17/12/22. H2Med, le premier grand « corridor d’hydrogène vert » européen.

Réunis à Alicante à l’occasion du Med9, le sommet de l’Europe du Sud, Emmanuel Macron, l’Espagnol Pedro Sanchez et le Portugais Antonio Costa ont confirmé leur entente et préciser les détails concrets du futur chantier dit H2Med.

Le projet H2Med englobera deux connexions : l’une, courte, entre le Portugal et l’Espagne, et l’autre, plus longue et plus complexe, le BarMar, qui reliera par voie sous-marine Barcelone et Marseille . Le tracé de ce pipeline n’a pas encore été fixé et trois solutions sont à l’étude, mais le plus probable est qu’il courra sur environ 450 kilomètres, à plus de 2.500 mètres de fond parfois.

Le coût total du chantier est estimé à 2,5 milliards d’euros et les trois pays promoteurs espèrent en faire prendre en charge la moitié par les fonds européens, si le projet est déclaré d’intérêt commun.

« H2Med marque un point d’inflexion », a affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, venue à Alicante assurer le soutien de l’UE à une alliance clé selon elle, qui apportera « indépendance et sécurité d’approvisionnement au système énergétique européen ».

De fait, l’objectif affiché par les trois pays promoteurs est d’utiliser le pipeline dès 2030, afin de transporter 2 millions de tonnes par an d’hydrogène dit vert produit dans la péninsule ibérique, soit 20 % du total des objectifs de production européens.

Si ce n’est pas par les Pyrénées, ce sera donc par la mer. La future connexion sous-marine « va s’inscrire de façon cohérente dans la stratégie climat, pour faire baisser les émissions, sortir des énergies fossiles et aller vers l’électrification de l’économie », a souligné Emmanuel Macron en insistant aussi sur les objectifs d’industrialisation et d’innovation du continent, ainsi que sur l’importance de l’autonomie stratégique à travers la production sur sol européen.

Au-delà des enjeux énergétiques, le lancement du projet est perçu par l’Espagne et le Portugal comme une victoire géopolitique. Le futur H2Med va enfin permettre de marquer le désenclavement de la péninsule, réclamé à chaque sommet franco-ibérique et de mieux la connecter au réseau énergétique européen.

Mais les dirigeants espagnols et portugais n’ont pas répondu aux doutes sur les capacités d’exportation des deux pays, dont les priorités devraient être, d’ici à 2030, de décarboner leurs économies avant de faire circuler l’hydrogène vers le reste du continent.

Côté français, on signale que la connexion fonctionnera dans les deux sens, avec l’idée de pouvoir faciliter l’échange des flux pour répondre aux demandes. Et on parle moins d’hydrogène vert que bas carbone, ce qui pourrait ouvrir la voie à la circulation d’une production d’origine nucléaire

Pour Madrid et Lisbonne, le projet est une véritable déclaration d’intention.

L’Espagne et le Portugal affirment leur présence sur l’échiquier européen,. Après l’humiliation des années d’austérité et de plans de sauvetage sévères, il est bon de montrer que, cette fois, la solution arrive du Sud.

Les voisins ibériques comptent sur le coup de projecteur du projet H2Med pour « faire valoir leurs capacités installées en matière de renouvelables, leurs potentiels en matière de production d’hydrogène vert, et leur volonté de contribuer à un approvisionnement décarboné et à la sécurité énergétique de l’Europe ».

Ils profitent des difficultés prévisibles côté italien, avec l’arrivée de Giorgia Meloni au pouvoir, pour se présenter comme des partenaires stables et fiables pour la France au Sud. Ils espèrent cesser de jouer les acteurs périphériques pour revendiquer leur poids sur la scène européenne. Leurs ambitions devraient aller dans le sens de Paris , qui trouve intérêt à soigner ses alliances avec Madrid et Lisbonne, sur des questions comme l’assouplissement des règles budgétaires européennes notamment.

Mais quel intérêt économique pour la France ?

Ainsi donc, le Président Macron, a donné son feu vert pour la construction d’un pipeline d’hydrogène “vert” c’est-à-dire produit à partir d’électricité, par électrolyse.

Le projet de pipeline d’hydrogène entre Barcelone et Marseille, baptisé H2Med, devra être “parachevé d’ici 2030“, a annoncé ce vendredi à Alicante le président français.

Faisons un rapide calcul : 

On peut supposer qu’in fine, cetHhydrogène, produit à partir d’électricité, servira à refabriquer de l’électricité, qu’il s’agisse d’alimenter le réseau ou des moteurs électriques de voitures . Or le cycle Electricité > Hydrogène > Electricité a un rendement de l’ordre de 25%.

On peut se demander s’il ne vaudrait pas mieux transporter directement l’électricité de départ par des lignes haute-tension : on aurait sans doute un meilleur rendement pour beaucoup moins cher.

Mais ce n’est pas tout . Pour être qualifié de “vert”, cet hydrogène sera produit par électrolyse utilisant de l’électricité éolienne (ou peut-être photovoltaïque) : Une énergie “verte” est une énergie sans CO2, donc non contributive au verdissement . Or pour mémoire la végétation a besoin de CO2)

De plus cette électricité “verte” a elle-même un rendement de production statistique de l’ordre de 25%, compte tenu de son intermittence.

Autrement dit, le rendement global du cycle sera de 25% de 25%, soit 4%, entre la puissance intermittente installée en Espagne et l’énergie électrique fournie à l’utilisation en France.

Mieux vaudrait redémarrer Fessenheim, capable de fournir 90% de sa puissance installée


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