PsiQuantum, une entreprise californienne, semble en tout cas sur la bonne voie pour démocratiser cette technologie de puissance.
Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques sont encore de l’ordre de l’expérimental et restent en phase de développement intensif. Si l’entreprise OVH en possède un tout comme Google, il reste encore beaucoup à faire pour que cette technologie soit une réalité tangible pour tous.
Cependant la start-up PsiQuantum, basée à Palo Alto en Californie, annonce envisager de produire en masse des ordinateurs quantiques à base de silicium. Pour cela, elle souhaite exploiter les infrastructures déjà existantes de fabrication de puces en silicium.
Plutôt que de suivre le chemin classique consistant en une augmentation de la taille et la puissance des ordinateurs quantiques en augmentant le nombre des qubits, PsiQuantum a choisi une autre voie. Elle a choisi d’utiliser de simples photons comme qubits, à la différence d’IBM et Google qui utilisent des qubits supraconducteurs. Les photons présentent l’avantage de ne quasiment pas interagir avec leur environnement, ce qui les rend exceptionnellement stables pour les calculs quantiques.
Mais pour que l’ordinateur quantique fonctionne, ces photons doivent interagir entre eux afin de traiter l’information. Il faut alors trouver des solutions pour qu’ils puissent entrer en interaction au sein d’un circuit intégré.
Récemment, PsiQuantum a annoncé avoir franchi des étapes importantes dans cette direction. Elle aurait réussi à modifier un processus existant en matière de fabrication photonique sur silicium pour y intégrer de nouvelles fonctionnalités avancées. Elle a notamment mis au point des capacités de détection de photons individuels et de génération de paires de photons directement sur la puce.
Intégrer ces fonctions sur une puce de silicium permet donc d’exploiter les lignes de production de semi-conducteurs existantes pour un jour espérer fabriquer des ordinateurs quantiques en grande quantité. Cette approche accélère le processus de fabrication, mais surtout allège les coûts.
L’équipe travaille aussi au développement de commutateurs optoélectroniques à grande vitesse. Ces dispositifs sont indispensables, car ils permettent de modifier la direction et l’interaction des photons dans les circuits d’un ordinateur quantique. Pour cela, PsiQuantum souhaite utiliser du titanate de baryum afin de confectionner ces commutateurs, un matériau supportant très bien les changements rapides et fréquents, absolument nécessaires pour que l’information soit traitée à haute vitesse.
PsiQuantum occupe actuelle une position unique dans le domaine du quantique et son approche pourrait s’avérer payante s’ils parviennent à surmonter les obstacles pratiques résultants des objectifs précités. Le but annoncé est de parvenir à produire à grande échelle dès 2029 un ordinateur quantique opérationnel.
Il a souvent été dit que celui qui maitrisera le calcul quantique maitrisera le monde. Encore faudra-t-il commencer par maitriser la conception et la fabrication des ordinateurs quantiques. L’annonce de PsiQuantum ne devrait laisser personne indifférent, notamment à Washington ou à Moscou et Pékin.
Source
The Physics arXiv Blog
Apr 30, 2024 9:00 PM
