31/01/2025 Réussira-t-on la fusion nucléaire plus tôt que prévu ?

Voir https://www.cea.fr/comprendre/Pages/energies/nucleaire/essentiel-sur-la-fusion-nucleaire.aspx

Principe de la fusion. Le noyau des atomes est composé de neutrons et protons, qui tiennent ensemble grâce à la force la plus intense de la nature : l’interaction forte, responsable de « l’énergie de liaison nucléaire ». Cette énergie peut être libérée de deux façons :
  • soit en cassant des noyaux lourds : c’est ainsi que fonctionne une centrale nucléaire actuellement ;
  • soit en fusionnant des noyaux légers : ce qui se passe dans les étoiles

Dans des conditions de température extrême (des millions de degrés Celsius), la matière se présente sous forme de plasma : ni solide, ni liquide, ni gazeuse, la matière est comparable à une « soupe » où noyaux et électrons ne sont plus liés, ils circulent librement. Lorsque deux noyaux « légers » se percutent à grande vitesse, ils peuvent fusionner, créant un noyau plus lourd : c’est la fusion nucléaire. Durant l’opération, une partie de l’énergie de liaison des composants du noyau est libérée sous forme de chaleur ou de lumière.

Dans le cœur des étoiles, ce sont deux noyaux d’hydrogène, composés uniquement d’un proton, qui fusionnent pour donner un noyau plus lourd : l’hélium dont le noyau contient deux protons et un ou plusieurs neutrons. Dans le Soleil, cette transformation se déroule en plusieurs étapes. Sur Terre, pour récupérer de l’énergie, les scientifiques tentent d’utiliser la fusion de deutérium et de tritium, deux isotopes de l’hydrogène (noyaux contenant un proton et un ou deux neutrons). Cette réaction donne elle aussi naissance à un noyau d’hélium très chaud, et libère un neutron de grande énergie.

Enjeu : créer et maintenir un plasma de fusion sur Terre

Pour récupérer de l’énergie à partir de la fusion nucléaire, il faut être capable de créer des conditions physiques similaires à celles des étoiles, et atteindre des températures de 150 millions de degrés (dix fois la température interne du Soleil). Ce défi scientifique et technologique posé aux chercheurs représente un important enjeu stratégique : la fusion pourrait devenir une nouvelle ressource d’énergie illimitée, sans risque majeur, et sans déchets hautement radioactifs à stocker.

À la fin des années 1960, la communauté scientifique – à commencer par les scientifiques russes, qui furent précurseurs – est parvenue à développer une machine capable de contenir le plasma dans une enceinte fermée et à le chauffer pendant une fraction de seconde : le tokamak., en forme d’anneau (ou « tore »),. Les particules qui y sont injectées subissent des champs magnétiques si intenses qu’elles restent maintenues dans la partie centrale de l’anneau, sans contact avec les parois.

Leur chauffage est assuré par différents moyens : l’injection de matière chaude et le chauffage par ondes sont les plus utilisés actuellement. Il existe d’autres façons de faire la fusion, par exemple en employant des faisceaux lasers intenses qui compressent une microbille contenant le mélange deutérium-tritium.

De nombreux organismes de recherche, à travers le monde, étudient la fusion.

L’expérience d’envergure de cette thématique, le projet Iter, requiert des partenariats internationaux, pour compléter les expérimentations menées à plus petite échelle à travers le monde.

Le but du réacteur est de pouvoir récupérer en continu suffisamment de puissance issue des réactions de fusion pour assurer, d’une part, le fonctionnement du réacteur et, d’autre part, la fourniture en électricité.

Le CEA, au sein d’Euratom, disposait d’un tokamak : Tore Supradevenu West, situé à Cadarache. Tore Supra détient le record du monde de durée d’un plasma performant (c’est-à-dire représentant un certain niveau de température et de densité), parfaitement maîtrisé, pendant 6mn30.

La machine européenne JET, la plus grande du monde, située à Culham (Angleterre), à laquelle participe les équipes du CEA, détient quant à elle le record mondial de « puissance fusion » (16 MégaWatt pendant 1s, 1 mégawatt correspond à près de vingt mille ampoules allumées en même temps). Tous les résultats innovants fournis par ces machines ont été intégrés dans la construction du tokamak Iter.

De par sa configuration particulière, notamment le refroidissement « actif » des composants, Tore Supra a constitué une base unique d’expérimentation des composants face au plasma. Le projet WEST a consisté à modifier, entre 2013 et 2016, Tore Supra pour en faire une plateforme unique de tests pour ce composant « critique » du tokamak ITER, le divertor tungstène activement refroidi.

Grâce à sa nouvelle configuration magnétique, ses équipements spécifiques et son environnement entièrement métallique, WEST va tester des composants en tungstène, identiques à ceux que l’on installera sur ITER. En effet, si la température et la densité au cœur du plasma de WEST sont plus faibles que dans ITER, les conditions à la périphérie du plasma sont très similaires, avec des flux de chaleur et de particules dans le divertor pouvant atteindre 20 MW / m2 – soit dix fois plus intenses que ce que subit le bouclier d’une navette spatiale à son entrée dans l’atmosphère. WEST permettra également d’explorer les problématiques de physique des plasmas sur des longues durées en environnement tungstène.

Le but du réacteur est de pouvoir récupérer en continu suffisamment de puissance issue des réactions de fusion pour assurer, d’une part, le fonctionnement du réacteur et, d’autre part, la fourniture en électricité.

Le CEA, au sein d’Euratom, dispose d’un tokamak : Tore Supradevenu West, situé sur le centre de Cadarache. Tore Supra a fonctionné de 1988 à 2013. Cette machine, dans le contexte européen, avait pour objectif l’étude de plasmas en régime permanents, c’est-à-dire sur plusieurs dizaines -voire centaines- de secondes. Pour cela de nouvelles technologies y ont été déployées :

  • l’utilisation  de « câbles supraconducteurs », pour créer des aimants qui vont confiner le plasma en continu ;
  • l’utilisation de micro-ondes pour chauffer et générer du courant dans le plasma ;
  • la mise en place d’éléments de première paroi situés immédiatement autours du plasma refroidis et capables de supporter de haut flux de chaleur.

Tore Supra détient le record du monde de durée d’un plasma performant (c’est-à-dire représentant un certain niveau de température et de densité), parfaitement maîtrisé, pendant 6mn30. La machine européenne JET, la plus grande du monde, située à Culham (Angleterre), à laquelle participe les équipes du CEA, détient quant à elle le record mondial de « puissance fusion » (16 MégaWatt pendant 1s, 1 mégawatt correspond à près de vingt mille ampoules allumées en même temps). Tous les résultats innovants fournis par ces machines ont été intégrés dans la construction du tokamak Iter.

De par sa configuration particulière, notamment le refroidissement « actif » des composants, Tore Supra a constitué une base unique d’expérimentation des composants face au plasma. Le projet WEST a consisté à modifier, entre 2013 et 2016, Tore Supra pour en faire une plateforme unique de tests pour ce composant « critique » du tokamak ITER, le divertor tungstène activement refroidi.

Grâce sa nouvelle configuration magnétique, ses équipements spécifiques et son environnement entièrement métallique, WEST va tester des composants en tungstène, identiques à ceux que l’on installera sur ITER. En effet, si la température et la densité au cœur du plasma de WEST sont plus faibles que dans ITER, les conditions à la périphérie du plasma sont très similaires, avec des flux de chaleur et de particules dans le divertor pouvant atteindre 20 MW / m2 – soit dix fois plus intenses que ce que subit le bouclier d’une navette spatiale à son entrée dans l’atmosphère. WEST permettra également d’explorer les problématiques de physique des plasmas sur des longues durées en environnement tungstène.

Jusqu’à maintenant, les recherches menées ont permis aux scientifiques de mieux comprendre les plasmas, de les maîtriser et d’en augmenter les performances énergétiques. Ces thématiques regroupent aussi bien l’infiniment petit (compréhension du comportement de la matière qui nous entoure) que l’infiniment grand.

Le Tokamak international Iter, à proximité du centre CEA de Cadarache, est une nouvelle étape qui succède à une longue lignée de machine. Elle est la première installation à réunir toutes les conditions pour obtenir et étudier un plasma en combustion, c’est-à-dire d’un plasma dominé par les réactions de fusion. La suite, avec la conception de futurs réacteurs comme Demo, en intégrant de nouveaux concepts de matériaux de bord et la fourniture de tritium in situ, devrait mener, en délivrant pour la première fois du courant électrique, à la naissance d’une nouvelle filière énergétique : l’énergie nucléaire de fusion.

Les défis technologiques posés par la fusion nucléaire sont énormes : le cryomagnétisme, le contrôle-commande du plasma et de la machine en temps réel ; concevoir des matériaux de paroi capables de supporter des hauts flux de chaleur et la percussion de neutrons ; intégrer à ces matériaux du lithium, pour assurer l’auto-alimentation du réacteur…

Afin de développer une exploitation industrielle de la fusion, les limites, risques ou verrous technologiques à surmonter pour la construction de réacteurs à fusion sont déjà identifiés : la maintenance de l’ensemble, le vieillissement, la tenue des matériaux de structures et la gestion des déchets radioactifs de la première paroi…

De nature différente, toutes ces problématiques sont déjà présentes dans la filière nucléaire actuelle (qui exploite la fission nucléaire), et déjà en cours d’étude pour une exploitation industrielle de la fusion nucléaire. Diversifier nos ressources énergétiques permettra ainsi d’assurer l’approvisionnement énergétique des pays et de trouver des alternatives aux énergies fossiles carbonées (pétrole, gaz, charbon…), qui constituent encore l’essentiel de l’énergie consommée sur Terre.

Actualité

Aujourd’hui, ITER accumulerait des déboires et retards (à vérifier). L’attention se porte en priorité sur

Les Etats-Unis

https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20221212-fusion-nucl%C3%A9aire-le-gain-net-d-%C3%A9nergie-une-%C3%A9tape-historique-qui-vient-d-%C3%AAtre-franchie

La Chine

https://media24.fr/2025/01/29/des-satellites-revelent-que-la-chine-construit-le-plus-grand-laser-de-fusion-nucleaire-au-monde/

Le Japon

https://www.sfen.org/rgn/fast-le-japon-leve-le-voile-sur-un-nouveau-projet-de-reacteur-a-fusion-nucleaire/#:~:text=Le%20Japon%20a%20lanc%C3%A9%2C%20le,la%20fin%20des%20ann%C3%A9es%202030.

L’Autriche

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/diplomatie-scientifique-et-universitaire/veille-scientifique-et-technologique/autriche/article/fusion-nucleaire-une-equipe-de-chercheurs-de-linz-travaille-a-l-amelioration-de

30/01/2025 Des physiciens ont manipulé des particules de lumière pour explorer 37 dimensions de la réalité quantique

  • En créant des particules qui existent simultanément en 37 dimensions, des physiciens ont mis à l’épreuve notre compréhension de la réalité quantique, ouvrant la porte à un réseau interconnecté de possibilités qui ne sont peut-être que le sommet émergé de l’iceberg.

    A la source de cette exploration se trouve le paradoxe dit Greenberg-Horne-Zeilinger (GHZ) . Il s’agit d’une expérience de pensée qui illustre la nature étrange de l’intrication quantique. Celle-ci repose sur le postulat qu’existent des particules liées de telle façon que toute intervention sur l’une entraîne immédiatement une répercussion identique sur l’autre quelle que soit la distance qui les sépare, fut-ce la moitié de l’univers.. Ce paradoxe donne une image de l’univers beaucoup plus complexe et interconnecté que l’on imaginait jusqu’à présent.
    .
  • Pour mesurer le concept d’intrication, les physiciens auteurs de l’expérience ont réussi à créer des particules existant simultanément en 37 dimensions. Ceci suggère que notre compréhension de la physique quantique est encore loin de ce que nous pensions jusqu’à présent.

Référence

[Submitted on 27 Mar 2013 (
v1), last revised 21 Jul 2016 (this version, v2)]
Multi-setting Greenberger-Horne-Zeilinger Paradoxes
Weidong Tang
Sixia Yu
C.H. Oh
Greenberger-Horne-Zeilinger (GHZ) paradox provides an all-versus-nothing test for the quantum nonlocality. In all the GHZ paradoxes known so far each observer is allowed to measure only two alternative observables. Here we shall present a general construction for GHZ paradoxes in which each observer measuring more than two observables given that the system is prepared in the n-qudit GHZ state. By doing so we are able to construct a multi-setting GHZ paradox for the n-qubit GHZ state, with n being arbitrary, that is genuine n-partite, i.e., no GHZ paradox exists when restrict to a subset of number of observers for a given set of Mermin observables. Our result fills up the gap of the absence of a genuine GHZ paradox for the GHZ state of an even number of qubits, especially the four-qubit GHZ state as used in GHZ’s original proposal.


arXiv:1303.6740 [quant-ph]
(or arXiv:1303.6740v2 [quant-ph] for this version) 
https://doi.org/10.48550/arXiv.1303.6740

Journal reference:
Phys. Rev. A 95, 012131 (2017)
Related DOI:
https://doi.org/10.1103/PhysRevA.95.012131




29/01/2025 Le retour prévu du supersonique commercial

Les vols commerciaux supersoniques devraient reprendre après l’arrêt d’exploitation du français Concorde en 2003, suite à l’accident de 2001 où il s’écrasa  avec son équipage et ses 109 passagers.

La compagnie américain Boom Society a fait connaître son intention de proposer des liaisons supersoniques dés 2029. L’appareil envisagé dit X-B1 emportera 80 passagers et volera à Mach 1,7. Il subit actuellement des essais sur l’aéroport de Mojave en Californie, au-cours desquels il a dépassé en trois occasions la vitesse du son. Boom Society a déjà enregistré des réservations.

Une autre société et la NASA se disent intéressées. La NASA développe actuellment un prototype expérimental dit X-59 conçu pour minimiser le bang supersonique

Pour en savoir plus, voir https://en.wikipedia.org/wiki/Boom_XB-1

28/01/2025 Loger les gendarmes. Un devoir de l’Etat




Chaque jour les actualités montrent comment les gendarmes contribuent à l’effort de sécurité dont a besoin la nation. Beaucoup mettent leur vie en danger. Or, contrairement aux policiers qui comme tout fonctionnaire , prennent en charge leur logement et celui de leur famille, il est depuis le Second Empire de tradition que ce soit l’Etat, les collectivité locales et en premier lieu les communes qui assurent à leur frais le logement des gendarmes.

Ceci entraîne la construction et l’entretien de locaux nommés des gendarmeries. Les gendarmeries , en dehors de leurs locaux de service, prennent à leur charge le logement des gendarmes et de leurs famille.

Or la gendarmerie rencontre de nombreuses difficultés à payer les loyers de leurs locaux et logements de fonction dans certaines régions en France, ce qui menace l’équilibre des comptes de centaines de communes.

De plus les locaux occupés par les gendarmeirs y compris leur famille, sont de plus en plus mal entretenus et peu commodes d’utilisation. Cela n’encourage pas les nouveaux recrutements.

Un point important doit être signalé. . La population des cités est de plus en plus soumise au terrorisme islamique. Dans certains quartiers, ce sont de véritables petites guerres qui s’installent. Il faudrait donc renforcer d’urgence la sécurité des gendarmeries, des gendarmes et de leurs familles. Or ceci pèsera lourdement sur les budgets des collectivités.

Le « trou » dans les caisses de la gendarmerie nationale s’élèverait à 200 millions d’euros. Relayée par Francebleu, l’information a été révélée par la sénatrice des Pyrénées-Orientales Lauriane Josende qui s’est rapprochée du ministère de l’Intérieur pour en savoir plus.

Note

Au cours de sa réunion du mercredi 27 novembre 2024, la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous la présidence de M. Cédric Perrin, président, a procédé à l’examen des crédits de la mission « Sécurités » – programme 152 -Gendarmerie nationale.

M. Philippe Paul, co-rapporteur. – Cette année, la hausse globale du budget de la gendarmerie nationale, en conformité avec la trajectoire prévue par la Lopmi, est marquée, avec 11,4 milliards d’euros en autorisations d’engagement et 10,9 milliards d’euros en crédits de paiement, contre 10,9 milliards en AE et 10,4 mds en CP dans la loi de finances initiales pour 2024 – soit une augmentation de 500 millions d’euros. Le maintien de cette trajectoire dans un contexte budgétaire difficile est un vrai motif de satisfaction. Ce chiffre global recouvre néanmoins une situation assez binaire que l’on pourrait résumer ainsi : effort sur l’investissement, coup d’arrêt sur les effectifs. Je m’arrêterai sur le premier point, et mon co-rapporteur Jérôme Darras sur le second.

En effet, contrairement à l’année dernière, où l’augmentation des crédits avait été largement absorbée par les dépenses de personnel au titre des diverses mesures de revalorisation issues du Beauvau de la sécurité et par l’inflation, cette année c’est le « hors titre 2 », et principalement l’investissement, qui bénéficie – enfin – de l’essentiel de la hausse.

L’investissement immobilier avait été le grand oublié des deux derniers exercices. 2024, surtout, avait été une quasi-année blanche, avec 50 millions d’euros en autorisations d’engagement et surtout 13,4 millions d’euros de crédits de paiement engagés pour les nouvelles opérations immobilières – alors que le besoin d’investissement annuel est désormais estimé par la gendarmerie elle-même à 400 millions d’euros.

Cette année, les crédits d’investissement immobilier sont portés à 295,2 millions d’euros en autorisations d’engagement et 175,5 millions d’euros en crédits de paiement. C’est le signe d’une véritable volonté de « réamorcer la pompe » : la réinjection de crédits financera notamment un plan d’urgence de maintenance pour résorber les « points noirs » du parc immobilier, à hauteur de 120 millions d’euros, et 180 millions des opérations de construction et de maintenance spécialisée : 70 millions pour des opérations de réhabilitation, 17,5 millions pour des opérations de réhabilitation avec extension ou déconstruction, et 57 millions pour des opérations de construction notamment.

À plus long terme, quatre projets structurants entreront dans la programmation immobilière, à Satory au bénéfice du GIGN et du GBGM, à Melun, à Mayotte et à Dijon.

Il faut évidemment se féliciter de cet effort notable, car on connaît l’importance du casernement, qui est intimement lié à la condition militaire du gendarme et à sa capacité à intervenir en tout lieu et en toute heure. Le directeur général de la gendarmerie nationale, le général Bonneau, a reconnu lui-même lors de son audition par notre commission que les conditions de logement de certains de nos gendarmes étaient indignes.

Pourtant, cet effort n’est toujours pas suffisant, puisqu’il y a loin des 295 millions d’euros de crédits de paiement aux 400 millions d’euros nécessaires.

De plus, il faudrait que l’effort financier s’accompagne d’un effort comparable en direction des collectivités. Celles-ci seront très sollicitées dans le cadre du déploiement des 239 nouvelles brigades, toutes en locatif, or les conditions financières des montages immobiliers ne sont pas satisfaisantes. Les coûts-plafonds, qui déterminent le montant maximum des loyers versés aux collectivités propriétaires des logements, sont inférieurs de 30 à 50% aux coûts réels supportés par le maître d’ouvrage ; et le décret devant réviser ces coûts, recommandé depuis 2019 par un groupe de travail interministériel sur le sujet, n’a toujours pas été publié.

L’incident de gestion de la suspension du paiement de certains loyers, annoncée en octobre, n’aura pas contribué à renforcer la confiance entre la gendarmerie et les collectivités. En raison des coûts imprévus liés à la situation en Nouvelle-Calédonie – 127 millions – et du dérapage lié à la sécurisation des Jeux olympiques (122 millions contre 89 millions initialement prévus), il a été décidé de suspendre le paiement des loyers à environ 5 000 collectivités propriétaires de casernes, pour un montant total de 90 millions d’euros. Le paiement devrait intervenir au mois de décembre, grâce à la loi de fin de gestion qui débloquera les crédits nécessaires, assorti de pénalités d’environ 1,6 million d’euros. Mais au-delà du coût financier, ce retard de paiement est un coup de canif à la relation de confiance entre la gendarmerie et les collectivités.

Concernant l’investissement en moyens de mobilité, le tableau est très similaire : un réel effort, avec des crédits à 104 millions euros en autorisations d’engagement et 106 millions en crédits de paiement, après une année quasi-blanche. Mais il ne financera que 1 850 véhicules, soit la moitié des besoins d’investissement annuel pour maintenir le parc en l’état.

Au total, s’il y a de quoi se satisfaire de l’effort consenti en matière d’investissement, les motifs d’inquiétude restent nombreux pour l’avenir. Ce « stop and go » d’une année sur l’autre est incompatible avec une vision à long terme de l’immobilier de la gendarmerie, pourtant seul moyen d’éviter une dégradation irrémédiable du parc et un glissement vers le locatif, qui coûtera plus cher et privera le gestionnaire de ses marges de manoeuvre.

Il existe néanmoins des pistes d’amélioration. On peut déjà se féliciter de l’annonce, par le directeur général de la gendarmerie nationale, d’un schéma directeur de l’immobilier lors de son audition par notre commission – reste à déterminer quelles formes prendra ce schéma, et surtout s’il s’accompagnera d’un financement à la hauteur.

Il conviendra également d’imaginer de nouveaux montages financiers avantageux à la fois pour la gendarmerie et pour les constructeurs. Les marchés de partenariat, qui consistent à confier le financement d’un projet immobilier à un acteur économique, qui se rémunère par le versement d’une redevance par la gendarmerie nationale pendant une période donnée jusqu’au retour en propriété à l’État, est une solution à privilégier pour les opérations de grande ampleur. Il devrait être utilisé pour les projets structurants de Satory, Melun, Mayotte et Dijon.

Une solution est également à l’étude par la Caisse des dépôts et consignations pour le financement de constructions de casernes par les collectivités et leur prise à bail par la gendarmerie. C’est le système de la redevance transparente, déjà utilisé dans le logement social, où le loyer payé par le locataire est égal aux annuités payées par le bailleur pour financer le bâtiment, auxquelles s’ajoute une provision pour financer les travaux à venir et ses coûts annexes (TFPB, frais de gestion).

Au fond, la trajectoire budgétaire de la gendarmerie ressemble à un mouvement de balancier : soit on finance les augmentations d’effectifs en sacrifiant l’investissement immobilier, soit, comme cette année, on fait porter l’effort sur l’investissement en gelant les augmentations prévues par la Lopmi. Ce n’est pas une situation satisfaisante, mais il n’y a pas de solution miracle. Nous vous proposerons donc d’adopter les crédits du programme 152, avec les limites que moi-même et mon co-rapporteur aurons détaillées.



27/01/2025 Le Blob, Physarum polycephalum

Le blob est un protiste, voisin des amibes, c’est-à-dire un organisme composé d’une seule cellule. Mais contrairement aux amibes, il dispose d’aptitudes le rapprochant des animaux multicellulaires. Alors même qu’il n’a ni bouche, ni estomac, ni yeux, il arrive parfaitement à détecter la présence de la matière organique morte dont il se nourrit et à l’ingérer. Il se déplace en étirant sa membrane, à une vitesse pouvant aller jusqu’à 1 cm/h.

Découpé en morceaux, le blob « cicatrisera » en très peu de temps ! Durant le stade microscopique de son cycle biologique, il n’a pas 2 types sexuels différents, mais 720.

Le blob passe par différentes formes au cours de son cycle biologique. Tout d’abord, il prend l’aspect gélatineux. Cette forme est appelée « plasmode » car la cellule contient des milliers de noyaux nécessaires à son fonctionnement et qui lui servent à former des spores.

Dans la nature et selon son stade de développement, le blob se nourrit de bactéries ou de matière organique morte  Ses uniques prédateurs seraient les limaces et certains scarabées. Lorsque la nourriture est épuisée, le plasmode arrête de se nourrir et se métamorphose pour se reproduire.

Pour sa reproduction le plasmode se divise en deux. Des pédoncules faisant penser à de la moisissure se développent sur chacune des moitiés. Les noyaux forment alors des spores contenues dans des sacs appelés « sporanges », à l’extrémité des pédoncules. Puis les sporanges s’ouvrent en libérant une myriade de spores qui se dispersent emportées par le vent et tombent sur le sol ou sur les arbres morts. S’il y a de l’eau, les spores s’ouvrent à leur tour en libérant des protides microscopiques. 

Si l’un d’entre eux rencontre un autre blob du même type sexuel, il ne se passe rien. Mais si l’autre est de type sexuel différent, les deux fusionnent pour donner une cellule unique. C’est la reproduction sexuée. À l’intérieur, les noyaux fusionnent également et le noyau qui en résulte se met alors à se diviser d’innombrables fois en donnant pour finir des centaines, voire des milliers de noyaux identiques. Dans le même temps, la cellule grandit jusqu’à former un plasmode qui deviendra alors macroscopique, visible à l’œil nu, quelque fois géant. 

Pour cela, il faut qu’il fasse bon ou chaud, jusqu’à environ 30 °C, et que le temps soit humide. La fourchette optimale serait entre 18 et 24 °C. S’il fait trop chaud ou trop froid, le blob entre en dormance en formant une masse compacte, le sclérote, qui restera ainsi pendant de longues périodes jusqu’à ce qu’il se remette à pleuvoir et que la température redevienne supportable.

En se promenant dans une forêt de feuillus, voire dans un jardin, il est possible de rencontrer le blob ! C’est un organisme vivant d’aspect gélatineux ou compact. On peut en trouver sur les troncs d’arbres en décomposition, sous l’écorce ou les feuilles mortes de la litière comme c’est le cas pour Physarum polycephalum

Source Museum d’histire naturelle
https://www.mnhn.fr/fr/blob

Il est très probable que sur d’autres planètes dites habitables , des organismes semblables à des blobs se soient développés. En ce complexifiant sur le mode darwinien, ils auraient pu donner naissance à des descendants dotés d’un équivalent de la parole, intelligents et même capables de vols interplanétaires.



27/01/2025 Le projet DESI, Dark Energy Spectroscopic Instrument

DESI vise à mesurer la vitesse d’expansion de l’univers, ou plus précisément à mesurer les effets de l’énergie dite noire jugée responsable de cette expansion. Des conséquences de ces mesures devraient permettre de préciser les alternatives aux modèles cosmologiques actuels tels que la masse des neutrinos dans l’univers primitif.

Les données recueillies permettront de dresser des cartes 3D d’une grande précision concernant la répartition de la matière dans l’univers visible ainsi qu’une meilleure connaissance de la vitesse d’expansion et de ses variations au long de l’ histoire de l’univers.

DESI mesurera l’historique de l’expansion en observant les oscillations acoustiques baryoniques BAO ayant déterminé la répartition actuelle de la matière dans l’univers.

En cosmologie, l’étude du fond diffus cosmologique a révélé que des ondes acoustiques se propageaient dans le plasma primordial — constitué d’un mélange opaque de baryons, d’électrons et de photons — qui précédait la recombinaison. Ces oscillations acoustiques baryoniques (en anglais, Baryon Acoustic Oscillations ou BAO) ont laissé des empreintes dans les structures à grande échelle de l’Univers actuel.

DESI mesurera l’historique de l’expansion de l’univers en examinant les traces laissées par les BAO dans les amas de galaxies, les quasars et le milieu intergalactique. Les BAO ont été identifiées par les institutions académiques comme le meilleur moyen actuel pour mesurer la vitesse d’expansion de l’univers et ses variations.

Voir https://en.wikipedia.org/wiki/Dark_Energy_Spectroscopic_Instrument

24/01/2025 Un paranoiaque avéré à la tête des Etats-Unis





C’est d’Elon Musk dont nous parlons, à qui Donald Trump croit devoir sa réélection.

Musk s’était donné à fond pour que Donald Trump gagne les élections présidentielles. Que ce soit au travers de son temps ou de son argent puisqu’il a fourni 110 millions de dollars au candidat républicain.

Rappelons cependant que Musk et son comité d’action politique (America PAC), sont au cœur d’une controverse juridique à Philadelphie concernant une loterie de 1 million de dollars par jour destinée aux électeurs des Etats clés pour promouvoir la campagne du candidat Trump à la présidentielle. Lors d’une audience, l’avocat de celui-ci avait expliqué que les gagnants du concours, plutôt que d’être sélectionnés au hasard comme annoncé, seront soigneusement choisis pour devenir des « porte-parole » payés par America PAC.

Il n’est pas question ici de nier les capacités d’ Elon Musk à innover et investir dans les technologies les plus modernes. Mais ces capacités ne l’empêcheront pas d’être un paranoïaque, et des plus dangereux, puisque pratiquement à la tête des Etats-Unis, la première puissance du monde.

Note

Les personnes présentant un trouble de la personnalité paranoïde soupçonnent les autres de vouloir les exploiter, les tromper ou leur nuire. Souvent, elles pensent que les autres les ont gravement insultées et blessées de manière irréversible. Elles sont hypervigilantes quant à des insultes, des affronts, des menaces et une déloyauté potentiels. Elles cherchent des significations cachées aux remarques et aux actions. Elles examinent de près les autres à la recherche de preuves à l’appui de leurs soupçons. Par exemple, elles peuvent interpréter une offre d’aide comme signifiant qu’on les considère incapables de faire le travail elles-mêmes. Si elles pensent avoir été insultées ou blessées de quelque façon que ce soit, elles ne pardonnent pas à la personne qui les a blessées. Elles ont tendance à contre-attaquer ou à se mettre en colère en réponse à ce qu’elles perçoivent comme des insultes. Elles se méfient des autres, c’est pourquoi elles ressentent le besoin d’être autonomes et de tout contrôler.

25/01/2025 La Terre est-elle entrée dans une période d’hyperthermie analogue à celles qu’elle a déjà connues il y a des millions d’années ?

Le phénomène ne serait pas nouveau. De plus en plus de scientifiques expliquent que la Terre a déjà connu quatre périodes d’hyperthermie. Ces périodes de réchauffement seraient dues à des émissions de dioxyde de carbone (CO2) provenant des réservoirs de carbone océaniques.

Au cours du Paléocène et de l’Éocène (il y a entre 65 et 34 millions d’années), la Terre a effectivement connu de nombreuses périodes de réchauffement qui se sont déclenchées très rapidement et ont duré des dizaines de milliers d’années. Les dernières en date se sont arrêtés lorsque la Terre est entrée dans une phase de refroidissement il y a quelques millions d’années.

La période de réchauffement la plus étudiée est appelée le maximum thermique du Paléocène-Éocène (ou PETM pour Palaeocene-Eocene Thermal Maximum). Il y a 56 millions d’années, les températures mondiales ont augmenté de 4 à 7° C. Le PETM aurait été provoqué par l’émission de gaz à effet de serre provenant de sédiments déplacés par des mouvements océanique côtiers dus à de légères variations dans son axe de rotation. Lorsque cette période s’est terminée, il a fallu quelque 200 000 années pour que les températures retournent à la normale.

D’autres périodes de réchauffement moins drastiques, connues sous le nom d’événements hyperthermique, se sont caractérisés par une augmentation de température de 2 à 3° C et ont duré en moyenne près de 40 000 années.

Les analyses récentes ont indiqué que ces événements étaient beaucoup plus fréquents que les estimations scientifiques précédentes ne l’affirmaient, et qu’ils se déroulaient toutes les 100 000 à 400 000 années. Le dernier épisode hyperthermique moyen s’est étendu sur au moins 10 000 années, ce qui est très rapide en termes géologiques, mais il a fallu plus de 30 000 années pour que les températures retournent à la normale.

De plus, alors que le PETM avait été provoqué par des émissions de gaz à effet de serre provenant des sédiments, la courte durée des autres épisodes hyperthermiques indique qu’ils sont induits par un mécanisme différent.  Les chercheurs pensent que l’échange de carbone entre l’atmosphère et les océans y serait pour quelque chose. Les fonds des océans représentent d’importants réservoirs de carbone; les changements au niveau de la circulation océanique pourraient avoir provoqué une accumulation de CO2 dans les fonds marins. La libération de ce carbone déclencherait l’épisode hyperthermique.

La durée moyenne des épisodes hyperthermiques, qui est d’environ 40 000 années , a conduit les scientifiques à penser qu’ils étaient provoqués par les changements au niveau de l’inclinaison de l’axe de la Terre. L’axe terrestre est légèrement incliné, et il oscille entre 22,1° C et 24,5° pendant des cycles qui peuvent durer 40 000 années.

Les chercheurs sont arrivés à ces conclusions après l’étude de sédiments prélevés le long de la côte de l’Amérique du Sud. Dans ces carottes de sédiments boueux vert clair, les périodes chaudes sont représentées par des couches de sédiments gris riches en argile provenant des débris de squelettes ou de coquilles calcaires des organismes microscopiques dissous dans le sol marin. Au cours de ces périodes, l’océan était encore plus acide qu’aujourd’hui car il absorbait le dioxyde de carbone transformé en acide carbonique.

Ceci ne signifie pas qu’il faudrait renoncer à lutter contre l’actuel réchauffement. Mais cette lutte n’aura que des effets marginaux. Remplacer les moteurs thermiques par des moteurs électriques est aujourd’hui indispensable, mais pour d’autres raisons que celles de refroidir la planète.

Référence

https://www.notre-planete.info/actualites/2749-Terre_rechauffement_climatique_passe

24/01/2025 La Chine sera-t-elle la première dans la course à la fusion nucléaire ?

On apprend que le tokamak supraconducteur expérimental avancé (EAST), également surnommé « le soleil artificiel » chinois, a maintenu un plasma stable à haut confinement pendant 1 066 secondes — un nouveau record dépassant de loin le précédent qui était de 403 secondes. Cette étape constitue une avancée majeure dans la recherche sur l’énergie de fusion, le seuil des 1 000 secondes de fonctionnement étant considéré comme une référence d’exploitabilité.

Les réacteurs à fusion génèrent de l’énergie par le biais de la même réaction thermonucléaire qui se produi au cœur du Soleil, d’où le surnom de « soleils artificiels ». Cette réaction consiste en une cascade de fusions de deux atomes légers (hydrogène) en un seul atome dans des conditions de température et de pression extrêmement élevées. Les physiciens cherchent depuis plus de 70 ans à reproduire cette réaction en laboratoire en raison de son potentiel énergétique quasi illimité. L’énergie produite sera également propre, notamment en raison de l’absence de déchets nucléaires.

Le consortium internationa ITER rassemble les représentants d’une cinquantaine de pays ayant décidé de s’unir pour mettre en commun l’essentiel des moyens qu’ils ont affecté à cet objectif. Mais chacun de ces pays conserve son indépendance dans cette démarche. Le siège de ITER est en France a Cadarache (voir https://www.iter.org/ )

Voir aussi https://www.sfen.org/rgn/fusion-nucleaire-decryptage-des-dernieres-avancees-en-chine-et-des-consequences-pour-iter/ NB. Attention, ce site n’est pas à jour

Référence

demonstrating fusion reactor technology.

Chinese « Artificial Sun » Sets New Record in Mileston

http://english.cas.ac.cn/newsroom/cas_media/202501/t20250121_899052.shtml

The Experimental Advanced Superconducting Tokamak (EAST), dubbed China’s « artificial sun, » maintained a steady-state high-confinement plasma operation for a remarkable 1,066 seconds on Monday, setting a new world record and marking a breakthrough in the quest for fusion power generation. 

The duration of 1,000 seconds is considered a key step in fusion research. The breakthrough, achieved by the Institute of Plasma Physics under the Chinese Academy of Sciences (ASIPP), greatly improved the original world record of 403 seconds, which was also set by EAST in 2023.

The ultimate goal of an artificial sun is to create nuclear fusion like the sun, providing humanity with an endless, clean energy source, and enabling space exploration beyond the solar system.

24/01/2025 Trump et Musk veulent « un monopole avec les pleins pouvoirs sur le spatial »… quelles conséquences pour Toulouse ?

Source

https://www.ladepeche.fr/2025/01/24/entretien-espace-trump-et-musk-veulent-un-monopole-avec-les-pleins-pouvoirs-sur-le-spatial-quelles-consequences-pour-toulouse-12465796.php

Cnes, Commandement de l’Espace, recherche, production industrielle des lanceurs et satellites… Toulouse et l’Occitanie sont au cœur du spatial européen et à la croisée de dizaines de programmes internationaux. Quel avenir pour la filière, avec l’arrivée d’Elon Musk dans le sillage de Donald Trump ?

Rédacteur en chef du site Aerospatium, Stefan Barensky analyse la menace.

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Un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros, 260 entreprises, 15 000 emplois, soit la moitié de la filière nationale : c’est le poids du spatial en Occitanie, première région de France et d’Europe dans ce secteur. Vu depuis Toulouse, capitale du spatial européen, quelles menaces représente Elon Musk en « président bis » dans l’ombre de Trump ?

Avant d’y venir, il faut d’abord rappeler la raison pour laquelle nous allons dans l’espace : pour assurer et protéger nos besoins souverains. Surveiller le climat, observer la terre et l’univers, garantir l’indépendance de notre renseignement, de notre défense, de nos communications face aux autres puissances… Ariane nous garantit l’accès à l’espace tandis que notre recherche nous permet de maintenir un très haut niveau de compétence chez nos scientifiques, très courtisés par les États-Unis. Mais structurellement, la recherche et l’exploration spatiales ignorent, elles, les frontières. Beaucoup de missions du Cnes et de l’Agence spatiale européenne sont ainsi des partenariats, notamment avec la Nasa. L’arrivée d’Elon Musk pose un grave problème pour la régulation du spatial commercial dans laquelle il va devenir juge et partie.p

Parce qu’il aggraverait la concurrence déloyale qu’il a imposée ?

Contrairement aux États qui investissent des milliards, lui a levé des fonds privés et a fait gonfler sa propre bulle. Sa R&D lui a principalement été offerte par la Nasa qui lui a ouvert ses armoires à brevets. Et aujourd’hui, il contrôle 7 000 des 10 000 satellites qui tournent… Non seulement il a saturé l’orbite basse avec Starlink en faisant croire que le géostationnaire, les orbites plus lointaines, sur lesquelles nous sommes très performants, n’avaient pas d’avenir, ce qui totalement faux.

Mais, surtout, Musk a ainsi montré qu’il voulait un monopole avec les pleins pouvoirs sur le spatial. Il a toujours rejeté toute coopération. Dans le meilleur des cas, on est ses clients, mais en aucun cas ses partenaires, or il va vouloir mettre sous tutelle la Nasa, au profit de ses seuls intérêts.

Entre Toulouse, Paris et Kourou, 2 400 salariés du Cnes travaillent sur plus de 150 missions et projets scientifiques. Cela impactera-t-il les programmes en cours comme le retour de l’homme sur la lune, avec Artémis ?

La science n’intéresse pas Elon Musk. Son obsession est de faire rêver les masses en allant seul sur Mars et que le monde l’aide à financer son Starship qui vient de connaître un spectaculaire échec, même si sa communication l’a présenté en succès.

Notre programme le plus en danger, dans ce contexte, c’est l’European Return Orbiter qui doit faire l’aller-retour vers Mars pour ramener des échantillons de la planète rouge. Mais s’il dénonce nos partenariats, ce sont les États-Unis qui se tireront une balle dans le pied.

Cnes, Commandement de l’Espace, recherche, production industrielle des lanceurs et satellites… Toulouse et l’Occitanie sont au cœur du spatial européen et à la croisée de dizaines de programmes internationaux. Quel avenir pour la filière, avec l’arrivée d’Elon Musk dans le sillage de Donald Trump ?

Trois modules Orion sont déjà livrés pour Artemis. Et un contrat, c’est un contrat… Même si le paiement se fait en service et non en dollars, ils sont nos débiteurs. Mais au-delà, il risque d’aggraver les difficultés de Boeing, de Northrop-Grumman et de Lockheed-Martin qui sont sur le lanceur et la capsule d’Artemis. Les élus du Congrès américain qui ont des usines dans leur État ne le laisseront pas faire.

D’un point de vue plus cynique, Musk et Trump n’ont rien à faire, non plus, du climat. Mais les besoins en données restent essentiels pour le reste du monde et cela devrait profiter au programme européen d’observation de la terre Copernicus, dont Toulouse est un maillon essentiel. Au surplus, dans l’espace, la coopération est la règle. Les Français ont volé avec les Soviétiques du temps de la guerre froide. Il y a peu, des astronautes européens se sont entraînés avec les Chinois. Ce qui ne se fait pas avec l’un se fera avec l’autre.