02/02/2022 Réponse d’un collectif d’intellectuels musulmans

Par souci de réciprocité, nous rééditons ici la réponse d’un collectif d’intellectuels musulmans à l’éditorial du Monde que nous avions publié ici, « S’exprimer sans crainte sur l’islam ».

Cette réponse est parue dans Le Monde à la suite de l’éditorial précité.

Tribune. Français musulmans engagés, nous voulons dénoncer fermement les pratiques islamistes séparatistes, mises en évidence dans le reportage de « Zone Interdite », diffusé sur M6, le dimanche 23 janvier. Citoyennes et citoyens français de confession musulmane, nous sommes attachés à la France, notre pays, et attachés à l’islam, notre religion. Nous dénonçons l’islamisme radical, le salafisme et leurs corollaires : le fondamentalisme, l’obscurantisme, l’intolérance, l’enfermement idéologique.

En tant que Français musulmans, nous ne reconnaissons pas les principes fondamentaux de l’islam dans les pratiques extrémistes filmées dans le documentaire. Nous condamnons et rejetons ces pratiques sans hésiter. Nous fondons notre condamnation et notre rejet sur notre citoyenneté française et sur notre participation au contrat social et aux lois de la République. Nous les fondons aussi sur notre lecture du Coran, le texte saint de l’islam, et sur notre foi musulmane.

Celles et ceux d’entre vous qui ne connaissent pas l’islam ont pu être choqués et consternés par des images du documentaire, comme nous l’avons été aussi. Cet islamisme radical fait peur et interpelle nos consciences.

Comment pouvons-nous accepter cette perversion de l’islam, qui consiste à nous couper de notre rapport aux autres ? Quel pseudo-rationnel peut-il justifier de voiler des fillettes de 7 ans, sinon de maltraiter leur libre arbitre et leur rapport au monde ?Nous voyons dans cette pratique une forme de maltraitance qui doit cesser au nom des droits de l’enfant. Comment tolérer des poupées sans visage, alors que la communication par le visage et les émotions sont indispensables à l’épanouissement des enfants, ainsi qu’en attestent les études scientifiques ? Nous voyons dans cette pratique un rejet de notre humanité commune, de nos émotions, de nos sensations, de notre ouverture sur le monde, de notre émerveillement devant la beauté de la nature.

Et que penser d’une instruction religieuse qui ne cherche que l’imitation littérale et ne favorise pas la réflexion personnelle, la méditation et la compréhension des textes sacrés ? Une instruction religieuse sans tâcher de saisir le sens des textes sacrés, sans spiritualité, sans réflexion sur ce que sont le bien et le mal, sans morale, sans responsabilité individuelle, sans humanisme, sans universalisme, sans intégration dans la société, est bien vide de sens.

Le respect de la personne humaine, la réflexion sur le sens de la vie et la volonté de vivre en société sont les boussoles morales qui devraient guider toutes nos actions. Nous faisons nôtre l’héritage des Lumières, qui voit dans l’éveil de la réflexion personnelle la base de l’éducation.

L’un des messages centraux du Coran est l’importance de s’instruire, d’apprendre. Quel apprentissage, quel enseignement peuvent être dispensés dans des écoles islamistes radicales où règnent fondamentalisme et obscurantisme ? Les sciences naturelles sont absentes. La musique et l’art sont interdits. Quelle médiocrité !

Quelle image de l’islam renvoyons-nous ? L’éducation, la soif de sciences, la culture, l’ouverture au monde, l’ouverture aux autres, la tolérance, sont indispensables à notre conscience. L’esprit critique et la raison sont les bases de tout épanouissement humain. La contemplation esthétique n’est pas interdite dans le Coran !

Les pratiques de l’islamisme radical nous révulsent, nous attristent et nous choquent. Elles sont un dévoiement insupportable et pervers de l’islam.

Le salafisme n’est pas l’islam. Ce courant obscurantiste fut considéré comme hérétique et déviant par les tenants de l’orthodoxie islamique à sa naissance. L’un de ses pères fondateurs, Ibn Taymiyya (XIIIe-XIVe siècle), fut considéré comme hérétique par les autorités religieuses, à Damas comme au Caire et à Alexandrie.

Ibn Taymiyya fut incarcéré pour avoir voulu appliquer les versets du Coran de manière trop littérale. Le rejet de ses thèses le fut sur le plan dogmatique, notamment son anthropomorphisation de Dieu, mais surtout pour sa pratique rigoriste. Le salafisme s’inscrit dans une volonté de vivre selon des préceptes prétendument islamiques, mais qui effacent le spirituel et l’humain pour ne s’attarder que sur des rituels.

De fait, il permet une emprise psychologique des individus qui se coupent de l’autre. Il rend esclave l’être humain en lui faisant suivre des directeurs de conscience, alors que le Coran insiste sur la liberté de conscience et la responsabilité individuelle de chacun. Par exemple : « Nous avons rendu tout être humain responsable de sa destinée » (Coran, 17.13).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran appelle à faire usage de son entendement et de sa raison, dans l’observation de la nature comme dans la réflexion sur la vie (par exemple, Coran, 2.44 ; 3.190 ; 16.12-13, 67 ; 20.54 ; 45.5). Le Coran dit explicitement qu’observer et étudier la nature, dans toute sa complexité, est une manière de reconnaître la toute-puissance divine.

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran reconnaît la diversité des points de vue et des identités à travers le monde (par exemple, 22.67 ; 30.22 ; 10.19 ; 11.118). Le Coran reconnaît explicitement la diversité des rites religieux et des expressions religieuses (22.67).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran recommande la tolérance et la bienveillance, y compris vis-à-vis des non-croyants (7.199 ; 25.63). Par exemple : « Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre, ceux qui répondent avec douceur aux non-croyants qui les interpellent » (Coran, 25.63).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rappelons enfin que le Coran valorise la foi et la piété intérieures (8.2 ; 9.64), notamment plus que les actes purement rituels. Par exemple : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le nom de Dieu est évoqué » (Coran, 8.2), un verset qui n’est pas sans rappeler la contemplation chrétienne. Même le Prophète de l’islam ne pouvait convaincre ceux ou celles qui ne souhaitaient pas entendre son message : le for intérieur reste du domaine de l’intime (Coran, 28.56 ; 46.23).

Aux musulmans, nous voulons rappeler notre responsabilité. Eloignons-nous de la médiocrité de pratiques qui n’ont pas de fondement théologique et sont vides de spiritualité. Cultivons-nous. Participons de plain-pied à la société française. Restons critiques face aux injonctions de prédicateurs douteux. Soyons exemplaires, comme notre religion nous le demande. Visons l’excellence et l’intégration républicaines, pour nous et nos enfants.

A la présentatrice et au témoin de l’émission « Zone Interdite », Ophélie Meunier et Amine Elbahi, nous exprimons notre soutien le plus vif. Nous en sommes solidaires, ainsi que de tous les journalistes faisant leur travail d’information et d’exposition des faits.

01/02/2022 L’antisémitisme en France est plus virulent que jamais

Pendant plusieurs décennies, les Français ont vécu sur l’illusion que l’antisémitisme en France avait disparu depuis la révélation de l’existence des camps d’extermination nazis. S’il n’avait pas disparu, tout au plus il n’osait plus s’exprimer.

Aujourd’hui plusieurs raison font qu’il reparaît à nouveau sans se cacher. .

La principale de ces raisons ne tient pas, comme on le répète complaisamment, à l’existence d’Israël et aux critiques souvent légitimes que suscite sa politique au Moyen-Orient, à la remorque de l’impérialisme américain. Cette raison tient à la pénétration croissante de l’islamisme dans la société français et plus particulièrement dans les banlieues.

Pour l’islam en général et plus particulièrement pour sa forme combattante qu’est l’islamisme, réveiller et mettre à jour l’antisémitisme traditionnel en France constitue un moyen de recrutement facile. Il ne se prive pas de l’utiliser.

C’est au niveau de l’école et dans les banlieues que cet antisémitisme d’inspiration arabo musulmane trouve le meilleur milieu pour recruter et diffuser au sein de la société entière.

Ceci tient au fait que dans les années précédentes, le nombre des immigrés provenant du Moyen-Orient et d’Afrique où l’antisémitisme est traditionnel n’a cessé d’augmenter. Leurs enfants reprennent et amplifient sans toujours s’en rendre compte, les préjugés haineux de beaucoup de leurs parents à l’égard des Juifs.

Si les institutions, et en premier les institutions scolaires, laissent prospérer ce nouvel antisémitisme, les agressions de plus en plus meurtrières de citoyens dont le seul tort est d’être juif et de ne pas s’en cacher ne cesseront d’augmenter.

01/02/2022 Islam radical dans nos banlieues

Nous rééditons ici, avec son accord, un excellent éditorial du journal Le Monde

Après la diffusion d’un reportage de « Zone interdite » sur la montée d’un islam incitant au repli identitaire à Roubaix , la présentatrice, Ophélie Meunier, et un témoin sont la cible de menaces de mort.

Editorial. On a souvent, dans ces colonnes, dénoncé les menaces, les atteintes aux libertés et les sévices dont sont victimes, dans des pays lointains, des journalistes et ceux qui les informent. Les menaces de mort ciblant Ophélie Meunier, présentatrice de « Zone interdite », émission de reportage de M6, ainsi qu’Amine Elbahi, un habitant de Roubaix qui témoigne dans l’enquête diffusée dimanche 23 janvier, suscitent la même indignation.Depuis la tragédie de Charlie Hebdo, les Français connaissent le déchaînement de haine aveugle que peut susciter, chez des terroristes islamistes, l’exercice de la liberté d’expression. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, ils savent que l’on peut mourir en France pour un cours sur la liberté d’expression. Qu’après ces drames des personnes s’exprimant publiquement sur la pratique de la religion musulmane continuent à être inquiétées est alarmant. Un certain nombre d’entre elles a dû être placé sous protection policière. Selon le ministre de l’intérieur, les journalistes menacés le sont systématiquement.

Le soupçon de clientélisme visant le maire, Guillaume Delbar, y est exprimé par un journaliste de la Voix du Nord, ainsi que par Amine Elbahi, un Roubaisien révolté contre l’islam radical et contre la surdité des autorités publiques quand il les a alertées pour tenter d’empêcher le départ de sa sœur pour le djihad en Syrie. Quant à M. Delbar, il est poursuivi en justice pour « détournements de fonds publics par négligence ».

La longue enquête de M6, intitulée « Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’Etat », s’interroge sur les politiques publiques destinées à combattre l’islamisme. Réalisée largement en caméra cachée, elle s’attache à décrire différentes manifestations de la montée d’un islam incitant au repli identitaire et remettant en cause des principes républicains. Le début du reportage, tourné à Roubaix, dénonce le subventionnement par la municipalité d’une association dispensant un enseignement religieux sous le couvert de soutien scolaire.

Un autre passage du film, auquel participe M. Elbahi, est tourné dans un magasin qui vend des poupées pour enfants dont la tête ne porte aucun trait de visage « parce que [le visage], c’est Allah qui le crée », explique la vendeuse. Depuis la diffusion de ce reportage, la présentatrice de M6 et le « lanceur d’alerte » ont dû être placés sous protection policière à la suite de menaces de mort. Le maire de Roubaix dit être victime d’un « déferlement de haines et de menaces ».

Un tel phénomène menace une fois de plus l’exercice de la liberté d’expression et d’information. Or, sur l’islam comme sur toute autre religion, ces libertés n’ont pour limite que les lois pénales qui répriment l’injure, la diffamation, l’appel à la haine ou à la discrimination. Alors que certains candidats à la présidentielle jouent les pyromanes en désignant les musulmans comme boucs émissaires, il faut rappeler avec force que les militants de l’islam radical ne constituent qu’une petite minorité. Sans pour autant nier les tendances au « séparatisme » favorisées par la ghettoïsation urbaine, le clientélisme de certains maires et exacerbées par les islamistes.

Remettre en cause l’impasse identitaire et l’instrumentalisation politique de l’islam suppose de pouvoir aborder sans crainte toutes ces réalités, comme n’importe quelle autre. Cela suppose aussi de ne pas laisser aux marchands de haine la dénonciation des dérives inquiétantes qui menacent toute la société, y compris la grande masse des musulmans.

Candidats aux élections présidentielles françaises. L’aveuglement voulu

La douzaine de personnalités de tous bords qui se disent prêtes à assumer la fonction de Président de la république française et annoncent vouloir se présenter aux prochaine élections présidentielles ne manquent pas de temps dans les médias pour exposer leurs programmes.

Curieusement, la question de la crise climatique et environnementale, crise dont la France, comme le reste du monde subira inexorablement les effets, n’est que rarement évoquée, ou ne l’est qu’en quelques mots.

Pourtant les avertissements ne leur manque pas. Ainsi aujourd’hui 1er février, 1 400 scientifiques climatologues, géographes, sociologues, philosophes, historiens, océanographes, astrophysciens, mathématiciens et économistes, appellent les candidats à la présidentielle à sortir « des discours de l’inaction »  Dans une tribune publiée sur franceinfo à quelques semaines de l’élection présidentielle, ils s’inquiètent, « l’absence de débat démocratique (…) sur les graves bouleversements en cours et à venir ».

Quels que soient nos opinions politiques et nos engagements personnels, nous constatons avec inquiétude l’absence de débat démocratique dans la campagne présidentielle sur les graves bouleversements en cours et à venir, qu’ils concernent le climat, l’océan, la biodiversité ou les pollutions. »

Les défis qui nous attendent incluent la diminution des émissions de gaz à effet de serre et la préservation du vivant. Mais ils portent aussi sur la nature et le rythme de l’adaptation, la juste répartition des risques et des efforts, la solidarité entre générations ou entre territoires. De fait, ils concernent l’emploi, le transport et la mobilité, l’alimentation, le partage et l’accès aux ressources – notamment à l’eau potable –, le foncier, la santé, la fiscalité, l’éducation, la formation professionnelle, la recherche et l’innovation, la préservation du patrimoine historique et culturel, l’habitat, la réduction des inégalités et des fractures territoriales, le tournant numérique, la prévention et l’indemnisation des catastrophes, la sécurité intérieure, la souveraineté et la défense nationale, la politique européenne et internationale.

Si beaucoup d’objectifs de court et long termes sont connus et fixés par nos engagements nationaux et internationaux, différentes trajectoires sont possibles et doivent être discutées. Et si l’on choisit l’inaction, il est nécessaire d’en exposer et d’en assumer les conséquences. »

Encore faut-il que les citoyens puissent décider en leur âme et conscience. Pour cela, les candidats et candidates à l’élection présidentielle doivent pouvoir s’exprimer, et donc être interrogés, sur des questions de fond.

Elles sont nombreuses. Ainsi, comment fait-on pour :
– tripler le rythme des baisses des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2024, sans augmenter les inégalités sociales et territoriales ? Orienter les investissements de la France vers la neutralité carbone ? Agir sur les autres gaz à effet de serre, notamment le méthane ? Développer les puits de carbone, alors que nos forêts souffrent déjà du climat qui change ?
– réduire notre dépendance aux énergies fossiles, sans augmenter la précarité énergétique, en accompagnant la reconversion de certains emplois et en formant une main-d’œuvre qualifiée pour satisfaire les nouveaux besoins ?
– intégrer les enjeux environnementaux dans les accords commerciaux internationaux, pour diminuer notre empreinte carbone, la déforestation importée, la consommation d’eau ou de plastiques ?
– transformer les filières agricoles, industrielles, touristiques, pour répondre aux impacts du changement climatique, au renchérissement des matières premières, à l’adoption de nouvelles normes internationales, aux attentes des
consommateurs ?
– adapter les villes pour réduire leur vulnérabilité aux extrêmes chauds, secs et humides, selon une logique bas-carbone, tout en luttant contre l’habitat insalubre et le mal-logement, sans augmenter l’artificialisation des sols ?
– se préparer à des événements climatiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, renforcer les systèmes de gestion de crise et d’assurance et engager des moyens à la hauteur des enjeux d’adaptation et de résilience ? Anticiper les déplacements de populations, d’infrastructures et d’activités, notamment sur les littoraux, et considérer dès à présent le devenir des territoires les plus exposés ?
– peser sur la diplomatie mondiale du climat et de la protection de l’environnement, afin que les Etats respectent leurs engagements et que l’accord de Paris joue véritablement son rôle ?
– œuvrer pour que l’éradication de la pauvreté dans le monde soit combinée avec l’adoption de modèles de développement durable et l’émancipation des femmes ?

Le constat scientifique vis-à-vis de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et les pollutions est clair.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette indifférence. La principale cependant tient à l’esprit démagogique des hommes politiques soumis à un processus électoral. Ils ne veulent pas évoquer les sacrifices qu’ils demanderait aux citoyens, mais seulement les bénéfices que ceux-ci retireraient de leur élection. Les citoyens, aveuglés par leurs propres intérêts immédiats, ne demandent qu’à les croire.

Ce ne fut qu’en période de guerre qu’un certain Winston Churchill, au demeurant bien installé au 10 Downing Street, avait parlé de sang, de sueur et de larmes « I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat » …

Référence

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/tribune-crises-environnementales-1-400-scientifiques-appellent-les-candidats-a-la-presidentielle-et-les-medias-a-sortir-des-discours-de-l-inaction_4930099.html

31/01/2022 . Coronavirus. Quelle est l’efficacité des vaccins actuels ?

Le virus Covid 19, dès son apparition, s’est révélé particulièrement dangereux du fait de sa capacité à muter rapidement. Ses mutations, dites aussi variants, ont été nombreuses, plus de 15 à ce jour. Aujourd’hui, après ses variants alpha et delta, son variant omicron paraît le plus préoccupant. Un autre nouveau variant serait en voie d’identification à ce jour.

Comme pour ce concernait les précédents variants, omicron pose trois questions auxquelles il importe de répondre rapidement : est-il plus contaminant, est-il plus dangereux (mortel dans certains cas), est-il plus ou moins sensible aux vaccins, tout au moins aux vaccins actuels.

Les publications sur ces sujets permettent de répondre, au moins le moment, à ces trois questions. Si l’on comprend bien la première question, on peut répondre que omicron circule beaucoup plus vite que ces prédécesseurs. Il a donc touché un nombre bien plus élevé de personne (voir sources santé Publique France).Par contre, Omicron ne paraît pas pour le moment plus dangereux que ses prédécesseurs ? Les formes graves et les décès touchent surtout les personnes âgées ou atteintes de maladies collatérales. Il est cependant bien plus dangereux que les grippes saisonnières.

Quant aux vaccins  Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer/BioNTech, Spoutnik, ils semblent avoir des efficacités comparables. Elle baisse très vite avec le temps (un à deux ans) Des doses de rappel sont donc utiles, sinon nécessaires.

Il y a clairement une course de vitesse entre le Covid 19 et les vaccins. Contrairement à ce qu’affirment les mouvements anti-vaccins, si les vaccinations cessaient brusquement, le nombre des malades monterait en flèche. Aucune société n’y résisterait.

C’est ce qui préoccupe actuellement les gouvernements africains et en conséquence le reste du monde. Ils rappellent qu’avec plus de 1 Millard et demi d’habitants, le continent africain aurait au plus vite besoin de plusieurs milliards de doses.

Pour en savoir plus, faire
https://francais.rt.com/opinions/94253-ecarts-vaccination-nord-sud-qui-doivent-etre-combles-urgence-sebastien-boussois

29/01/2022 Laisser les djihadistes s’implanter au cœur de l’Europe

C’est apparemment ce que veulent ceux qui demandent que l’armée française se retire du Sahel. L’opération Barkhane fait l’objet de critiques de plus en plus vives. Les militaires tués au Sahel sont présentées comme les victimes d’une politique irresponsable d’opposition aux légitimes aspirations à la liberté des populations sahéliennes.

Ils semblent oublier que depuis plus de 10 ans des groupes émanant du terrorisme islamique ambitionnent de porter le djihad dans toute l’Afrique. Ils menacent la sécurité de chaque village, pendant que les gouvernements légitimes mais faibles s’efforcent avec de moins moins de succès de maintenir en état une administration et des services publiques de base.

Mais il y a plus grave. Les ambitions de l’internationale djihadiste ne s’arrêtent plus désormais aux frontières de l’Afrique. L’objectif dont elle ne se cache même plus est d’implanter le djihad dans l’Europe toute entière. Les collectivités locales dotées d’une importante minorité musulmane font l’objet de manœuvres incessantes de l’internationale islamique pour y transformer de paisibles citoyens musulmans en terroristes. C’est ce que montrent en France les archives de la police recensant les interrogatoires de suspects.

Aussi bien, si l’armée français se retirait du Sahel, elle laisserait cette vaste région se transformer en base arrière pour des attentats voire des attaques djihadistes en Europe même. La France serait la première visée. Est-ce ce que l’on recherche ?

29/01/2022 Pourquoi des coups d’état militaires en Afrique de l’Ouest

International

Quelques mois après qu’un coup d’état militaire ait en Guinée renversé le président Alpha Condé et au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta, le président Roch Kaboré au Burkina Faso viennent de subir le même sort.

Ces militaires avaient promis à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Ecowas) qu’ils organiseraient rapidement des élections pour restaurer partout des démocraties à l’occidental. Mais ils n’ont rien fait de semblable. Ils ont au contraire annoncé que vues les circonstances, ils resteraient au moins 5 ans de plus au pouvoir.

Est-ce à dire que l’Afrique de l’Ouest, après s’être plus ou moins émancipée de la tutelle française, ne pourra jamais échapper au régime des dictatures militaires ? La réalité est plus complexe. Si dans un nombre croissant de pays, des « hommes forts militaires » dits « mililitary strong men » sont appelés au pouvoir, c’est parce qu’aujourd’hui une dictature bien plus dangereuse menace le continent. Il s’agit de la dictature djihadiste.

Les attaques terroristes incessantes dans les grandes villes ont nourri la colère des militaires. Ils constatent qu’ils sont mal armés et sous-payés alors qu’ils doivent combattre des groupes de volontaires islamiques bien armés qui violent les femmes et ne font pas de prisonniers. L’attaque terroriste du 13 novembre contre la garnison de gendarmerie d’Inata dans le nord du Burkina Faso, tuant la moitié de la garnison, a particulièrement nourri le ressentiment. Par ailleurs de plus en plus de mines paralysent la circulation routière.

Depuis 2 ans, mille écoles ont été fermées dans ce pays pour des raisons de sécurité et 1,5 million de citadins ont quitté les villes pour se réfugier dans la brousse ou mendier dans les rues de Ouagadougou. Les victimes civiles ont dépassé 3.000.

Les intervention françaises au Mali depuis 2013 ont libéré certaine villes de la pression terroriste mais ont pas eu d’effets sensibles dans les campagnes. Les Russes et les Chinois, pressentis par les gouvernements légitimes pour intervenir militairement, n’ont pas encore répondu.

28/01/2022 les xénobots, de nouveaux micro-robots vivants artificiels

Catégorie Sciences

Depuis 2020, des scientifiques des universités américaines Tufts, Harvard et Vermont ont révélé l’existence de nouveaux organismes qu’ils ont synthétisés ; les xénobots.

Il s’agit de micro-organismes biologiques issus de l’assemblage de cellules provenant d’une grenouille sud-africaine dénommée Xenopus laevis. Ces xénobots font partie de la famille des biobots, élaborés à partir d’autres types de cellules (y compris humaines). Dans les articles scientifiques, , on les retrouve aussi appelés machine synthétique vivante ou encore micro-robots multi-talents. Ils sont définis comme des machines hybrides dotées de muscles et de nerfs.

Ce sont des machines car, contrairement à ce que l’on peut croire, une machine n’est pas nécessairement inerte (La caractéristique d’une machine est d’être fabriquée, capable de créer, transformer ou faire usage d’énergie pour réaliser une tâche donnée. Lorsque l’on parle de fabrication, on entend des éléments qui n’existeraient pas de façon indépendante sans l’intervention humaine. Il ne s’agit pas non plus d’organismes vivants synthétique. La notion de synthétique fait référence à la biologie synthétique, où des organismes non existants naturellement sur terre sont fabriqués à partir d’éléments vivants.

Ces machines sont par contre hybrides car elles sont élaborées à partir de l’assemblage de cellules vivantes différenciées dont l’alliance est artificielle. Dans le cas des xénobots, on compte plus de 5 000 cellules cardiaques et épidermiques par organisme.

La particularité de ces micro-organismes issus de cellules différenciées, donc dotées – du fait de leur état évolutif – d’un rôle précis dans l’organisme, est qu’il est possible de les reconfigurer, c’est-à-dire les programmer pour faire autre chose que leur destination cellulaire d’origine. On peut ainsi faire se mouvoir de façon autonome des cellules de la peau.

Cela a été rendu possible grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA).

Les chercheurs ont ainsi imaginé donner un certain nombre de tâches à ces biobots : marcher, nager, pousser ou porter un « objet », se soigner, travailler en groupe. Puis, ils ont demandé à une IA d’établir, pour chaque tâche, le type, la forme et la place des cellules à utiliser pour construire un organisme le plus efficient possible. Les formes et alliances modélisées ont alors été reproduites in vitro (en laboratoire).

Il a été observé que ce xénobot cellulaire répondait bien aux attentes. Il a marché, nagé, poussé ou porté un « objet », s’est soigné et enfin a travaillé en groupe. Mais il a fait mieux, et plus fondamental  : fin 2021, il s’est reproduit.

L’impact de cette information est considérable, car les xénobots n’avaient pas été programmés pour cela. Ils ont agi seuls, de façon autonome, sans cerveau, juste à partir de stratégies dont nous ignorons tout. Ces cellules assemblées de peau et de muscle cardiaque, sans histoire évolutionnaire, ont trouvé, indépendamment de tout support extérieur, le moyen de se démultiplier. L’autonomie de la machine en tant qu’objet fabriqué est ainsi prouvée au niveau cellulaire.

Pour la suite, voir

https://theconversation.com/xenobots-biobots-doit-on-avoir-peur-des-robots-vivants-175601

Voir aussi https://www.science-et-vie.com/archives/mi-vivants-mi-machines-les-biorobots-debarquent-22808

28/01/2022 Drones militaires, une défaite française.

Dans son rapport public annuel pour 2020, la Cour des Comptes constate que la France est aujourd’hui dépourvue des drones militaires semblables à ceux en service désormais dans les forces armées de toutes les grandes puissances.

Comme le rapport le précise « Les drones militaires sont des engins mobiles, terrestres, aériens ou navals, sans équipage embarqué, pilotés à distance ou programmés, et équipés d’une ou plusieurs charges utiles : moyens d’observation, d’écoute ou armement, le cas échéant. Plus précisément, la terminologie pertinente devrait se référer au « système de drones », car le vecteur aérien (et ses charges utiles) est indissociable d’un ensemble qui comprend également sa composante au sol, pour les pilotes et les opérateurs, ainsi que la liaison de données – qui permet aux équipages d’interagir avec le drone ».

Ce rapport est remarquable. Tout y est dit ou presque concernant les drones, drones militaires comme d’ailleurs civils. Les recommandations formulées paraissent indiscutables.

Nous nous bornerons à ajouter que les Pouvoirs publics devront faire dès les prochains mois un effort considérables pour imposer au secteur industriel aérien français, dominé par une demande tournée vers les besoins en gros et moyens porteurs civils, de s’intéresser au secteur des drones de toutes tailles.

Faut-il ajouter que dès les prochaines années, l’établissement durable de l’homme dans l’espace, que ce soit en orbite planétaire ou sur la Lune et Mars, supposera le recours à des drones et automates intelligents, le plus souvent capables d’interventions autonomes, sans appels aux stations terrestres.

Référence . Cour des Comptes  « Les drones militaires aériens : une rupture stratégique mal conduite »
https://www.ccomptes.fr/system/files/2020-02/20200225-05-TomeI-drones-militaires-aeriens.pdf

27/01/2022 L’Otan prépare la guerre

Le Département d’État américain, « comme mesure de précaution contre une possible invasion russe de l’Ukraine », a ordonné l’évacuation d’une partie du personnel de son ambassade à Kiev (Ukraine) . Il a élevé au niveau 4 de risque, le plus élevé, l’avertissement pour les citoyens américains de ne pas aller en Ukraine. Immédiatement après le Foreign Office a annoncé, avec le même motif, le retrait du personnel de son ambassade. Ces opérations de guerre psychologique, visant à créer l’alarme quant à une imminente invasion russe de l’Ukraine et des trois républiques baltes, semblent préparer l’opinion à une escalade dans la montée des affrontements.

La Maison-Blanche a annoncé que le président Biden envisage de « déployer plusieurs milliers de soldats US, navires de guerre et avions dans les pays de l’Otan de la Baltique et de l’Europe Orientale ». Des convois ferroviaires spéciaux sont déjà en train de transporter des chars d’assaut américains de la Pologne à l’Ukraine, dont les forces armées sont depuis des années entraînées, et de fait commandées, par des centaines de conseillers militaires et instructeurs de l’US Army. Washington, qui l’an dernier a fourni à Kiev des armes pour un montant officiel de 650 millions de dollars, a autorisé l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie à transférer à l’Ukraine des armements américains en leur possession, notamment des missiles Javelin. D’autres armements sont fournis par la Grande-Bretagne et par la République Tchèque.



L’Otan communique que les pays européens de l’Alliance sont en train de mettre leurs forces armées en état de réactivité opérationnelle et d’envoyer d’autres navires de guerre et avions de combat en Europe Orientale. L’Italie, avec ses chasseurs bombardiers Eurofighter, a pris le commandement de la mission Otan de « police aérienne » en Roumanie. L’Espagne est en train de détacher des navires de guerre dans les forces navales de l’Otan et des chasseurs-bombardiers en Bulgarie. Les Pays-Bas se préparent à envoyer des chasseurs F-35 en Bulgarie et leDanemark envoie des chasseurs F-16 en Lituanie.

Le 26 janvier a commencé en Méditerranée le grand exercice naval de l’Otan Neptune Strike ’22 sous le commandement du vice-amiral Eugene Black, commandant de la Sixième Flotte avec quartier-général à Naples Capodichino et base à Gaeta. Participent à l’exercice, qui dure 12 jours, le porte-avions nucléaire USS Harry Truman avec son groupe de bataille, comprenant 5 unités lance-missiles prêtes à l’attaque nucléaire pour « rassurer les Alliés européens surtout sur le front oriental menacé par la Russie ».



Immédiatement après le NATO Neptune Strike ’22, se déroulera en février l’exercice Mission Clemenceau 22 qui verra engagés, dans une « Opération de trois porte-avions”, le français Charles de Gaulle à propulsion nucléaire avec son groupe de bataille, comprenant aussi un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire, qui entrera dans l’Adriatique ; l’USS Harry Truman avec son groupe de bataille et le porte-avions italien Cavour avec à bord les F-35. Cet exercice aussi, évidemment, est dirigé contre la Russie.



Pendant que l’Otan intime à la Russie l’ordre de « dés-escalader », en l’avertissant que « toute ultérieure agression comportera un coût élevé pour Moscou », les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis à Bruxelles et reliés en téléconférence avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken ont décrété hier de nouvelles mesures contre la Russie. L’Union européenne des 27, dont 21 membres appartiennent à l’Otan sous commandement américain, fait écho à l’avertissement de l’Otan envers la Russie, en déclarant que « toute agression militaire ultérieure contre l’Ukraine aurait de très lourdes conséquences pour la Russie ». Ce faisant l’Union européenne participe à la stratégie de la tension, à travers laquelle les Etats-Unis créent des fractures en Europe pour la garder sous leur influence.

Remarquons pour notre part qu’Emmanuel Macron prend une lourde responsabilité en paraissant cautionner ces opérations suicidaires de l’Otan. Il se comporte ainsi en puppet de Washington.

Voir https://www.voltairenet.org/article215424.html