Bloquer le Détrot de Béing pour lutter contre le réchaument océanique

de l’Atlan­tique (AMOC). Ce sys­tème de cou­rants océa­niques, essen­tiel à la régu­la­tion du cli­mat ter­restre, est menacé par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Selon une nou­velle étude publiée dans la revue Science Advances, le blo­cage du détroit de Béring, large d’envi­ron 82 km, pour­rait pro­lon­ger la durée de vie de ce sys­tème.

Le Smith­so­nian explique que les cou­rants méri­diens de retour­ne­ment atlan­tiques (AMOC) agissent comme des convoyeurs d’eau, trans­por­tant les eaux chaudes et salées de sur­face des tro­piques vers l’Atlan­tique Nord, où elles se refroi­dissent, s’épais­sissent et plongent. C’est la prin­ci­pale rai­son pour laquelle l’Europe béné­fi­cie d’un cli­mat rela­ti­ve­ment doux, mal­gré sa haute lati­tude. Les eaux froides retournent ensuite vers le sud, char­gées de nutri­ments essen­tiels à la vie marine. Cepen­dant, des études récentes sug­gèrent que la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) s’affai­blit. Avec la hausse des tem­pé­ra­tures, la fonte des glaces du Groen­land libère de l’eau douce dans l’Atlan­tique Nord. Cette dimi­nu­tion de la sali­nité des eaux de sur­face per­turbe la plon­gée des eaux froides, ce qui réduit d’autant la quan­tité d’eau chaude pro­ve­nant des tro­piques.

UNE SOLUTION INSPIRÉE DU PASSÉ GÉOLOGIQU

L’effon­dre­ment de la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) pour­rait avoir des consé­quences catas­tro­phiques. Le niveau de la mer mon­te­rait le long de la côte est des États-Unis, les tem­pé­ra­tures chu­te­raient en Europe et les régimes de pré­ci­pi­ta­tions seraient modi­fiés, pro­vo­quant des séche­resses en Europe et en Afrique. D’après une nou­velle

étude menée par une équipe de scien­ti­fiques néer­lan­dais, la construc­tion d’un sys­tème de bar­rages dans le détroit de Béring pour­rait don­ner à la Terre un répit. Ce détroit per­met à l’eau douce de cir­cu­ler de l’océan Paci­fique à l’océan Arc­tique, puis à l’océan Atlan­tique. Les bar­rages entra­ve­raient ce flux, modi­fiant ainsi la pro­por­tion d’eau douce et d’eau salée dans chaque océan.

L’océa­no­graphe phy­si­cien Jelle Soons, de l’uni­ver­sité d’Utrecht et co-auteur de l’étude, a expli­qué à New Scien­tist que l’idée de ce bar­rage lui était venue car, il y a envi­ron 2,6 à 5,3 mil­lions d’années, au Plio­cène, le niveau de la mer était plus bas lorsqu’un pont ter­restre enjam­bait le détroit de Béring. Des recherches anté­rieures ont mon­tré que les cou­rants de retour­ne­ment atlan­tiques étaient plus forts

durant cette période, prin­ci­pa­le­ment grâce à cette bar­rière natu­relle.

DES SIMULATIONS JUGÉES PROMETTEUSES

Soons, en col­la­bo­ra­tion avec Henk Dijks­tra, un autre océa­no­graphe phy­si­cien de l’uni­ver­sité d’Utrecht, a réa­lisé des simu­la­tions infor­ma­tiques pour tes­ter cette hypo­thèse. L’équipe de recherche a constaté que la construc­tion d’un bar­rage lorsque la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) est légè­re­ment affai­blie pour­rait ren­for­cer le sys­tème du détroit et lui per­mettre de fonc­tion­ner, même en cas d’aug­men­ta­tion des émis­sions de gaz à effet de serre. Cepen­dant, si l’AMOC est déjà au bord de l’effon­dre­ment, le blo­cage du détroit accé­lé­re­rait le pro­ces­sus de désta­bi­li­sa­tion.

Selon l’équipe de recherche, la construc­tion de trois bar­rages serait néces­saire en rai­son de la pré­sence de deux îles au milieu du détroit de Béring. Le plus long de ces bar­rages mesu­re­rait envi­ron 38 km. Soons a jugé cette solu­tion tech­ni­que­ment réa­li­sable. Il a ajouté que ces lon­gueurs ne dif­fé­re­raient pas signi­fi­ca­ti­ve­ment de celles du bar­rage d’Afsluit­dijk aux Pays-Bas (32 km) ni de la digue de Sae­man­geum en Corée du Sud (33 km). Le bar­rage du détroit de Béring aurait une pro­fon­deur maxi­male de 59 m, à peine supé­rieure à la pro­fon­deur maxi­male de la digue de Sae­man­geum (54 m). Cepen­dant, ces deux ouvrages sont situés dans des eaux côtières rela­ti­ve­ment calmes, et non dans des zones recu­lées sujettes à de forts cou­rants et à la pré­sence de glace de mer.

DES RISQUES ENCORE MAL ÉVALUÉS

La solu­tion pro­po­sée par les scien­ti­fiques néer­lan­dais com­porte encore de nom­breux risques. Selon Soons, la sépa­ra­tion des océans Paci­fique et Arc­tique aurait des consé­quences néfastes sur la faune sau­vage, la pêche, le trans­port mari­time et les com­mu­nau­tés qui dépendent du détroit de Béring pour leurs moyens de sub­sis­tance.

« Le blo­cage du détroit pour­rait entraî­ner des chan­ge­ments cli­ma­tiques que nous ne com­pre­nons pas encore plei­ne­ment. Toute inter­ven­tion de cette ampleur doit prendre en compte avec soin les consé­quences impré­vues, en plus des avan­tages atten­dus », a déclaré Jona­than Baker, océa­no­graphe au Met Office bri­tan­nique, à Live Science. Soons et Baker s’accordent à dire que davan­tage de simu­la­tions sont néces­saires pour vali­der la recherche et obte­nir une image plus pré­cise des consé­quences de dif­fé­rents scé­na­rios.

Baker a déclaré : «Le blo­cage du détroit de Béring pour­rait retar­der l’effon­dre­ment dans cer­taines condi­tions, mais n’éli­mine pas le risque poten­tiel, car la Terre conti­nue de se réchauf­fer. La solu­tion la plus fiable pour réduire le rde l’Atlan­tique (AMOC). Ce sys­tème de cou­rants océa­niques, essen­tiel à la régu­la­tion du cli­mat ter­restre, est menacé par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Selon une nou­velle étude publiée dans la revue Science Advances, le blo­cage du détroit de Béring, large d’envi­ron 82 km, pour­rait pro­lon­ger la durée de vie de ce sys­tème.

Le Smith­so­nian explique que les cou­rants méri­diens de retour­ne­ment atlan­tiques (AMOC) agissent comme des convoyeurs d’eau, trans­por­tant les eaux chaudes et salées de sur­face des tro­piques vers l’Atlan­tique Nord, où elles se refroi­dissent, s’épais­sissent et plongent. C’est la prin­ci­pale rai­son pour laquelle l’Europe béné­fi­cie d’un cli­mat rela­ti­ve­ment doux, mal­gré sa haute lati­tude. Les eaux froides retournent ensuite vers le sud, char­gées de nutri­ments essen­tiels à la vie marine. Cepen­dant, des études récentes sug­gèrent que la cir­cu­la­tion méri­dienne de retour­ne­ment atlan­tique (AMOC) s’affai­blit. Avec la hausse des tem­pé­ra­tures, la fonte des glaces du Groen­land libère de l’eau douce dans l’Atlan­tique Nord. Cette dimi­nu­tion de la sali­nité des eaux de sur­face per­turbe la plon­gée des eaux froides, ce qui réduit d’autant la quan­tité d’eau chaude pro­ve­nant des tro­piques.

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