19/04/2024 Le skyrmion

Le terme skyrmion renvoie à une particule prédite par la théorie en 1962. À cette époque, la chromodynamique quantique (QCD) n’avait pas encore vu le jour. Le physicien britannique Tony Skyrme faisait alors intervenir un champ de pions pour mieux comprendre la nature des nucléons et de leur cohésion au cœur du noyau atomique. C’est dans ce cadre qu’il introduit les skyrmions comme des configurations de champs topologiquement stables.

Aujourd’hui, on parle de superposition quantique de baryons et d’états de résonance. Une définition délicate à appréhender, même pour les physiciens qui l’étudient. Plus simplement peut-être, disons que le skyrmion est constitué d’un tourbillon de spin sur une surface. Tourbillon qui peut être manipulé par la pointe d’un microscope à effet tunnel et à renfort d’un assez fort courant électrique.

Le skyrmion a été observé pour la toute première fois dans un cristal de silicium et de manganèse en 2009, par des physiciens de l’université technique de Munich. On sait aujourd’hui que les skyrmions apparaissent dans des cristaux, des condensats de Bose-Einstein, des supraconducteurs ou à l’interface entre une mince couche magnétique et un substrat de métal lourd. Là, des interactions particulières poussent les spins à former un tourbillon plutôt qu’à pointer dans une même direction comme dans les aimants.

Ce qui suscite tant d’intérêt de la part des physiciens, c’est que les skyrmions, de par leurs propriétés particulières (stabilité, petite taille, etc.), constituent des candidats potentiels à la création de nouveaux systèmes de stockage d’information plus efficaces.

Une équipe internationale de chercheurs de l’Institut Max Planck de Stuttgart, des universités de Southampton, Exeter, Warwick et Cambridge, et des synchrotrons BESSY II, SOLEIL et Diamond, coordonnée par le Pr Hatton de l’Université de Durham, a réussi à imager la structure tridimensionnelle d’un tube de skyrmion. Ce succès permettra d’étudier les mécanismes nanoscopiques qui régissent la formation et la destruction des skyrmions. Leurs travaux sont publiés dans la revue Nature Communications.

Les skyrmions, des tourbillons topologiques magnétiques nanoscopiques, sont souvent présentés comme des objets bidimensionnels semblables à des disques. Cependant, on pensait qu’en réalité ils s’étendent à travers l’épaisseur du matériau comme une sorte de long tube, cf Figure 1. En raison des limites des techniques conventionnelles d’imagerie magnétique, il n’avait pas été possible d’imager dans l’espace réel cette dimension verticale de la texture de spin des skyrmions.

Les chercheurs du Royaume-Uni, de France et d’Allemagne ont surmonté ces obstacles grâce à des techniques de microscopie et d’holographie magnétique de rayons X. « Ces skyrmions en tubes avaient seulement été montrés dans des travaux de simulation » explique Max Birch, doctorant de l’Université de Durham et premier auteur de la publication. « Nous avons trouvé comment imager expérimentalement cette dimension précédemment inexplorée de l’état des skyrmions ».

Les propriétés topologiques des skyrmions magnétiques signifient que seules de très fortes déformations peuvent les impacter, ce qui en fait des candidats possibles pour le stockage de l’information dans de futurs dispositifs. Toutefois, le contrôle efficace de la lecture et de l’écriture des skyrmions nécessite de comprendre leurs mécanismes de formation et de destruction. Le point de départ crucial est leur structure tubulaire : les skyrmions se déroulent en suivant le mouvement de singularités magnétiques appelées points de Bloch, qui agissent comme une fermeture-éclair topologique à l’extrémité de chaque tube de skyrmion. L’imagerie de ces tubes a désormais ouvert la voie vers de nouvelles recherches sur la dynamique régissant ces processus.

Les chercheurs ont utilisé des lamelles de fer-germanium (FeGe) de 120 nanomètres d’épaisseur préparées découpée grâce à un faisceau d’ions focalisés, dans lesquelles ils ont réussi à visualiser la structure tridimensionnelle des tubes de skyrmions. Le FeGe fait partie des aimants chiraux abritant des skyrmions magnétiques découverts récemment.

Entre autres instruments utilisés pour cette expérience, la station COMET de la ligne de lumière SEXTANTS a permis de mettre en œuvre les techniques d’imagerie par holographie de rayons X utilisés dans ces travaux. « L’holographie nous permet de recapturer l’information de phase d’un faisceau de rayons X diffracté. Cette information de phase est généralement perdue, ce qui rend impossible la reconstruction d’une image de l’échantillon à partir de données de diffraction de rayons X » explique Max Birch. « Grâce à sa capacité à refroidir l’échantillon à des températures cryogéniques -jusqu’à 20 degrés Kelvin- la ligne SEXTANTS de SOLEIL est la seule à pouvoir ces mesures. » Cette technique a permis aux chercheurs d’imager des skyrmions d’une taille de 70 nm, soit 100 fois inférieure au diamètre d’un cheveu humain.

Le Pr. Peter Hatton, le directeur de thèse de Max Birch à l’Université de Durham, a rassemblé une équipe internationale constituée de chercheurs de l’Institut Max Planck pour les Systèmes Intelligents à Stuttgart, des universités de Southampton, Exeter, Warwick et Cambridge, et des experts des sources de rayonnement synchrotron BESSY II en Allemagne, SOLEIL en France, et Diamond Light Source au Royaume-Uni. « Ce projet a été un véritable travail d’équipe interdisciplinaire, avec des contributions d’experts de spécialités très diverses dans la croissance de cristaux, les simulations micromagnétiques, et les méthodes d’imagerie de rayons X » déclare Pr. Hatton. Max Birch conclut que « la faculté à rassembler plusieurs instruments et techniques de rayons X ainsi qu’à tirer parti de leurs capacités uniques a joué un rôle essentiel dans la réussite de ce projet ».


Référence
Fast current-induced skyrmion motion in synthetic antiferromagnets

SCIENCE

18 Apr 2024 Vol 384, Issue 6693 pp. 307-312

DOI: 10.1126/science.add5751

Editor’s summary

Magnetic skyrmions—topologically protected spin textures—have shown promise as information carriers in spintronic devices. Although they can be manipulated with electric currents, their speeds in tracks tend to be limited by phenomena such as the skyrmion Hall effect, which deflects and damps the skyrmion motion. Pham et al. avoided this issue, typical of ferromagnets, by using an antiferromagnet instead. The synthetic antiferromagnetic material, fabricated by sputtering, was composed of two platinum/cobalt layers coupled through a thin layer of ruthenium. The authors used magnetic force microscopy to monitor the motion of skyrmions after current injections and measured skyrmion velocities of up to 900 meters per second along the current direction. —Jelena Stajic

Abstract

Magnetic skyrmions are topological magnetic textures that hold great promise as nanoscale bits of information in memory and logic devices. Although room-temperature ferromagnetic skyrmions and their current-induced manipulation have been demonstrated, their velocity has been limited to about 100 meters per second. In addition, their dynamics are perturbed by the skyrmion Hall effect, a motion transverse to the current direction caused by the skyrmion topological charge. Here, we show that skyrmions in compensated synthetic antiferromagnets can be moved by current along the current direction at velocities of up to 900 meters per second. This can be explained by the cancellation of the net topological charge leading to a vanishing skyrmion Hall effect. Our results open an important path toward the realization of logic and memory devices based on the fast manipulation of skyrmions in tracks.

15/04/2024 La prochaine guerre mondiale sera-t-elle une guerre entre les Etats-Unis et la Chine ?

Certains signes indiquent que Pékin et Washington se préparent à un conflit armé au sujet de Taïwan. Pékin et Washington sont en train de procéder à des manœuvres militaires, diplomatiques et économiques semi-secrètes qui pourraient entraîner un conflit mondial

Les dirigeants de Pékin et de Washington ont adopté des positions diamétralement opposées concernant l’avenir de Taïwan. Depuis près d’un an, le président Joe Biden a déclaré à plusieurs reprises qu’il défendrait l’Ile contre toute attaque de la Chine continentale. En mai dernier, en réponse à la question d’un journaliste quant à une éventuelle invasion de Taïwan par la Chine, il a prévenu que les États-Unis interviendraient militairement. Il a ensuite ajouté : « Nous sommes parfaitement d’accord avec la politique d’une seule Chine. Nous l’avons signée, ainsi que tous les accords qui en découlent, mais l’idée que l’on puisse s’emparer de Taïwan par la force, rien que par la force, n’est pas acceptable. »

Comme l’a admis Biden, Washington, en reconnaissant diplomatiquement Pékin en 1979, a en effet accepté la future souveraineté de la Chine sur Taïwan. Au cours des 40 années qui ont suivi, les présidents de tous bords ont fait des déclarations publiques pour s’opposer à l’indépendance de Taïwan. En fait, ils ont admis que l’île était une province chinoise et que son sort relevait des affaires intérieures de Pékin

Cependant, en septembre dernier, Biden a déclaré à CBS News que « oui, il était prêt à envoyer des troupes américaines pour défendre Taïwan face à une attaque en règle ». : « C’est à Taïwan d’être seule juge de son indépendance… La décision lui appartient. »

Dans les semaines qui ont suivi, lors d’un congrès du parti communiste, le président chinois Xi Jinping a répliqué par un engagement en faveur de la réunification avec Taïwan, par la force si nécessaire. « Nous nous efforçons de parvenir à une réunification pacifique, a-t-il déclaré, mais nous ne renoncerons jamais à recourir à la force et nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures nécessaires. à cette fin».

En janvier 2004,un général de l’armée de l’air américaine, Mike Minihan, a envoyé une note officielle à son département de la mobilité aérienne, composé de 500 avions et de 50 000 soldats, leur intimant l’ordre d’intensifier leur entraînement en vue d’une guerre avec la Chine. « Mon instinct me dit, concluait-il, que nous nous battrons en 2025. » Au lieu de désavouer la déclaration du général, un porte-parole du Pentagone a ajouté : « La stratégie de défense nationale précise clairement que la Chine est le défi majeur auquel est confronté le département de la défense. » .

La stratégie de défense nationale est produite par le bureau du secrétaire à la Défense des États-Unis et est signée par le secrétaire à la Défense en tant qu’orientation stratégique de base du département de la Défense des États-Unis

Lors d’une récente tournée qu’il a effectué pour rendre visite à ses alliés asiatiques, le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a fait état de quelques avancées dans la préparation d’une guerre internationale mais sans nommer la Chine. Lors d’une escale à Séoul, il annoncé que les États-Unis allaient déployer des porte-avions et des avions de chasse supplémentaires dans le cadre d’exercices de tir réel accrus

Se rendant ensuite à Manille, Austin a révélé que les Philippines venaient d’accorder aux troupes américaines l’accès à quatre bases militaires supplémentaires, dont plusieurs font face à Taïwan de l’autre côté d’un étroit détroit. Ces bases étaient nécessaires, a-t-il expliqué, car « la République populaire de Chine continue de faire valoir ses revendications illégitimes » en mer de Chine méridionale.

Ces déclarations ont été le résultat de mois de diplomatie et préparent des déploiements militaires majeurs à venir. La loi cadre annuelle sur la « défense » des États-Unis pour 2023 prévoit le financement de la construction d’installations militaires un peu partout dans Pacifique. Alors même que le Japon est en train de multiplier par deux son budget de la défense, en partie pour protéger ses îles méridionales contre la Chine, les marines américains d’Okinawa prévoient d’échanger eurs chars et leur artillerie lourde contre des drones et des missiles portables beaucoup plus maniables, en constituant des « régiments côtiers » à même de se déployer rapidement sur les plus petites îles de la région.

Alors que tant Pékin que Washington envisagent une possible guerre autour de Taïwan, il est important (de se pencher sur les coûts probables d’un tel conflit. En novembre 2021, Selon Reuters, si les États-Unis décidaient de se battre pour l’île, « il n’y a aucune garantie qu’ils puissent vaincre l’ APL [Armée populaire de libération] qui est de plus en plus puissante ».

Dans son scénario le moins violent, Reuters estime que Pékin pourrait utiliser sa marine pour imposer une « quarantaine douanière » autour de Taïwan, tout en annonçant la création d’une zone d’identification de défense aérienne au-dessus de l’île et en mettant en garde le monde contre toute violation de sa souveraineté. Ensuite, pour resserrer l’étau, elle pourrait procéder à un blocus complet, en posant des mines dans les principaux ports et en coupant les câbles sous-marins. Si Washington décidait d’intervenir, ses sous-marins couleraient sans aucun doute de nombreux navires de guerre de l’APL, tandis que ses navires de surface pourraient également lancer des avions et des missiles.

Mais le puissant système de défense aérienne de la Chine tirerait sans aucun doute des milliers de missiles, infligeant ainsi de lourdes pertes à la marine américaine. Plutôt que de tenter une invasion amphibie difficile, Pékin pourrait parachever cette escalade par des attaques de missiles massives contre les villes de Taïwan jusqu’à complète capitulation des dirigeants de l’île.

Dans le scénario de Reuters relatif à une guerre totale, la décision de Pékin serait « d’organiser le débarquement amphibie et aéroporté le plus important et le plus complexe jamais tenté », cherchant à « submerger l’île avant que les États-Unis et leurs alliés ne puissent réagir ». Pour empêcher une contre-attaque américaine, l’APL pourrait tirer des missiles sur les bases américaines du Japon et de Guam. Tandis que Taïwan lancerait des avions à réaction et des missiles pour dissuader la flotte d’invasion, les groupes de combat des porte-avions américains se dirigeraient vers l’île et, « en seulement quelques heures, une guerre majeure [ferait] rage en Asie de l’Est ».

En août 2022, la Brookings Institution a publié des estimations plus précises quant aux pertes probables résultant de chaque scénario si une telle guerre devait se produire. Bien que les « spectaculaires modernisations récentes militaires de la Chine aient fortement amoindri la capacité de l’Amérique à défendre l’île », les complexités d’un tel affrontement, écrit l’analyste de la Brookings Institution, rendent « l’issue… intrinsèquement impossible à anticiper ». Une seule chose serait certaine : les pertes des deux côtés (y compris à Taïwan même) seraient dévastatrices.

Dans le premier scénario de Brookings, qui prévoit « un combat maritime livré principalement par les sous-marins », Pékin imposerait un blocus et Washington répondrait par des convois navals pour soutenir l’île. Si les États-Unis parvenaient à couper les communications de Pékin, la marine américaine ne perdrait que 12 navires de guerre et coulerait les 60 sous-marins chinois. En revanche, si la Chine maintenait ses communications, elle pourrait couler 100 navires, principalement des navires de guerre américains, mais ne perdrait que 29 sous-marins.

Dans le deuxième scénario de Brookings intitulé « Guerre sub-régionale de plus grande ampleur », les deux parties utiliseraient des avions à réaction et des missiles dans une lutte qui engloberait le sud-est de la Chine, Taïwan et les bases américaines au Japon, à Okinawa et à Guam. Si les attaques de la Chine étaient couronnées de succès, cette dernière pourrait détruire 40 à 80 navires de guerre américains et taïwanais, au prix de quelque 400 avions chinois. Si les États-Unis prenaient le dessus, ils pourraient détruire « une grande partie de l’armée chinoise dans le sud-est de la Chine », tout en abattant plus de 400 avions de l’APL, alors même qu’ils subiraient de lourdes pertes au niveau de leurs propres avions de chasse.

En se concentrant essentiellement sur les pertes militaires, qui sont déjà suffisamment terrifiantes, les deux études sous-estiment considérablement les coûts réels et la destruction potentielle de Taïwan et d’une grande partie de l’Asie de l’Est. Ma propre intuition me dit que, si la Chine imposait un blocus douanier à l’île, Washington grimacerait à l’idée de perdre des centaines d’avions et des dizaines de navires de guerre, y compris un ou deux porte-avions, et se replierait sur sa politique de toujours consistant à considérer Taïwan comme un territoire appartenant à la Chine. Toutefois, si les États-Unis contestaient cette zone d’interdiction douanière, ils devraient s’attaquer au blocus chinois et pourraient, aux yeux d’une grande partie du monde, devenir l’agresseur, ce qui du point de vue de Washington, constituerait un réel facteur de dissuasion.

Dans le cas où la Chine entreprendrait une invasion totale, Taïwan succomberait probablement en quelques jours, une fois que sa force aérienne, qui ne compte que 470 avions de combat, serait submergée par les 2 900 chasseurs à réaction de l’APL, ses 2 100 missiles supersoniques et sa marine de guerre, qui est aujourd’hui la plus importante du monde. La Chine tirant un avantage stratégique évident de la simple proximité de Taïwan, l’occupation de l’île pourrait bien être un fait accompli avant que les navires de la marine américaine n’arrivent du Japon et d’Hawaï en nombre suffisant pour défier l’énorme armada chinoise.

Toutefois, si la politique et les projets de Pékin et de Washington les entraînent dans une guerre qui ne cesserait de s’étendre, les dégâts pourraient s’avérer incalculables : des villes dévastées, des milliers de morts et l’économie mondiale, dont l’épicentre se trouve en Asie, en ruines. Espérons seulement que les dirigeants actuels de Washington et de Pékin feront preuve de plus de retenue que leurs homologues de Berlin et de Paris en août 1914, lorsque les ambitions de victoire ont déclenché une guerre qui devait laisser 20 millions de morts dans son sillage.

Source : Extraits de  Responsible Statecraft, Alfred McCoy, 04-03-2023
Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

18/04/2024 Les Etats-Unis veulent cesser de dépendre de Taïwan en matière de composants informatiques

Il faut savoir que la dépendance économique de l’Amérique quant à la production de chips ou puces informatiques de l’île est quasi absolue. Centre d’une chaîne d’approvisionnement mondiale, Taïwan fabrique 90 % des puces et 65 % de tous les semi-conducteurs du monde. En tant que premier producteur mondial la Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC) est le leader de l’innovation, approvisionnant Apple et d’autres entreprises technologiques américaines.

De nos jours, les autorités américaines mettent tout en oeuvre pour changer le rapport de forces et devenir indépendantes de Taiwan et donc de la Chine. Après avoir présidé à la pose de la première pierre d’une usine de production de puces TSMC de 12 milliards de dollars à Phoenix en 2020, le gouverneur de l’Arizona a annoncé, deux ans plus tard, que « TSMC a achevé la construction de son installation principale ». En août dernier, juste avant que le président Biden ne signe la loi CHIPS and Science Act, d’un montant de 52 milliards de dollars, la secrétaire d’État au commerce, Gina Raimondo, a insisté sur le fait que « notre dépendance à l’égard de Taïwan en matière de puces est indéfendable et dangereuse ».

À peine trois mois plus tard, TSMC récupérait une grande partie de ces fonds fédéraux en investissant 28 milliards de dollars dans une deuxième usine à Phoenix, laquelle, lorsqu’elle ouvrira en 2026, produira ce que le New York Times a appelé « une technologie de fabrication de puces plus sophistiquée – mais pas la plus sophistiquée ». Lors d’une cérémonie à laquelle participait le président Biden en décembre dernier, le PDG d’Apple, Tim Cook, a déclaré : « Il s’agit d’un moment incroyablement important. »

Dans le même temps des projets d’usines de fabrication de composants tout aussi importants snt actuellement lancés par Samsung au Texas, Intel dans l’Ohio et Micron Technology dans l’État de New York. Si l’on additionne tous ces projets, les États-Unis ont déjà parcouru la moitié du chemin qui les sépare du « délai minimum de trois ans et de l’investissement de 350 milliards de dollars… nécessaires pour remplacer les sites de fabrication [de puces] taïwanaises, » selon l’Association de l’industrie des semi-conducteurs.

En d’autres termes, si Pékin décidait d’envahir Taïwan après 2026, le capital intellectuel de TSMC, constitué de ses meilleurs informaticiens, serait sans aucun doute immédiatement en partance pour Phoenix, laissant derrière eux guère plus que quelques charpentes de béton et quelques équipements rendus inutilisables. La chaîne d’approvisionnement mondiale en puces de silicium, qui fait appel à des machines néerlandaises (pour la lithographie extrême- ultraviolet), à des modèles américains et à une production taïwanaise, se poursuivrait probablement sans trop de problèmes aux États-Unis, au Japon et en Europe, ne laissant à la République populaire de Chine que ses petits 5 % de l’industrie mondiale des semi-conducteurs qui pèse 570 milliards de dollars.

18/04/2024 Désescalade ou escalade. Israël doit-il s’inquiéter sérieusement ?

Il apparaît, quelques jours après l’opération militaire de grande ampleur décidée par les ayatollahs iraniens, que ceux-ci disposent désormais d’armements sophistiqués. Il leur faudra un peu de temps pour reconstituer leurs arsenaux, mais ceci fait, ne vont-ils pas reprendre l’offensive dans quelques mois avec des moyens renforcés. Le Dôme de fer d’Israël et les appuis aériens de ses alliés occidentaux suffiront-ils à le protéger ?

Ce qui est vrai, c’est que le légendaire drone “suicide” Shahed-136 a été utilisé par les iraniens, ainsi que sans doute quatre modèles de missiles balistiques à moyenne portée (MRBM), en plus du missile de croisière Paveh. Les cibles, par ordre d’importance, étaient les suivantes :

  • Tout d’abord, la base de renseignement du Mont Hermon, sur le plateau du Golan occupé (33°19’00.3” N 35°48’ 22.6” E), touchée par des missiles Paveh – Compte tenu de son emplacement isolé, aucune image n’est disponible en ligne.
  • La deuxième base aérienne est celle de Ramon (30°46’ 06.6” N 34°40’ 24.0” E). La nuit ayant été claire, il existe des preuves photographiques et vidéo indépendantes, prises sous différents angles, de l’impact de plusieurs missiles du Corps des gardiens de la révolution et de l’armée iranienne sur le site.
  • Troisièmement, la base aérienne de Nevatim (31°11’ 37.3” N 35°01’18.7” E), dont l’armée israélienne admet qu’elle a subi des dégâts mineurs et dont elle a publié quelques images satellite.

Le raid du CGRI iranien, bien qu’il ait touché trois cibles préétablies, était principalement une opération de reconnaissance en force (RIF), qui est essentiellement une tactique militaire employée par un adversaire pour acquérir des renseignements en utilisant une force considérable, mais non décisive.

Le raid aérien iranien a contraint les Israéliens à exposer leurs forces et leurs faiblesses, ce qui se produit lorsque les systèmes de défense aérienne (DA) “activent” leurs capteurs électroniques, déclenchent la guerre électronique (pour brouiller ou paralyser les missiles et les drones) et lancent des missiles d’interception pour abattre les cibles entrantes.

Il est courant que des engins aériens sans pilote (UAV ou drones) de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) suivent les drones d’attaque – tout en restant à distance – pour surveiller le champ de bataille et filmer, photographier et recueillir des renseignements électroniques. Si tel a été le cas, et si les drones ISR ont capturé des données malgré les efforts intensifs de brouillage déployés par les Israéliens, cela a permis au CGRI/A de dresser une carte détaillée des positions de la défense aérienne israélienne en vue de futures frappes.

Le CGRI/A dispose manifestement d’informations fiables sur les capacités et le système de défense aérienne israélien. Bien qu’Israël et ses alliés (États-Unis, Royaume-Uni, France et Jordanie) aient déjà été en état d’alerte cette nuit-là, et que des renseignements aient été rapidement fournis par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les missiles iraniens ont réussi à frapper les cibles du Mont Hermon, de Ramon et de Nevatim.

Le raid du CGRI, bien qu’il ait touché trois cibles préétablies, était principalement une opération de reconnaissance en force (RIF), qui est une tactique militaire employée par un adversaire pour acquérir des renseignements en utilisant une force considérable, mais non décisive.

Le raid aérien iranien a contraint les Israéliens à exposer leurs forces et leurs faiblesses, ce qui se produit lorsque les systèmes de défense aérienne (DA) “activent” leurs capteurs électroniques, déclenchent la guerre électronique (pour brouiller ou paralyser les missiles et les drones) et lancent des missiles d’interception pour abattre les cibles entrantes.

Il est courant que des engins aériens sans pilote (UAV ou drones) de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) suivent les drones d’attaque – tout en restant à distance – pour surveiller le champ de bataille et filmer, photographier et recueillir des renseignements électroniques. Si tel a été le cas, et si les drones ISR ont capturé des données malgré les efforts intensifs de brouillage déployés par les Israéliens, cela a permis au CGRI/A de dresser une carte détaillée des positions de la défense aérienne israélienne en vue de futures frappes.

Le CGRI/A disposait manifestement d’informations fiables sur les capacités et le système de défense aérienne israélien. Bien qu’Israël et ses alliés (États-Unis, Royaume-Uni, France et Jordanie) aient déjà été en état d’alerte cette nuit-là, et que des renseignements aient été rapidement fournis par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les missiles iraniens ont réussi à frapper les cibles précitées du Mont Hermon, de Ramon et de Nevatim.

L’armée israélienne pour sa part dispose d’un système de défense aérienne comprenant l’Iron Dome, Arrow, David’s Sling, Patriot, etc. Ce système est alimenté par les données d’un système radar américain avancé situé à Har Qeren, dans le désert du Néguev.

Sa mission est de détecter les lancements de missiles ennemis et de transmettre des données de ciblage aux batteries israéliennes Arrow et David’s Sling ainsi qu’aux batteries américaines THAAD ABM déployées pour protéger les sites israéliens sensibles, notamment Dimona et les bases aériennes de Nevatim et de Ramon. »

Il est clair que le système israélien n’a pas réussi à protéger Nevatim et Ramon. Cette dernière est l’une des plus grandes bases aériennes d’Israël et abrite des avions de chasse F-35 Adir, des chasseurs furtifs, des transporteurs, des avions-citernes et des avions de reconnaissance, ainsi que l’Air Force One d’Israël, réservé aux deux principaux dirigeants politiques du pays. Nevatim est défendu par le bouclier antimissile le plus perfectionné au monde, spécialement conçu pour se protéger contre la menace des missiles iraniens.

Le CGRI/A a utilisé un mélange stratégique de drones comme “appâts” et de missiles dotés de contre-mesures intégrées telles que des leurres et des pièges pour pénétrer la défense aérienne d’Israël.

Malgré l’utilisation d’anciens modèles de missiles MRBM tels que Ghadr, Emad et Dezful, aux côtés de l’un de ses missiles les plus récents et les plus sophistiqués, le Kheibar Shekan, et malgré le nombre limité de missiles tirés (environ 30 à 40 projectiles), la majorité des missiles iraniens ont atteint avec succès les cibles prévues.

Et ce, alors même qu’Israël et ses alliés lançaient des centaines d’intercepteurs – pour un coût estimé entre 1,1 et 1,3 milliard de dollars en l’espace de quelques heures.

L’armée israélienne, pour sa part, possède un système de défense aérienne comprenant l’Iron Dome, Arrow, David’s Sling, Patriot, etc. Ce système est alimenté par les données d’un système radar américain avancé situé à Har Qeren, dans le désert du Néguev.

Sa mission, comme l’a expliqué l’ancien inspecteur en désarmement de l’ONU Scott Ritter sur X 

est de détecter les lancements de missiles iraniens et de transmettre des données de ciblage aux batteries israéliennes Arrow et David’s Sling et aux batteries américaines THAAD ABM déployées pour protéger les sites israéliens sensibles, notamment Dimona et les bases aériennes de Nevatim et de Ramon. »

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Concernant l’avenir, l’Occident s’interrogera de plus en plus sur l »opportunité de laisser l’Iran mettre au pont des armes nucléaires, comme elle parait sur le point de le faire. Mais quelles marges de manœuvre aura-t-il si la République Islamique comme il le semble est soutenue par la Russie voire la Chine ?

Merci à DeDefensa.org

17/04/2024 Avec le réchauffement climatique, des coups de froid risquent de s’alterner avec des coups de chaud.

Le dérèglement climatique, qui se ressent jusque dans les océans, pousse les requins, les raies et d’autres espèces sous-marines à fuir les eaux de plus en plus chaudes des tropiques. Ce faisant, ces espèces peuvent rencontrer des  upwellings, ou remontées d’eau froide en provenance des profondeurs, Celles-ci les tuent

C’est ce que montre une étude parue le 15 avril 2024 dans Nature Climate Change dont on trouve ci-dessous les références et l’abstract. En 2021, plus de 260 organismes marins de 80 espèces ont trouvé la mort d’un coup, à cause d’une remontée particulièrement froide au large de l’Afrique du Sud.

En utilisant plusieurs décennies de données de températures de surface, de vents et de courants dans l’océan Indien, les scientifiques ont observé que la fréquence et l’intensité de ces remontées d’eau froide avaient augmenté. Cela accroît la vulnérabilité des espèces migratrices . Avec le réchauffement de la planète et de ses océans, l’intensification de ces phénomènes risque de se poursuivre.

Le même phénomène pourra affecter les continents. Le réchauffement général n’exclura pas l’arrivée inattendue d’air polaire relativement plus froid, arrivée à laquelle les espèces animales et végétales n’auront pas eu le temps de se préparer

Référence

nature climate change
https://doi.org/10.1038/s41558-024-01966-8Article

The impacts on marine species from secular warming and heatwaves are well demonstrated; however, the impacts of extreme cold events are poorly understood. Here we link the death of organisms from 81 species to an intense cold upwelling event in the Agulhas Current, and show trends of increasing frequency and intensification of upwelling in the Agulhas Current and East Australian Current. Using electronic tagging, we illustrate the potential impacts of upwelling events on the movement behaviour of bull sharks Carcharhinus leucas, including alterations of migratory patterns and maintenance of shallower dive profiles when transiting through upwelling cells. Increasing upwelling could result in ‘bait and switch’ situations, where climate change expands subtropical species’ distribution, while simultaneously exposing climate migrants to an increased risk of cold-mortality events at poleward distributional limits. This shows the potential impacts of increased cold events, an understudied aspect of climate change research, and highlights the complexities of climate change effects on marine ecosystems.

Climate change is impacting marine organisms at all levels of biological organization, including gene expression, cellular activities, behaviour, trophic processes and community structure

16/04/2024 En attendant la fusion nucléaire, les  petits réacteurs nucléaires modulaires, SMR

Le 6 février 2024, la Commission européenne lançait l’alliance européenne des SMR, première etape visant à doter l’Europe de petits réacteurs nucléaires mobiles, capables de répondre localement aux besoins énergétiques.  En fait, ces réacteurs existent depuis longtemps et sont en réalité aussi anciens que l’industrie nucléaire elle-même.

L’originalité des SMR tient dans leur modularité : une conception sous forme de bloc intégré et standardisé, pouvant être produit en série et déployé rapidement, à un coût bien plus abordable que les réacteurs actuels. Construire une centrale nucléaire de taille normale exige des milliards d’euro sur plusieurs années. Il s’agit d’un processus long au cours duquel s’ajoute le risque d’un changement de politique de l’État ou d’une mobilisation de l’opinion publique à l’encontre du projet.

Or, grâce aux SMR, il devient possible d’installer et de rentabiliser un réacteur en quelques mois, afin de produire de l’électricité ou de la chaleur pour les villes et l’industrie. S’y ajoute aujourd’hui l’électrolyse de l’eau pour obtenir de l’hydrogène combustible ou de l’eau potable à partir des eaux usées.

Les SMR permettraient donc non seulement de dynamiser l’offre nucléaire, mais aussi de la diversifier vers d’autres besoins et d’autres acteurs, moins défiant vis-à-vis de l’atome. Ce pourrait notamment être le cas dans des pays en développement qui y voient une option abordable pour électrifier, décarboner et mieux intégrer leurs territoires.

Pour l’Union européenne, le faible risque posé par ces réacteurs peu puissants et peu consommateurs en combustible semble avoir convaincu, en témoigne le « Net Zero Industry Act » qui consacre les SMR comme des technologies net zero , ou encore l’alliance européenne des SMR , citée ci-dessus qui pourraient marquer le début d’une mutualisation des efforts.

Pour en savoir plus

CEA, Les réacteurs du futur

World Nucléar Association https://www.world-nuclear.org/information-library/nuclear-fuel-cycle/nuclear-power-reactors/small-nuclear-power-reactors.aspx

16/04/2024 Une Terre dont une moitié est toujours dans la nuit

Une étude récente publiée dans l’Astrophysical Journal , référencée ci-dessous, vient d’annoncer la découverte d’une exo-planète (extérieure au système solaire) qui n’est pas en rotation. Ceci signifie qu’une de ses deux moitiés est toujours plongée dans la nuit tandis que l’autre est en permanence ensoleillée.

Il est prématuré de chercher à savoir si cette planète connue sous le nom de LHS 3844b, a pu laisser se développer des formes de vie comparables à la vie terrestre. qu’il s’agisse de la vie diurne ou de la vie nocturne. Dans la mesure où cette planète se trouve dans la zone habitable de son soleil, il est probable qu’elle puisse comporter les deux types de vies correspondantes. l’une à l’ombre et l’autre à la lumière. Dans ces cas, comment ces deux formes de vie auraient-elles évolué pour s’adapter aux conditions régnant dans les zones frontières entre l’ombre et la lumière.

Cette situation extrême pose en tous cas de nouveaux défis à notre compréhension des atmosphères, des climats et des formes de vie planétaires.

La découverte a été rendue possible grâce aux techniques d’observation avancées et d’analyse des données du télescope spatial Spitzer. Les chercheurs ont pu préciser la température de surface de LHS 3844b et confirmer qu’elle est suffisamment froide pour correspondre à une face cachée permanente. Cette observation inédite renforce la théorie de la synchronisation des marées, selon laquelle les planètes proches de leur étoile ont tendance à avoir une rotation fixe.

La face cachée de LHS 3844b offre un scénario inhabituel qui frappe l’imagination. Imaginez que vous viviez sur une planète où il n’y a ni jour ni nuit, mais où un côté est toujours entouré d’une obscurité éternelle tandis que l’autre est constamment éclairé par la lumière aveuglante de l’étoile voisine. Cette situation extrême pose de nouveaux défis à notre compréhension des atmosphères, des climats et des formes de vie planétaires.

Les implications de cette découverte vont bien au-delà de LHS 3844b. Elle met en lumière la diversité des exoplanètes et les conditions extrêmes dans lesquelles la vie pourrait exister. Les astronomes et les astrophysiciens du monde entier sont désormais incités à repenser leurs modèles et leurs hypothèses et à explorer de nouvelles voies concernant l’apparition et le développement de la vie dans l’Univers.

L’avenir de la recherche sur les exoplanètes promet de nouvelles découvertes passionnantes, notamment grâce au télescope spatial James Webb (JWST). Ce télescope de pointe permettra aux astronomes de mieux comprendre le monde fascinant des exoplanètes et de trouver d’autres preuves de l’existence de mondes habités

La découverte de LHS 3844b marque un tournant dans l’exploration de l’Univers et ouvre de nouveaux horizons pour notre compréhension de la diversité cosmique. 

Référence

Super-Earth LHS3844b is Tidally Locked

Xintong Lyu1, Daniel D. B. Koll1, Nicolas B. Cowan2, Renyu Hu3, Laura Kreidberg4, and Brian E. J. Rose5

Published 2024 March 28 • © 2024. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical JournalVolume 964Number 2Citation Xintong Lyu et al 2024 ApJ 964 152DOI 10.3847/1538-4357/ad2077

Abstract

Short-period exoplanets on circular orbits are thought to be tidally locked into synchronous rotation. If tidally locked, these planets must possess permanent day- and night-sides, with extreme irradiation on the dayside and none on the nightside. However, so far the tidal locking hypothesis for exoplanets is supported by little to no empirical evidence. Previous work showed that the super-Earth LHS 3844b likely has no atmosphere, which makes it ideal for constraining the planet’s rotation. Here we revisit the Spitzer phase curve of LHS 3844b with a thermal model of an atmosphere-less planet and analyze the impact of nonsynchronous rotation, eccentricity, tidal dissipation, and surface composition. Based on the lack of observed strong tidal heating we rule out rapid nonsynchronous rotation (including a Mercury-like 3:2 spin–orbit resonance) and constrain the planet’s eccentricity to less than ∼0.001 (more circular than Io’s orbit). In addition, LHS 3844b’s phase curve implies that the planet either still experiences weak tidal heating via a small-but-nonzero eccentricity (requiring an undetected orbital companion), or that its surface has been darkened by space weathering; of these two scenarios we consider space weathering more likely. Our results thus support the hypothesis that short-period rocky exoplanets are tidally locked, and further show that space weathering can significantly modify the surfaces of atmosphere-less exoplanets.

15/04/2024 Pourquoi l’Iran a-t-elle pris le risque d’attaquer Israël avec des drones armés, alors qu’elle accélère son programme nucléaire ?

Nouvelle version de l’article que nous avions publié sous ce titre le 14/03

Les ayatollahs qui gouvernent la République Islamique d’Iran prennent tous les risques.

Les drones et les missiles avec lesquels ils ont attaqué Israël dans la nuit du 13 au 14 avril se sont faits abattre par centaines en essayant de traverser le Dôme de fer destiné à protéger Israël contre des offensive de cette nature . La seule victime aurait été une petite fille, grièvement blessée.

Mais si cela n’avait pas été cas, ces engins auraient pu faire de nombreuses victimes civiles, non seulement en Israël mais d’abord dans les pays traversés. Certes en bombardant les civils de la bande de Gazah, Israël fait tous les jours de même. Mais cela lui est presque partout reproché. L’Iran n’aurait-il pas du éviter de prendre ce risque?

Sur le Dôme de fer, lire Euronews

À peine la riposte iranienne avait-elle commencé, peu avant 23 heures samedi 14 soir, que chacun se posait la question : quelle va être la réponse d’Israël ? Il s’agissait selon Téhéran de représailles à la frappe imputée à l’État hébreu contre l’annexe consulaire de l’ambassade iranienne à Damas le 1er avril, marquée par la mort de sept membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), parmi lesquels deux commandants.

Dans la forme, Israël a adopté un ton fort. Le fait que l’Iran attaque pour la première fois Israël depuis son territoire exige une réponse décisive, qui ne tardera pas à venir”, ont déclaré des responsables de l’État hébreu, cités par le quotidien israélien ynetnews. En début de matinée, le ministre de la Défense, Yoav Gallant a pour sa part affirmé que le pays avait repoussé la première vague majeure de tirs de drones et de missiles iraniens, mais la confrontation n’est pas encore terminée”.

Ces dernières menaces doivent-elles laisser penser qu’une contre-attaque contre Téhéran et ses alliés régionaux est envisagée ?

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Il apparaît aujourd’hui que la riposte iranienne semble avoir été calculée pour éviter un réel embrasement régional, Israël et ses alliés de l’Otan ayant eu le temps d’intercepter 99 % des projectiles – également venus d’Irak, de Syrie et du Yémen – avant qu’ils n’atteignent leurs cibles, selon des responsables israéliens. Israël ouvrait déjà son espace aérien vers 5h30 après l’avoir fermé au cours de la nuit.

Ce jour 15 avril, le Premier ministre a pris un ton triomphant. Nous avons intercepté, nous avons repoussé, ensemble nous gagnerons”, a déclaré Benyamin Nétanyahou dans un message à sa nation adressé en début de matinée sur X.

Un programme iranien de construction de réacteurs nucléaires

Peu avant cet évènement, les autorités iraniennes avaient annoncé le début des travaux de construction d’un nouveau réacteur nucléaire de recherche à Ispahan, dans le centre de l’Iran, quelques jours après avoir fait état d’un projet de centrale nucléaire dans le sud du pays.

Ainsi, malgré les sévères sanctions économiques imposées par les Etats-Unis, l’Iran accélérait son programme nucléaire.

« Aujourd’hui, on a commencé à couler le béton pour la fondation du réacteur sur le site d’Ispahan », a déclaré Mohammad Eslami, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), cité par l’agence de presse officielle Irna. On notera que ce centre de recherche est déjà doté de trois réacteurs.

Le nouveau réacteur, d’une puissance de 10 mégawatts, servira de source de production de neutrons, destinée notamment à des essais de combustibles et de matériaux nucléaires, ainsi qu’à la production de radio-isotopes industriels et de radiopharmaceutiques, indique l’agence Irna.

Cette annonce intervient alors que l’Iran reste soumis à de sévères sanctions économiques, imposées par les Etats-Unis . Pour rappel, ces derniers s’étaient retirés unilatéralement en 2018 de l’accord nucléaire international, conclu trois ans auparavant et prévoyant des limitations au programme nucléaire iranien.

En cours d’année dernière, l’Iran avait été contraint de ralentir son rythme de production d’uranium enrichi à 60%, des pourparlers informels ayant repris avec les Etats-Unis. Il a toutefois décidé de reprendre le programme nucléaire, fin 2023.

« Nous devons atteindre une capacité de production de 20.000 mégawatts d’énergie nucléaire dans le pays » d’ici 2041, a déclaré Mohammad Eslami lors d’une tournée dans la région avec le président iranien, Ebrahim Raïssi.

Seuls cinq pays dans le monde dépassent cette capacité : les Etats-Unis, la France, la Chine, la Russie et la Corée du Sud. Les centrales de Sirik devraient être pleinement opérationnelles d’ici 2031, selon l’agence Irna. L’Iran dispose actuellement d’une seule centrale nucléaire opérationnelle à Bouchehr, d’une capacité de production de 3.000 mégawatts.

En parallèle, l’Iran avait annoncé avoir envoyé pour la première fois simultanément trois satellites en orbite, une nouvelle étape du développement des activités aérospatiales du pays malgré les sanctions occidentales.

Ce lancement a été critiqué par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni dans un communiqué commun, dénoncé par Téhéran comme étant un acte « interventionniste ».

L’Iran affirme que ses activités aérospatiales sont pacifiques et conformes à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Mais les gouvernements occidentaux craignent que ses systèmes de lancement de satellites n’intègrent des technologies interchangeables avec celles utilisées dans les missiles balistiques capables de livrer une ogive nucléaire.

Il apparaît donc que les ayatollahs prennent tous les risques. Sont-ils encouragés à le faire par Moscou ou par Pékin ?

Note au 15/04 , 15h

Le Kremlin appelle l’Iran et Israël à la « retenue » pour éviter toute « escalade »

Le Kremlin a appelé lundi l’Iran et Israël à la « retenue » afin d’éviter toute nouvelle « escalade » après l’attaque menée par Téhéran contre le territoire israélien en riposte à une frappe meurtrière sur le consulat iranien à Damas. « Nous sommes extrêmement préoccupés par l’escalade des tensions dans la région et nous appelons tous les pays de la région à faire preuve de retenue. Une nouvelle escalade n’est dans l’intérêt de personne », a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

13/04/2024 Un nouveau projet de propulsion par plasma pulsé pour les voyages spatiaux

Basée aux États-Unis, la start-up RocketStar a développé un système de propulsion spatiale à plasma pulsé amélioré par fusion nucléaire. Cette technologie n’est pas nouvelle mais la version proposée devrait disposer de performances accrues lui permettant de révolutionner les voyages spatiaux à longue distance, dans un premier temps vers Mars et ses satellites

Dans un tweet publié le 21 mars 2014, la start-up RocketStar a diffusé un communiqué annonçant un nouveau moteur ionique qui intègre la fusion nucléaire : le FireStar Fusion Drive. Selon les responsables du projet, ce dernier est 50 % plus performant en termes de poussée que son prédécesseur, le FireStar Foundation.

RocketStar indique que cette première unité de propulsion électrique au monde améliorée par fusion nucléaire pourrait permettre de réinventer les moteurs des engins spatiaux et de révolutionner ainsi les voyages dans l’espace.

Soulignons tout de même que les moteurs à plasma pulsé (ou moteurs ioniques) existent depuis déjà de nombreuses décennies. En effet, la première utilisation de ce genre de moteur date de l’époque soviétique, plus précisément lors de la mission qui a permis à la sonde Zond 2 de survoler Mars, en 1965. Or, le moteur ionique servait ici au contrôle de l’altitude.

Et si ce n’a pas vraiment été un succès pour plusieurs raisons, la mission a tout de même permis de valider l’usage des moteurs ioniques. Depuis les années 1960, la technologie a grandement évolué au point d’être testée dans les années 2000 par la NASA dans le cadre de la mission Earth Observing 1.

Le moteur à fusion nucléaire aneutronique de RocketStar vise à être dans l’espace vers la fin de 2024. Cette date paraît trop optimiste.

Les ingénieurs ont étudié une conception unique de moteur à plasma pulsé alimenté à l’eau. La vapeur d’eau est ici ionisée pour générer des protons à grande vitesse et une importante poussée. Toutefois, le nouveau moteur FireStar Fusion Drive a la particularité d’utiliser une réaction de fusion qui se produit lorsque du bore (un métalloïde) est introduit dans les gaz d’échappement. L’ajout en question permet d’obtenir une réaction entre les noyaux de bore et les protons qui se déplacent à grande vitesse. Ainsi, cette fusion aneutronique permet d’augmenter grandement la poussée du propulseur.

Dans son document, RocketStar affirme que le FireStar Fusion Drive a déjà été testé avec succès au High Power Electric Propulsion Laboratory (HPEPL) de l’Université Georgia Tech (États-Unis). Selon la start-up, il n’est pas seulement question d’une amélioration progressive d’un système de propulsion, mais également d’un véritable pas en avant avec la création d’une réaction de fusion-fission dans les gaz d’échappement. Sous le nom commercial de M 1.5, le moteur est donc prêt pour une utilisation en conditions réelles.

Les essais devrait intégrer plusieurs missions déjà prévues cette année par la société aérospatiale D-Orbit.

Référence

https://twitter.com/RocketStarSpace/status/1770488397536063579?

12/04/2024 Ubag, homme des cavernes, possible pygmée et bon navigateur.

C’est ce que semble avoir été un hominidé (sur ce terme, voir https://planet-vie.ens.fr/thematiques/evolution/hominoides-hominides-hominines-et-les-autres) découvert il y a 16 ans dans l’ile de Luzon, grotte dite Callao cave  Philippines par Florent Détroit du French National Museum of Natural History et Armand Salvador Mijares de l’University of the Philippines.  Il s’agissait de dents et de petits os de pieds qui évoquaient à la fois des hommes modernes, des hommes primitifs et des australopithèques.

Ils paraissaient âgés de 50.000 ans, date modifiée ensuite en 134.000 plus ou moins 14.000 ans avant le présent. Ils furent attribués à une espèce humaine encore inconnue dite  Homo luzonensis et surnommée « Ubag » . On emploie aujourd’hui le terme d’ Homme de Callao , Callao man.

Les ancêtres de l’homme de Callao auraient pu appartenir à des prédécesseurs asiatiques de l’homo erectus. Ils étaient donc capables de faire des traversée maritimes de plusieurs miles entre les iles, dans des passages régulièrement agités par des typhons.

Les saisons chaudes et humides sont les périodes où des dépressions tropicales se forment dans l’océan pacifique et touchent majoritairement le nord-est de l’archipel. Les zones principalement atteintes par les vents violents et grosses pluies sont la grande île de Luzon, les îles Batanes au nord et l’île de Mindanao, ce sont en général des passages de 3 à 7 jours entrecoupés de transitions ensoleillées. 

Cela devait déjà être le cas au paléolithique

Référence

https://www.newscientist.com/article/mg24232253-900-new-species-of-human-discovered-in-a-cave-in-the-philippines