17/06/22 Des plantes terrestres susceptibles de s’adapter sur la Lune

Et si la Lune était verte ? Il serait possible d’imaginer que des plantes, au cours des milliards d’années qui ont suivi la formation de la Lune, aient pu pu y être apportées par des phénomènes naturels tels que les astéroides , s’adapter à un environnement lunaire très hostile et y survivre dans des sites disposant d’un minimum des ressources qui leur sont nécessaires.

A supposer que cela n’ait pas été le cas, il est important aujourd’hui d’étudier comment des plantes terrestres apportées sur la Lune lors de futures missions pourraient y survivre et s’y développer.

Une équipe de ce que l’on pourrait nommer des astrobiologistes vient de faire des expériences en ce sens. Elles sont rapportées dans un article de Nature dont nous publions ici les références et l’abstract. Comme on le devine, ils n’ont pas pu faire des essais agricoles sur la Lune elle-même.

Ils ont utilisé de petits échantillons variés du sol lunaire dit régolithe rapportés lors de précédente missions. Ils ont constaté qu’une  espèce terrestre dite  Arabidopsis thaliana  pouvait croitre dans divers regolithes lunaire, dans des conditions simulant l’environnement lunaire.

L’étude du génome de ces plantes a montré que celles-ci étaient incontestablement stressées mais qu’elles pourraient se développer en s’adaptant, notamment dans les prochaines stations lunaire

Si la Lune n’est pas verte à ce jour, elle pourrait le devenir dans quelques centaines d’années, sinon auparavant. L’eau ne devrait pas manquer.

Voir aussi https://theconversation.com/pourra-t-on-faire-pousser-des-plantes-sur-la-lune-des-indices-avec-les-echantillons-ramenes-par-apollo-185083

.Référence

Abstract

The extent to which plants can enhance human life support on other worlds depends on the ability of plants to thrive in extraterrestrial environments using in-situ resources. Using samples from Apollo 11, 12, and 17, we show that the terrestrial plant Arabidopsis thaliana germinates and grows in diverse lunar regoliths. However, our results show that growth is challenging; the lunar regolith plants were slow to develop and many showed severe stress morphologies. Moreover, all plants grown in lunar soils differentially expressed genes indicating ionic stresses, similar to plant reactions to salt, metal and reactive oxygen species. Therefore, although in situ lunar regoliths can be useful for plant production in lunar habitats, they are not benign substrates. The interaction between plants and lunar regolith will need to be further elucidated, and likely mitigated, to best enable efficient use of lunar regolith for life support within lunar stations.

16/06/2022 L’avionneur européen Airbus accumule les commandes.

Airbus vient d’enregistrer une méga commande provenant de BOC Aviation, un loueur basé à Singapour. Le groupe aéronautique a signé avec cette filiale de Bank of China une commande ferme de 80 avions de la famille A320neo.« Il s’agit de la plus importante commande unique que nous ayons jamais passée et elle portera à 546 le nombre total d’appareils Airbus achetés depuis notre création », a indiqué dans un communiqué Robert Martin, le directeur général de BOC Aviation.

Cette nouvelle permet à Airbus de continuer à garnir son carnet de commandes déjà bien rempli, avec l’ambition de monter en cadence pour produire les appareils A321 XLR, future version à « très long rayon d’action » du monocouloir A 321. Ainsi Airbus compte tourner la page de la crise et prendre l’ascendant sur son grand rival Boeing ! Le modèle a déjà enregistré depuis plus de 450 commandes, dont 37 en 2020.

L’A321 XLR (extra long range) sera. capable d’assurer des vols de dix heures avec jusqu’à 244 passagers à bord Cet appareil permettra d’exploiter avec un monocouloir des liaisons qui jusqu’ici ne pouvaient l’être que par des gros porteurs long-courriers. Lancé lors du salon aéronautique du Bourget en juin 2019, le modèle a enregistré depuis plus de 450 commandes, dont 37 en 2020. Il continue à bénéficier d’une très forte demande du marché, selon le directeur commercial d’Airbus. Parmi les 24 clients de l’appareil, les compagnies American Airlines et United Airlines en ont commandé 50 chacune, l’australienne Qantas 36.

Les livraisons doivent débuter en 2023. Grâce à son rayon d’action de 4.700 milles nautiques (8.700 km), un passager pourra alors voyager de Reykjavik à Dubai ou de Londres au Cap à bord d’un appareil dérivé de l’A320, ce moyen-courrier aux six sièges de rang répartis par une allée centrale qui a fait le succès de l’avionneur européen. Celui-ci l’a conçu pour attaquer le segment dit « milieu de marché », entre les moyen-courriers type A320 et B737 et les gros porteurs (A330, A350, B787 et B777), jusque-là occupé par le Boeing  757 vieillissant.

Avant la survenue du Covid-19, l’A321 XLR permettait pour les compagnies d’envisager de développer de manière rentable des lignes long-courriers à faible flux de trafic et de « tester » de nouvelles destinations. La pandémie a amplifié le futur besoin de lignes « point à point » dans un marché qui mettra des années à se remettre. Car l’effondrement du trafic aérien mondial a mis à bas -au moins pour un temps- le système de correspondances via les hubs aéroportuaires. « Il correspond très bien aux besoins du marché, c’était le cas avant la pandémie mais nous pensons que ce sera encore plus le cas après », résume le patron d’Airbus, Guillaume Faury.

« Il coûte beaucoup moins cher à acheter, à entretenir » et à exploiter qu’un gros-porteur, selon Jérôme Bouchard, spécialiste du secteur aéronautique au cabinet de conseil Oliver Wyman. D’autant que l’entraînement des pilotes -un facteur important de coûts- pourra être mutualisé entre des opérations de type long-courrier et des opérations court et moyen-courriers Les A321 comptent actuellement à eux seuls pour près de la moitié des 6.355 monocouloirs du carnet de commandes d’Airbus. A terme le XLR « va représenter la majeure partie des A321 » vendus,

Face à cela, le rival Boeing est pour l’instant démuni. L’avionneur américain, plombé par les déboires du 737 MAX et par une dette de près de 64 milliards de dollars, a renoncé début 2020 à lancer son projet de NMA (New Midsize Aircraft). Cet avion pouvant transporter jusqu’à 275 passagers sur près de 9.000 kilomètres était annoncé pour 2025, avec deux ans de retard sur le XLR

Si l’avionneur européen avait misé dans les années 2000 sur le très gros A380 quand Boeing optait avec succès pour le B787, plus petit et plus rentable, cette fois, Airbus semble avoir a gagné la partie, La décision d’annuler le NMA va coûter extrêmement cher à Boeing, au moins sur les dix ans à venir.

Mais le géant de Seattle n’a peut-être pas dit son dernier mot. Son PDG David Calhoun a laissé entendre fin janvier que les efforts de développement s’orientaient vers un avion de cette gamme. « Nous allons prendre notre temps » mais « nous serons prêts à offrir un produit vraiment différent lorsque le moment viendra » a-t-il déclaré. Selon la publication spécialisée Aviation Week, l’avionneur a commencé à sonder ses sous-traitants sur un avion qui entrerait en service à la fin de la décennie.

De plus, Boeing compte sur des marchés militaires en constante augmentation pour assurer son avenir.

16/06/2022 International. Les deux tiers des Etats du monde ne veulent pas condamner Poutine

ll s’agit non de Poutine à proprement parler, mais des « opérations militaires spéciales » qu’il mène depuis quelques semaines en Ukraine. Ces opérations généralement désignées par le terme de guerre, viennent de franchir le cap des trois mois et ne semble pas près de finir. Or, à l’exception des alliés historiques de Etats-Unis et membres de l’Union Européenne ou de l’Otan, la communauté internationale reste très divisée quant à la position à adopter sur cette affaire.

En effet, de nombreuses nations membres de l’ONU, appartenant en majorité au groupe historique dit des 77 créé en 1964 pour promouvoir le développement des pays dits « du Sud », restent dubitatives. Elles hésitent à condamner la Russie et préfèrent s’en tenir à la neutralité.

Dans un premier temps, l’étonnement provoqué par cette agression avait pourtant suscité une certaine unanimité dans la condamnation. Ainsi, l’Assemblée Générale de l’ONU avait voté le 2 mars une première résolution demandant à la Russie de « retirer immédiatement, complètement et sans condition toutes ses forces militaires », ceci à majorité de 141 voix favorables, face à seulement 5 oppositions et 35 abstentions.

Les cinq pays ayant voté contre cette résolution sont la Russie elle-même, la Biélorussie, la Syrie et l’Érythrée, ainsi que la Corée du Nord.

Toutefois, parmi les 35 pays qui se sont abstenus, on comptait déjà plusieurs des acteurs majeurs de la communauté internationale, dont la Chine et l’Inde, mais aussi le Pakistan, l’Iran, l’Afrique du Sud ou l’Algérie.

Le 7 avril, lors du vote d’une  nouvelle seconde résolution de l’AG proposant d’exclure la Russie du Conseil des droits de l’homme, seuls 93 pays se sont prononcés pour, 24 contre et 58 choisissant de s’abstenir.

Parmi les 24 pays qui ont voté contre, on retrouve les quatre qui avaient déjà soutenu la Russie précédemment, mais la Russie a cette fois rallié à sa cause de nombreux pays d’Asie, à commencer par la Chine, suivie des pays communistes du Vietnam et du Laos, ainsi que de toutes les anciennes républiques soviétiques de l’Asie centrale, Cuba et le Nicaragua pour l’Amérique centrale et des pays africains comme l’Algérie, le Mali, le Congo ou l’Éthiopie.

Cependant, c’est le nombre de pays s’étant abstenus qui est le plus parlant. On y retrouve la plupart des poids lourds démographiques et politiques du monde non occidental : l’Inde, l’Indonésie, le Pakistan, le Bangladesh, la Thaïlande, le Brésil, le Mexique, l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola, le Mozambique, l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman notamment. Six d’entre eux (Inde, Indonésie, Brésil, Mexique, Afrique du Sud et Arabie saoudite) sont même membres du G20, qui est plus divisé que jamais sur cette question puisque la Russie y bénéficie du soutien de la Chine.

Depuis lors, ce nouveau clivage Nord-Sud ne s’est pas démenti : les pays qui refusent de condamner fermement la Russie représentent donc les deux tiers de l’humanité. Plusieurs raisons complémentaires permettent d’expliquer et de comprendre cette situation.

Le souvenir de la guerre froide

Tout d’abord, pour beaucoup de pays du Sud, le conflit entre la Russie et l’Ukraine est confus et relève des séquelles de l’implosion de l’URSS. Ils ne sont pas loin de considérer qu’il s’agit là d’une affaire interne à la « grande Russie » dans laquelle ils ne veulent pas prendre parti au nom d’un principe de non-ingérence.

Ensuite, les objectifs de l’Occident, des États-Unis et de l’OTAN leur semblent à juste titre suspects. Après avoir commencé à tourner le dos à l’Europe depuis la présidence Obama pour se concentrer sur sa rivalité croissante avec la Chine dans la région Indopacifique, les États-Unis semblent en effet avoir redécouvert leur vieil ennemi russe et vouloir mener contre lui, par l’intermédiaire de l’Ukraine, une nouvelle guerre au nom du « combat de la démocratie contre le totalitarisme ».

Or nombreux sont les pays du Sud qui ont fait les frais de la guerre froide et des guerres chaudes qu’ont menées sur leur territoire les deux puissances dominantes de l’époque , Etats-Unis et Russie. Il serait fastidieux d’énumérer ici tous les conflits sanglants de cette nature qui ont émaillé l’histoire de la seconde partie du XXe siècle, depuis la capitulation de l’Allemagne nazie en mai 1945 jusqu’à la chute du mur de Berlin en novembre 1989. On citera ainsi la guerre de Corée de 1950 à 1953, les interventions armées des États-Unis dans leur pré carré latino-américain au Guatemala en 1954 et 1960, à Cuba en 1959-1960, au Salvador et au Nicaragua en 1980, en Grenade en 1983 et à Panama en 1989 et surtout la guerre du Vietnam élargie au Cambodge et au Laos de 1961 à 1975.

Et tout cela sans compter les innombrables coups d’État militaires sanglants organisés avec le soutien de la CIA américaine et ses alliés aux quatre coins de la planète, du Brésil et du Congo en 1964 à l’Indonésie en 1965 et au Chili en 1973.

Il est vrai que l’URSS s’est comportée de manière guère moins brutale pour supprimer les velléités démocratiques au sein du bloc socialiste, de Budapest en 1956 à Prague en 1968, sans même parler de la guerre d’Afghanistan (1979-1988).

Cependant, le comportement plus récent de l’Occident sur la scène internationale ne le place pas en bonne position pour condamner les pays qui violent la souveraineté d’autres nations et leur donner des leçons de morale. En effet, la croisade planétaire visant à imposer la démocratie dans le monde par la force armée, lancée par George W. Bush et son entourage néo-conservateur à la suite des attentats du 11 Septembre, et qui a abouti à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, a largement délégitimé, dans de nombreux pays du monde, toute prétention occidentale à l’exemplarité.

L’intervention conduite par les Américains et leurs alliés en Irak, au premier rang desquels le Royaume-Uni, s’est accompagnée de crimes de guerre et contre l’humanité ainsi que de graves atteintes aux droits de l’homme et à la dignité humaine dans les centres de détention d’Abu Ghraib et de Guantanamo, où la torture a été systématique. S’y ajoutent l’action de la France et de l’OTAN en Libye (2011) qui a notamment donné lieu à l’assassinat sordide de Khadafi et, bien entendu, le soutien constant de Washington à Israël dans le conflit israélo-palestinien, matérialisé notamment par les nombreux vétos que les États-Unis ont opposés aux résolution de l’ONU condamnant la partie israélienne.

En outre, le comportement plus récent de l’Occident sur la scène internationale ne le place pas en bonne position pour condamner les pays qui violent la souveraineté d’autres nations et leur donner des leçons de morale.

En effet, la croisade planétaire visant à imposer la démocratie dans le monde par la force armée, lancée par George W. Bush et son entourage néo-conservateur à la suite des attentats du 11 Septembre, et qui a abouti à l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, a largement délégitimé, dans de nombreux pays du monde, toute prétention occidentale à l’exemplarité.

L’intervention conduite par les Américains et leurs alliés serviles en Irak, au premier rang desquels le Royaume-Uni, s’est accompagnée de crimes de guerre et contre l’humanité ainsi que de graves atteintes aux droits de l’homme et à la dignité humaine dans les centres de détention d’Abu Ghraib et de Guantanamo, où la torture a été systématique. S’y ajoutent l’action de la France et de l’OTAN en Libye (2011) qui a notamment donné lieu à l’assassinat sordide de Khadafi et, bien entendu, le soutien constant de Washington à Israël dans le conflit israélo-palestinien, matérialisé notamment par les nombreux vétos que les États-Unis ont opposés aux résolution de l’ONU condamnant la partie israélienne.

Les pays du Sud qui, aujourd’hui, s’abstiennent de condamner la Russie pour son invasion de l’Ukraine ont tout cela à l’esprit et l’on peut donc comprendre que bon nombre d’entre eux soient sceptiques devant les appels des États-Unis et de l’Occident à rejoindre leur croisade contre Moscou face à un conflit complexe dont ils ne comprennent pas tous les enjeux et qui ne leur semble pas pire que ceux d’Irak, de Libye ou d’ailleurs.

Certes plusieurs d’entre eux sont des clients fidèles de Moscou qui leur vend des armes et équipe ou forme leurs forces armées. De plus, cess pays défendent surtout leurs propres intérêts légitimes et sont principalement préoccupés par la crise économique planétaire résultant de ce conflit ainsi que dut le blocage des exportations de céréales et d’engrais chimiques d’Ukraine et de Russie qui les menacent de famine, comme l’a plaidé au nom de l’Afrique auprès de Poutine le président sénégalais Macky Sall lors de sacente visite à Sotchi

Un modèle occidental discutable hier comme aujourd’hui

Dans une perspective historique plus longue, il ne faut pas sous-estimer non plus le fait que de nombreux pays du Sud, principalement en Afrique, n’ont toujours pas admis l’esclavage, la colonisation et des politiques néocoloniales qui lui ont pris la suite.. Ils ont aussi le souvenir qu’à l’époque de la lutte anticoloniale et du début des indépendances, l’URSS a été pratiquement le seul pays à les soutenir.

Les très mauvaises relations actuelles de la France avec les pays du Sahel doivent donc aussi s’analyser en se remémorant « l’amitié entre les peuples » qui a lié à Moscou le Mali de Modibo Keïta ou la Guinée-Conakry de Sékou Touré dans les années 1960. En dépit de tout ce qu’elle peut faire en Ukraine, la Russie d’aujourd’hui tire toujours avantage de cette réputation de solidarité passée avec ce qu’on appelait le Tiers Monde

Pour le présent, de nombreux États du Sud restent dubitatifs face à la volonté proclamée par Joe Biden d’incarner le camp de la démocratie sur la scène internationale. Outre le fait que la crédibilité de Biden est entachée par le fait qu’il a voté en faveur de l’invasion de l’Irak, la démocratie américaine a régulièrement démontré toutes ses limites et outrances sous Donald Trump

Plus divisés que jamais, les États-Unis donnent plutôt l’image d’un pays au bord de la guerre civile et sur le déclin, inefficace, violent, raciste et injuste, notamment vis-à-vis de sa minorité afro-américaine.

À l’inverse, la la République populaire de Chine de Xi Jinping, représente le contre-modèle d’un pays en plein essor qui a réussi en quelques décennies à sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté et à mettre en œuvre une politique de développement économique et social lui permettant d’espérer redevenir d’ici le centenaire de sa révolution en 2049 la première puissance du monde qu’elle était jusqu’au XIXe siècle.

Il n’est donc pas surprenant qu’une proportion importante de la population de nombreux pays du Sud et même du Nord en soit arrivée à penser qu’un régime autoritaire est plus efficace pour gouverner qu’un système « démocratique » – Ce concept qui a souvent été détourné par les oligarchies locales à leur profit, est synonyme de corruption et n’a pas tenu ses promesses de justice et de liberté. Cela explique en bonne partie que la démocratie soit remise en question un peu partout aux quatre coins de la planète et que l’autoritarisme ait le vent en poupe.

Enfin, il ne faut pas négliger le fait que la majorité des populations de nombreux pays du Sud est rétive au libéralisme des mœurs sociétal prôné par l’Occident, jugé décadent, a-religieux et trop favorable aux droits des femmes et des minorités LGBT+, alors que la Russie s’est forgé l’image du modèle opposé qui défend les « valeurs traditionnelles ». Or Moscou en joue beaucoup avec habileté et succès dans son discours à leur égard.

Très concrètement, le clivage évoqué plus haut qui s’approfondit au sein du G20 illustre particulièrement bien cette nouvelle division Nord-Sud de la communauté internationale. Le prochain sommet du Club des 20 plus grandes économies de la planète doit en effet se tenir à Bali à la mi-novembre puisque c’est l’Indonésie qui assure sa présidence en 2022. Or, une petite majorité de pays membres de l’alliance informelle de ceux qui soutiennent activement l’Ukraine, tous du Nord au sens économique du terme, ne veulent pas s’asseoir à la même table que Poutine et insistent pour que la Russie ne soit pas invitée. Les autres, majoritairement du Sud, la Chine en tête, ne partagent pas cette position de rupture ou sont même d’un avis résolument contraire.

Face à cela, le président indonésien Jokowi, hôte du sommet et placé dans une situation très inconfortable, a annoncé qu’il n’était pas dans son pouvoir d’exclure la Russie mais qu’il inviterait en revanche volontiers Volodymyr Zelensky à également participer à la réunion, ce que ce dernier a déjà accepté. Il est difficile de dire si sa proposition sera retenue et permettra de surmonter le blocage. Il se pourrait bien au contraire que la guerre entre la Russie et l’Ukraine fasse exploser le G20.

15/05/2022…Mission Gaïa de l’ESA…Un succès

Gaia est une mission spatiale astrométrique consacrée à la mesure de la position, de la distance et du mouvement des étoiles, développée par l’Agence spatiale européenne. Le projet a été retenu en 2000 comme élément du programme scientifique Horizon 2000+.

Le satellite du même nom, Gaia, positionné en stationnaire sur le Point de Lagrange 2, vient de faire parvenir sur la Terre un 3e recueil de données, beaucoup plus complet que les deux précédents (2016 et 2018)

Un point de Lagrange (noté L1 à L5), est « une position de l’espace où les champs de gravité de deux corps en orbite l’un autour de l’autre fournissent exactement la force centripète requise pour que ce point de l’espace accompagne simultanément le mouvement orbital des deux corps ».

Dans le cas où les deux corps sont en orbite circulaire, ces points représentent les endroits où un troisième corps, de masse négligeable, ici le satellite, resterait immobile par rapport aux deux autres, au sens où il accompagnerait à la même vitesse angulaire leur rotation autour de leur centre de gravité commun sans que sa position par rapport à eux n’évolue. Autrement dit, ce satellite semble fournir des images fixes, permettant des analyses précises.

Depuis son lancement en 2013, le satellite Gaia a cartographié notre galaxie, produisant une carte multidimensionnelle de la Voie Lactée. Les données fournies comprennent les positions par rapport au Soleil, les distances, les mouvements et même la couleur des corps visés.

Ceux-ci sont au nombre de 2.000 millions d’étoiles, des milliers d’objets protoplanétaire provenant du Système Solaire et d’autres sources. Gaia fournira par ailleurs les vitesses radiales de 33 millions d’étoiles binaires dans la galaxie.. Connaitre celles-ci est indispensable pour comprendre l’évolution des étoiles.

Vidéo de Référence

https://www.esa.int/ESA_Multimedia/Videos/2022/06/Gaia_data_release_3_exploring_our_multi-dimensional_Milky_Way

14/06/2022 Sur Eric Zuesse

Eric Zuesse est un historien américain non engagé. Il participe à l’édition ou écrit dans une quinzaine de sites alternatifs notamment  Common DreamsAlternetSalon.coCounter Current,  Zero Hedg, Mint Press NewsOff GuardianRussia InsiderSOTT signs of the Times, The Duran,  The Unz Review et Washington’s Blog.

Dans un article du 2 Juin 2022, il a expliqué que e la priorité actuelle du gouvernement américain est de défaire (battre) la Russie en Ukraine, ceci quel qu’en soit le coût humain et matériel pour les Ukrainiens

https://www.sott.net/article/468564-The-US-governments-top-priority-now-is-to-defeat-Russia-in-Ukraine

Eric Zuesse: His next book (soon to be published) will be AMERICA’S EMPIRE OF EVIL: Hitler’s Posthumous Victory, and Why the Social Sciences Need to Change. It’s about how America took over the world after World War II in order to enslave it to U.S.-and-allied billionaires. Their cartels extract the world’s wealth by control of not only their ‘news’ media but the social ‘sciences’ — duping the public.

13/06/2022 Le poids des chiens sur la planète

Le réchauffement climatique fait présager une diminution des ressources alimentaires disponibles pour les 7 milliards d’humains. Il conviendra donc de plus en plus de se demander si le nombre des chats et surtout des chiens domestiques n’est pas devenu excessif.

Ces animaux consomment de plus en plus de produits analogues à ceux dont les humains se nourrissent, voire souvent de meilleure qualité. Or, excepté les chiens au service des éleveurs, leur apport pour résoudre les besoins primaires de l’humanité est faible. Posséder un chien deviendra un luxe de plus en plus coûteux.

On fera valoir que les chiens dits d’utilité sont aujourd’hui indispensables. Parmi ces chiens, on compte les chiens d’assistance pour les personnes handicapées, les chiens de sauvetage, les chiens d’avalanche, les chiens policiers ou douaniers. La grande majorité des chiens sont dits de garde. Ils aboient lorsque des inconnus d’eux s’approchent des propriétés ou résidences dans lesquelles ils vivent.

Avec les guerres, mal nourris, les chiens redeviennent de simples prédateurs. La télévision couvrant la guerre en Ukraine montre souvent, avant d’être censurée, des chiens noirs de grande taille se disputant le cadavre d’un combattant.

Pour ce qui est des chiens, voici leur répartition estimée en 2010 : 

  • 1 – Etats-Unis : 61 080 000
  • 2 – Brésil : 30 051 000
  • 3 – Chine : 22 908 000
  • 4 – Japon : 9 650 000
  • 5 – Russie : 9 600 000
  • 6 – Afrique du Sud : 9 100 000
  • 7 – France : 8 150 000
  • 8 – Italie : 7 600 000
  • 9 –  Pologne : 7 520 000
  • 10 – Thaïlande : 6 900 000

Source : Pet Market, octobre 2010. 

12/06/2922. La vie a-t-elle pu se former spontanément sur du verre terrestre d’origine volcanique ?

Comment est apparue la vie sur Terre ? A partir du moment où l’on n’affirme plus que la vie terrestre a été créée par une divinité, mais est apparue spontanément, probablement dans des mers de très faible profondeur, il devient nécessaire pour la science de préciser les raisons de cette apparition. Depuis plusieurs décennies, les hypothèses n’ont pas manqué. Aucune à ce jour n’a été vérifiée. Ceci tient sans doute à ce que la définition de la vie, ou plus précisément de la matière vivante, n’est pas encore suffisamment précise. On ne trouve que ce que l’on cherche.

Rappelons que dans une lettre adressée à son ami, le  botaniste et explorateur britannique Joseph Dalton Hooker,  Darwin avait envisagé en 1871 un lieu et un scénario possible pour l’origine du vivant sur la Terre : « Quelque petite mare chaude, en présence de toutes sortes de sels d’ammoniac et d’acide phosphorique, de lumière, de chaleur, d’électricité, etc. »,  « un composé de protéine fut chimiquement formé, prêt à subir des changements encore plus complexes ».

Aujourd’hui , une équipe de chercheurs menée par Elisa Biondi et Steven Benner, tous deux membres de la Foundation for Applied Molecular Evolution aux États-Unis, vient de publier dans le journal Astrobiology un article référencé ci-dessous concernant une découverte intéressante susceptible d’éclairer l’origine de la vie sur Terre . Elle pourrait aussi intéresser les hypothèses concernant son apparition sur Mars ou dans toute autre planète au delà du système solaire pouvant être qualifiée de « planète habitable » .

On a cependant découvert que l’ARN, qui joue un rôle primordial dans la construction des protéines à partir de l’information issue de l’ADN, pouvait avoir des propriétés autocatalytiques lui permettant de se comporter un peu comme des enzymes vis-à-vis de lui-même. Cette observation a conduit à postuler qu’un « monde d’ARN » a peut-être, à l’aube de la vie, précédé celui de l’ADN et des protéines. Mais un système génétique et des mécanismes pour le métabolisme ne suffisent pas pour la vie. Il faut aussi des compartiments dans lesquels prennent place le métabolisme et le système génétique. En d’autres termes, se pose le problème de l’origine des membranes cellulaires à base de lipides.

L’article, aujourd’hui publié dans Astrobiology et la découverte qu’il expose, apporte peut-être quelques éléments de réponse. Il se base sur des travaux de biochimie et de géochimie utilisant du verre volcanique apparenté aux basaltes. Rappelons que selon une définition que l’on peut trouver fréquemment, un verre volcanique est un matériau amorphe issu du refroidissement rapide d’un magma. Les minéraux n’ayant pas eu le temps ou la possibilité de cristalliser il apparaît donc au microscope comme une pâte amorphe. Un bon exemple est fourni par l’obsidienne qui se forme encore aujourd’hui dans certains volcans.

La genèse de verres volcaniques devait être encore plus importante pendant l’Hadéen  sur Terre et le Noachien sur Mars. « Le verre basaltique était partout sur Terre à l’époque », selon Stephen Mojzsis dans un communiqué de la Foundation for Applied Molecular Evolution. Spécialisé en géoscience, le chercheur ajoute que « pendant plusieurs centaines de millions d’années après la formation de la Lune, des impacts fréquents couplés à un volcanisme abondant sur la jeune planète ont formé de la lave basaltique en fusion, la source du verre de basalte ». Il devait en être de même sur Mars. Celle-ci a conservé dans ses couches géologiques beaucoup de ces basaltes et donc des verres qu’ils peuvent former, datant de plus de 3 milliards d’années.

Référence

Catalytic Synthesis of Polyribonucleic Acid on Prebiotic Rock Glasses

8 Jun 2022 https://doi.org/10.1089/ast.2022.0027

  • Abstract

Reported here are experiments that show that ribonucleoside triphosphates are converted to polyribonucleic acid when incubated with rock glasses similar to those likely present 4.3–4.4 billion years ago on the Hadean Earth surface, where they were formed by impacts and volcanism. This polyribonucleic acid averages 100–300 nucleotides in length, with a substantial fraction of 3′,-5′-dinucleotide linkages. Chemical analyses, including classical methods that were used to prove the structure of natural RNA, establish a polyribonucleic acid structure for these products. The polyribonucleic acid accumulated and was stable for months, with a synthesis rate of 2 × 10−3 pmoles of triphosphate polymerized each hour per gram of glass (25°C, pH 7.5). These results suggest that polyribonucleotides were available to Hadean environments if triphosphates were. As many proposals are emerging describing how triphosphates might have been made on the Hadean Earth, the process observed here offers an important missing step in models for the prebiotic synthesis of RNA.

Voir aussi

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exobiologie-origine-vie-arn-peut-former-spontanement-verre-volcanique-martien-51275/

12/06/2022 Pourquoi faire silence sur l’avantage essentiel des voitures électriques ?

La presse professionnelle, comme la presse grand public et la communication des constructeurs, consacrent désormais des milliers de pages à expliquer que les futurs véhicules à moteur électrique ou hybride ne représentent pas de risques importants.

Ils ne mentionnent que les risques liés à la production ou au recyclage des futures batteries au lithium. Curieusement ils ne mentionnent pas les risques notamment pour la santé, liés aux gaz d’échappement des véhicules actuels que les moteurs électrique permettraient d’éviter . Chacun sait que les centres urbains actuels sont à certaines heures devenus quasiment irrespirables pour les résidents et même pour ceux qui les traversent. Par ailleurs ils sont devenus si bruyants qu’il faut y vivre toutes fenêtres fermées.

Rappelons que les gaz d’échappement contiennent notamment du monoxyde de carbone, du monoxyde et du dioxyde d’azote et des particules fines riches en HAP (hydrocarbures aromatiques polycycliques) cancérogènes.
 

Si les gaz d’échappement entraînent une pollution environnementale à laquelle chacun est exposé, il existe des situations professionnelles entrainant des expositions très largement supérieures à la celle de la population générale.

L’exposition à des concentrations importantes de gaz d’échappement entraîne des signes d’irritation des yeux ou des voies respiratoires, dus essentiellement à la présence d’oxyde d’azote. Inhaler des gaz d’échappement, particulièrement ceux des moteurs à essence, peut conduire à une intoxication aiguë au monoxyde de carbone : fatigue, nausées, maux de tête, perte de connaissance, comas parfois mortels … Dans le cas de l’utilisation de moteurs thermiques dans des espaces insuffisamment ventilés (souterrains, tranchées, galeries, tunnels, locaux fermés…), les risques d’intoxication sont particulièrement élevés. 

Des intoxications chroniques peuvent également survenir en cas d’expositions répétées au gaz d’échappement. Les particules diesel pénètrent dans les bronches et les alvéoles pulmonaires et peuvent provoquer des affections respiratoires. À moyen ou long terme, l’exposition au gaz d’échappement de moteur diesel est associée à une augmentation du risque de cancer des poumons et, possiblement à une augmentation du risque de cancer de la vessie.
 

Le Centre international de recherche sur le cancer a d’ailleurs classé les gaz d’échappement de moteurs diesel comme cancérogènes avérés (groupe 1, avec évolution de ce classement en juin 2012), et les gaz d’échappement des moteurs à essence comme cancérogènes suspectés (groupe 2B).

Sources

INRSS.fr
https://www.inrs.fr/risques/gaz-echappement/ce-qu-il-faut-retenir.html

Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

https://www.cancer-environnement.fr/387-Vol105–Cancerogenicite-des-gaz-echappement-des-moteurs-diesel.ce.aspx

11/06/2022 Les méduses et les accidents de la route

Les méduses vont-elles apprendre aux humains à régénérer des membres blessés

Plus les accidents de la route augmentent, plus il apparaît difficile aux chirurgiens de régénérer des membres ou parties du corps blessés. Certes il ne serait pas question de refaire un membre tout entier. Mais de nombreux accidents se traduisent par des dégradations plus ou moins importantes du muscle ou de la peau, très invalidantes et aujourd’hui impossibles à réparer.

En étudiant des méduses (jellyfish) des chercheurs américains de Caltech ont découvert comment ces cnidaires peuvent remplacer un membre perdu par accident. i signifie littéralement « qui pique », embranchement dans lequel on retrouve aussi les anémones de mer, l

Organisé comme un parapluie, le corps d’une méduse se compose d’une ombrelle, qui laisse pendre, en son centre, le manubrium terminé par la bouche. L’ombrelle est bordée par des filaments, appelés tentacules.

Il existe une grande diversité de méduses, près d’un millier d’espèces qui vont de quelques millimètres (75 % des méduses sont invisibles à l’œil nu) à deux mètres de diamètre.

Les formes sont aussi très variées : ronde, carrée, plate, en dôme, massive ou aérienne… Leur pourtour peut être lisse ou lobé, leurs tentacules absents (comme chez les rhizostomes) ou très nombreux (jusqu’à 800 chez Cyanea).

Dans de rares cas, les méduses réussissent à faire repousser une tentacule perdue par accident. Dans ces cas, elles utilisent l’hormone dite insuline et un acide aminé, la leucine. Il s’agit de molécules associées à leur métabolisme.

Le métabolisme est l’ensemble des réactions chimiques qui se déroulent à l’intérieur de chaque cellule d’un être vivant et lui permettant notamment de se maintenir en vie, de se reproduire, de se développer et de répondre aux stimuli de son environnement.

Les chercheurs ont découvert que ces molécules, simples sucres et acides aminées, pouvaient faciliter la réparation d’orteils abîmés chez des souris. Il s’agit de mammifères dont la complexité dans ces domaine approche celle de l’homme.

Caltech ne va pas tarder à poursuivre ces expériences avec des patients humains volontaires.

Référence

https://magazine.caltech.edu/post/the-wonders-of-jellyfish

11/06/2022 Lula pourra-t-il reprendre pied au Brésil?

Le retour de Luiz Inácio Lula da Silva sur le devant de la scène politique a fait l’effet d’une bombe au Brésil. En avril 2021, la Cour suprême du Brésil a annulé une série de condamnation pour corruption qui avaient exclu l’ancien président de gauche des élections nationales de 2018 et avait entrainé son incarcération. A la surprise générale, la Cour suprême a affirmé qu’un juge partial chargé de son dossier avait compromis son droit à un procès équitable.

Rappelons qu’en août 2016, Dilma Roussef qui lui avait succédé, avait été destituée à son tour par un vote du Sénat, malgré son passé de guérillera, ses souffrances et sa résistance à la torture sous la dictature militaire (1964-1985)

Lula remis en liberté devrait en principe affronter directement l’actuel président d’extrême droite Jair Bolsonaro lors des futures élections d’octobre 2022. Que seraient ses chances ?

Ces chances seraient faibles. Nul n’ignore que c’est Washington qui avait provoqué le renversement de Lula. Les raisons de ce coup de force demeurent.

En premier lieu était intervenu le complexe militaro-industriel américain. Celui-ci veut continuer à s’approprier les réserves considérables de pétrole et de gaz dont dispose le Brésil, sans mentionner le bois. Il en est de même concernant les matières premières rares encore mal inventoriées qui se trouvent sous la forêt amazonienne.

Par ailleurs les Etats-Unis ne supportaient plus la présence d’un Etat neutraliste sur le continent sud-américain qu’ils considèrent comme leur domaine propre. Cela ne changera pas. Aujourd’hui, ils peuvent craindre la mise en place d’une relation stratégique avec la Chine. Joe Biden vient d’ailleurs d’évoquer un renforcement des liens entre le Brésil et les USA.

Enfin les divers mouvements écologistes qui dans le monde demandent au Brésil de mieux protéger ses réserves naturelles trouveraient sans doute en Lula un appui plus marqué. Cela ne plait pas au Brésil. Nul n’ignore que Jair Bolsonaro et les intérêts qu’il protège font des profits considérables en exploitant sans précautions la forêt brésilienne.

Enfin le Parti Socialiste Brésilien, qui en principe devrait appuyer le retour politique de Lula, ne manifeste aujourd’hui qu’un enthousiasme modéré. Il est déjà largement corrompu par la classe dirigeante qui fait la loi à Rio de Janeiro et Brasilia

Référence

https://www.les-crises.fr/bresil-lula-peut-gagner-l-election-presidentielle-de-2022/