04/02/2022 La Chine de Xi Jinping

Au plan de la sécurité et de la défense la Chine de Xi Jinping reste un régime militaire toujours prêt à se protéger des multiples agressions du monde occidental. Mais dans le domaine économique, tant au plan national qu’international elle a dorénavant décidé de jouer à fond la carte de la globalisation et du libre échange.

C’est en tout cas ce qu’a affirmé Xi Jinping le 18 janvier lors du dernier Forum Economique Mondial (voir https://www.rt.com/op-ed/546321-xi-xinping-world-economic-forum/)

C’est ainsi que Pékin vient de mettre en place dans la zone Asie Pacifique un Regional Comprehensive Economic Partnership (RECP) qui intéresse 30% de la population et des Produits Intérieurs Brut mondiaux.

L’administration chinoise des Douanes a annoncé le 14 janvier un volume d’échange en excédent de six mille milliards de dollars pour 2021. Les investissements étrangers en Chine ont augmenté pour leur part de 14% soit 173 milliards de dollars.

Dans les nouvelles technologies, les chinois Huawei et ZTE ont plusieurs années d’avance. Dans le nucléaire, la China National Nuclear Corp (CNNC) négocie l’implantation de centrales avec l’Argentine sur la base de la technologie chinoise Ualong One. Cela ne l’empêche par d’importer 4 centrales nucléaires françaises.

04/02/2022 Covid-19. Des remèdes presque pires que le mal ?

Depuis l’apparition de la pandémie due au Covid-19, les observateurs dans le monde entier , et notamment au sein du WHO (World Health Organisation) ont signalé avee quelle rapidité le virus a pu être contenu. Le nombre des morts ou des contaminés-contaminants est resté dans ce que l’on a qualifié de limites raisonnables. Dans les siècles passés, ce n’était pas le cas. La dernière Peste Noir avait ainsi anéanti, selon les observations de l’époque, près de 70% des populations.

Ces succès ont été très largement du à la puissance des industries qui ont été dans l’urgence reconverties pour produire en très grandes quantité les masques, blouses et autres protections ou équipements permettant de limiter les contacts. Semblablement le télétravail a été généralisé dans tous les créneaux disponibles.

Aujourd’hui cependant il apparaît un revers de la médaille. Des dizaines de milliers de tonnes de déchets médicaux ont été accumulées, sans que rien n’ait été mis en place pour les récupérer sans créer d’autres nuisances. Il ne suffit pas en effet, dans les meilleurs des cas, de mettre le feu à ces déchets pour s’en débarrasser, l’opération produit des fumées toxiques très dangereuses. Le plus souvent les déchets finissent dans les rivières ou dans la mer avec des effets désastreux sur la faune et la flore. Les opérations de tris sélectifs et de destruction appropriée ont des coûts considérables et ne peuvent à ce jour être confiées à des machines. Nul n’a voulu les assumer.

Dans la perspective où à l’avenir apparaîtront de nouvelles pandémies, le laissez-faire serait inadmissible.

Pour en savoir plus

https://www.who.int/news/item/01-02-2022-tonnes-of-covid-19-health-care-waste-expose-urgent-need-to-improve-waste-management-systems


https://www.geo.fr/environnement/des-elephants-retrouves-morts-le-ventre-rempli-de-plastique-dans-une-decharge-du-sri-lanka-207929

03/02/2022 L’inattendu réveil du Mexique face aux Etats-Unis

Un instant considéré comme un simple laquais (puppet) de Washington, son nouveau président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) au pouvoir depuis 2018, se révèle tout autre.

S’il s’efface devant les Etats-Unis sur leurs problématiques communes, notamment la lutte contre les narco-trafiquants, il n’hésite pas à leur tenir tête sur certains dossiers. Washington, contrairement à ses habitudes, ne réagit qu’en apparence.

Des son arrivée au pouvoir, AMLO a rejeté les ingérences des Etats-Unis en Amérique latine – notamment à Cuba et au Venezuela –, et voulu accorder l’asile à Julian Assange. Comment dans ces conditions, peut-il entretenir de bonnes relations avec le président américain. ? Pour bien moins que cela, Washington traite avec la plus grande hostilité certains dirigeants qui lui tiennent tête.

Pourtant, au Mexique, au pouvoir depuis 2018, AMLO revendique sa différence.

Les deux pays sont imbriqués et interdépendants, c’est quasiment un fait. Cependant les choses ont mal commencé entre lui et Joe Biden. AMLO a été l’un des derniers dirigeants à féliciter le nouveau président américain élu, en mettant six semaines à lui expédier une formule de congratulations lapidaire avant de lui dire dans la foulée tout le bien qu’il pensait de son prédécesseur lors de leur première conversation téléphonique le 19 décembre 2021.

A cette occasion, il lui a exposé également ce qui doit faire selon lui le secret de bonnes relations bilatérales : que Washington reste en dehors des affaires intérieures mexicaines.

Impliqué dans la politique de son pays depuis les années 1970, AMLO loue le principe de non-intervention et d’autodétermination des peuples. Dans ces domaines, selon lui, Donald Trump, avec qui il a signé un traité de libre-échange, a respecté le Mexique. Ce qui n’a pas empêché AMLO de s’oppposer à l’administration Trump en formalisant, par exemple, sa proposition d’offrir l’asile au journaliste Julian Assange, poursuivi par les Etats-Unis

AMLO est-il une exception dans le paysage latino-américain compte tenu du type de relation qu’il parvient à imposer, ou est-ce la position géographique du Mexique qui fait que Washington ne peut raisonnablement pas se brouiller avec ses dirigeants ?

En fait AMLO s’inscrit dans la «doctrine Estrada », tradition politique mexicaine de non-ingérence, de respect de la souveraineté des Etats pour les défendre contre les prétentions hégémoniques». Constituant l’idéal diplomatique mexicain, elle tire son nom de Genaro Estrada, ministre des Affaires étrangères qui fixa en 1930 les principes de non-intervention, d’autodétermination des peuples et de règlement pacifique des conflits.

A son arrivée au pouvoir, Joe Biden a de son côté exprimé ses meilleures intentions concernant son voisin du sud, soulignant «la nécessité de revitaliser la coopération entre les Etats-Unis et le Mexique, pour garantir une migration sûre et ordonnée, contenir le Covid-19, régénérer les économies de l’Amérique du Nord et sécuriser leur frontière commune. »

Si, comme mentionné plus haut, au niveau intérieur, Mexique et Etats-Unis ne peuvent gouverner l’un sans l’autre et s’en accommodent comme ils peuvent, au niveau régional et international, AMLO a bien l’intention de mener la politique qu’il entend, quitte à s’opposer parfois à Washington. Aucun Etat n’a le droit de soumettre un autre pays Ainsi, en septembre 2021, il proposait aux pays latino-américains de s’émanciper des Etats-Unis en redonnant vie à la Communauté d’Etats latino-américains et caraïbes (Celac) lors d’un sommet à Mexico. Son but revendiqué : affaiblir l’Organisation des Etats américains (OEA), dominée par Washington, qu’AMLO veut remplacer par un organisme «vraiment autonome» et «qui ne soit le laquais de personne». 

CELAC https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_d%27%C3%89tats_latino-am%C3%A9ricains_et_cara%C3%AFbes

02/02/2022 Réponse d’un collectif d’intellectuels musulmans

Par souci de réciprocité, nous rééditons ici la réponse d’un collectif d’intellectuels musulmans à l’éditorial du Monde que nous avions publié ici, « S’exprimer sans crainte sur l’islam ».

Cette réponse est parue dans Le Monde à la suite de l’éditorial précité.

Tribune. Français musulmans engagés, nous voulons dénoncer fermement les pratiques islamistes séparatistes, mises en évidence dans le reportage de « Zone Interdite », diffusé sur M6, le dimanche 23 janvier. Citoyennes et citoyens français de confession musulmane, nous sommes attachés à la France, notre pays, et attachés à l’islam, notre religion. Nous dénonçons l’islamisme radical, le salafisme et leurs corollaires : le fondamentalisme, l’obscurantisme, l’intolérance, l’enfermement idéologique.

En tant que Français musulmans, nous ne reconnaissons pas les principes fondamentaux de l’islam dans les pratiques extrémistes filmées dans le documentaire. Nous condamnons et rejetons ces pratiques sans hésiter. Nous fondons notre condamnation et notre rejet sur notre citoyenneté française et sur notre participation au contrat social et aux lois de la République. Nous les fondons aussi sur notre lecture du Coran, le texte saint de l’islam, et sur notre foi musulmane.

Celles et ceux d’entre vous qui ne connaissent pas l’islam ont pu être choqués et consternés par des images du documentaire, comme nous l’avons été aussi. Cet islamisme radical fait peur et interpelle nos consciences.

Comment pouvons-nous accepter cette perversion de l’islam, qui consiste à nous couper de notre rapport aux autres ? Quel pseudo-rationnel peut-il justifier de voiler des fillettes de 7 ans, sinon de maltraiter leur libre arbitre et leur rapport au monde ?Nous voyons dans cette pratique une forme de maltraitance qui doit cesser au nom des droits de l’enfant. Comment tolérer des poupées sans visage, alors que la communication par le visage et les émotions sont indispensables à l’épanouissement des enfants, ainsi qu’en attestent les études scientifiques ? Nous voyons dans cette pratique un rejet de notre humanité commune, de nos émotions, de nos sensations, de notre ouverture sur le monde, de notre émerveillement devant la beauté de la nature.

Et que penser d’une instruction religieuse qui ne cherche que l’imitation littérale et ne favorise pas la réflexion personnelle, la méditation et la compréhension des textes sacrés ? Une instruction religieuse sans tâcher de saisir le sens des textes sacrés, sans spiritualité, sans réflexion sur ce que sont le bien et le mal, sans morale, sans responsabilité individuelle, sans humanisme, sans universalisme, sans intégration dans la société, est bien vide de sens.

Le respect de la personne humaine, la réflexion sur le sens de la vie et la volonté de vivre en société sont les boussoles morales qui devraient guider toutes nos actions. Nous faisons nôtre l’héritage des Lumières, qui voit dans l’éveil de la réflexion personnelle la base de l’éducation.

L’un des messages centraux du Coran est l’importance de s’instruire, d’apprendre. Quel apprentissage, quel enseignement peuvent être dispensés dans des écoles islamistes radicales où règnent fondamentalisme et obscurantisme ? Les sciences naturelles sont absentes. La musique et l’art sont interdits. Quelle médiocrité !

Quelle image de l’islam renvoyons-nous ? L’éducation, la soif de sciences, la culture, l’ouverture au monde, l’ouverture aux autres, la tolérance, sont indispensables à notre conscience. L’esprit critique et la raison sont les bases de tout épanouissement humain. La contemplation esthétique n’est pas interdite dans le Coran !

Les pratiques de l’islamisme radical nous révulsent, nous attristent et nous choquent. Elles sont un dévoiement insupportable et pervers de l’islam.

Le salafisme n’est pas l’islam. Ce courant obscurantiste fut considéré comme hérétique et déviant par les tenants de l’orthodoxie islamique à sa naissance. L’un de ses pères fondateurs, Ibn Taymiyya (XIIIe-XIVe siècle), fut considéré comme hérétique par les autorités religieuses, à Damas comme au Caire et à Alexandrie.

Ibn Taymiyya fut incarcéré pour avoir voulu appliquer les versets du Coran de manière trop littérale. Le rejet de ses thèses le fut sur le plan dogmatique, notamment son anthropomorphisation de Dieu, mais surtout pour sa pratique rigoriste. Le salafisme s’inscrit dans une volonté de vivre selon des préceptes prétendument islamiques, mais qui effacent le spirituel et l’humain pour ne s’attarder que sur des rituels.

De fait, il permet une emprise psychologique des individus qui se coupent de l’autre. Il rend esclave l’être humain en lui faisant suivre des directeurs de conscience, alors que le Coran insiste sur la liberté de conscience et la responsabilité individuelle de chacun. Par exemple : « Nous avons rendu tout être humain responsable de sa destinée » (Coran, 17.13).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran appelle à faire usage de son entendement et de sa raison, dans l’observation de la nature comme dans la réflexion sur la vie (par exemple, Coran, 2.44 ; 3.190 ; 16.12-13, 67 ; 20.54 ; 45.5). Le Coran dit explicitement qu’observer et étudier la nature, dans toute sa complexité, est une manière de reconnaître la toute-puissance divine.

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran reconnaît la diversité des points de vue et des identités à travers le monde (par exemple, 22.67 ; 30.22 ; 10.19 ; 11.118). Le Coran reconnaît explicitement la diversité des rites religieux et des expressions religieuses (22.67).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rétorquons que le Coran recommande la tolérance et la bienveillance, y compris vis-à-vis des non-croyants (7.199 ; 25.63). Par exemple : « Les serviteurs du Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur la terre, ceux qui répondent avec douceur aux non-croyants qui les interpellent » (Coran, 25.63).

Aux islamistes et aux salafistes, nous rappelons enfin que le Coran valorise la foi et la piété intérieures (8.2 ; 9.64), notamment plus que les actes purement rituels. Par exemple : « Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand le nom de Dieu est évoqué » (Coran, 8.2), un verset qui n’est pas sans rappeler la contemplation chrétienne. Même le Prophète de l’islam ne pouvait convaincre ceux ou celles qui ne souhaitaient pas entendre son message : le for intérieur reste du domaine de l’intime (Coran, 28.56 ; 46.23).

Aux musulmans, nous voulons rappeler notre responsabilité. Eloignons-nous de la médiocrité de pratiques qui n’ont pas de fondement théologique et sont vides de spiritualité. Cultivons-nous. Participons de plain-pied à la société française. Restons critiques face aux injonctions de prédicateurs douteux. Soyons exemplaires, comme notre religion nous le demande. Visons l’excellence et l’intégration républicaines, pour nous et nos enfants.

A la présentatrice et au témoin de l’émission « Zone Interdite », Ophélie Meunier et Amine Elbahi, nous exprimons notre soutien le plus vif. Nous en sommes solidaires, ainsi que de tous les journalistes faisant leur travail d’information et d’exposition des faits.

01/02/2022 L’antisémitisme en France est plus virulent que jamais

Pendant plusieurs décennies, les Français ont vécu sur l’illusion que l’antisémitisme en France avait disparu depuis la révélation de l’existence des camps d’extermination nazis. S’il n’avait pas disparu, tout au plus il n’osait plus s’exprimer.

Aujourd’hui plusieurs raison font qu’il reparaît à nouveau sans se cacher. .

La principale de ces raisons ne tient pas, comme on le répète complaisamment, à l’existence d’Israël et aux critiques souvent légitimes que suscite sa politique au Moyen-Orient, à la remorque de l’impérialisme américain. Cette raison tient à la pénétration croissante de l’islamisme dans la société français et plus particulièrement dans les banlieues.

Pour l’islam en général et plus particulièrement pour sa forme combattante qu’est l’islamisme, réveiller et mettre à jour l’antisémitisme traditionnel en France constitue un moyen de recrutement facile. Il ne se prive pas de l’utiliser.

C’est au niveau de l’école et dans les banlieues que cet antisémitisme d’inspiration arabo musulmane trouve le meilleur milieu pour recruter et diffuser au sein de la société entière.

Ceci tient au fait que dans les années précédentes, le nombre des immigrés provenant du Moyen-Orient et d’Afrique où l’antisémitisme est traditionnel n’a cessé d’augmenter. Leurs enfants reprennent et amplifient sans toujours s’en rendre compte, les préjugés haineux de beaucoup de leurs parents à l’égard des Juifs.

Si les institutions, et en premier les institutions scolaires, laissent prospérer ce nouvel antisémitisme, les agressions de plus en plus meurtrières de citoyens dont le seul tort est d’être juif et de ne pas s’en cacher ne cesseront d’augmenter.

01/02/2022 Islam radical dans nos banlieues

Nous rééditons ici, avec son accord, un excellent éditorial du journal Le Monde

Après la diffusion d’un reportage de « Zone interdite » sur la montée d’un islam incitant au repli identitaire à Roubaix , la présentatrice, Ophélie Meunier, et un témoin sont la cible de menaces de mort.

Editorial. On a souvent, dans ces colonnes, dénoncé les menaces, les atteintes aux libertés et les sévices dont sont victimes, dans des pays lointains, des journalistes et ceux qui les informent. Les menaces de mort ciblant Ophélie Meunier, présentatrice de « Zone interdite », émission de reportage de M6, ainsi qu’Amine Elbahi, un habitant de Roubaix qui témoigne dans l’enquête diffusée dimanche 23 janvier, suscitent la même indignation.Depuis la tragédie de Charlie Hebdo, les Français connaissent le déchaînement de haine aveugle que peut susciter, chez des terroristes islamistes, l’exercice de la liberté d’expression. Depuis l’assassinat de Samuel Paty, ils savent que l’on peut mourir en France pour un cours sur la liberté d’expression. Qu’après ces drames des personnes s’exprimant publiquement sur la pratique de la religion musulmane continuent à être inquiétées est alarmant. Un certain nombre d’entre elles a dû être placé sous protection policière. Selon le ministre de l’intérieur, les journalistes menacés le sont systématiquement.

Le soupçon de clientélisme visant le maire, Guillaume Delbar, y est exprimé par un journaliste de la Voix du Nord, ainsi que par Amine Elbahi, un Roubaisien révolté contre l’islam radical et contre la surdité des autorités publiques quand il les a alertées pour tenter d’empêcher le départ de sa sœur pour le djihad en Syrie. Quant à M. Delbar, il est poursuivi en justice pour « détournements de fonds publics par négligence ».

La longue enquête de M6, intitulée « Face au danger de l’islam radical, les réponses de l’Etat », s’interroge sur les politiques publiques destinées à combattre l’islamisme. Réalisée largement en caméra cachée, elle s’attache à décrire différentes manifestations de la montée d’un islam incitant au repli identitaire et remettant en cause des principes républicains. Le début du reportage, tourné à Roubaix, dénonce le subventionnement par la municipalité d’une association dispensant un enseignement religieux sous le couvert de soutien scolaire.

Un autre passage du film, auquel participe M. Elbahi, est tourné dans un magasin qui vend des poupées pour enfants dont la tête ne porte aucun trait de visage « parce que [le visage], c’est Allah qui le crée », explique la vendeuse. Depuis la diffusion de ce reportage, la présentatrice de M6 et le « lanceur d’alerte » ont dû être placés sous protection policière à la suite de menaces de mort. Le maire de Roubaix dit être victime d’un « déferlement de haines et de menaces ».

Un tel phénomène menace une fois de plus l’exercice de la liberté d’expression et d’information. Or, sur l’islam comme sur toute autre religion, ces libertés n’ont pour limite que les lois pénales qui répriment l’injure, la diffamation, l’appel à la haine ou à la discrimination. Alors que certains candidats à la présidentielle jouent les pyromanes en désignant les musulmans comme boucs émissaires, il faut rappeler avec force que les militants de l’islam radical ne constituent qu’une petite minorité. Sans pour autant nier les tendances au « séparatisme » favorisées par la ghettoïsation urbaine, le clientélisme de certains maires et exacerbées par les islamistes.

Remettre en cause l’impasse identitaire et l’instrumentalisation politique de l’islam suppose de pouvoir aborder sans crainte toutes ces réalités, comme n’importe quelle autre. Cela suppose aussi de ne pas laisser aux marchands de haine la dénonciation des dérives inquiétantes qui menacent toute la société, y compris la grande masse des musulmans.

Candidats aux élections présidentielles françaises. L’aveuglement voulu

La douzaine de personnalités de tous bords qui se disent prêtes à assumer la fonction de Président de la république française et annoncent vouloir se présenter aux prochaine élections présidentielles ne manquent pas de temps dans les médias pour exposer leurs programmes.

Curieusement, la question de la crise climatique et environnementale, crise dont la France, comme le reste du monde subira inexorablement les effets, n’est que rarement évoquée, ou ne l’est qu’en quelques mots.

Pourtant les avertissements ne leur manque pas. Ainsi aujourd’hui 1er février, 1 400 scientifiques climatologues, géographes, sociologues, philosophes, historiens, océanographes, astrophysciens, mathématiciens et économistes, appellent les candidats à la présidentielle à sortir « des discours de l’inaction »  Dans une tribune publiée sur franceinfo à quelques semaines de l’élection présidentielle, ils s’inquiètent, « l’absence de débat démocratique (…) sur les graves bouleversements en cours et à venir ».

Quels que soient nos opinions politiques et nos engagements personnels, nous constatons avec inquiétude l’absence de débat démocratique dans la campagne présidentielle sur les graves bouleversements en cours et à venir, qu’ils concernent le climat, l’océan, la biodiversité ou les pollutions. »

Les défis qui nous attendent incluent la diminution des émissions de gaz à effet de serre et la préservation du vivant. Mais ils portent aussi sur la nature et le rythme de l’adaptation, la juste répartition des risques et des efforts, la solidarité entre générations ou entre territoires. De fait, ils concernent l’emploi, le transport et la mobilité, l’alimentation, le partage et l’accès aux ressources – notamment à l’eau potable –, le foncier, la santé, la fiscalité, l’éducation, la formation professionnelle, la recherche et l’innovation, la préservation du patrimoine historique et culturel, l’habitat, la réduction des inégalités et des fractures territoriales, le tournant numérique, la prévention et l’indemnisation des catastrophes, la sécurité intérieure, la souveraineté et la défense nationale, la politique européenne et internationale.

Si beaucoup d’objectifs de court et long termes sont connus et fixés par nos engagements nationaux et internationaux, différentes trajectoires sont possibles et doivent être discutées. Et si l’on choisit l’inaction, il est nécessaire d’en exposer et d’en assumer les conséquences. »

Encore faut-il que les citoyens puissent décider en leur âme et conscience. Pour cela, les candidats et candidates à l’élection présidentielle doivent pouvoir s’exprimer, et donc être interrogés, sur des questions de fond.

Elles sont nombreuses. Ainsi, comment fait-on pour :
– tripler le rythme des baisses des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2024, sans augmenter les inégalités sociales et territoriales ? Orienter les investissements de la France vers la neutralité carbone ? Agir sur les autres gaz à effet de serre, notamment le méthane ? Développer les puits de carbone, alors que nos forêts souffrent déjà du climat qui change ?
– réduire notre dépendance aux énergies fossiles, sans augmenter la précarité énergétique, en accompagnant la reconversion de certains emplois et en formant une main-d’œuvre qualifiée pour satisfaire les nouveaux besoins ?
– intégrer les enjeux environnementaux dans les accords commerciaux internationaux, pour diminuer notre empreinte carbone, la déforestation importée, la consommation d’eau ou de plastiques ?
– transformer les filières agricoles, industrielles, touristiques, pour répondre aux impacts du changement climatique, au renchérissement des matières premières, à l’adoption de nouvelles normes internationales, aux attentes des
consommateurs ?
– adapter les villes pour réduire leur vulnérabilité aux extrêmes chauds, secs et humides, selon une logique bas-carbone, tout en luttant contre l’habitat insalubre et le mal-logement, sans augmenter l’artificialisation des sols ?
– se préparer à des événements climatiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, renforcer les systèmes de gestion de crise et d’assurance et engager des moyens à la hauteur des enjeux d’adaptation et de résilience ? Anticiper les déplacements de populations, d’infrastructures et d’activités, notamment sur les littoraux, et considérer dès à présent le devenir des territoires les plus exposés ?
– peser sur la diplomatie mondiale du climat et de la protection de l’environnement, afin que les Etats respectent leurs engagements et que l’accord de Paris joue véritablement son rôle ?
– œuvrer pour que l’éradication de la pauvreté dans le monde soit combinée avec l’adoption de modèles de développement durable et l’émancipation des femmes ?

Le constat scientifique vis-à-vis de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité et les pollutions est clair.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette indifférence. La principale cependant tient à l’esprit démagogique des hommes politiques soumis à un processus électoral. Ils ne veulent pas évoquer les sacrifices qu’ils demanderait aux citoyens, mais seulement les bénéfices que ceux-ci retireraient de leur élection. Les citoyens, aveuglés par leurs propres intérêts immédiats, ne demandent qu’à les croire.

Ce ne fut qu’en période de guerre qu’un certain Winston Churchill, au demeurant bien installé au 10 Downing Street, avait parlé de sang, de sueur et de larmes « I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat » …

Référence

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/crise-climatique/tribune-crises-environnementales-1-400-scientifiques-appellent-les-candidats-a-la-presidentielle-et-les-medias-a-sortir-des-discours-de-l-inaction_4930099.html

31/01/2022 . Coronavirus. Quelle est l’efficacité des vaccins actuels ?

Le virus Covid 19, dès son apparition, s’est révélé particulièrement dangereux du fait de sa capacité à muter rapidement. Ses mutations, dites aussi variants, ont été nombreuses, plus de 15 à ce jour. Aujourd’hui, après ses variants alpha et delta, son variant omicron paraît le plus préoccupant. Un autre nouveau variant serait en voie d’identification à ce jour.

Comme pour ce concernait les précédents variants, omicron pose trois questions auxquelles il importe de répondre rapidement : est-il plus contaminant, est-il plus dangereux (mortel dans certains cas), est-il plus ou moins sensible aux vaccins, tout au moins aux vaccins actuels.

Les publications sur ces sujets permettent de répondre, au moins le moment, à ces trois questions. Si l’on comprend bien la première question, on peut répondre que omicron circule beaucoup plus vite que ces prédécesseurs. Il a donc touché un nombre bien plus élevé de personne (voir sources santé Publique France).Par contre, Omicron ne paraît pas pour le moment plus dangereux que ses prédécesseurs ? Les formes graves et les décès touchent surtout les personnes âgées ou atteintes de maladies collatérales. Il est cependant bien plus dangereux que les grippes saisonnières.

Quant aux vaccins  Johnson & Johnson, Moderna, Pfizer/BioNTech, Spoutnik, ils semblent avoir des efficacités comparables. Elle baisse très vite avec le temps (un à deux ans) Des doses de rappel sont donc utiles, sinon nécessaires.

Il y a clairement une course de vitesse entre le Covid 19 et les vaccins. Contrairement à ce qu’affirment les mouvements anti-vaccins, si les vaccinations cessaient brusquement, le nombre des malades monterait en flèche. Aucune société n’y résisterait.

C’est ce qui préoccupe actuellement les gouvernements africains et en conséquence le reste du monde. Ils rappellent qu’avec plus de 1 Millard et demi d’habitants, le continent africain aurait au plus vite besoin de plusieurs milliards de doses.

Pour en savoir plus, faire
https://francais.rt.com/opinions/94253-ecarts-vaccination-nord-sud-qui-doivent-etre-combles-urgence-sebastien-boussois

29/01/2022 Laisser les djihadistes s’implanter au cœur de l’Europe

C’est apparemment ce que veulent ceux qui demandent que l’armée française se retire du Sahel. L’opération Barkhane fait l’objet de critiques de plus en plus vives. Les militaires tués au Sahel sont présentées comme les victimes d’une politique irresponsable d’opposition aux légitimes aspirations à la liberté des populations sahéliennes.

Ils semblent oublier que depuis plus de 10 ans des groupes émanant du terrorisme islamique ambitionnent de porter le djihad dans toute l’Afrique. Ils menacent la sécurité de chaque village, pendant que les gouvernements légitimes mais faibles s’efforcent avec de moins moins de succès de maintenir en état une administration et des services publiques de base.

Mais il y a plus grave. Les ambitions de l’internationale djihadiste ne s’arrêtent plus désormais aux frontières de l’Afrique. L’objectif dont elle ne se cache même plus est d’implanter le djihad dans l’Europe toute entière. Les collectivités locales dotées d’une importante minorité musulmane font l’objet de manœuvres incessantes de l’internationale islamique pour y transformer de paisibles citoyens musulmans en terroristes. C’est ce que montrent en France les archives de la police recensant les interrogatoires de suspects.

Aussi bien, si l’armée français se retirait du Sahel, elle laisserait cette vaste région se transformer en base arrière pour des attentats voire des attaques djihadistes en Europe même. La France serait la première visée. Est-ce ce que l’on recherche ?

29/01/2022 Pourquoi des coups d’état militaires en Afrique de l’Ouest

International

Quelques mois après qu’un coup d’état militaire ait en Guinée renversé le président Alpha Condé et au Mali, le président Ibrahim Boubacar Keïta, le président Roch Kaboré au Burkina Faso viennent de subir le même sort.

Ces militaires avaient promis à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Ecowas) qu’ils organiseraient rapidement des élections pour restaurer partout des démocraties à l’occidental. Mais ils n’ont rien fait de semblable. Ils ont au contraire annoncé que vues les circonstances, ils resteraient au moins 5 ans de plus au pouvoir.

Est-ce à dire que l’Afrique de l’Ouest, après s’être plus ou moins émancipée de la tutelle française, ne pourra jamais échapper au régime des dictatures militaires ? La réalité est plus complexe. Si dans un nombre croissant de pays, des « hommes forts militaires » dits « mililitary strong men » sont appelés au pouvoir, c’est parce qu’aujourd’hui une dictature bien plus dangereuse menace le continent. Il s’agit de la dictature djihadiste.

Les attaques terroristes incessantes dans les grandes villes ont nourri la colère des militaires. Ils constatent qu’ils sont mal armés et sous-payés alors qu’ils doivent combattre des groupes de volontaires islamiques bien armés qui violent les femmes et ne font pas de prisonniers. L’attaque terroriste du 13 novembre contre la garnison de gendarmerie d’Inata dans le nord du Burkina Faso, tuant la moitié de la garnison, a particulièrement nourri le ressentiment. Par ailleurs de plus en plus de mines paralysent la circulation routière.

Depuis 2 ans, mille écoles ont été fermées dans ce pays pour des raisons de sécurité et 1,5 million de citadins ont quitté les villes pour se réfugier dans la brousse ou mendier dans les rues de Ouagadougou. Les victimes civiles ont dépassé 3.000.

Les intervention françaises au Mali depuis 2013 ont libéré certaine villes de la pression terroriste mais ont pas eu d’effets sensibles dans les campagnes. Les Russes et les Chinois, pressentis par les gouvernements légitimes pour intervenir militairement, n’ont pas encore répondu.