04/04/2022. 6e Rapport du GIEC

Ce rapport est désormais disponible à l’adresse https://www.ipcc.ch/report/ar6/wg1/#SPM

Nous en republions ici le Résumé pour les Décideurs

Headline Statements from the Summary for Policymakers
9 August 2021 (subject to final copy-editing)
A. The Current State of the Climate
A.1 It is unequivocal that human influence has warmed the atmosphere, ocean and land.
Widespread and rapid changes in the atmosphere, ocean, cryosphere and biosphere have occurred.
A.2 The scale of recent changes across the climate system as a whole and the present state of many aspects of the climate system are unprecedented over many centuries to many thousands of years.
A.3 Human-induced climate change is already affecting many weather and climate extremes in every region across the globe. Evidence of observed changes in extremes such as heatwaves, heavy precipitation, droughts, and tropical cyclones, and, in particular, their attribution to human influence, has strengthened since the Fifth Assessment Report (AR5).
A.4 Improved knowledge of climate processes, paleoclimate evidence and the response of the climate system to increasing radiative forcing gives a best estimate of equilibrium climate sensitivity of 3°C, with a narrower range compared to AR5.
B. Possible Climate Futures
B.1 Global surface temperature will continue to increase until at least the mid-century under all emissions scenarios considered. Global warming of 1.5°C and 2°C will be exceeded during the 21st century unless deep reductions in carbon dioxide (CO2) and other greenhouse gas emissions occur in the coming decades.
B.2 Many changes in the climate system become larger in direct relation to increasing global warming. They include increases in the frequency and intensity of hot extremes, marine heatwaves, and heavy precipitation, agricultural and ecological droughts in some regions,
and proportion of intense tropical cyclones, as well as reductions in Arctic sea ice, snow cover and permafrost.
B.3 Continued global warming is projected to further intensify the global water cycle, including its variability, global monsoon precipitation and the severity of wet and dry events.
B.4 Under scenarios with increasing CO2 emissions, the ocean and land carbon sinks are projected to be less effective at slowing the accumulation of CO2 in the atmosphere.
B.5 Many changes due to past and future greenhouse gas emissions are irreversible for centuries to millennia, especially changes in the ocean, ice sheets and global sea level.

Pour en savoir plus

Les experts climat de l’ONU, le Giec, ont publié ce lundi un rapport de 2.800 pages dans lequel ils évoquent les préconisations qui permettraient de limiter le réchauffement climatique afin que la planète puisse rester « vivable ». Un rapport « accablant » a dénoncé le secrétaire général de l’ONU, qui a alerté sur « l’extinction d’un million d’espèces » ou la multiplication de « canicules sans précédent, tempêtes terrifiantes, pénuries d’eau généralisées ».

Si le monde y est prêt, le rapport du Giec « définit des options viables et financièrement saines dans chaque secteur qui peuvent permettre de maintenir en vie la possibilité de limiter le réchauffement à 1,5°C », objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris. « Les choix faits aujourd’hui par les pays permettront de tenir l’engagement sur 1,5°C ou le détruiront. (…) Les promesses et les plans doivent se transformer en réalité et en action, maintenant », a-t-il conclu. Voici les préconisations des experts du Giec :

  • 1. Les émissions de gaz à effet de serre doivent plafonner d’ici trois ans

L’humanité dispose de moins de trois années pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre, principales responsables du changement climatique, si elle veut conserver un monde « vivable« , alertent les experts climat de l’ONU dans leur rapport. Cela correspondrait à une hausse des températures de 2,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Or cela semble improbable, la trajectoire des courbes étant repartie à la hausse dès 2021, retrouvant les niveaux records pré-pandémie. 

Même si la planète réussit à atteindre son « pic d’émissions » avant 2025 et que des _ »actions immédiates » s_ont prises, le réchauffement pourrait atteindre 2°C.

  • 2. Les engagements actuels ne permettront pas de contenir le réchauffement à 1,5°C

Il faut revoir les engagements actuels à la hausse. L’objectif le plus ambitieux de l’Accord de Paris, de limiter le réchauffement à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, est « hors de portée » avec les engagements internationaux actuels, soulignent les experts du Giec. Les politiques actuelles ouvrent la voie à un réchauffement de 3,2°C d’ici à la fin du siècle.

« Nous sommes à un tournant. Nos décisions aujourd’hui peuvent assurer un avenir vivable« , insiste le patron du Giec Hoesung Lee.

  • 3. Réduire d’au moins 60% charbon, gaz et pétrole d’ici 2050

L’utilisation des énergies fossiles doit être très fortement réduite d’ici à 2050 pour tenir l’objectif de limiter le réchauffement à +1,5°C. Si tous les gisements de pétrole, de gaz et de charbon actuellement en service sont exploités jusqu’à leur terme, il sera impossible de tenir cet objectif. 

Sans tenir compte des potentielles captures de carbone (une technologie non mature à grande échelle à ce jour), l’usage du charbon devrait être totalement stoppé et ceux du pétrole et du gaz réduits de 60% et 70% d’ici à 2050 par rapport aux niveaux de 2019, la « quasi-totalité de la production mondiale d’électricité devant provenir de sources zéro ou bas-carbone », estime le Giec.

  • 4. Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 grâce aux énergies renouvelables

Pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris, le monde doit atteindre la « neutralité carbone » sur tous les plans d’ici à 2050. La capacité des énergies photovoltaïque et éolienne a fortement augmenté, de 170% et 70% respectivement entre 2015 et 2019, grâce à la baisse des coûts, aux politiques publiques et à la pression sociale. Mais malgré ces hausses spectaculaires, elles ne représentent ensemble que 8% de la production électrique mondiale, 21% de la production peu carbonée. 

Au total, les renouvelables et les énergies peu carbonées – dont le nucléaire et l’hydroélectricité – comptent pour 37% de la production électrique mondiale, le reste provenant des énergies fossiles.

  • 5. Sobriété pourraient réduire les émissions de 70%

Le basculement vers l’énergie moins carbonée ne doit pas faire passer au second plan les transformations structurelles – mobilités douces, véhicules électriques, télétravail, isolation des bâtiments, moins de vols en avion – qui permettraient de réduire les émissions de 40% à 70% d’ici à 2050.

« Disposer des politiques publiques, des infrastructures et de la technologie pour rendre possibles les changements dans nos modes de vie et nos comportements (…) offre un important potentiel (de réduction) inexploité », a souligné Priyadarshi Shukla, un des coprésidents du groupe de travail. Au niveau mondial, les 10% des ménages les plus riches représentent jusqu’à 45% des émissions totales, souligne aussi le rapport.

  • 6. Réduire les émissions de méthane de moitié

Les émissions de méthane, un gaz à effet de serre dont la durée de vie est bien plus courte que le CO2 mais qui est 21 fois plus puissant, contribuent pour environ un cinquième du réchauffement. 

Ce sont les fuites dans la production d’énergies fossiles (par les puits ou les gazoducs) et l’élevage animal qui représentent la majorité de ces émissions. Tenir l’Accord de Paris implique de réduire de moitié les émissions de méthane d’ici à 2050 (par rapport au niveau de 2019).

  • 7. Capturer le CO2

Même dans les meilleurs scénarios, la baisse des émissions devra s’accompagner de la mise en œuvre de techniques d’élimination du dioxyde de carbone (EDC), ou « émissions négatives », pour atteindre la neutralité carbone. Les possibilités vont de la capture naturelle de CO2, en plantant des arbres par exemple, à l’extraction du CO2 de l’atmosphère, technologie pas au point. 

Ces EDC devraient permettre de compenser les émissions de secteurs qui ne pourront pas suffisamment réduire leurs émissions d’ici à 2050 – aviation, transport maritime ou cimenteries – et seront également nécessaires pour espérer rétablir la situation en cas de dépassement des objectifs de l’Accord de Paris.


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