19/02/2022. Sommet Union européenne – Union africaine. Qu’en attendre ?

Les dirigeants de l’UE et de l’UA, ainsi que ceux de leurs États membres respectifs, se sont réunis deux jours à l’occasion du sixième sommet Union européenne Union africaine, qui s’est tenu à Bruxelles les 17 et 18 février 2022. Le compte rendu de ce sommet est accessible à l’adresse suivante https://www.consilium.europa.eu/media/54411/final-declaration-fr.pdf

On lit dans les premières pages de ce compte-rendu les dispositions suivantes (abrégé)

  1. Conscients des possibilités et des défis communs sans précédent et toujours plus nombreux, les dirigeants de l’UE et de l’UA adhèrent à une vision commune d’un partenariat renouvelé pour construire un avenir commun, en tant que partenaires et voisins les plus proches.
  2. Deux Unions, une vision commune. Nous sommes convenus que cette vision commune a pour objectif de consolider un partenariat renouvelé pour la solidarité, la sécurité, la paix, le développement économique durable et inscrit dans la durée et la prospérité pour nos citoyens et nos générations futures, en réunissant nos peuples, nos régions et nos organisations. Ce partenariat renouvelé sera fondé sur la situation géographique, la reconnaissance de l’histoire, les liens humains, le respect de la souveraineté, la responsabilité et le respect mutuels, les valeurs partagées, l’égalité entre les partenaires et des engagements réciproques. Il vise à être l’élément moteur de la promotion de nos priorités communes, des valeurs que nous partageons, du droit international ainsi que de la préservation conjointe de nos intérêts et biens publics communs. Cela comprend, entre autres, la sécurité et la prospérité de nos citoyens, la protection des droits de l’homme pour tous, l’égalité de genre ainsi que l’autonomisation des femmes dans tous les domaines de la vie, le respect des principes démocratiques, la bonne gouvernance et l’État de droit, les actions visant à préserver le climat, l’environnement et la biodiversité, la croissance économique durable et inclusive, la lutte contre les inégalités, le soutien aux droits de l’enfant et l’inclusion des femmes, des jeunes et des plus défavorisés. Nous reconnaissons l’importance de la sécurité alimentaire et de la nutrition et notons avec satisfaction que l’UA en a fait le thème de l’année 2021/2022.

Quels commentaires pourrions nous faire dans l’immédiat, à cette liste de bonnes intentions ?

1. La question fondamentale d’une lutte commune contre un islam de combat pratiquant non seulement le terrorisme mais des actions militaires contre les institutions et les gouvernements n’a pas été évoquée. L’annonce par la France de la mise en sommeil de l’opération Barkhane au Mali et plus largement au Sahel était certainement dans toutes les têtes mais n’a pas été évoquée. L’UE et l’UA vont elles proposer un ambitieux programme de coopération économique et politique en paraissant ignorer que les projets qui seront décidés seront à la merci d’attaques de groupes de djihadistes fortement armés bien implantés dans l’UA ? L’UE et l’UA vont nécessairement devoir montrer que si nécessaire elles déploieront des moyens de renseignement et des moyens militaires conjoints pour protéger ces projets et à terme leur bon fonctionnement.

  1. La Chine a déjà commencé à investir lourdement dans certains pays de l’UA. L’objectif est bien évidemment de s’y implanter. Ceci se fera-t-il sous la forme d’un néocolonialisme asiatique visant à se substituer à l’ancien colonialisme européen et accueilli à bras ouverts par les pays membres de l’UA ? Au contraire pourra-t-on espérer que des stratégies communes de développement pourront être mises en œuvre entre les trois continents.

3. Le sommet n’a apparemment pas évoqué deux points essentiels qui retiendront de plus en plus l’attention des scientifiques. Le premier est la constatation que compte tenu du réchauffement climatique, les milieux naturels africains seront de plus détruits par la désertification ou à l’inverse par des inondations incontrôlables. Le second est que les Etats africains devraient d’urgence lutter contre une natalité de plus de 7 enfants par femme que ces mêmes Etats, semble-il, encouragent pour favoriser des émigrations hors d’Afrique considérées comme des armes imparables.

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