l’observation du cosmos. Ce faisant on constaterait que tout ce qui y existe, y compris des parties aussi fondamentales que l’espace et le temps,se révèlent être comme des fragments d’un tout unifié.

    Cette proposition apparaitra comme de la philosophie ou du mysticisme. Mais elle le résultat direct du fait d’appliquer la mécanique quantique au cosmos tout entier.

    Ce faisant l’on constate que l’univers n’est pas composé de parties séparées. Il constitue un objet quantique unique.

    Une telle approche devra être testée au plan expérimental. Mais si elle se révèle correcte, elle devrait aider à résoudre les problèmes les plus mystérieux de la physique, en élevant la façon dont nous les envisageons actuellement.

    Note

    Cet article est une traduction allégée de celui qui vient de paraître dans le Newscientist

    https://www.newscientist.com/article/mg25834460-800-rethinking-reality-is-the-entire-universe-a-single-quantum-object

    25/04/2024 Abondantes communautés  microbiennes découvertes dans le désert d’Atacama

    Ce désert situé dans le nord du Chili s’étend sur une superficie de 105 000 km2 Il est considéré comme le désert chaud le plus sec de la terre. Il offre de ce fait un site d’étude précieux pour explorer la vie dans des conditions d’aridité extrême. Des bactéries y ont déjà été identifiées jusqu’à une profondeur de 80 centimètres dans le désert d’Atacama. Récemment, des chercheurs ont voulu étendre l’étude des communautés microbiennes dans le sous-sol plus profond du noyau hyperaride de ce désert. De manière surprenante, ils ont alors identifié toute une biosphère située à plus de quatre mètres de profondeur,

    Totalement isolée de la surface, cette biosphère serait ainsi dominée par des Actinobactéries. Il s’agit d’un groupe diversifié de bactéries que l’on retrouve dans divers environnements extrêmes à travers le monde. Des échantillons de sol prélevés ont également révélé la présence de bactéries appartenant au phylum Firmicutes qui sont capables de résister à des concentrations élevées de sel et de survivre sans oxygène.

    Ces recherches présenteront un grand intéret quand il s’agira de rechercher la présence de la vie sur la planète Mars. Il n’est pas exclu par ailleurs que des bactéries ultra-résistantes de cette nature aient été apportées sur Terre par des météorites venant de l’espace, ce qui expliquerait l’apparition de la vie sur notre planète, dès que celle-ci s’est révélée habitable en se refroidissant.

    Sans attendre, il sera intéressant de rechercher si de telles colonies bactériennes ne seraient pas présentes sur la Lune et sur Mars, à une certaine profondeur sous la surface.

    Référence
    Persistent microbial communities in hyperarid subsurface habitats of the Atacama Desert: Insights from intracellular DNA analysis 

    Lucas Horstmann, Daniel Lipus, Alexander Bartholomäus, Felix Arens, Alessandro Airo, Lars Ganzert, Pedro Zamorano, Dirk Schulze-Makuch, Dirk Wagner 

    PNAS Nexus, Volume 3, Issue 4, April 2024, page123, https://doi.org/10.1093/pnasnexus/pgae123

    Published: 23 April 2024

    Abstract

    Desert environments constitute one of the largest and yet most fragile ecosystems on Earth. Under the absence of regular precipitation, microorganisms are the main ecological component mediating nutrient fluxes by using soil components, like minerals and salts, and atmospheric gases as a source for energy and water. While most of the previous studies on microbial ecology of desert environments have focused on surface environments, little is known about microbial life in deeper sediment layers. Our study is extending the limited knowledge about microbial communities within the deeper subsurface of the hyperarid core of the Atacama Desert. By employing intracellular DNA extraction and subsequent 16S rRNA sequencing of samples collected from a soil pit in the Yungay region of the Atacama Desert, we unveiled a potentially viable microbial subsurface community residing at depths down to 4.20 m. In the upper 80 cm of the playa sediments, microbial communities were dominated by Firmicutes taxa showing a depth-related decrease in biomass correlating with increasing amounts of soluble salts. High salt concentrations are possibly causing microbial colonization to cease in the lower part of the playa sediments between 80 and 200 cm depth. In the underlying alluvial fan deposits, microbial communities reemerge, possibly due to gypsum providing an alternative water source. The discovery of this deeper subsurface community is reshaping our understanding of desert soils, emphasizing the need to consider subsurface environments in future explorations of arid ecosystems.