17/12/2024 Les Chantiers de l’Atlantique préparent leur premier paquebot à voiles

En 2018, Chantiers de l’Atlantique a présenté lors du Seatrade, le salon international de la croisière, son projet de navire à voiles nommé Silenseas. La conception de ce navire, d’une taille de 200m,  est fondée sur une technologie de voiles innovantes, en matériau composite, robustes et durables, issue de l’activité de R&D de l’entreprise et baptisée Solid Sail. Elle  est associée à une solution de gréement tout aussi innovante, Aeol Drive, qui comprend notamment un balestron ou livarde orientable à 360°.

En 2019, s’appuyant sur de nouveaux développements et tests, Chantiers de l’Atlantique est revenu avec un concept évolué nommé Silenseas plus (+). Ce navire hybride propulsé à voiles intégrera également des moteurs à biocarburation pour permettre au navire de respecter son planning de croisière ,c’est à dire de naviguer faute de vent ou par vents trop faibles.

Le système Solid Sail, inventé et développé par Chantiers de l’Atlantique peut faire progresser le navire dans la plupart des conditions de vent alors que la voile continue de fonctionner en parallèle des moteurs pour maintenir la vitesse souhaitée. Cette possibilité permet des réductions significatives en matière d’émissions et de coûts de fonctionnement.

Les voiles sont associées à des moteurs à agrocarburants (aussi appelés biocarburants). Ce terme désigne les carburants d’origine agricole. On en distingue trois grand types : ceux à base d’alcool, qui alimentent les moteurs à essence ; ceux à base d’huile, qui alimentent les moteurs diesel et ceux sous forme de gaz (par exemple gaz naturel) . Ces carburants sont d’ores et déjà des éléments déterminants dans le respect des futures exigences réglementaires en termes d’émission de gaz à effet de serre (European Green Deal). 

Les voiles Solid Sail associées au gréement AeolDrive sont de réelles avancées grâce à une technologie permettant une utilisation de la voile simple, fiable, présentant une excellente tenue dans le temps et des performances aérodynamiques extraordinaires. Ce système breveté est composé de panneaux composite articulés pour un pliage automatique.

Les voiles, associées à des moteurs à bicarburation sont d’ores et déjà des éléments déterminant dans le respect des futures exigences réglementaires en termes d’émission de gaz à effet de serre .

Afin de valider les performances de la voile et du gréement à balestron, Chantiers de l’Atlantique a lancé une série de test grandeur nature lors d’un tour du monde à la voile simulé sur un démonstrateur à l’échelle 1/5. Les années prochaines verront de nouveaux développements qui permettront de confirmer la maturité de ce projet aux applications multiples qui iront au-delà du monde de la croisière.

Il apparaît en effet que beaucoup de transports de marchandises pourraient utiliser ces solutions dans des version cargo pour un certain nombre de liaisons commerciales.

https://chantiers-atlantique.com/references/silenseas

16/12/2024 Cannibalisme sous l’Age de bronze britannique

Nous sommes dans une cave de ce qui est aujourd’hui le Somerset britannique, au début de l’Age de bronze. Nous sommes plongés dans l’obscurité. Subitement des torches apparaissent, des silhouettes se précisent. Il s’agit d’hommes jetant dans une fosse profonde de 15 m une quarantaine d’hommes, de femmes et d’enfants encore vivants.

Très vite, ils les en ressortent pour les démembrer, en dévorer la chair, briser les os et les cranes à l’aide d’outils de pierre pour en retirer la moelle et les cerveaux qu’ils mangent encore tièdes.

En témoignent aujourd’hui les marques spécifiques de fractures demeurant sur les ossements humains retrouvés à la suite de fouilles conduites sur ce site et soumis à différents examens et analyses des restes. On lira à ce sujet un article scientifique publié le 16 décembre 2022 dans la revue Antiquity

Source

The darker angels of our nature: Early Bronze Age butchered human remains from Charterhouse Warren, Somerset, UK

Published online by Cambridge University Press:  16 December 2024


Abstract

Direct physical evidence for violent interpersonal conflict is seen only sporadically in the archaeological record for prehistoric Britain. Human remains from Charterhouse Warren, south-west England, therefore present a unique opportunity for the study of mass violence in the Early Bronze Age. At least 37 men, women and children were killed and butchered, their disarticulated remains thrown into a 15m-deep natural shaft in what is, most plausibly, interpreted as a single event. The authors examine the physical remains and debate the societal tensions that could motivate a level and scale of violence that is unprecedented in British prehistory.

16/12/2024 Le réchauffement climatique et la disparition progressive de l’eau douce disponible

Confronté au problème mondial résumé par ce titre, l’ONU (UNESCO) a demandé au World Resources Institute de produire un rapport annuel sur la situation et les remèdes possibles à apporter aux crises prévues.

On trouve aux références ci-dessous un état de la situation pour 2024 / 2025

https://www.wri.org/initiatives/allied-climate-transformation-act2025/resources/global-adaptation-action-progress-gaps-expect-2024

ainsi que

https://environmentaldocuments.com/act-2025-global-adaptation-action-progress-gaps-what-to-expect-2024.pdf

Élément essentiel à toute forme de vie, l’eau couvre 72 % de la surface de la Terre et représente un volume d’environ 1,4 milliard de km3. Malgré son abondance, seul 2,8 % de ce volume est constitué d’eau douce, propre à la consommation humaine. L’eau douce se trouve en grande partie dans les glaciers, mais également dans les nappes souterraines, les rivières et les lacs, ainsi que sous forme de vapeur d’eau dans l’air. La part de l’eau issue des précipitations atmosphériques qui s’écoule dans les cours d’eau jusqu’à la mer, ou qui est recueillie dans les lacs, les aquifères et les réservoirs, correspond à la ressource renouvelable. On parle alors d’« eau bleue » ; son volume mondial est estimé à 37 000 km3 par an

Au cours du XXe siècle, les prélèvements d’eau douce pour les usages domestiques, agricoles ou industriels ont considérablement augmenté à l’échelle mondiale, passant de 600 km3/an au début du XXe siècle à 3 880 km3/an en 2017. Avec l’accroissement de la population, ils devraient continuer de croître de 1 % par an d’ici 2050 (Unesco, 2022).

À l’échelle planétaire, le taux de prélèvement d’eau douce représente 10,5 % du taux de renouvellement annuel moyen des ressources en eau douce. Il varie fortement d’un continent à l’autre du fait de la densité de population et de l’abondance ou non de la ressource : Asie (41,3 %), Amérique du Nord (8,8 %), Afrique (6,6 %), Europe (4,2 %), Australie et Océanie (2,9 %), Amérique du Sud (1,7 %). Environ 69 % de l’eau prélevée est destinée à l’agriculture (principalement pour l’irrigation mais aussi pour l’élevage et pour l’aquaculture), 19 % à l’industrie (y compris la production d’énergie) et 12 % aux consommations des municipalités et des particuliers (Unesco, 2021).

Avec le changement climatique, la ressource en eau renouvelable intérieure par habitant a diminué d’environ 20 % entre 2000 et 2018. Cette évolution est plus marquée dans les pays où la ressource par habitant est la plus basse, tels que l’Afrique subsaharienne (- 41 %), l’Asie centrale (- 30 %), l’Asie de l’Ouest (- 29 %) et l’Afrique du Nord (- 26 %), avec des risques de pénurie d’eau (FAO, 2021).

Compte tenu des enjeux liés à l’utilisation de l’eau et aux besoins des écosystèmes, les auteurs du rapport ont défini des seuils à ne pas dépasser en matière d’utilisation d’eau douce (« eau bleue ») à l’échelle globale et à l’échelle locale (bassins-versants)

15/12/2024 Quelles priorités pour la France sous un gouvernement Bayrou ?

Nous pourrions poser la question autrement : à supposer que l’actuel président de la République renonce à imposer au futur gouvernement Bayrou des décisions ou non décisions imposées par son ubris déréglée, que devrait être selon nous le programme que ce futur gouvernement pourrait proposer à la nation.

Ce programme devrait être suffisamment consensuel pour recueillir le soutien d’une majorité du corps électoral ou des partis qui la composent, qu’ils soient actuellement dans la majorité ou l’opposition. Par ailleurs, dans un premier temps ce programme ne devrait pas non plus venir en contradiction avec la politique de l’Union européenne, afin d’éviter d’interminable négociations.

Que seraient les priorités ?

  • Relancer la recherche scientifique française, fondamentale et appliquée, dans des domaines où les chercheurs Français sont aujourd’hui obligés de s’expatrier faute de pouvoir espérer des rémunérions satisfaisantes en France. On citera en premier lieu l’Intelligence artificielle généralisée dans laquelle la France dispose de solides atouts
  • Renforcer les investissements français dans le projet international ITER intéressant la fusion nucléaire.
  • Définir un programme spatial plus ambitieux que celui consistant à donner un successeur au lanceur Ariane. Par ailleurs, la place de la France dans les projets internationaux d’exploration puis d’exploitation des ressources lunaires et martienne devrait sans attendre être redéfinie et financée.
  • Encourager les recherches et applications françaises concernant les domaines militaires terrestres, maritimes ou spatiaux – d’autant plus que ces domaines relevant du secret militaire n’ont pas être partagés avec les Etats alliés.

15/12/2024 François Bayrou Premier ministre

François Bayrou, né le 25 mai 1951 à Bordères, est un homme d’État et essayiste français. Il est Premier ministre depuis le 13 décembre 2024. Précédemment il exerçait les fonctions de Haut Commissaire au Plan. Wikipédia

Depuis sa création en septembre 2020, le HCP a publié 18 études en propre, appelées « notes stratégiques ».

Sur ce sujet, nous lisons dans le Rapport d’information n° 764 (2023-2024), déposé le 18 septembre https://www.senat.fr/rap/r23-764/r23-764.htm le jugement suivant

Notes stratégiques publiées par le Haut Commissariat au plan

UNE CONTRIBUTION DU HCP AUX POLITIQUES PUBLIQUES TRÈS MITIGÉE QUI APPELLE À UNE RATIONALISATION ET À UNE ORGANISATION CLARIFIÉE DES ORGANES DE PROSPECTIVE ET DE PLANIFICATION

DES CHOIX DE SUJETS QUI PEUVENT ÉTONNER,

UNE RÉFLEXION PROSPECTIVE DONT L’HORIZON TEMPOREL DEMEURE CENTRÉ SUR LE MOYEN TERME,

UNE PLANIFICATION QUI RESTE GÉNÉRALEMENT EMBRYONNAIRE
Une vingtaine d’études réalisées en quatre ans de fonctionnement

Depuis sa création en septembre 2020, le HCP a publié 18 études en propre, appelées « notes stratégiques ».

À ces travaux s’ajoutent un rapport corédigé par le HCP et le think tank Matières Grises, « Quand les babyboomers auront 85 ans » (janvier 2023), et deux rapports rédigés sur sa commande, l’un par la mission d’appui IGAS/CGEIET, « Les vulnérabilités d’approvisionnement en produits de santé » (décembre 2021), l’autre par le Conservatoire national des arts et métiers, « Dynamique économique et réindustrialisation durables des territoires » (janvier 2022).

Liste des travaux publiés en propre par le HCP depuis sa création

Et si la Covid durait ? (octobre 2020)
Produits vitaux et secteurs stratégiques : comment garantir notre indépendance ? (décembre 2020)
Face à la dette Covid, une stratégie de reconquête (février 2021)
Électricité : le devoir de lucidité (mars 2021)
Démographie : la clé pour préserver notre modèle social (mai 2021)
L’agriculture : enjeu de reconquête (juillet 2021)
La France est-elle une grande puissance agricole et alimentaire ? (juillet 2021)
Les agriculteurs (juillet 2021)
Consommation et pratiques alimentaires de demain : quelle incidence sur notre agriculture ? (octobre 2021)
Reconquête de l’appareil productif : la bataille du commerce extérieur (décembre 2021)
Médicaments : identifier nos vulnérabilités pour garantir notre indépendance (février 2022)
Responsabilité climatique – La géothermie de surface : une arme puissante (octobre 2022)
Retraites : une base objective pour le débat civique (décembre 2022)Vieillissement de la société française : réalité et conséquences (février 2023)La bataille du commerce extérieur – Données 2022 (mai 2023)
La grande transformation du travail : crise de la reconnaissance et du sens du travail (octobre 2023)
Le développement de l’aquaculture : un enjeu de souveraineté alimentaire (novembre 2023)
La prise en charge des troubles psychiques et psychologiques (juin 2024)

Source : site internet du HCP

14/12/2024 Faut-il arrêter les recherche sur les bactéries miroir ?

Rappelons que le 21 mai 2010, la revue américaine Science s’était fait l’écho d’une avancée majeure dans le domaine scientifique : une équipe de recherche en biotechnologie dirigée par le biologiste américain John Craig Venter annonçait la mise au point de« la première cellule contrôlée par un génome synthétique ».

Référence
https://www.science.org/doi/10.1126/science.1190719
Voir aussi
https://www.slate.fr/story/21757/adn-genome-synthese-john-craig-venter

Autrement dit, il s’agissait de fabriquer, par synthèse chimique, l’ADN entier d’une bactérie afin de démontrer qu’elle fonctionne normalement. On parle de biologie synthétique. Mais 15 ans après les inquiétudes s’accumulent.

Un objet est chiral s’il n’est pas superposable à son image dans un miroir. L’exemple le plus courant est la main gauche et la main droite, qui ne peuvent pas être superposées de manière identique.

Or aujourd’hui une alerte sans précédent vient d’être lancée par un groupe de 38 scientifiques de renom, dont plusieurs prix Nobel. Leur message est clair : il faut arrêter immédiatement toute recherche visant à créer des “bactéries miroir”, une forme de vie synthétique qui pourrait représenter une menace existentielle pour la vie sur Terre.

Les bactéries miroir sont des organismes synthétiques dont toutes les molécules biologiques sont l’exact reflet des molécules naturelles, mais inversées comme si elles étaient vues dans un miroir.

Dans la nature, les molécules qui composent le vivant ont une orientation précise, par exemple, l’ADN est composé de molécules “droitières”, les protéines sont faites  d’acides aminés “gauchers”…etc. Cette orientation spécifique, appelée chiralité, est commune à toutes les formes de vie sur Terre.

Une bactérie miroir artificielle serait équivalente a une bactérie normale, sauf qu’elle serait construite avec des versions inversées de toutes ses molécules.

Mais pourquoi fabriquer des bactéries miroirs ? Pour mieux comprendre comment les bactéries naturelles fonctionnent et le cas échéant, améliorer leur fonctionnement

Des bactéries comme E-coli se propulsent à l’aide d’une assemblée de flagelles en rotation attachées à leur corps.  La chiralité de leurs flagelles leur permet de briser la symétrie et ainsi de nager en absence d’inertie. L’ensemble corps et flagelles constitue aussi une forme complexe qui en présence d’écoulements peut induire des réorientations de bactéries. Ainsi les bactéries nageant à contre-courant sous certaines conditions le long de surfaces peut entrainer des contaminations sur des distances longues. Des trajectoires oscillantes ou une dérive vers la droite ou la gauche sont aussi observées et liés à la chiralité des flagelles. La compréhension de ces phénomènes permet de développer des applications biomédicales ou de dépollution des sols.

Aujourd’hui un rapport, paru dans la revue Science et référencé ci-dessous, appelle à un encadrement strict ou une suspension temporaire des recherches. Le manque de régulation internationale est également regretté : “Nous jouons avec des forces que nous ne comprenons pas encore totalement”, avertissent les auteurs.

Les scénarios hypothétiques rappelés par eux sont variés et préoccupants. Une dissémination accidentelle pourrait provoquer des perturbations dans les cycles biologiques naturels, rendant certaines ressources alimentaires ou énergétiques instables. Pire encore, ces organismes, conçus pour être résistants, pourraient servir à des fins malveillantes, notamment dans le cadre de la bioterrorisme.

Ces risques justifient les appels répétés à une pause dans ces recherches afin d’évaluer leurs conséquences potentielles. Les chercheurs insistent sur la nécessité de procéder avec prudence, malgré l’attrait des bénéfices scientifiques et économiques.

Les risques sont majeurs :

– Résistance aux antibiotiques : Les médicaments actuels seraient probablement inefficaces contre ces organismes inversés. Une infection par une bactérie miroir pourrait donc être impossible à traiter.

Le Professeur Vaughn Cooper de l’Université de Pittsburgh résume ainsi la situation : “Une bactérie miroir synthétisée serait non seulement invisible pour les animaux et les plantes, mais aussi pour les autres microbes, y compris les virus qui pourraient l’attaquer et la tuer.

Les molécules miroir présentent évidemment des applications potentiellement intéressantes, notamment le développement de nouveaux médicaments plus résistants à la dégradation, la création de systèmes de production biologiques plus efficaces et offrant des avancées dans la compréhension fondamentale de l’origine de la vie. Ces applications peuvent d’ailleurs être poursuivies sans créer de bactéries miroir complètes.

La recherche sur les bactéries “miroirs” soulève un défi : où tracer la limite entre innovation et sécurité ? Les opinions divergent parmi les scientifiques. Tandis que certains défendent une avancée prudente mais continue, d’autres appellent à une pause immédiate jusqu’à ce que les risques soient mieux compris.

Ce désaccord reflète un dilemme plus large : les avancées scientifiques devraient-elles toujours être poursuivies, quel que soit leur potentiel danger ? Dans le cas des formes de vie chirales, la nature même de ces bactéries soulève des questions fondamentales sur la manière dont nous interagissons avec des systèmes biologiques artificiels.

L’absence de régulation uniforme est particulièrement préoccupante. Si certains pays imposent des protocoles stricts, d’autres laissent ces recherches avancer sans cadre clair. Cette disparité augmente le risque de mauvais usages ou d’accidents.

Des organismes comme l’ONU et l’Organisation mondiale de la santé sont sollicités pour élaborer des conventions internationales. Ces cadres pourraient imposer des limites sur le type d’expérimentations autorisées et définir des protocoles de confinement solides pour prévenir toute dissémination accidentelle. La mise en place de telles régulations est devenue une priorité absolue pour éviter des conséquences irréversibles.

Face aux incertitudes, un appel à une pause mondiale dans les recherches sur les bactéries “miroirs” a été lancé par une coalition de scientifiques influents. Ils estiment que cette pause est essentielle pour permettre un dialogue approfondi sur les risques et bénéfices de ces recherches. Ce moratoire temporaire pourrait également encourager le développement de technologies de sécurité adaptées.

C’est pourquoi les chercheurs ne demandent pas d’arrêter toute recherche sur les molécules miroir, mais de tracer une ligne claire à ne pas dépasser: pas de création d’organismes miroir complets !! Cette position est d’autant plus remarquable qu’elle vient de scientifiques experts en biologie synthétique, qui défendent habituellement la liberté de la recherche.

Cependant, des progrès significatifs ont déjà été réalisés comme la synthèse de grosses molécules miroir fonctionnelles. Il y a également eu des premiers pas vers la création de cellules synthétiques et un développement d’outils de biologie synthétique toujours plus performants.

Compte tenu de  ces risques qui pourraient détruire toute vie sur Terre, les chercheurs demandent :

L’arrêt immédiat de toute recherche visant à créer des bactéries miroir

L’interdiction du financement de ces travaux

Un encadrement strict de l’utilisation des technologies connexes

Le lancement d’un dialogue mondial sur les risques et la gouvernance

Une fois encore, nous avons la possibilité d’anticiper et de prévenir une catastrophe biologique potentielle avant qu’elle ne se produise. Les chercheurs comparent les bactéries miroir à d’autres domaines de recherche interdits comme la variole vivante ou les essais nucléaires dans l’environnement – des exceptions nécessaires à la liberté de la recherche pour protéger l’humanité.

  1. Maintenant, disent les chercheurs saurons-nous tirer les leçons du passé et agir de manière préventive ? Ou attendrons-nous d’être confrontés à une catastrophe pour réagir ?

Référence

  • Confronting risks of mirror life

Katarzyna P. Adamalaand others

Science 12 Dec 2024

  • Abstract

All known life is homochiral. DNA and RNA are made from “right-handed” nucleotides, and proteins are made from “left-handed” amino acids. Driven by curiosity and plausible applications, some researchers had begun work toward creating lifeforms composed entirely of mirror-image biological molecules. Such mirror organisms would constitute a radical departure from known life, and their creation warrants careful consideration. The capability to create mirror life is likely at least a decade away and would require large investments and major technical advances; we thus have an opportunity to consider and preempt risks before they are realized. Here, we draw on an in-depth analysis of current technical barriers, how they might be eroded by technological progress, and what we deem to be unprecedented and largely overlooked risks (1). We call for broader discussion among the global research community, policy-makers, research funders, industry, civil society, and the public to chart an appropriate path forward.

Others have noted some dangers from mirror life (23), but a thorough analysis of risks has not previously been completed. The need for such an analysis has grown with advances in key enabling technologies. To address this gap, a group with diverse expertise qualitatively assessed the feasibility and risks of creating mirror bacteria, considering factors including the nature, magnitude, and likelihood of potential harms; the ease of accidental or deliberate misuse; and the effectiveness of potential countermeasures. Our group includes expertise in synthetic biology; human, animal, and plant physiology and immunology; microbial ecology; evolutionary biology; planetary life detection; biosecurity; global health; and policy-making and includes researchers who have held the creation of mirror life as a long-term aspirational goal. The findings are summarized below and detailed in a separately released, in-depth technical report (a cross-referenced version of this article is provided in the supplementary materials) (1). We focus on mirror bacteria, but many of the considerations might also apply to other forms of mirror life.

Our analysis suggests that mirror bacteria would likely evade many immune mechanisms mediated by chiral molecules, potentially causing lethal infection in humans, animals, and plants. They are likely to evade predation from natural-chirality phage and many other predators, facilitating spread in the environment. We cannot rule out a scenario in which a mirror bacterium acts as an invasive species across many ecosystems, causing pervasive lethal infections in a substantial fraction of plant and animal species, including humans. Even a mirror bacterium with a narrower host range and the ability to invade only a limited set of ecosystems could still cause unprecedented and irreversible harm.

Although we were initially skeptical that mirror bacteria could pose major risks, we have become deeply concerned. We were uncertain about the feasibility of synthesizing mirror bacteria but have concluded that technological progress will likely make this possible. We were uncertain about the consequences of mirror bacterial infection in humans and animals, but a close examination of existing studies led us to conclude that infections could be severe. Unlike previous discussions of mirror life, we also realized that generalist heterotroph mirror bacteria might find a range of nutrients in animal hosts and the environment and thus would not be intrinsically biocontained.

We call for additional scrutiny of our findings and further research to improve understanding of these risks. However, in the absence of compelling evidence for reassurance, our view is that mirror bacteria and other mirror organisms should not be created. We believe that this can be ensured with minimal impact on beneficial research and call for broad engagement to determine a path forward.

…..


13/12/2024 La survie du cerveau après la mort

L’article de Nature, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract, a été écrit en avril 2019 par une équipe de neuroscientifiques de l’Ecole de Médecine de Yale, aux Etats-Unis, dirigés par Zvonimir Vrselja. Ils réussirent à rétablir les fonctions, autrement à ressusciter, le cerveau d’un porc dit cochon domestique ou  Sus domesticus décapité quatre heures auparavant dans un abattoir voisin.

Ils injectèrent à cette fin dans les vaisseaux sanguins dudit cerveau un cocktail spécial d’agents de préservation. Ils virent alors le cerveau quitter l’état cadavérique dans lequel il se trouvait pour récupérer ses principales fonctions vitales élémentaires, qu’ils croyaient détruites en l’absence du flux sanguin habituel. Le cerveau n’était pas « vivant » mais il n’était pas « mort ».

Depuis, l’équipe de Yala applique cette technique à des cerveaux humains. Ils justifient ce risque compte tenu des considérables avantages qui en résulteront en cas de succès.

Parmi ceux-ci viendrait en premier la découverte de médicaments permettant de restaurer les principales fonctions d’un cerveau momentanément arrêté, à la suite d’une opération chirurgicale ou d’un accident.

Plus gravement se pose la question de savoir quand une personne est définitivement morte afin de n’arrêter les soins qu’à bon escient. Depuis les anciens Grecs, l’arrêt de la respiration était la preuve de la mort. Des chandelles ou de petits miroirs avaient été mis en service pour constater ce qu’il en était.

Qu’en sera-t-il dorénavant ? Vraisemblablement des techniques de sonde cervicale devront être utilisées dans les cas complexes, à moins de conserver les corps jusqu’à début de putréfaction comme cela se faisait souvent dans certains hôpitaux du passé.

Référence

Published: 17 April 2019

Restoration of brain circulation and cellular functions hours post-mortem

Nature  volume 568, pages 336–343 (2019)

  • Abstract

The brains of humans and other mammals are highly vulnerable to interruptions in blood flow and decreases in oxygen levels. Here we describe the restoration and maintenance of microcirculation and molecular and cellular functions of the intact pig brain under ex vivo normothermic conditions up to four hours post-mortem. We have developed an extracorporeal pulsatile-perfusion system and a haemoglobin-based, acellular, non-coagulative, echogenic, and cytoprotective perfusate that promotes recovery from anoxia, reduces reperfusion injury, prevents oedema, and metabolically supports the energy requirements of the brain. With this system, we observed preservation of cytoarchitecture; attenuation of cell death; and restoration of vascular dilatory and glial inflammatory responses, spontaneous synaptic activity, and active cerebral metabolism in the absence of global electrocorticographic activity. These findings demonstrate that under appropriate conditions the isolated, intact large mammalian brain possesses an underappreciated capacity for restoration of microcirculation and molecular and cellular activity after a prolonged post-mortem interval.

12/12/2024 De l’eau chaude sur la planète Mars jeune

Mars, la petite voisine de la Terre, serait parfaitement habitable par les Terriens si elle avait comme celle-ci conservé les océans dont elle était en partie couverte il y a 4,45 milliard d’années. De nos jours, hormis une poignée de possibles lacs saumâtres et aquifères souterrains, la majorité de l’eau de Mars est retenue dans les calottes polaires ou dans la glace enfouie sous la surface. Elle ne sera donc pas facilement accessible par de futurs colons.

Or une pierre retrouvée au Maroc qui fut arrachée du sol de Mars en 2011 par l’impact d’un météorite identifié sous la référence Northwest Africa 7034 révéla à l’étude qu’elle contenait de minuscules cristaux de zircon. Le zircon est un minéral du groupe des silicates, sous-groupe des nésosilicates. De composition ZrSiO4, c’est un silicate de zirconium naturel. Ses cristaux font partie des pierres fines de la joaillerie.

A l’étude, ce cristal de Zircon montra qu’il contenant aussi des traces de fer, d’aluminium et de sodium, nettement arrangées en couches analogues à de la peau d’oignon.

Ce type de zircon ne se forme que dans des processus hydrothermaux où de l’eau chaude apparaît lors de la formation des magmas et transporte ces métaux pour les déposer plus loin. Il y avait donc vraisemblablement beaucoup d’eau chaude sur Mars

Référence

Zircon trace element evidence for early hydrothermal activity on Mars

Jack Gillespie and others

Science Advances 22 Nov 2024 Vol 10, Issue 47

DOI: 10.1126/sciadv.adq36944 886

Abstract

Finding direct evidence for hydrous fluids on early Mars is of interest for understanding the origin of water on rocky planets, surface processes, and conditions essential for habitability, but it is challenging to obtain from martian meteorites. Micro- to nanoscale microscopy of a unique impact-shocked zircon from the regolith breccia meteorite NWA7034 reveals textural and chemical indicators of hydrothermal conditions on Mars during crystallization 4.45 billion years ago. Element distribution maps show sharp alternating zoning defined by marked enrichments of non-formula elements, such as Fe, Al, and Na, and ubiquitous nanoscale magnetite inclusions. The zoning and inclusions are similar to those reported in terrestrial zircon crystallizing in the presence of aqueous fluid and are here interpreted as primary features recording zircon growth from exsolved hydrous fluids at ~4.45 billion years. The unique record of crustal processes preserved in this grain survived early impact bombardment and provides previously unidentified petrological evidence for a wet pre-Noachian martian crust.

12/12/2024. Première image d’une étoile située à l’extérieur de la Voie lactée

Cette étoile nommée WOHG64 est de la catégorie des « super-géantes rouges» c’est-à-dire une étoile de l’ordre de 2000 masses solaires ayant presque épuisé son cœur d’hydrogène et qui se trouve entourée d’un nuage périphérique d’hydrogène en feu avant d’exploser en supernova. Elle est située à plus de 160.000 années lumière de nous, c’est-à-dire que nous la voyons telle qu’elle était il y a 160.000 ans, du temps de l’Homo Neandertalensis.

Elle appartient à une galaxie satellite de la Voie Lactée, le Grand Nuage de Magellan. Sa taille de 2.000 fois environ celle du soleil. Elle avait été découverte dans les années 1970. Elle était trop lointaine pour pouvoir alors être observée avec précision.

Aujourd’hui des astronomes de l’Université de Keele (UK) ont pu la photographier en utilisant le Very Large Telescope Interferometer situé dans le désert d’Atacama au Chili. Dans cette image ils ont pu examiner des détails qui correspondent en taille « à l’image d’un homme marchant sur la Lune vu de la Terre».

Cette étoile nommée WOHG64 est de la catégorie des « super-géantes rouges» c’est-à-dire une étoile de l’ordre de 2000 masses solaires ayant presque épuisée son cœur d’hydrogène et qui se trouve entourée d’un nuage périphérique d’hydrogène en feu avant d’exploser en supernova Elle est située à plus de 160.000 années lumière de nous, c’est-à-dire que nous la voyons telle qu’elle était il y a 160.000 ans, du temps de l’Homo Neandertalensis.

Elle appartient à une galaxie satellite de la Voie Lactée, le Grand Nuage de Magellan. Sa taille de 2.000 fois environ celle du soleil. Elle avait été découverte dans les années 1970. Elle était trop lointaine pour pouvoir alors être observée avec précision.

https://www.aanda.org/articles/aa/full_html/2024/11/aa51820-24/aa51820-24.html

11/12/2024. Le taux d’erreurs dans les calculateurs quantiques

Dans un article précédent récent, nous mentionnons la compétition qui oppose aujourd’hui IBM, Microsoft, Google et quelques start-up visionnaires pour être les premières à maîtriser les calculateurs quantiques en rendant acceptable leur taux d’erreurs

Voir https://europesolidaire.eu/2024/12/10/10-12-2024-une-prochaine-revolution-dans-le-calcul-quantique/

Aujourd’hui des chercheurs de Google ont publié dans Nature un article dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract.

Ils y indiquent avoir démontré expérimentalement pour la première fois qu’une prédiction théorique, faite il y a trente ans dans ce domaine, était juste. Les ordinateurs quantiques promettent, en effectuant des opérations différemment qu’avec les transistors utilisés par les microprocesseurs actuels, soit de résoudre des problèmes insolubles jusqu’à présent, soit d’accélérer certains calculs. Ce qui peut permettre, par exemple, de briser des codes de chiffrement, prédire des interactions entre molécules, accélérer la recherche sur les matériaux, les médicaments, la génétique…

Cette affirmation, même si elle exacte, laissent les spécialistes du secteur encore un peu sceptiques.

Un article récent du Monde, en témoigne. Voir
https://www.lemonde.fr/sciences/article/2024/12/09/google-relance-la-course-au-calcul-quantique_6438547_1650684.html

On y lit:

Le cassage des codes secrets et les autres promesses ne sont ni pour demain ni pour après-demain. La démonstration n’a pas été faite sur un vrai calcul, mais sur une mémoire, et consiste à répéter les étapes de lecture de sa valeur. Aucune manipulation du qubit n’a été tentée. Le taux d’erreur n’est pas si bas puisque des concurrents ont déjà obtenu de meilleurs qubits seuls. « Les progrès sont impressionnants si l’on regarde le chemin parcouru, mais minuscules si l’on regarde le chemin à parcourir. Maintenant, on rentre dans l’inconnu », prévient Xavier Waintal, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, à Grenoble.

Référence

nature

  • Article
  • Published: 09 December 2024
  • Quantum error correction below the surface code threshold
  • Google Quantum AI and Collaborators
  • Nature (2024)
  • Abstract
  • Quantum error correction [1, 2, 3, 4] provides a path to reach practical quantum computing by combining multiple physical qubits into a logical qubit, where the logical error rate is suppressed exponentially as more qubits are added. However, this exponential suppression only occurs if the physical error rate is below a critical threshold. Here, we present two below-threshold surface code memories on our newest generation of superconducting processors, Willow: a distance-7 code, and a distance-5 code integrated with a real-time decoder. The logical error rate of our larger quantum memory is suppressed by a factor of  when increasing the code distance by two, culminating in a 101-qubit distance-7 code with 0.143% ± 0.003% error per cycle of error correction. This logical memory is also beyond break-even, exceeding its best physical qubit’s lifetime by a factor of . Our system maintains below-threshold performance when decoding in real time, achieving an average decoder latency of 63 μs at distance-5 up to a million cycles, with a cycle time of 1.1 μs. We also run repetition codes up to distance-29 and find that logical performance is limited by rare correlated error events occurring approximately once every hour, or  cycles. Our results present device performance that, if scaled, could realize the operational requirements of large scale fault-tolerant quantum algorithms.