19/03/2022 L’union sacrée contre Poutine va-t-elle tuer toute forme d’opposition en Occident ?

Il paraît indéniable que Vladimir Poutine ne cherche pas seulement à éliminer toute opposition en Ukraine. Il a entrepris de rétablir en Russie même une véritable dictature non seulement économique mais aussi politique et culturelle.

Les voix de tous ceux qui dans les dernières années avaient cru possible de constituer l’amorce d’une opposition au régime sont désormais obligées de se taire, sauf à faire l’objet de poursuites non seulement politiques, mais de plus en plus policières et judiciaires. L’exemple le plus récent est celui de la jeune activiste russe Marina Ovsiannikova qui avait brandit un panneau Non à la guerre lors d’une émission de télévision et qui est désormais accusée de trahison.

Mais s’opposer à Poutine ne doit pas signifier en Occident, Union européenne ou Etats-Unis, renoncer à toute critique de ce que l’on appelle l’ordre occidental . Celui-ci est caractérisé par la domination de classes sociales minoritaires qui se sont approprié depuis des années toutes les responsabilités politiques économiques ou scientifiques. De même les grands médias financés par ces classes décrivent le monde en termes les plus favorables aux intérêts de celles-ci.

Dénoncer Poutine et sa dictature ne doit pas servir d’excuse pour renoncer à tenter de promouvoir des changements en profondeur dans l’ordre dominant. En France, sur ces sujets, les premiers débats précédant les élections présidentielles d’avril 2022 en France ne sont guère éclairants.

18/03/2022 Le retour des communs

Le site Médiapart vient de publier un article au titre quelque peu énigmatique, intitulé «L’ Impasse des nationalisations. Le retour des communs ».

En résumant beaucoup, nous dirons que les auteurs de l’article défendent l’idée que dans toutes les sociétés existent des biens et valeurs qui ne peuvent pas faire l’objet d’une appropriation, qu’elle soit privée ou collective. Ainsi (l’exemple est de nous), l’accès de tous à un langage symbolique commun constitue une valeur sans laquelle l’idée même de vie sociale perdrait tout sens car une telle vie repose sur les échanges langagiers entre les individus. Le langage est donc un bien commun que nuls, individus ou groupes sociaux ne doivent pouvoir s’approprier afin d’en faire l’objet d’un profit non partagé. Le libre accès à l’air et à l’eau sont aussi dans ce cas.

Les sociétés primitives, autant que l’on sache, avaient défini un bien plus grand nombre de biens communs non susceptibles d’appropriations spéculatives que les sociétés modernes. Avec le triomphe du capitalisme libéral à partir du 18 siècle en Europe, le nombre des biens communs a considérablement diminué. Tout a paru pouvoir donner lieu à appropriation et à commerce.

Cependant, le socialisme européen avait proposé un retour en arrière . A nouveau il avait paru nécessaire de combattre l’appropriation privé de certains biens et services, autrement dit nécessaire de « nationaliser », selon l’expression commune, les plus importants d’entre eux. Ceci se fit en France après la seconde guerre mondiale.

Ces nationalisations sont vite apparues comme des impasses, selon l’expression de l’article, en ce sens que dès les origines, ce furent des classes dirigeantes peu différentes de celles pratiquant la propriété des biens de production qui prirent le contrôle des nouveaux outils.

Aujourd’hui, l’on peut faire la même constatation en ce qui concerne les sociétés informatisées. Ce seront toujours semble-il les entreprises dominantes dites des big Five ou big Seven qui contrôleront l’informatisation des sociétés occidentales. Il en sera de même en Russie ou en Chine.

Ajoutons qu’avec la militarisation croissante des sociétés modernes, de plus en plus d’éléments encore considérés aujourd’hui comme des communs redeviendront des secrets militaires.

Références

Au-delà de la propriété , Pierre Dardot  (La Découverte, 2018),

Benjamin Coriat, dans un ouvrage collectif sur Le Retour des communs (Les liens qui libèrent, 2015)

18/03/2022 Spatial européen. Fin de la coopération avec la Russie, ou simple mise en sommeil ?

La guerre en Ukraine se répercute jusque dans l’espace. L’Agence spatiale européenne (ESA) a mis un terme jeudi 17 mars à sa coopération avec la Russie, en réponse à l’invasion de l’Ukraine. Cette décision entraîne notamment la suspension de la mission russo-européenne ExoMars.

L’ESA qui regroupe 25 pays dont la France a « reconnu l’impossibilité de poursuivre la coopération en cours avec (l’agence spatiale russe) Roscosmos pour un lancement de la mission ExoMars en 2022 », selon un communiqué de son conseil exécutif.

L’agence spatiale russe Roscosmos avait pris les devants dès le 26 février : à l’annonce des sanctions européennes, elle avait riposté par une suspension des activités de son lanceur Soyouz depuis le port spatial européen de Kourou, en Guyane française, et rappelé la petite centaine d’ingénieurs et techniciens qui y était installés. Le chef de l’Agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a dit jeudi regretter la suspension de la mission ExoMars. Il l’a qualifiée d' »événement très amer pour tous les enthousiastes spatiaux » et « très regrettable ».

Si les lancements de nombreuses missions de l’ESA reposaient jusqu’ici sur l’utilisation du lanceur russe Soyouz depuis Kourou en Guyane française, d’autres l’étaient depuis le site de Baïkonour, au Kazakhstan. C’est de là qu’une fusée russe Proton devait emporter en septembre prochain le rover de l’ESA, dit Rosalind Franklin, avant que l’atterrisseur Kazatchok, lui aussi russe, le dépose sur le sol martien.

La mission, initialement prévue en 2020 et reportée à cause de la pandémie due au Covid, est aujourd’hui gravement compromise, d’autant plus que la fenêtre de tir vers Mars ne s’ouvre que tous les deux ans. Le programme russo-européen a coûté 2 milliards d’euros et avait été initié par les Européens voilà 20 ans. Le conseil de l’ESA a en conséquence autorisé son directeur général, Josef Aschbacher, « à engager une étude industrielle accélérée pour mieux cerner les options possibles pour faire avancer la mission du rover ExoMars ». Josef  Aschbacher a constaté lors d’un point de presse qu’un « lancement cette année est exclu » et impossible « au moins avant 2026 ». Il a mentionné qu’une « coopération avec la Nasa  est aussi une option » pour exécuter la mission. La Nasa était le premier partenaire des Européens sur ce programme mais l’agence spatiale américaine avait mis un terme à sa collaboration avec l’ESA en 2012, prétendument faute de budget, mais en fait pour se réserver le monopole de l’exploration de Mars.

Ces événements appellent trois constatations. En engageant une guerre contre l’Ukraine, Vladimir Poutine avait-il conscience qu’il condamnait pour une durée indéterminée les très nombreuses recherches scientifiques associant les universités et les industriels russes avec leurs homologues occidentaux. La connaissance scientifique en général prendra ainsi plusieurs années de retard. Pour ce qui concerne les Etats européens, prendront-ils conscience de leur côté qu’il est des domaines stratégiques de recherche qui doivent être financés par les budgets européens, plutôt que confiés à des partenariats peu fiables avec d’autres puissances scientifiques. Dans le cas précis de l’exploration planétaire, celle de la Lune et Mars en premier lieu, l’Europe devrait faire comme le fait aujourd’hui la Chine, prendre seule en charge les programmes correspondants.

Indiquons enfin que dans le cas précis de la mission Exomars, les investissements nécessaires mener celle-ci à terme sont infimes au regard d’autres dépenses prises en charge partiellement par les budgets publics tels que l’aménagement de sites touristiques.

17/03/2022. Le paradoxe de l’information est-il résolu?

Précisons tout de suite que si ce paradoxe était résolu, le problème le plus intrigant de la physique moderne serait également résolu. Ce problème résulte de l »incompatibilité mille fois constatée expérimentalement entre la cosmologie classique, dite aussi physique einsténienne et la cosmologie quantique. Pour la première un objet se situe nécessairement dans un espace-temps à 4 dimensions. Qu’il soit observé ou non ne change rien à l’affaire. Pour la seconde il n’est pas possible de définir un objet quantique en le situant dans l’espace ou le temps. On parle d’indétermination et de superposition. C’est seulement quand le corps est « observé » que son statut se précise, et ceci seulement pour l’observateur.

En astrophysique, le paradoxe de l’information est un paradoxe mis en évidence par Stephen Hawking en 1976, paradoxe qui oppose les lois de la mécanique quantique à celles de la relativité générale. En effet, la relativité générale implique qu’une information pourrait fondamentalement disparaître dans un trou noir, à la suite de l’évaporation de celui-ci. Cette perte d’information implique une non-réversibilité et une évolution linéaire des états quantiques, en contradiction fondamentale avec les postulats de la mécanique quantique. C’est en cosmologie, et plus précisément dans la cosmologie des trous noirs, que ce paradoxe a des résultats particulièrement intrigants

Les trous noirs sont des phénomènes encore mal compris. En effet, il n’est pas possible de déterminer a posteriori ce qui est entré dans le trou noir, C’est notamment le cas de l’information. Cependant, vue d’un observateur éloigné, l’information n’est jamais complètement disparue.

En astrophysique, le paradoxe de l’information est un paradoxe mis en évidence par Stephen Hawking en 1976, paradoxe qui oppose les lois de la mécanique quantique à celles de la relativité générale. En effet, la relativité générale implique qu’une information pourrait fondamentalement disparaître dans un trou noir, à la suite de l’évaporation de celui-ci. Cette perte d’information implique une non-réversibilité et une évolution non unitaire des états quantiques, en contradiction fondamentale avec les postulats de la mécanique quantique.  Ainsi la théorie générale de la relativité d’Einstein affirme que les informations sur ce qui entre dans un trou noir n’ont jamais complètement disparu.

Pour en savoir plus, voir
https://hitek.fr/actualite/paradoxe-information-hawking-resolu-trou-noir_33830

Référence

Quantum hair and black hole information

XavierCalmetaStephen D.H.Hsub

Volume 827Get
10 april 2022

Abstract

It has been shown that the quantum state of the graviton field outside a black hole horizon carries information about the internal state of the hole. We explain how this allows unitary evaporation: the final radiation state is a complex superposition which depends linearly on the initial black hole state. Under time reversal, the radiation state evolves back to the original black hole quantum state. Formulations of the information paradox on a fixed semiclassical geometry describe only a small subset of the evaporation Hilbert space, and do not exclude overall unitarity.

17/03/2022. Coronavirus. Un vaccin universel?

Aujourd’hui la mise au point de vaccins, que ce soit contre des affections virales ou microbiennes, exige du temps et de l’argent. Bien évidemment ces besoins sont exagérés par les grands de l’industrie pharmaceutique (big pharma) pour qui l’apparition d’une nouvelle épidémie, due à un agent non encore identifié, est une bénédiction. Depuis l’apparition de lépidémie, plusieurs vaccins out été mis au point, avec des résultats variables,que nous ne citerons pas ici.

Aujourd’hui l’on apprend avec intérêt l’annonce que vient de faire une petite biotech française, Linkinvax. Selon elle, elle aurait mis au point un vaccin contre le SarsCov19 qui répond à l’appel de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). L’OMS souhaite encourager la mise au point de solutions de long terme, moins sensibles aux mutations du virus, permettant d’acquérir une immunité durable et planétaire. Le vaccin de Linkinvax sera stockable dans un réfrigérateur  et même sous forme lyophilisée (glacée).

LinKinVax utilise une technique éprouvée, qu’elle teste déjà en phase clinique sur l’homme dans le cadre d’un vaccin contre le VIH. « Elle consiste à arrimer un anticorps monoclonal humain aux cellules dendritiques , selon  André-Jacques Auberton-Hervé, le président et cofondateur de la biotech. Le but « est d’amener directement à notre système immunitaire l’information sur les points faibles du virus et de faciliter le travail du système de détection ».

Les cellules dendritiques font partie des cellules du système immunitaire et sont impliquées dans le déclenchement des réponses immunitaires. Elles sont capables de reconnaître les pathogènes et d’induire des réponses immunitaires en activant les lymphocytes T spécifiques de pathogènes.

On ajoutera que LinKinVax choisit non seulement de cibler l’instable protéine Spike par laquelle le virus entre dans la cellule, mais table aussi, grâce à la bio-informatique, « sur d’autres régions communes à l’ensemble des coronavirus et qui ont le bénéfice de muter très peu ». D’où l’espoir d’un vaccin « universel, pan-coronavirus ». Les techniques de bio-informatique utilisées n’ont pas été précisées.

La protéine spike, dite aussi péplomère ou spicule, protéine S, protéine de pointe ou, par anglicisme, protéine spike, est une glycoprotéine prenant la forme d’un champignon émergeant de l’enveloppe virale de certains virus.

Voir Communiqué de presse en date du 15 Mars 2022

https://linkinvax.com/linkinvax-annonce-sa-collaboration-avec-gtp-bioways-pour-le-developpement-et-la-production-de-son-vaccin-de-seconde-generation-contre-le-sars-cov-2/?lang=fr

Voir aussi

https://www.20minutes.fr/sante/3253043-20220315-covid-19-vaccin-universel-deuxieme-generation-couvrant-variants-va-etre-fabrique-toulouse

16/03/2022 Un point de vue russe sur la guerre en Ukraine

Cet article a été publié par le site « Strategic Culture Foundation » le 11 mars 2022 https://www.strategic-culture.org/news/2022/03/11/western-silence-on-nato-backed-provocations-leading-to-war-in-ukraine/

Nous laissons aux auteurs de l’article l’entière responsabilité de leurs affirmations.
Europe solidaire

Traduction

Ce sont les provocations ourdies par l’Otan qui ont conduit à la guerre en Ukraine !

En dissimulant les causes du déclenchement de la confrontation militaire en cours et l’implication des principaux dirigeants occidentaux dans l’échafaudage des actes et des décisions qui ont conduit à la guerre, les médias du monde « libre » affichent leur duplicité et leur complicité. Un aveuglement délibéré des consciences qui risque de coûter très cher !

 Ces derniers jours, de nouvelles preuves, mises en évidence par la partie russe, attestent que l’Otan et le régime de Kiev s’apprêtaient à déclencher des combats meurtriers dans le Donbass. C’est pour empêcher cette agression que l’armée russe est passée à l’action le 24 février dernier. Ce que les états occidentaux ont aussitôt condamné comme une invasion de l’Ukraine que rien ne justifiait, la Russie, de son côté, le qualifie sans emphase de déploiement d’une opération militaire spéciale.

 Le souci principal des médias occidentaux, c’est d’empêcher à tout prix la diffusion des révélations et des faits mis en avant par la Russie pour expliquer pourquoi elle a dû intervenir militairement. Ces révélations pourraient en effet conduire certains à comprendre que la Russie avait peut-être des raisons valables pour procéder de la sorte. Cela pourrait aussi les conduire à s’interroger sur l’implication éventuelle de leur propre gouvernement, et sur ses responsabilités à lui, (tout particulièrement celles de notre propre gouvernement et de Macron, qui pourraient coûter fort cher, et c’est nous qui paierons l’addition / note du traducteur – voir la vidéo proposée en lien ci-dessous-)

 Il ne faut pas non plus oublier que Moscou s’est appliquée longuement, avec beaucoup de persévérance, à engager le dialogue, à entamer et à pousuivre les discussions nécessaires avec Washington et ses partenaires de l’Otan, pour leur faire comprendre les préoccupations de la Russie en matière de sécurité. Aucune de ces demandes n’a jamais été prise en compte. La Russie a été ignorée, traitée comme n’étant pas digne d’intérêt et ne comptant pour rien. Ses préoccupations énoncées de longue date sur les garanties nécessaires qu’elle tenait à obtenir en matière de sécurité n’ont pas été prises au sérieux. Elles ont été écartées comme autant de lubies fantasmées et importunes.

 Les dernières informations que la Russie a dévoilées ces derniers jours, à l’appui de ce qu’elle dénonce, démontrent l’existence d’une menace gravissime, multidimensionnelle, pour sa sécurité nationale. Ces menaces sont si graves qu’il est impossible de les ignorer, ce qui rend plus condamnable encore leur leur dissimulation par les médias occidentaux)

Moscou a fait savoir que ses services spécialisés dans l’analyse des problèmes de sécurité s’affairent à tirer au clair tous les éléments de ce dossier, et que de plus amples informations, d’autres détails seront révélés prochainement. D’ores et déjà, trois menaces graves, ourdies par les Etats-Unis et les marionnettes de l’Otan en place à Kiev, ont été clairement identifiées. Ces dangers étaient beaucoup plus graves et plus rapprochés qu’on ne l’avait estimé jusqu’ici. Ils étaient déjà porteurs et annonciateurs du conflit militaire russo-ukrainien en cours.

 Premier point : De nouvelles informations [1] démontrent que le régime ukrainien s’apprêtait à déclencher une offensive militaire de grande ampleur contre les républiques auto-proclamées de Lougansk et de Donetsk. Les forces militaires qui devaient conduire l’attaque étaient celles de la garde nationale, truffées de brigades néo-nazies, à l’instar du bataillon Azov de sinistre réputation. Ces brigades ont été armées et entraînées par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la Pologne et par d’autres pays membres de l’Otan. Depuis plus de huit ans déjà, depuis le coup d’état organisé en 2014 avec le soutien de la CIA, le régime de Kiev mène en sourdine, en s’efforçant de rester sous les écrans radars, une guerre cruelle aux populations russophones des républiques de Lougansk et de Donetsk. Quatorze mille personnes ont péri à ce jour, et plus d’un million ont dû fuir leur maison et ont été déplacées. L’intensification des opérations de guerre était programmée pour ce mois-ci. C’est ce qui a conduit Moscou à reconnaître l’indépendance des républiques du Donbass le 21 février dernier, et à se porter à leur secours trois jours plus tard, prévenant ainsi l’assaut militaire qui allait être donné et vraissemblablement coordonné par les puissances regroupées sous la houlette de l’Otan. La Russie a clairement indiqué que ses objectifs étaient la dénazification de l’Ukraine et la démilitarisation du régime de Kiev. Cela requiert nécessairement le prolongement de l’action militaire engagée jusqu’à la prise du contrôle de la capitale et la disparition de toute velléité agressive à l’égard de la Russie.

 Deuxième point : L’Ukraine menaçait de se doter rapidement de l’arme nucléaire. Il ne s’agissait pas d’un danger fantasmagorique. [2] C’était *une menace prise trrès au sérieux par les services de sécurité de la Russie. Moscou dit avoir la preuve que les Etats-Unis et les autres puissances de l’Otan étaient pleinement informés des plans de Kiev de se doter de la bombe atomique et de l’ajouter à sa panoplie guerrière. Quand Vladimir Zelenski, le président ukrainien, choisit de déclarer, à la conférence sur la sécurité du 19 février à Munich, [3] que son pays pourrait abroger le memorandum de Budapest, signé en 1994, interdisant à son pays l’accès à l’arme nucléaire dont disposait autrefois l’ancienne république soviétique, ce n’étaient pas des paroles en l’air, ce n’étaient pas de simples bravades de fanfaron !

 Troisième point : On sait maintenant que les Etats-Unis ont financé l’implantantion et le fonctionnement de laboratoires travaillant à la conception d’armes biologiques sur plusieurs douzaines de sites répartis sur tout le territoire ukrainien. Cela préoccupe fortement la Russie depuis de longues années qui remontent à l’indépendance accordée à l’Ukraine en 1991. Elément nouveau : Les autorités compétentes de la Russie ont annoncé cette semaine qu’elles détiennent des documents, [4] récupérés dans ces laboratoires, qui prouvent qu’ils étaient engagés dans la production d’armes biologiques, d’agents pathogènes et de bactéries tueuses. Il semble qu’ordre aît été donné à tous ces laboratoires, le 24 février dernier, de détruire rapidement tous les échantillons concernés. Ces recherches sont une violation caractérisée des traités internationaux sur l’interdiction des armes biologiques et constituent une menace inacceptable tournée contre la Russie. Il est avéré que le Pentagone participe au financement de ces laboratoires. Cette semaine, Victoria Nuland, qui est la responsable du Département d’Etat US pour les affaires ukrainiennes, a confirmé devant le congrès que ces laboratoires étaient effectivement engagés dans la fabrication de matériaux hyper dangereux, en exprimant ses craintes que les forces russes puissent s’en saisir. Pourquoi Victoria Nuland redoute-t-elle autant que la Russie mette la main dessus si ces substances ne sont ni interdites ni d’une dangerosité extrême ? 

 Tout compte fait, les trois chapitres passés en revue ci-dessus, qui sont autant de motifs de préoccupation et de griefs légitimes pour Moscou, démontrent dès l’abord, de façon éclatante, pourquoi la Russie a dû engager il y a trois semaines l’opération spéciale qui est en cours sur le territoire ukrainien. Depuis le coup d’état orchestré par la CIA en 2014 pour chasser le président élu Victor Yanoukovitch, l’Ukraine est en proie à la guerre civile. Elle est instrumentalisée par Washington pour déstabiliser la Russie qui s’étend de l’autre côté de sa frontière orientale. Tout cela s’articule parfaitement avec les visées impérialistes de Washington et le plan conçu de longue date par les Etats-Unis, énoncé et explicité par Zbigniew Brzezinski et consorts : poursuivre les menées hostiles contre la Russie, perpétuer la guerre froide et la fracture geopolitique des relations mondiales pour rester les maîtres du monde.

Une chose qui en dit long : le silence quasi-absolu des médias occidentaux sur tout ce qui a été évoqué plus haut. Il faut mettre au crédit de Tucker Carlson, de Fox News, [5] d’être pratiquement le seul, dans tous les grands médias, à mettre en évidence la duplicité affichée par l’administration Biden et ses accolytes au service de leurs plans de guerre.

 Si on y regarde bien, l’exception relevée plus haut et quelques autres mises à part, tous les enjeux vitaux et tous les ressorts du conflit en cours en Ukraine ont été complètement occultés et oubliés délibérément par les médias occidentaux. La moindre mention des préoccupations de la Russie pour sa sécurité y est rejetée et tournée en ridicule, dénoncée comme « la propagande du Kremlin ». La censure des organes de presse russes par les pays occidentaux ne facilite en rien l’éveil de l’intérêt du public pour le dessous des cartes et pour trouver les clés d’une bonne compréhension des évènements, et de ce qui est en jeu (trois fois rien : la paix du monde, la perspective d’un hiver nucléaire planétaire, pourquoi s’en préoccuper ? / note du traducteur). La posture hypocrite des occidentaux qui prétendent veiller à la diffusion d’une information libre et non faussée est tout simplement stupéfiante.

 L’ignorance et la tartuferie promues et encouragées par les médias prétendument indépendants ouvrent un boulevard à la politique hostile et agressive des forces de l’Otan. Des armes et des crédits pour l’armement, financés par le contribuable européen, affluent en Ukraine au prétexte de « défendre la démocratie contre l’agression russe ». Il y a des raisons objectives au déclenchement du conflit qui a éclaté dans ce pays, et les gouvernements des pays occidentaux regroupés dans l’Otan ont bien des responsabilités et beaucoup de choses à se reprocher à propos de ces tragiques évènements. Le silence orchestré par les médias occidentaux sur les causes de la guerre, ainsi que l’implication criminelle de ces gouvernements dans les développements en cours, c’est de la complicité caractérisée dans la mise en place du dispositif et dans la réalisation des conditions qui mènent directement à la guerre.

Le gouvernement de la Russie a réitéré cette semaine sa volonté de parvenir à un règlement négocié du conflit ukrainien, et de mettre sa diplomatie au service de cet objectif. Il exige l’élimination de la menace systémique que l’Otan fait peser sur l’existence même de la Russie. Il exige la cessation des agressions conduites par le régime ukrainien avec la complicité de l’Otan. Il exige la reconnaissance des droits historiques de la Russie sur la Crimée. L’engagement d’un dialogue sincère et rationnel peut permettre de trouver des solutions au conflit en cours et de rétablir la paix. Mais cela ne restera-t-il pas une gageure, aussi longtemps que les gouvernements et les médias occidentaux continueront de refuser toute autre solution que la leur, fût-elle la plus pertinente et la plus sérieuse, la plus valide ?

Cet article a été publié par le site « Strategic Culture Foundation » le 11 mars 2022


https://www.strategic-culture.org/news/2022/03/11/western-silence-on-nato-backed-provocations-leading-to-war-in-ukraine/
Traduction :
Gérard Jeannesson
 
Liens ajoutés à la demande d’un modérateur : la remise en cause par Zelensky du memorandum de Budpest de 1994 par lequel Kiev renonçait à la bombe atomique :
en français : 
https://histoireetsociete.com/2022/03/12/discours-a-la-58e-conference-de-munich-sur-la-securite-prononce-le-19-fevrier-2022-traduit-de-lukrainien-par-le-gouvernement-ukrainien-parvolodymyr-zelenskyy/
en anglais :
https://kyivindependent.com/national/zelenskys-full-speech-at-munich-security-conference/
 
Liens signalés dans le texte :
1 L’ordre secret du déclenchement de l’Offensive de Kiev contre le Donbass publié par le Ministère de la Défense de Russie
https://tass.com/politics/1418861?utm_source=strategic-culture.org&utm_medium=referral&utm_campaign=strategic-culture.org&utm_referrer=strategic-culture.org
2 lien non établi : la réalité du projet de Kiev de se doter de l’arme nucléaire
 
3 Le texte intégral du discours de Zelensky à la Conférence de Munich sur la Sécurité
https://kyivindependent.com/national/zelenskys-full-speech-at-munich-security-conference/

4 Communication de la Ministre des Affaires Etrangères Maria Zakharova sur les recherches biologiques à usage militaire conduites dans les laboratoires de recherche ukrainiens
https://mid.ru/en/foreign_policy/news/1803269/
5 Tucker Carlson : Les questions que chacun devrait logiquement se poser sur ce qui se trame dans les labos de recherche biologique de l’Ukraine
https://www.foxnews.com/opinion/tucker-carlson-questions-biolabs-ukraine-everyone-asking
*6 l’incident survenu le 7 mars à Dublin :
https://www.irishmirror.ie/news/irish-news/footage-shows-truck-crash-through-26406321
Les grilles de l’ambassade russe fracassées par un poids lourd à Dublin
 
autres liens pertinents :
https://www.upr.fr/actualite/ukraine-asselineau-sonne-lalarme-pour-la-paix-en-ukraine/
 
https://www.initiative-communiste.fr/articles/europe-capital/halte-aux-fauteurs-de-conflagration-mondiale-la-negociation-et-la-desescalade-ne-sont-pas-en-option-sauvonslapaix/

Gérard Jeannesson

16/03/2022 Vers la guerre nucléaire ?

Le Livre blanc français de la Défense de 2008 notait que la période à venir pourrait être marquée par une levée du tabou nucléaire. Peu d’experts y croyaient, tant l’emploi d’une telle arme pourrait être destructeur.

Aujourd’hui, peu de temps avant son départ, le chef d’état-major français François Lecointre avertissait en 2020 sur la nécessité, pour l’armée française, de se préparer à l’éventualité d’un conflit interétatique de haute intensité, ce terme désignant une guerre nucléaire.

Cependant, du moins en Europe, personne n’envisageait sérieusement que le conflit entre la Russie et l’Ukraine puisse donner lieu de la part de la Russie à l’emploi d’armes nucléaire, même sous des formes miniaturisées.

Certes, des têtes nucléaires dites de faible intensité sont actuellement expérimentées sur des missiles balistiques à courte portée. Mais une seule de ces têtes pourrait détruire le centre de Paris et du fait des retombées, rendre invivable toute la région parisienne.

Moscou prendrait-il le risque d’utiliser de telles armes dans le cadre de la guerre en Ukraine ? La Russie pourrait en être la première victime. Certes l’armée russe a mis au point diverses protections, pour les véhicules comme pour les personnels. Mais rien ne garantit que ces protections puissent être efficaces dans un conflit d’une certaine ampleur.

La doctrine nucléaire russe a été mise à jour en juin 2020. Elle exclut officiellement l’emploi d’armes nucléaires dans une visée offensive. Les armes nucléaires sont uniquement faites pour dissuader, être des armes défensives.

Dans un papier officiel accessible en ligne, la Russie s’est engagée à suivre « les principes fondamentaux de la politique d’État de la Fédération de Russie sur la dissuasion nucléaire ». Dans cette doctrine signée par Vladimir Poutine, le texte (article 17 et 19) décrit les quatre cas précis dans lesquels le pays se réserve le droit d’utiliser l’arme nucléaire. 

Le premier cas serait celui d’une attaque de missiles balistiques, le second le cas d’une attaque nucléaire ou d’armes de destruction massive. S’ajoute à ces deux premiers points le cas d’une attaque sur des sites nucléaires russes. Enfin, le quatrième point, qui inquiète certains experts au regard de la situation actuelle, est le cas d’une attaque « conventionnelle » « qui mettrait en péril l’existence même de l’État »

Il paraît très improbable dans ces conditions que Vladimir Poutine et ses conseillers militaires décident pour le moment d’avoir recours à l’arme nucléaire. Le risque n’est pas nul cependant qu’en se préparant à ce recours, une erreur ou un accident se produise au sein des unités en charge de l’arme atomique. En ce cas, il sera trop tard pour réagir.

Pour en savoir plus voir

Défense et Sécurité nationale : le Livre blanc 17 juin 2008
https://www.vie-publique.fr/rapport/29834-defense-et-securite-nationale-le-livre-blanc

Voir aussi

https://www.nationalgeographic.fr/histoire/guerre-en-ukraine-faut-il-craindre-la-menace-nucleaire-russe

15/03/2022. Comment Pékin perçoit-il l’offensive de Vladimir Poutine en Ukraine ?

Les Etats européens considèrent unanimement qu’il s’agit d’une véritable guerre dont l’objectif final est la réintégration de l’Ukraine dans la ceinture d’Etats satellites qui composaient l’ex-Union soviétique.

Il semble que Vladimir Poutine se rêverait comme un nouveau Staline en charge de redonner toute sa grandeur à la Russie. Or la Chine en la personne notamment de son président Xi Jinping a récemment confirmé qu’elle serait quoiqu’il arrive une alliée de la Russie.

Certains observateurs se sont demandé cependant si elle ne prendrait pas aujourd’hui quelque distance avec cette alliance. Les Etats européens ne sont pas considérés à Pékin comme représentant une quelconque menace militaire. Ils constituent au contraire pour la Chine des marché commerciaux très importants et doivent donc être diplomatiquement ménagés.

Cependant, dans les derniers jours Pékin avait appuyé la Russie d’une façon efficace, en promettant de lui racheter le pétrole et le gaz – ce que sous la pression américaine les Etats européens, Allemagne excepté, avaient décidé à titre de sanctions de cesser de faire.

Précédemment, à l’ouverture des JO d’hiver, Poutine et XI Jinping avait fait une déclaration commune pour affirmer que l’amitié russo- chinoise n’avait pas de limites et qu’il n’y avait pas de domaines de coopération interdits . Voir Joint Statement of the Russian Federation and the People’s Republic of China on the International Relations Entering a New Era and the Global Sustainable Development

Cette « amitié » durera, d’autant plus que la Chine a besoin de la Russie pour ses conflits de voisinage dans le Pacifique sud.

14/03/2022 Vers une théorie de la gravitation quantique

On nomme théorie de la gravitation quantique ou gravité quantique une théorie encore hypothétique qui rendrait compatible la théorie de la gravité d’Einstein et la mécanique quantique apparue dans les années 1920. Il s’agit d’un enjeu majeur de la physique moderne.

Pour la théorie de la relativité restreinte d’Einstein, tout corps s’inscrit dans un espace-temps défini par des coordonnées d’espace (longueur, largeur, hauteur) et de temps. Il ne peut pas en sortir sauf à devenir un autre corps. Il peut par conséquent être observé directement.

Pour la mécanique quantique au contraire, les propriété des corps ne peuvent être observées directement. Il faut faire appel aux lois de la probabilité. La théorie derrière la physique quantique est mathématique Il existe d’ailleurs plusieurs interprétations physiques de la mécanique quantique au-delà de l’interprétation orthodoxe dite de Copenhague.

La mécanique quantique donne une description peu intuitive des particules, électrons ou photons par exemple, qui d’une certaine façon sont aussi des ondes Elles peuvent se superposer, se retrouver simultanément en deux endroits, ou traverser des obstacles que l’on penserait infranchissables (effet tunnel). Les inégalités de Heisenberg, par exemple, utilisées pour décrire les particules quantiques. ne permettent pas d’attribuer simultanément une vitesse et une position à un électron.

Combinée avec la relativité restreinte, la mécanique quantique a permis de construire le modèle standard des particules élémentaires à partir de ce qu’on appelle la théorie quantique des champs. On tente d’unifier les lois de la mécanique quantique avec la relativité générale. La théorie de la gravitation quantique est encore à l’étude, mais les deux tentatives les plus prometteuses sont la théorie des supercordes et la théorie de la gravitation quantique à boucles.

Elles permettent de faire de la cosmologie quantique qui, là aussi, est encore en cours de développement. Contrairement au modèle standard solidement confirmé par des expériences comme celles de la découverte des bosons W et du boson de Brout-Englert-Higgs, il n’existe pour le moment aucune preuve à l’appui des théories de gravitation quantique.

Entre le monde de l’infiniment petit (les particules élémentaires), et celui de l’infiniment grand (le Big Bang et la cosmologie quantique), la physique quantique se déploie dans tous les domaines de la physique atomique, moléculaire et nucléaire. Il y a par exemple la chimie quantique, l’optique quantique et la physique de la matière condensée.

Ainsi, les lois de la mécanique quantique expliquent pourquoi les atomes et les molécules sont stables, peuvent émettre et absorber de la lumière mais aussi se combiner dans les réactions chimiques. Elles rendent compte de phénomènes aussi surprenants que la supraconductivité et la superfluidité de l’hélium, mais aussi de phénomènes plus connus  comme le ferromagnétisme des aimants et la conduction électrique des métaux ou l’existence d’isolants.

Ceci s’introduit en physique du solide tout un ensemble de nouvelles excitations quantiques, les quasi particules. Les plus connues sont les phonons, les magnons et les excitons.

La mécanique quantique explique en outre pourquoi et comment Soleil brille, avec des réactions de synthèse de l’hélium et du deutérium, et l’origine des noyaux de carbone de notre corps. Elle permet de comprendre l’existence des naines blanches, des étoiles à neutrons ainsi que de connaître la composition des étoiles dans les galaxies et la structure de la Voie lactée via l’étude des raies spectrales comme celle à 21 cm de l’hydrogène.

La physique quantique est enfin au cœur de la technologie moderne, car le fonctionnement des lasers, des masers, des CCD et des composants électroniques des ordinateurs repose sur ses lois. On peut citer aussi le domaine de l’IRM et des techniques basées sur la RMN, ainsi que la microscopie électronique. Dans quelques décennies, les réacteurs à fusion contrôlée, qui succéderont peut-être à Iter, emploieront comme lui des aimants supraconducteurs. Il est possible aussi qu’une révolution technologique de grande ampleur se prépare avec de jeunes disciplines de l’information quantique et les ordinateurs quantiques. On étudie même le rôle que pourrait jouer la mécanique quantique en biologie et en neurosciences.

La physique quantique n’est pas un domaine achevé : elle contient des paradoxes qui ne sont pas encore complètement bien compris, comme ceux du chat de Schrödinger et de l’effet EPR, bien que l’on ait accompli de grands progrès dans leur compréhension depuis le début des années 1980.

Une nouvelle étude

Dans la perspective de préciser la nature de la gravitation quantique, des mathématiciens expliquent dans une nouvelle étude comment la gravité peut émerger d’un système quantique au niveau microscopique. Leur théorie repose sur un système mécanique quantique spécifique, dans un modèle simplifié de gravité quantique appelé le « principe holographique », qui propose que toute l’information contenue dans un certain volume d’espace puisse être décrite par une théorie qui ne prend en compte que les bords de cet espace.

Référence

Emergent Sasaki-Einstein geometry and AdS/CFT
Nature Communications volume 13, Article number: 365 (2022) 
https://www.nature.com/articles/s41467-021-27951-9

Abstract

A central problem in any quantum theory of gravity is to explain the emergence of the classical spacetime geometry in some limit of a more fundamental, microscopic description of nature. The gauge/gravity-correspondence provides a framework in which this problem can, in principle, be addressed. This is a holographic correspondence which relates a supergravity theory in five-dimensional Anti-deSitter space to a strongly coupled superconformal gauge theory on its 4-dimensional flat Minkowski boundary. In particular, the classical geometry should therefore emerge from some quantum state of the dual gauge theory. Here we confirm this by showing how the classical metric emerges from a canonical state in the dual gauge theory. In particular, we obtain approximations to the Sasaki-Einstein metric underlying the supergravity geometry, in terms of an explicit integral formula involving the canonical quantum state in question. In the special case of toric quiver gauge theories we show that our results can be computationally simplified through a process of tropicalization.

13/03/2022 Europe et Russie menacées par un accident nucléaire de grande ampleur

L’Ukraine compte sur son territoire 4 centrales nucléaires en activité, chacune dotée de 6 réacteurs, sans mentionner les restes hautement radioactifs de la centrale de Tchernobyl. Or en conséquence de l’offensive de l’armée russe la sécurité de fonctionnement de ces centrales ne pourra plus être assurée. Il en sera de même si les réacteurs sont mis à l’arrêt à titre de précaution. Une maintenance complexe devra être organisée mais les équipes de techniciens hautement spécialisés ne pourront plus travailler, à suppose même qu’ils ne soient pas tués par l’armée russe.

Rappelons que les forces russes se sont emparées dans la nuit de jeudi à vendredi de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, située à Enerhodar, dans le sud-est de l’Ukraine. Elles ont engagé le feu dans le périmètre de la centrale. Et leurs tirs ont provoqué un incendie dans un bâtiment situé à quelques centaines de mètres du réacteur n° 1.

Rafael Grossi, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a déclaré, lors d’un point de presse, que « la sécurité [de l’installation] a été compromise par ce qui s’est passé cette nuit, mais nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas eu de fuite radioactive ». Évoquant un événement « qui n’a pas de précédent », il a annoncé que l’AIEA allait répondre à « la demande d’assistance immédiate de l’Ukraine ». « Compte tenu des circonstances très compliquées sur le terrain, la logistique et la présence sur ces lieux ne seront pas simples », a-t-il prévenu.

L’organisation Greenpeace, qui avait souligné le 2 mars les dangers du conflit armé pour la sécurité du parc nucléaire ukrainien, a condamné fermement l’attaque militaire de la centrale de Zaporijia. « L’invasion russe fait courir le risque d’une catastrophe nucléaire qui pourrait rendre une grande partie de l’Europe, y compris la Russie, inhabitable pendant au moins plusieurs décennies, a averti Greenpeace, vendredi. Cette nuit, les équipes de Greenpeace ont craint un scénario potentiellement bien pire que la catastrophe de Fukushima. 

Greenpeace rappelle que cette centrale est dotée de six réacteurs de 1 000 mégawatts et conserve « 2 200 tonnes de combustible usé hautement radioactif », et met en garde contre toute perte d’alimentation du réseau qui nécessiterait la mise en route des générateurs Diesel de secours, « dont l’approvisionnement en Diesel est limité et qui ne sont pas considérés comme fiables ».

Dans une vidéo, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé Vladimir Poutine d’avoir recours à la « terreur nucléaire »« Nous alertons tout le monde sur le fait qu’aucun autre pays hormis la Russie n’a jamais tiré sur des centrales nucléaires. C’est la première fois dans notre histoire, la première fois dans l’histoire de l’humanité. Cet État terroriste a maintenant recours à la terreur nucléaire », a-t-il déclaré, réclamant une « action européenne immédiate » afin « d’empêcher que l’Europe ne meure d’un désastre nucléaire ».

Pour en savoir plus, voir Mediapart

https://www.mediapart.fr/journal/international/050322/pourquoi-l-invasion-russe-de-l-ukraine-attise-la-peur-nucleaire