24/03/2024 Défense européenne. Implications de la Commission européenne en accord avec les Etats-membres

La question de la défense européenne a pris ces derniers mois une grande actualité, compte tenu des déclarations répétées de certains responsables civils et militaires russes, selon lesquelles il devenait urgent de détruire l’Union européenne, y compris avec des moyens nucléaires tactiques. Vladimir Poutine a manifesté jusqu’ici plus de prudence, mais que fera-t-il à l’avenir ?

Depuis longtemps, c’est-à-dire depuis le Général De Gaulle, la France avait décidé de se donner une politique de défense autonome, avec les moyens militaires et industriels correspondants. Ce n’était pas le cas du reste de l’Europe, notamment de l’Allemagne. Les bases américaines en Europe du Nord devaient lui offrir une protection suffisante.

Mais aujourd’hui Donald Trump laisse entendre qu’il pourrait s’en retirer, afin de préparer de futurs conflits avec la Chine. L’Europe ne doit donc pas attendre d’éventuelles offensives russes, fussent-elle dans un premier temps limitées à la Baltique, pour préparer une politique de défense convenable.

JP Baquiast pour Europesolidaire

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Référence https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/qanda_25_790

La Commission et la haute représentante ont présenté ce jour un livre blanc pour une défense européenne — Préparation à l’horizon 2030.La Commission a également présenté, dans le cadre du plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030, un train de mesures ambitieux en matière de défense mettant à la disposition des États membres de l’UE des leviers financiers pour stimuler une montée en puissance des investissements dans les capacités de défense.

Tandis que le plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030 consolide les capacités de défense paneuropéennes grâce à de nouveaux moyens financiers, le livre blanc définit une nouvelle approche de la défense, tout en recensant les besoins d’investissement.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a fait la déclaration suivante: «L’ère des dividendes de la paix est révolue. L’architecture de sécurité sur laquelle nous nous sommes appuyés ne va plus de soi. L’Europe est prête à monter en puissance. Nous devons investir dans la défense, renforcer nos capacités et adopter une approche proactive en matière de sécurité. Nous prenons des mesures décisives et présentons une feuille de route pour la «Préparation à l’horizon 2030», qui prévoit un accroissement des dépenses en matière de défense et des investissements importants dans les capacités de l’industrie de défense européenne. Nous devons privilégier les achats européens parce que cela implique un renforcement de la base industrielle et technologique de défense européenne. Cela permet de stimuler l’innovation et, en outre, de créer un marché des équipements de défense à l’échelle de l’UE.»

Comme expliqué par la présidente von der Leyen dans les orientations politiques, ces dernières années ont mis en lumière le sous-investissement chronique et un manque de dépenses efficaces dans les capacités militaires de l’Europe. Afin de définir la nouvelle approche et de recenser les besoins d’investissement de l’Europe, la Commission et la haute représentante ont présenté un livre blanc pour une défense européenne — Préparation à l’horizon 2030.

Le livre blanc présente des solutions permettant de combler les lacunes en matière de capacités critiques et de créer une solide base industrielle de défense. Il propose des moyens permettant aux États membres d’investir massivement dans la défense, d’acquérir des systèmes de défense et de renforcer à long terme l’état de préparation de l’industrie européenne de la défense. Ces objectifs sont essentiels à la sécurité de l’Europe.  Celle-ci doit investir dans la sécurité et la défense du continent, tout en continuant à aider l’Ukraine à se défendre contre l’agression russe. Pour permettre de relever efficacement ces défis, le livre blanc met en avant plusieurs grandes lignes d’action:

  • – combler les lacunes en matière de capacités, l’accent étant mis sur les capacités critiques recensées par les États membres;
  • – soutenir l’industrie européenne de la défense par un regroupement de la demande et une augmentation de la passation ècollaborative de marchés publics;
  • – soutenir l’Ukraine par une assistance militaire accrue et une intégration plus poussée des industries européenne et ukrainienne de la défense;
  • – approfondir le marché de la défense à l’échelle de l’UE, notamment en simplifiant la réglementation;
  • – accélérer la transformation de la défense au moyen d’innovations de rupture telles que l’IA et la technologie quantique;
  • – faire en sorte que l’Europe soit mieux préparée aux scénarios les plus pessimistes, en améliorant la mobilité militaire, en constituant des stocks et en renforçant les frontières extérieures, notamment la frontière terrestre avec la Russie et la Biélorussie;
  • – renforcer le partenariat avec des pays du monde entier qui partagent les mêmes valeurs.

Plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030


Comme l’a déclaré la présidente von der Leyen, le plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030 permet de dépenser plus de 800 milliards d’euros, articulés autour des piliers suivants:

  1. Mobiliser le recours à des financements publics pour la défense au niveau national

La Commission a invité les États membres à activer la clause dérogatoire nationale du pacte de stabilité et de croissance, qui leur offrira une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire pour accroître leurs dépenses en matière de défense, dans le respect des règles budgétaires de l’UE.

Afin que la viabilité budgétaire soit préservée, les États membres devront limiter leurs écarts:

  • à l’augmentation des seules dépenses en matière de défense, en prenant pour point de départ la catégorie statistique «défense» dans la classification des fonctions des administrations publiques (CFAP); 
  • à une augmentation maximale de 1,5 % du PIB par année d’activation de la clause dérogatoire nationale;
  • pour une période de quatre ans. 
  1.  Un nouvel instrument spécifique intitulé «Agir pour la sécurité de l’Europe — SAFE»:

Compte tenu des circonstances exceptionnelles actuelles, la Commission lèvera jusqu’à 150 milliards d’euros sur les marchés de capitaux, en se fondant sur son approche de financement unifiée désormais bien établie, pour aider les États membres de l’UE à augmenter rapidement et sensiblement leurs investissements dans les capacités européennes de défense. Ces financements seront versés sur demande aux États membres intéressés, sur la base de leurs plans nationaux.


Les versements prendront la forme de prêts à longue échéance à prix compétitifs et à la structure attrayante que les États membres bénéficiaires devront rembourser. Ces prêts seront garantis par la marge de manœuvre du budget de l’UE. L’instrument SAFE permettra aux États membres d’amplifier immédiatement et massivement leurs investissements dans le domaine de la défense grâce à des acquisitions conjointes auprès de l’industrie européenne de la défense, en mettant l’accent sur les capacités prioritaires. Cela contribuera à assurer l’interopérabilité et la prévisibilité ainsi qu’à réduire les coûts, en vue d’une solide base industrielle de défense européenne. L’Ukraine et les pays de l’AELE/de l’EEE pourront participer aux acquisitions conjointes et se fournir auprès de leurs industries respectives.

SAFE permettra également aux pays en voie d’adhésion, aux pays candidats, aux candidats potentiels et aux pays ayant signé un partenariat de sécurité et de défense avec l’UE de participer à des acquisitions conjointes et de contribuer au regroupement de la demande. Ils pourront également négocier des accords spécifiques et mutuellement bénéfiques sur la participation de leurs industries respectives aux marchés correspondants.

  1. Mobiliser le groupe BEI et mobiliser des capitaux privés en accélérant le projet d’union de l’épargne et des investissements .Le plan «ReArm Europe»/Préparation à l’horizon 2030 compte également sur le groupe Banque européenne d’investissement pour élargir le champ d’application de ses prêts à des projets en matière de défense et de sécurité, tout en sauvegardant sa capacité de financement. En plus de débloquer des financements considérables, cela aura pour effet d’envoyer un signal positif aux marchés.

Enfin, les investissements publics ne suffiront pas à eux seuls pour répondre aux besoins de l’industrie de la défense en matière d’investissement, depuis les start-ups jusqu’aux entreprises établies. Pour ce faire, la stratégie de l’Union de l’épargne et des investissements, adoptée aujourd’hui par la Commission, permettra de mobiliser plus facilement l’épargne privée vers des marchés de capitaux plus efficients et de canaliser des investissements vers des secteurs critiques de l’économie, tels que la défense, pour ceux qui désirent y investir.

Ces financements seront versés sur demande aux États membres intéressés, sur la base de leurs plans nationaux.


Les versements prendront la forme de prêts à longue échéance à prix compétitifs et à la structure attrayante que les États membres bénéficiaires devront rembourser. Ces prêts seront garantis par la marge de manœuvre du budget de l’UE. L’instrument SAFE permettra aux États membres d’amplifier immédiatement et massivement leurs investissements dans le domaine de la défense grâce à des acquisitions conjointes auprès de l’industrie européenne de la défense, en mettant l’accent sur les capacités prioritaires. Cela contribuera à assurer l’interopérabilité et la prévisibilité ainsi qu’à réduire les coûts, en vue d’une solide base industrielle de défense européenne. L’Ukraine et les pays de l’AELE/de l’EEE pourront participer aux acquisitions conjointes et se fournir auprès de leurs industries respectives.

Questions et réponses sur le plan «ReArm Europe»/«Préparation à l’horizon 2030» 

Qu’est-ce que le plan «ReArm Europe»/«Préparation à l’horizon 2030»? 


Comme l’a annoncé la présidente von der Leyen, le plan «ReArm Europe»/«Préparation à l’horizon 2030» définit des moyens juridiques et financiers concrets pour soutenir les investissements des États membres dans le domaine de la défense. Il s’agit d’un train de mesures ambitieux en matière de défense, qui fournit des leviers financiers dont peuvent immédiatement disposer les États membres de l’UE pour augmenter rapidement et significativement les investissements dans le domaine de la défense et leurs capacités de défense. 

 Quels sont les principaux objectifs du plan «ReArm Europe»/«Préparation à l’horizon 2030»?  

Les piliers du plan «ReArm Europe»/«Préparation à l’horizon 2030» sont conçus pour utiliser tous les leviers immédiatement disponibles pour mobiliser jusqu’à 800 milliards d’euros pour des investissements dans le domaine de la défense, structurés autour des axes suivants: 

  • mobiliser le recours à des financements publics pour la défense au niveau national 
  • nouvel instrument spécifique intitulé «Agir pour la sécurité en Europe — SAFE» pour réaliser des investissements urgents et importants dans le domaine de la défense au moyen d’acquisitions conjointes  
  • mobiliser le groupe BEI et mobiliser des capitaux privés en accélérant le projet d’union de l’épargne et des investissements  

Qu’est-ce que l’initiative «Agir pour la sécurité en Europe — SAFE»? 

Le nouvel instrument financier de l’Union «Agir pour la sécurité en Europe — SAFE» vise à fournir aux États membres jusqu’à 150 milliards d’euros de prêts garantis par le budget de l’UE. Cela aidera les États membres à renforcer leurs capacités de défense au moyen d’acquisitions conjointes. 

Les acquisitions conjointes garantiront l’interopérabilité des forces armées des États membres et la prévisibilité pour l’industrie européenne de la défense, réduiront les coûts et créeront les conditions d’échelle nécessaires pour renforcer la base industrielle de défense européenne. Il s’agit d’un élément clé pour la compétitivité et la préparation de l’industrie de la défense européenne.  

Pourquoi la Commission a-t-elle décidé de recourir à des prêts?  

L’instrument proposé est mis en place pour offrir aux États membres des conditions de financement avantageuses, en tirant parti de la solidité du crédit de l’UE et de son accès au marché. Cela permettra d’apporter une réponse rapide aux besoins actuels en matière de défense. 

Le montant de 150 milliards d’euros pourrait-il être augmenté s’il le fallait?  

À l’instar de tous les autres programmes de soutien financier, le montant maximal des prêts à octroyer aux États membres de l’UE au titre du nouvel instrument sera fixé dans le règlement établissant le nouveau programme.   

Pourquoi les prêts garantis par le budget de l’UE sont-ils plus attrayants que ceux des États membres? 

Le nouvel instrument permettra des prêts à longue échéance (d’une durée maximale de 45 ans avec un délai de grâce de 10 ans pour les remboursements de principal) à prix compétitifs et à la structure attrayante. Ils seront financés par des emprunts de l’UE, ce qui en fera souvent une source de financement des investissements publics plus efficace au regard des coûts que les emprunts nationaux.  

Les prêts bénéficieront de conditions de financement avantageuses, en raison de la notation de crédit élevée dont jouit l’UE, de la liquidité élevée des obligations de l’UE et de la forte demande du marché pour les émissions de l’UE. 

De quelle manière les États membres demanderont-ils des prêts et auront-ils accès aux fonds?  

L’allocation de l’enveloppe de 150 milliards d’euros aux États membres sera fondée sur la demande. Il n’y aura pas de clés de répartition. Les États membres souhaitant recevoir des prêts devront soumettre à la Commission un plan d’investissement pour l’industrie européenne de la défense. Le plan devra inclure une description des activités, des dépenses et des mesures pour lesquelles l’État membre demande un prêt, ainsi que des produits de défense qu’il entend acquérir et, le cas échéant, la description de la participation prévue de l’Ukraine aux activités prévues. 

 La Commission évaluera les plans, qui incluront le montant du prêt et du préfinancement. Le préfinancement garantira que l’aide sera versée dès 2025, couvrant les besoins les plus urgents, et représentera jusqu’à 15 % du prêt. 

De manière générale, les États membres mettront en œuvre les plans au moyen d’acquisitions conjointes qui incluront au moins deux États membres (ou au moins un État membre et l’Ukraine, ou un État membre et un pays de l’AELE/EEE) et concerneront des produits et des prestataires de services établis sur le territoire de l’Union, de l’Ukraine et des pays de l’AELE/EEE. À titre de dérogation transitoire, les États membres peuvent recourir au prêt pour la passation au niveau national de marchés publics pour des capacités prioritaires pour autant qu’ils soient ouverts à d’autres pays et que toutes les mesures nécessaires soient prises pour étendre le bénéfice de ces marchés à d’autres pays. 

Les États membres devront rendre compte tous les six mois de l’état d’avancement de la mise en œuvre, ce qui sera également le moment où ils pourront introduire des demandes de paiement. L’approbation des décaissements est possible jusqu’au 31 décembre 2030.  

Comment le prêt est-il garanti? 

Les obligations de l’UE émises pour financer les prêts seront garanties par la marge de manœuvre du budget de l’UE sous le plafond des ressources propres de 1,4 % du RNB de l’UE. 

La marge de manœuvre est la différence entre le plafond des ressources propres de 1,4 % du RNB de l’UE (c’est-à-dire le montant maximal de ressources que la Commission peut demander aux États membres au cours d’une année donnée) et les recettes nécessaires au financement du budget annuel de l’UE. 

Dans quels délais la Commission peut-elle lever les fonds nécessaires?  

La Commission lèvera ces fonds dans le cadre de son approche unifiée en matière de financement, par l’émission sous une appellation unique d’«obligations de l’UE» et de «titres de créance à court terme de l’UE», et en allouant le produit à des programmes d’action financés par les émissions.  L’approche unifiée en matière de financement donne à la Commission la souplesse nécessaire pour utiliser des financements à court et à long terme sur l’ensemble de la courbe de rendement pour lever les fonds au bon moment. Grâce à ces émissions souveraines, la Commission est en mesure de planifier, d’exécuter et d’assurer la communication à propos de toutes les émissions de manière souple et cohérente.  

Les décaissements au titre du programme dépendront des besoins des États membres, la date du 31 décembre 2030 constituant la date limite d’approbation des derniers décaissements de prêts. Les montants demandés seront donc intégrés sans heurts dans la planification des financements de l’UE, parallèlement aux besoins existants (par exemple, le financement de NextGenerationEU et le soutien à l’Ukraine), ce qui permettra à la Commission de répondre aux besoins de décaissement au fur et à mesure de leur apparition.   

Quels sont les domaines soutenus par les prêts? 

Les prêts peuvent soutenir l’acquisition conjointe de produits de défense, dont des capacités de fabrication et de préparation des infrastructures. L’accent sera mis sur sept domaines d’investissement, conformément aux priorités les plus urgentes en matière de capacités recensées au niveau de l’UE (et en cohérence avec le processus de planification de la défense de l’OTAN): 

  • la défense aérienne et antimissile; 
  • les systèmes d’artillerie; 
  • les missiles et les munitions; 
  • les drones et les systèmes antidrone; 
  • les capacités de soutien stratégique et la protection des infrastructures critiques, y compris en lien avec le domaine spatial; 
  • la mobilité militaire; 
  • le cyber, l’intelligence artificielle et la guerre électronique. 

Comment fonctionnera ce système d’acquisitions conjointes?  

Les prêts permettront la synchronisation budgétaire nécessaire pour passer des commandes conjointes, au moyen d’acquisitions conjointes avec au moins deux pays partenaires. Les États membres sont libres de décider de leur stratégie d’acquisition, qui peut passer par le recours à des agents chargés de la passation de marchés pour leurs projets d’acquisitions.  

L’instrument permettra de renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne en garantissant que les commandes soient passées auprès d’entreprises établies et ayant leur siège dans l’Union (et dans certains pays partenaires). En outre, certaines conditions de sécurité spécifiques à la défense doivent être remplies.  

À titre de dérogation transitoire, les États membres peuvent recourir au prêt pour la passation au niveau national de marchés publics pour des capacités prioritaires pour autant qu’ils soient ouverts à d’autres pays et que toutes les mesures nécessaires soient prises pour étendre le bénéfice de ces marchés à d’autres pays. 

Les pays tiers sont-ils autorisés à participer?  

Les pays de l’EEE/AELE et l’Ukraine peuvent participer aux acquisitions conjointes, mais ils ne pourront pas bénéficier des prêts. En outre, les acquisitions conjointes peuvent inclure: les pays en voie d’adhésion, les pays candidats, les candidats potentiels et d’autres pays tiers avec lesquels l’Union est entrée dans un partenariat de sécurité et de défense. 

Existera-t-il une clause «Acheter européen» pour les dépenses? Les États membres pourront-ils utiliser les prêts pour acheter des produits qui ne sont pas fabriqués en Europe? 

Les États membres devront acheter des produits admissibles auprès d’entités établies dans l’UE, l’EEE/AELE et l’Ukraine et y ayant leur siège. 

Pour les consommables de guerre (produits non complexes), les États membres devront veiller à ce que les composants représentant 65 % des coûts du produit final proviennent des pays de l’Union/de l’AELE/EEE/de l’Ukraine. 

Pour les systèmes complexes, la même règle s’appliquera, combinée à la nécessité pour les États membres de veiller à ce que les contractants contrôlent pleinement la conception des équipements de défense. L’objectif est de ne pas créer de nouvelles dépendances pour des systèmes complexes. 

Quel est l’effet du nouvel instrument sur le plan de financement de la Commission pour le reste du premier semestre 2025? Qu’en sera-t-il pour les prochains semestres de financement? 

La planification des financements de la Commission pour le premier semestre de 2025 (90 milliards d’euros de financement à long terme) ne change pas. Au-delà de ce premier semestre 2025, les montants destinés au nouveau programme seront intégrés dans la planification des financements de la Commission pour tous les programmes de l’UE.   

La Commission pourra répondre aux besoins de décaissement pour soutenir le nouveau programme avec la flexibilité offerte par son approche unifiée en matière de financement. Cela limitera les modifications apportées au calendrier envisagé pour l’émission d’obligations en 2025 et en 2026.  

La Commission va-t-elle émettre des obligations «Défense»?   

Non, la Commission n’émettra pas d’obligations portant spécifiquement le label «Défense». Le financement du nouveau programme sera assuré dans le cadre de l’approche de financement unifiée de la Commission, faisant appel à des émissions conventionnelles d’obligations et de titres de créance de l’UE pour soutenir une série de programmes de la manière convenue par les États membres. 

Quelle est la base juridique du nouvel instrument financier de l’UE? 

Ce nouvel instrument de l’UE sera établi en vertu de l’article 122 du TFUE, accordant aux États membres des prêts garantis par le budget de l’UE. 

  • De nombreuses crises vécues au cours du mandat 2019-2024 ont également nécessité des réponses exceptionnelles au titre de l’article 122 du TFUE. Cela a permis à l’Union de réagir rapidement aux problèmes que nous avons rencontrés, comme pour l’achat conjoint de vaccins contre la COVID-19 et de gaz ou pour la composante «prêts» de l’instrument SURE, entre autres. 
  • Ces prêts sont-ils contraires à l’article 41 du traité UE, qui exclut que les «dépenses afférentes à des opérations ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense» soient à la charge du budget de l’Union? 

Le nouvel instrument permettra aux États membres de bénéficier de prêts afin de renforcer l’industrie européenne de la défense. Les prêts ne serviront pas à la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) et ne constitueront pas des dépenses découlant d’opérations PESC afférentes à des opérations ayant des implications militaires ou dans le domaine de la défense au sens de l’article 41, paragraphe 2, du traité UE. Les prêts sont accordés sur la base de l’article 122 du TFUE, en tant qu’assistance financière aux États membres qui connaissent une menace de graves difficultés, en raison d’événements exceptionnels liés à la situation géopolitique. 

Il n’y a aucune contradiction entre l’émission d’obligations conventionnelles de l’UE pour financer les dépenses des États membres (y compris les dépenses de défense) et l’émission d’obligations vertes NextGenerationEU spécifiques. Les émetteurs souverains financent divers besoins de dépenses — y compris pour la transition climatique et la défense — par l’intermédiaire de leurs programmes de financement sur les marchés des capitaux.  

Ce qui importe le plus pour les investisseurs, c’est d’avoir la garantie que le produit des obligations vertes NextGenerationEU est exclusivement utilisé à des fins convenues liées à la transition climatique. La Commission peut le faire parce qu’il existe un ensemble sous-jacent de dépenses vertes liées à ces obligations vertes, ce qui lui permet de faire correspondre l’émission d’obligations vertes NextGenerationEU avec des dépenses liquidées liées à la transition climatique. 

Les émissions d’obligations vertes NextGenerationEU continueront conformément aux dépenses vertes déclarées par les États membres dans le cadre du programme NextGenerationEU bien établi. Il s’agira toujours d’inclure les investisseurs recevant une allocation annuelle et d’établir des rapports d’impact sur l’utilisation du produit des obligations vertes NextGenerationEU utilisé pour financer les dépenses liées à la transition climatique dans le cadre des plans nationaux de relance des États membres.  

Clause dérogatoire nationale – Qu’est-ce que la clause dérogatoire nationale et quelle est la base juridique de sa création? 

La clause dérogatoire nationale permet à un État membre de s’écarter de sa trajectoire des dépenses nettes fixée par le Conseil dans le cadre de son plan budgétaire et structurel à moyen terme, en cas de circonstances exceptionnelles échappant au contrôle des autorités de l’État membre et ayant une incidence majeure sur ses finances publiques. Un tel écart ne doit pas mettre en péril la viabilité budgétaire à moyen terme. 

La base juridique pour l’activation de la clause dérogatoire nationale est l’article 26 du règlement relatif au volet préventif, qui fait partie du nouveau cadre de gouvernance économique.  

En quoi la clause dérogatoire nationale diffère-t-elle de la clause dérogatoire générale? 

La clause dérogatoire nationale diffère de la clause dérogatoire générale pour deux raisons principales.  

  1. Premièrement, la clause dérogatoire générale est liée à l’existence d’une grave récession économique dans la zone euro ou dans l’ensemble de l’Union, tandis que la clause dérogatoire nationale vise à faire face à des circonstances exceptionnelles au niveau des États membres.  
  2. Deuxièmement, la clause dérogatoire générale s’applique à l’ensemble de l’Union, tandis que la clause dérogatoire nationale s’applique aux différents États membres sur la base de leur demande.  

En l’espèce, et compte tenu de l’ampleur du défi pour la sécurité européenne, la Commission invite les États membres à coordonner, dans la mesure du possible, leurs demandes de déclenchement de la clause dérogatoire nationale.  

Quelles sont les conditions d’activation de la clause dérogatoire nationale? 

D’une manière générale, pour l’activation de la clause dérogatoire nationale, trois conditions doivent être remplies:  

  1. il existe des circonstances exceptionnelles échappant au contrôle de l’État membre; 
  2. ces circonstances exceptionnelles ont une incidence majeure sur les finances publiques de l’État membre concerné; 
  3. l’écart au titre de la clause dérogatoire nationale ne met pas en péril la viabilité budgétaire à moyen terme. 

La Commission doit évaluer si les trois conditions d’activation de la clause dérogatoire nationale sont remplies pour chaque État membre qui demande son activation. 

Quelle est la procédure d’activation de la clause dérogatoire nationale? 

La procédure débute lorsqu’un État membre demande l’activation de la clause dérogatoire nationale. À ce moment, la Commission évalue si les trois conditions susmentionnées pour l’activation de la clause dérogatoire nationale sont remplies. Sur la base de cette analyse, la Commission recommande au Conseil d’activer de la clause dérogatoire nationale. 

Le Conseil peut alors, dans un délai de quatre semaines à compter de la recommandation de la Commission, adopter une recommandation portant activation de la clause dérogatoire nationale. 

Cette décision est prise à la majorité qualifiée. 

Le Conseil devra également fixer une date limite pour l’activation de la clause dérogatoire nationale. À l’issue de cette période, le Conseil peut décider de prolonger la période d’application de la clause dérogatoire nationale à la demande de l’État membre concerné, pour autant que les circonstances exceptionnelles persistent. Une prolongation aura pour effet de couvrir une période supplémentaire pouvant aller jusqu’à un an, et pourra être accordée plus d’une fois. 

Quand les États membres peuvent-ils activer la clause dérogatoire nationale? 

Dès qu’un État membre demandera l’activation de la clause dérogatoire nationale, ce qu’il est libre de faire à tout moment, la Commission pourra procéder rapidement à l’évaluation décrite plus haut et adresser une recommandation au Conseil.  

Le Conseil se prononcera, dans un délai de quatre semaines à compter de la recommandation de la Commission, sur l’adoption d’une recommandation portant activation de la clause dérogatoire nationale.  

Que veut dire la Commission lorsqu’elle propose d’activer la clause dérogatoire nationale «de manière coordonnée»? 

L’activation de la clause dérogatoire nationale ne peut être déclenchée qu’à la demande d’un État membre. En l’espèce, et compte tenu de l’ampleur des défis auxquels est confrontée l’UE dans son ensemble, la Commission envoie d’emblée un signal aux États membres pour les inviter à activer la clause dérogatoire nationale de manière temporaire, contrôlée, ciblée et coordonnée. 

Compte tenu des défis auxquels l’Europe est confrontée en matière de sécurité, la Commission invite les États membres à recourir à cette possibilité pour augmenter leurs dépenses de défense, renforcer considérablement les capacités de défense de l’UE et accroître les investissements dans l’industrie de la défense, ce qui peut également avoir pour effet de renforcer la compétitivité de l’Europe et stimuler la création d’emplois. 

Une fois les demandes reçues, la Commission évaluera formellement si les trois conditions d’activation de la clause dérogatoire nationale sont remplies pour chaque État membre.  

Comment parvenir à la marge de manœuvre budgétaire de 650 milliards d’euros annoncée par la présidente grâce à l’activation de la clause dérogatoire nationale? 

La marge de manœuvre budgétaire de 650 milliards d’euros est une estimation. L’hypothèse de départ est que tous les États membres de l’UE augmentent progressivement et régulièrement leurs dépenses de défense, pour atteindre le maximum de 1,5 % du PIB d’ici la fin de la période de quatre ans d’activation de la clause dérogatoire nationale. 

Si les États membres augmentent plus rapidement leurs dépenses de défense, le montant total pourrait dépasser les 650 milliards d’euros. Cela peut notamment être le cas pour les États membres ayant recours aux prêts SAFE, en raison de leurs conditions de financement attrayantes. 

Quel est le calendrier pour l’application de la clause dérogatoire nationale? 

La flexibilité prévue au titre de la clause dérogatoire nationale pour les dépenses de défense sera autorisée pour quatre ans à compter de 2025. Les augmentations des dépenses de défense seront calculées par rapport au niveau des dépenses de défense en 2021. 

Les États membres devront se préparer à maintenir un niveau de dépenses structurellement plus élevé à l’issue de cette période de quatre ans, en rééchelonnant progressivement les priorités dans leurs budgets nationaux, afin de préserver la viabilité budgétaire.   

L’augmentation des dépenses de défense dans le cadre de la clause dérogatoire nationale met-elle en péril la soutenabilité de la dette? 

Le plafond de 1,5 % du PIB fixé pour la flexibilité offerte par l’activation de la clause dérogatoire nationale vise à garantir la viabilité budgétaire. Il s’agit de l’une des conditions d’activation de la clause dérogatoire nationale et ce sera un des éléments de l’évaluation réalisée par la Commission des demandes des États membres. L’évaluation sera effectuée pour chaque État membre.  La Commission suivra de près la mise en œuvre de la clause dérogatoire nationale afin de garantir que la viabilité budgétaire à moyen terme est préservée.  

Quelles sont les dépenses considérées comme des dépenses de défense dans le cadre de la clause dérogatoire nationale?  

La flexibilité au titre de la clause dérogatoire nationale couvrira l’augmentation des dépenses totales de défense, en ce compris les dépenses d’investissement et les dépenses courantes. Cela s’appuiera sur l’ensemble de la catégorie statistique de la «Défense» dans la classification des fonctions des pouvoirs publics (CFAP), tout en tenant compte de la définition de l’OTAN.  

La catégorie «Défense» de la CFAP comprend l’achat d’équipements et d’infrastructures militaires, les biens et services à double usage lorsqu’ils sont utilisés par les forces armées, les dépenses relatives au personnel militaire et à sa formation, ainsi que l’aide militaire à l’Ukraine. 

Les dépenses financées par des prêts provenant du nouvel instrument SAFE bénéficieront automatiquement de cette flexibilité.  

Les données de la CFAP sont fondées sur les principes des comptes nationaux et sont donc cohérentes par rapport aux autres données statistiques utilisées dans le cadre de la surveillance économique et budgétaire (notamment le déficit et les dépenses publics).  

Ces données sont recueillies par Eurostat. Les États membres devront également inclure dans leurs rapports à Eurostat les dépenses effectuées au titre de l’instrument SAFE. Eurostat continuera de coopérer avec les autorités statistiques nationales afin de garantir la disponibilité des données nécessaires. 

Les prêts émis au titre de l’instrument SAFE bénéficieront-ils de la clause dérogatoire nationale? Comment vont-ils peser sur les niveaux de la dette publique? 

Les dépenses financées par des prêts provenant du nouvel instrument SAFE bénéficieront automatiquement de cette flexibilité.  

Ces prêts augmenteront le niveau de la dette publique, mais ils permettront généralement de réaliser des économies sur les intérêts en raison de la notation de crédit très favorable dont jouit l’Union par rapport à des situations dans lesquelles les États membres devraient assurer un financement individuel sur les marchés.  

23/03/2025 Le syndrome du langage étranger

Cet adolescent néerlandais se souviendra toute sa vie de son opération du genou. En se réveillant de son anesthésie générale, le patient de 17 ans ne parlait plus sa langue maternelle… Il ne la comprenait pas, ne la parlait pas, et n’était capable de s’exprimer qu’en anglais –teinté toutefois d’un fort accent néerlandais. Simple délire épisodique ou véritable trouble du langage? Quoi qu’il en soit, son cas est inédit.

Le rapport médical du lycéen a été publié en janvier 2022 dans le Journal of Medical Case Reports. Il raconte que l’adolescent a été hospitalisé pour une opération du genou suite à une blessure subie lors d’un match de football. Après s’être réveillé de son anesthésie, il avait adopté un comportement étrange. En plus de ne plus parler sa langue natale, le jeune Néerlandais a affirmé à plusieurs reprises être persuadé de se trouver aux États-Unis. Pire encore, il ne reconnaissait plus ses parents.

En premier lieu, la réaction du patient à son réveil n’a pas inquiété le corps médical outre mesure. Sa situation relevait sans doute d’un délire d’émergence, un état de grande confusion qui peut succéder à une anesthésie générale. Après plusieurs heures sans évolution, et le néerlandais ne revenant pas naturellement au patient, une consultation psychiatrique a été demandée.

L’examen de l’adolescent a eu lieu dix-huit heures après son opération. Les docteurs décrivent son attitude dans le rapport médical, affirmant qu’il était détendu, attentif et ouvert à la communication. Détendu certes, mais en anglais.

Lost in another language: a case report

Journal of Medical Case Reports volume 16, Article number: 25 (2022)

Abstract
Background

In foreign language syndrome, patients switch from their native language and fixate for a period of time on a second language. There have been few reported cases. The language switch typically occurs postoperatively and spontaneously resolves after a short period of time. The primary cause of this switching remains unclear. There is speculation about the involvement of anesthesia, but its specific influence remains unclear.

Case presentation

A 17-year-old Dutch Caucasian male lost the ability to understand and speak Dutch for 24 hours after an orthopedic surgery, combined with a brief confused state including disorientation of place and the inability to recognize his parents. During the period, he communicated in English, which he had learned during school classes but had never spoken outside of school. Further follow-up, including neuropsychological examination, revealed no indication of cognitive impairment.

Conclusions

The exact pathophysiology of foreign language syndrome remains unclear, most specifically whether it is a syndrome of its own or a phenotype of emergence delirium. There is still much to be learned, and further research is needed.

23/03/2025 La séquestration du gaz carbonique (CO2)




Le stockage à grande profondeur du gaz carbonique (CO2), le principal gaz à effet de serre, pourrait permettre non seulement de combattre le réchauffement planétaire, mais aussi de prolonger l’exploitation du pétrole de la mer du Nord.

La séquestration géologique du CO2 est une des solutions pour réduire les émissions de CO2 industriel. Le principe consiste à capter le CO2 à son point d’émission (centrale électrique, cimenteries, aciérie …), de le concentrer et le transporter vers un site géologique adéquat pour son stockage.

Pour cela, des technologies pour capturer et stocker le CO2 sont déjà disponibles. La séquestration géologique est a priori adaptée aux sources importantes de CO2 qui représentent environ un tiers des émissions en France. Ce mode de séquestration est complémentaire de la séquestration biologique qui est adaptée aux sources d’émissions diffuses (transports, habitat…).

Les réalisations industrielles de séquestration de CO2 sont à l’heure actuelle très peu nombreuses, quelques projets apparaissant aujourd’hui en liaison avec la production d’hydrocarbures.

C’est le cas de celui du gouvernement néerlandais, qui a retenu à cet effet un projet de Gaz de France (Projet ORC : Offshore Re Injection of CO2), présenté récemment à l’occasion du démarrage en avril de sa phase pilote.

Le projet de Gaz de France s’inscrit dans une démarche d’étude effectuée par le gouvernement des Pays Bas sur la problématique du CO2 dans le pays et baptisée CRUST (CO2 Re-use through Underground STorage).

L’idée est de faire un inventaire des sites de séquestration possibles, d’étudier les aspects légaux et environnementaux et les possibilités de réutilisation du CO2. Un budget de 13,6 millions d’€ a été alloué par le gouvernement néerlandais pour le démarrage du projet en 2001.

Le projet vise à utiliser une plate-forme de Gaz de France Production Nederland (Proned) pour séquestrer du gaz carbonique par 3500 à 4000 m de profondeur. Le gisement K12B contenait à l’origine 14 milliards de m3 de gaz naturel avec uneteneur en CO2 de l’ordre de 13 %.

Exploité depuis 1987 le gisement de gaz est presque épuisé aujourd’hui. Le gaz produit est traité sur la plate-forme de production et le CO2 extrait du gaz naturel est rejeté dans l’atmosphère.

23/05/2025 Explosion d’une étoile massive « avalée » par un trou noir

Un objet qui ressemblaiit à une supernova mais des millions de fois plus lumineuse vient d’être observé. Nommé AT2022aedm, il a eu la particularité de s’évanouir sans laisser de traces quelques instants après être apparu.

Les astronomes suggèrent qu’il pourrait s’agir d’un trou noir de taille moyenne « avalant » une étoile.

https://www.space.com/1st-of-its-kind-explosion-luminous-fast-cooler-black-hole-star-destroyer

Réarmement ? Acheter français

Que la France doive s’armer ou réarmer face à une menace militaire étrangère présentée comme grandissante n’a pas à être discuté ici. C’est aux experts mlitaires de le dire, et en dernier ressort, au Président de la république de le décider.

Mais se réarmer ne doit pas vouloir dire acheter américain. Dans le plus grand nombre des cas, les industriels et les chantiers français peuvent proposer des solutions techniquement plus efficaces et au même prix, sinon moindre, que leurs concurrents américains. Certes ceux peuvent produire en grande quantité, ce qui apporte des économies d’échelle. Mais en font-ils profiter leurs clients c’est à dire les administrations militaires qui s’approvisionnent auprès d’eux ?

C’est aux gouvernements acheteurs de faire en sorte que leurs fournisseurs leur assure un juste prix, en leur évitant notamment les dépenses techniquement inutiles. Si l’on prend l’exemple français, le porte-avions Charles de Gaulle est aussi adapté aux besoins de la défense du pays que le serait le monstrueux USS Gerald R. Ford américain. Long de 333 mètres, celui-ci pèse 112 000 tonnes et peut contenir jusqu’à 80 avions (11 mars 2025).

Dans le domaine des avions de combat l’on vient d’apprendre que Donald Trump a annoncé la signature d’un contrat avec Boeing pour la fabrication du F-47, destiné à remplacer les F-22 dans l’US Air Force. Selon lui, « rien au monde ne peut rivaliser » avec cet appareil. Le F-47 fait partie du programme NGAD visant à développer un système de guerre en réseau avec des avions de 6e génération et des drones autonomes, en réponse aux avancées technologiques de la Chine et de la Russie dans le domaine aérien.

Ce contrat représente une opportunité importante pour Boeing, qui traverse une période difficile. Il pourrait coûter entre 80 et 300 millions de dollars par appareil, le programme total se chiffrant en dizaines de milliards de dollars.

Nous aimerions savoir pour notre part quel sera le coût du programme analogue confié au français Dassault Aviation, producteur du Rafale. Au cœur de cette future version du Rafale, qui volera jusque dans les années 2060, «l’essor de la connectivité». L’appareil interagira notamment avec des capteurs et des drones accompagnateurs, au sol, en vol et dans l’espace.

Pour sa mission de frappe nucléaire, le Rafale F5 sera équipé de l’ASN4G, le futur missile nucléaire hypersonique français qui doit entrer en service en 2035. Pour le ministre, ces projets concourent à la «crédibilité technologique» de la dissuasion française.

21/03/2025 Détruire les grands Etats européens est-il devenu une priorité pour le Kremlin ?

Vladimir Poutine n’affiche pas clairement un tel objectif. Mais ses conseillers militaires ne s’en privent pas. Ansi les médias russes ne cessent de vanter la force nucléaire du Kremlin.

Sur la chaîne de télévision publique Rossiya 1, où la présentatrice Olga Skabeïeva défend avec force «l’opération spéciale» lancée par Vladimir Poutine en Ukraine, certains esprits fantasment ouvertement concernant le déclenchement de l’arme absolue.

Sans aller jusque là, un invité de l’émission de débat politique 60 minutes – la plus regardée de Russie – a commenté jeudi dernier avec enthousiasme l’éventualité d’utiliser contre l’Europe les nouveaux missiles Sarmat depuis l’enclave de Kaliningrad.

Aussi bien est-il possible d’envisager que dans les prochains mois l’armée russe conduise des offensives associant blindés et aviation, mais sans recours au nucléaire même de basse intensité, contre Berlin, Paris et Rome. Londres serait momentanément épargné compte tenu de la difficultés de traverser la Manche.

Les « experts » qui foisonnent sur les plateaux de télévision occidentaux diront que les forces conventionnelles russes sont dans un tel état de délabrement que de telles opérations leur seraient impossibles. Mais il ne faut jamais sous estimer l’adversaire https://fr.pinterest.com/pin/721842646509565908/

En fait, tout dépendrait de la réaction américaine. Selon le US Department of Defense, le total des bases américaines en Europe est de 37, y compris le SHAPE, quartier-général des forces alliées en Europe, basé à Mons en Belgique.

Mais aujourd’hui les relations entre Vladimir Poutine et Donald Trump sont devenues si bonnes que les Russes pourraient avoir les mains libres pour se débarrasser des intérêts européens.

Voir
Après l’Ukraine, la Russie prépare la guerre d’Europe
https://legrandcontinent.eu/fr/2025/02/24/poutine-prepare-la-guerre-deurope/

20/03/2025 Les pulsations mystérieuses d’un trou noir.

En 2018 un trou noir supermassif intitulé 1 1827+654ES surprit les astronomes. De relativement inactif, il se transforma en une étoile extrêmement brillante . C’était la première fois que ce phénomène était observé. Il recommença à diminuer par la suite. Mais aujourd’hui, l’équipe du MIT qui avait constaté ce fait ne l’a toujours pas retrouvé en son état initial.

Des oscillations de ce type sont rares concernant les trous noirs, surtout avec cette intensité. De plus l’équipe constata par la suite que le trou noir émettait des rayons X sur un rythme régulier. En 2022, elle observa que ces radiations X fluctuaient de 10%. En 2024 le rythme était retombé à 7,1 minutes.

Voir l’article dont on trouvera ci-dessous les références et le résumé

Un tel phénomène n’avait jamais été observé à ce rythme. Il peut impliquer que des phénomènes physiques non encore étudiés se produisent près de l’horizon des évènements des trous noirs En astrophysique, l’horizon d’un trou noir, ou l’horizon des évènements (event horizon ), représente la frontière d’un trou noir à partir de laquelle la vitesse de libération atteint celle de la lumière. Selon le type de trou noir concerné, la taille et la forme de l’horizon seraient variables.

LISA (Laser interferometer space antenna) qui devrait être mies en orbite en 2030, devrait pouvoir apporter des réponses à cette question

Référence

Submitted on 3 Jan 2025]

Millihertz Oscillations Near the Innermost Orbit of a Supermassive Black Hole

Recent discoveries from time-domain surveys are defying our expectations for how matter accretes onto supermassive black holes (SMBHs). The increased rate of short-timescale, repetitive events around SMBHs, including the newly-discovered quasi-periodic eruptions (QPMegan MastersonEs), are garnering further interest in stellar-mass companions around SMBHs and the progenitors to mHz frequency gravitational wave events. Here we report the discovery of a highly significant mHz Quasi-Periodic Oscillation (QPO) in an actively accreting SMBH, 1ES 1927+654, which underwent a major optical, UV, and X-ray outburst beginning in 2018. The QPO was first detected in 2022 with a roughly 18-minute period, corresponding to coherent motion on scales of less than 10 gravitational radii, much closer to the SMBH than typical QPEs. The period decreased to 7.1 minutes over two years with a decelerating period evolution (P¨>0). This evolution has never been seen in SMBH QPOs or high-frequency QPOs in stellar mass black holes. Models invoking orbital decay of a stellar-mass companion struggle to explain the period evolution without stable mass transfer to offset angular momentum losses, while the lack of a direct analog to stellar mass black hole QPOs means that many instability models cannot explain all of the observed properties of the QPO in 1ES 1927+654. Future X-ray monitoring will test these models, and if it is a stellar-mass orbiter, the Laser Interferometer Space Antenna (LISA) should detect its low-frequency gravitational wave emission.

(or arXiv:2501.01581v1 [astro-ph.HE] for this version)
https://doi.org/10.48550/arXiv.2501.01581

20/03/2025. Sur les traces des dinosaures. Une nouvelle découverte

Une nouvelle espèce de dinosaure a été découverte en Normandie. « Caletodraco cottardi » est un grand carnivore qui vivait il y a 100 millions d’années sur le massif armoricain. Son squelette a été retrouvé dans les falaises de craie de Saint-Jouin-Bruneval, en Seine-Maritime.

C’est une découverte extrêmement rare. En 2021 puis 2023, le paléontologue amateur normand Nicolas Cottard a trouvé deux parties de squelette de dinosaure au pied des falaises de Saint-Jouin-Bruneval, sur la côte d’Albâtre entre Étretat et Le Havre. Il s’agit apparemment d’une nouvelle espèce de carnivore, lointain cousin du Tyrannosaure Rex,

« Caletodraco cottardi » mesurait six mètres et a vécu il y a 100 millions d’années quand la Seine-Maritime était encore sous l’eau, c’est le premier grand dinosaure carnivore de ce typer trouvé sur le continent européen. En août 2024, cette découverte a fait l’objet d’une publication dans la revue scientifique Fossil Studies, par le paléontologue du CNRS Éric Buffetaut.

Cette découverte n’est pas le fruit du hasard, mais des recherches sérieuses et acharnées d’un paléontologue amateur, Nicolas Cottard. En 2021, il découvre la première partie du fossile, dans la falaise de craie de Saint-Jouin-Bruneval, et la suite dans un autre bloc en 2023 : des vertèbres de la queue de l’animal, des os du bassin, ainsi qu’une dent.

C’est un paléontologue amateur très compétent, salue Éric Buffetaut, directeur de recherche émérite en paléontologie au CNRS, à qui les blocs ont été transmis pour étude. Un an après la dernière découverte, en août 2024, Éric Buffetaut a partagé cette découverte dans la revue scientifique Fossil Studies.

« Caletodraco cottardi » était un grand carnivore de six mètres de long, de la famille des Abelisauridés, et plus précisément des Furileusaures ( « lézards à dos raide »), qui sont reconnaissables à leur vertèbres soudées. « Il avait une longue queue et de petits bras, décrit Éric Buffetaut. Comme un Tyrannosaure, ils sont de lointains cousins, sauf que le Caletodraco vivait au Sud, en Amérique du Sud, en Afrique et en Europe, et le T.Rex en Amérique du Nord et en Asie Centrale. Ils ne se sont jamais croisés, alors qu’ils vivaient à la même époque »

Soit il y a un peu moins de 100 millions d’années, au Cénomanien, qui est le premier étage du Crétacé supérieur. Ce qui fait dire au paléontologue que le dinosaure ne vivait pas en Seine-Maritime, car à l’époque, la majorité de la Normandie était sous l’eau, les falaises de la côte d’Albâtre ne sont sorties de terre qu’il y a 100.000 ans.

https://www.mdpi.com/2813-6284/2/3/9

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Pour en savoir plus, voir

Sur les traces du nouveau T. rex: 35 découvertes scientifiques récentes racontent une autre histoire des dinosaures

Thierry Olivaux, Annapaola Del Nevo

  • 09/10/2023

Saviez-vous que les dinosaures vivaient partout sur la Terre, de l’Alaska à l’Antarctique ? Que loin d’être des « reptiles stupides », certains étaient des animaux communautaires capables de vivre en meute, de communiquer ou de prodiguer des soins parentaux ?

À l’aide d’exemples choisis parmi les découvertes et interprétations les plus récentes, cet ouvrage fait revivre, sous nos yeux, un monde disparu. Il raconte le travail passionnant des chercheurs du monde entier, qui, grâce aux nouvelles techniques mises à leur disposition (géochimie, synchrotron, intelligence artificielle…), puisent de nouvelles informations précieuses sur les fossiles et dévoilent ainsi une autre histoire des dinosaures, loin des représentations fantasmées.

20/03/2025 Vers l’Internet quantique

On nomme Internet quantique un réseau d’ordinateurs quantiques qui, un jour, enverront, traiteront et recevront des informations codées dans des états quantiques . L’Internet quantique ne remplacera pas l’Internet moderne ou « classique » ; il offrira plutôt de nouvelles fonctionnalités telles que la cryptographie quantique et le cloud computing quantique.

Bien que les implications complètes de l’Internet quantique ne soient pas connues avant un certain temps, plusieurs applications ont été théorisées et certaines, comme la distribution quantique de clés, sont déjà utilisées. On ne sait pas encore quand un Internet quantique mondial à grande échelle sera déployé, mais les chercheurs estiment que des réseaux quantiques interétatiques seront établis aux États-Unis dans les 10 à 15 prochaines années.

Cela sera particulièrement utile pour les problèmes impliquant de nombreuses variables, comme l’analyse des risques financiers, le cryptage des données et l’étude des propriétés des matériaux. 

Les chercheurs doutent que les particuliers possèdent des ordinateurs quantiques personnels dans un avenir proche. Ils seront plutôt hébergés dans des établissements universitaires et des entreprises privées, où ils seront accessibles via un service cloud.

Comment fonctionne l’Internet quantique ?

Les ordinateurs quantiques utilisent des unités d’information fondamentales similaires aux bits utilisés en informatique classique. On les appelle « qubits ».

Cependant, contrairement aux bits informatiques conventionnels, qui transmettent l’information sous la forme d’un 0 ou d’un 1, les qubits transmettent l’information via une combinaison d’états quantiques, qui sont des conditions uniques que l’on ne trouve qu’à l’échelle subatomique.

Par exemple, un état quantique qui pourrait être utilisé pour coder l’information est une propriété appelée « spin », qui correspond au moment angulaire intrinsèque d’un électron. Le spin peut être comparé à une minuscule aiguille de boussole pointant vers le haut ou vers le bas. Les chercheurs peuvent manipuler cette aiguille pour coder l’information dans les électrons eux-mêmes, comme ils le feraient avec des bits classiques ; mais dans ce cas, l’information est codée dans une combinaison d’états possibles. Les qubits ne sont pas 0 ou 1, mais les deux et aucun des deux, dans un phénomène quantique appelé superposition.  

Cela permet aux ordinateurs quantiques de traiter l’information d’une manière totalement différente de leurs homologues conventionnels, et donc de résoudre certains types de problèmes qui demanderaient des décennies même aux plus grands supercalculateurs. Il s’agit de problèmes tels que la factorisation de grands nombres ou la résolution de calculs logistiques complexes (voir le problème du voyageur de commerce ). Les ordinateurs quantiques seraient particulièrement utiles pour la cryptographie, ainsi que pour la découverte de nouveaux types de médicaments ou de nouveaux matériaux pour les cellules solaires, les batteries ou d’autres technologies.

Nous ne développeront pas ce point ici ? Disons simplement que les applications militaires seront de plus en plus nombreuses

Mais pour exploiter ce potentiel, un ordinateur quantique doit être capable de traiter un grand nombre de qubits – plus que ce que peut gérer une seule machine actuellement. Auss plusieurs ordinateurs quantiques pourront être interconnectés via l’Internet quantique. Leur puissance de calcul seront mutualisées, créant ainsi un système bien plus performant.  

Plusieurs types de qubits sont en cours de développement, chacun présentant des avantages et des inconvénients spécifiques. Les qubits les plus couramment étudiés aujourd’hui sont les boîtes quantiques, les pièges à ions, les circuits supraconducteurs et les qubits à spin défectueux.

Pour exploiter ce potentiel, un ordinateur quantique doit être capable de traiter un grand nombre de qubits – plus que ce que peut gérer une seule machine actuellement. Mais plusieurs ordinateurs quantiques pourront être interconnectés via l’Internet quantique. Leur puissance de calcul seront mutualisées, créant ainsi un système bien plus performant.  

Plusieurs types de qubits sont en cours de développement, chacun présentant des avantages et des inconvénients spécifiques. Les qubits les plus couramment étudiés aujourd’hui sont les boîtes quantiques, les pièges à ions, les circuits supraconducteurs et les qubits à spin défectueux. Pour exploiter ce potentiel, un ordinateur quantique doit être capable de traiter un grand nombre de qubits – plus que ce que peut gérer une seule machine actuellement. Mais plusieurs ordinateurs quantiques pourront être interconnectés via l’Internet quantique/ Leur puissance de calcul seront mutualisées, créant ainsi un système bien plus performant.  

Plusieurs types de qubits sont en cours de développement, chacun présentant des avantages et des inconvénients spécifiques. Les qubits les plus couramment étudiés aujourd’hui sont les boîtes quantiques, les pièges à ions, les circuits supraconducteurs et les qubits à spin défectueux.

Comme pour de nombreuses avancées scientifiques, nous ne comprendrons pas tout ce que l’Internet quantique peut faire tant qu’il ne sera pas pleinement développé.

Il y a 60 ans, peu de gens auraient pu imaginer qu’une poignée d’ordinateurs interconnectés donnerait un jour naissance au vaste paysage numérique que nous connaissons aujourd’hui. L’Internet quantique présente une inconnue similaire, mais plusieurs applications ont été théorisées et certaines ont déjà été démontrées.

« L’Internet quantique représente un changement radical dans notre façon de concevoir la communication mondiale sécurisée », a déclaré David Awschalom, professeur Liew Family en génie moléculaire et physique à l’Université de Chicago, directeur du Chicago Quantum Exchange et directeur de Q-NEXT, un centre d’information quantique du Département de l’énergie à Argonne. « La création d’un réseau intriqué d’ordinateurs quantiques nous permettrait d’envoyer des messages chiffrés inviolables, de maintenir une synchronisation parfaite de la technologie sur de longues distances grâce aux horloges quantiques et de résoudre des problèmes complexes qu’un ordinateur quantique seul pourrait peiner à résoudre – et ce ne sont là que quelques-unes des applications que nous connaissons actuellement. L’avenir nous réserve probablement des découvertes surprenantes grâce aux réseaux quantiques. »

À quelle distance de temps se trouve l’Internet quantique ?

À ce jour, personne n’a réussi à créer un réseau quantique durable à grande échelle, mais des avancées majeures ont été réalisées.

En 2017, des chercheurs de l’Université des sciences et technologies de Chine ont utilisé des lasers pour transmettre avec succès des photons intriqués entre un satellite en orbite et des stations terrestres situées à plus de 1 100 kilomètres en dessous. L’expérience a démontré la possibilité d’utiliser des satellites pour former un réseau quantique, mais le système n’a pu récupérer qu’un photon sur 6 millions, ce qui est insuffisant pour assurer une communication fiable.

Note 1

« L’Internet quantique représente un changement radical dans notre façon de concevoir la communication mondiale sécurisée », a déclaré David Awschalom, professeur Liew Family en génie moléculaire et physique à l’Université de Chicago, directeur du Chicago Quantum Exchange et directeur de Q-NEXT, un centre d’information quantique du Département de l’énergie à Argonne. « La création d’un réseau intriqué d’ordinateurs quantiques nous permettrait d’envoyer des messages chiffrés inviolables, de maintenir une synchronisation parfaite de la technologie sur de longues distances grâce aux horloges quantiques et de résoudre des problèmes complexes qu’un ordinateur quantique seul pourrait peiner à résoudre – et ce ne sont là que quelques-unes des applications que nous connaissons actuellement. L’avenir nous réserve probablement des découvertes surprenantes et marquantes grâce aux réseaux quantiques. »

Note 2

A small quantum satellite created a secure link between ground stations in China and South Africa, sharing quantum-encrypted data over a record distance of 12,900 kilometres. Similar microsatellites could become part of a future quantum internet.

The record-breaking feat, which occurred in October 2024, was also notable for its use of a satellite with a small, light payload – a crucial consideration for space launches. The miniaturised equipment aboard the Jinan-1 microsatellite weighed just 23 kilograms, about 10 times less than the payload of a previous experimen

Petite quantum satellites like the Jinan-1 enable “the possibility to launch many satellites in one shot with the same space launcher, similar to what SpaceX is doing with Starlink for the internet,” says Laurent de Forges de Parny at Thales Alenia Space, a space technology company headquartered in France.

In this experiment, researchers used the quantum states of photons to produce secret keys for encrypting and decrypting data. The keys were used to encode images– and then transmitted between the Jinan-1 satellite and various ground stations using lasers and telescopes. The research team, led by Jianwei Pan at the University of Science and Technology of China, performed this quantum key distribution process 20 times, including the record-setting 12,900-kilometre test.

This showcase for quantum technology has its limits. The Jinan-1 satellite “seems optimised for quantum key distribution, and is not going to perform more general quantum communication tasks like teleportation, or entanglement distribution,” says Alexander Ling at the National University of Singapore. Nevertheless, Ling, praising the demonstration, says it could become part of real communication networks within the next decade.

19/03/2025 Détecton d’un neutrino de très haute énergie


Un neutrino de très haute énergie a été détecté en Méditerranée par le télescope de la collaboration internationale KM3NeT. Cette découverte qui a fait la couverture de Nature (cf lien ci-dessous) marque une avancée significative dans la compréhension des phénomènes énergétiques extrêmes de l’Univers et bouscule les modèles astrophysiques actuels.

Ces travaux sont issus de la collaboration scientifique KM3NeT qui réunit 350 scientifiques issus de 68 laboratoires à travers le monde dont une forte contribution française :

  • Centre de physique des particules de Marseille (Aix-Marseille Université/CNRS),
  • Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (CNRS/Université de Strasbourg),
  • Laboratoire de physique subatomique et des technologies associées (CNRS/IMT Atlantique – Institut Mines-Télécom /Nantes Université),
  • Laboratoire astroparticule et cosmologie (CNRS/Université Paris Cité)
  • Laboratoire univers et particules de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier)
  • Laboratoire de physique corpusculaire – Caen (CNRS/ENSICAEN/Université de Caen Normandie)
  • Centre de calcul de l’IN2P3 (CNRS) 

Les neutrinos sont des particules élémentaires qui trouvent leur place à côté des électrons, protons et neutrons formant la matière ordinaire. Ils sont essentiels pour comprendre les comportements réciproques des particules mais ils n’interagissent pratiquement pas avec le reste de la matière. On parle de particules fantômes. Elles nous assaillent et nous traversent de toutes parts sans que nous en ressentions la moindre sensation; en conséquence, ils sont très difficiles à détecter.

Malgré tout, leur connaissance a fortement progressé depuis l’ hypothèse de leur existence par le physicien Wolfgang Pauli .On est en mesure aujourd’hui de précisér leurs attributs. On comprend pourquoi ces particules semblent vivre dans un monde parallèle, Le problème de leur masse a été résolu, leur octroyant un rôle primordial au niveau de l’Univers profond .

Particules pratiquement invisibles, ils permettent de saisir une information venant de phénomènes cachés Ils révèlent les détails des processus intervenant au cœur du Soleil, ils écoutent la combustion à l’intérieur des réacteurs nucléaires.

Malgré tout, leur connaissance a fortement progressé depuis l’hypothèse de leur existence par le physicien Wolfgang Pauli . On mesure aujourd’hui précisément leurs attributs. On comprend pourquoi ces particules semblent vivre dans un monde parallèle. Le problème de leur masse a été résolu, leur octroyant un rôle primordial au niveau de l’Univers global. Mais cela a un prix et la détection de ces particules relève du tour de force.

Jusqu’en 1930, il semblait que les trois objets élémentaires connus à l’époque, proton, neutron et électron, suffisaient pour expliquer tous les formes de la matière puisqu’ils permettaient de construire l’ensemble des éléments naturels, depuis l’hydrogène jusqu’aux atomes lourds.

Mais comme souvent en recherche, une apparente anomalie exigea alors de réviser ce point de vue : de l’énergie semblait disparaître dans les désintégrations de certains éléments naturels qui émettent spontanément un électron. Or l’énergie se conserve toujours. Potentielle ; cinétique ou calorique, l’énergie se transforme sans se perdre.

Pourtant, dans la désintégration appelée « Bêta », l’énergie emportée par l’électron détecté s’avérait variable. Le dilemme dura plusieurs années jusqu’à ce que Wolfgang Pauli, dans une lettre de décembre 1930 restée fameuse, suggérât l’existence d’une nouvelle particule, émise en même temps que l’électron et qui s’échappe sans laisser de trace.

Ce n’était qu’une solution « désespérée » selon son inventeur. Mais l’idée, a priori téméraire, expliquait si bien les résultats expérimentaux qu’elle fut rapidement acceptée. Dès 1933, Enrico Fermi écrivit la théorie sous-jacente ; il développa la phénoménologie d’un nouveau type de force, l’interaction dite faible, longtemps appelée interaction de Fermi. C’est lui qui baptisa l’objet encore hypothétique « neutrino », petit neutre en italien, symbolisé par la lettre grecque nu. Ainsi la force faible prenait toute sa place à côté des forces forte et électromagnétique, sans oublier la gravitation à grande échelle.

Ne subissant que la force faible, le neutrino est une particule très spéciale. Mais cette originalité a un corollaire gênant : elle explique sa faible probabilité d’interaction et donc la difficulté de sa mise en évidence. Heureusement pour les chercheurs, le neutrino n’est pas une particule absolument indétectable, sinon son existence serait demeurée une pure spéculation. Mais subissant la seule interaction faible, cela implique que la très improbable détection doit bénéficier de sources très abondantes ainsi que de détecteurs très massifs.D’où le fait qu’il fallut attendre 1956 pour compter expérimentalement une poignée de neutrinos au voisinage d’un réacteur nucléaire.

La détection des neutrinos pose un problème en conséquence de la rareté des événements engendrés. Heureusement les émetteurs sont en général très généreux. Un réacteur nucléaire EdF produit quelque 1 021 neutrinos chaque seconde ; une supernova en émet 1 058 en une dizaine de secondes, le Soleil déverse chaque seconde 60 milliards de neutrinos sur chaque cm2 de surface de la Terre, et ceci de jour comme de nuit puisque, pendant la nuit, ils nous arrivent par le bas, la Terre entière étant transparente aux neutrinos.

Dans les accélérateurs modernes, une machine fournt des salves de quelque 110 neutrinos traversant un détecteur toutes les quelques secondes. Pourtant, pour en arrêter quelques-uns, les dispositifs doivent être à la fois très élaborés et de grandes dimensions. C’est le cas de SuperKamiokande qui représente l’archétype des détecteurs de neutrinos.

Il s’agit d’un immense réservoir souterrain (pour être à l’abri du rayonnement cosmique) contenant 50 kilotonnes d’eau purifiée, soit sept fois le poids de la Tour Eiffel. De forme cylindrique, il mesure 40 mètres de haut et 40 mètres de diamètre, un immeuble de quinze étages pourrait s’y loger.

Des « yeux » tapissent les parois intérieures du cylindre. Ces yeux sont des capteurs de lumière très sensibles. l’appareillage en compte 11 000. En effet, quand un neutrino interagit dans l’eau de la cuve, les particules chargées laissent une évanescente trace lumineuse de couleur bleutée qu’il s’agit de détecter au plus vite.

Comment des particules si légères et aux interactions si rares peuvent-elles influencer l’évolution de l’Univers ?

La réponse est dans leur nombre. Il existe plusieurs milliards de fois plus de neutrinos que d’électrons ou de protons, à tel point que leur masse totale égale celle de toutes les étoiles emplissant le firmament.

Parmi les nombreux producteurs de neutrinos, Soleil, réacteurs, accélérateurs, atmosphère, l’émetteur le plus puissant est resté le Big Bang. Les neutrinos sont l’un des ingrédients pour comprendre la cohérence existant entre les particules, ils sont donc obligatoires pour suivre les phases successives qui se sont déroulées à la naissance de l’Univers. Sans neutrinos, le Big Bang n’aurait pas pu se produire. On évalue la densité des neutrinos rescapés de l’explosion originelle à 300 dans chaque cm3 de l’espace. Ces neutrinos dits cosmologiques ont la même source que les photons du fond cosmologique qui montent à 400 dans chaque cm3. Or le fond cosmologique est aujourd’hui bien connu.

Ceperndant leur détection est un défi qui le restera pour les physiciens pendant encore des décennies. Leur détection permettrait d’obtenir une image unique du monde à l’âge d’une seconde, alors que le fond de photons ne renseigne que sur un Univers déjà âgé de 370 000 ans, quand photons et matière se sont découplés.

On sait aujourd’hui que les neutrinos ont une masse, et ce résultat clôt une longue interrogation qui a débuté dès l’hypothèse du premier neutrino. Les masses trouvées semblent dérisoires comparées à celles affectant les autres particules de matière. Pourtant, elles suffisent pour arriver au très surprenant résultat que les neutrinos contribuent autant que les dix mille milliards de milliards d’étoiles à l’équilibre de l’Univers entier.

Questions en suspens

* Qu’est devenu l’antimatière ? En effet notre Univers a débuté par une soupe très chaude où matière et antimatière étaient présentes à égalité. Or l’antimatière a complètement disparu, sauf pour les neutrinos et antineutrinos présents à égalité.

* Une autre question se pose sur la nature intime des neutrinos : sont-ils leur propre antiparticule comme suggéré par le modèle inventé par Majorana dès les années 1935 et resté toujours sans solution ? Là aussi des recherches sont en cours.

* Les neutrinos subissent-ils les interactions électromagnétiques ? Bien que sans charge électrique, cela est permis par la théorie.


* Existent-ils d’autres formes de neutrinos ? On sait que les trois types bien étudiés sont au complet, mais on parle de neutrinos stériles qui seraient encore plus évanescents que les neutrinos connus. De tels objets sont proposés par certains théoriciens pour expliquer la masse sombre à l’œuvre dans l’Univers.

* Un autre axe très actif de recherche consiste à développer une nouvelle astronomie en sondant le ciel pour y découvrir des émetteurs neutriniques de très haute énergie. Les premiers signaux venant de sources extragalactiques ont été révélés grâce à un télescope 10 000 fois plus gros que SuperKamiokande construit dans la glace du Pôle Sud, et ce n’est qu’un début.

Il y a encore beaucoup de travail pour les physiciens des neutrinos, ils auront bien des motifs pour se rencontrer à nouveau, sans même aborder le thème de la détection des neutrinos cosmologiques qui reste le Saint Graal des chercheurs. Leur détection révélerait le Big Bang peu après son apparition. Mais il faudra encore attendre bien des réunions biennales avant d’annoncer la moindre hypothèse quant à la résolution de cet emblématique problème.

Merci pour ce qui précède à The Conversation https://theconversation.com/a-la-recherche-des-neutrinos-ces-particules-fantomes-97301

Référence

nature

Article

  • Published: 12 February 2025
Observation of an ultra-high-energy cosmic neutrino with KM3NeT

Nature volume 638, pages 376–382 (2025)

Abstract

The detection of cosmic neutrinos with energies above a teraelectronvolt (TeV) offers a unique exploration into astrophysical phenomena1,2,3. Electrically neutral and interacting only by means of the weak interaction, neutrinos are not deflected by magnetic fields and are rarely absorbed by interstellar matter: their direction indicates that their cosmic origin might be from the farthest reaches of the Universe. High-energy neutrinos can be produced when ultra-relativistic cosmic-ray protons or nuclei interact with other matter or photons, and their observation could be a signature of these processes. Here we report an exceptionally high-energy event observed by KM3NeT, the deep-sea neutrino telescope in the Mediterranean Sea4, which we associate with a cosmic neutrino detection. We detect a muon with an estimated energy of peta electronvolts (PeV). In light of its enormous energy and near-horizontal direction, the muon most probably originated from the interaction of a neutrino of even higher energy in the vicinity of the detector. The cosmic neutrino energy spectrum measured up to now falls steeply with energy. However, the energy of this event is much larger than that of any neutrino detected so far. This suggests that the neutrino may have originated in a different cosmic accelerator than the lower-energy neutrinos, or this may be the first detection of a cosmogenic neutrino, resulting from the interactions of ultra-high-energy cosmic rays with background photons in the Universe.