La Chine réitère son appel aux États-Unis et à l’Iran pour faire cesser l’escalade des tensions© Beyond Walks
Là Chin a besoin de paix au Moyen Orient
La dernière prise de parole de la Chine s’inscrit dans sa position publique répétée sur la crise iranienne : toutes les parties doivent cesser les actions qui aggravent le conflit et revenir à la diplomatie.
Cet appel renouvelé intervient après les frappes lancées par les États-Unis contre des cibles iraniennes de défense aérienne et de surveillance près de Bandar Abbas et de l’île de Qeshm, à la suite d’un incident impliquant un hélicoptère Apache américain et un drone iranien. L’Iran a riposté par des attaques de missiles et de drones contre des sites liés aux États-Unis à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie, selon l’AP.
L’inquiétude de la Chine n’est pas seulement rhétorique.
Un cycle direct d’attaques et de représailles entre les États-Unis et l’Iran risque d’entraîner davantage de pays de la région dans la guerre.
Le Golfe est le point de pression
Le détroit d’Ormuz est au cœur des préoccupations de la Chine.
La Chine est un grand acheteur de pétrole du Golfe, et ce détroit reste l’un des principaux goulets d’étranglement énergétiques au monde. Reuters a déjà rapporté que la Chine avait averti qu’un blocus d’Ormuz irait à l’encontre des intérêts de la communauté internationale et avait appelé toutes les parties à la retenue.
Cela explique l’urgence de Pékin.
Un conflit plus large pourrait faire grimper les prix du pétrole, perturber le trafic des pétroliers, augmenter les coûts d’assurance et ralentir le commerce mondial. Même les pays éloignés du Golfe en ressentiraient les effets économiques.
La Chine veut des discussions, pas une guerre plus large
Pékin appelle régulièrement à des pourparlers de paix autour de la guerre en Iran.
En mars, la Chine a exhorté les parties à créer les conditions de « pourparlers de paix sincères et constructifs », selon Reuters.
Cette position sert plusieurs objectifs. Elle permet à la Chine de se présenter comme un acteur diplomatique stabilisateur. Elle protège aussi ses intérêts économiques sans obliger Pékin à devenir un garant direct de la sécurité dans le Golfe.
La Chine a de l’influence sur l’Iran, mais rien n’indique qu’elle veuille assumer militairement cette crise.
Les dernières frappes font monter les enjeux
Le dernier échange est important parce qu’il implique une action militaire directe des États-Unis et de l’Iran.
L’AP a rapporté que les frappes américaines ont suivi le crash d’un AH-64 Apache après une collision avec un drone iranien près du détroit d’Ormuz, tandis que l’Iran a riposté contre des sites liés aux forces américaines à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.ouverture en direct du Guardian a également indiqué que la Russie et la Chine appelaient à la retenue alors que le conflit s’intensifiait.
Le risque ne se limite pas à une frappe de plus.
Il y a aussi le risque que chaque camp se sente obligé de répondre au dernier coup.
Pékin cherche l’équilibre entre principe et intérêt
Le discours de la Chine met généralement l’accent sur la souveraineté, la stabilité et le refus de l’escalade.
Mais ses intérêts sont aussi très concrets. Pékin a besoin de sécurité énergétique, de voies maritimes ouvertes, de relations stables avec les pays du Golfe et d’une économie mondiale qui ne subisse pas un nouveau choc inflationniste. Les prix du pétrole ont déjà été volatils avec la reprise des combats entre les États-Unis et l’Iran et les craintes de perturbation de l’approvisionnement.
L’appel de la Chine à la retenue est donc à la fois diplomatique et économique.
Plus la guerre s’étend, plus il devient difficile pour Pékin de rester au-dessus du conflit tout en protégeant ses intérêts.
Le test à plus grande échelle
La déclaration de la Chine ne suffira sans doute pas à arrêter le conflit à elle seule.
Mais elle renforce la pression internationale en faveur de la désescalade à un moment où le Golfe devient plus dangereux. Le vrai test est de savoir si Washington et Téhéran peuvent contenir ce dernier échange avant qu’il ne se transforme en guerre régionale plus large.
Pour la Chine, le message est clair : le coût de l’escalade ne restera pas local.
Il se répercutera sur les marchés pétroliers, les voies maritimes, les routes commerciales et les alignements diplomatiques bien au-delà du Moyen-Orient.
Certains pensant que la Chine a besoin de paix en vue d’une future guerre contre les Etats-Unis
