04/03/2024 Des troupes occidentales en Ukraine. Oui, mais avec quelles munitions ?

Emmanuel Macron, lundi 26 février, a évoqué la possibilité d’envoyer des troupes occidentales sur le terrain en Ukraine,. C’est un signal fort envoyé à Vladimir Poutine, mais l’annonce du président de la République ne trouve aucun soutien. Royaume-Uni, Espagne, Pologne, Allemagne : de nombreux pays européens manifestent leur réticence. « Il n’y aura aucune troupe au sol, aucun soldat envoyé ni par les États européens, ni par les États de l’Otan, sur le sol ukrainien« , a indiqué Olaf Scholz, le chancelier allemand.

Même désaccord du côté des États-Unis. « Le président Biden a été clair sur le fait que les États-Unis n’enverront pas de soldats combattre en Ukraine« , a déclaré Adrienne Watson, porte-parole du conseil américain de Sécurité nationale. En Russie, la réaction est sans équivoque. Toute intervention au sol en Ukraine ne serait « pas dans l’intérêt » des Occidentaux, selon le Kremlin.

Apparemment le président français était mal informé de l’état des armements dont disposeraient ces troupes au sol face aux troupes russes. Depuis deux ans les Etats européens ont fourni à l’Ukraine des dizaines de milliards d’euros d’armements sophistiqués, vidant leurs arsenaux de matériels prévus pour assurer la défense de ces pays en Europe ou dans le reste du monde.

Les réserves sont au plus bas selon une déclaration du lieutenant général belge  Marc Thys, ancien commandant en chef adjoint des Forces Armées belges. En fait nous sommes en pleine m…de, comme le rapporte le journal MerKur.de

Voir https://www.merkur.de/politik/eu-armee-wehrfaehigkeit-belgien-russland-ukraine-krieg-waffen-munition-produktion-92868357.html

“Si vous commandez aujourd’hui, concernant certains types de munitions vous devrez attendre 7 ans avant d’être servi. Même pour les plus banales, celles de 5,56 mm aux standards de l’Otan,vous devrez patientez 1 an avant de les recevoir.

En attendant, il ne vous restera plus qu’à jeter des pierres à l’adversaire  » throwing stones after just after a few hours  » 

04/03/2024 Vers l’Internet quantique

Dans un laboratoire de l’Université de Stony Brook, une équipe de physiciens vient de franchir une étape cruciale vers la concrétisation d’un internet quantique.

Cette avancée repose sur l’utilisation de mémoires quantiques à température ambiante, un élément essentiel pour le développement des réseaux de demain. Leur recherche, publiée dans le journal  Quantum Information dont on trouvera ci-dessous les références, démontre la faisabilité d’un réseau constitué de répéteurs quantique , marquant ainsi un progrès significatif dans le domaine.

L’internet quantique, vision futuriste de la connectivité, promet de révolutionner notre système internet actuel en offrant une sécurité renforcée et des capacités de traitement de l’information jusqu’alors inégalées. À la différence de l’internet classique, il reposera sur l’état des particules et sur l’intrication quantique pour transmettre des informations de manière pratiquement inviolable.

Le défi principal à surmonter pour parvenir à cet internet du futur réside dans la mise au point de répéteurs quantiques efficaces. Ces dispositifs permettent de maintenir l’intrication sur de longues distances, constituant ainsi les relais d’un réseau mondial. L’expérience menée par l’équipe de Stony Brook s’est concentrée sur le développement et la caractérisation de mémoires quantiques opérant à température  ambiante, une innovation majeure qui réduit considérablement les coûts et les complexités associés aux technologies nécessitant des températures proches du zéro absolu.

En effectuant un test d’interférence de Hong-Ou-Mandel https://en.wikipedia.org/wiki/Hong%E2%80%93Ou%E2%80%93Mandel_effect, les chercheurs ont pu démontrer que leurs mémoires quantiques à température ambiante étaient capables de stocker puis de restituer des qubits optiques sans altérer significativement leur état, facilitant ainsi l’intrication à distance des photons Cette réussite ouvre la voie à la création de réseaux de répéteurs à grande échelle, essentiels à l’émergence de l’internet quantique.

L’importance de cette avancée est soulignée par le professeur Eden Figueroa, chef de file de cette recherche, qui envisage déjà les prochaines étapes: le développement de sources d’intrication compatibles avec ces mémoires quantiques et la mise au point de mécanismes permettant de signaler la présence de photons stockés à travers le réseau.

Le potentiel de l’internet quantique pour transformer notre façon de communiquer, de calculer et d’analyser des données est immense. L’innovation de Stony Brook, avec ses mémoires quantiques fonctionnant à température ambiante, représente un jalon important sur la route complexe mais prometteuse vers cette révolution technologique.

Référence

03/03/2024 Un grand pas vers une théorie de la gravitation quantique

La physique quantique et la théorie de la relativité générale d’Einstein sont les deux piliers sur lesquels repose notre compréhension de l’Univers, chacune excellant à décrire les phénomènes à ses propres échelles. Cependant, ces deux théories semblent incompatibles lorsqu’il s’agit de lier le monde quantique à celui de la gravité. Une équipe internationale de chercheurs a franchi un pas significatif vers la résolution de cette énigme en mesurant pour la première fois la force gravitationnelle à l’échelle microscopique.

La gravité, cette force qui nous ancre à la Terre et régit le mouvement des planètes, a longtemps échappé à une description quantique, contrairement aux trois autres forces fondamentales de l’Univers. En réussissant à détecter une faible force gravitationnelle agissant sur une particule minuscule, les scientifiques ouvrent la voie vers une théorie de la « gravité quantique« .

Cette avancée n’est pas seulement technique ; elle porte en elle le potentiel de répondre à certaines des questions les plus profondes de la physique. Comment l’Univers a-t-il commencé ? Que se passe-t-il à l’intérieur d’un trou noir ? Peut-on unifier toutes les forces fondamentales dans une seule théorie ?

Le défi de mesurer la gravité à une échelle si réduite a nécessité l’usage de pièges magnétiques supraconducteurs et de températures extrêmement basses, frôlant le zéro absolu. C’est dans ces conditions que la force gravitationnelle, d’une faiblesse inédite de 30 attoNewtons, a été détectée sur la particule.

Ce travail minutieux n’est que le début d’un voyage qui promet de repousser les frontières de notre connaissance. Les chercheurs envisagent déjà de réduire davantage la masse des particules étudiées, s’approchant toujours plus du monde de la physique quantique.

https://www.techno-science.net/actualite/gravite-quantique-premiere-mesure-gravite-tres-petite-echelle-N24543.html

Référence

Science advances
VOL. 10, NO. 8

Measuring gravity with milligram levitated masses

Abstract

Gravity differs from all other known fundamental forces because it is best described as a curvature of space-time. For that reason, it remains resistant to unifications with quantum theory. Gravitational interaction is fundamentally weak and becomes prominent only at macroscopic scales. This means, we do not know what happens to gravity in the microscopic regime where quantum effects dominate and whether quantum coherent effects of gravity become apparent. Levitated mechanical systems of mesoscopic size offer a probe of gravity, while still allowing quantum control over their motional state. This regime opens the possibility of table-top testing of quantum superposition and entanglement in gravitating systems. Here, we show gravitational coupling between a levitated submillimeter-scale magnetic particle inside a type I superconducting trap and kilogram source masses, placed approximately half a meter away. Our results extend gravity measurements to low gravitational forces of attonewton and underline the importance of levitated mechanical sensors.

03/03/2024 Découverte d’un pulsar anormalement puissant

Voir Techno-science
https://www.techno-science.net/actualite/decouverte-fortuite-pulsar-bizarre-nomme-parrot-N24566.html

Dans un article publié le 21 février 2024, dans la revue Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, une équipe internationale rapporte la découverte fortuite d’un pulsar au comportement inhabituel, et jusqu’ici jamais catalogué, qu’elle baptise PARROT.

En décembre 2020, s’est produite la « grande conjonction » entre Saturne et Jupiter, un phénomène rare où les planètes pouvaient être observées, dans un même champ du ciel, de façon très rapprochée. Cet événement astronomique a suscité l’intérêt des astronomes du monde entier et donné lieu à de multiples campagnes d’observation. C’est dans ce contexte qu’une équipe scientifique internationale, dirigée par Oleg Smirnov, professeur au Rhodes Centre for Radio Astronomy Techniques & Technologies (RATT) en Afrique du Sud, et incluant notamment un astronome de l’Observatoire de Paris – PSL, a été amenée à diriger le radiotélescope MeerKAT de l’Observatoire de Radio Astronomie Sud-Africain (SARAO) vers la zone du ciel concernée.

Et là, à la surprise des astronomes: dans le champ de vision, au voisinage de Saturne, une source radio inattendue s’est soudainement activée, pendant environ 45 minutes, avant de s’éteindre à nouveau. De telles sources, dites « transitoires », sont très rares et donc scientifiquement intéressantes.

Au cours des mois qui suivirent, les scientifiques ont réutilisé MeerKAT à plusieurs reprises, parvenant ainsi à caractériser l’émission radio comme étant la signature d’un pulsar variable.

Si les pulsars sont des objets bien connus et dénombrés par milliers, celui-ci se distingue par son comportement radio exceptionnel, présentant des amplificateurs de signal atteignant, en quelques minutes, jusqu’à 100 fois la luminosité habituellement enregistrée pour ce type d’objet.

Ce facteur égal ou supérieur à 10 lui a d’ailleurs valu une nouvelle dénomination dans la nomenclature des pulsars. L’équipe scientifique l’a baptisé « PARROT », acronyme anglais pour « pulsar with anomalous refraction recurring on odd timescales », soit « pulsar à réfraction anormale récurrente à des échelles de temps anormales”.

Les pulsars, et d’autres objets radio très compacts, présentent souvent des variations dues à la scintillation dans le vent solaire et le milieu interstellaire. Cette scintillation radio n’est d’ailleurs pas très différente u « scintillement » des étoiles lorsqu’elles sont observées en optique à travers l’atmosphère terrestre.
Mais aucun effet de scintillation ne peut rendre une étoile plus lumineuse d’un facteur dix au plus ! Ce phénomène d’amplification radio extrême, connue sous le nom de « lentille », sur d’aussi courtes périodes, est sans précédent.

Les mécanismes qui lui sont sous-jacents sont à ce jour inconnus. Ils pourraient s’expliquer par des structures inhabituelles dans le vent solaire ou encore par un plasma dense dans l’environnement du pulsar. Les pistes de recherche sont à l’étude.

Référence:

Cette découverte est détaillée dans l’article ci-dessous paru dans la revue MNRAS, le 21 février 2024.
https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.12165

The RATT PARROT: serendipitous discovery of a peculiarly scintillating pulsar in MeerKAT imaging observations of the Great Saturn-Jupiter Conjunction of 2020. I. Dynamic imaging and data analysis

[Submitted on 19 Dec 2023 (v1), last revised 20 Dec 2023 (this version, v2)]

O. M. SmirnovB. W. StappersC. TasseH. L. BesterH. BignallM. A. WalkerM. CalebK. M. RajwadeS. BuchnerP. WoudtM. IvchenkoL. RothJ. E. NoordamF. Camilo

We report on a radiopolarimetric observation of the Saturn-Jupiter Great Conjunction of 2020 using the MeerKAT L-band system, initially carried out for science verification purposes, which yielded a serendipitous discovery of a pulsar. The radiation belts of Jupiter are very bright and time variable: coupled with the sensitivity of MeerKAT, this necessitated development of dynamic imaging techniques, reported on in this work. We present a deep radio « movie » revealing Jupiter’s rotating magnetosphere, a radio detection of Callisto, and numerous background radio galaxies. We also detect a bright radio transient in close vicinity to Saturn, lasting approximately 45 minutes. Follow-up deep imaging observations confirmed this as a faint compact variable radio source, and yielded detections of pulsed emission by the commensal MeerTRAP search engine, establishing the object’s nature as a radio emitting neutron star, designated PSR J2009-2026. A further observation combining deep imaging with the PTUSE pulsar backend measured detailed dynamic spectra for the object. While qualitatively consistent with scintillation, the magnitude of the magnification events and the characteristic timescales are odd. We are tentatively designating this object a pulsar with anomalous refraction recurring on odd timescales (PARROT). As part of this investigation, we present a pipeline for detection of variable sources in imaging data, with dynamic spectra and lightcurves as the products, and compare dynamic spectra obtained from visibility data with those yielded by PTUSE. We discuss MeerKAT’s capabilities and prospects for detecting more of such transients and variables.

Comments:21 pages, 17 figures, submitted to MNRAS
Cite as:arXiv:2312.12165 [astro-ph.IM]
 (or arXiv:2312.12165v2 [astro-ph.IM] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2312.12165

Table des articles récents

02/03/2024 Il y avait de la glace d’eau en abondance sur Mars

01/03/2024 Vers une nouvelle espèce d’Homo sapiens ?

01/03/2024 Le Tiny Machine Learning

29/02/2024 En cas de guerre conventionnelle entre la Russie et Occident, combien d’hommes seraient disponibles de part et d’autre ?

28/02/2024 Des poissons centenaires

28/02/2924 La Jungle du Darién

27/02/2024 Les sanctions contre Poutine sont-elles efficaces? Questions à Sergie Guriev

26/02/2023 Généraliser l’électrolyse de l’eau

Notre univers est en inflation parce qu’il est trop gourmand

26/02/2023 Agriculture française. Comment évoluera le monde pendant les 50 prochaines années ?

29/02/2024 Le futur supersonique commercial américain X-59. A quand un remplaçant français du Concorde ?

23/02/2024. Mourir seul chez soi dans l’indifférence générale

23/02/2024. Sous-marins nucléaires. L’Australie attendra encore un peu

22/02/2024 Les trous blancs recrachent la matière dont était fait l’univers passé.

18/02/2024 Tout savoir sur l’Intelligence Artificielle et les technologies de l’information grâce à l’Armée de l’air et de l’Espace française

17/02/2024 Face à la Russie, que peuvent faire les Européens en matière d’armement ?

14/02/2024 Une première détection de matière noire (Black matter)

16/02/2024 Assassinat politique en Russie. Mort de l’opposant Alexeï Navalny

15/02/2024 Découverte d’un nouveau viröide réplicateur

14/02/2024 L’Hydrogène blanc. Pourquoi si peu d’enthousiasme ?

14/02/2024 Pourra-t-on un jour expliquer toutes les étrangetés du monde quantique?

12/00/2024 Félicitations, Vladimir Poutine et Tucker Carlson, sans oublier Elon Musk: un pic d’audience

11/02/2024. Des galaxies massives apparues peu après le Big Bang

10/02/2024 Les crimes sexuels du Hamas. Merci à Paris Match d’oser en parler

10/02/2024 Un nouvel océan d’eau liquide découvert dans le système solaire

04/02/2024 Un nouveau sursaut Gamma GRB d’une force exceptionnelle

06/02/2024 Des galaxies anormalement peuplées d’étoiles

07/02.2023 Sur les drones militaires

06/02/2024 Le principe de l’incertitude quantique gagne en certitude

05/02/2024 La croissance de l’intestin, clef de la croissance du cerveau chez nos ancêtres

04/02/2024 Un bel avenir pour les « dark ships ».

04/02/2024 Pourquoi Vénus se distingue-t-elle de ses soeurs dites habitables du Système Solaire ?

03/02/2024 Un petit trou noir se trouverait-il au centre du soleil ?

02/02/2024 Le canon automoteur français CAESAR

A suivre

02/03/2024 Il y avait de la glace d’eau en abondance sur Mars

Il apparaît qu’une couche de glace d’eau d’une épaisseur considérable se soit étendue sous l’équateur martien. Des données acquises par l’Orbiter Mars Express montrent que ce dépôt, appelé Medusae Fossae Formation, contenait assez d’eau pour recouvrir la surface entière de Mars d’un océan de 1,5 à 2,7 m de profondeur. C’est en explorant les bords d’un cratère d’impact créé par la chute d’un astéroïde de 150 m. de diamètre que l’Orbiter a permis de faire cette découverte. Il est probable que cette glace ait fondu de quelques mètres pendant les étés martiens.

Il n’est pas impossible qu’ aujourd’hui encore demeure sur Mars un peu de glace d’eau accessible. Ce point sera à préciser dès que possible

Références

Geophysical Research Letter

A Large New Crater Exposes the Limits of Water Ice on Mars

Colin M. DundasMichael T. MellonLiliya V. PosiolovaKatarina MiljkovićGareth S. CollinsLivio L. TornabeneVidhya Ganesh RangarajanMatthew P. Golombek … See all authors 

First published: 14 December 2022

https://doi.org/10.1029/2022GL100747

Abstract

Water ice in the Martian mid-latitudes has advanced and retreated in response to variations in the planet’s orbit, obliquity, and climate. A 150 m-diameter new impact crater near 35°N provides the lowest-latitude impact exposure of subsurface ice on Mars. This is the largest known ice-exposing crater and provides key constraints on Martian climate history. This crater indicates a regional, relatively pure ice deposit that is unstable and has nearly vanished. In the past, this deposit may have been tens of meters thick and extended equatorward of 35°N. We infer that it is overlain by pore ice emplaced during temporary stable intervals, due to recent climate variability. The marginal survival of ice here suggests that it is near the edge of shallow ice that regularly exchanges with the atmosphere.

Key points

  • Water ice is exposed in a 150 m-diameter new impact crater near 35°N on Mars
  • The ice includes both massive ice and a covering layer of pore ice
  • This ice marks the southern margin of remaining ice deposits from high-obliquity periods

Voir aussi

https://www.esa.int/Science_Exploration/Space_Science/Buried_water_ice_at_Mars_s_equator

Voir aussi

https://www.nationalgeographic.fr/espace/la-nasa-confirme-la-presence-deau-liquide-sur-mars

01/03/2024 Vers une nouvelle espèce d’Homo sapiens ?

Aujourd’hui, il y a plus de 8 milliards d’humains vivant sur la planète . On les retrouve dans toutes les parties du monde qu’ils ne cessent de transformer. Leurs activités ont conduit à l’extinction d’une grande partie d’autres espèces. Si l’on avait regardé la Terre entre 800.000 et 900/000 ans plus tôt, le tableau aurait été radicalement différent.

C’est ce que montre une étude référencée ci-dessous que vient de publier dans Nature une équipe de chercheurs chinois et américains. Ils ont développé à cette fin un modèle dit coalescent pour prédire la taille des populations humaines à partir des génomes de 3000 humains d’aujourd’hui https://en.wikipedia.org/wiki/Coalescent_theory

Le modèle a fait apparaître une réduction de la population globale d’environ 100.000 à 1.000 individus  laquelle a persisté pendant au moins 100.000 ans. Ce déclin semble avoir été du à des modification climatiques majeures. Il n’a été retrouvé qu’un nombre infime de fossiles correspondant à cette période

Celle-ci correspond à l’apparition de ce que l’on nomme un ancêtre commun, entre néandertal, denisova et sapiens, lequel sapiens serait apparu à cette époque.

Le changement climatique actuellement en cours fera-t-il apparaître une nouvelle espèce d’homo ?

Référence

https://www.science.org/doi/10.1126/science.abq7487

Genomic inference of a severe human bottleneck during the Early to Middle Pleistocene transition

Abstract

Population size history is essential for studying human evolution. However, ancient population size history during the Pleistocene is notoriously difficult to unravel. In this study, we developed a fast infinitesimal time coalescent process (FitCoal) to circumvent this difficulty and calculated the composite likelihood for present-day human genomic sequences of 3154 individuals. Results showed that human ancestors went through a severe population bottleneck with about 1280 breeding individuals between around 930,000 and 813,000 years ago. The bottleneck lasted for about 117,000 years and brought human ancestors close to extinction. This bottleneck is congruent with a substantial chronological gap in the available African and Eurasian fossil record. Our results provide new insights into our ancestry and suggest a coincident speciation event.

01/03/2024 Le Tiny Machine Learning

Désormais, les utilisateurs de téléphones portables ou même de montres de poignet ne s’étonnent pas de pouvoir y accomplir des tâches d’Intelligence Artificielle (IA ou AI) qui il y a quelques années encore nécessitaient l’usage d’un ordinateur connecté au réseau internet. La seul précaution qu’ils doivent prendre est de changer régulièrement la pile alimentant leurs appareils.

Ceci est permis par l’usage de plus en plus répandu de ce que l’on nomme le  tiny machine learning (TinyML). Le bas prix et la petite taille de tels assistants permet de les utiliser partout, notamment dans l’Internet des objets IoT qui coopéreront en permanence entre eux et entre les humains dans la vie professionnelle comme dans la vie domestique.

Ainsi lorsque un buffet de cuisine constatera que le nombre de vos bouteilles de lait en réserve diminue dangereusement, non seulement il vous en avertira mais il pourra passer commande de nouvelles bouteilles à un épicier connecté qui vous les fera livrer automatiquement.

Les TinyML utilisent les simples microcontrôleurs que l’on trouve désormais dans tous les composants électroniques. Voir http://lense.institutoptique.fr/mine/microcontroleurs-quest-ce-quun-microcontroleur/ On estime que ceux-ci se comptent dans le monde au nombre de 250 milliards . Par ailleurs plusieurs types de logiciels de développement sont vendus dans divers pays. On citera Arduino et Seeed Studio,

Pour en savoir plus

Avantages
  • Faible latence : les données n’ont plus besoin d’être transférées sur un serveur pour l’inférence. Le modèle TinyML fonctionne en effet sur des périphériques Edge. Or, les transferts de données sont généralement chronophages, ce qui provoque un léger retard. La suppression de cette exigence diminue la latence des applications de machine learning ; 
  • Faible consommation d’énergie. Comme on l’a déjà indiqué, les microcontrôleurs sur lesquels fonctionnent le TinyML consomment très peu d’énergie. C’est ce qui leur permet de continuer de fonctionner sans avoir à être rechargés pendant de très longues périodes. Puisqu’une infrastructure de serveur approfondie n’est pas requise pour réaliser le transfert de données, les ressources en énergie sont encore plus faibles. Et les coûts, nettement plus bas ;
  • Faible bande passante : comme les données n’ont pas besoin d’être constamment envoyées au serveur, les applications de TInyML utilisent logiquement moins de bande passante ; 
  • Confidentialité : étant donné que le modèle s’exécute sur Edge, vos données ne sont stockées dans aucun serveur. Elles ne risquent donc pas d’être hackées.  
  • Principaux cas d’utilisation de la technologie 

Profitant de la percée réalisée par le machine learning classique avant lui, le TInyML a rapidement inondé tous les secteurs d’activité. Et plus particulièrement, ceux qui dépendent des réseaux et des données de l’Internet des objets (IoT).  

La vision assistée par ordinateur, la maintenance prédictive et la reconnaissance des gestes sont autant de cas d’utilisation du TinyML. On le retrouve ainsi dans :  

  • L’agriculture : les données peuvent être collectées et analysées en temps réel à l’aide d’applications de TinyML. La startup suédoise Imagimob a même créé une plateforme de développement ouverte à cinquante-cinq organisations dans toute l’Union européenne, pour améliorer la gestion des cultures et du bétail grâce au machine learning de poche ; 
  • La santé : le projet Solar Scare Mosquito utilise le TinyML pour freiner la propagation des maladies comme la dengue, le paludisme, le virus Zika, le chikungunya, etc. Il détecte les conditions de reproduction des moustiques et pulvérise de l’eau pour empêcher leur reproduction. En plus de reposer sur la technologie peu énergivore du TinyML, ce projet fonctionne également à l’énergie solaire ; 
  • L’expérience client : la personnalisation est un levier marketing ultra puissant pour les marques. Ce sont en effet les entreprises qui comprennent le mieux leurs clients et les ciblent avec des annonces et des messages qui résonnent avec leur comportement qui gagnent en général le plus de parts de marché. Le déploiement d’applications Edge TinyML leur permet de mieux comprendre le comportement et le parcours de leur prospect, puis d’adapter leur expérience en ligne à leurs exigences ; 
  • Industrie : les machines industrielles sont sujettes aux pannes. En utilisant le TinyML sur des appareils à faible alimentation, il est possible de surveiller sa chaîne de production et de prédire les problèmes techniques à l’avance. Ce maintien prédictif a pour principal avantage de permettre d’énormes économies et d’augmenter la sécurité dans les usines.  

Références

https://theconversation.com/ai-in-the-developing-world-how-tiny-machine-learning-can-have-a-big-impact-220025

Fondation https://www.tinyml.org/

29/02/2024 En cas de guerre conventionnelle entre la Russie et Occident, combien d’hommes seraient disponibles de part et d’autre ?

Qui dit guerre conventionnelle veut dire qu’aucun des adversaires ne voudrait utiliser d’armes nucléaires, par peur de riposte. Même si celles-ci se limitaient à un armement de basse intensité prenant la forme d’obus atomiques armant des canons autoportés, les pertes humaines et les destructions de l’environnement seraient telles qu ‘aucun des belligérants potentiels ne paraît prêts à dénoncer l’accord tacite de ne pas y avoir recours. Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Obus_atomique/ Souhaitons qu’ils persistent dans ces bonnes dispositions

Ceci admis, en termes humains, que serait le rapport de force ? On estime généralement que la supériorité de la Russie serait indiscutable. Mais est-ce le cas ?

Selon des estimations officieuses, elle aurait perdu dans les combats avec l’armée ukrainienne 75.000 soldats contre 31.000 chez les Ukrainiens. Elle aurait engagé un premier contingent de 300.000 hommes qui selon des informations ayant circulé sur Internet étaient initialement mal formés et mal armés. Quant aux pertes, le média russe en exil Meduza, cité par Courrier international, a publié, le samedi 24 février, son estimation du nombre de soldats russes morts en Ukraine entre le premier jour de l’invasion et la fin 2023. La méthode du site russe basée sur la comparaison entre les listes officielles des pertes russes et des données provenant d’organisations civiles enregistrant les successions, aboutit à un total de « 75 000 hommes » qui seraient morts au sein des troupes russes. Ces chiffres ne tiennent pas compte des blessés.

Une deuxième campagne visant à mobiliser un nouvel effectif de 300.000 semble en cours, suscitant une vive opposions des épouses et mères. Sur une population de 143 millions de personne, l’effort serait faisable. Encore faudrait- il que le Kremlin s’y décide.

Du coté de l’Otan, les effectifs militaires sont importants.

Voir https://fr.statista.com/statistiques/1286116/effectif-militaire-otan/#:~:text=Cette%20statistique%20pr%C3%A9sente%20les%20effectifs,totalit%C3%A9%20des%20autres%20pays%20membres.

Les effectifs théoriquement mobilisables sont en proportion. En termes d’effectifs, la France compte l’armée la plus nombreuse de l’Union européenne avec 205 000 militaires actifs (sur une population d’un peu moins de 68 millions d’habitants), auxquels s’ajoutent 35 000 réservistes. Au second rang, les forces armées d’Allemagne comptent 184 000 militaires d’active (sur une population de 83,2 millions d’habitants) et peuvent également s’appuyer sur 15 000 réservistes. 

Troisième de l’Union, l’Italie enregistre quant à elle 170 000 actifs (sur une population d’un peu plus de 59 millions d’habitants) et 20 000 réservistes. Parmi les Etats membres de l’UE qui jouissent d’effectifs militaires supérieurs à 100 000 actifs se trouvent aussi la Grèce (130 000), l’Espagne et la Pologne (120 000 chacune).

Nous ne comptons pas ici les Etats-Unis, pour qui l’adversaire potentiel à rendre en considération n’est plus la Russie mais la Chine.

Certes les délais pour mobiliser et mettre en ordre de marche ces ressources paraissent devoir être bien plus longs qu’en Russie ? Mais serait-ce le cas ?

20/02/2024 Des poissons centenaires

Les poissons d’eau douce à la longévité la plus importante vivent dans un endroit auquel on ne pouvait pas s’attendre : un désert. En particulier celui de l’Arizona, dans lequel se trouvent des étendues d’eau comme le lac Apache, au sud-ouest de l’État américain. Là-bas, des chercheurs ont découvert un genre de poisson pour lequel trois espèces ou plus peuvent vivre plus d’un siècle ! Il s’agit du « poisson-buffle » ou du « buffalo », de son nom scientifique Ictiobus.

Selon cette étude, publiée dans la revue Scientific Reports, plus de 90% des poissons-buffles du lac Apache sont âgés de plus de 85 ans, et beaucoup seraient nés dans les années 1920. Que ce soit le buffalo à grande bouche, le buffalo à petite bouche et le buffalo noir, la longévité de ces espèces n’existe nulle part ailleurs dans le monde parmi les poissons d’eau douce, selon ce rapport.

À l’origine, ces poissons sont originaires du centre de l’Amérique du Nord, selon le communiqué. Ils auraient été élevés le long du fleuve Mississippi, dans le Midwest, puis stockés pour la pêche commerciale en amont du lac Apache, dans le lac Roosevelt, en 1918. Mais des spécimens ont migré dans le lac Apache, dans lequel ils ont été très peu pêchés. Certains des poissons ayant été stockés à l’époque seraient donc toujours vivants !

Le principal auteur de cette étude, Alec Lackmann, professeur à l’Université du Minnesota Duluth (États-Unis), travaille depuis longtemps sur ces espèces peu connues de la science. En 2019 déjà, il avait publié des recherches prouvant qu’un spécimen de poisson-buffle à grande bouche (Ictiobus cyprinellus), avaitun âge estimé à 112 ans, alors que la longévité maximale de cette espèce était jusqu’ici évaluée à 25 ans. 

Sa technique pour estimer leur âge est particulièrement efficace : il recherche dans leur crâne un petit caillou appelé otolithe, qui se développe tout au long de la vie du poisson, formant une nouvelle couche chaque année. Comme lorsque l’on étudie les anneaux du tronc d’un arbre pour évaluer sa vieillesse, il suffit d’observer cette pierre au microscope pour déterminer l’âge de l’animal de manière beaucoup plus précise que lorsque l’on regarde ses écailles.

Une nouvelle porte s’ouvre pour la science

La découverte de cette famille de poissons d’eau douce capable de vivre particulièrement longtemps peut avoir une importance non négligeable dans certains domaines scientifiques, et notamment ceux qui touchent au vieillissement et à la dégénérescence des activités vitales. « Cette étude ouvre la porte à un avenir dans lequel une compréhension plus complète du processus de vieillissement des vertébrés pourra être réalisée, y compris pour les humains », a déclaré le spécialiste Alec Lackmann. Car l’étude des poissons, qui peuvent avoir de multiples ressemblances génétiques avec les humains, est déjà source de nombreuses avancées scientifiques. Récemment, l’étude de minuscules poissons a par exemple suggéré que ralentir le vieillissement de leur intestin pouvait les faire vieillir plus lentement et en meilleure santé !

Référence

Centenarian lifespans of three freshwater fish species in Arizona reveal the exceptional longevity of the buffalofishes (Ictiobus)
Abstract

During the 1910s three buffalofish species (Catostomidae: Ictiobus cyprinellusI. bubalusI. niger) were reared in ponds along the Mississippi River. Individuals of these buffalofishes were transported to locations across the United States to support or establish commercial fisheries, including Roosevelt Lake, Arizona in 1918. During the 1930s–1960s a commercial fishery existed on Roosevelt Lake, ending by 1970. Scarce information exists on Arizona buffalofishes since. From 2018 to 2023 we studied buffalofishes from nearby Apache Lake (adjacent and downstream of Roosevelt Lake) in collaboration with anglers. Here we show that > 90% of buffalofishes captured from Apache Lake are more than 80 years old and that some of the original buffalofishes from the Arizona stocking in 1918 are likely still alive. Using unique markings on old-age buffalofishes, we demonstrate how individuals are identified and inform dozens of recaptures. We now know all species of USA Ictiobus can live more than 100 years, making it the only genus of animal besides marine rockfishes (Sebastes) for which three or more species have been shown to live > 100 years. Our citizen-science collaboration has revealed remarkable longevity for freshwater fishes and has fundamentally redefined our understanding of the genus Ictiobus itself.

During the 1910s three buffalofish species (Catostomidae: Ictiobus cyprinellusI. bubalusI. niger) were reared in ponds along the Mississippi River. Individuals of these buffalofishes were transported to locations across the United States to support or establish commercial fisheries, including Roosevelt Lake, Arizona in 1918. During the 1930s–1960s a commercial fishery existed on Roosevelt Lake, ending by 1970. Scarce information exists on Arizona buffalofishes since. From 2018 to 2023 we studied buffalofishes from nearby Apache Lake (adjacent and downstream of Roosevelt Lake) in collaboration with anglers. Here we show that > 90% of buffalofishes captured from Apache Lake are more than 80 years old and that some of the original buffalofishes from the Arizona stocking in 1918 are likely still alive. Using unique markings on old-age buffalofishes, we demonstrate how individuals are identified and inform dozens of recaptures. We now know all species of USA Ictiobus can live more than 100 years, making it the only genus of animal besides marine rockfishes (Sebastes) for which three or more species have been shown to live > 100 years. Our citizen-science collaboration has revealed remarkable longevity for freshwater fishes and has fundamentally redefined our understanding of the genus Ictiobus itself.