07/12/2023 La conscience, un sujet de controverse

En 2004, le neuroscientifique bien connu Giulio Tononi a proposé une théorie mathématique de la conscience connue sous le nom de théorie de l’information intégrée (ITT). La conscience reste l’un des plus grands mystères de la science dont la nature insaisissable a suscité de nombreuses théories et débats. 

A l’heure de l’intelligence artificielle, la question se trouve non seulement d’actualité mais elle pose la question des états de conscience que peuvent ressentir les animaux doté d’un cerveau moins riche en neurones associatifs que le nôtre, à plus forte raison les animaux qui comme la pieuvre sont dépourvus de cerveau anatomiquement définis.

L’ITT suggère que la conscience émane d’un système qui génère plus d’informations en tant qu’ensemble intégré que la somme de ses parties. La mesure clé de l’IIT est appelée Φ (phi), une mesure de l’information intégrée dans un système. En termes simples, elle quantifie l’information qui est générée par l’ensemble du système, au-delà de ce qui est produit par ses parties individuelles. Plus le phi est élevé, plus le système est considéré comme conscient.

Pourtant l’ITT ne constitue pas à elle seule l’explication de ce qu’est la conscience Aussi la théorie est aujourd’hui battue en brèche voire même réfutée jusqu’à être qualifiée de “non scientifique”. Il faudrait donc en revenir à Karl Popper, spécialiste en la matière, selon lequel “le critère de la scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter ou encore de la tester » (Conjectures et réfutations, La croissance du savoir scientifique, pp. 64-65).

Les critères retenus dans l’article pour juger de la scientificité de la théorie ITT font appel à divers procédés, mais il n’est aucunement question de tester la théorie en s’appuyant sur “des expériences cruciales » selon le terme de Popper. Peut-être le problème est-il mal abordé et les arguments non appropriés (Consciousness theory ‘is pseudoscience’)?

Que l’on se rassure. Si l’état de conscience d’un individu est difficile à définir, l’état opposé, dit de perte de conscience, saute immédiatement aux yeux.

07/12/2023 Risque de chaos au centre de la Voie Lactée

Les étoiles dites S-Stars qui orbitent au centre de notre galaxie, autour du trou noir supermassif Sagittarius A* marquant ce centre, ont des orbites si chaotiques qu’il est impossible de simuler leurs positions au delà de 460 ans.

Les orbites des corps célestes sont difficiles à prévoir avec précision, car la plus petite erreur d’observation se traduit par des déviations importantes. La difficulté est accrue quand ces orbites sont proches, car les erreurs s’accumulent.

Aujourd’hui, l’astronome Simon Protegies Zwaert et ses collègues de l’Université de Leiden en Hollande ont mis au point un algorithme nommé Brutus. Celui-ci permet de simuler les mouvements des objets dits à N-corps, https://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_%C3%A0_N_corps. Il conserve les décimales des centaines de fois au delà de la virgule, ce qui le rend très lent à dérouler.

Appliqué aux mouvement des étoiles orbitant au centre de la galaxie, cet algorithme montre que les orbites des S-Stars proches de ce centre deviennent imprévisibles bien avant 460 ans.

Ceci tient à un phénomène dit du chaos ponctué. Les orbites apparaissent stables pendant un certain temps, jusqu’à ce que deux ou trois de ces S-Stars rapprochent un peu leurs orbites. Ce mouvement retentit sur la position du trou noir et rapidement sur celles des étoiles proches, bouleversant leurs trajectoires.

Il n’est pas certain que le système solaire puisse échapper aux conséquences de cette évolution. Nous devrons en prendre notre parti. C’est ainsi que l’univers a évolué depuis le Big Bang

Pour plus de détails, voir https://www.techno-science.net/actualite/27-etoiles-trou-noir-grand-chaos-N23756.html

Référence

Punctuated chaos and the unpredictability of the Galactic Centre S-star orbital evolution 

Simon F Portegies Zwart, Tjarda C N Boekholt, Douglas C Heggie

Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 526, Issue 4, December 2023, Pages 5791–5799, https://doi.org/10.1093/mnras/stad2654

Published:

07 September 2023

ABSTRACT

We investigate the chaotic behaviour of the S-star cluster in the Galactic Centre using precise N-body calculations, free from round-off or discretization errors. Our findings reveal that chaos among the Galactic Centre S-stars arises from close encounters, particularly among pairs and near the massive central body. These encounters induce perturbations, causing sudden changes in the orbital energies of the interacting stars. Consequently, neighbouring solutions experience roughly exponential growth in separation. We propose a theory of ‘punctuated chaos’ that describes the S-star cluster’s chaotic behaviour. This phenomenon results from nearly linear growth in the separation between neighbouring orbits after repeated finite perturbations. Each participating star’s orbit experiences discrete, abrupt changes in energy due to the perturbations. The cumulative effect of these events is further amplified by the steady drift in orbital phase. In the Galactic Centre, perturbations originate from coincidental encounters occurring within a distance of ≲100 au between at least two stars (in some cases, three stars). Our model satisfactorily explains the observed exponential growth in the 27 S-stars cluster. We determine that the S-star system has a Lyapunov time-scale of approximately 462 ± 74 yr. For the coming millennium, chaos in the S-star cluster will be driven mainly by a few of the closest orbiting stars: S2, S5, S6, S8, S9, S14, S18, S31, S21, S24, S27, S29, and S38.

06/12/2023 Les méduses n’ont pas besoin de cerveau pour apprendre par association

L’apprentissage associatif (associative learning) est un processus dans lesquels l’homme ou l’animal apprend à produire une (ou des) réponse(s) comportementale(s) suite à la perception d’un stimulus donné, par association mentale entre les deux. C’est ainsi que dans les écoles élémentaires, les enfants ont appris à rentrer en classe lorsque sonne la fin de la récréation. C’est également par apprentissage associatif qu’un chien accourt quand on l’appelle, si du moins son maître lui avait appris initialement que ce faisant il pouvait recevoir une petite récompense.

On estime généralement que pour apprendre de cette façon, les animaux ont besoin d’un cerveau relativement grand. C’est au niveau de cet organe que s’opèrent les connexions entre messages d’entrée et messages de sortie.  C’est le cas notamment chez les primates, dont les humains, mais aussi les souris et les oiseaux.

Aujourd’hui des chercheurs ont montré qu’un animal notoirement dépourvu de cerveau et même de système nerveux central, tel que la méduse, peut être capable d’apprentissage associatif. Ainsi la méduse Tripedalia cystophora placée dans une enceinte fermée apprend très rapidement pour ne pas se blesser à éviter de se heurter aux parois de cette enceinte.

Elle fait appel à quatre organes jouant le rôle de senseurs visuels répartis dans son corps et constamment en relation avec ses tentacules.

Référence

Associative learning in the box jellyfish Tripedalia cystophora

Published: September 22, 2023DOI:

https://doi.org/10.1016/j.cub.2023.08.056

06/12/2023 Nouvelles perspectives sur la Gravité quantique

Des physiciens de l’University College London (UCL) proposent une théorie révolutionnaire tentant d’unifier la gravité et la mécanique quantique tout en préservant la vision classique de l’espace-temps d’Einstein

Merci à https://sciencepost.fr/nouvelle-theorie-unir-la-gravite-einstein-mecanique-quantique/

La physique moderne repose sur deux piliers : la mécanique quantique et la théorie de la relativité générale d’Einstein.

La théorie quantique est capable de décrire le comportement des particules subatomiques. Elle s’appuie sur des principes tels que la superposition et l’intrication quantiques. Selon cette théorie scientifique, les particules peuvent exister dans plusieurs états à la fois et être instantanément liées entre elles, peu importe la distance qui les sépare.

De son côté, la relativité générale d’Einstein décrit la gravité comme une courbure de l’espace-temps causée par la présence de masse et d’énergie. Celle-ci fonctionne bien à des échelles cosmiques, décrivant comment les planètes, les étoiles et les galaxies interagissent gravitationnellement.

Ainsi, pour résumer simplement, la mécanique quantique explique le comportement des particules subatomiques (infiniment petit), tandis que la relativité générale explique le comportement de la matière aux échelles cosmiques.

À la recherche d’une « théorie du tout »

Le problème est qu’il nous est actuellement impossible d’appliquer ces deux approches à des situations où les échelles quantiques (très petites, comme les particules subatomiques) et les échelles relativistes (très grandes, comme les objets célestes) se chevauchent. Dans de telles situations, les deux théories produisent des résultats qui se contredisent. Autrement dit, elles paraissent incompatibles.

Par exemple, lorsqu’on essaie d’appliquer la mécanique quantique à un objet massif comme un trou noir, cela conduit à des paradoxes tels que la « perte d’information ». Selon la théorie quantique, l’information ne peut pas être détruite, mais la relativité générale suggère que l’information peut être perdue dans un trou noir, créant ainsi un conflit.

Ainsi, les physiciens cherchent depuis longtemps une « théorie du tout » capable d’unifier la gravité et la mécanique quantique. Jusqu’à présent, tout le monde a fait « chou blanc », ce qui nous ramène à cette nouvelle idée.

Cette « théorie postquantique de la gravité classique », comme l’appellent les physiciens théoriciens qui en sont à l’origine, propose une approche novatrice pour résoudre ce problème d’incompatibilité.

Contrairement à d’autres approches qui cherchent à quantifier l’espace-temps lui-même, cette idée propose de laisser l’espace-temps en tant qu’entité classique. Elle ajuste la théorie quantique, suggérant que les particules subatomiques peuvent interagir avec un espace-temps non quantique de manière spécifique.

La théorie postule ainsi l’existence de fluctuations aléatoires de l’espace-temps. Ces fluctuations seraient plus importantes que ce que la théorie quantique classique envisageait, rendant le poids apparent des objets imprévisible lorsqu’il est mesuré avec une grande précision sur une période de temps.

Pour tester cette idée, une expérience a été suggérée. Elle implique une mesure extrêmement précise du poids d’une masse sur une période de temps prolongée. Si les fluctuations mesurées dépassent les prédictions de la théorie quantique classique, cela pourrait soutenir la validité de la nouvelle théorie.

En s’attaquant au problème de l’information sur les trous noirs, cette théorie postquantique pourrait par exemple potentiellement résoudre des paradoxes liés à la nature de l’information dans les objets absorbés par un trou noir.

Ces idées novatrices nécessitent cependant des expériences approfondies et à grande échelle pour être confirmées. Les physiciens devront donc développer des méthodes expérimentales sophistiquées pour mesurer les fluctuations prédites et valider ainsi la théorie.

Les détails sont publiés par Nature, dans un article dont on trouvera ci-dessus les références et l’abstract

Source

  1. nature  
  2. nature communications  
  3. articles  
Gravitationally induced decoherence vs space-time diffusion: testing the quantum nature of gravity

Nature Communications 

volume14, Article number: 7910 (2023) Cite this article

Abstract

We consider two interacting systems when one is treated classically while the other system remains quantum. Consistent dynamics of this coupling has been shown to exist, and explored in the context of treating space-time classically. Here, we prove that any such hybrid dynamics necessarily results in decoherence of the quantum system, and a breakdown in predictability in the classical phase space. We further prove that a trade-off between the rate of this decoherence and the degree of diffusion induced in the classical system is a general feature of all classical quantum dynamics; long coherence times require strong diffusion in phase-space relative to the strength of the coupling. Applying the trade-off relation to gravity, we find a relationship between the strength of gravitationally-induced decoherence versus diffusion of the metric and its conjugate momenta. This provides an experimental signature of theories in which gravity is fundamentally classical. Bounds on decoherence rates arising from current interferometry experiments, combined with precision measurements of mass, place significant restrictions on theories where Einstein’s classical theory of gravity interacts with quantum matter. We find that part of the parameter space of such theories are already squeezed out, and provide figures of merit which can be used in future mass measurements and interference experiments.

Référence

05/12/2023 La centrale solaire flottante Cirata, en Indonésie

Cette centrale se trouve dans l’ouest de la province de Java, en Indonésie. Elle a été édifiée sur 250 hectares du réservoir de 6.200 hectares Cirata utilisé par la centrale électrique du même nom.

En Juillet 2017 les firmes PT JPB et Masdar avaient signé un memorandum of understanding pour rechercher ensemble des solutions aux besoins d’énergie de l’Indonésie.

Ceci avait abouti à la création en 2020 de la joint venture PT. Pembangkitan Jawa Bali Masdar Solar Energi (PMSE) pour réaliser une centrale solaire flottante . Le financement fut pris en charge en 2021 par Sumitomo Mitsui Banking et les travaux commencèrent immédiatement.

Le projet déclaré d’intéret stratégique par le gouvernement a vu depuis ses capacités quadrupler. Les Emirats Arabes Unis contribuent au financement.

Les panneaux photovoltaiques sont montés sur des flotteurs amarrés au fond du réservoir Cirata. Ils sont connectés à une sous-station de haut voltage sur le rivage par des câbles électriques qui alimentent ensuite le réseau général.

Par ailleurs, les panneaux flottants ont l’intérêt de réduire l’évaporation du lac. afin de faciliter l’irrigation et limiter la croissance des algues.

La centrale solaire devrait créer 800 emplois et aider l’Indonésie à augmenter fortement son mix d’énergie renouvelable. L’Indonésie s’est dotée d’un plan national visant à utiliser 200 réservoirs pour générer zéro-émissions en 2060, voire en 2055

05/12/2023 Le trou noir le plus lointain jamais observé

Il ne nous pas possible de voir directement un trou noir, car celui-ci enferme les ondes de lumière qui nous sont perceptibles et qui passent à sa portée. Par contre, il émet un faible rayonnement dit de Hawking dont nous pouvons observer les effets . Plus les trous noirs sont lointains autrement dit plus ils sont âgés, plus ce rayonnement met de temps à nous parvenir.

Récemment des astronomes de la Yale University ont observé le plus ancien des trous noirs jamais identifiés, à 31 milliards d’années lumière de la Terre. Celui-ci était également le plus massif des trous noirs supermassifs observés à ce jour.

Ces données avaient été enregistrées par le tout nouveau James Webb Space Telescope comme provenant de la galaxie UHZ-1 et confirmées par des observations de rayons X du Chandra X-ray Observatory. Le trou noir était bien au centre de la galaxie.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89vaporation_des_trous_noirs

Les observations ont montré que le trou noir était âgé de 470 millions d’années après le Big Bang, autrement dit qu’il était très jeune, alors que l’univers n’avait que 3% de son âge actuel. Elles ont également montré que le trou noir était de la catégorie des trous noirs supermassifs, entre 10 millions à 100 millions la masse de notre soleil.

Autrement dit, il est impossible d’attribuer sa formation à l’effondrement sur elle-même d’une étoile ayant épuisé son carburant, surtout si cette étoile avait été de taille gigantesque.

Une autre hypothèse relative à la formation des trous noirs supermassifs propose que ceux-ci soient les résultats de l’entrée dans le centre d’une galaxie d’un puissant flux d’énergie, d’au moins 10.000 masses solaire, et s’effondrant d’un coup. Ceci servirait d’amorce pour la création du trou noir supermassif en question.

Pour confirmer cette derrière hypothèse, il conviendra de faire appel à des observations du JWSO, le seul capable à ce jour d’étudier la formation de tels trous noirs, ce pourquoi il avait d’ailleurs été spécialement conçu.

Références

Evidence for heavy-seed origin of early supermassive black holes from a z ≈ 10 X-ray quasar

https://www.nature.com/articles/s41550-023-02111-9

Abstract

Observations of quasars reveal that many supermassive black holes (BHs) were in place less than 700 Myr after the Big Bang. However, the origin of the first BHs remains a mystery. Seeds of the first BHs are postulated to be either light (that is, 10−100 M⊙), remnants of the first stars, or heavy (that is, 10−105 M⊙), originating from the direct collapse of gas clouds. Here, harnessing recent data from the Chandra X-ray Observatory, we report the detection of an X-ray-luminous massive BH in a gravitationally lensed galaxy identified by the James Webb Space Telescope at redshift z ≈ 10.3 behind the cluster lens Abell 2744. This heavily obscured quasar with a bolometric luminosity of ~5 × 1045 erg s−1 harbours an ~107−108 M⊙ BH assuming accretion at the Eddington limit. This mass is comparable to the inferred stellar mass of its host galaxy, in contrast to what is found in the local Universe wherein the BH mass is ~0.1% of the host galaxy’s stellar mass. The combination of such a high BH mass and large BH-to-galaxy stellar mass ratio just ~500 Myr after the Big Bang was theoretically predicted and is consistent with a picture wherein BHs originated from heavy seeds.

04/12/2022 Découverte d’une exoplanète dans la zone habitable de son soleil

Grâce à l’observatoire spatial Kepler, des astronomes ont découvert la plus petite planète naviguant dans la zone habitable d’une étoile semblable au Soleil.

Il s’agit de l’exoplanète nommée Kepler 22-b Elle est 2,4 fois plus grande que la Terre, donc de taille voisine.

Kepler 22-b tourne en 290 jours autour de Kepler 22, une étoile de type solaire située à 600 années-lumière. Son orbite la place donc dans la zone habitable, c’est-à-dire la région autour d’une étoile où le climat d’une planète peut permettre à l’eau de couler en surface.

Dès que de l’eau liquide (et non gelée) se trouve à la surface d’une planète, on peut espérer trouver sur cette planète des formes de vie comparables à celles que l’on trouve sur la Terre. Ceci signifie en principe y trouver aussi bien des virus que des animaux de grande taille, et pourquoi pas des êtres intelligents capables d’y édifier des civilisations comparables à celles développées par l’humanité sur la Terre.

Ciel et espace donne sur son site les précisions suivantes :
https://www.cieletespace.fr/actualites/decouverte-une-neptune-dans-la-zone-habitable-d-un-soleil

Neptune ou planète océan ?

À l’heure actuelle, l’équipe n’a pas encore observé la planète par la méthode des vitesses radiales — où l’on étudie le balancement que la planète occasionne sur son étoile. Dès lors, elle ne connaît pas sa masse, ni donc sa densité.

Mais si son rayon est 2,4 fois celui de la Terre, il y a très peu de chance pour qu’elle soit rocheuse. Les modèles indiquent en effet que si sa masse est faible (1 ou 2 masses terrestres), il s’agit d’une planète gazeuse. Si elle est plus massive (5 à 10 masses terrestres), nous avons affaire à une planète océan, c’est-à-dire une planète contenant tellement d’eau qu’elle est entièrement couverte d’un océan de plusieurs dizaines de kilomètres d’épaisseur.

Des milliers de planètes potentielles

Kepler 22-b n’est donc pas beaucoup plus semblable à la Terre que ne l’est Gliese 581d. Quelque 5 fois plus massive que notre planète, Gliese 581d navigue dans la zone habitable d’une naine rouge, une étoile plus froide que notre Soleil.

Kepler chasse les planètes par la méthode des transits. Le satellite de la Nasa capte l’infime baisse de luminosité que provoque le passage d’une planète devant son étoile. À ce jour, l’équipe responsable annonce avoir décelé 2326 candidats. Parmi ces planètes, qui restent encore à confirmer, on compterait 207 Terres, 680 Super Terres, 1181 Neptune, 203 Jupiter et 55 planètes plus massives que Jupiter.

48 d’entre elles, dont Kepler 22-b, navigueraient dans la zone habitable de leur étoile. Ce sont elles que le réseau de télescopes Allen (ATA, Allen Telescope Array), situé en Californie et dédié au programme SETI de recherche d’intelligence extraterrestre, va pointer en priorité
ATA avait été mis en mode « hibernation » depuis avril 2011, faute de financement. Un soutien du public et de l’US Air Force a permis de le remettre en service le 5 décembre.

Référence

A Neptune-mass exoplanet in close orbit around a very low-mass star challenges formation models

20 authors
SCIENCE
30 Nov 2023
Vol 382, Issue 6674 pp. 1031-1035
DOI: 10.1126/science.abo023

Editor’s summary

Planets form in protoplanetary disks of gas and dust around young stars that are undergoing their own formation process. The amount of material in the disk determines how big the planets can grow. Stefánsson et al. observed a nearby low-mass star using near-infrared spectroscopy. They detected Doppler shifts due to an orbiting exoplanet of at least 13 Earth masses, which is almost the mass of Neptune. Theoretical models do not predict the formation of such a massive planet around a low-mass star (see the Perspective by Masset). The authors used simulations to show that its presence could be explained if the protoplanetary disk were 10 times more massive than expected for the host star. —Keith T. Smith

Abstract

Theories of planet formation predict that low-mass stars should rarely host exoplanets with masses exceeding that of Neptune. We used radial velocity observations to detect a Neptune-mass exoplanet orbiting LHS 3154, a star that is nine times less massive than the Sun. The exoplanet’s orbital period is 3.7 days, and its minimum mass is 13.2 Earth masses. We used simulations to show that the high planet-to-star mass ratio (>3.5 × 10−4) is not an expected outcome of either the core accretion or gravitational instability theories of planet formation. In the core-accretion simulations, we show that close-in Neptune-mass planets are only formed if the dust mass of the protoplanetary disk is an order of magnitude greater than typically observed around very low-mass stars

03/12/2023 Astral Systems veut réaliser de mini-réacteurs à fusion

La start-up britannique Astral Systems compte réaliser de mini-réacteurs à fusion nucléaire capables de produire le plus tôt possible des isotopes radioactifs pour le traitement des cancers ou l’imagerie médicale.

C’est un des objectifs du projet international ITER, mais Astral Systems ne souhaite pas attendre encore des années avant qu’ITER ne devienne opérationnel.

Rappelons que l »isotope d’un élément chimique donné a le même nombre de protons dans son noyau atomique mais un nombre différent de neutrons. Ceci lui confère des propriétés chimiques presque équivalentes mais des propriétés physiques différentes. Ainsi les isotopes de l’hydrogène H sont le protium (1H) avec zéro neutron, le deuterium (2H) avec 1 neutron, le tritium (3H) avec 2 neutrons.

Par ailleurs, un radionucléide (contraction de radioactivité et de nucléide) est un nucléide radioactif, c’est-à-dire qui est instable et peut donc se décomposer en émettant un rayonnement. Un radioisotope (contraction de radioactivité et d’isotope) est un isotope radioactif (parce que son noyau est un radionucléide).

On réalise l’isotope radioactif d’un élément donné en l’isolant et l’irradiant c’est-dire en le soumettant à une source de radioactivité qu’il relâche ensuite progressivement . C’est cette radioactivité qui semble avoir un effet thérapeutique sur certains cancers. L’isotope radioactif peut également servir de traceur en imagerie médicale pour aider à mieux localiser certains éléments du corps soumis à traitement.

Malheureusement les isotopes radioactifs sont coûteux à obtenir, nécessitent actuellement des centrales à fission toutes en voir de fermeture au Royaume Uni et ne sont actifs que pendant quelques heures.

L’objectif de Astral est de réaliser de petits réacteurs à fusion, beaucoup plus faciles à concevoir et mettre en œuvre que Iter. Ceux-ci seraient installés dans les pays où existe une forte demande d’isotopes radioactifs.

Astral Systems
voir https://uk.linkedin.com/company/astralsystems

03/12/2023 L’antibiorésistance. Le cas de Mycoplasma genitalium

Le terme d’antibiorésistance désigne un phénomène de plus en plus répandu, la résistance aux antibiotiques qui caractérise de plus en plus de microbes, virus, champignons et pathogènes divers

https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/antimicrobial-resistance

Un cas de plus en plus évoqué aujourd’hui est celui de Mycoplama genitalium, responsable d’écoulements génitaux, d’urétrite et de syndrome pelvien douloureux. Cette infection sexuellement transmissible peut se compliquer d’épididymite et d’infertilité chez la femme. Elle concernerait 1 à 2 % des adultes et jusqu’à 40 % des personnes ayant déjà consulté pour une IST.

La British Association of Sexual Health and HIV (BASHH) vient de publier des recommandations de prise en charge de l’infection génitale par Mycoplasma genitalium

Voir aussi

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3612323/#:~:text=%2Fpear%2Dlike.-,M.,therefore%2C%20lacks%20cell%20surface%20markers.

Responsable d’écoulements génitaux, d’urétrite et de syndrome pelvien douloureux, cette IST infection sexuellement transmissible (IST) peut se compliquer d’épididymite et d’infertilité chez la femme. Elle concernerait 1 à 2 % des adultes et jusqu’à 40 % des personnes ayant déjà consulté pour une IST.
 
Les experts de la BASHH  (British Association of Sexual Health and HIV) recommandent une recherche systématique de Mycoplasma genitalium et un antibiogramme chez les hommes présentant une urétrite non gonococcique, ainsi que chez les femmes présentant un syndrome inflammatoire pelvien.
 
En termes de traitement, les recommandations de la BASHH sont de ne traiter que les patients symptomatiques. Dans ce cas, un traitement antibiotique doit être instauré chez ces patients et leurs partenaires sexuels (même en l’absence de symptômes chez ces derniers).
 
Même si la prévalence de la résistance de Mycoplasma genitalium à la doxycycline ou à l’azithromycine a récemment augmenté en Europe, ces deux antibiotiques restent la base du traitement de cette infection.

La BASHH propose également deux protocoles de traitement selon le profil d’antibiorésistance du micro-organisme ou après un éventuel échec de l’azithromycine. La moxifloxacine est l’antibiotique de choix lors d’un échec de l’azithromycine.

En cas de doute, consulter d’urgence un médecin ou un organisme hospitalier

02/12/2023 La vie artificielle ou (synthétique) devient une réalité

Des chercheurs ont crée une variété de levure (yeast) dans laquelle la moitié des 16 chromosomes sont synthétiques (artificiels). Ceci est considéré comme un grand pas en avant vers la réalisation d’une cellule complexe dotée d’un génome entièrement synthétique. En anticipant fortement il est possible de penser que la réalisation d’un être vivant complexe entièrement synthétique n’est qu’une question de temps…et pourquoi pas un humain ?

Dans l’immédiat Joef Bocke de New York University Langone Health estime que cette réalisation constituera une excellente plateforme pour fabriquer des produits utiles à l ‘humanité. Son équipe a déjà réalisé des virus et des bactéries avec des génomes entièrement artificiels, mais dans le cas des levures qui sont des êtres vivants bien plus complexes, il s’agit d’une première.

Aujourd’hui, le premier objectif est de déboguer, c’est-à-dire enlever les défauts de fabrication, des génomes artificiels, afin d’obtenir des êtres aussi efficaces que leurs correspondants vivants. Ensuite, il faudra ajouter plus de 3.000 sites au génome artificiel de la levure, pour obtenir des produits plus performants que ne l’est la levure naturelle.

Il conviendra que de telles recherches soient conduites dans les laboratoires sécurisés, afin que ces produits n’échappent pas prématurément et ne contaminent pas toute la nature, ce qui avait été le cas concernant le Covid 19.

Référence

Debugging and consolidating multiple synthetic chromosomes reveals combinatorial genetic interactions

https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(23)01079-6?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867423010796%3Fshowall%3Dtrue

Summary

The Sc2.0 project is building a eukaryotic synthetic genome from scratch. A major milestone has been achieved with all individual Sc2.0 chromosomes assembled. Here, we describe the consolidation of multiple synthetic chromosomes using advanced endoreduplication intercrossing with tRNA expression cassettes to generate a strain with 6.5 synthetic chromosomes. The 3D chromosome organization and transcript isoform profiles were evaluated using Hi-C and long-read direct RNA sequencing. We developed CRISPR Directed Biallelic URA3-assisted Genome Scan, or “CRISPR D-BUGS,” to map phenotypic variants caused by specific designer modifications, known as “bugs.” We first fine-mapped a bug in synthetic chromosome II (synII) and then discovered a combinatorial interaction associated with synIII and synX, revealing an unexpected genetic interaction that links transcriptional regulation, inositol metabolism, and tRNASerCGA abundance. Finally, to expedite consolidation, we employed chromosome substitution to incorporate the largest chromosome (synIV), thereby consolidating >50% of the Sc2.0 genome in one strain.

DOI:https://doi.org/10.1016/j.cell.2023.09.025