19/06/2025 Pourquoi la Lune nous présente-t-elle toujours la même face ?

Chaque mois, la lune connaît plusieurs phases : de nouvelle lune à pleine lune, elle croît puis décroît en suivant un cycle continu de transformation. Cependant les Humains ont très vite remarqué qu’à travers ces phases c’était toujours la même face qu’elle présentait à la Terre.

Depuis la Terre, nous voyons toujours la même face lunaire, car la Lune tourne sur elle-même dans le même temps qu’elle tourne autour de notre planète. « L’une des faces de la Lune est donc toujours orientée dans le sens opposé à la Terre. Mais cela n’a pas toujours été le cas », rappelle l’astrophysicienne Athéna Coustenis, directrice de recherche au CNRS au sein du Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique (LESIA) à l’Observatoire de Paris.

Dans un passé très lointain, la Lune n’avait pas de face invisible pour les espèces qui peuplaient alors la Terre. Elle tournait sur elle-même plus vite qu’aujourd’hui. Elle déroulait nuit après nuit l’ensemble de sa surface aux yeux d’un observateur depuis la Terre

Mais le jeu d’attraction entre Terre et Lune a progressivement conduit à leur rotation synchrone. « Ce phénomène est le résultat d’une longue influence liée à l’attraction universelle entre deux corps décrite par le physicien Isaac Newton. L’attraction gravitationnelle ne se contente pas d’influencer la marche des océans terrestres, elle a conduit également à déformer la géologie des deux astres, aboutissant à leur synchronisation »

Tout d’abord, la distance entre la Terre et la Lune n’est pas constante. En effet, l’orbite de notre satellite naturel n’est pas un cercle parfait. Ainsi, lorsqu’elle tourne autour de la Terre la Lune en est au plus près (en arrondissant) à 362 600 km et au plus loin à 405 400 km. Cela fait tout de même 42 800 km de différence !

Mais ce n’est pas tout. Si on fait la moyenne, on constate que la Lune s’éloigne de 3,8 cm par an de la Terre. Pourquoi ? À cause des marées. Du fait de sa force d’attraction gravitationnelle, la Lune attire vers elle les mers et les océans, provoquant les marées (le Soleil joue aussi un rôle). On notera d’ailleurs que l’effet de marée déforme aussi la croûte terrestre, mais celle-ci étant moins « élastique » qu’un liquide, l’effet ne se ressent pas.

Cette déformation de notre planète le long de l’axe Terre-Lune se traduit par des frottements et donc par une dissipation d’énergie sous forme de chaleur ce qui a des conséquences sur les équilibres orbitaux des deux corps (en physique, rien ne se perd ou ne se crée, tout se transforme).

Du coup, la rotation de la Terre ralentit de 2 millièmes de seconde par siècle et la Lune s’éloigne en moyenne de 3,8 cm par an. Cette « fuite » de notre satellite a été mesurée grâce à des réflecteurs laser posés sur la Lune par les astronautes lors des missions américaines Apollo ou par d’autres, embarqués sur les rovers soviétiques Lunokhod.

Depuis un observatoire terrestre, on tire avec un laser vers ces réflecteurs et en chronométre la durée de l’aller-retour (la lumière se déplace à 300 000 km/s donc cela prend un peu plus de 2 secondes) on en déduit la distance Terre-Lune avec précision.

Pour humains, les conséquences de cette « fuite » de 3,8 cm par an restent comme on le devine très limitées pour ne pas dire inexistantes. Cependant, les astronomes ont calculé qu’à force de s’éloigner, la Lune apparaîtrait un jour définitivement trop petite dans le ciel pour cacher complètement le Soleil lors des éclipses. Cela devrait se produire dans environ… 600 millions d’années.

Voir aussi

The moon inside may be lopsided

Newscientist 24 may 2025

19/06/2025 Emoi dans la physique des particules

Si les photons possédaient plus d’états quantiques que supposé, cela changerait notre compréhension de la physique des particules. Des physiciens proposent aujourd’hui une expérience pour tester cette hypothèse .

Rappelons que certaines particules élémentaires possèdent une propriété dite le spin. Ainsi le spin électronique est une propriété des électrons qui se traduit par une force magnétique dans un champ magnétique. Il est difficile de dire ce qu’est réellement le spin des électrons. Dans l’expérience dite de Stern et Gerlach, il est possible de montrer qu’il existe une force entre les champs magnétiques et les électrons, qui ne peut être expliquée que par le spin des électrons. Aujourd’hui, de nombreuses propriétés magnétiques de la matière, comme le paramagnétisme et le ferromagnétisme, peuvent être expliquées par le spin des électrons.

Le spin des protons et des neutrons est formé par le spin des particules élémentaires, c’est-à-dire des quarks, qui composent les protons et les neutrons. Selon le modèle des particules élémentaires, toutes les particules élémentaires possèdent des spins de différentes tailles.

https://www.supermagnete.fr/magnetisme/Le-spin-des-electrons

Pour les particules de lumière ou photons le spin peut être dans un état 1 ou dans un état 2 résultant de la polarisation de la lumière dans une direction 1 ou une direction 2. Mais qu’en serait-il si le photon pouvait se trouver dans un nombre quelconque d’états de spin ? La lumière pourrait-elle avoir un nombre quelconque de direction de polarisation ?

Cela serait le cas si le photon pouvait être une particule dite CSP ou Continuous Spin Particule, une particule sans masse qui pourrait transporter une force et posséder un nombre non défini d’états de spin 

Les physiciens avaient longtemps pensé qu’une telle particule serait impossible car contredisant le modèle standard des particules élémentaires qui dispose qu’une particule transportant une force doit avoir un nombre limité d’états de spin. Cependant aujourd’hui le physicien Philippe Schuster du SLAC National Accelerator Laboratory (Californie) examinant plus en détail la CSP se persuada qu’elle ne pouvait être une exception. ll rechercha comment l’identifier expérimentalement.

Ses expériences portèrent sur le photon sans masse. S’il avait été une CSP, il aurait eu un nombre infini d’états de spin et cependant aurait transporte une force électromagnétique. Dans ce cas, le modèle standard des particules aurait été mis en défaut. Mais les expériences échouèrent.

Voir ci-dessous doi.og /pncr

Si les photons possèdaient plus d’états quantiques que supposé, cela changerait notre compréhension de la physique des particules. Des physiciens proposent aujourd’hui une expérience pour tester cette hypothèse .

Rappelons que certaines particules élémentaires possèdent une propriété dite le spin. Ainsi le spin électronique est une propriété des électrons qui se traduit par une force magnétique dans un champ magnétique. Il est difficile de dire ce qu’est réellement le spin des électrons. Dans l’expérience dite de Stern et Gerlach, il est possible de montrer qu’il existe une force entre les champs magnétiques et les électrons, qui ne peut être expliquée que par le spin des électrons. Aujourd’hui, de nombreuses propriétés magnétiques de la matière, comme le paramagnétisme et le ferromagnétisme, peuvent être expliquées par le spin des électrons.

Le spin des protons et des neutrons est formé par le spin des particules élémentaires, c’est-à-dire des quarks, qui composent les protons et les neutrons. Selon le modèle des particules élémentaires, toutes les particules élémentaires possèdent des spins de différentes tailles.

Pour les particules de lumière ou photons le spin peut être dans un état 1 ou dans un état 2 résultant de la polarisation de la lumière dans une direction 1 ou une direction 2. Mais qu’en serait-il si le photon pouvait se trouver dans un nombre quelconque d’états de spin ? La lumière pourrait-elle avoir un nombre quelconque de direction de polarisation ?

Cela serait le cas si le photon pouvait être une particule dite CSP ou Continuous Spin Particule, une particule sans masse qui pourrait transporter une force et posséder un nombre non défini d’états de spin 

Les physiciens avaient longtemps pensé qu’une telle particule serait impossible car contredisant le modèle standard des particules élémentaires qui dispose qu’une particule trnasportant une force doit avoit un nombre limité d’états de spin. Cependant aujourd’hui le physicien Philippe Schuster du SLAC National Accelerator Laboratory (Californie) examinant plus en détail la CSP se persuada qu’elle ne pouvait être une exception. ll rechercha comment l’identifier expérimentalemment.

Ses expériences portèrent sur le photon sans masse. S’il avait été une CSP, il aurait eu un nombre infini d’états de spin et cependnat aurait transporte une force électromagnétique. Dans ce cas, le modèle standard des perticules aurait été mis en défaut. Mais les expériences échouèrent.

Voir ci-dessous

doi.og /pncr

Probing « Continuous Spin » QED with Rare Atomic Transitions

Aidan Reilly, Philip Schuster, Natalia Toro

Comments:35 pages, 2 tables
Subjects:High Energy Physics – Phenomenology (hep-ph); High Energy Physics – Theory (hep-th); Atomic Physics (physics.atom-ph)
Cite as:arXiv:2505.01500 [hep-ph]
 (or arXiv:2505.01500v1 [hep-ph] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2505.01500
Les expéroeinces futrnt renouvellées mais échouèrent à leur tour
[Submitted on 20 Jun 2024]
On the Thermodynamics of Continuous Spin photons

Philip Schuster, Gowri Sundaresan, Natalia Toro

17/06/2025 D’où viendrait la Planète Neuf ?

Ce terme de Planete Neuf désigne un monde hypothétique de 5 à 10 fois la masse de la Terre et qui orbiterait dans le système solaire extérieur à une distance de 400 à 800 fois celle de la Terre au Soleil. Sa présence serait démontrée par un ensemble d’objets célestes orbitant loin du soleil et laissant supposer l’influence gravitationnelle d’un corps planétaire non encore détecté.

Mais si la Planète Neuf est réelle, rien ne permet a priori de comprendre pourquoi elle se trouve là. On sait que les planètes se forment à partir de l’agrégation de roches et de poussières autour d’une étoile-mère. Ceci dit, il est fréquent d’observer ce que l’on nomme des exoplanètes gravitant à des distances pouvant être mille fois plus éloignées de leur étoile que ne l’est la Terre du Soleil, si loin que le processus classique de leur formation paraît impossible.

Concernant la Planète Neuf, l ‘astrophysicien Andrew Isidoro de la Rice University à Houston a calculé comment un corps tel que cette planète pourrait survivre dans une aussi large orbite autour du Soleil sans en être éjecté vers l’espace extérieur.

Mais si ceci s’était produir dans les 3 à 5 millions d’années précédentes, la Planète Neuf aurait pu se retrouver confortablement parquée dans une orbite très éloigéez du centre. Le processus aurait été exceptionnel dans l’univers proche, mais n’aurait pas été impossible.

Ceci pourrait expliquer le grand nombre de planètes errantes dite aussi planètes solitaires que l’on observe dans l’univers visible. Une planète errante ou objet libre de masse planétaire est un objet possédant la masse d’une planète mais qui n’est pas attaché gravitationnellement autour d’une étoile ou naine brune : il erre dans l’espace comme un objet indépendant.

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Voir aussi

Search for Planet Nine with IRAS and AKARI Data

Terry Long Phan, and others

The outer solar system is theoretically predicted to harbour an undiscovered planet, often referred to as P9. Simulations suggest that its gravitational influence could explain the unusual clustering of minor bodies in the Kuiper Belt. However, no observational evidence for P9 has been found so far, as its predicted orbit lies far beyond Neptune, where it reflects only a faint amount of Sunlight. This work aims to find P9 candidates by taking advantage of two far-infrared all-sky surveys, which are IRAS and AKARI. The epochs of these two surveys were separated by 23 years, which is large enough to detect the ~3’/year orbital motion of P9. We use a dedicated AKARI Far-Infrared point source list for our P9 search – AKARI Monthly Unconfirmed Source List, which includes sources detected repeatedly only in hours timescale, but not after months. We search for objects that moved slowly between IRAS and AKARI detections given in the catalogues. First, we estimated the expected flux and orbital motion of P9 by assuming its mass, distance, and effective temperature to ensure it can be detected by IRAS and AKARI, then applied the positional and flux selection criteria to narrow down the number of sources from the catalogues. Next, we produced all possible candidate pairs whose angular separations were limited between 42′ and 69.6′, corresponding to the heliocentric distance range of 500 – 700 AU and the mass range of 7 – 17 Earth masses. There are 13 pairs obtained after the selection criteria. After image inspection, we found one good candidate, of which the IRAS source is absent from the same coordinate in the AKARI image after 23 years and vice versa. However, AKARI and IRAS detections are not enough to determine the full orbit of this candidate. This issue leads to the need for follow-up observations, which will determine the Keplerian motion of our candidate.

Comments:11 pages, 6 figures, 2 tables. Accepted for publication in Publications of the Astronomical Society of Australia
Subjects:Earth and Planetary Astrophysics (astro-ph.EP); Instrumentation and Methods for Astrophysics (astro-ph.IM); Solar and Stellar Astrophysics (astro-ph.SR)
Cite as:arXiv:2504.17288

(or arXiv:2504.17288v1 [astro-ph.EP] for this version)

https://doi.org/10.48550/arXiv.2504.17288

Related DOI:https://doi.org/10.1017/pasa.2025.10024

17/06/2025 Des armes de chasse constituées d’os de baleines

Des populations primitives vivant en France et en Espagne du nord-est sur les côtes du Golfe de Gascogne avaient utilisé des os de baleine comme armes de chasse il y a 20.000 ans.

Le niveau de la mer s’étant élevé d’environ 120 m. depuis le dernier paléolithique en Europe, ces vestiges viennent seulement d’être découverts par Jean-Marc Pétillon et des collègues de l’Université de Toulouse-Jean Jaures.
Ils viennent de publier dans Nature l’article dont on trouvera ci-dessous les références et le résumé

Ils ont analysé plus de 80 os fossiles trouvés dans des cavernes et des abris. Il s’agissait essentiellement de pointes de lances et de flèches.

Il est légitime de se demander pourquoi l’utilisation de ces os comme armes de chasse fut limitée à une si courte période de temps.
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  • Published: 27 May 2025

  • Late Paleolithic whale bone tools reveal human and whale ecology in the Bay of Biscay
  • Krista McGrath, others,

Nature Communications volume 16, Article number: 4646 (2025)

Abstract

Reconstructing how prehistoric humans used the products obtained from large cetaceans is challenging, but key to understand the history of early human coastal adaptations. Here we report the multiproxy analysis (ZooMS, radiocarbon, stable isotopes) of worked objects made of whale bone, and unworked whale bone fragments, found at Upper Paleolithic sites (Magdalenian) around the Bay of Biscay. Taxonomic identification using ZooMS reveals at least five species of large whales, expanding the range of known taxa whose products were utilized by humans in this period. Radiocarbon places the use of whale products ca. 20–14 ka cal BP, with a maximum diffusion and diversity at 17.5–16 ka cal BP, making it the oldest evidence of whale-bone working to our knowledge. δ13C and δ15N stable isotope values reflect taxon-specific differences in foraging behavior. The diversity and chronology of these cetacean populations attest to the richness of the marine ecosystem of the Bay of Biscay in the late Paleolithic, broadening our understanding of coastal adaptations

Des molécules d’origine biologique ont-elles été identifiées sur une planète distante de 124 années lumière de la Terre

Une super-terre distante de 124 années lumière de la nôtre possèderait une atmosphère comportant des molécules pouvant être d’origine biologique. Celles-ci, du diméthyl sulphide (DMS) et du dimethil disulphide (DMDS) ne peuvent être produites sur la Terre que par des organismes vivants.

Le 16 avril 2025 une équipe dirigé par Nikku Madhusudhan professeur indo-britannique d’astrophysique et de sciences exoplanétaires à l’Institut d’astronomie de l’Université de Cambridge, avait annoncé en avoir détecté sur la planète K2-18b . Ils avaient utilisé les données du télescope spatial James Webb (JWST) pour détecter un gaz appelé sulfure de diméthyle dans l’atmosphère d’une exoplanète baptisée K2-18b, qui orbite dans la zone habitable de son étoile.

Sur terre, le DMS est essentiellement produit par le phytoplancton microscopique. Sur d’autres planètes, les traces de ce gaz pourraient constituer ce que les scientifiques appellent une biosignature, un signe de vie.

La nouvelle a rapidement été présentée comme le « plus grand signe d’activité biologique en dehors du système solaire » par l’université de Cambridge, où travaillent plusieurs chercheurs impliqués dans cettea détection. Certains médias n’ont pas hésité à proclamer le DMS comme probable signe de vie. Cependant, les scientifiques qui n’ont pas pris part à la découverte appelent à la prudence

« Je suis plutôt sceptique et j’aurais aimé que la couverture médiatique reflète un peu mieux le scepticisme de la communauté astronomique et astrobiologique », commente par e-mail l’astrobiologiste Joshua Krissansen-Totton de l’université de Washington.

Pour Clara Sousa-Silva, astrochimiste au Bard College impliquée dans la détection malheureuse de la biosignature vénusienne en 2020, la situation n’est que trop familière. « Nous n’avons pas retenu la leçon de la phosphine sur Vénus », déplore-t-elle.

National Geographic a contacté dix experts indépendants pour savoir que penser de cette nouvelle annonce. Pour la plupart, il s’agit peut-être d’une étape majeure sur le chemin qui mènera un jour à la détection d’une forme de vie extraterrestre.

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Voici l’état actuel des connaissances sur K2-18b et ses éventuelles traces de DMS..

En 2023, la même équipe de recherche dirigée par l’astrophysicien Nikku Madhusudhan de l’université de Cambridge avait publié des observations du télescope spatial James Webb suggérant la présence de DMS sur K2-18b.

En s’appuyant sur les mêmes données, les chercheurs avait également conclu que K2-18b était un type de planète habitable appelé planète « hycéan ». Madhusudhan et ses collègues avaient tinventé le terme en 2021 pour décrire un groupe hypothétique de planètes plus grandes que la Terre, plus petites que Neptune, principalement composées d’eau et enveloppées dans un épais voile d’hydrogène et d’hélium. Dans les conditions adéquates, ces planètes pourraient avoir en surface un océan tempéré pouvant accueillir la vie.

La détection de 2023 avait manqué de peu les exigences statistiques de rigueur en astronomie. La nouvelle étude, publiée dans la revue Astrophysical Journal Letters, dresse un suivi à l’aide d’un instrument de JWST sensible à des longueurs d’onde différentes de celles exploitées dans la première étude.

Si la précédente détection de DMS peinait à convaincre, la dernière apparaît bien plus solide. D’après Madhusudhan et ses collègues, la signification statistique de la nouvelle détection de DMS (ou d’une molécule similaire appelée diméthyldisulfure, DMDS) serait de « trois sigmas ». En d’autres termes, la probabilité que la détection de DMS soit uniquement le fruit du hasard est inférieure à 0,3 %, ce qui est nettement plus convaincant que la détection antérieure, mais reste tout de même en deçà du seuil de cinq sigmas habituellement fixé pour la signification statistique.

« En tenant compte de nos connaissances sur cette planète, l’hypothèse du monde hycéan doté d’un océan abritant la vie est le scénario qui correspond le mieux aux données dont nous disposons », a déclaré Madhusudhan dans le communiqué de presse de Cambridge.

D’autres scientifiques se montrent moins optimistes. Certains vont même jusqu’à remettre en question la présence de DMS, ou de DMDS.

« C’est très intéressant, une belle démonstration des capacités du JWST », déclare Laura Kreidberg, astronome au Max Planck Institute for Astronomy, en Allemagne, dans un mémo vocal. « Par contre, je n’irai pas jusqu’à parier ma carrière sur cette conclusion. »

Les scientifiques peuvent utiliser le télescope spatial James Webb pour identifier des gaz dans l’atmosphère des exoplanètes via la détection de leur signature chimique dans la lumière qui a traversé ladite atmosphère. Ces signatures chimiques apparaissent sous la forme de pics dans les courbes représentant l’intensité de la lumière en fonction de la longueur d’onde.

Dans la nouvelle étude, les chercheurs ont comparé leurs observations aux signatures de vingt molécules. C’est « plus que ce que font habituellement les astronomes, mais ils arrivent rarement aux mêmes conclusions », déclare Sousa-Silva. Par ailleurs, la plupart de ces molécules ne présentent aucune similarité structurelle avec le DMS et le DMDS, ajoute-t-elle, ce n’était donc pas exactement un panel ciblé de potentiels faux positifs. 

Un autre chercheur, l’astronome Ryan MacDonald de l’université du Michigan, est même allé plus loin en qualifiant l’annonce des trois sigmas de « piratage statistique » sur la plateforme Bluesky.

Même si K2-18b orbite dans la zone habitable de son étoile, ce n’est pas une seconde Terre. À 2,6 fois le rayon et 8,6 fois la masse de notre planète, il s’agit là d’un monde extraterrestre mystérieux, un monde qui pourrait même ne pas être habitable.

Récemment, une équipe indépendante a réanalysé les observations de K2-18b exploitées en 2023 par l’équipe de Cambridge et elle n’a identifié aucune trace de DMS ou de dioxyde de carbone. Il s’agit d’un coup dur pour l’hypothèse de la planète hycéan, qui suggère une abondance de dioxyde de carbone. D’après une étude antérieure, K2-18b serait très probablement une boule de gaz inhospitalière sans surface d’aucune sorte. Une autre équipe envisage même une alternative encore plus hostile : la présence d’un océan, oui, mais de magma.

Madhusudhan précise que l’analyse indiquant une absence de dioxyde de carbone sur K2-18b n’a pas encore fait l’objet d’une évaluation par les pairs. « Il y a des questions en suspens, mais l’habitabilité n’est pas exclue, » déclare-t-il. « Les preuves de la présence de CO2 sont bel et bien là. »

Même si K2-18b est une planète hycéan, cela ne signifie pas qu’elle soit habitable. En l’absence de couche nuageuse réfléchissante, l’océan de la planète serait en ébullition sous cette couverture d’hydrogène. Voilà le destin probable de tout océan qui existerait à la surface de K2-18b, du moins selon une étude publiée la semaine dernière.

« L’explication la plus simple pour cette planète est une atmosphère de géante gazeuse très épaisse, sans surface habitable », indique Nick Wogan, planétologue de l’Ames Research Center de la NASA. « L’hypothèse d’une K2-18b habitable (ou habitée) présente trop d’obstacles. »

En admettant que les scientifiques confirment l’identification du DMS, et que K2-18b soit bien une planète hycéan habitable, il faudra tout de même attendre encore un peu avant de parler de vie extraterrestre complexe.

Tant que les scientifiques n’ont pas exclu l’éventualité d’une origine abiotique, qui n’implique pas d’êtres vivants, le DMS ou le DMDS ne pourront pas être considérés comme de véritables biosignatures

Comme le soulignaient l’astrobiologiste Harrison Smith, de l’Earth-Life Science Institute au Japon, et son collègue Cole Mahis, de l’université d’État d’Arizona, dans un essai publié en 2023, la chasse aux faux positifs est très difficile pour les exoplanètes.

« Au moins, Vénus était une planète que nous connaissons. Nous savons à quoi elle ressemble », reprend Sousa-Silva. Sans connaissance sur la géochimie ou l’atmosphère de K2-18b, les scientifiques ne peuvent pas exclure la possibilité que la source du DMS soit une chimie extraterrestre, et non une vie extraterrestre.

Nous savons déjà que la nature peut produire du DMS sans la vie. L’année dernière, la chimiste Nora Hänni de l’université de Bern et ses collègues ont découvert du DMS sur la comète 67P, ce qui n’est pas exactement un monde habitable. D’autres chercheurs ont trouvé la molécule dans l’espace interstellaire. L’année dernière, la chimiste Eleanor Browne de l’université d’État du Colorado, à Boulder, et ses collègues ont démontré que le DMS pouvait être produit dans des réactions chimiques alimentées par la lumière lors d’expériences menées en laboratoires sur des atmosphères synthétiques.

À quoi ressemblerait la vie sur Proxima B ?

Les auteurs de l’étude reconnaissent certaines de ces lacunes. Madhusudhan indique que ni les comètes ni la matière interstellaire ne sont des sources plausibles pour les fortes concentrations de DMS et de DMDS détectées par son équipe. Cependant, si la découverte de DMS est inattendue, les environnements morts nous montrent que nous avons encore beaucoup à apprendre sur sa formation.

D’autres incertitudes sont à prendre en compteent la détection. Nous ne savons pas comment la vie a vu le jour sur Terre, nous ne pouvons donc pas savoir si les conditions sur K2-18b auraient pu donner naissance à la vie en général, en admettant que ces conditions soient favorables pour les terriens. Si la vie s’était effectivement développée, qui peut dire qu’elle produirait du DMS ? Et si elle produit du DMS, pourquoi les scientifiques n’ont-ils pas détecté d’autres biosignatures de gaz sur d’autres plabètes? 

Quoi qu’il en soit, la plupart des chercheurs avec lesquels nous nous sommes entretenus reconnaissent qu’il y a motif à célébrer cette nouvelle étude de K2-18b. « C’est vraiment un exploit. Il y a trente ans, nous n’avions même pas conscience de l’existence des exoplanètes. »

Philosophe des sciences à l’université de Durham, en Angleterre, où il étudie les annonces de détection de la vie, Peter Vickers était plutôt sceptique au départ. « Ensuite, plus je m’y intéressais, plus je me disais que c’était une découverte majeure et qu’il ne fallait en aucun cas la sous-estimer », témoigne-t-il.

De son côté, Madhusudhan est convaincu que la prudence et l’enthousiasme ne sont pas mutuellement exclusifs. Même le plus infime des signes de vie extraterrestre est un « exploit transformationnel », assure-t-il. Néanmoins, entre ce point et une véritable déclaration de détection de vie extraterrestre, il y a encore du chemin. « Il faut accepter les deux : la prouesse et la prudence. »

Si tant est que nous y parvenions un jour, la découverte de la vie en dehors de notre système solaire ne se produira pas d’un seul coup. Nous glisserons doucement vers la certitude, entraînés par des découvertes comme celle-ci qui sont autant d’invitations à pousser plus loin les recherches pour multiplier les chances. Il s’agit là sans aucun doute d’une invitation à examiner K2-18b d’un peu plus près. Si nous trouvons la vie sur cette planète, l’une des premières potentiellement habitables que nous avons inspectées, nous devrons supposer que la vie est commune dans l’univers ; car si elle était rare, la probabilité de simplement tomber sur la planète adéquate serait astronomiquement faible.

« Nous en sommes encore à poser des questions, mais ce sont des questions qu’il est formidable de poser », conclut l’astrobiologiste Michael Wong de la Carnegie Institution de Washington. « Quelle chance de vivre cette époque ! »

Cet article était initialement paru sur le site national geo. Nous l’avons un peu simplifié

16/06/2025 Une sonde spatiale chinoise va tenter de faire coup double

La Mission Tianwen2 préparée par la China National Space Administration CNSA vient de décoller. Elle vise à mieux connaitre les petits astres rocheux qui gravitent en permanence dans le système solaire, soit en l’espèce un astéroïde et une comète.

La Mission prélèvera environ 100 grammes de l ‘astéroïde (dit aussi quasi-satellite) Kamo’Somalewa puis les rapportera sur la Terre où elle les larguera pour étude. Elle repartira ensuite vers la comète 311P/ParisSTARRS qu’elle observera à distance. Elle utilisera la force de gravité de la Terre comme propulseur pour cette seconde partie de la mission.

La CNSA soupçonne l’astéride d’être un morceau arrachée à la Lune il y a des millions d’années lors d’un impact avec un autre astéroïde. Elle le considère comme un « fossile vivant »

Quant à la comète, ce ne serait pas une véritable comète. Sa queue serait constituée de fragments de roche et de poussières arrachés à la Lune lors d’un impact avec un précédent astéroïde.

Il en résulte que les orbites des cibles sont loin d’être circulaires. Ces irrégularités accroissent les difficultés de la mission.

La mission suivante sera encore plus extrême : Tianwen-3 décollera en 2028 pour rapporter des échantillons martiens sur Terre d’ici 2031.

Pour en savoir plus voir

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-decollage-tianwen-2-chine-lance-mission-plus-ambitieuse-rapporter-fragments-asteroide-122392/

16/06/2025 L’homme responsable probable de l’extinction des paresseux géants

Les paresseux sont des mammifères arboricoles d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale qui constituent le sous-ordre des Folivora[1]. Ce sont des animaux de taille moyenne au mode de vie original : ils sont presque toujours suspendus à l’envers dans les arbres et se déplacent avec lenteur. Ils possèdent de longues griffes. Les paresseux du genre Bradypus sont aussi appelés « aïs », chacun de leurs membres se terminant par trois doigts griffus, ce qui les distingue des paresseux du genre Choloepus, de la famille des Megalonychidae, qui ne présentent que deux griffes à chaque main.

Outre les six espèces vivant actuellement, on connaît quatre espèces éteintes de paresseux géants qui vivaient en Amérique. Les fossiles de trois d’entre elles ont été trouvés dans l’asphalte des puits de goudron de Rancho La Brea[2] qui abrite des fossiles récents de la dernière ère glaciaire (−40 000 à −10 000 ans).

Il ne faut pas les confondre avec le « paresseux australien », un autre nom donné au koala, mammifère marsupial.

Les paresseux actuels sont pour certains les descendants de paresseux dits géants. Pendant 35 millons d’années ceux-ci étaients présents en Amérique du sud. Alberto Toscanini de l’université de Buenos Aires a rasssemblé une documentation les concernant, aspect physique, ADN et protéines, modes de vie et modalités d’extinction pour ceux disparus sans laisser de descendants.

Il apparaît que la disparition des paresseux géants a coïncidé avec l’implantation de l’homme dans leur habitat. Les derniers à survivre le durent à leur petite taille qui leur a permis de se réfugier dans les arbres

https://www.science.org/doi/10.1126/science.adz1373



15/06/2025 Collosal Bioscience reconnaît qu’il n’a pas fait renaitre le loup sinistre Canis dirus

Canis dirus (le « Loup sinistre »), parfois aussi placé dans le genre Aenocyon) était une espèce de canidés qui a vécu en Amérique du Nord et en Sibérie au Pléistocène et s’est éteinte il y a environ 10 000 ans.

Il était plus gros que le Loup gris en taille et en allure. Il mesurait environ 1,50 m de long et pesait en moyenne 68 kg pour la sous-espèce la plus grosse, le Canis dirus dirus.

En avril 2025, l’entreprise Colossal Biosciences annonçait avoir « ressuscité » cette espèce disparue en restaurant les caractères phénotypiques les plus marquants du loup sinistre chez un loup gris ; il s’agit toutefois bien de loups légèrement modifiés génétiquement, et aucunement de Canis dirus.

Canis dirus était plus gros que le Loup gris en taille et en allure, il mesurait environ 1,50 m de long et pesait en moyenne 68 kg pour la sous-espèce la plus grosse, le Canis dirus dirus.

Il est probable que ces loups vivaient en meutes, unies par des liens de famille, et qu’ils chassaient en groupes. La principale différence entre Canis lupus et Canis dirus se trouve dans la structure du squelette, plus massif et plus lourd chez Canis dirus. Ses pattes étaient proportionnellement plus courtes, sa tête plus grande et plus lourde (une tête retrouvée en Yakoutie en 2018 est longue de 41,5 cm, correspondant ainsi à la moitié du corps d’un loup contemporain), mais la capacité crânienne était moindre. Ses dents, plus grandes et plus fortes que celles du Loup gris, étaient capables de broyer des os.

De telles caractéristiques suggèrent que c’était un moins bon coureur que les loups actuels et qu’il se nourrissait d’animaux peu rapides et de grande taille, ou de proies affaiblies et de charognes, un peu comme les hyènes actuelles, mais aussi comme d’autres prédateurs qui vivaient à son époque, les félins à dents de sabre comme le Smilodon, qui eux aussi présentaient des adaptations évolutives pour la chasse d’animaux de grande taille.

Aujourd’hui dans une interview la directrice de recherh de Colossal, Beth Shapiro, reconnaît qu’il n’est actuellement pas possible de ressusciter des espèces disparue. Elle admet ne pas avoir fait reparaitre un loup sninistre, mais un loup gris aux gênes un peu modifié.

Ceci dit, selon nous, il s’agit déjà d’un exploit, qui n’est pas vraiment rassurant. Que sera un homo sapiens aux gènes un peu modifié, du type de ceux que les spécialistes de l’espace estiment indispensable pour s’établir durablement sur la planète Mars ?

14/06/2025 La fin du multivers ?

Les fentes de Young (ou interférences de Young) désignent en physique une expérience qui consiste à faire interférer deux faisceaux de lumière issus d’une même source, en les faisant passer par deux petits trous percés dans un plan opaque. Cette expérience fut réalisée pour la première fois par Thomas Young en 1801 et permit de comprendre le comportement et la nature de la lumière. Sur un écran disposé en face des fentes de Young, on observe un motif de diffraction qui est une zone où s’alternent des franges sombres et illuminées.

Cette expérience a mis en évidence la nature ondulatoire de la lumière. Elle a été également réalisée avec de la matière, comme les électrons, neutrons, atomes, molécules, avec lesquels on observe aussi des interférences. Cela illustre la dualité onde-particule : les interférences montrent que la matière présente un comportement ondulatoire, mais la façon dont elles sont détectées (impact sur un écran) montre leur comportement particulaire. Wikipedia

Cependant de nouvelles versions de cette expérience, conduisirent à penser que les interférences n’étaient pas dues à des superpositions d’un photon unique, mais à des interférences se produisant entre photons différents utilisant des chemins très proches les uns des autres  et ne permettant pas de les distinguer

Référence

https://www.earth.com/news/single-photon-detected-in-multiple-locations-simultaneously/

Recent work suggests that a single photon might be detected in more than one spot simultaneously. Some see this as a reason to reconsider the idea of alternate universes interacting behind the scenes.

A research team led by Holger Hofmann at Hiroshima University in Japan has conducted an advanced measurement that provides direct evidence of light appearing in two separate paths.

14/05/2025 Conséquences climatiques de la disparition des grands herbivores.

Depuis des millions d’années, les grands herbivores façonnent nos paysages. Ils favorisent la biodiversité et maintiennent des processus écologiques vitaux. Est-ce à dire qu’ils ne risquent rien aujourd’hui dans le contexte de crise de la biodiversité qui affecte la Terre.

La réponse à cette question est éminemment importante. Car perdre les grands herbivores reviendrait à perdre des « ingénieurs écosystémiques » essentiels. Ce serait dramatique. Depuis des millions d’années, les grands herbivores façonnent nos paysages. Ils favorisent la biodiversité et maintiennent des processus écologiques vitaux. Est-ce à dire qu’ils ne risquent rien aujourd’hui dans le contexte de crise de la biodiversité qui affecte la Terre.

C’est pourquoi les chercheurs se sont mobilisés pour analyser les fossiles de plus de 3 000 grands herbivores sur 60 millions d’années. Dans la revue Nature, ils rapportent comment à deux reprises sur cette période, « la pression environnementale a été si forte que l’ensemble du système a subi une réorganisation mondiale ».

La première fois, c’était il y a environ 21 millions d’années, lorsque le mouvement des plaques tectoniques a formé un pont entre l’Afrique et d’Eurasie. Les éléphants qui avaient vu le jour en Afrique se sont aventurés sur les terres d’Asie. Des cerfs, des rhinocéros et d’autres grands herbivores ont investi de nouveaux territoires. Le tout en modifiant l’équilibre écologique établi, plus précisément en démultipliant la variété des rôles écologiques.

Puis, il y a quelque 10 millions d’années, le climat de la Terre s’est refroidi. Il s’est aussi asséché. Beaucoup d’herbivores forestiers ont alors disparu. Çeci a été le début d’un long déclin de la variété de leurs rôles écologiques.

Mais sur les 4,5 derniers millions d’années, les chercheurs assurent que la structure écologique globale des communautés de grands herbivores est restée étonnamment stable. À l’image d’une équipe de foot qui peut continuer à gagner même après avoir changé un, deux, trois, quatre ou même cinq de ses onze joueurs. Toutefois, quelque chose a fondamentalement changé récemment – à l’échelle de l’histoire de la vie sur Terre. Une nouvelle variable est apparue dans l’équation : l’humanité. Et avec elle, la destruction des habitats, le réchauffement climatique et la surexploitation.

« Nos résultats montrent que les écosystèmes ont une capacité d’adaptation exceptionnelle. Mais le rythme du changement est bien plus rapide cette fois-ci. Il y a une limite. Si nous continuons à perdre des espèces et des rôles écologiques, nous pourrions bientôt atteindre un troisième point de basculement mondial », assure Juan L. Cantalapiedra, chercheur au Musée national des sciences naturelles d’Espagne et auteur principal de l’étude, dans un communiqué de l’université de Göteborg.

Référence

nature

  • Published: 05 June 2025
Two major ecological shifts shaped 60 million years of ungulate faunal evolution
Abstract

The fossil record provides direct evidence for the behavior of biological systems over millions of years, offering a vital source for studying how ecosystems evolved and responded to major environmental changes. Using network analysis on a dataset of over 3000 fossil species spanning the past 60 Myr, we find that ungulate continental assemblages exhibit prolonged ecological stability interrupted by irreversible reorganizations associated with abiotic events. During the early Cenozoic, continental assemblages are dominated by mid-sized browsers with low-crowned teeth, which show increasing functional diversity. Around 21 Ma, the formation of a land bridge between Eurasia and Africa triggers the first major global transition towards a new functional system featuring a prevalence of large browsers with mid- to high-crowned molars. Functional diversity continues to increase, peaking around 10 Ma. Shortly after, aridification and the spread of C4-dominated vegetation lead to a second tipping point towards a fauna characterized by grazers and browsers with high and low crowned teeth. A global decline in ungulate functional diversity begins 10 Ma ago and accelerates around 2.5 Ma, yet the functional structure of these faunas remains stable in the latest Cenozoic. Large mammal evolutionary history reflects two key transitions, aligning with major tectonic and climatic events.