27/12/2023 Notre soleil pourrait-il avoir un trou noir en son centre ?

La question paraîtra paradoxale . En astrophysique, un trou noir est un objet céleste si compact que l’intensité de son champ gravitationnel empêche toute forme de matière ou de rayonnement de s’en échapper..Or le solei comme toutes les étoiles, ne cesse de rayonner. Dans le soleil, étoile encore jeune, la fusion nucléaire consomme des noyaux d’hydrogène pour former des noyaux d’hélium en dégageant de l’énergie. Il met un rayonnement électromagnétique dont la lumière visible fait partie. Celui-ci se décompose en ondes radio et millimétriques, en émissions dans l’infrarouge, le visible et l’ultraviolet et, au-delà, en rayons X et gamma.. Un trou noir au centre du soleil absorberait toute ces rayonnements. Il faudrait parler de soleil noir. Un tel concept n’a pas de sens.

Cependant, une équipe internationale, dirigée par des chercheurs de l’Institut Max Planck d’astrophysique, vient de publier dans The Astrophysical Journal un article dont trouvera ci-dessous les références et l’abstract. En développant des idées avancées il y plus de 50 ans par Stephen Hawking ces chercheurs sont arrivés à la conclusion que plusieurs étoiles pourraient abriter un trou noir en leur cœur et cependant « vivre » étonnamment longtemps. Notre Soleil pourrait même en héberger un  aussi massif que la planète Mercure sans que nous nous en rendions compte.

L’objet s’entoure doucement d’une zone d’accrétion qui rayonne en chauffant l’étoile et dont la pression de radiation régule l’alimentation du trou noir en s’opposant à une trop grande vitesse d’accrétion et d’absorption de la matière par le trou noir. Selon sa masse, il n’y a aucun effet sur l’étoile hôte pour les plus légers, et pour les plus lourds une partie non négligeable de la luminosité de l’étoile pourrait même provenir du disque d’accrétion et non de réactions thermonucléaires.

Concernant les minitrous noirs les plus massifs, l’évolution et la structure d’une étoile de type solaire pourrait tout de même être un peu changées au fur et à mesure que le trou noir central grossirait lentement. Ainsi, alors que la majeure partie de la structure interne de l’étoile effectue un transfert d’énergie vers la surface en mode radiatif, avec une couche externe dans un état convectif, dans le cas de ce que les chercheurs ont appelé une étoile de Hawking, c’est tout le corps de l’étoile qui serait en état convectif. Ce serait donc uniquement ce mode de transfert de la chaleur qui serait opérant entre le cœur de l’étoile, là où de l’énergie est libérée, et sa surface.

Le Soleil avalant un de ces trous noirs serait donc une étoile entièrement convective, brillant pendant des milliards d’années et dont la surface apparaitrait particulièrement riche en hélium étant donné que les mouvements convectifs feraient remonter l’hélium produit en son centre par la fusion de l’hydrogène en hélium. Le Soleil deviendrait finalement un trou noir, ce qui aurait été impossible autrement, car seules des étoiles d’au moins 8 à 10 masses solaires pouvant devenir des trous noirs naturellement en fin de vie après avoir explosé en supernova de type SN II.

On pourrait tester l’existence d’étoile de Hawking grâce à l’astérosismologie qui peut nous révéler la structure interne des étoiles. Notre Soleil ne paraît pas lui être une étoile de Hawking, On devrait cepandant en savoir plus avec  la mission Plato (acronyme de Planetary transits and oscillations of stars) un télescope spatial de l’ESA qu’elle lancera dans quelques années.

Référence

The Astrophysical Journal
[Submitted on 11 Dec 2023]



arXiv:2312.06782
(or arXiv:2312.06782v1 [astro-ph.SR] for this version)
https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.06782 Focus to learn more



Solar evolution models with a central black hole

Hawking (1971) proposed that the Sun may harbor a primordial black hole whose accretion supplies some of the solar luminosity. Such an object would have formed within the first 1 s after the Big Bang with the mass of a moon or an asteroid. These light black holes are a candidate solution to the dark matter problem, and could grow to become stellar-mass black holes (BHs) if captured by stars. Here we compute the evolution of stars having such a BH at their center. We find that such objects can be surprisingly long-lived, with the lightest black holes having no influence over stellar evolution, while more massive ones consume the star over time to produce a range of observable consequences. Models of the Sun born about a BH whose mass has since grown to approximately 10−6 M⊙ are compatible with current observations. In this scenario, the Sun would first dim to half its current luminosity over a span of 100 Myr as the accretion starts to generate enough energy to quench nuclear reactions. The Sun would then expand into a fully-convective star, where it would shine luminously for potentially several Gyr with an enriched surface helium abundance, first as a sub-subgiant star, and later as a red straggler, before becoming a sub-solar-mass BH. We also present results for a range of stellar masses and metallicities. The unique internal structures of stars harboring BHs may make it possible for asteroseismology to discover them, should they exist. We conclude with a list of open problems and predictions



Cite as:arXiv:2312.06782
 (or arXiv:2312.06782v1 [astro-ph.SR] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.06782 Focus to learn more



27/12/2023 Offensive américaine sur le projet gazier russe en Arctique LNG2

Alors que l’on vient de découvrir en France un important gisement d’Hydrogène naturel dit blanc estimé à 46 millions de tonnes, pouvant couvrir les besoins de la France pendant 50 ans, le lundi 25 décembre, les actionnaires étrangers (français, chinois et japonais) ont annoncé suspendre leur participation dans le programme gazier russe en Arctique LNG2.

Celui-ci devait exporter 20 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié chaque année ? C’est en tout cas ce qui était prévu à partir du mois de décembre prochain.

Mais c’était sans compter sur un véritable rebondissement dans ce programme clé de la stratégie de la Russie sur le marché mondial de GNL (gaz naturel liquéfié). En effet, le lundi 25 décembre, trois investisseurs étrangers, français, chinois et japonais, ont annoncé suspendre leur participation. Ils invoquent un « cas de force majeure ». Il s’agit d’une conséquence directe des sanctions internationales qui visent Moscou. La dernière décision en date est celle des États-Unis et visait directement le projet LNG 2.

Selon Reuters, deux grandes majors chinoises avaient pourtant demandé des exemptions au gouvernement américain. Elles ne les avaient pas obtenues. Désormais, elles se retirent, tout comme un consortium de sociétés japonaises et TotalEnergies. Ils faisait chacun 10% du projet. Le pétrolier français s’était déjà retiré de manière opérationnelle en 2022 après le début de la guerre en Ukraine, mais des contrats d’approvisionnement continuaient de le lier au projet.

Rappelons que le LNG 2 Arctique est détenu à 60% par Novatek, le plus grand producteur russe de gaz naturel liquéfié.

Ce gisement pouvait permettre à Moscou d’augmenter sa part sur le marché mondial de GNL, pour passer de 8 à 20% d’ici à 2030. Le quotidien russe Kommersant estime que le retrait des investisseurs étrangers pourrait conduire LNG 2 Arctique à perdre les contrats d’approvisionnement à long terme qu’il a déjà signé. Le journal évoque aussi la nécessité pour Novatek de financer le projet par ses propres moyens et de vendre le gaz sur le marché au comptant.

Ces contretemps retardent les livraisons. Selon des sources industrielles citées par Reuters, les premiers méthaniers devraient désormais prendre la mer au plus tôt au deuxième trimestre de l’année prochaine.

26/12/2023 La sonde SurfMoG H2 de la société 45-8 Energy : à la recherche de l’hydrogène blanc

Hydrogène blanc, hydrogène naturel et hydrogène géologique désignent le même produit. Il s’agit de l’hydrogène qui s’échappe de la croûte terrestre, le plus souvent mêlé à un autre gaz comme l’hélium. La société 45-8 Energy recherche des gisements pour ces 2 éléments. Concernant l’hydrogène blanc, elle a développé la sonde SurfMoG H2 

C’est cette sonde qui a permis la récente découverte du gisement d’Hydrogène blanc de Folschwiller en Lorraine.

SurfMoG H2 est le fruit de l’expertise et de l’union d’une entreprise française, 45-8 ENERGY, et d’une société suisse, SOLEXPERTS.

45-8 ENERGY est spécialisée dans l’exploration du sous-sol à des fins de production de gaz industriels écoresponsables tels que l’hélium et l’hydrogène.
SOLEXPERTS base son cœur de métier sur la mécanique des sols et développe des instruments géotechniques, hydrogéologiques et de monitoring de classe mondiale.

26/12/2023 Consultation gouvernementale sur la nouvelle stratégie française pour le déploiement de l’hydrogène décarboné (hydrogène blanc)

Pour la première fois en France, le gouvernement a autorisé un projet de recherches d’hydrogène blanc. Ce combustible naturellement présent dans le sous-sol pourrait largement participer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’industrie et des transports.

C’est dans les souterrains du bassin minier du puits Folschviller, en Moselle, qu’une gigantesque réserve d’hydrogène blanc a été découverte. La plus grande au monde . Selon les travaux menés par de nombreux géologues, non seulement l’ hydrogène blanc – ou hydrogène naturel – existerait, mais il semblerait en plus qu’il soit produit continuellement par la Terre et en grande quantité. Il ne faudrait donc plus parler de réserve, comme pour les énergies fossiles, mais de flux.

En Moselle, les experts auraient découvert une source continue d’hydrogène estimée à  46 millions de tonnes. Suffisamment donc pour couvrir les besoins de la France à horizon 2050, estimés à environ 3 millions de tonnes par an par le cabinet Asterès. De quoi faire de l’Hexagone “un des pays pionniers dans cette énergie du futur”, a assuré Emmanuel Macron après avoir annoncé des “financements massifs pour explorer le potentiel d’hydrogène naturel”.

Pour atteindre ses objectifs de transition énergétique, la France s’intéresse de très près à la production et à l’utilisation de l’hydrogène bas-carbone et renouvelable. En ce sens, l’hydrogène blanc représente une source d’espoir inestimable. Naturellement présent dans les sols et probablement renouvelable (l’hypothèse restant à confirmer), sa production ne s’accompagne d’aucune émission de dioxyde de carbone. Elle ne produit que de l’eau.

Si les hypothèses avancées jusqu’alors venaient à se confirmer, la France pourrait entrer dans une nouvelle ère énergétique dans les années à venir. Le gouvernement vient quant à lui de donner de nouveaux détails sur la révision de sa stratégie hydrogène, via un document publié sur le site du Ministère de la Transition Energétique, le 19 décembre dernier et faisant écho aux annonces du Président de la république. Dans le cadre de France 2030, l’État entend ainsi lancer une “étude exploratoire sur l’hydrogène naturel”, afin d’évaluer d’ici à 2025,,les potentiels d’extraction en France, mais également les intérêts économiques et impacts environnementaux.

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Le Gouvernement a publié le 15 décembre 2023, pour consultation, ses nouvelles orientations stratégiques pour le développement de l’hydrogène décarboné en France. Un Conseil national de l’hydrogène se réunira début 2024 pour entériner cette révision de la stratégie hydrogène française.

La stratégie proposée repose sur différentes briques :

  • Un objectif : installer une capacité de production électrolytique d’hydrogène bas-carbone de 6,5 GW en 2030 et de 10 GW en 2035. Cette production sera alimentée par le mix électrique français, bas-carbone, ou par des installations de production d’électricité nucléaire ou renouvelable, en fonction des choix d’approvisionnement de chaque installation, et en cohérence avec le principe de neutralité technologique entre hydrogène renouvelable et bas-carbone.
  • Le déploiement en France de l’hydrogène décarboné et de ses infrastructures de transport. La priorité sera donnée au développement d’un réseau au sein de hubs hydrogène (infrastructures dites « intra-hubs »), notamment les hubs de Fos-sur-Mer, Dunkerque, Havre-Estuaire de la Seine, et Vallée de la chimie, et de leur connexion aux infrastructures de stockage. En complément, les déploiements locaux resteront nécessaires, y compris pour alimenter les usages intensifs de mobilité.
  • Un soutien sans équivoque du Gouvernement en faveur du déploiement de la production d’hydrogène décarboné sur le territoire national en assurant aux industriels le modèle économique nécessaire pour accélérer leur décarbonation, grâce notamment à un mécanisme de soutien de 4 Md€ sécurisant sur 10 ans la compétitivité de l’hydrogène décarboné par rapport à l’hydrogène fossile.
  • Une stratégie ouverte sur le monde, accompagnant la filière française dans son développement commercial à l’international, et assumant l’émergence d’un marché mondial de l’hydrogène et ses dérivés.
  • Une attention portée à la maîtrise de l’ensemble des équipements de l’hydrogène et de ses technologies pour assurer l’industrialisation des projets précédemment soutenus, renforcer l’intégration de l’écosystème autour des fleurons français et assurer la couverture de l’ensemble des produits et technologies clés de la chaîne de valeur.
  • Faire du déploiement de l’hydrogène une opportunité pour flexibiliser notre système énergétique en améliorant la capacité d’effacement des électrolyseurs et en développant des capacités de stockage.
  • Garantir les conditions cadres nécessaires au développement de la filière hydrogène française, que ce soit en matière d’accès aux compétences, d’accès au foncier, de délais des procédures, de raccordement au réseau électrique, ou encore de développement d’un cadre réglementaire complet, lisible et stable.

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Hydrog%C3%A8ne_natif

https://news.cnrs.fr/articles/a-gigantic-hydrogen-deposit-in-northeast-france

https://www.rfi.fr/fr/podcasts/chronique-des-mati%C3%A8res-premi%C3%A8res/20231226-le-m%C3%A9gaprojet-gazier-russe-lng-2-d%C3%A9sert%C3%A9-par-les-investisseurs-%C3%A9trangers

25/12/2023 Une tempête solaire responsable du dernier âge glacial

La plus puissante tempête solaire dont la Terre ait conservé des traces s’est produite il y a 14000 ans. On l’ appris par l’étude de troncs de pins fossiles retrouvés dans les Alpes et endommagés ou abattus et brûlés à cette occasion

https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rsta.2022.0206

On a peine à imaginer les destructions que le renouvellement d’un tel phénomène produirait aujourd’hui sur l’ensemble des réseaux, y compris satellitaires, qui sont devenus indispensables aux terriens. Le dommage durerait des mois, le temps que soient faites, à l’aveugle, les réparations.

Avant cela et depuis les traces de tels événements, dits Myake events  avaient été trouvées, mais nulle part avec l’ampleur de celui mentionné ici. Ces tempêtes résultent de l’éjection ponctuelle à partir de la surface du soleil, de particules électriquement chargées accompagnées de plasma magnétisé et de rayons gamma .

Un phénomène analogue, mais d’une force infiniment moindre, dit Carrington event s’était produit en 1859 et avait fortement perturbé les communications télégraphiques

A radiocarbon spike at 14 300 cal yr BP in subfossil trees provides the impulse response function of the global carbon cycle during the Late Glacial

Edouard Bard

… See all authors 

Published:09 October 2023

https://doi.org/10.1098/rsta.2022.0206

Abstract

We present new 14C results measured on subfossil Scots Pines recovered in the eroded banks of the Drouzet watercourse in the Southern French Alps. About 400 new 14C ages have been analysed on 15 trees sampled at annual resolution. The resulting Δ14C record exhibits an abrupt spike occurring in a single year at 14 300–14 299 cal yr BP and a century-long event between 14 and 13.9 cal kyr BP. In order to identify the causes of these events, we compare the Drouzet Δ14C record with simulations of Δ14C based on the 10Be record in Greenland ice used as an input of a carbon cycle model. The correspondence with 10Be anomalies allows us to propose the 14.3 cal kyr BP event as a solar energetic particle event. By contrast, the 14 cal kyr BP event lasted about a century and is most probably a common Maunder-type solar minimum linked to the modulation of galactic cosmic particles by the heliomagnetic field. We also discuss and speculate about the synchroneity and the possible causes of the 14 cal kyr BP event with the brief cold phase called Older Dryas, which separates the Bølling and Allerød millennium-long warm phases of the Late Glacial period.

This article is part of the Theo Murphy meeting issue ‘Radiocarbon in the Anthropocene’.

Voir aussi Could a solar storm ever destroy Earth?

24/11/2023 Les Réseaux neuronaux profonds (Deep Neural Networks DNN)

Un réseau neuronal est une suite d’algorithmes ou étapes de travail inspirés du cerveau humain. Son but est de simuler (reproduire) l’activité de celui-ci dans la reconnaissance des formes et la transmission des informations correspondantes entre les différentes couches de connexions interneuronales.

Un réseau neuronal profond (Deep neural network ou DNN) est composé d’au moins deux couches (layer) de neurones. Ceci permet d’introduire de la complexité dans le traitement des données et notamment de faire appel à des modèles mathématiques avancés.

En général un DNN comporte 3 couches, une couche d’entrée, une couche de sortie et une couche intermédiaire. Plus il y a de couches, plus le traitement des données est efficace. Chaque couche intervient dans des tâches spécifiques de reconnaissance et de catégorisation dites “feature hierarchy“.

Le DNN reçoit les données fournies par des capteurs on directement injectées par le programme. Il peut s’agir de textes, d’images ou même de sons qui sont converties en valeurs numériques. Celles-ci, couche par couche, sont traduites en probabilités de prédictions, jusqu’à obtenir un résultat aussi proche de la réalité perçue que possible.

Pour imiter au mieux le cerveau humain dans l’exercice de ces tâches, un DNN est entrainé par des procédures relevant du Deep Learning ou Apprentissage profond, un sous-domaine de l’Intelligence Artificielle https://fr.wikipedia.org/wiki/Apprentissage_profond

23/11/2023. Faut-il avoir peur d’éventuels robots conscients ?

Même si les chercheurs en sciences cognitives ont du mal à expliquer ce qu’est la conscience chez les humains, ils peuvent plus facilement comprendre pourquoi certaines personnes perdent conscience ou sont incapables de conscience.

Différents facteurs favorables à l’émergence de la conscience chez un individu sont d’ordre anatomique. Il doit posséder un cerveau doté d’un nombre suffisant de neurones pour se donner des représentations de lui-même dans une représentation de son environnement. D’autres sont psychologiques. Il doit dès avant la naissance, par un dialogue in utero avec sa mère, apprendre à partager avec celle-ci les états de conscience que celle-ci éprouve. Plus tard, il doit apprendre à partager avec ses semblables puis plus tard éventuellement à refuser les langages par lesquels se forme la conscience sociale. D’autres enfin sont sociologiques. Il doit grandir puis exercer une activité productive dans des sociétés qui valorisent les prises de conscience chez les individus plutôt qu’encourager l’obéissance passive voire réprimer la manifestation des faits de conscience.

Aujourd’hui, les recherches en robotique, ou du moins certaines d’entre elles, cherchent à améliorer les capacités de prise de conscience des robots et simultanément les capacités qu’auraient ces robots augmentés de partager des états de conscience avec des humains. Inutile de dire que la tâche sera difficile, dans la mesure où comme nous venons de le rappeler, l’on ne sait trop encore en quoi consiste la conscience chez l’homme. Cependant de nombreuses pistes prometteuses apparaissent.

Il ne s’agira pas d’emblée d’obtenir des robots conscients et capables de communiquer avec les hommes. Il s’agira plutôt, comme l’a fait la nature au fil des millénaires, de réaliser des robots et des sociétés de robots capables à leur niveau de débuts de prises de conscience. Plusieurs facteurs seront à explorer. Le premier sera de concevoir des robots capables d’évoluer par auto-apprentissage. Pour cela ils devront être dotés de neurones artificiels capables de former des ensembles interactifs plus complexes et significatifs que les neurones individuels.

Ils devront également au lieu d’être constitués entièrement de métaux rigides, comporter des parties plastiques éventuellement gonflables en relation avec des capteurs sensoriels différents qui commanderont les formes et les gestes les plus adaptés. On parle de « soft robotics ».

Une autre exigence essentielle consistera à pouvoir se grouper à plusieurs, voire former des meutes pour explorer des milieux différents. Des robots de taille différente pourront être associés à cette fin, soit robots de grande taille en matière par exemple d’exploration spatiale, soit de très petite taille afin d’opérer dans un corps vivant humain sans le détruire.

Quant aux langages de communication, tant entre robots qu’avec les humains, ce ne sera pas contrairement à ce l’on pense parfois, l’enjeu le plus difficile. Ainsi d’ores et déjà la communication entre un avion de combat comportant des dizaines de petits robots et son pilote se fait déjà bien, dans les deux sens.

Voir dans Paris Match

https://www.parismatch.com/actu/insolite/un-ovni-en-forme-de-tic-tac-filme-depuis-un-avion-un-autre-detecte-par-une-ia-223816



22/11/2023. Le recul des dinosaures

Les dinosaures sont un groupe de reptiles apparu il y a 230 à 240 millions d’années au Trias, durant le Mésozoïque.  Ils sont issus d’une population d’archosaures, les « lézards régnants » qui se partageaient la Terre avec de nombreux reptiles.

Or dix millions d’années avant la chute fatale de l’astéroide, les dinosaures étaient déjà sur le recul. C’est la conclusion d’une équipe franco-anglo-canadienne menée par Fabien Condamine, chercheur du CNRS à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier, qui a analysé l’évolution au cours du Crétacé de six grandes familles, dont celles des tyrannosaures, des triceratops et des hadrosaures à bec de canard.

Il s’agissait de la cinquième extinction de masse de l’histoire du vivant. Il y a 66 millions d’années disparaissaient brutalement 75% des espèces, dont les dinosaures non aviens, emportés par l’impact brutal d’un objet céleste dans le Yucatán (un astéroïde ? un fragment de comète ?) et un regain d’activité volcanique.

Une nouvelle étude parue fin juin dans la revue Nature Communications  dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract avance qu’ils étaient déjà mal en point avant le coup fatal : 10 millions d’années auparavant, ils étaient sur le déclin.

« Nous avons examiné les familles de dinosaures les plus abondantes pendant toute la durée du Crétacé, soit de 150 à 66 millions d’années, précise l’auteur dans un communiquéEt nous avons constaté qu’elles évoluaient toutes, qu’elles se développaient et qu’elles étaient manifestement prospères. Puis, il y a 76 millions d’années, elles ont connu un brusque ralentissement. Le nombre d’extinctions a augmenté et, dans certains cas, l’apparition de nouvelles espèces a chuté. »

Pourquoi ce phénomène ? Il est probablement lié à un refroidissement global survenu vers la fin du Crétacé (la température moyenne de la planète a alors baissé de 7 à 8°C) et à la diminution de la diversité des herbivores. Ceci a pu déséquilibrer les écosystèmes et conduire à des extinctions en cascades.

Pour les auteurs, nul doute que le déclin des dinosaures est dû à ces facteurs environnementaux survenus bien avant le coup de grâce porté par un possible astéroïde.

https://www.geo.fr/animaux/le-declin-des-dinosaures-avait-commence-bien-avant-leur-disparition-brutale-selon-une-nouvelle-etude-205315

Référence

Dinosaur biodiversity declined well before the asteroid impact, influenced by ecological and environmental pressures

Nature Communications 

volume12, Article number: 3833 (2021) 

Abstract

The question why non-avian dinosaurs went extinct 66 million years ago (Ma) remains unresolved because of the coarseness of the fossil record. A sudden extinction caused by an asteroid is the most accepted hypothesis but it is debated whether dinosaurs were in decline or not before the impact. We analyse the speciation-extinction dynamics for six key dinosaur families, and find a decline across dinosaurs, where diversification shifted to a declining-diversity pattern ~76 Ma. We investigate the influence of ecological and physical factors, and find that the decline of dinosaurs was likely driven by global climate cooling and herbivorous diversity drop. The latter is likely due to hadrosaurs outcompeting other herbivores. We also estimate that extinction risk is related to species age during the decline, suggesting a lack of evolutionary novelty or adaptation to changing environments. These results support an environmentally driven decline of non-avian dinosaurs well before the asteroid impact.

22/12/2023 ChatGPT et consorts pris la main dans le sac

La famille de Léon Gautier, qui faisait partie des 177 Français du commando Kieffer ayant débarqué en Normandie le 6 juin 1944, va porter plainte contre une biographie truffée d’erreurs. C’est ce que rapporte France Bleu Normandie.

De leur côté, des journalistes du  Monde  indiquent que le site Amazon est confronté à une déferlante de « faux livres » générés par intelligence artificielle. Amazon a du réduire à trois le nombre de livres publiés chaque jour sur sa plate-forme Kindle Direct Publishing par un  unique et prétendu « auteur » :  « Nos règles relatives au contenu Kindle Direct Publishing imposent désormais aux auteurs et éditeurs de signaler si leur contenu a été généré par intelligence artificielle »,  précise Amazon.

L’agence Reuters recensait déjà sur Amazon Kindle Direct Publishing aux États-Unis, en février dernier, plus de deux cents ouvrages écrits par ChatGPT, le chatbot d’OpenAI. Autant des romans que des manuels techniques ou des livres pour enfants, dont nul ne vérifiait jamais les contenus .

Ce phénomène risque si rien n’est fait d’enlever toute crédibilité à l’édition, au journalisme et à l’information par audiovisuel. Ainsi le Hamas prétend-il actuellement que la dénonciation de ses « crimes » par Israël repose sur des images fausses. Qui vérifiera ?

On dira que le phénomène n’est pas nouveau. Lors des deux dernières guerres mondiales on parlait en France de « bobards ». Ce qui est nouveau sera l’ampleur du phénomène. Chacun d’entre nous vivra bientôt dans une infosphère à laquelle il ne pourra accorder le moindre crédit, étant par lui même incapable de distinguer le vrai du faux.

Elon Musk et autres savaient cela depuis longtemps. Ils n’ont rien fait pour prévenir le phénomène. Si des responsables devaient être poursuivis, ce devrait être eux.


Voir aussi https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/01/21/openai-dans-la-tete-des-createurs-de-chatgpt_6158745_3234.html

21/12/2023 Fonte rapide du glacier Antarctique dit Pine Island glacier 

On dit que les glaciers épais de plusieurs centaines de mètres composant le west Antarctic ice sheet ne ressentent pas encore les effets du réchauffement climatique. Ce n’est pas le cas comme le montre la fonte rapide de la couverture de glace de la taille des 3/4 de la Grande Bretagne qui recouvre cette partie du continent.

Le mouvement s’est amorcé il y a quelques décennies. Aujourd’hui il s’accentue rapidement contribuant plus que la fonte des autres glaciers à une remontée de plusieurs mètres du niveau de la mer. Des modélisations montrent que le glacier reculera rapidement jusqu’à disparaître presque totalement.

(voir https://tc.copernicus.org/articles/17/3761/2023/ )

De précédentes montées du niveau de la mer, ne dépassant pas quelques cms s’étaient produites dans les siècles précédents. Elles avaient sans doute été dues à un phénomène dit de la“marine ice sheet instability”. Quand dans l’ouest antarctique à la suite de saisons un peu plus chaudes qu’en moyenne, les glaciers perdent quelques centimètres, ils ne regagnent jamais toute leur hauteur antérieure.

Ceci parce que le nouveau refroidissement devrait être légèrement supérieur au réchauffement précédent afin de compenser la totalité de la masse perdue. Sinon le poids du glacier n’ayant pas fondu pèsera par gravité sur le glacier en train de se refroidir et l’empêchera de regagner son niveau antérieur.

Si de tels phénomènes se reproduisaient à l’avenir la hausse global du niveau des mers pourrait être de plusieurs mètres.