25/11/2023 Les kilobots opèrent en essaims, comme les abeilles

Les kilobots (ou kilibots) sont de petits robots mobiles peu coûteux développés à l’Université d’Harvard en 2015. Ils peuvent agir en groupes de quelques centaines d’unités pour exécuter des opérations hors de portée des robots individuels, opérer en essaims par exemple. Ils peuvent communiquer entre par échange de signaux en lumière infrarouge

Voir wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/Kilobot

Ils ont été récemment utilisés pour comprendre comment certains oiseaux ou mammifères agissaient en groupe de facon cordonnée, avec des temps de réaction rapides, sans apparemment échanger d’ordres collectifs. La question se posé également dans le cas des comportements humains collectifs survenant spontanément, tels qu’en cas de panique ou d’agression.

L’article dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract présente des recherches montrant comment un essaim de kilobots prend, sans intervention humaine, des comportements semblable à ceux d’abeilles recherchant en essaim un site favorable pour l’établissement d’une nouvelle ruche. Concernant les abeilles, il s’agit de l’essaimage.

L’essaimage est un mode de reproduction des colonies d’abeilles. C’est un procédé naturel qui se produit, en France,  au printemps ou au début de l’été. Il dure environ deux semaines et permet à l’essaim d’abeille de construire des cellules royales. C’est dans ces cellules royales que la reine pondra ses œufs, qui se nourriront de gelée royale.

Dans le cas des kilobots en essaim, ils peuvent communiquer spontanément entre eux par échange de signaux en lumière infrarouge

Référence

https://arxiv.org/abs/2310.15592

[Submitted on 24 Oct 2023]


Honeybee-like collective decision making in a kilobot swarm

David MarchJulia MúgicaEzequiel E. FerreroM. Carmen Miguel

Drawing inspiration from honeybee swarms’ nest-site selection process, we assess the ability of a kilobot robot swarm to replicate this captivating example of collective decision-making. Honeybees locate the optimal site for their new nest by aggregating information about potential locations and exchanging it through their waggle-dance. The complexity and elegance of solving this problem relies on two key abilities of scout honeybees: self-discovery and imitation, symbolizing independence and interdependence, respectively. We employ a mathematical model to represent this nest-site selection problem and program our kilobots to follow its rules. Our experiments demonstrate that the kilobot swarm can collectively reach consensus decisions in a decentralized manner, akin to honeybees. However, the strength of this consensus depends not only on the interplay between independence and interdependence but also on critical factors such as swarm density and the motion of kilobots. These factors enable the formation of a percolated communication network, through which each robot can receive information beyond its immediate vicinity. By shedding light on this crucial layer of complexity –the crowding and mobility conditions during the decision-making–, we emphasize the significance of factors typically overlooked but essential to living systems and life itself.

24/11/2023 Moyen-Orient. Retour en force des Etats-Unis

Un déploiement naval américain massif dans ce que l’on nomme le Grand Moyen Orient est actuellement en cours. Le porte-avion USS Ford et son groupe s’était précédemment montré le long des côtes israéliennes et s’est repositionné dans le sud de la Crète. Le porte avions USS Dwight D. Eisenhower et son groupe ont été vus dans le golfe d’Oman approchant le Golfe Persique.

C’est la première fois qu’un groupe aéronaval américain retourne dans cette zone, depuis le départ piteux en 2021 du Ronald Reagan qui avait quitté la mer d’Oman sans gloire après avoir soutenu l’évacuation de l’Afghanistan par les forces américaines.

L’USS Dwight D. Eisenhower rejoindra les navires amphibies USS Bataan et Carter Halll qui se trouvaient dans le golfe d’Aden le 26 octobre, alors qu’une troisième unité du même type, l’USS Mesa Verde, opère en Méditerranée orientale sous le commandement de l’USS Mount Whitney. Enfin un certain nombre de sous-marins d’attaque nucléaires semble patrouiller dans la zone.

Initialement les observateurs avaient pensé que les Etats-Unis avaient voulu montrer leur appui à Israël face à l »Iran et aux Etats arabes. Mais il semble de plus en plus que Washington veuille restaurer son influence militaire dans toute cette partie du monde. Des groupes armés de militants chiites attaquent en effet de plus en plus les bases américaines en Iraq et en Syrie. 58 attaques ont été comptées entre octobre 2022 et octobre 2023 , principalement en Iraq. Par ailleurs les rebelles Houthis multiplient les frappes de missiles contre Israël et les intérêts américains. 

Le message américain a été compris. Le 20 octobre, l’ International Maritime Security Construct [IMSC] établi à Bahrain et dont la mission est d’assurer la sécurité des routes du pétrole, publia un avertissement demandant aux navires transitant dans ces zones de signaler leur présence et de choisir les routes les plus proches des eaux du Yémen.

Deux jours après un cargo fut saisi par des houthis parachutés à bord. Il appartenait à un certain Abraham “Rami” Ungar, dit l’homme le plus riche d’Israël. Il ne s’était pas suffisamment placé sous le parapluie américain.

24/11/2023 Manouchian au Panthéon

Nous reprenons ici le contenu d’une lettre ouverte qui vient d’être envoyée au Président de la République.

Monsieur le Président de la République, nous vous écrivons cette lettre dans l’espoir d’empêcher une injustice. Vous avez annoncé le 18 juin votre choix de faire entrer au Panthéon les dépouilles de Missak Manouchian et de son épouse, Mélinée, en février 2024, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire du martyre du groupe de résistance à l’occupation nazie et à ses collaborateurs français. Le 21 février 1944, vingt-deux hommes furent fusillés au Mont-Valérien. La seule femme de leur réseau fut décapitée à Stuttgart, le 10 mai 1944.

Votre décision est une heureuse nouvelle qui nous a réjouis. Mettant fin à un trop long oubli, elle marque la reconnaissance de la contribution décisive des résistants internationalistes à la libération de la France et au rétablissement de la République. Manouchian et ses camarades appartenaient en effet aux Francs-tireurs et partisans – Main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI), une unité de la Résistance communiste composée en grande part d’étrangers, de réfugiés et d’immigrés.  « Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant », rappelait Louis Aragon en les célébrant dans son poème « L’Affiche rouge », où il évoquait leurs noms « difficiles à prononcer ».

En nos temps ô combien incertains où de nouvelles ombres gagnent, où xénophobie, racisme, antisémitisme et toutes les formes de rejet de l’autre, de l’étranger et du différent menacent, cet hommage patriotique et républicain est un message de fraternité qui rappelle que la France a toujours été faite du monde, de la diversité de son peuple et de la pluralité de ses cultures grâce à l’apport de toutes ses communautés d’origine étrangère. C’est surtout un message universel qui souligne combien les idéaux d’égalité des droits, sans distinction de naissance, de croyance ou d’apparence, initialement proclamés par la Déclaration des droits de l’homme de 1789, pour lesquels Manouchian et ses camarades ont donné leurs vies, peuvent soulever le monde entier.

Illustration 1
Les membres du groupe des FTP-MOI après leur arrestion. Manouchian est le troisième en partant de la gauche.

Or, Monsieur le Président, c’est ce message que contredit le choix de faire entrer au Panthéon Missak et Mélinée Manouchian, et eux seuls. Eux-mêmes ne l’auraient sans doute ni compris ni souhaité. Isoler un seul nom, c’est rompre la fraternité de leur collectif militant. Distinguer une seule communauté, c’est blesser l’internationalisme qui les animait. Ce groupe de résistants communistes ne se résume pas à Manouchian qui, certes, en fut le responsable militaire avant que la propagande allemande ne le promeuve chef d’une bande criminelle. Et le symbole qu’il représente, à juste titre, pour nos compatriotes de la communauté arménienne est indissociable de toutes les autres nationalités et communautés qui ont partagé son combat et son sacrifice.

Monsieur le Président, nous espérons vous avoir convaincu que Missak Manouchian ne saurait entrer seul au Panthéon, fût-ce en compagnie de son épouse. Ce sont les vingt-trois, tous ensemble, qui font l’épaisseur de cette histoire, la leur devenue la nôtre, celle de la France, hier comme aujourd’hui. Les vingt-trois, sans en oublier un seul : juifs polonais, républicains espagnols, antifascistes italiens, et bien d’autres encore.

Nous vous demandons donc de faire en sorte qu’il soit accompagné par ses vingt-deux camarades : l’Arménien Armenak Arpen Manoukian, l’Espagnol Celestino Alfonso, les Italiens Rino Della Negra, Spartaco Fontanot, Cesare Luccarni, Antoine Salvadori et Amedeo Usseglio, les Français Georges Cloarec, Roger Rouxel et Robert Witchitz, les Hongrois Joseph Boczov, Thomas Elek et Emeric Glasz, les Polonais Maurice Füngercwaig, Jonas Geduldig, Léon Goldberg, Szlama Grzywacz, Stanislas Kubacki, Marcel Rajman, Willy Schapiro et Wolf Wajsbrot, et la Roumaine Olga Bancic.

Ils étaient vingt-trois, « vingt et trois qui criaient la France en s’abattant » – Aragon toujours –, vingt et trois qui disent notre patrie commune, sa richesse et sa force. Vingt et trois qui, à l’heure de la reconnaissance nationale, sont indissociables.

Signataires :

Juana Alfonso, petite fille de Celestino Alfonso ;
Patrick Boucheron, historien, professeur au Collège de France ;
Michel Broué, mathématicien ;
Patrick Chamoiseau, écrivain ;
Costa-Gavras, cinéaste, président de La Cinémathèque française ;
Elise Couzens et Fabienne Meyer, cousines germaines de Marcel Rajman ;
Michel, Patrice et Yves Della Negra, neveux de Rino Della Negra ;
René Dzagoyan, écrivain ;
Jean Estivil, neveu de Celestino Alfonso ;
André Grimaldi, professeur émérite de médecine ;
Anouk Grinberg, comédienne et artiste ;
Jean-Claude Grumberg, écrivain et homme de théâtre ;
Yannick Haenel, écrivain ;
Delphine Horvilleur, rabbine et écrivaine ;
Serge et Beate Klarsfeld, historiens ;
Mosco Levi Boucault, réalisateur ;
Patrick Modiano, écrivain, prix Nobel de littérature ;
Edgar Morin, sociologue et philosophe ;
Edwy Plenel, journaliste ;
Anne Sinclair, journaliste ;
Thomas Stern, neveu de Thomas Elek ;
Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche au CNRS ;
Ruth Zylberman, écrivaine et réalisatrice.

Cette tribune est d’abord parue dans Le Monde daté 24 novembre 2023.

23/11/2023. De Big Bang en Big Bang, l’univers pourrait-il ne jamais finir?

L’univers aura -t-il d’autres choix que s’ étendre indéfiniment et de façon accélérée (Big Bang) ou retomber sur lui-même et disparaître (Big Crunch.) ?

Deux physiciens théoriciens proposent une autre perspective. L’univers n’aura jamais de fin .

Dans une étude visant à définir la nature de la mystérieuse « énergie noire » qui obligerait l’univers à s’étendre indéfiniment et de plus en plus vite, ces auteurs considèrent que l’expansion ne peut pas être un postulat. Ils considèrent au contraire que l’énergie noire pourrait périodiquement s’éteindre et se rallumer, telle une lampe, obligeant le cosmos à parfois se dilater, parfois à se contacter avant de s’éteindre, jusqu’à se rallumer dans un nouveau Big Bang, sous la forme d’un nouvel univers.

Pour le moment notre univers est dans une période d’inflation accélérée. La cause de celle-ci est mal comprise. On parle d’énergie noire ( dark energy.) Si l’accélération persiste, l’univers disparaîtra, toute matière et énergie se dispersant.

Cela ne serait pas la première fois. Aux premiers instants précédant le Big Bang, les énergies et les densités étaient si extrêmes que la science ne pouvait les décrire. On a parlé de Singularité, un point d’infinie densité résistant à toute analyse mathématique. A partir de celle-ci, l ‘univers a connu une expansion rapide dite « inflation », elle aussi indescriptible par la science.

Les astronomes se sont longtemps demandé s’il y avait un lien quelconque entre ces deux périodes, d’inflation accélérée et de contraction, et si une entité qui échapperait à l’une et à l’autre pourrait éviter le problème de la singularité du Big Bang.

Deux physiciens théoriciens, dans une étude preprint dont on trouvera ci-dessous les références et le sommaire, examinent un modèle de l’univers où l’énergie noire a toujours joué un rôle. Dans ce cas, l’énergie noire dilaterait l’univers jusqu’à ce qu’il atteigne une certaine taille. A ce stade, elle se transformerait, obligeant l’univers à se re-contracter jusqu’à atteindre de nouveau une période extrêmement rapide d’inflation et ceci indéfiniment.

Ils ont recherché et trouvé un modèle d’énergie noire qui satisfasse à cette double contrainte. Mais dans celui-ci la matière et la radiation ne peuvent être présentes dans l’univers primitif, sinon elles empêcheraient l’inflation. Par contre elles pourraient apparaître juste après l’inflation. Une partie de l’énergie noire se dissiperait, ce qui inonderait l’univers de lumière et de matière.

Les chercheurs n’ont pas encore trouvé de modèles d’énergie noire qui satisfassent aux contraintes ainsi définies. Mais ils s’efforceront de le faire dès que possible.

Référence

[Submitted on 7 Feb 2023 (v1), last revised 18 May 2023 (this version, v2)]

Bouncing cosmology from nonlinear dark energy with two cosmological constants

Molly BurkmarMarco Bruni

We explore the dynamics of FLRW cosmologies which consist of dark matter, radiation and dark energy with a quadratic equation of state. Standard cosmological singularities arise due to energy conditions which are violated by dark energy, therefore we focus our analysis on non-singular bouncing and cyclic cosmologies, in particular focusing on the possibility of closed models always having a bounce for any initial conditions. We analyse the range of dynamical behaviour admitted by the system, and find a class of closed models that admit a non-singular bounce, with early- and late-time accelerated expansion connected by a decelerating phase. In all cases, we find the bouncing models are only relevant when dark matter and radiation appear at a certain energy scale, and so require a period such as reheating. We then investigate imposing an upper bound on the dark matter and radiation, such that their energy densities cannot become infinite. We find that bounces are always the general closed model, and a class of models exist with early- and late-time acceleration, connected by a decelerating phase. We also consider parameter values for the dark energy component, such that the discrepancy between the observed value of Λ and the theoretical estimates of the contributions to the effective cosmological constant expected from quantum field theory would be explained. However, we find that the class of models left does not allow for an early- and late-time accelerated expansion, connected by a decelerating period where large-scale structure could form. Nonetheless, our qualitative analysis serves as a basis for the construction of more realistic models with realistic quantitative behaviour.

22/11/2023 Les plus anciennes guerres connues en Europe

Les hommes de l’âge de pierre, au lieu de s’unir pour survivre, se battaient régulièrement. Les premières de ces guerres ont eu lieu en Espagne du Nord il y a plus de 5000 ans

Une nouvelle analyse de restes humains découverts par centaines dans un site funéraire de la grotte de San Juan ante Portam Latina montre qu’il ne s’agissait pas de simples batailles entre tribus, mais de véritables guerres impliquant deux ou plusieurs Etats déjà organisés. Les restes provenaient d’hommes de 20 à 30 ans. Plusieurs comportaient des traces de blessures plus anciennes infligées par des armes de pierre et relativement mal soignées. Ceci suggère qu’ils appartenaient à une classe de guerriers. Il n’y avait pas trace de femmes ou d’enfants.

Le site funéraire de San Juan ante Portam Latina ne dépasse pas 20 m2. Dans cet étroit espace, les chercheurs ont découvert les squelettes complets de quelques 90 individus et des milliers d’ossements divers enchevêtrés. Il y avait aussi beaucoup d’armes de pierre, pointes de flèches et haches.

Référence

nature  

Large-scale violence in Late Neolithic Western Europe based on expanded skeletal evidence from San Juan ante Portam Latinam

Scientific Reports 

volume13, Article number: 17103 (2023)

Abstract

This paper explores the nature and extent of conflict in Late Neolithic Europe based on expanded skeletal evidence for violence from the San Juan ante Portam Latinam rockshelter in present-day Spain (ca. 3380–3000 cal. BC). The systematic osteological re-examination has identified 65 unhealed and 89 healed traumas—of which 77 were previously undocumented—consistent with aggression. They affect 23.1% of the 338 individuals represented. Adolescent and adult males are particularly affected (44.9% of the 107 identified), comprising 97.6% of unhealed trauma and 81.7% of healed trauma recorded in individuals whose sex could be estimated and showing higher frequencies of injuries per individual than other demographic subgroups. Results suggest that many individuals, essentially men, were exposed to violence and eventually killed in battle and raids, since warriorship is mainly restricted to this demographic in many societies. The proportion of casualties is likely to have been far greater than indicated by the 10.1% individuals exhibiting unhealed trauma, given the presence of isolated cases of unhealed postcranial trauma and of arrowheads potentially having impacted into soft tissues. This, together with skeletal indicators of poor health and the possible socioeconomic outcomes evidenced in the region, suggest wider social impacts, which may relate to a more sophisticated and formalized way of warfare than previously appreciated in the European Neolithic record.

22/11/2023 Les enquètes d’opinion américaines sont-elles racistes ?

Pour répondre à une enquête d’opinion aux Etats-Unis, il faut s’identifier comme Blanc, Noir ou Juif.  C’est ce que montre l’extrait ci-dessous provenant d’un article de la très convenable The Conversation.

Ceci serait inimaginable en Europe, et plus particulièrement en France. Pourtant le développement constant de l’immigration nécessiterait de tenir compte de l’origine des sondés, ne fut-ce que pour justifier des différences d’opinion, tout à fait légitimes mais incompréhensibles autrement.

En fait, beaucoup de commentateurs politiques introduisent de telles distinctions, quand ils signalent par exemple que les réponses de certaines villes sont influencées par l’importance de leurs « quartiers », peuplés par ce qu’ils nomment pudiquement des « personnes issues de l’immigration ».

Référence :

https://theconversation.com/israel-hamas-war-what-political-consequences-for-joe-biden-216684in October

While 72% of whites said the US should take a public stance supporting Israel in the war between Israel and Hamas, that figure dropped to 51% in the case of nonwhites, according to a poll by NPR. The Black community, for instance, has a long history of identification with the Palestinian cause, especially since the Six-Day War in 1967. This cause was promoted by radical organizations such as The Black Panther Party and The Nation of Islam, whose leader Louis Farrakhan is a notorious anti-Semite. It gained momentum on the left with Jesse Jackson’s presidential campaign in 1988. More recently, the death of George Floyd in 2020 had many young Americans, notably through Black Lives Matter, draw parallels between the structural violence and oppression of both Blacks in the USA and Palestinians in Israel, Gaza and the West Bank.

As for American Jews, traditionally more liberal, the unity they had once enjoyed in their opposition to Netanyahu has splintered on the face of this crisis. Some are demonstrating against the strikes on Gaza and calling for a ceasefire, while others highlight the victims of Hamas and feel abandoned by their left-wing allies.

21/11/2023 Le cannabinoid hyperemesis syndrome dit CHS

De plus en plus d’utilisateurs de cannabis, dit aussi marijuana, font état des troubles plus ou graves que provoque chez eux la consommation de cette drogue, même à faible dose. Il s’agit de douleurs stomacales, de vomissements incessants et, plus curieux, du besoin compulsif de prendre quand ils le peuvent des douches chaudes. Parfois ils perdent momentanément conscience. Les médicaments anti-nauséeux classiques n’ont que peu d’effet. Ce trouble a été nommé Cannabis hyperemesis syndrome .

Le CHS n’a été étudié que récemment, à partir de quelques cas cas constatés en Australie au début des années 2000. Il n’existe pas de test sanguin révélant sa présence. Un nouveau terme populaire est utilisé en anglais pour le désigner, scromiting associant douleurs d’estomac et vomissements.

La cause du syndrome est inconnu. Il n’apparaît semble-t-il qu’à l’occasion de consommations prolongées. Bien qu’encore rare cette pathologie est de plus en plus fréquente, notamment dans les pays anglo-saxons.

L’accès libre à la marijuana accroît considérablement les risques.

Références
https://www.cedars-sinai.org/health-library/diseases-and-conditions/c/cannabinoid-hyperemesis-syndrome.html

20/11/2023 « Reprenez vos ferrailles, elles ne sont bonnes à rien ».

C’est ce que vient de dire aux Américains, en termes plus diplomatiques, le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne Yuri Ignat. L’Ukraine demande depuis déjà 2 ans à recevoir des F-16 américains pour contrer les Sukhoi russes Su-30, Su-34 et Su-35 qui l’attaquent en permanence.

Elle vient d’obtenir de Washington l’autorisation de commencer à faire former à l’ouest des équipages susceptibles de prendre en mains les quelques F-16 qu’elle devrait recevoir vers la mi 2024.

Manifestement le premier contact n’à pas été très chaleureux. Les F-16 ont été jugés à peine bons pour se battre contre des drones.

Vladimir Poutine en a conclu que les F-16 américains ne changeront rien dans le rapport des forces. Ils seront détruits comme précédemment les chars Léopard 2 allemands.

20/11/2023. Origine de la vie sur la Terre. De multiples hypothèses, pas encore de réponses

Il y a des milliards de planètes dans l’espace visible. Une soixantaine d’entre elles ont été découvertes ces deux dernières années par le télescope spatial James Webb, qui avait été conçu à cette fin. Beaucoup de ces planètes ne sont pas habitables par la vie telle que nous la connaissons ; trop proches ou trop loin de leur soleil, ou dépourvues d’atmosphères oxygénées. Mais il est statistiquement impossible qu’aucune d’entre elles ne comporte ou ne comportera de vies plus ou moins développées, qu’il s’agisse de simples germes microbiens ou d’êtres encore plus complexes que les êtres humains.

Comme on pouvait s’y attendre les hypothèses scientifiques (theories selon le vocabulaire anglais) sur les origines de la vie (OoL pour Origins of Life) sont nombreuses et diverses. Ainsi un premier colloque interdisciplinaire sur les origines de la vie 1st Interdisciplinary Origin of Life meeting, s’est tenu les 3 -5 août à Montréal (Canada) . Il a réuni les contributions de scientifiques provenant de 5 pays. L’objectif est d’encourager les travaux de jeunes chercheurs sur ce thème .

Voir le programme référencé http://Creativecommons.org/licenses/by-nc/4.0/

La liste est longue des hypothèses individuelles comme des recherches théoriques et expérimentales sur ce thème. Beaucoup sont déjà anciennes et ont du mal à évoluer. Aujourd’hui il semble cependant que de nouvelles synthèses interdisciplinaires soient en cours. Des approche différentes entre disciplines et théories semblent devoir esquisser des vue plus cohérentes, qui encouragera de nouvelles recherches. Les approches bottom up (qu’est ce que la Vie ?) et top-down (ARN world vs. metabolism-first) devraient pouvoir se concilier.

Aujourd’hui, des consensus sont apparus. À ce jourles plus anciennes traces de vie sur Terre remonteraient à 3,8 milliards d’années, comme semblent l’indiquer des restes fossilisés retrouvés dans des roches sédimentaires. La vie était alors exclusivement aquatique et le restera pendant près de 3,4 milliards d’années Par ailleurs les origines de la vie semble résulter de nombreux processus et non dater d’un événement unique, car la complexité des premières cellules n’aurait pas pu apparaître instantanément.

En fait la vie a du résulter de longues séries de processus abiotiques (non vitaux) et non d’un événement unique. Ces processus impliquaient plusieurs sources d’énergie et de matière disponibles sur Terre, carbone, hydrogène, azote, phosphore et soufre dites CHNOPS générant des protométabolismes, de la compartimentalisation et de la reproduction.

Certains chercheurs ont envisagé d ‘autres formes de vie différentes de celles connues sur le Terre, non basées sur des cellules ou sur les matières représentées sous lesigle CNOPS. Rien à priori n’est impossible, Encore faudrait-il démontrer expérimentalement l’existence possible de telles formes de vie différentes.

Aujurd’hui, la première priorité pour les sciences de la vie devrait être de reproduire artificiellement un processus vital compatible avec l’une ou l’autre des formes de vie dont on a pu observer la présence sur la planète Terre. Elles n’y sont pas encore arrivé à ce jour, ce dont se réjouissent les représentants des différentes religions pour qui la vie ne saurait être créée sans l’intervention d’une divinité telle qu’ils se la représentent.

Aujourd’hui certains chercheurs en Intelligence artificielle ne désespèrent pas de pouvoir mettre au point une ou plusieurs formes de vie artificielle. Mais celle-ci ne pourra être nommé Vie que lorsqu’elle montrera qu’elle est capable de se reproduire, non pas immédiatement peut-être avec eux, mais avec une souris ou plus simplement une bactérie.

19/11/2023 La Théorie de l’assemblage

La recherche de la vie extraterrestre a toujours été confrontée à un défi majeur : comment reconnaître la vie sous des formes qui pourraient être radicalement différentes de celles que nous connaissons sur Terre ? Les missions spatiales, notamment celles qui explorent des lunes telles qu’Europe (de Jupiter) et Titan (Saturne), cherchent des signes de vie dans des environnements qui pourraient abriter des formes de vie très différentes de celles basées sur la chimie du carbone et de l’eau, familières sur notre planète.

La théorie de l’assemblage, dans ce contexte, offre une approche inédite pour la détection de la vie extraterrestre. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui recherchent des biomarqueurs spécifiques ou des signatures chimiques associées à la vie telle que nous la connaissons, la théorie de l’assemblage adopte une approche « chimiquement agnostique ».

Elle cherche à identifier les molécules ou les assemblages moléculaires qui portent les marques d’une histoire d’assemblage complexe, indépendamment de leur chimie spécifique. Cette approche peut permettre aux scientifiques d’identifier des signes de vie dans des environnements qui étaient auparavant considérés comme trop exotiques ou trop éloignés de la chimie de la vie terrestre pour être compatibles avec l’existence d’entités vivantes.

Elle propose une vision renouvelée de l’émergence de la complexité, en intégrant le temps et l’histoire de l’assemblage moléculaire comme éléments centraux. Elle pourrait orienter de nouveaux projets de recherche de vie extraterrestre. Toutefois, elle se heurte à des défis critiques et suscite un débat animé parmi les scientifiques, oscillant entre scepticisme et curiosité.

L’exploration des mécanismes fondamentaux qui sous-tendent la complexité de la vie et de l’univers a toujours été au cœur des interrogations scientifiques. Aujourd’hui, alors que les missions spatiales scrutent des mondes lointains en quête de signes de vie et que les biologistes sondent les profondeurs de la machinerie moléculaire, une question persiste : comment la complexité émerge-t-elle dans notre univers ?

Récemment, la théorie de l’assemblage, développée par Lee Cronin de l’Université de Glasgow et Sara Walker de l’Arizona State University, propose une nouvelle perspective sur la complexité et l’origine de la vie, en mettant en avant le rôle fondamental du temps et de l’histoire dans la formation des entités complexes. Cette théorie, qui a suscité un intérêt et un scepticisme variés au sein de la communauté scientifique, suggère que la complexité des molécules et des entités vivantes ne peut être comprise qu’en tenant compte de l’ensemble de leur histoire de formation. Les travaux sont publiés dans la revue Nature.

La complexité à travers le temps

La théorie de l’assemblage, mise en avant par les chercheurs Lee Cronin et Sara Walker, introduit une perspective novatrice sur la manière dont les structures complexes, notamment les molécules biologiques, se forment et évoluent. Cette théorie s’écarte de l’idée conventionnelle selon laquelle les molécules complexes peuvent simplement émerger à partir d’un panel de possibilités combinatoires.

Au lieu de cela, Cronin et Walker avancent que l’histoire de l’assemblage des molécules, c’est-à-dire les étapes et les processus par lesquels elles se sont formées, est un élément crucial pour comprendre leur complexité. Ils suggèrent que cette histoire est, d’une certaine manière, « enregistrée » ou encodée dans les molécules elles-mêmes, influençant ainsi leur comportement et leurs interactions futures.

Pour quantifier cette complexité, la théorie introduit le concept d’Indice d’Assemblage (AI). L’AI est calculé en déterminant le nombre minimum d’étapes nécessaires pour assembler un objet ou une structure à partir de ses composants de base. Plus le nombre d’étapes est élevé, plus l’AI est élevé, indiquant une plus grande complexité dans l’histoire de l’assemblage de l’objet. Cette mesure offre une méthode pour évaluer et comparer la complexité des entités moléculaires, en tenant compte non seulement de leur structure actuelle, mais aussi des processus qui les ont formées.

Les univers d’assemblage

La théorie identifie quatre « univers » distincts. Le premier est l’univers de l’Assemblage. Il est envisagé comme un espace conceptuel où tous les assemblages possibles existent, sans égard aux lois physiques ou aux contraintes temporelles, offrant une vue d’ensemble des possibilités infinies dans le domaine de l’assemblage moléculaire. Ensuite, l’Assemblage Possible se réfère à tous les assemblages qui peuvent théoriquement se former en respectant les lois de la physique, servant de pont entre le conceptuel et le réalisable.

L’Assemblage Contingent, quant à lui, prend en compte l’histoire et le contexte spécifique dans lequel l’assemblage se produit, reconnaissant que les voies d’assemblage sont influencées par les conditions initiales et les étapes précédentes dans le processus. Enfin, l’Assemblage Observé est ce que nous pouvons actuellement détecter et étudier, les structures qui ont non seulement été formées en respectant les lois physiques et les contraintes historiques, mais qui sont également accessibles à nos instruments et méthodes d’observation.

univers assemblage(a) Illustration de l’assemblage de trois objets (P1, P2, P3) et de leur espace d’assemblage commun. (b) Représentation de l’expansion de l’univers de l’assemblage, montrant divers aspects de l’assemblage et soulignant la structure imbriquée des espaces, sans indiquer leur taille relative. © A. Sharma et al., 2023

Ces univers, bien que distincts, ne sont pas isolés les uns des autres, mais sont interconnectés, reflétant la transition des entités de l’abstrait vers le concret. En utilisant des concepts tirés de la théorie des graphes, la théorie de l’assemblage tente de cartographier les chemins à travers ces univers.

La professeure Sara Walker explique dans un communiqué : « La théorie de l’assemblage offre une toute nouvelle perspective pour considérer la physique, la chimie et la biologie comme des perspectives différentes de la même réalité sous-jacente ».

La recherche de la vie extraterrestre a toujours été confrontée à un défi majeur : comment reconnaître la vie sous des formes qui pourraient être radicalement différentes de celles que nous connaissons sur Terre ? Les missions spatiales, notamment celles qui explorent des lunes telles qu’Europe (de Jupiter) et Titan (Saturne), cherchent des signes de vie dans des environnements qui pourraient abriter des formes de vie très différentes de celles basées sur la chimie du carbone et de l’eau, familières sur notre planète.

La théorie de l’assemblage, dans ce contexte, offre une approche inédite pour la détection de la vie extraterrestre. Contrairement aux méthodes traditionnelles qui recherchent des biomarqueurs spécifiques ou des signatures chimiques associées à la vie telle que nous la connaissons, la théorie de l’assemblage adopte une approche « chimiquement agnostique ».

Elle cherche à identifier les molécules ou les assemblages moléculaires qui portent les marques d’une histoire d’assemblage complexe, indépendamment de leur chimie spécifique. Cette approche peut permettre aux scientifiques d’identifier des signes de vie dans des environnements qui étaient auparavant considérés comme trop exotiques ou trop éloignés de la chimie de la vie terrestre pour être compatibles avec l’existence d’entités vivantes.

Référence

https://www.researchgate.net/publication/361134768_Assembly_Theory_Explains_and_Quantifies_the_Emergence_of_Selection_and_Evolution

DOI:10.48550/arXiv.2206.02279

Authors:

Abhishek Sharma

Since the time of Darwin, scientists have struggled to reconcile the evolution of biological forms in a universe determined by fixed laws. These laws underpin the origin of life, evolution, human culture and technology, as set by the boundary conditions of the universe, however these laws cannot predict the emergence of these things. By contrast evolutionary theory works in the opposite direction, indicating how selection can explain why some things exist and not others. To understand how open-ended forms can emerge in a forward-process from physics that does not include their design, a new approach to understand the non-biological to biological transition is necessary. Herein, we present a new theory, Assembly Theory (AT), which explains and quantifies the emergence of selection and evolution. In AT, the complexity of an individual observable object is measured by its Assembly Index (a), defined as the minimal number of steps needed to construct the object from basic building blocks. Combining a with the copy number defines a new quantity called Assembly which quantifies the amount of selection required to produce a given ensemble of objects. We investigate the internal structure and properties of assembly space and quantify the dynamics of undirected exploratory processes as compared to the directed processes that emerge from selection. The implementation of assembly theory allows the emergence of selection in physical systems to be quantified at any scale as the transition from undirected-discovery dynamics to a selected process within the assembly space. This yields a mechanism for the onset of selection and evolution and a formal approach to defining life. Because the assembly of an object is easily calculatable and measurable it is possible to quantify a lower limit on the amount of selection and memory required to produce complexity uniquely linked to biology in the universe.