22/02/2023 Fiche de lecture. Between Ape and Human.  Gregory Forth, Pegasus Books (May 3, 2022)

Et si l’Homme de Flores existait encore?

L’auteur, Gregory Forth, docteur en anthropologie à l’Université d’Alberta, Canada  relate dans cet ouvrage son enquête sur l’Homme de Flores, surnommé Hobbit en raison de sa petite taille. Rappelons que l’Homme de Florès est considéré comme une espèce éteinte du genre Homo, dont des fossiles ont été découverts en 2003 dans la grotte de Liang Bua, sur l’île indonésienne de Florès.

Pour en savoir plus  Wikipédia

Gregory Forth fut fait Docteur à Oxford (UK) et a été trente ans professeur d’anthropologie à l’Université d’Alberta, Canada. Le présent ouvrage est le premier qu’il ait écrit destiné à un public général. Il s’agit d’une investigation jamais encore réalisée sur les Hominoïdes dits de Flores, leur place dans l’échelle évolutive de l’espèce humaine et la question de savoir s’ils ont survécu ou non, et sous quelle forme

Alors qu’il enquêtait dans l’ile indonésienne de Flores, il rencontra des villageois qui évoquaient la présence d’un humain de petite taille proche d’un singe qui avait récemment encore vécu dans des caves s’ouvrant sur les pentes d’un volcan proche.

Il ne s’agissait pas d’un mythe car en 2003 plusieurs squelettes appartenant à des individus ne dépassant pas la taille d’1 m ainsi que des outils de bois et des restes animaux furent découverts dans une grotte située à l’ouest de l’ile de Flores. Parfois nommé pygmées de Flores, cette espèce n’avait rien à voir avec les pygmées d’Afrique.

Son nom officiel est Homo floresiensis. Il semble avoir vécu jusqu’à 12.000 bp au moment où l’Homo sapiens débarquait à Flores. Aujourd’hui, de nombreux insulaires affirment l’avoir déjà vu vivant. Des analyses génétiques récentes ne semblent pas les distinguer d’autres indonésiens et mélanésiens . Ils possèdent notamment de l’ADN de Néandertal et de Denisova. Leur proportion de 0.8% d’ADN de Denisova est supérieure à celle des populations des îles du Sud-Est Asiatiques, mais inférieure à celle des Mélanésiens.

/secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2018/08/06/G%C3%A9nome-des-pygm%C3%A9es-de-Flores-en-Indon%C3%A9sie

Voir aussi

21/02/2023 Les paranthropes fabriquaient déjà des outils de pierre

Sur un site de fouilles du sud-ouest du Kenya, des archéologues ont découvert des outils caractéristiques en pierre qui pourraient avoir été fabriqués il y a trois millions d’années et de fait être les plus anciens de ce type à avoir jamais été mis au jour. Ces outils ont été découverts près de fossiles de paranthropes (Paranthropus), des homininés qui ne sont pas des ancêtres des humains d’aujourd’hui.

Voir https://www.hominides.com/hominides/paranthropus-robustus/

Ces découvertes renforcent les hypothèses selon lesquelles des homininés extérieurs au genre Homo ont utilisé des outils en pierre. Elles repoussent également de plusieurs milliers d’années la date de l’apparition de la technique oldowayenne, une méthode de fabrication d’outils est-africaine qui remonte au début du Paléolithique.

Le site de fouilles est un vaste amphithéâtre naturel rempli d’outils de pierre, principalement fabriqués à partir de quartz et de rhyolites, et des os fossilisés d’animaux mangés par des homininés primitifs. Parmi ces outils, on trouve des morceaux tranchants ayant servi à découper et à racler ; le cœur des roches (le matériau de base) desquelles ils ont été extraits ; et les percuteurs utilisés pour marteler les roches.

Sur une période de plus de dix ans, l’équipe de recherche, dirigée par Thomas Plummer, a identifié plus de 300 outils oldowayens sur le site de fouilles ; en 2019, ils ont également découvert une dent de Paranthropus. Une deuxième dent provenant d’un spécimen de Paranthropus différent a depuis été mise au jour au milieu d’un « éparpillement » d’ossements d’hippopotames découpés.

La plupart des connaisseurs pensaient que Paranthropus ne se servait que de ses dents robustes pour manger, mais « voilà qu’on retrouve Paranthropus sur un site en compagnie d’outils de pierre et d’un hippopotame dépecé », s’étonne Thomas Plummer, professeur d’anthropologie au Queens College de l’Université de la ville de New York et auteur principal de l’étude parue le 9 février 2023 dans la revue Science. dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract

Les chercheurs ne peuvent être certains que ces outils ont été fabriqués et utilisés par Paranthropus, car des homininés appartenant à d’autres genres (comme Homo habilis) fréquentaient également la région de Nyayanga. Mais il y a de fortes chances que ce soit le cas.

Les outils et les dents découverts à Nyayanga se trouvaient dans des sédiments vieux de 2,6 à 3 millions d’années. D’après Thomas Plummer, ces outils pourraient avoir été confectionnés il y a 2,9 millions d’années environ, ce qui correspond à la partie haute de cette estimation.

Avant cela, les plus anciens outils oldoweyens connus dataient d’il y a 2,6 millions d’années et provenaient de la région d’Afar, en Éthiopie, à près de 1 300 kilomètres au nord.

Bien que certains outils en pierre encore plus anciens (3,3 millions d’années) aient été mis au jour sur un unique site du nord-ouest du Kenya, la conception d’outils oldoweyens plus petits et plus légers a été une révolution technologique.

Malgré leur apparence abrupte, les outils oldoweyens se sont propagés sur la plupart du continent africain et même en dehors, et des espèces du genre Homo ont continué à en fabriquer et à s’en servir plus d’un million d’années. (Chine : la découverte d’outils en pierre repousse l’arrivée de nos ancêtres sur le continent.)

« Les outils oldoweyens sont une technologie très importante, affirme-t-il. C’est saillant à la fois dans l’espace et dans le temps. »

Il a bon espoir que de futures découvertes de fossiles Paranthropus scelle pour de bon l’idée selon laquelle cet homininé non Homo a pu fabriquer ces outils. En outre, il va falloir s’intéresser de nouveau à plusieurs sites datant d’époques ultérieures où des fossiles de Paranthropus ont été découverts : Paranthropus pourrait avoir créé ces outils, et non des individus du genre Homo comme on le pensait.

Selon Bernard Wood, paléoanthropologue de l’Université George-Washington, à Washington, qui n’a pris part à l’étude, le fait que des homininés dépeçaient des hippopotames à cette époque est un autre aspect intéressant des découvertes réalisées à Nyayanga.

Certains chercheurs ont émis l’hypothèse que le dépeçage d’animaux aussi imposants n’est intervenu que bien plus tard, après que les homininés sont devenus plus gros et plus doué pour la chasse.

« Personne ne dit qu’ils chassaient ces animaux imposants, mais peut-être qu’il leur arrivait de tomber dessus quand ils mouraient et qu’ils se rendaient compte que la chair et les os pouvaient leur servir, explique-t-il. On a pu spéculer sur la probabilité de ce fait mais là, il y a des preuves archéologiques tangibles. » (Une nouvelle espèce humaine a été découverte aux Philippines.)

Neil Roach, biologiste de l’évolution humaine de l’Université Harvard qui n’a pas pris part aux recherches, ajoute que les grands singes et les singes d’aujourd’hui comme les capucins fabriquent des outils en pierre, et que l’on peut donc s’attendre à ce que des homininés non Homo se soient servis de tels objets.

« La vieille idée selon laquelle les outils seraient apparus avec Homo il y a environ deux millions d’années avait déjà fait long feu, et cela permet d’enfoncer encore un peu plus le clou », déclare-t-il.

Référence

Expanded geographic distribution and dietary strategies of the earliest Oldowan hominins and Paranthropus

SCIENCE
9 Feb 2023

Vol 379, Issue 6632
pp. 561-566

authors THOMAS W. PLUMMER , JAMES S. OLIVEREMMA M. FINESTONE , PETER W. DITCHFIELD etc

Earlier Oldowan

Oldowan tools, consisting of stones with one to a few flakes removed, are the oldest widespread and temporally persistent hominin tools. The oldest of these were previously known from around 2.6 million years ago in Ethiopia, and by 2 million years ago, they were found to be quite widespread. Plummer et al. report on an older fossil site from around 3 to 2.6 million years ago in Kenya, where Oldowan tools were not only present, but were also being used to process a variety of foods, including hippopotamus. Thus, it appears that these tools were widespread much earlier than previous estimates and were widely used for food processing. Which hominins were using these tools remains uncertain, but Paranthropus fossils occur at the site. —SNV

Abstract

The oldest Oldowan tool sites, from around 2.6 million years ago, have previously been confined to Ethiopia’s Afar Triangle. We describe sites at Nyayanga, Kenya, dated to 3.032 to 2.581 million years ago and expand this distribution by over 1300 kilometers. Furthermore, we found two hippopotamid butchery sites associated with mosaic vegetation and a C4 grazer–dominated fauna. Tool flaking proficiency was comparable with that of younger Oldowan assemblages, but pounding activities were more common. Tool use-wear and bone damage indicate plant and animal tissue processing. Paranthropus sp. teeth, the first from southwestern Kenya, possessed carbon isotopic values indicative of a diet rich in C4 foods. We argue that the earliest Oldowan was more widespread than previously known, used to process diverse foods including megafauna, and associated with Paranthropus from its onset.

20/02/2023 Istanbul doit s’attendre à de nouveaux tremblements de terre

Le professeur de géologie turc Naci Görür prévoit que de nouveaux tremblements de terre dévastateurs devraient frapper Istanbul dans les sept prochaines années, selon le quotidien turc Hurriyet Daily 1)

Voir https://www.hurriyetdailynews.com/
Üyelerimiz Naci Görür, Sibel Salman ve Ersin Kalaycıoğlu’nun konuşmacı olacakları açılış paneline katılım ve ayrıntılı bilgi için: …

Il estime que la situation à Istanbul n’est pas bonne du tout. Précédemment, l’on s’était inquiété au sujet de Kahramanmaras, où deux puissantes secousses se sont produites le 6 février 2023

Mais maintenant c’est au tour d’Istanbul. Celle-ci selon les spécialistes doit s’attendre à un tremblement de terre dévastateur dans les 7 prochaines années ( Pourquoi 7) . Sa magnitude serait de 7,5. Bien qu’il soit moins violent qu’à Kahramanmaras, il pourrait y faire plus de dégâts .

Inutile de dire que les autorités sont incapables de prévoir à l’avance les mesures à prendre pour protéger au mieux les zones sensibles et leurs résidents.

20/02/2023 La France entre la Russie et l’Otan.

Aujourd’hui le président Ukrainien Volodomir Zelinsky paraît mettre tous ses espoirs de survie dans une adhésion accéléré de l’Ukraine à l’Otan. Il se prépare à la reprise attendue d’une offensive de la Russie dans le sud-est ukrainien. La Russie, malgré des difficultés qu’elle ne peut plus cacher, notamment en ce qui concerte l’efficacité de ses jeunes recrues au combat, risquera de disposer d’une supériorité militaire indéniable. Zelinsky, malgré les 15 milliards d’aide occidentale, paraît à la limite de ses forces.

Il y a quelques semaines encore, la perspective d’une entrée de l’Ukraine dans l’Otan ne soulevait, si l’on peut dire, qu’un enthousiasme modéré tant au siège de l’Otan à Haren (Belgique) qu’a Washington. L’Occident faisait valoir la longueur des négociations nécessaires et l’intégrité exigée des candidats éventuels à l’Organisation. Une des raisons en tenait à la réputation de corruption que véhiculaient avec eux les hiérarques de l’Ukraine exerçant le pouvoir de fait à Kiev. Mais une autre raison, très forte, était l’hostilité de la Pologne qui voulait continuer à bénéficier seules des faveurs américaines.

Dans une allocution prononcée le samedi 18 février 2023 à la Conférence de Munich sur la sécurité, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a souligné qu’un an après le début de l’invasion de l’Ukraine, le président Poutine ne prévoyait pas la paix mais se préparait à intensifier la guerre, ajoutant que « nous devons donner à l’Ukraine ce dont elle a besoin pour l’emporter et devenir un pays d’Europe souverain et indépendant » https://www.nato.int/cps/fr/natohq/news_212044.htm

Le secrétaire général a fait observer que même si la guerre prenait fin demain, notre environnement de sécurité aura changé pour longtemps. Selon lui, le Kremlin veut une Europe différente, où la Russie contrôle ses voisins. « Nous savons aussi que Pékin suit la situation de près, pour voir si la Russie paie le prix de son agression ou en tire avantage ». Pour M. Stoltenberg, la guerre en Ukraine montre que la sécurité est un enjeu mondial et non régional et qu’une défense occidentale commune est indispensable. Il a précisé que « sans l’OTAN, il n’y a pas de sécurité en Europe ».

Cette situation confronte la France à un dilemne majeur. Si comme il est prévisible l’offensive russe dans le Donbass et plus largement en Europe se précisait et s’étendait, la France ne pourrait pas exciper d’une nécessaire et historique neutralité. Elle devrait s’engager et le faire sous commandement américain. Mais elle perdrait ainsi toute autonomie, y compris sur le plan militaire. Elle devrait notamment remiser ses Rafales pour acquérir des avions américains.

19/02/2023 Nos ancêtres étaient-ils des amphipodes ou des scorpions ?

La vie est apparue sur Terre il y a environ 3,5 milliards d’années et les premiers êtres vivants évoluaient dans les océans. Mais quel a été le premier animal à avoir marché sur Terre, ou plus exactement sur la roche, comme nous le faisons nous-mêmes?

On cite souvent les stromatolithes. Leur formation peut remonter à plus de 3 milliards d’années. Il s’agit de structures carbonatées organisées en lamelles et produites par l’activité photosynthétique de cyanobactéries.

On mentionne également les éponges, mais celles-ci ne sont que modérément mobiles, une fois hors de l’eau. Plus intéressantes sont les euphorbes, dites aussi amphipodes sorte de crustacés pourvus de pattes dont certaines permettent de se déplacer sur le sable

Il y a 450 millions d’années, des mille-pattes (myriapodes, un sous-embranchement des arthropodes, cousin des insectes), commencent à sortir de l’eau. Ce sont probablement les premiers animaux à s’installer définitivement sur les continents. Les végétaux, dont ils se nourrissent, les avaient précédés.

Cependant une récente découverte, qui reste encore à confirmer, indique que le précurseur du scorpion est une piste plus que prometteuse. Le jeudi 16 janvier 2020, une étude publiée dans Nature affirme que le scorpion aurait été le premier animal terrestre. Plus précisément: il s’agirait du Parioscorpio venator, nom que l’on peut traduire par le “précurseur des scorpions chasseurs”. Il a été identifié dans le Wisconsin, Etats-Unis, vers 430 bp

Référence

Nature published: 16 January 2020

A Silurian ancestral scorpion with fossilised internal anatomy illustrating a pathway to arachnid terrestrialisation

  • volume 10, Article number: 14 (2020) 
  • Abstract

Scorpions are among the first animals to have become fully terrestrialised. Their early fossil record is limited, and fundamental questions, including how and when they adapted to life on land, have been difficult to answer. Here we describe a new exceptionally preserved fossil scorpion from the Waukesha Biota (early Silurian, ca. 437.5–436.5 Ma) of Wisconsin, USA. This is the earliest scorpion yet reported, and it shows a combination of primitive marine chelicerate and derived arachnid characteristics. Elements of the circulatory, respiratory, and digestive systems are preserved, and they are essentially indistinguishable from those of present-day scorpions but share similarities with marine relatives. At this early point in arachnid evolution, physiological changes concomitant with the marine-to-terrestrial transition must have occurred but, remarkably, structural change in the circulatory or respiratory systems appear negligible. Whereas there is no unambiguous evidence that this early scorpion was terrestrial, this evidence suggests that ancestral scorpions were likely capable of forays onto land, a behavior similar to that of extant horseshoe crabs.

18/02/2023. Les restes d’une lignée humaine encore inconnue découverts en Indonésie

Des scientifiques ont extrait et analysé l’ADN intact d’une femme ayant vécu il y a 7.200 ans découverte dans une grotte de Sulawesi en Indonésie. Les résultats ont mis en évidence une lignée humaine jusqu’ici inconnue qui aurait voyagé depuis l’Asie jusqu’à cette région bien plus tôt qu’on ne pensait.

Au fil des découvertes, l’histoire du genre humain se précise et révèle parfois des événements qui bousculent les connaissances. Dans une étude publiée cette semaine par la revue Nature, des scientifiques viennent d’annoncer avoir identifié une lignée humaine inconnue. Un groupe dont l’histoire ancestrale ne ressemblerait à celle d’aucune population jusqu’ici observée.

Au coeur de cette trouvaille, figurent des ossements humains mis au jour en 2015 dans une grotte appelée Leang Panninge située sur l’île de Sulawesi (ou Célèbes). Les analyses ont montré qu’il s’agissait d’une jeune femme de 17-18 ans qui avait été enterrée en position foetale, partiellement recouverte de pierres et entourée de divers outils et ossements animaux.

L’ensemble a permis de déterminer que l’individu, surnommé Bessé par les archéologues, appartenait à la culture Toalean, un mystérieux groupe de chasseurs-cueilleurs qui vivait dans le sud-ouest de la péninsule de Sulawesi il y a entre 8.000 et 1.500 ans. C’est la première fois qu’un squelette relativement complet pouvait être attribué à cette culture.

Le premier ADN humain ancien extrait en Wallacea

Pour en savoir plus une équipe a décidé de mener de nouvelles fouilles dans la grotte et de collecter d’autres échantillons. Ces derniers ont permis de restreindre l’âge de Bessé à entre 7.200 et 7.300 ans. Parallèlement, les chercheurs se sont aussi penchés sur ses ossements dont ils ont réussi à extraire de l’ADN intact.

« C’était un défi de taille dans la mesure où les restes avaient été fortement dégradés par le climat tropical« , a expliqué dans un communiqué Selina Carlhoff, du Max Planck Institute for the Science of Human History et principale auteure de l’étude, précisant que l’ADN a été prélevé au niveau de l’os de l’oreille interne.

La jeune femme a été inhumée aux côtés de divers outils en pierre, ici des points de flèche, qui ont permis de la rattacher à la culture Toalean. © Yinika L Perstonergé durant le Pléistocène quand le niveau global des océans a baissé« , a précisé le professeur Adam Brumm de la Griffith University qui a co-dirigé l’étude.

A cette époque, le Sahul comprenait l’Australiela Tasmanie et la Nouvelle-Guinée réunies par des ponts terrestres. « Pour atteindre le Sahul, ces pionniers ont réalisé des traversées océaniques à travers la Wallacea, mais on sait peu de choses sur leurs voyages« , a-t-il poursuivi dans un autre communiqué.

Une signature ancestrale insoupçonnée

L’ADN de Bessé a cependant montré une signature ancestrale insoupçonnée suggérant un lien avec une population d’origine asiatique. Or, jusqu’ici, les scientifiques n’avaient connaissance que d’une migration d’humains modernes de l’est de l’Asie vers la Wallacea et celle-ci s’est produit il y a environ 3.500 ans, soit bien après l’époque à laquelle la jeune femme a vécu.

L’équipe n’a d’ailleurs trouvé aucune correspondance entre les ancêtres de Bessé et ceux des habitants actuels de la Sulawesi qui descendent essentiellement des fermiers néolithiques arrivés dans la région il y a trois millénaires. La chasseuse-cueilleuse présenterait ainsi une lignée humaine encore jamais rencontrée et qui semble avoir disparu il y a 1.500 ans.

« Les ancêtres de Bessé ne se sont pas mélangés avec ceux des Aborigènes australiens et des Papous, ce qui laisse penser qu’ils seraient arrivés dans la région après le peuplement initial du Sahul – mais bien avant l’expansion austronésienne », précise le Pr. Brumm.

Outre cette arrivée distincte, cette culture disparue semble aussi avoir eu des contacts très limités avec les autres communautés anciennes de Sulawesi et des îles voisines, demeurant isolée pendant des millénaires. Autant de conclusions qui soulèvent de nouvelles questions sur les Toaleans et leurs origines.

Les scientifiques espèrent que de nouvelles analyses génétiques parmi la population de l’île indonésienne pourraient aider à trouver des traces de l’héritage génétique de ces chasseurs-cueilleurs. Ils projettent également de mener de nouvelles excavations au sein de la grotte Leang Panninge.

« La découverte de Bessé et les implications de son ascendance génétique montrent nos connaissances limitées sur l’histoire humaine précoce de notre région et la quantité de choses qu’il reste à y découvrir« , a conclu le Pr. Brumm.

Référence

Abstract

Much remains unknown about the population history of early modern humans in southeast Asia, where the archaeological record is sparse and the tropical climate is inimical to the preservation of ancient human DNA1. So far, only two low-coverage pre-Neolithic human genomes have been sequenced from this region. Both are from mainland Hòabìnhian hunter-gatherer sites: Pha Faen in Laos, dated to 7939–7751 calibrated years before present (yr cal BP; present taken as AD 1950), and Gua Cha in Malaysia (4.4–4.2 kyr cal BP. Here we report, to our knowledge, the first ancient human genome from Wallacea, the oceanic island zone between the Sunda Shelf (comprising mainland southeast Asia and the continental islands of western Indonesia) and Pleistocene Sahul (Australia–New Guinea). We extracted DNA from the petrous bone of a young female hunter-gatherer buried 7.3–7.2 kyr cal BP at the limestone cave of Leang Panninge in South Sulawesi, Indonesia. Genetic analyses show that this pre-Neolithic forager, who is associated with the ‘Toalean’ technocomplex, shares most genetic drift and morphological similarities with present-day Papuan and Indigenous Australian groups, yet represents a previously unknown divergent human lineage that branched off around the time of the split between these populations approximately 37,000 years ago5. We also describe Denisovan and deep Asian-related ancestries in the Leang Panninge genome, and infer their large-scale displacement from the region today.

17/02/23 Un peu de lumière dans l’obscurité des relations entre les trous noirs et l’énergie noire

On peut prendre la mesure de cette lumière en méditant les déclarations récentes de deux astrophysiciens britanniques. Il y a tout d’abord celles de Chris Pearson, du STFC RAL Space, centre britannique de documentation scientifique rattaché au Science and Technology Facilities Council (STFC). RAL Space y est l’espace dédié à la recherche et à l’innovation.

Pour Chris Pearson : « Si la théorie tient, la chose va révolutionner l’ensemble de la cosmologie, car nous avons enfin une solution relative à l’origine de l’énergie noire qui laisse perplexe cosmologistes et physiciens théoriciens depuis plus de 20 ans. » 

Vient ensuite Dave Clements, de l’ Imperial College London : « C’est un résultat vraiment surprenant. Nous avons commencé par étudier la croissance des trous noirs au fil du temps et nous avons peut-être trouvé la réponse à l’un des plus gros problèmes de la cosmologie. » soit l’apparente accélération de l’expansion de l’Univers.

Rappelons que c’est le prix Nobel James Peebles qui a compris à la fin du XXe siècle que le cosmos observable devait probablement être décrit par un modèle relativiste doté d’une constante cosmologique accélérant l’expansion de l’Univers. En effet, les mesures de l’âge des plus vieilles étoiles n’étaient pas compatibles avec leur âge estimé à partir de la mesure de la vitesse de l’expansion de l’espace dans le modèle cosmologique issu de la théorie de la relativité générale d’Einstein. Ajouter une constante cosmologique, comme l’avait fait une première fois Einstein en 1917, permettait de vieillir un peu l’Univers observable et de réconcilier son âge avec celui de ces vieilles étoiles.

De fait, en 1998 et 1999, deux groupes d’astronomes – menés indépendamment par Saul Perlmutter et Adam Riess – allaient montrer que tout se passait comme si la constante cosmologique d’Einstein était présente et accélérait l’Univers alors que l’on pensait que ce dernier décélérait constamment depuis la fin du Big Bang, comme un caillou lancé à la verticale dans le champ de gravitation de la Terre.

Ces deux hommes recevront le prix Nobel de physique en 2011 pour leur découverte de l’expansion accélérée. Il se trouve aussi que la constante d’Einstein peut s’interpréter comme étant due à la pression d’une densité d’énergie exotique inconnue, une énergie dite noire pour cette raison, dont la masse dans un volume de plusieurs centaines de millions d’années-lumière de rayon dépasse largement la masse globale estimée des galaxies et de la matière noire, dans le cadre de ce qui constitue maintenant le modèle cosmologique standard.

Mais si cette énergie noire existait, ce qui resterait à démontrer car l’accélération de l’expansion est peut-être causée par un autre phénomène, on ne sait toujours pas quelle serait sa nature exacte ni si elle devrait conduire le cosmos observable à être en expansion pour l’éternité (Notons que cette expansion pourrait changer de nature dans le futur et de répulsive devenir attractive, ralentissant puis inversant l’expansion jusqu’à produire un Big Crash éventuellement suivi d’un nouveau Big Bang).

Il est donc très intéressant de prendre connaissance des thèses identiques avancées dans deux articles publiés dans The Astrophysical Journal et The Astrophysical Journal Letters par une équipe de 17 chercheurs de neuf pays, dirigée par l’université d’Hawaï et comprenant des physiciens du STFC RAL Space et de l’Imperial College London.

Non seulement les trous noirs verraient leur masse augmenter sans absorber de matière du fait de l’expansion du cosmos observable, mais la théorie impliquant ce phénomène impliquerait aussi que les trous noirs influenceraient cette expansion au point de rendre compte complètement de l’existence et de la valeur de l’énergie dite noire dont la densité constituerait environ 70 % de la masse de l’univers évoqué précédemment.

Concrètement, les chercheurs s’étaient engagés  dans un programme permettant d’étudier sur une période de 9 milliards d’années de l’histoire du cosmos observable l’évolution des trous noirs supermassifs contenant d’un million à plusieurs milliards de masses solaires et que l’on trouve au cœur des grandes galaxies spirales, comme la Voie lactée, ou dans les grandes galaxies elliptiques comme M87.

Les galavies elliptiques sont pauvres en gaz et en poussière de sorte qu’elles ne forment quasiment plus d’étoiles. Elles peuvent croître en entrant en collision puis en fusionnant, mais ce phénomène est plutôt rare, comme s’est réalisée la croissance de ces galaxies, les premiers milliards d’années de l’Univers, en accrétant du gaz provenant de filaments froids.

Or, les études actuelles semblent bel et bien montrer qu’au cours des précédents milliards d’années jusqu’à aujourd’hui les trous noirs supermassifs des galaxies elliptiques continuent à croître alors qu’ils ne peuvent presque pas trouver de matière à absorber/ Il en résulte que ces galaxies sont de 7 à 20 fois plus grandes qu’il y a 9 milliards d’années, dans des proportions qui ne semblent pas compatibles avec l’accrétion de matière effective ou la fusion entre trous noirs supermassifs pendant cette période.

À strictement parler, le phénomène n’est pas encore établi au-delà de toute contestation, mais il pourrait le devenir dans les années à venir. Ce qui est intéressant, c’est que le taux de croissance des trous noirs supermassifs semble suivre une loi de puissance à partir de l’expansion de l’Univers observable.

Un problème de raccordement de l’espace-temps local des trous noirs à l’espace-temps global cosmologique

Il se trouve que ce phénomène était plus ou moins considéré depuis des années en se basant sur de nouvelles analyses de ce qu’il faut entendre par la conservation de l’énergie et de la quantité de mouvement dans un univers décrit par la relativité générale et surtout les énigmes rencontrées lorsque l’on essaie de décrire un trou noir de Kerr en rotation dont l’espace-temps est raccordé localement à un modèle cosmologique global.

Rappelons que la solution de Kerr, qui décrit nécessairement tous les trous noirs en rotation, dispose d’une géométrie qui tend vers un espace plat à distance infinie. Il y a potentiellement un conflit si le trou noir se trouve dans un modèle cosmologique qui n’est pas plat globalement mais peut consister, par exemple, une sphère de très grande taille.

On s’est posé aussi la question de savoir comment l’expansion de l’espace affectait la taille des orbites des planètes du Système solaire. Bref, il y a toute une série de questions et de calculs en relativité générale qui pointent vers la nécessité d’une analyse fine, voire d’une modification des lois de la gravitation d’Einstein, quand on admet que ut considérer des trous noirs et une énergie du vide pouvant exister dans des modèles cosmologiques et y compris dans les trous noirs.

Cela conduit notamment à une théorie dans laquelle les trous noirs, supermassifs ou non, croissent naturellement en masse dans un univers en expansion et ou inversement, ils influent sur cette expansion en retour comme s’ils constituaient l’énergie noire.

Remarquablement, selon les publications des chercheurs, il est possible de rendre compte d’une assez bonne façon de la valeur de l’énergie noire actuelle comme si elle était causée par les trous noirs et en particulier les trous noirs stellaires venant de l’effondrement gravitationnel des étoiles massives. En conséquence, la singularité de l’espace-temps prédite au cœur des trous noirs par le prix Nobel Roger Penrose serait éliminée, car les conditions d’application de son théorème auraient disparu.

Référence
Observational Evidence for Cosmological Coupling of Black Holes and its Implications for an Astrophysical Source of Dark Energy

Published 2023 February 15 • © 2023. The Author(s)…. Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical Journal LettersVolume 944Number 2

Abstract

Observations have found black holes spanning 10 orders of magnitude in mass across most of cosmic history. The Kerr black hole solution is, however, provisional as its behavior at infinity is incompatible with an expanding universe. Black hole models with realistic behavior at infinity predict that the gravitating mass of a black hole can increase with the expansion of the universe independently of accretion or mergers, in a manner that depends on the black hole’s interior solution. We test this prediction by considering the growth of supermassive black holes in elliptical galaxies over 0 < z ≲ 2.5. We find evidence for cosmologically coupled mass growth among these black holes, with zero cosmological coupling excluded at 99.98% confidence. The redshift dependence of the mass growth implies that, at z ≲ 7, black holes contribute an effectively constant cosmological energy density to Friedmann’s equations. The continuity equation then requires that black holes contribute cosmologically as vacuum energy. We further show that black hole production from the cosmic star formation history gives the value of ΩΛ measured by Planck while being consistent with constraints from massive compact halo objects. We thus propose that stellar remnant black holes are the astrophysical origin of dark energy, explaining the onset of accelerating expansion at z ∼ 0.7.

16/02/23 Les paranthropes fabriquaient des outils

Les paranthropes forment un genre éteint d’Hominines ayant vécu en Afrique il y a entre 2,6 et 0,6 million d’années avant notre ère. Il regroupe les deux espèces largement répandues, P. boisei et P. robustus, parfois qualifiées d’« australopithèques robustes ».

Leur nom venu du grec signifie « pas tout à fait hommes ». Les paranthropes étaient autrefois appelés australopithèques robustes. Ils étaient des bipèdes occasionnels et certains fabriquaient des outils. Tous les fossiles de paranthropes ont été retrouvés en Afrique.

Les paranthropes avaient un crane épais avec une face prognathe, un bourrelet sus-orbitaire continu, une crête sagittale et des dents permettant de manger des aliments coriaces. Ils devaient mesurer entre 1,1 et 1,3 m environ. Les paranthropes ont dû cohabiter avec des Homo habilis et des Homo erectus sans nécessairement avoir de relations sociales ou sexuelles.

Sur un site de fouilles du sud-ouest du Kenya, des archéologues ont découvert des outils caractéristiques en pierre qui pourraient avoir été fabriqués il y a trois millions d’années et de fait être les plus anciens de ce type à avoir jamais été mis au jour.

Plus surprenant encore, les outils dont il est question ont été découverts près de fossiles de paranthropes (Paranthropus), des homininés qui ne sont pas des ancêtres des humains d’aujourd’hui.

Ces découvertes renforcent les théories selon lesquelles des homininés extérieurs au genre Homo ont utilisé des outils en pierre. Elles repoussent également de plusieurs milliers d’années la date de l’apparition de la technique oldowayenne, une méthode de fabrication d’outils est-africaine qui remonte au début du Paléolithique.

Pour en savoir plus lire

SCIENCE
9 Feb 2023
Vol 379, Issue 6632

Expanded geographic distribution and dietary strategies of the earliest Oldowan hominins and Paranthropus

Oldowan tools, consisting of stones with one to a few flakes removed, are the oldest widespread and temporally persistent hominin tools. The oldest of these were previously known from around 2.6 million years ago in Ethiopia, and by 2 million years ago, they were found to be quite widespread. Plummer et al. report on an older fossil site from around 3 to 2.6 million years ago in Kenya, where Oldowan tools were not only present, but were also being used to process a variety of foods, including hippopotamus. Thus, it appears that these tools were widespread much earlier than previous estimates and were widely used for food processing. Which hominins were using these tools remains uncertain, but Paranthropus fossils occur at the site. —SNV

Abstract

The oldest Oldowan tool sites, from around 2.6 million years ago, have previously been confined to Ethiopia’s Afar Triangle. We describe sites at Nyayanga, Kenya, dated to 3.032 to 2.581 million years ago and expand this distribution by over 1300 kilometers. Furthermore, we found two hippopotamid butchery sites associated with mosaic vegetation and a C4 grazer–dominated fauna. Tool flaking proficiency was comparable with that of younger Oldowan assemblages, but pounding activities were more common. Tool use-wear and bone damage indicate plant and animal tissue processing. Paranthropus sp. teeth, the first from southwestern Kenya, possessed carbon isotopic values indicative of a diet rich in C4 foods. We argue that the earliest Oldowan was more widespread than previously known, used to process diverse foods including megafauna, and associated with Paranthropus from its onset.

16/02/2023 Des trous noirs qui ne viennent pas de nulle part

Selon Wikipedia, un trou noir supermassif (SuperMassive Black Hole SMBH) est un trou noir dont la masse est de l’ordre d’un million de masses solaires sinon plus. Il constitue l’un des quatre types de trous noirs avec les trous noirs primordiaux, les trous noirs stellaires et les trous noirs intermédiaires.

Un trou noir n’est pas un trou mais un objet céleste si dense (si lourd pour sa taille) que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper.  Il est donc invisible pour nous, du fait de l’insuffisance de nos moyens d’obervation. Mais ce n’est pas comme on le pense parfois, une porte ouverte sur un autre univers. Dire que sa masse est d’un million de masses solaires ne veut pas dire qu’un audacieux astronome ait pris le risque de le peser. Ceci veut seulement dire qu’il exerce sur le milieu circumgalactique CGM (https://ui.adsabs.hhttps://ui.adsabs.harvard.edu/abs) qui l’environne, fait de gaz, poussières et objets divers,une force d’attraction égale à celle d’1 million de soleil.

La plupart du temps, ces astres demeurent au cœur de leur galaxie, il arrive qu’en de très rares occasions, pour des raisons encore mal connues, ils en soient éjectés et se retrouvent errant dans le milieu circumgalactique, structure qui entoure la galaxie. Ce type d’événement nécessite une grande quantité d’énergie et de même, en libère énormément. Jusqu’à aujourd’hui, aucun phénomène de ce type n’avait été observé. On voit couramment : des trous noirs stellaires errants, mais jamais de trous noirs supermassifs

C’est pourquoi des chercheurs ont été très étonnés lorsqu’ils ont découvert une étrange ligne droite dans des relevés du télescope spatial Hubble, alors qu’ils cherchaient des images de la galaxie naine RCP 28 proche de nous. Ils ont fini par identifier le responsable inattendu : un trou noir supermassif errant, provoquant la formation d’étoiles sur son passage.sur son passage ! Ils décrivent leurs résultats dans une étude acceptée dans Astrophysical Journal Letters et prépubliée sur ArXiv.

Tout a commencé par des observations via le télescope Hubble de la galaxie naine RCP 28 en septembre 2022. Les chercheurs y ont vu par hasard une « ligne mince et linéaire qui s’étend sur 62 kpc (1 kiloparsec = 3261,56 années-lumière, donc 62 kpc équivaut à environ 200 000 années-lumière) du noyau d’une galaxie compacte »,. Sans analogue connu, elle correspond en fait à des étoiles tout récemment formées, et alignées ! L’équipe a tout d’abord supposé une origine galactique. Ou plutôt, d’un trou noir supermassif au centre de sa galaxie.

De tels phénomènes se produisent régulièrement, et proviennent du disque d’accrétion du trou noir géant. La matière attirée par l’astre tournoie à grande vitesse autour de lui, au point où elle s’ionise et passe sous forme de plasma. Des conditions de température et de pression extrêmes règnent au sein du disque, et parfois des interactions d’origine magnétohydrodynamique provoquent l’émission à grande vitesse de matière ionisée. Ces jets sont capables de provoquer la naissance d’étoiles !

Référence

A candidate runaway supermassive black hole identified by shocks and star formation in its wake

The interaction of a runaway supermassive black hole (SMBH) with the circumgalactic medium (CGM) can lead to the formation of a wake of shocked gas and young stars behind it. Here we report the serendipitous discovery of an extremely narrow linear feature in HST/ACS images that may be an example of such a wake. The feature extends 62 kpc from the nucleus of a compact star-forming galaxy at z=0.964. Keck LRIS spectra show that the [OIII]/Hβ ratio varies from ~1 to ~10 along the feature, indicating a mixture of star formation and fast shocks. The feature terminates in a bright [OIII] knot with a luminosity of 1.9×1041 ergs/s. The stellar continuum colors vary along the feature, and are well-fit by a simple model that has a monotonically increasing age with distance from the tip. The line ratios, colors, and the overall morphology are consistent with an ejected SMBH moving through the CGM at high speed while triggering star formation. The best-fit time since ejection is ~39 Myr and the implied velocity is v~1600 km/s. The feature is not perfectly straight in the HST images, and we show that the amplitude of the observed spatial variations is consistent with the runaway SMBH interpretation. Opposite the primary wake is a fainter and shorter feature, marginally detected in [OIII] and the rest-frame far-ultraviolet. This feature may be shocked gas behind a binary SMBH that was ejected at the same time as the SMBH that produced the primary wake.

https://arxiv.org/abs/2302.04888



Tout a commencé par des observations via le télescope Hubble de la galaxie naine RCP 28 en septembre 2022. Les chercheurs y ont vu par hasard une « ligne mince et linéaire qui s’étend sur 62 kpc (1 kiloparsec = 3261,56 années-lumière, donc 62 kpc équivaut à environ 200 000 années-lumière) du noyau d’une galaxie compacte »,. Sans analogue connu, elle correspond en fait à des étoiles tout récemment formées, et alignées ! L’équipe a tout d’abord supposé une origine galactique. Ou plutôt, d’un trou noir supermassif au centre de sa galaxie.

De tels phénomènes se produisent régulièrement, et proviennent du disque d’accrétion du trou noir géant. La matière attirée par l’astre tournoie à grande vitesse autour de lui, au point où elle s’ionise et passe sous forme de plasma. Des conditions de température et de pression extrêmes règnent au sein du disque, et parfois des interactions d’origine magnétohydrodynamique provoquent l’émission à grande vitesse de matière ionisée. Et ces jets sont capables de provoquer la naissance d’étoiles !

15/02/2023 Un univers miroir

Ce nom désigne une théorie alternative à celle selon laquelle notre univers serait un univers en expansion, aboutissant éventuellement à un multivers. Elle a été proposée en 2018 par le physicien Neil Turok, ancien directeur du Perimeter Institute for Theoretical Physics à Waterlow, Canada et aujourd’hui directeur de recherche à l’Université d’Edimbourg ainsi que par Latham Boyle du Perimeter Institute.

Selon eux, la physique fondamentale a aujourd’hui atteint un tournant décisif. Les observations scientifiques les plus puissantes faites à ce jour décrivent la structure de l’univers avec une clarté jamais atteinte. Ceci à grande échelle, soit la totalité de l’univers visible, comme jusqu’au niveau le plus petit, celui des particules élémentaires et de leurs constituants. Entre les deux de nouvelles technologies permettent de franchir la frontière du quantique pour accéder aux lois les plus fondamentales de la nature. Il semble que l’on se trouve à la veille de révolutions qui pourraient changer radicalement nos conceptions du monde.

L’une de ces révolutions serait d’admettre l’hypothèse d’un univers miroir évoluant en arrière dans le temps à partir du Big Bang initial. Cette évolution ne signifierait pas inflation. Il s’agirait d’une évolution lente, comme la nôtre. Mais elle se ferait en sens inverse. Pour eux cette hypothèse pourrait expliquer non seulement celle de l’expansion mais d’autres mystères encore incompris, ceux de la matière noire et de l’énergie noire notamment.

Cet « anti-univers », tel que le nomment les scientifiques à l’origine de ce concept, serait l’exact opposé du nôtre : il serait donc constitué de particules de charges opposées et le temps s’y écoulerait à l’envers à partir du Big Bang.

L’hypothèse classique de l’inflation, ou expansion de l’univers, leur paraît artificielle. Elle oblige à admettre l’existence dans l’univers primordial d’une énergie initiale si puissante qu’elle ait pu déclencher l’explosion avec tous les phénomènes évolutionnaires ayant suivi. Mais aussi d’une énergie si chaotique qu’elle ait produit, au lieu d’un univers uniforme, un univers comprenant toute la diversité constatable aujourd’hui, depuis les galaxies jusqu’aux zones apparemment vides séparant ces dernières. Ainsi, pour rester compatible avec tous les phénomènes régulièrement constatés, l’hypothèse de l’inflation doit être constamment ajustée.

Les grandes théories de la physique sont différentes. Ainsi celles de l’électromagnétisme de Maxwell ou de la gravité d’Einstein qui à partir d’un petit nombre d’équations proposent une grande quantité de prédictions vérifiables.

Suivant la théorie dite CPT symmetry (Symétrie Charge, Particule, Temps (Wikipedia https://en.wikipedia.org/wiki/CPT_symmetry), tout système physique est fait de particules qui se déplacent en avant dans le temps en obéissant aux mêmes lois qu’un système physique identique fait d’antiparticules qui se déplacent en arrière dans le temps.

Ainsi un univers miroir du nôtre  qui se déplacerait en avant dans son temps à lui paraîtrait se déplacer en arrière dans notre temps. Mais nous n’aurions pas de moyens à ce jour pour nous en apercevoir

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Pour en savoir plus,

voir https://trustmyscience.com/univers-miroir-pourrait-exister-oppose-du-notre/

Cet « anti-univers », tel que le nomment les scientifiques à l’origine de ce concept, serait l’exact opposé du nôtre : il serait donc constitué de particules de charges opposées et le temps s’y écoulerait à l’envers à partir du Big Bang. Cette théorie, présentée très sérieusement par une équipe internationale de physiciens théoriciens, pourrait par ailleurs expliquer pourquoi la matière noire, qui constitue 27% de notre univers, nous est invisible.

La théorie repose sur un ensemble de trois symétries fondamentales de la nature : la charge (l’inversion de la charge d’une particule dans une interaction donnée correspond à une charge égale et opposée) ; la parité (l’image miroir d’une interaction de particules donne le même résultat) ; et le temps (une interaction exécutée en arrière dans le temps a le même aspect). La plupart des interactions physiques obéissent à ces symétries ; il y a parfois des violations, mais les physiciens n’ont jamais observé de phénomène qui transgressait les trois symétries en même temps.

Toutes trois sont ainsi regroupées sous un concept de symétrie fondamentale, nommé « symétrie CPT ». Elle s’applique à toutes les interactions, donc aux forces et aux champs qu’exercent les particules de matière les unes sur les autres. Des scientifiques ont toutefois émis l’hypothèse que cette symétrie pourrait s’appliquer bien au-delà des interactions fondamentales et donc, sur l’Univers dans son ensemble, vu ici en tant que contenant. Ce qui impliquerait l’existence d’un autre univers qui lui serait parfaitement symétrique.

Si la symétrie CPT s’applique ainsi à l’ensemble de l’Univers, il devrait y avoir autant de neutrinos droits que de neutrinos gauches et leur abondance pourrait donc expliquer la matière noire. « Nous calculons son abondance en détail et montrons que, pour correspondre à la densité de matière noire observée, [la masse du neutrino droit] doit être de 4,8×108 GeV », précisent les chercheurs.

À partir de là, ils prédisent que les trois saveurs de neutrinos gauches connues devraient être des particules de Majorana (qui sont leurs propres antiparticules, au contraire des particules de Dirac telles que l’électron). Pour qu’une particule soit sa propre antiparticule, elle doit être électriquement neutre et posséder des moments dipolaires nuls, mais les physiciens ne savent pas si les neutrinos affichent ou non de telles propriétés. Ils pensent cependant que selon leur théorie l’un des neutrinos devrait être sans masse.

À ce jour, les physiciens n’ont déterminé qu’une masse maximale pour chacune des saveurs, mais on ne connaît pas leur masse exacte. Peut-être que l’une d’elles est effectivement de masse nulle, soutenant au passage l’idée d’un univers à symétrie CPT (cf. ci-dessous).

Nous ne pourrons probablement jamais visiter ou même mesurer quoi que ce soit dans cet anti-univers qui puisse confirmer l’hypothèse. Mais les expériences à venir, menées au sein de notre propre univers, permettront peut-être un jour de lever le doute.

Pourtant, plusieurs implications importantes découlent de cette théorie. Elle apporterait ainsi une explication crédible à certaines grandes questions cosmologiques qui ne sont toujours pas résolues avec certitude.

On suppose par exemple que l’univers observable a connu une phase d’expansion très rapide en un temps extrêmement bref (entre 10-36 et 10-33 secondes) après le Big Bang — un modèle cosmologique qui offre une solution à la fois au problème de l’horizon (le fait que l’Univers soit homogène et isotrope à très grande échelle bien que certaines régions soient très éloignées) et au problème de la platitude (le fait que la courbure de l’Univers ne soit pas détectable). Comme le rappelle Live Science, plusieurs preuves corroborent cette inflation cosmique, mais l’image théorique de cet événement reste à éclaircir. La théorie de l’anti-univers mérite donc d’être étudiée.

Aujourd’hui il est admis que l’inflation cosmique a tellement bouleversé l’espace-temps qu’elle a engendré des quantités d’ondes gravitationnelles. Plusieurs expériences visent actuellement à repérer ces ondes primordiales.

Si ces recherches restaient vaines, cela pourrait renforcer l’hypothèse de l’existence d’un univers miroir : un univers respectant la symétrie CPT pourrait en effet se dilater naturellement et se remplir de particules, sans avoir besoin d’une longue inflation cosmique.

Une explication possible à l’existence de matière noire

Par ailleurs, dans cet anti-univers, la matière noire serait principalement composée d’un nouveau type de neutrinos, des particules subatomiques à très haute énergie et à faible densité qui sont électriquement neutres. En effet, il existe trois types (trois saveurs) connus de neutrinos : le neutrino-électron (νe), le neutrino-muon (νμ) et le neutrino-tau (ντ), qui ont tous un sens de rotation (spin) dit « gauche » — les neutrinos dits « droits » ne sont pas observés, ils ne sont pas produits et n’interagissent pas.

Or, toutes les autres particules connues ont des variations gauche et droite. Il pourrait donc exister quelque part des neutrinos droits, que nous ne sommes pas capables de détecter

Un univers respectant la symétrie CPT impliquerait l’existence d’au moins un type de neutrino droit ; il serait invisible, mais influencerait le reste de l’Univers par la force gravitationnelle. Et c’est exactement ce qui caractérise aujourd’hui la matière noire : des particules indétectables, qui n’interagissent que par la gravité.