13/03/2022 Europe et Russie menacées par un accident nucléaire de grande ampleur

L’Ukraine compte sur son territoire 4 centrales nucléaires en activité, chacune dotée de 6 réacteurs, sans mentionner les restes hautement radioactifs de la centrale de Tchernobyl. Or en conséquence de l’offensive de l’armée russe la sécurité de fonctionnement de ces centrales ne pourra plus être assurée. Il en sera de même si les réacteurs sont mis à l’arrêt à titre de précaution. Une maintenance complexe devra être organisée mais les équipes de techniciens hautement spécialisés ne pourront plus travailler, à suppose même qu’ils ne soient pas tués par l’armée russe.

Rappelons que les forces russes se sont emparées dans la nuit de jeudi à vendredi de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, située à Enerhodar, dans le sud-est de l’Ukraine. Elles ont engagé le feu dans le périmètre de la centrale. Et leurs tirs ont provoqué un incendie dans un bâtiment situé à quelques centaines de mètres du réacteur n° 1.

Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré, lors d’un point de presse, que « la sécurité [de l’installation] a été compromise par ce qui s’est passé cette nuit, mais nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas eu de fuite radioactive ». Évoquant un événement « qui n’a pas de précédent », il a annoncé que l’AIEA allait répondre à « la demande d’assistance immédiate de l’Ukraine ». « Compte tenu des circonstances très compliquées sur le terrain, la logistique et la présence sur ces lieux ne seront pas simples », a-t-il prévenu.

L’organisation Greenpeace, qui avait souligné le 2 mars les dangers du conflit armé pour la sécurité du parc nucléaire ukrainien, a condamné fermement l’attaque militaire de la centrale de Zaporijia. « L’invasion russe fait courir le risque d’une catastrophe nucléaire qui pourrait rendre une grande partie de l’Europe, y compris la Russie, inhabitable pendant au moins plusieurs décennies, a averti Greenpeace, vendredi. Cette nuit, les équipes de Greenpeace ont craint un scénario potentiellement bien pire que la catastrophe de Fukushima. 

Greenpeace rappelle que cette centrale est dotée de six réacteurs de 1 000 mégawatts et conserve « 2 200 tonnes de combustible usé hautement radioactif », et met en garde contre toute perte d’alimentation du réseau qui nécessiterait la mise en route des générateurs Diesel de secours, « dont l’approvisionnement en Diesel est limité et qui ne sont pas considérés comme fiables ».

Dans une vidéo, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé Vladimir Poutine d’avoir recours à la « terreur nucléaire »« Nous alertons tout le monde sur le fait qu’aucun autre pays hormis la Russie n’a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C’est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l’histoire de l’humanité. Cet État terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire », a-t-il déclaré, réclamant une « action européenne immédiate » afin « d’empêcher que l’Europe ne meure d’un désastre nucléaire ».

Pour en savoir plus, voir Mediapart

https://www.mediapart.fr/journal/international/050322/pourquoi-l-invasion-russe-de-l-ukraine-attise-la-peur-nucleaire

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