Voir https://www.pppl.gov/news/2024/fusion-record-set-tungsten-tokamak-west
08/05/2024 Nouvelles études concernant la matière noire
Depuis des décennies, la matière noire inquiète des scientifiques. Omniprésente dans l’univers, elle constitue environ 85 % de sa masse totale, mais échappe à tous les instruments de mesure. Invisible à l’œil nu, elle se manifeste uniquement par son attraction gravitationnelle sur la matière visible, celle des étoiles et des galaxies. D’où vient-elle ? De quoi est-elle faite ? Comment interagit-elle avec l’univers visible ?
Pour tenter de percer les secrets de la matière noire, les scientifiques mettent en place des télescopes sophistiqués, des expériences souterraines, des simulations cosmiques poussées. Une étude récemment publiée dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract vise à améliorer la compréhension de la matière noire
Contrairement à la matière ordinaire, composée de protons, neutrons et électrons, la matière noire ne se laisse pas observer par nos instruments. Elle ne rayonne ni n’absorbe la lumière. Elle se dévoile uniquement par son influence gravitationnelle sur la matière visible, comme les étoiles et les galaxies. C’est grâce à cette attraction gravitationnelle que les scientifiques ont pu déduire son existence et estimer sa masse.
L’idée de l’existence de la matière noire a été proposée pour la première fois dans les années 1930 par l’astronome suisse Fritz Zwicky. Toutefois, c’est réellement au cours des dernières décennies que son existence et son importance ont été progressivement confirmées par des observations astronomiques et des analyses théoriques.
Sa composition exacte demeure encore de nos jours un mystère. On ignore si elle est constituée de particules déjà connues ou d’une nouvelle forme de matière. Les hypothèses abondent : axions, WIMPs (Weakly interacting massive particles), neutrinos stériles…
Si son existence est largement admise au sein du modèle cosmologique standard ΛCDM ou Lambda CDM, elle n’en demeure pas moins sujette à de nombreux débats. Le modèle ΛCDM est un cadre théorique constitué à partir des observations et des principes du modèle standard du Big Bang décrivant l’Univers comme principalement composé de matière noire froide (CDM) et d’énergie sombre (Λ) tout en supposant que l’univers soit considéré comme plat dans ses dimensions spatiales.
Cependant certains modèles alternatifs remettent en question la nécessité de la matière noire, la considérant comme un artefact artificiel introduit pour expliquer des observations cosmologiques encore mal comprises. Ces modèles alternatifs sont la théorie de la gravité modifiée ou de gravité scalaire-tenseur, les théories branaires ou les modifications de la relativité générale. Il s’agit d’expliquer les observations cosmologiques sans recourir à la matière noire. Toutefois, n’ont pas encore fait leurs preuves et n’ont pas de quoi rivaliser avec le modèle ΛCDM, qui reste actuellement le modèle dominant en cosmologie.
L’étude dont il était question dans l’introduction, a été menée par des chercheurs de l’UC Irvine et dirigée par Francisco Mercado. Ces derniers ont développé une approche inédite pour apporter de nouveaux éléments à la théorie de l’existence de la matière noire. En s’appuyant sur des simulations informatiques sophistiquées, les chercheurs ont comparé les prédictions de deux modèles : l’un avec matière noire et l’autre sans.
Les simulations ont révélé que de nombreuses caractéristiques observées dans les galaxies réelles, telles que leur distribution et leur mouvement, sont naturellement expliquées par le modèle ΛCDM avec matière noire. En revanche, ces mêmes caractéristiques s’avèrent difficiles à reproduire dans le modèle alternatif sans matière noire. Cette étude apporte donc un soutien supplémentaire au modèle ΛCDM, suggérant que la matière noire joue un rôle crucial dans la structure et l’évolution de l’univers
Même si l’existence de la matière semble aujourd’hui admise, ses propriétés fondamentales et sa composition exacte sont encore sujettes à recherche. Les études récentes comme celles menées par Mercado et son équipe fournissent des preuves solides soutenant son existence.
- Référence
Hooks & Bends in the radial acceleration relation: discriminatory tests for dark matter and MOND
Francisco J Mercado, James S Bullock, Jorge Moreno, Michael Boylan-Kolchin, Philip F Hopkins, Andrew Wetzel, Claude-André Faucher-Giguère, Jenna Samuel
Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 530, Issue 2, May 2024, Pages 1349–1362, https://doi.org/10.1093/mnras/stae819
16 April 2024
ABSTRACT
The radial acceleration relation (RAR) connects the total gravitational acceleration of a galaxy at a given radius, atot(r), with that accounted for by baryons at the same radius, abar(r). The shape and tightness of the RAR for rotationally-supported galaxies have characteristics in line with MOdified Newtonian Dynamics (MOND) and can also arise within the cosmological constant + cold dark matter (ΛCDM) paradigm. We use zoom simulations of 20 galaxies with stellar masses of M⋆ ≃ 107–11 M⊙ to study the RAR in the FIRE-2 simulations. We highlight the existence of simulated galaxies with non-monotonic RAR tracks that ‘hook’ down from the average relation. These hooks are challenging to explain in Modified Inertia theories of MOND, but naturally arise in all of our ΛCDM-simulated galaxies that are dark-matter dominated at small radii and have feedback-induced cores in their dark matter haloes. We show, analytically and numerically, that downward hooks are expected in such cored haloes because they have non-monotonic acceleration profiles. We also extend the relation to accelerations below those traced by disc galaxy rotation curves. In this regime, our simulations exhibit ‘bends’ off of the MOND-inspired extrapolation of the RAR, which, at large radii, approach atot ≈ abar/fb, where fb is the cosmic baryon fraction. Future efforts to search for these hooks and bends in real galaxies will provide interesting tests for MOND and ΛCDM.
08/05/2023 Un succès pour WEST … et pour ITER
Le réacteur WEST (Tungsten Environment in Steady-state Tokamak,, basé en France, est resté allumé pendant 6 minutes à 50 millions de degrés. Ce réacteur à fusion expérimental est opéré par le CEA francais. Il fait partie d’un groupe de Recherche dit CICLOP Coordination on International Challenges on Long duration OPeration rattaché l’Agence Agence internationale de l’énergie atomique Un bulletin d’information est en cours de rédaction et sera publié dans les prochaines semaines
Selon Xavier Litaudon, membre du CEA et président de CICLOP, il s’agit d’un excellent résultat. Remi Dumont, également membre du CEA et chef de l’ Experimentation & Plasma Development Group dépendant de l’Institute for Magnetic Fusion Research a été le coordonnateur scientifique de l’expérience . Il parle de « résultat spectaculaire »;
C’est en effet la promesse d’une énergie décarbonée et quasi illimitée qui se précise à l’échelle du siècle . Pour y parvenir, il faut créer un soleil artificiel , ce qui consiste à reproduire, en laboratoire, les réactions physiques ayant lieu au cœur du soleil et des étoiles.
L’une de ces installations, basée en France, vient de battre un record. Lors d’un test effectué lors de ce printemps 2024, le réacteur WEST est resté allumé à 50 millions de degrés pendant exactement 6 minutes, a-t-on appris le 6 mai. Ceci dans un dans un « tokamak ».
Rappelons que le plus gros projet de réacteur à fusion nucléaire du monde est ITER, situé à Cadarache, dans le sud de la France, avec un budget estimé à 19 milliards d’euros. Encore en construction, et programmé pour la décennie 2030, il devra monter à 150 millions de degrés et parvenir à s’auto-entretenir. C’est-à-dire, générer plus d’énergie qu’on lui en insère afin que le réacteur se maintienne lui-même dans le temps et qu’il soit rentable énergétiquement.
D’ici sa première réaction de fusion, de petits réacteurs du même genre, continuent d’expérimenter afin de résoudre peu à peu les problèmes physiques du procédé. Ce n’est pas la première fois qu’un réacteur à fusion nucléaire atteint 50 millions de degrés. En Corée, le tokamak est monté à 100 millions de degrés en 2023, mais pendant 30 secondes puis, en 2024, durant 48 secondes. Les 6 minutes obtenues par WEST constituent donc une étape importante pour que l’on sache maintenir du plasma très chaud dans le temps.
Les équipes de WEST essayent notamment de résoudre la question des parois, qui doivent supporter la chaleur générée par le plasma, mais aussi permettre de récupérer l’énergie via le flux de neutrons généré par la réaction. Initialement, les tokamaks utilisaient des murs en carbone, mais ces derniers absorbaient le tritium utilisé (l’un des deux isotopes utilisés comme « carburant »). Depuis une décennie, les ingénieurs de WEST testent du tungstène, qui n’a pas ce défaut et qui résiste bien à la chaleur. Mais l’environnement des parois en tungstène est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre que le carbone. Le premier tokamak réellement utilisable ne le sera pas avant les années 2050.
Pour plus de détails, voir
https://www.pppl.gov/news/2024/fusion-record-set-tungsten-tokamak-west
07/05/2024. Les lumières de l’Europe s’éteignent
Nous avons reçu ce texte, que nous sommes heureux de republier
source https://ripostelaique.com/les-lumieres-de-leurope-seteignent.html
L’Europe est aujourd’hui profondément affaiblie et cette situation trouve ses prémices dans les années 1980, et malheureusement, s’est considérablement aggravée dans les cinq dernières années.
Commençons par l’économie. Pour ce qui concerne l’agriculture, la révolte des paysans parle d’elle-même. Les hommes des villes affament les hommes des champs qui pourtant les nourrissent. Dans l’industrie, un événement absolument symbolique vient de survenir dans l’indifférence des médias : la dernière aciérie de Grande-Bretagne va fermer. Oui, la dernière aciérie de cette Angleterre où est née la Révolution industrielle grâce à l’extraction simultanée du charbon et du fer, ce qui a permis le développement de la société industrielle moderne et contemporaine, du chemin de fer au gratte-ciel, de la voiture automobile à la centrale nucléaire. L’acier qui permettrait au passage de fabriquer des obus d’artillerie, mais là, je m’égare.
Alors pourquoi cette dernière aciérie va-t-elle fermer ? Parce que les nouveaux coûts de l’énergie en Europe ne permettent plus de rentabilité. En Allemagne, les groupes industriels déménagent vers l’Amérique. BASF s’en va. Les ménages paient plus cher le gaz, les pétroliers américains se gavent de profits quand ils livrent du gaz, et s’ils n’en livrent pas, on en achète en sous-main aux Russes, au double du prix d’avant, et les Verts allemands sont contents.
Et tout cela parce que des élites dirigeantes ont pris ou avalisé des mauvaises décisions politiques, économiques, géostratégiques, pour des raisons de politique politicienne locale à court terme, ou par idéologie, ou par complaisance vis-à-vis de leurs mentors. De Madame Thatcher pour les mines à Madame Merkel pour le nucléaire et à Monsieur Macron pour les sanctions illusoires et contre-productives.
La défense, pilier de la souveraineté, n’en parlons pas. Même en créant de la dette à une vitesse vertigineuse, on ne peut pas simultanément entretenir les moyens de la puissance militaire, loger les migrants et investir dans l’impasse de la transition écologique. Donc les arsenaux sont vides, et faute d’argent, l’Allemagne renonce à ses projets de rééquipement militaire, car elle, qu’on disait si prospère, en est maintenant à cent milliards près.
Dans le domaine de l’éducation et de la culture, on commente une fois par an les résultats du classement Pisa, et le lendemain, on passe à autre chose, de toute façon, les champions ne sont plus en Europe, il ne s’agit plus aujourd’hui de correction de la langue, mais de sa simple compréhension la plus basique. Le niveau mathématique est en chute, les sciences exactes sont délaissées, ce qui induit une baisse du niveau de la recherche fondamentale et appliquée.
Les finances publiques sont exsangues, avec des niveaux de dette jamais atteints en temps de paix.
Réjouissons-nous ! Il nous restait le rayonnement de l’Europe. Rayonnement culturel, rayonnement technique et scientifique, autorité morale. Pour nous Français, le château de Versailles, la fusée Ariane et la Déclaration universelle des Droits de l’Homme réunis dans un triptyque magique. Un château de Versailles qu’on ferme régulièrement à cause des menaces d’hallucinés armés de couteaux de cuisine. La fusée Ariane qui perd des parts de marché malgré ses qualités indéniables. Et la moraline politique de la philosophie des Lumières, dont plus personne ne veut dans le monde, car les Lumières sont éteintes. Les Lumières sont éteintes, c’est le sous-titre d’un ouvrage récent de Michel Maffesoli, et comme dans ses œuvres précédentes, Maffesoli y pointe la fin d’un cycle historique. Le problème n’est plus de discuter si les Lumières sont fondées ou non en raison.
Le fait majeur et qui échappe à toute discussion, c’est que le monde extérieur ne veut pas de nos Lumières. Ni de ses avatars successifs, individualisme, nihilisme, wokisme, mondialisme, LGBTisme. Il n’en veut pas. Et maintenant, il ose le dire, et c’est ça qui est nouveau.
Il faut sans doute nuancer un jugement aussi sévère. Plus profondément, est-ce que c’est l’Europe qui s’affaiblit, ou est-ce que c’est l’Occident dont l’Europe n’est plus aujourd’hui qu’un appendice passif ? Et je pense que oui, c’est l’Occident plus que l’Europe qui est en cause. La notion d’Occident a une longue histoire, plus de mille ans. Mais l’Occident contemporain s’est cristallisé en 1956, lors de la guerre de Suez où les Etats-Unis ont mis fin aux dernières aspirations de la France et de la Grande-Bretagne à une autonomie stratégique, politique et militaire.
Le centre de gravité se trouve aujourd’hui dans les puissances anglo-saxonnes. Le rattachement à l’Occident d’une dimension indo-pacifique avec la Corée du Sud, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, tout cela a fait de l’Europe une zone périphérique, secondaire, corvéable par le suzerain. On peut même la sacrifier aux intérêts de l’Empire.
Les néo-conservateurs qui dirigent les Etats-Unis ont deux buts de guerre simultanés, en Ukraine.
1 – Le démantèlement de la Russie pour exploiter ses richesses, pour l’instant, ça ne marche pas.
2 – L’affaiblissement durable de l’économie européenne qui est un concurrent gênant, et pour l’instant, ça marche.
Aujourd’hui, et le sabotage de Nord Stream le montre, l’Occident est un adversaire de l’Europe. Je n’aurais pas dit ça il y a trente ans, mais le monde change. En réalité, le monde a déjà changé.
Les BRICS, qui ne sont plus cinq mais dix, dépassent largement le G7 en population et en production de richesses en parité de pouvoir d’achat.
Nous sommes déclassés et le monde extérieur à l’Occident veut maintenant qu’on lui fiche la paix, et que nous nous occupions de nos affaires plutôt que des leurs. Qu’est-ce qu’il y a de commun aux revendications du monde contemporain tel qu’il a commencé à se former au tournant du XXIe siècle ? Qu’y a-t-il de commun à la junte nigérienne, au président du Kenya, au Premier ministre de l’Inde et à Vladimir Poutine ? Ils nous disent tous : « Fichez-nous la paix, et occupez-vous de vos oignons ». La junte nigérienne dit au président Macron : « Au lieu de nous donner des leçons de gouvernance, occupez-vous de vos pauvres et de vos populations mécontentes qui manifestent ».
Le Kenya dit à l’Amérique : « Arrêtez de vouloir nous imposer votre code civil avec vos normes sociétales et sexuelles délirantes, contraires à nos traditions africaines. Arrêtez de vouloir nous imposer vos règles commerciales. Arrêtez de nous menacer de sanctions. Arrêtez de nous imposer le dollar pour nos échanges ». Le Kenya ne veut pas du mariage gay, mais il veut acheter son gaz à qui lui plaît, c’est-à-dire au Qatar et le payer en schillings kenyans et pas en dollars.. Est-ce qu’on peut, M. Biden ou M. Obama, oui ou non, est-ce qu’on peut vivre comme on l’entend, quand on est kenyan ou qatari ?
Du côté de l’Inde, le Premier ministre Modi dit aux Anglo-Saxons : « Nous renonçons au privilège de la langue anglaise pour tout ce qui concerne désormais nos affaires administratives, commerciales et judiciaires internes. Nous préférons utiliser nos propres langues ». Et puis l’Inde va changer de nom, l’Inde s’appellera dorénavant Bharat, parce que Inde est un nom qui nous a été donné par l’étranger et que Bharat était déjà notre nom dans les grandes épopées indo-européennes du Rig-Véda du ? (je n’ai pas compris).
Dans la révolte de ce qu’on appelle aujourd’hui le Sud global, il y a souvent une dimension identitaire et culturelle qui bien entendu échappe à nos élites mondialistes. Et le président Poutine dit la même chose à Biden : « Occupez-vous de vos frontières passoires au lieu des nôtres. Occupez-vous des cartels de la drogue qui empoisonnent votre jeunesse. Occupez-vous de vos millions de pauvres et de sans abri, de la criminalité, de vos 35 000 milliards de dollars de dette publique. Votre modèle de société, de gouvernance et de commerce est-il donc si efficace, si attractif, qu’il vous faille entretenir plus de 600 bases militaires hors des Etats-Unis, simplement pour maintenir le système. Du haut de mes mille ans d’histoire, moi Poutine, je contemple les prémices de votre deuxième guerre civile ».
C’est un diagnostic sévère que le monde porte sur l’Occident, mais il est partagé par des forces croissantes en nombre au sein même de l’Occident Nord-américain et européen. Occupez-vous de nos oignons, c’est ce que les agriculteurs français, allemands, néerlandais, polonais, espagnols, disent aux dirigeants nationaux et bruxellois.
C’est le sens de la révolte de l’Etat du Texas contre le gouvernement fédéral américain. Pour des raisons idéologiques, le gouvernement Biden laisse grandes ouvertes les frontières, il s’oppose même à ce que le Texas ait sa frontière lui-même, essaie par lui-même d’endiguer la marée humaine avec ses propres moyens. Alors, le gouverneur du Texas, Gregory Abbott, dit à Biden : « Cessez de dilapider par milliards les dollars du contribuable américain pour financer à l’infini vos guerres impérialistes. Arrêtez la corruption délirante des pouvoir exécutif et législatif à Washington. Occupez-vous de nos oignons ».
Est-ce là un cri du cœur isolé de la part du gouverneur Abbott ? Aucunement, puisque Abbott a le soutien actif de vingt-cinq autres gouverneurs d’Etat sur cinquante.
Donald Trump ne tient pas d’autre discours. LCI ou BFMTV ne cessent de le dénigrer pour ses cheveux orange, ses outrances oratoires, et sa prétendue misogynie. Mais ils se gardent bien d’insister sur le fait que, parmi les priorités de Trump, s’il est réélu, il y aura une réduction importante des budgets de l’OTAN, dont les menées bellicistes et coûteuses ont dénaturé l’objectif initial de l’alliance, l’OTAN, et ruiné les finances publiques américaines. Et dans l’attente de l’élection de Novembre, les élites occidentales sont en panique totale.
Alors, face à tout ça, on se rappelle, au moins pour les plus anciens, on se rappelle le slogan de Raymond Cartier, le grand reporter de Paris Match dans les années 50 et 60 : « La Corrèze avant le Zambèze ! La Corrèze avant le Zambèze ! Il paraît que ce bon mot est apocryphe, mais il n’en demeure pas moins pertinent et d’une brûlante actualité.
L’Occident en tant qu’Occident donneur de leçons, fait l’objet au moins d’une déchéance, au plus d’une détestation mondiale. Et nous autres Européens de l’Ouest en tant que nous sommes à la remorque de cet Occident, nous sommes assimilés à lui et nous pâtissons de son image. Quelles sont les racines du mal ? Certaines sont bien connues, d’autres ont été, je pense, sous-estimées.
La chute de l’URSS et le revirement de la politique économique de la Chine, il y a trente ans, ont fonctionné comme un amplificateur de l’arrogance de l’Occident. L’Occident, se croyant libéré à tout jamais de tout rival possible, l’Occident a cru pouvoir proclamer la fin de l’histoire à son profit. Le modèle parfait, ultime, définitif, de société, de gouvernement, d’économie que nous incarnions, allait tout naturellement s’imposer comme une vérité qui se révélerait aux yeux de l’humanité, laquelle adopterait un modèle unique et universel.
Et l’arrogance des dirigeants occidentaux est sans limite. Les peuples réticents au modèle sont réputés des arriérés. Le dirigeant occidental est un prétendu pédagogue, mais méprisant, insultant, les exemples en sont légion. Il y en a deux qui m’amusent particulièrement, c’est le président Macron donnant des leçons de bonne gouvernance politique et économique aux Libanais, faut quand même le faire. Et le président Sarkozy invitant les Africains à enfin entrer dans l’histoire. Celle-là est quand même un peu forte de la part d’un dirigeant dont l’acte politique majeur a été la ratification contre l’avis de son peuple d’un traité européen qui consiste justement à vouloir faire sortir la France de l’histoire.
Quand malgré toutes ces leçons, les peuples et les dirigeants répugnent à abandonner leurs spécificités et leur autonomie de décision, les Occidentaux psychiatrisent les déviants, tout comme l’URSS psychiatrisait les opposants au régime. Tous des fous, partisans des forces du mal, qu’il faut exclure de la communauté internationale. D’où l’obsession des Occidentaux pour les sanctions et pour les changements de régime qui supposent l’organisation de coups d’Etat à répétition ou le lancement de nouvelles aventures militaires. Et c’est comme ça depuis trente ans.
L’une des manifestations les plus emblématiques à la fois de l’arrogance de l’Occident et de son déclin, c’est la disparition de la diplomatie. La diplomatie, c’est un truc qui a été inventé en même temps que les premiers Etats, il y a quatre mille ans. La diplomatie suppose deux principes.
Premier principe. Il faut accepter de parler avec des gens avec lesquels on a des conflits ou des rivalités d’intérêts.
Deuxième principe. Il faut se renseigner sur l’autre, comprendre quelle vision, lui, peut avoir de ses intérêts propres, sans quoi on ne peut pas négocier.
Or, le maître mot de la politique occidentale aujourd’hui, c’est qu’il y a des gens à qui on ne parle pas et qu’on n’essaie même pas de connaître. Tout l’Occident a été contaminé par l’exceptionnalisme américain. Cette notion fondamentale d’exceptionnalisme signifie que le gouvernement américain a cette capacité, ce droit unique, exorbitant, à définir ce qui est bon pour les autres pays, pour les autres sociétés, pour les autres peuples. C’est un héritage politique, mystique et messianique de l’idée de peuple élu qui sous-tend toute l’histoire des Etats-Unis.
Et l’effondrement du niveau diplomatique de l’Occident est une manifestation directe, tout à la fois de son arrogance exceptionnaliste et de sa profonde médiocrité. En cinquante ans, entre l’époque de Kissinger, un géant, et celle de Blinken, un nain, l’Occident a perdu quarante points de quotient intellectuel.
Et pour ce qui concerne la diplomatie française, elle n’existe plus. Et je considère que la suppression du corps diplomatique de carrière par le président Macron est une des rares décisions cohérentes qu’il ait prises à ce jour, même si elle est perverse.
Médiocrité partout. Médiocrité en tous domaines. Et médiocre l’idée de mener une guerre industrielle contre des concurrents largement supérieurs en capacités de production. On voit le résultat en Ukraine et on le verra demain encore davantage si l’Occident attaque la Chine, ce qu’à Dieu ne plaise.
C’est médiocre d’investir des dizaines de milliards dans des filières technologiques sans avenir, ou de tout miser sur des technologies qui nous mettent dans des situations de dépendance insolubles. Par exemple, le choix de batterie pour les véhicules électriques, qui suppose le recours à des minéraux dont la Chine représente 75 % des capacités d’extraction et 98 % des capacités de raffinage. Car la Chine a dix ans d’avance dans ce domaine et ne veut bien entendu pas partager ses savoir-faire.
Et c’est médiocre encore d’ignorer les lois élémentaires de l’économie. Monsieur Le Maire, vous méprisez le petit peuple. Mais un petit boulanger, lui, il sait qu’il ne peut pas se fâcher avec le fournisseur de farine qui lui fait les meilleurs prix du marché.
Avec vos 115 % de dette publique sur le PIB et une économie de services, pensiez-vous vraiment donner des leçons de bonne gestion à un pays qui a seulement 15 % de dette publique et dont le secteur industriel pèse 30 % du PIB ? Ce n’est pas la Covid, ce n’est pas la guerre en Ukraine qui nous affaiblissent durablement, c’est le traitement politique médiocre de ces événements.
Médiocrité culturelle, ignorance crasse de l’histoire et de la géographie, sans lesquelles il n’y a pas de politique. On peut comme George W Bush devenir président des Etats-Unis et dire :
« Nous avons un problème, la frontière entre l’Irak et l’Afghanistan est trop poreuse, en ignorant par le fait qu’il n’y a pas un kilomètre de frontière entre l’Irak et l’Afghanistan, et qu’ils sont séparés depuis seulement 2500 ans par l’une des plus grandes civilisations de l’histoire, la Perse, aujourd’hui l’Iran, avec des capacités scientifiques majeures, notamment son école mathématique.
On peut, comme monsieur Macron, être candidat à la présidence de la République française et dire que la Guyane est une île.
Et médiocre aussi le fait de s’auto-intoxiquer de sa propre propagande. Un journaliste, un Autrichien, je crois, disait déjà dans les années 30 : « Les guerres commencent quand les politiques mentent aux journalistes, et quand le lendemain, ils croient ce qu’il y a d’écrit dans les journaux ». Ce n’est pas idiot.
La société occidentale est une société du mensonge et nos dirigeants finissent par fonder leurs décisions sur leurs propres mensonges. Et quand on sait que la société du mensonge mène inévitablement à une société de la censure, on ne peut s’étonner de la dérive totalitaire des sociétés occidentales.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire à cette tribune, à propos des grandes catastrophes industrielles de notre histoire récente comme Alcatel, j’avais dit : nous avons de grandes écoles, mais nous avons de faibles élites. Il faudra un jour approfondir la notion d’ignorant diplômé et essayer de comprendre les mécanismes qui sélectionnent en Occident depuis trente ans cette population d’ignorants-diplômés pour exercer le pouvoir. Je pense que ce serait un bon sujet de colloque pour l’Iliade, car ce n’est pas une voie de nature que d’être dirigé par des médiocres en Europe.
La ressource existe dans tous les domaines, politique, économique, technique et scientifique, et l’on voit, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, que de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer les manifestations et les causes du mal qui ronge l’Occident et qui fait se dresser le reste du monde contre lui.
Pour cela, il faut avoir un objectif et une stratégie. L’objectif pour l’Europe ou pour certains pays européens, c’est de retrouver une indépendance au milieu de ce naufrage qu’est aujourd’hui l’Occident. Pour cela, il faut retrouver les voies de la différenciation et de la diplomatie.
Nous ne sommes pas supérieurs, nous sommes différents, et comme on l’a vu, le début du déclin de l’Occident contemporain, dans les années 90, ça a coïncidé avec le fantasme d’une homogénéisation du monde, autour de concept politiques et économiques prétendument universels et sur la base d’une prétendue supériorité intellectuelle, managériale, technico-scientifique, que les faits démentent aujourd’hui.
En faisant le constat lucide de nos forces et de nos faiblesses, qu’elles soient structurelles comme conjoncturelles, nous devons tendre à un nouveau modèle, il nous faut devenir un Empire du Milieu. Oui, comme la Chine, un Empire de notre Milieu.
La Chine aussi avait fait des erreurs. Après un siècle de déclassement, la Chine de Mao Tsé Toung s’était égarée elle-aussi sur la voie de l’arrogance et vers la diffusion mondiale d’une idéologie et d’un modèle social prétendument universels, le maoïsme. Mais Deng Xiaoping et Xi Jinping ont rendu la Chine à sa Tradition, car la Chine, on l’oublie trop souvent, la Chine a été la principale puissance démographique et économique du monde pendant presque 4000 ans d’affilée, jusque vers 1800, sans avoir pour autant prétendu siniser le monde, comme nous, nous avons eu le fantasme de l’occidentaliser. La Tradition chinoise de l’Empire consiste à gérer politiquement ses marchés. Viktor Orban ne dit pas autre chose ces jours-ci, ses zones tampons. Et pour le reste, sa Tradition consiste à maîtriser à l’intérieur la paix civile, la production, la satisfaction des besoins de la population, et à l’extérieur, le commerce.
L’avenir le plus raisonnable pour l’Europe, c’est de redevenir un pôle d’équilibre, un pôle raisonnable, après tant d’années d’hubris et de déraison. Alors oui, j’accepte, et même je revendique l’accusation qui nous est faite en permanence par les mondialistes, tant de Davos que de Bruxelles, oui il nous faut pratiquer un salutaire repli sur soi, car il est temps que quelqu’un s’occupe de nos oignons, et que la Corrèze passe avant le Zambèze.
Mais à l’inverse de ce dont nous accusent les mondialistes, cela ne signifie aucunement se fermer au monde extérieur, tout au contraire. Tout au contraire, aujourd’hui, c’est la médiocrité culturelle et l’idéologie de nos élites qui fait que nous ne nous ouvrons pas vraiment au monde, à sa richesse, à sa diversité, à ses potentiels de partenariat, car l’universalisme est réducteur, il réduit à l’un. Notre différentialisme est une ouverture au monde et à la diversité du monde. Et voilà un des moyens qui nous permettront de réaliser cet objectif d’indépendance au milieu de ce naufrage.
La stratégie de restauration de notre souveraineté et de notre liberté passe par une remise en cause fondamentale du système. Je partage en tous points les analyses de Donald Trump et de Robert Kennedy junior, les candidats à la prochaine élection aux Etats-Unis, car ces deux candidats divergent sur certains points programmatiques, mais ils posent un constat identique qui est le nôtre. L’urgence, c’est d’assécher le marigot de la capitale fédérale. L’urgence, c’est de mettre un terme à la tyrannie des dirigeants des partis de gouvernement, c’est-à-dire de l’uni parti, parti unique de facto, à la tyrannie des médias, et à la tyrannie de la haute administration publique incompétente et veule qu’on appelle aux Etats-Unis le deep state, l’Etat profond.
Il est évident que pour ce qui concerne l’Europe, un tel constat, une telle ambition excluent tout espoir de recours à l’Union européenne telle qu’elle est. Albert Einstein disait fort justement que la folie, ça consiste à répéter la même expérience en espérant à chaque fois obtenir un résultat différent.
Alors, regardons froidement le résultat de quinze ans de traité de Lisbonne, le traitement désastreux de l’épidémie de Covid, les ravages causés en Europe par des sanctions économiques contreproductives, notre détresse énergétique et financière, la montée de la censure, en attendant l’interdiction toujours possible de partis politiques entiers parce que déviants. Car je rappelle que la force principale à la manœuvre en Allemagne pour l’interdiction de l’AFD, ce sont les services secrets du pays, exactement comme aux Etats-Unis, la CIA et le FBI ont été mobilisés pour empêcher Donald Trump de gouverner et d’appliquer son programme.
Alors non, on ne va pas s’acharner à refaire encore une fois la même expérience, parce que ce serait de la folie. Ne nous faites pas le coup du si ça ne va pas, c’est parce qu’il n’y a pas assez d’Europe. Fini. Terminé.
Donc le seul débat qui reste avant de voter d’ici quelques semaines est de choisir pour quelle stratégie européenne on opte. Frexit, la sortie pure et simple du système, peut-être. Borexit la mise au pas de la Commission par les Etats membres, l’expulsion de Bruxelles hors des circuits de décision, c’est la stratégie d’Orban qui attend le soutien d’autres dirigeants.
J’imagine que notre audience aujourd’hui ici est partagée, et je ne vais approfondir ce débat entre Frexit, sortie, et Borexit, éjection de Bruxelles. Ce qui importe, c’est que nous manifestions massivement, chacun selon son option, notre rejet de l’impasse bruxelloise.
Quel que soit le résultat, l’Europe de l’union européenne restera divisée, et certains pays refuseront de s’émanciper. Ce n’est pas grave. Trois ou quatre nations suffiraient à lancer le mouvement.
Et pour revenir un instant, une dernière fois aux Etats-Unis, il est évident que la victoire là-bas d’un anti-globaliste provoquerait ici une clarification salutaire des positions nationales.
En tout cas, il est important de se mobiliser. Le temps presse, car le déclassement de l’Europe est en cours. Et je vous rappelle le mot du général Mac Arthur. Mac Arthur disait :
« Quand on analyse les raisons d’une défaite, quelle qu’elle soit, on en arrive toujours à la même cause, TROP TARD. On a agi TROP TARD ».
Alors, gardons-nous d’agir trop tard, car il est aujourd’hui grand temps. Merci.
Jean Saunier
Rétrospective intégrale d’une vidéo de Lionel Rondouin, pour l’Institut Iliade.
Lionel Rondouin, formateur de l’Institut Iliade, diplômé de l’Ecole Normale Supérieure, a fait carrière au sein des parachutistes des troupes marines.
Note du comité de rédaction de Europe solidaire
L’affaiblissement de l’Europe a pris naissance des la Première guerre mondiale avec l’apparition du fascisme italien, suivi du nazisme allemand. L’Italie et l’Allemagne ont combattu les démocraties politiques (France, Grande Bretagne) jusqu’à épuisement démographique et économique réciproque. L’Allemagne en est sortie affaiblie et désarmée. Elle le reste encore aujourd’hui L’empire britannique, sur lequel le soleil était réputé comme ne se couchant pas, a été disloqué au profit de ses ex-colonies d’outre-mer. La Bourse de Londres qui régentait le monde, a vu l’essentiel de ses moyens émigrer à New-York.
Dans le même temps, les Etats-Unis, protégés de la guerre par la largeur de l’Atlantique, et enrichis par la mise au point et la vente de matériels et technologies militaire avancées, ont pu dès l’entre-deux guerres et surtout dès l’après guerre inonder l’Europe de produits finis et des pratiques économiques et sociales associées ne laissant à celui-ci qu’une marge infime de créativité et d’autonomie commerciale. Encore aujourd’hui, par exemple, le cinéma d’Hollywood fait plus parler de lui que tous ses homologues européens.
Pendant ce temps, l’URSS qui avait failli disparaître pendant la seconde guerre mondiale mais qui s’en était sortie sous la dictature stalinienne en imposant des millions de morts à ses citoyens, s’était transformée en régime autoritaire capable d’exploiter les considérables réserves de matières premières et de céréales dont elle disposait, au contraire de l’Europe. Confrontée à la concurrence des pays capitalistes, concurrence économique puis rapidement politique et militaire, la Russie sous les présidences de Nikita Khrouchtchev puis de Vladimir Poutine s’était transformée en véritable puissance mondiale, concurrente de l’Europe dans tous les domaines.
Peu après la Chine, échappant à la domination européenne, avait suivi le même chemin. Autant dire que l’Europe avait perdu tous les atouts dont elle disposait précédemment pour jouer un rôle mondial significatif.
Employer le terme d’Occident pour désigner les adversaires actuels de la Russie et de la Chine, c’est-à-dire les Etats-Unis et l’Europe, est profondément trompeur. Il laisse penser que l’Europe est restera une alliée des Etats-Unis dans leur lutte contre le reste du monde.
Si nous voulons utiliser le terme d’Occident, il faudra le réserver aux seuls Etats-Unis. L’Europe doit rester l’Europe, c’est-à-dire une puissance intermédiaire qui se bat pour survivre. Mais cela ne voudra pas dire que l’Europe doive renoncer à être intelligente, notamment et en premier lieu, si elle le peut, dans les sciences et le spatial.
07/05/2024 Cosmologie. Découverte d’une «anomalie » dans la force de gravité (glitch)
Des chercheurs de l’Université de Waterloo suggèrent que sur des échelles cosmiques, impliquant des distances se comptant en milliards d’années-lumière, cette théorie pourrait présenter des lacunes. Ils décrivent ce phénomène comme un « glitch cosmique », une anomalie où la force de gravité se révèle être environ 1% plus faible que ce que prédit la théorie. Ce constat ouvre la voie à une possible révision de la théorie pour inclure ces observations.
Les scientifiques proposent d’ajuster le modèle cosmologique standard, notamment en modifiant la constante gravitationnelle, pour résoudre ces incohérences sans remettre en cause les succès de la relativité générale dans d’autres domaines. Cette approche suggère une extension de la théorie, sans pour autant la renverser.
Le modèle standard de la cosmologie est le nom donné au modèle cosmologique qui décrit à l’heure actuelle de la façon la plus satisfaisante les grandes étapes de l’histoire de l’univers observable ainsi que son contenu actuel tels qu’ils sont révélés par les observations astronomiques. Il décrit l’Univers comme un espace homogène et isotrope en expansion, sur lequel se superposent de grandes structures formées par l’effondrement gravitationnel d’inhomogénéités primordiales, elles-mêmes formées pendant la phase d’inflation.
Référence
Journal of Cosmology and Astroparticle Physics
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1475-7516/2024/03/045
A cosmic glitch in gravity
Robin Y. Wen1,2, Lukas T. Hergt3, Niayesh Afshordi4,5,6 and Douglas Scott3
Published 20 March 2024 • © 2024 Journal of Cosmology and Astroparticle Physics, Volume 2024, March 2024
Abstract
We investigate a model that modifies general relativity on cosmological scales, specifically by having a `glitch’ in the gravitational constant between the cosmological (super-horizon) and Newtonian (sub-horizon) regimes, as motivated e.g. in the Hořava-Lifshitz proposal or in the Einstein-aether framework. This gives a single-parameter extension to the standard ΛCDM model, which is equivalent to adding a dark energy component, but where the energy density of this component can have either sign. Fitting to data from the Planck satellite, we find that negative contributions are, in fact, preferred. Additionally, we find that roughly one percent weaker superhorizon gravity can somewhat ease the Hubble and clustering tensions in a range of cosmological observations, although at the expense of spoiling fits to the baryonic acoustic oscillation scale in galaxy surveys. Therefore, the extra parametric freedom offered by our model deserves further exploration, and we discuss how future observations may elucidate this potential cosmic glitch in gravity, through a four-fold reduction in statistical uncertainties.
06/05/2024 Les start-up américaines Général Fusion ou Helion Energy vont-elles gagner la course à la fusion nucléaire ?
Depuis 2015, le secteur privé s’intéresse de plus en plus à la fusion nucléaire contrôlée. Rappelons qu’au contraire de la fission nucléaire, la fusion nucléaire fait partie des énergies dites « décarbonées ». Fusionner deux isotopes de l’hydrogène (le deutérium et le tritium) produit de l’hélium et de la chaleur récupérable sous la forme d’energie électrique. Il ne s’agit pas de combustion. Il n’y a pas d’émission de CO2 dans cette réaction qui ne contribue pas au réchauffement climatique. Cela permet de bénéficier des aides aux investissements favorisant les technologies pour le climat.
Ces dernières années le projet expérimental ITER (https://www.iter.org/) basé en France près de Cadarache et visant à produire à échelle industrielle de l’énergie de fusion avait rassemblé une vingtaine de PME innovantes. Le projet ITER porte en lui la promesse d’une production d’énergie propre sur laquelle misent les projets privés. De plus, de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies (rubans supraconducteurs, lasers, algorithmes de calcul…) permettent d’envisager de construire de petits réacteurs expérimentaux à moindre coût.
Enfin, la promesse d’un investissement risqué, mais extrêmement rentable s’il réussit, incite certaines entreprises à tenter l’aventure. Ces entreprises sont d’ailleurs souvent soutenues par des fonds d’investissement, alimentés par les Géants de l’informatique tels Bill Gates ou Jeff Bezos et quelques financements publics issus de collaborations avec de grands laboratoires de recherche nationaux dont EDF en France.
Il existe désormais plus de 30 entreprises privées de fusion dans le monde, selon une enquête réalisée en octobre par la Fusion Industry Association (FIA) https://www.fusionindustryassociation.org/ à Washington DC, qui représente les entreprises du secteur. Les 18 entreprises, ayant déclaré leur financement, affirment avoir attiré plus de 2,4 milliards de dollars au total – presque entièrement issus d’investissements privés.
Citons par exemple General Fusion, avec son concept de sphère recouverte de pistons dans laquelle un mélange deutérium-tritium est injecté avant que les pistons ne produisent une onde de choc qui comprime le plasma et est censée offrir les conditions de pression et de température nécessaire à la fusion. Pour sa part CFS (Commonweath Fusion Systems) s’appuie sur le développement de nouveaux aimants supraconducteurs à haute température pour construire SPARC, un tokamak compact dont le rendement devrait atteindre 2 fois celui des meilleurs. CFS annonçait en septembre 2021 que son nouvel aimant supra haute température avait atteint une intensité de 20 Teslas. La fin de la construction est prévue pour 2025.
Citons également Helion Energy qui, plutôt que de chercher à produire de l’électricité en faisant tourner des turbines grâce à la chaleur générée par la réaction au cœur d’un tokamak, propose de produire cette électricité directement par induction dans des bobines électriques qui entourent le réacteur. Ceci lui permet de récupérer directement l’énergie à l’intérieur du réacteur sans passer par la vapeur. De plus, ce procédé ne produit pas de neutrons, ce qui évite les projections sur les parois et leur érosion.
Jusque ici, la viabilité économique de la fusion nucléaire apparaissait incertaine, car le confinement magnétique nécessitait la fabrication d’aimants gigantesques. Mais des études publiées récemment par des chercheurs du MIT et de Commonwealth Fusion Systems ont montré que la fusion était possible avec des aimants beaucoup plus petits qu’imaginé initialement. Cela divisera par 40 le coût du watt.
Avec ses deux milliards de dollars de capitaux privés, Commonwealth est, de très loin, la société à avoir levé le plus de fonds dans le secteur. Elle prévoit d’activer son réacteur de démonstration, le SPARC, l’an prochain, puis d’ouvrir sa première centrale au début des années 2030.
Les aléas sont encore nombreux, mais en cas de réussite, Commonwealth et Helion permettraient aux Américains d’arriver les premiers à la production commerciale d’électricité, étape qu’aucun autre pays ne vise avant 2035, au mieux.
06/05/2024 Contrairement à la Chine, l’Europe se condamne à être absente de la course à l’espace
Alors que les Etats-Unis sont en train de perdre leur supériorité mondiale dans de nombreux domaines, ils confirment leur volonté de rester ce qu’ils ont toujours été, dominants dans le domaine du spatial, spatial proche dit suborbital, comme spatial planétaire et spatial profond. Cette supériorité est d’abord militaire mais elle est aussi scientifique et se veut économique, par une future exploitation des ressources de l’espace.
Face à cette volonté, l’Europe et notament en son sein la France semblent avoir capitulé. Ainsi le lancement de la fusée Ariane 6, qui doit succéder à Ariane 5, vient d’être reportée à 2024 en raison de retards techniques. Pourtant le premier vol d’essai d’Ariane 6 devait intervenir à la fin 2023,
(voir https://www.lopinion.fr/international/avec-la-fin-dariane-5-lavenir-incertain-du-spatial-europeen)
Par contre, la Chine confirme sa volonté d’être avec les Etats-Unis, sinon devant eux, une puissance spatiale en tous domaines. Le site spécialisé SpaceNews vient de le confirmer
L’Académie chinoise des sciences (CAS) soutient une série de missions variées et innovantes visant à faire avancer son ambitieux programme en sciences spatiales. Ces missions couvrent des domaines très variés tels que l’étude de la Lune, l’astrophysique, les exoplanètes et l’héliophysique, avec pour objectif de placer la Chine à l’avant-garde de la recherche astronomique et de l’exploration spatiale. C’est du moins la volonté de Wang Chi, directeur du Centre national des sciences spatiales (NSSC) relevant de la CAS, qui a récemment présenté ces missions lors du Forum Zhongquacun du 27 avril
05/05/2024 Introduction à la lecture du livre « ChatGPT va nous rendre immortel »
Présentation de l ‘auteur Laurent Alexandre par Wikipedia
Né le 10 juin 1960 à Paris, Laurent Alexandre est un ancien haut fonctionnaire, chirurgien-urologue de formation, entrepreneur, chroniqueur, écrivain et militant politique français.
Après avoir créé Medcost avec Thierry Dispot, Denis Carradot, Thomas Clément, Emery Doligé et Cédric Bannel1, il se fait connaître comme cofondateur du site Doctissimo en 1999 puis par ses prises de position dans les années 2010 sur le développement de l’intelligence artificielle, le recul de la mort, la génétique et le transhumanisme.
Souvent présenté comme futurologue, il intervient régulièrement dans les médias au cours des années 2010 : il est notamment chroniqueur dans Le Monde et L’Express.
Il est aussi particulièrement suivi sur Twitter et YouTube.
Par ailleurs, il détient et préside depuis 2009 DNAVision, une société belge de séquençage d’ADN, et possède des actions dans une quinzaine de sociétés en Europe, essentiellement dans les technologies NBIC.
Ses positions sur des sujets clivants suscitent débats et polémiques.
Parfois présenté comme un défenseur du transhumanisme, il affirme en endosser uniquement le diagnostic.
Sur la génétique, il est accusé d’eugénisme, qualificatif qu’il récuse, et ses propos sont contestés au sein de la communauté scientifique.
Il s’oppose de manière virulente aux écologistes et aux collapsologues, dont Greta Thunberg, et est régulièrement accusé de relativiser le réchauffement climatique, ce dont il se défend.
Résumé par l’éditeur
Les milliardaires de l’Intelligence Artificielle ont une obsession : faire reculer la mort. De fait, nous nous dirigeons vers un monde de post-humains immortels. Notre disparition physique deviendrait anecdotique. Subsisteraient notre esprit, nos émotions, nos souvenirs, sous une forme dématérialisée, une sorte d’entité numérique capable de défier le temps.
Nos sociétés sont-elles prêtes ? Non. Nous sommes comme les habitants de Pompéi en l’an 79, juste avant l’éruption du Vésuve. Sam Altman, le créateur de ChatGPT, estime qu’en 2038, l’intelligence humaine représentera 0,1 % de l’intelligence totale sur Terre et l’IA, 99,9 %.
Sam Altman, le créateur de ChatGPT, estime qu’en 2038, l’intelligence humaine représentera 0, 1 % de l’intelligence totale sur Terre et l’IA, 99, 9 %. Nous pensions que l’IA était un outil ou un domestique.
Notre point de vue
Le grand mérite de ce livre est de résumer l état du développement en 2024 des NBIC ( nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) dont pour notre part nous nous soucions d’informer régulièrement nos lecteurs.
Pour notre part, nous lui reprocherions de ne pas évoquer suffisamment les enjeux de puissance qui se jouent en ce domaine entre les Etats-Unis, le bloc russo-chinois et le bloc européen. Régulièrement sont évoqués à ce sujet des risques de 3e guerre mondiale, c’est à dire d’apocalypse.
05/05/2024 Une révolution serait-elle en marche dans le domaine des ordinateurs quantiques ?
PsiQuantum, une entreprise californienne, semble en tout cas sur la bonne voie pour démocratiser cette technologie de puissance.
Aujourd’hui, les ordinateurs quantiques sont encore de l’ordre de l’expérimental et restent en phase de développement intensif. Si l’entreprise OVH en possède un tout comme Google, il reste encore beaucoup à faire pour que cette technologie soit une réalité tangible pour tous.
Cependant la start-up PsiQuantum, basée à Palo Alto en Californie, annonce envisager de produire en masse des ordinateurs quantiques à base de silicium. Pour cela, elle souhaite exploiter les infrastructures déjà existantes de fabrication de puces en silicium.
Plutôt que de suivre le chemin classique consistant en une augmentation de la taille et la puissance des ordinateurs quantiques en augmentant le nombre des qubits, PsiQuantum a choisi une autre voie. Elle a choisi d’utiliser de simples photons comme qubits, à la différence d’IBM et Google qui utilisent des qubits supraconducteurs. Les photons présentent l’avantage de ne quasiment pas interagir avec leur environnement, ce qui les rend exceptionnellement stables pour les calculs quantiques.
Mais pour que l’ordinateur quantique fonctionne, ces photons doivent interagir entre eux afin de traiter l’information. Il faut alors trouver des solutions pour qu’ils puissent entrer en interaction au sein d’un circuit intégré.
Récemment, PsiQuantum a annoncé avoir franchi des étapes importantes dans cette direction. Elle aurait réussi à modifier un processus existant en matière de fabrication photonique sur silicium pour y intégrer de nouvelles fonctionnalités avancées. Elle a notamment mis au point des capacités de détection de photons individuels et de génération de paires de photons directement sur la puce.
Intégrer ces fonctions sur une puce de silicium permet donc d’exploiter les lignes de production de semi-conducteurs existantes pour un jour espérer fabriquer des ordinateurs quantiques en grande quantité. Cette approche accélère le processus de fabrication, mais surtout allège les coûts.
L’équipe travaille aussi au développement de commutateurs optoélectroniques à grande vitesse. Ces dispositifs sont indispensables, car ils permettent de modifier la direction et l’interaction des photons dans les circuits d’un ordinateur quantique. Pour cela, PsiQuantum souhaite utiliser du titanate de baryum afin de confectionner ces commutateurs, un matériau supportant très bien les changements rapides et fréquents, absolument nécessaires pour que l’information soit traitée à haute vitesse.
PsiQuantum occupe actuelle une position unique dans le domaine du quantique et son approche pourrait s’avérer payante s’ils parviennent à surmonter les obstacles pratiques résultants des objectifs précités. Le but annoncé est de parvenir à produire à grande échelle dès 2029 un ordinateur quantique opérationnel.
Il a souvent été dit que celui qui maitrisera le calcul quantique maitrisera le monde. Encore faudra-t-il commencer par maitriser la conception et la fabrication des ordinateurs quantiques. L’annonce de PsiQuantum ne devrait laisser personne indifférent, notamment à Washington ou à Moscou et Pékin.
Source
The Physics arXiv Blog
Apr 30, 2024 9:00 PM
04/05/2024 Des murs de domaines à la matière noire ?
Les murs de domaines sont envisagés dans des théories visant à expliquer certains phénomènes non résolus en astrophysique, comme l’origine de la gravité et d’autres forces fondamentales. Selon certains chercheurs, si les murs de domaines avaient persisté dans l’univers, ils auraient pu constituer une source d’énergie majeure et influencer l’évolution globale de l’univers. Ils ajoutent que si c’était le cas, nous devrions pouvoir observer des preuves de leur existence ou de leurs effets aujourd’hui. Or, aucune preuve directe ne soutient leur présence.
Cependant dans une nouvelle étude publiée sur le serveur arXiv dont trouvera ci-dessous les références et l’abstract, un groupe de chercheurs dirigé par Ricardo Ferreira, cosmologiste à l’Université de Coimbra au Portugal, suggère que les murs de domaines se sont formés peu après le Big Bang, puis ont grandi rapidement pour majoritairement se détruire en très peu de temps. Cependant, leur courte existence aurait engendré des perturbations importantes notables dans l’espace-temps. De plus, selon l’étude, certains des murs de domaines qui ne se seraient pas effondrés complètement pourraient s’être transformés en trous noirs. Ces derniers pourraient être suffisamment nombreux pour constituer une partie significative de la matière noire.
Les brisures de symétrie
Selon de nombreux chercheurs, le Modèle standard de la physique des particules (cadre théorique expliquent les interactions des particules élémentaires à travers les forces fondamentales) présente des lacunes. De plus, il n’explique pas certains phénomènes cosmologiques. Pour répondre à ce problème, les responsable de la nouvelle étude ont proposé des extensions au modèle standard en y introduisant les « brisures de symétrie ».
Une brisure de symétrie est un mécanisme qui comprend le passage d’un état très symétrique à un état avec un degré de symétrie inférieur. Cette transition conduit à la préférence aléatoire par la nature d’un certain état arbitraire. Il s’agit d’un processus dans lequel des conditions uniformes (symétriques) commencent à se différencier à mesure que l’univers se refroidit et se dilate. La transition peut mener à la création de structures cosmiques initialement uniformes, devenues distinctes tout en restant stables.
Dans le cadre de l’extension du Modèle standard, les murs de domaines sont envisagés ici comme des conséquences de la brisure de symétrie initiale. Ils sont considérés comme constituant des barrières entre différentes « phases » de l’univers, au cours de cette transition
Dans cette étude, les chercheurs se sont fixés sur une version de brisure de symétrie théoriquement produite dans les conditions initiales de l’univers, juste après le Big Bang, quand la température avoisinait les 2000 milliards de degrés Celsius.
L’équipe a utilisé des simulations informatiques pour modéliser et visualiser l’évolution des murs de domaines sous cette brisure de symétrie. En s’élevant et en s’effondrant ensuite, ces morceaux d’espace-temps auraient généré des perturbations dites « ondes gravitationnelles stochastiques », qui peuvent se propager à travers l’Univers.
Avec le temps et l’expansion continue de l’univers, les ondes gravitationnelles émises par ces murs de domaines s’étirent à des longueurs d’onde de plus en plus grandes (et donc à des fréquences de plus en plus basses). Elles auraient aujourd’hui des fréquences dans la gamme des nanohertz, correspondant au fond d’ondes gravitationnelles détecté récemment en exploitant des pulsars millisecondes (des étoiles à neutrons qui tournent extrêmement rapidement sur elles-mêmes, jusqu’à plusieurs centaines de rotations par seconde). Cependant, l’origine exacte de ces ondes reste un sujet de recherche active.
Référence
Collapsing Domain Wall Networks: Impact on Pulsar Timing Arrays and Primordial Black Holes
5 feb 2024
https://arxiv.org/abs/2401.14331
Ricardo Z. Ferreira, Alessio Notari, Oriol Pujolàs, Fabrizio Rompineve
Unstable domain wall (DW) networks in the early universe are cosmologically viable and can emit a large amount of gravitational waves (GW) before annihilating. As such, they provide an interpretation for the recent signal reported by Pulsar Timing Array (PTA) collaborations. A related important question is whether such a scenario also leads to significant production of Primordial Black Holes (PBH). We investigate both GW and PBH production using 3D numerical simulations in an expanding background, with box sizes up to N=3240, including the annihilation phase. We find that: i) the network decays exponentially, i.e. the false vacuum volume drops as ∼exp(−η3), with η the conformal time; ii) the GW spectrum is larger than traditional estimates by more than one order of magnitude, due to a delay between DW annihilation and the sourcing of GWs. We then present a novel semi-analytical method to estimate the PBH abundances: rare false vacuum pockets of super-Hubble size collapse to PBHs if their energy density becomes comparable to the background when they cross the Hubble scale. Smaller (but more abundant) pockets will instead collapse only if they are close to spherical. This introduces very large uncertainties in the final PBH abundance. The first phenomenological implication is that the DW interpretation of the PTA signal is compatible with observational constraints on PBHs, within the uncertainties. Second, in a different parameter region, the dark matter can be entirely in the form of asteroid-mass PBHs from the DW collapse. Remarkably, this would also lead to a GW background in the observable range of LIGO-Virgo-KAGRA and future interferometers, such as LISA and Einstein Telescope.
