09/06/2022 Ukraine. Les principaux chars utilisables par les belligérants

Eventuellement

08/06/2022. Les drones russes

La Russie fait largement appel aux drones lors de ses « opérations militaires spéciales » en Ukraine. Elle dispose à cette fin de deux types de drones, le KUB et le Lancet. Selon des informations données par l’Agence Tass à la date du 8 juin 2022, ces deux drones sont rapides, silencieux, d’une autonomie de plusieurs dizaines de kilomètres et très précis dans la recherche et l’attaque des objectifs. Les KUB sont fabriqués par l’entreprise publique d’armement Zala Aero filiale de Rostec au sein du Groupe Kalashnikov .

Ils servent principalement à toucher des cibles au sol, véhicules ou immeubles. Ils utilisent des systèmes de visées optico-électroniques qui peuvent, indépendamment du pilotage du drone, identifier et détruire une cible

Le KUB comporte une ogive de 3 kg. Il a une autonomie de vol de 30 minutes et peut accélérer jusqu’à 130 km/h. Il équipera vers 2022 l’ensemble des forces armées russes.

Le Lancet est plus sophistiqué. Il comporte plusieurs systèmes optoélectroniques coordonnées. Il comporte un canal de télévision transmettant des images de la cible et pouvant confirmer sa destruction. Il peut attaquer des cibles distantes de 40 km et emporter une charge utile au décollage de 12 kg

Source

https://tass.com/defense/1462311

Voir Un drone suicide américain

https://air-cosmos.com/article/northrop-grumman-devoile-son-nouveau-drone-suicide-le-jackal-38711/////////888

08/05/2022 La France rejoint le programme de la Nasa sur l’exploration de la Lune

La France a rejoint mardi 7 juin le programme de future exploration de la Lune impulsé par les États-Unis, en signant les «accords Artemis» qui envisagent notamment de créer des «zones de sécurité» pour protéger les ressources extraterrestres.

La France devient ainsi le 20e pays (après notamment le Canada, le Japon, le Royaume-Uni, l’Ukraine, Israël, les Émirats arabes unis, le Brésil…) à s’associer à cette nouvelle vague d’exploration spatiale pacifique, précise le Centre national d’études spatiales (CNES), l’agence spatiale française. Son PDG Philippe Baptiste a signé à Washington, en présence de l’administrateur de la Nasa Bill Nelson, le texte de la déclaration dite «accords Artemis».

Le programme américain du même nom vise à renvoyer des astronautes sur la Lune autour de 2025, plus de 50 ans après l’alunissage historique de la mission Apollo 11, pour y établir à terme une présence humaine durable. Il prévoit également la construction d’une station qui sera assemblée en orbite lunaire à partir de 2024, le Lunar Gateway, futur tremplin pour des vols habités plus lointains.

Les accords Artemis constituent un ensemble d’ententes bilatérales avec les États-Unis, qui s’appuient sur le traité international régissant l’espace extra-atmosphérique de 1967. «À la fois pour notre communauté scientifique et notre industrie, ce nouveau cadre permettra de faire face à de nouveaux défis et de continuer à compter parmi les grandes puissances spatiales», s’est félicité Philippe Baptiste, cité dans un communiqué.

Les pays signataires adhèrent à une dizaine de principes s’appliquant à leurs futures activités sur la Lune, mais aussi sur Mars ou des astéroïdes: transparence des missions, interopérabilité des systèmes, assistance au personnel en cas de détresse, partage des données scientifiques, préservation des sites historiques… Une mesure plus controversée prévoit la possibilité de délimiter des «zones de sécurité» pour éviter des «interférences nuisibles» par un tiers, afin notamment de protéger l’exploitation de ressources, comme l’eau lunaire. Et ce alors que le traité de 1967 interdit toute «appropriation nationale» de ces ressources.

Les accords Artemis constituent un ensemble d’ententes bilatérales avec les États-Unis, qui s’appuient sur le traité international régissant l’espace extra-atmosphérique de 1967. «À la fois pour notre communauté scientifique et notre industrie, ce nouveau cadre permettra de faire face à de nouveaux défis et de continuer à compter parmi les grandes puissances spatiales», s’est félicité Philippe Baptiste, cité dans un communiqué.

Les pays signataires adhèrent à une dizaine de principes s’appliquant à leurs futures activités sur la Lune, mais aussi sur Mars ou des astéroïdes: transparence des missions, interopérabilité des systèmes, assistance au personnel en cas de détresse, partage des données scientifiques, préservation des sites historiques… Une mesure plus controversée prévoit la possibilité de délimiter des «zones de sécurité» pour éviter des «interférences nuisibles» par un tiers, afin notamment de protéger l’exploitation de ressources, comme l’eau lunaire. Et ce alors que le traité de 1967 interdit toute «appropriation nationale» de ces ressources.

«D’après notre analyse, les accords Artémis ne sont pas en contradiction avec le traité de 1967», a dit à l’AFP Pascale Ultré-Guérard, directrice adjointe des programmes à la direction de la stratégie au CNES. Le texte permet de «cimenter» l’engagement de la France dans l’exploration lunaire, a-t-elle ajouté. À titre d’exemple, le module Esprit de communication et de ravitaillement de la Lunar Gateway doit être conçu en France par Thales Alenia Space.

Le texte, dévoilé par les États-Unis en 2020, n’a été signé ni par la Chine ni par la Russie, qui projettent de construire ensemble leur propre station lunaire.

08/06/2022 Fiche de lecture. Le peuple des humains par Lluis Quintana Murci

Odile Jacob 6 octobre 2021

Lluis Quintana-Murci est biologiste et généticien Professeur au collège de France, il dirige l’unité de génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur.

Présentation par l ‘éditeur

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? C’est à ces questions universelles que répond ce livre.
Lluís Quintana-Murci, biologiste franco-espagnol de renommée mondiale, nous convie à un grand voyage dans le temps et dans l’espace à la recherche de nos origines et de notre destinée.
Il se fonde sur les outils puissants qu’offrent les sciences les plus récentes pour déchiffrer nos génomes et explorer leur diversité à travers les populations humaines, non seulement celles d’aujourd’hui, mais aussi, grâce aux vestiges fossiles, celles d’hier.
Il retrace l’extraordinaire histoire du peuplement humain à travers le monde : de la sortie d’Afrique il y a plus de 60 000 ans au peuplement de la Polynésie il y a juste quelques millénaires.
Il établit l’existence d’espèces humaines éteintes, révèle comment les populations humaines se sont constamment métissées entre elles, mais aussi avec des humains archaïques, comme l’homme de Neandertal. Nous sommes tous des métis.
Il montre que c’est ce métissage même, y compris celui avec les humains archaïques, qui a contribué à la survie des humains, notamment face aux pathogènes, et notamment aux virus ! Toutefois, l’héritage néandertalien qui est en nous peut parfois se révéler délétère… et même affaiblir notre immunité face au Covid-19 !

Présentation par l’auteur

Au cours des deux siècles passés, des chercheurs ont trouvé des os et des artefacts indiquant qu’il existait sur terre, voici plusieurs millions d’années, des populations qui nous ressemblaient étonnamment. Mais l’establishment scientifique a gommé, ignoré ou perdu de vue ces faits extraordinaires. Pourquoi ? Parce qu’ils sont en contradiction avec la thèse qui prévaut aujourd’hui sur les origines de l’humanité, selon laquelle les humains se sont développés au cours des cent mille ans écoulés à partir d’ancêtres à l’aspect simiesque..

Notre commentaire

Rappel

7 000 000 d’années : apparition des premiers ancêtres de la lignée des « hommes ». 3 500 000 ans : début de la bipédie prouvée par des traces de pas découvertes à Laetoli (Afrique, Tanzanie). 2 700 000 ans : Apparition de l’Homo habilis et premiers outils débités

La vision de l’évolution ayant mené des singes à l’homme s’est compliquée depuis au moins 20 ans et le vieux schéma d’une chaîne linéaire, menant des premiers primates à l’Homo sapiens, a laissé la place à un buisson touffu. En particulier, on ne pense plus que les Australopithecus afarensis, comme Lucy, étaient les ancêtres directs du genre Homo.

Abel, découvert au Tchad en 1995 à Koro Toro, avait déjà commencé à agiter le milieu de la paléoanthro ce sont les découvertes d’Orrorin et surtout de Toumaï qui ont fait le plus parler d’elles. En particulier, le grand public a fait connaissance avec Sahelanthropus tchadensis à l’occasion d’une émission de télévision, que l’on trouve aujourd’hui sous forme de DVDToumaï le nouvel ancêtre.

Toumaï était-il bien un hominidé ou s’agissait-il d’un singe, comme le laissait par exemple penser le volume de sa boîte crânienne ? Sur cette question, le débat fut âpre. Pourtant, dès 2002, ses découvreurs le présentaient bien dans un article de Nature comme le plus ancien ancêtre de l’humanité. Des études ultérieures, parues elles aussi dans Nature en 2005 et employant entre autre des techniques de reconstitutions du crâne en 3D, apportèrent une série d’arguments étayant fortement la thèse du caractère d’hominidé des Sahelanthropus tchadensis.

Le nouveau résultat obtenu par les chercheurs porte sur la datation des restes trouvés au Tchad. Une bonne estimation avait déjà été faite à partir des fossiles d’animaux qui vivaient à la même époque autour de Toumaï. Cetfaune le situait vers 6 à 7 millions d’années avant notre ère, et plutôt 7 que 6.

A nouveau, la datation absolue a été fournie par la radiochronologie et plus précisément l’emploi du béryllium 10. Le carbone 14 ne permettant pas de faire des datations au-delà de 50.000 ans, c’est lui qui a permis d’attribuer un âge de 6,9 à 7,2 millions d’années pour la couche de sédiments où les restes de Toumaï ont été découverts.

Malgré un faisceau de preuves convaincantes en faveur du caractère pré-humain de Toumaï, la preuve définitive ne sera apportée que lorsqu’on découvrira un squelette plus complet, avec surtout des membres.

07/06/2022. Quelle est la meilleure ennemie de l’Amérique, la Russie ou la Chine?

Jusqu’à présent, les Etats-Unis avaient tenu à distinguer entre la Russie et la Chine en tant qu’adversaires potentielles dans une prochaine guerre.

Or la déclaration du président Biden à Tokyo en mai 2022, selon laquelle les États-Unis répondraient militairement pour défendre Taïwan en cas d’invasion de la Chine, cache un changement dangereux. Elle soulève d’importantes questions sur la nouvelle approche stratégique de Washington en matière de relations avec la Chine et la Russie.

Depuis les années 1970, un dicton fondamental de la stratégie américaine était que Washington devait avoir de meilleures relations avec Pékin et Moscou que celles qu’elles avaient entre elles. Cette approche minimisait la probabilité qu’ils coordonnent leurs activités en temps de paix contre les États-Unis, et réduisait également les risques que les Etats-Unis soient confrontés à une guerre sur deux fronts contre deux puissances nucléaires.

Or, alors que la Chine s’est hissée au rang de rivale des États-Unis au cours de la dernière décennie et que Pékin et Moscou s’opposent de plus en plus directement à l’interventionnisme des États-Unis et à leur refus apparent de respecter leurs préoccupations fondamentales en matière de sécurité, Washington a mené des politiques qui ont, par inadvertance, encouragé un partenariat anti-américain entre la Russie et la Chine.

Plusieurs hypothèses semblent sous-tendre le changement stratégique de l’équipe Biden. La première est que les performances militaires médiocres de la Russie en Ukraine ouvrent la porte à une perspective stratégique américaine fondamentalement améliorée, dans laquelle la Russie est tellement neutralisée militairement et économiquement que Washington ne doit pas s’inquiéter de la perspective d’une coopération sino-russe.

Dans des discussions officieuses, des responsables américains suggèrent que la Russie ne sera plus capable d’envahir ses voisins européens et sera privée des apports économiques nécessaires pour alimenter son industrie de la défense et ses secteurs de haute technologie, ce qui permettra aux États-Unis de concentrer leurs ressources sur la concurrence avec la Chine. Au fil du temps, selon ce point de vue américain, la Chine considérera les liens étroits avec une Russie faible et dépendante davantage comme un handicap que comme un atout.

Plus fondamentalement, les États-Unis semblent avoir oublié que les intentions agressives ne sont pas les seules façons dont les guerres commencent. Les conflits peuvent également naître du fonctionnement du dilemme de la sécurité, lorsque des mesures destinées à dissuader l’agression et à défendre la sécurité d’un État sont perçues comme menaçantes par un autre.

Il en résulte un cycle d’action et de réaction dans lequel chaque partie pense que ses propres actions sont défensives et non agressives.

Les Etats-Unis depuis longtemps dans une telle spirale d’escalade avec la Russie, et aucune fin n’est actuellement en vue en Ukraine. Dans son intention de dissuader l’agression chinoise contre Taïwan, Washington alimente une deuxième spirale déjà en cours avec Pékin.

Référence

With Taiwan comments, is Biden signaling a two-front war strategy?

https://responsiblestatecraft.org/2022/05/24/with-taiwan-comments-is-bidens-signaling-two-front-war-strategy/

07/06/2022 Fiche de lecture. Genèse par Guido Tonelli

Professeur de physique à l’université de Pise (Italie), Guido Tonelli a participé à l’aventure de la découverte du boson dit de Higgs, au Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN). Il était en effet le porte-parole de l’expérimentation du solénoïde compact pour muons (Compact Muon Solenoid, CMS), l’une des deux expériences installées le long de l’accélérateur de particules Large Hadron Collider ou LHC, qui a découvert, en 2012, la dernière particule manquante au tableau de chasse.

Dans Genèse (Dunod, 256 pages, 19,90 euros), le chercheur italien Guido Tonelli, physicien, auteur des Sept brèves leçons de physique, explique comment la vie est apparue depuis le vide initial jusqu’aux êtres humains, en passant par la matière, la lumière, les étoiles, les galaxies.

Extrait de la présentation par l’éditeur

La curiosité et l’émerveillement face à l’origine de l’univers sont au coeur de notre expérience du monde. Depuis le Chaos décrit par Hésiode dans son poème sur la naissance des dieux grecs, Théogonie, jusqu’aux théories les plus actuelles sur le multivers, les humains ont poursuivi une quête incessante pour trouver une réponse à cette question essentielle : Que s’est-il passé exactement pendant les tous premiers instants ? Dans ce best-seller international, le physicien Guido Tonelli, figure centrale de la découverte du boson de Higgs (la « particule de Dieu »), fait le court récit des sept moments décisifs de l’histoire extraordinaire de notre genèse : des origines de l’univers à la naissance de la vie et l’émergence du langage humain.
S’appuyant sur les dernières découvertes, il nous révèle les incroyables défis auxquels les scientifiques sont confrontés pour éclairer ses mystères. « Des trous noirs à la matière noire et à la particule de Higgs, (…), ces pages accompagnent le lecteur passionné et curieux dans un voyage fascinant, toujours en cours ».

Le vide primordial

Nous retenons pour notre part de ce livre un commentaire sur la notion de vide

Il faut imaginer qu’au début, il n’y a rien. C’est le vide. Mais le vide n’est pas le néant, contrairement à ce que notre culture nous a inculqué. Ce vide, un des nombreux concepts magnifiques de cette histoire, est, pour le physicien, un état naturel, matériel, dont toutes les propriétés, énergie, charges… sont nulles, en moyenne. Il peut donc y avoir des fluctuations non nulles de ces grandeurs et elles peuvent même être énormes, mais disparaître aussitôt.

L’histoire de notre Univers commence par une fluctuation qui donne lieu à ce concept magnifique d’inflation, faisant passer notre Univers d’une taille microscopique à celle d’un ballon de football en un instant. Néanmoins, ce concept reste à confirmer par des expériences qui en cherchent les traces fossiles. Finalement, l’Univers est un état du vide qui a subi une métamorphose. Le vide ne s’est pas retiré et nous en sommes issus. Les recherches continuent aussi sur la particule du boson de Higgs, découvert en 2012 par deux expériences.

Il y a des centaines d’études en cours sur les données prises depuis le lancement du LHC, car nous cherchons à savoir s’il y a des différences entre ces résultats expérimentaux et la théorie du modèle standard. Certaines observations ne collent pas avec la théorie, mais on doit s’assurer que c’est bien un signal et pas seulement une variation due au hasard. Le LHC, amélioré, a aussi redémarré récemment pour poursuivre des mesures de précision des propriétés du boson de Higgs, poussées le plus loin possible, dans l’espoir de trouver ces anomalies. D’ici quelques années, nous aurons clarifié la situation. Mais on pourrait trouver autre chose.

Quoi donc ?

Nous cherchons, pour expliquer l’inflation, une particule assez proche du Higgs. Cela pourrait d’ailleurs être le Higgs lui-même, même si on n’y croit plus trop. Cette particule fantôme pourrait être découverte avec le LHC, mais nous sommes un peu comme des navigateurs perdus qui savent qu’il y a une île où aborder, mais pas dans quelle direction elle est. Nous ignorons également la masse qu’elle peut avoir. Il faudra du courage et un peu de folie pour la découvrir. Ce sera plus important que le Higgs !

La folie passe-t-elle par la construction d’un nouvel accélérateur de 100 kilomètres de long, souterrain, sept fois plus puissant que le LHC ?

Si le LHC ne trouve rien, il faudra ce genre de machines en effet. Le projet en Europe, au CERN, existe et consisterait à faire entrer des électrons en collision vers 2040, puis dans le même tunnel on construirait un successeur pour percuter des protons entre eux, comme au LHC actuellement. La Chine affiche la même ambition, nous sommes donc peut-être à la veille d’un changement de hiérarchie dans la science mondiale. Pour l’instant, l’Europe garde le leadership mais n’a pas pleinement conscience de son rôle. Or les pays qui dominent sont ceux qui investissent dans la recherche et le savoir.

Nous en retenons pour notre part un commentaire sur la notion de vide

lI faut imaginer qu’au début, il n’y a rien. C’est le vide. Mais le vide n’est pas le néant, contrairement à ce que notre culture nous a inculqué. Ce vide, un des nombreux concepts magnifiques de cette histoire, est, pour le physicien, un état naturel, matériel, dont toutes les propriétés, énergie, charges… sont nulles, en moyenne. Il peut donc y avoir des fluctuations non nulles de ces grandeurs et elles peuvent même être énormes, mais disparaître aussitôt.

L’histoire de notre Univers commence par une fluctuation qui donne lieu à ce concept magnifique d’inflation, faisant passer notre Univers d’une taille microscopique à celle d’un ballon de football en un instant. Néanmoins, ce concept reste à confirmer par des expériences qui en cherchent les traces fossiles. Finalement, l’Univers est un état du vide qui a subi une métamorphose. Le vide ne s’est pas retiré et nous en sommes issus. Les recherches continuent aussi sur la particule du boson de Higgs, découvert en 2012 par deux expériences.

Il y a des centaines d’études en cours sur les données prises depuis le lancement du LHC, car nous cherchons à savoir s’il y a des différences entre ces résultats expérimentaux et la théorie du modèle standard. Certaines observations ne collent pas avec la théorie, mais on doit s’assurer que c’est bien un signal et pas seulement une variation due au hasard. Le LHC, amélioré, a aussi redémarré récemment pour poursuivre des mesures de précision des propriétés du boson de Higgs, poussées le plus loin possible, dans l’espoir de trouver ces anomalies. D’ici quelques années, nous aurons clarifié la situation. Mais on pourrait trouver autre chose.

Quoi donc ?

Nous cherchons, pour expliquer l’inflation, une particule assez proche du Higgs. Ça pourrait d’ailleurs être le Higgs lui-même, même si on n’y croit plus trop. Cette particule fantôme pourrait être découverte avec le LHC, mais nous sommes un peu comme des navigateurs perdus qui savent qu’il y a une île où aborder, mais pas dans quelle direction elle est. Nous ignorons également la masse qu’elle peut avoir. Il faudra du courage et un peu de folie pour la découvrir. Ce sera plus important que le Higgs !

La folie passera-t-elle par la construction d’un nouvel accélérateur de 100 kilomètres de long, souterrain, sept fois plus puissant que le LHC ?

Si le LHC ne trouve rien, il faudra ce genre de machines en effet. Le projet en Europe, au CERN, existe et consisterait à faire entrer des électrons en collision vers 2040, puis dans le même tunnel on construirait un successeur pour percuter des protons entre eux, comme au LHC actuellement. La Chine affiche la même ambition, nous sommes donc peut-être à la veille d’un changement de hiérarchie dans la science mondiale. Pour l’instant, l’Europe garde le leadership mais n’a pas pleinement conscience de son rôle. Or les pays qui dominent sont ceux qui investissent dans la recherche et le savoir.

Nous retiendrons ce commentaire sur la notion d’un vide difficile à se représenter par le cerveau humain, vide ayant précédé l’apparition de l’univers.

 Ce vide, un des nombreux concepts magnifiques de cette histoire, est, pour le physicien, un état naturel, matériel, dont toutes les propriétés, énergie, charges… sont nulles, en moyenne. Il peut donc y avoir des fluctuations non nulles de ces grandeurs et elles peuvent même être énormes, mais disparaître aussitôt.

L’histoire de notre Univers commence par une fluctuation qui donne lieu à ce concept magnifique d’inflation, faisant passer notre Univers d’une taille microscopique à celle d’un ballon de football en un instant. Néanmoins, ce concept reste à confirmer par des expériences qui en cherchent les traces fossiles. Finalement, l’Univers est un état du vide qui a subi une métamorphose. Le vide ne s’est pas retiré et nous en sommes issus. 

Note de J.P. Baquiast

Nous observerons pour notre part que cette hypothèse n’explique pas clairement la notion de temps. De même, pourquoi à un certain moment du temps primitif, les fluctuations primordiales, apparaissant puis s’anéantissant, auraient-elles cessé de fluctuer puis de s’anéantir pour devenir permanentes ?

06/06/2022 A la recherche de la gravitation quantique. Nouveaux projets

Le pixel est une unité de mesure. Appelé px, il signifie picture element. Il permet de mesurer la qualité d’une image numérique sur ordinateur ou télévision par exemple. Le pixel a généralement une forme rectangulaire ou carrée. Il contient des informations concernant les nuances de couleurs, leur nombre, mais aussi la transparence ou la texture. Plus une image contient de pixels et de couleurs, plus sa résolution sera haute et sa qualité élevée. Dépixéliser une image consiste au contraire à faire apparaître les pixels qui la compose

Aujourd’hui Rana Adhikari, professeur de physique à Caltech, propose de considérer l’univers dans lequel nous vivons comme composé d’un nombre considérable de petits unités qu’il appelle des pixels d’espace-temps. Ils seraient si petits qu’à leur échelle un atome prendrait la taille de la Voie Lactée.

Cette hypothèse permettrait de mieux comprendre le concept de gravitation quantique. Celle-ci ambitionne d’unifier le monde macroscopique de la gravitation et le monde microscopique de la physique quantique. A la base de cette approche se pose la question de savoir si l’espace-temps pourrait être « dépixélisé » de façon à faire apparaître les particules, déjà nommées gravitons, qui le composent.

Dans ce but Kathryn Zurek professeure de Physique théorique a mis en place un projet pluridisciplinaire nommé Quantum gRavity and Its Observational Signatures (QuRIOS). Son objectif est de rechercher s’il existerait des façons expérimentales permettant de relier la gravitation quantique avec le monde dans lequel nous vivons.

Il ne s’agirait pas de détecter , à supposer qu’ils existent, des pixels d’espace-temps, tâche aujourd’hui impossible, mais les relations entre ces pixels qui seraient éventuellement observables.

Pour en savoir plus, voir

https://magazine.caltech.edu/post/quantum-gravity

ainsi que
Quantum gRavity and Its Observational Signatures QuRIOS).

http://www.qurios.caltech.edu/

05/06/2022 L’Etat Ukrainien préparait-il avec les Etats-Unis une guerre biologique contre la Russie ?

Cet article vient d’être publié par le polémiste français Thierry Meyssan . A lire avec prudence
https://www.voltairenet.org/article217091.html

À partir de 2014, l’État ukrainien a débuté plusieurs programmes militaires secrets. Le premier et le plus connu est sa collaboration avec le Pentagone dans 30 laboratoires différents. Selon les États-Unis, ce programme visait à détruire les armes biologiques que l’Union soviétique avait fabriquées et entreposées en Ukraine. C’est évidemment peu probable car on ne voit pas, 31 ans après l’indépendance et 8 ans après le début de ce programme, pourquoi il en resterait encore. Au contraire, selon la Russie, le Pentagone faisait sous-traiter par l’Ukraine des recherches sur des armes interdites par la Convention sur l’interdiction des armes biologiques de 1972. Sur la base de documents saisis lors de son opération spéciale, elle affirme notamment que des expériences ont été menées à leur insu sur des malades mentaux à l’hôpital psychiatrique n° 1 (Streletchyé, région de Kharkov) et qu’un agent tuberculeux a été manipulé pour infecter la population du district de Slavianoserbsk (République populaire de Lougansk). Ou encore que ces laboratoires menaient « des expériences extrêmement dangereuses visant à renforcer les propriétés pathogènes de la peste, de l’anthrax, de la tularémie, du choléra et d’autres maladies mortelles en recourant à la biologie de synthèse ». Un autre projet concerne les chauves-souris en tant que vecteurs de transmission d’agents de guerre biologiques potentiels, tels que la peste, la leptospirose, la brucellose, les filovirus ou les coronavirus.

Ces accusations gravissimes ne sont toujours pas clairement réfutées ou établies. La séance que la Russie avait convoquée à ce sujet au Conseil de sécurité des Nations unies, le 11 mars 2022 [6], n’a rien donné. Après avoir nié, la sous-secrétaire d’État, la Straussienne Victoria Nuland (et épouse de Robert Kagan), a déclaré lors d’une audition au Sénat US, le 8 mars 2022 : « L’Ukraine a… des installations de recherche biologique. Nous craignons que les troupes russes ne tentent d’en prendre le contrôle. Nous essayons donc, avec les Ukrainiens, de nous assurer que ces matériaux de recherche ne tombent pas entre les mains des forces russes si elles se rapprochent ». Malgré ces incohérences, les Occidentaux ont fait bloc derrière Washington, accusant Moscou de mentir. À leurs yeux, il est tout à fait normal que des États disposent de collections de ces maladies afin de les étudier, leur présence ne doit pas être interprétée comme destinée à fabriquer des armes. Les laboratoires ukrainiens sont régulièrement surveillés par l’OSCE (organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) [7]. Il n’en reste pas moins que cette interprétation ne permet pas de comprendre les propos de Madame Nuland et ne rend pas compte de catastrophes comme, par exemple, l’épidémie de grippe porcine qui a tué 20 soldats ukrainiens en janvier 2016 et à contraint 200 autres à être hospitalisés

L’ambassadeur russe, Vassili Nebenzia, a notamment dénoncé des recherches sur la transmission de maladies dangereuses par des ectoparasites comme les poux et les puces. Il a rappelé que des expériences similaires avaient « été menées dans les années 40 par la tristement célèbre Unité 731 de l’armée japonaise, dont les membres se sont réfugiés aux États-Unis pour échapper à la justice ». L’unité 731, c’est l’équivalent japonais du service du Dr Josef Mengele à Auschwitz.

Comme si cela ne suffisait pas, Monsieur Nebenzia s’est interrogé sur le transfert de plusieurs milliers d’échantillons de sérum sanguin de patients d’origine slave, d’Ukraine à l’Institut de recherche Walter Reed de l’armée US. Des recherches, selon lui, visant sélectivement des groupes
ethniques spécifiques comme celles que le Dr. Wouter Basson mena pour l’Afrique du Sud de l’apartheid et Israël durant sa période coloniale contre les noirs et les arabes (« Coast Project »).

L’administration de l’Onu a botté en touche, assurant tout ignorer de ce programme et renvoyant aux mesures de confiance prévues par le Traité. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait savoir qu’elle avait eu connaissance de l’existence de ce programme, mais en ignorait les détails. Elle a confirmé par écrit à l’agence Reuters qu’elle avait « fortement recommandé au ministère ukrainien de la Santé et aux autres organismes responsables de détruire les agents pathogènes à haut risque afin de prévenir toute fuite potentielle » [8]. La presse chinoise, quant à elle, évoque des expériences visant à transformer des insectes en cyborgs afin de féconder ou de stériliser des cultures (Opération « Insects Allies »).

Ces expériences militaires, quelles qu’elles soient, ont été commandées indirectement par le Centre national de Renseignement médical (National Medical Intelligence Center) via l’Agence de la Défense pour la réduction des menaces (Defense Threat Reduction Agency — DTRA) et la société US Rosemont Seneca Technology Partners (RSTP). Cette dernière a été fondée par Hunter Biden et Christopher Heinz, respectivement fils du président Joe Biden et beau-fils de John Kerry [9]. Tous les résultats de ces recherches ont été envoyés au laboratoires biologiques militaires de Fort Detrick qui ont autrefois joué
un rôle de premier plan dans le programme d’armes biologiques des États-Unis.

Comme l’a souligné le représentant chinois au Conseil de sécurité : « Toute information ou piste sur des activités biologiques militaires doit susciter une grande attention de la part de la communauté internationale (…) Les États-Unis disent qu’ils sont pour la transparence. S’ils estiment que ces informations sont fausses, ils n’ont qu’à fournir les données pertinentes et apporter des éclaircissements afin que la communauté internationale puisse se prononcer à ce sujet ».

Selon les Nations unies, si les Etats-Unis ont fourni régulièrement des rapports sur leurs activités biologiques dans le cadre de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques, l’Ukraine n’en a jamais déposé [10]

La Russie a pris plusieurs mesures. D’abord elle a détruit avec précaution les conteneurs de 26 de ces laboratoires ukrainiens (4 autres ont échappé à l’armée russe). Ensuite, elle a invité ses alliés de l’OTSC (Organisation du Traité de sécurité collective) à surveiller les accords qu’ils avaient pu passer avec les États-Unis. L’Arménie et le Kazakhstan ont mis fin à ces recherches. Enfin, les membres de l’OTSC ont interdit l’accès de tout personnel de Défense étranger dans leurs laboratoires.

Venons-en maintenant au plus problématique parce qu’il y a bien plus grave encore. Lors de son indépendance, la Biélorussie, le Kazakhstan et l’Ukraine ont hérité d’une bonne partie du système d’armes nucléaires soviétiques. Ces trois nouveaux États signèrent le Mémorandum de Budapest, en 1994, avec les États-Unis, la Russie et le Royaume-Uni. Les trois Grands s’engageaient à garantir leurs frontières tandis que les trois petits s’engageaient à transférer toutes leurs armes nucléaires à la Russie et à respecter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Ce mémorandum est souvent évoqué par ceux qui veulent souligner la duplicité russe qui, après l’avoir signé, l’aurait violé. Ce n’est pas exact puisque le mémorandum prévoit que chacun des trois Grands sera relevé de sa promesse de non-intervention en cas de « légitime défense ou d’une autre manière conforme aux dispositions de la Charte des Nations Unies ». Or, la Russie a officiellement reconnu les républiques du Donbass après que l’État ukrainien a refusé d’honorer sa signature des Accords de Minsk et que son armée a bombardé le Donbass durant 8 ans.

Entre 2014 et 2022, l’Ukraine demanda quatre fois une renégociation du Mémorandum de Budapest. Finalement, le président Volodymyr Zelensky déclara lors de la réunion annuelle de la Conférence sur la Sécurité de Munich, le 19 février 2022 : « Moi, en tant que président, je le ferai pour la première fois. Mais l’Ukraine et moi-même le faisons pour la dernière fois. Je lance des consultations dans le cadre du Mémorandum de Budapest. Le ministre des Affaires étrangères a été chargé de les convoquer. Si elles ne se reproduisent pas ou si leurs résultats ne garantissent pas la sécurité de notre pays, l’Ukraine sera en droit de penser que le Mémorandum de Budapest ne fonctionne pas et que toutes les décisions globales de 1994 sont remises en question » [11].

Remettre en question « toutes les décisions globales de 1994 », cela ne peut pas vouloir dire autre chose que reprendre des armes nucléaires. Par conséquent la position du président Zelensky peut être résumée comme suit : laissez-nous réprimer les séparatistes du Donbass ou nous rétabliront notre programme nucléaire militaire. Il est à noter que les principaux dirigeants de l’Alliance atlantique étaient présents ou représentés dans la salle. Pourtant aucun n’a protesté devant l’annonce d’une violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

Commentant ce discours, le président russe, Vladimir Poutine a déclaré : « la seule chose qui manque [à l’Ukraine] c’est un système d’enrichissement d’uranium. Mais c’est une question technique, et pour l’Ukraine ce n’est pas un problème insoluble ».

L’Argentin Rafael Grossi, qui dirige l’Agence internationale de l’énergie atomique, a incidemment déclaré, le 25 mai au Forum de Davos, que l’Ukraine avait entreposé 30 tonnes de plutonium et 40 tonnes d’uranium enrichi dans sa centrale de Zaporijjia et que son agence se demandait ce qu’ils étaient devenus.

Or la centrale de Zaporijjia était un des objectifs de l’armée russe qui l’a investie le second jour de son opération spéciale, le 26 février. Un incendie a été déclenché dans un laboratoire adjacent lors d’un accrochage russo-ukrainien, le 4 mars. On avait alors dénoncé l’irresponsabilité de l’armée russe. À l’évidence, il s’agissait de tout autre chose ainsi que l’avait déclaré Moscou. La Russie avait commencé le transfert de ces combustibles et des forces spéciales ukrainiennes ont tenté de les en empêcher.

Le plutonium est vendu entre 5 000 et 11 000 $ le gramme. 30 tonnes achetées au prix coûtant, cela représente 150 milliards de dollars. Le prix de l’uranium dépend de son degré d’enrichissement. À moins de 5 %, il ne peut être utilisé qu’à usage civil et doit atteindre au moins 80 % pour un usage militaire. Ignorant son degré d’enrichissement, on ne peut évaluer son prix. La saisie par la Russie de ce stock non-déclaré rembourse probablement l’ensemble des sanctions prises contre elles.

L’information dont nous disposons soulève plusieurs questions : depuis quand l’Ukraine, qui avait cédé à la Russie tous ses stocks de l’époque soviétique, détient-elle ces matériaux ? D’où viennent-ils et qui les a payés ? Subsidiairement : quel est le taux d’enrichissement de l’uranium et qui l’a enrichi ?

À ces questions, la presse russe en ajoute une autre : quelle est la fiabilité de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui a maintenu cette information secrète jusqu’à la semaine dernière ?

Au vu de ces éléments, il convient de réviser l’accusation commune selon laquelle la Russie serait responsable de cette guerre.

A lire


 1. « La Russie veut contraindre les USA à respecter la Charte des Nations unies », 4 janvier 2022.
 2. « Washington poursuit le plan de la RAND au Kazakhstan, puis en Transnistrie », 11 janvier 2022.
 3. « Washington refuse d’entendre la Russie et la Chine », 18 janvier 2022.
 4. « Washington et Londres, atteints de surdité », 1er février 2022.
 5. « Washington et Londres tentent de préserver leur domination sur l’Europe », 8 février 2022.
 6. « Deux interprétations de l’affaire ukrainienne », 15 février 2022.
 7. « Washington sonne l’hallali, tandis que ses alliés se retirent », 22 février 2022.
 8. « Vladimir Poutine déclare la guerre aux Straussiens », 5 mars 2022.
 9. « Une bande de drogués et de néo-nazis », 5 mars 2022.
 10 « Israël abasourdi par les néo-nazis ukrainiens », 8 mars 2022.
 11. « Ukraine : la grande manipulation », 22 mars 2022.
 12. « Le Nouvel Ordre Mondial que l’on prépare sous prétexte de guerre en Ukraine », 29 mars 2022.
 13 « La propagande de guerre change de forme », 5 avril 2022.
 14. « L’alliance du MI6, de la CIA et des bandéristes », 12 avril 2022.
 15. « La fin de la domination occidentale »,19 avril 2022.
 16. « Ukraine : la Seconde Guerre mondiale ne s’est jamais terminée », 26 avril 2022.
 17. « Washington espère rétablir son hyper-puissance grâce à la guerre en Ukraine », 3 mai 2022.
 18. « Le Canada et les bandéristes », 10 mai 2022.
 19. « Une nouvelle guerre se prépare pour l’après défaite face à la Russie », 24 mai 2022.

05/06/2022 L’union européenne et les migrants

Début mars 2022, Marlena Malag, ministre polonaise de la Famille et de la Politique sociale, en appelait à la solidarité européenne pour faire face aux conséquences humanitaires de la guerre en Ukraine. La Pologne est en effet confrontée à un important flux de réfugiés ukrainiens à ses frontières.

Cette demande rappelle celle formulée en 2015 par l’Italie, alors victime de la plus grave crise migratoire européenne du XXIᵉ siècle. Elle avait accueilli cette année-là plus de 200.000 migrants venus du Moyen-Orient et fuyant les offensives d’Al Quaida et de l’Etat Islamique.

Ces évènements avaient abouti à une profonde réforme de l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, mieux connue sous le nom de Frontex, en charge de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des pays membres de l’UE. Frontex a pour mandat de venir en aide aux États membres afin que ces derniers puissent mieux contrôler leur tronçon de frontières extérieures et lutter efficacement contre les risques d’immigration irrégulière et la criminalité transfrontalière.

La réponse communautaire de l’époque avait mis en lumière le manque de cohésion et de cohérence de la politique européenne en matière de migration. Cette politique découle directement de la réalisation, prévue par le traité de Lisbonne, d’un « espace de liberté, sécurité et de justice » (ELSJ) et de la  des accords de Schengen, qui permettent la libre circulation dans l’UE à la fois des personnes, des biens, des services et des capitaux. Il en résulte des évolutions législatives se traduisent concrètement par un effacement des frontières internes, couplé à un renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. 

Comme il fallait s’y attendre, ce renforcement ne s’est pas fait, faute de moyens humains et même législatifs. L’Italie continue à supporter seule le poids de l’immigration, qu’elle soit irrégulière ou réguliere. Parmi celle-ci se trouvent de plus en plus de volontaires pour procéder à des attentats au nom de l’islam.

De plus, avec l’élévation des températures en Afrique, accompagné d’une désertification progressive, ce seront dans les trente prochaines années des dizaines voire des centaines de millions de migrants, de mieux en mieux armés, que l’Europe devra recevoir et nourrir.

NB. Le directeur de Frontex sanctionné pour avoir rempli sa mission https://www.lemonde.fr/international/article/2022/05/06/frontex-la-chute-d-une-affaire-francaise_6125052_3210.html

04/06/2022. Un ordinateur aurait atteint la suprématie quantique

La start-up canadienne Xanadu vient d’annoncer avoir atteint la suprématie quantique. Ce terme qui n’est pas à proprement un concept scientifique, signifie pouvoir effectuer en quelques secondes sur un ordinateur quantique un calcul qui pourrait demander un siècle à un superordinateur classique.

Il a souvent été dit que l’entreprise ou la nation qui atteindrait la suprématie quantique pourrait à terme dominer le monde. Elle pourrait notamment décrypter et tester les hypothèses scientifiques bien avant ses rivales. Ce ne sera sans doute pas le cas de Xanadu, qui ne dispose pas de tous les moyens nécessaires. Il sera intéressant cependant d’observer comment les grands Etats qui se disputent la domination scientifique mondiale accueilleront l’annonce de Xanadu.

Actuellement, dans le cas de Xanadu, un article en accès libre publié dans le journal Nature, dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract, explique que sa machine quantique baptisée Borealis a effectué en environ 36 microsecondes un calcul qui prendrait sur un superordinateur classique, aux rythmes actuels, environ 9.000 ans.

Rappelons cependant qu’un calculateur quantique doit affecter beaucoup de moyens à la détection et la correction des erreurs, autrement dit devenir fault tolérant. On pourra relire à ce sujet notre précédant article Une informatique quantique tolérante aux fautes https://wordpress.com/post/europesolidaire.eu/1275

Référence

01 June 2022

Quantum computational advantage with a programmable photonic processor

Nature, volume 606

pages 75–81 (2022)

Abstract

A quantum computer attains computational advantage when outperforming the best classical computers running the best-known algorithms on well-defined tasks. No photonic machine offering programmability over all its quantum gates has demonstrated quantum computational advantage: previous machines1,2 were largely restricted to static gate sequences. Earlier photonic demonstrations were also vulnerable to spoofing3, in which classical heuristics produce samples, without direct simulation, lying closer to the ideal distribution than do samples from the quantum hardware. Here we report quantum computational advantage using Borealis, a photonic processor offering dynamic programmability on all gates implemented. We carry out Gaussian boson sampling4 (GBS) on 216 squeezed modes entangled with three-dimensional connectivity5, using a time-multiplexed and photon-number-resolving architecture. On average, it would take more than 9,000 years for the best available algorithms and supercomputers to produce, using exact methods, a single sample from the programmed distribution, whereas Borealis requires only 36 μs. This runtime advantage is over 50 million times as extreme as that reported from earlier photonic machines. Ours constitutes a very large GBS experiment, registering events with up to 219 photons and a mean photon number of 125. This work is a critical milestone on the path to a practical quantum computer, validating key technological features of photonics as a platform for this goal.