25/03/2022. De futurs lanceurs pour des vols habités à destination de la Lune et de Mars

Aux Etats-Unis, en dépit des séquelles de la crise actuelle due au Covid, cet objectif est de plus en plus d’actualité. Il permettra de montrer au monde que l’Amérique ne renonce pas à conserver sa domination dans l’espace (spatial dominance) d’autant plus que le Chine a décidé avec d’importants moyens de lui disputer ce titre.

Aujourd’hui la Nasa et l’entrepreneur privé Elon Musk développent, a la fois en compétition et souvent en coopération, deux projets de lanceurs lourds habitables capables de permettre à des équipages de résider durablement sur la Lune d’abord, sur Mars ensuite. puis de revenir sur Terre.

Il s’agit du Space Launch System de la Nasa et du lanceur géant Starship de SpaceX.. Ces futurs lanceurs sont conçus pour servir d’habitation et de laboratoires géants sur les planètes ciblées. Leurs étages supérieurs devront évidemment permettre le retour sur Terre des équipages le souhaitant, leurs temps de mission accomplis.

Selon les projets, les lanceurs devraient rester en position verticale sur leurs planètes, afin de faciliter leur retour. Dans d’autres schémas, certains d’entre eux pourraient rester couchés au sol, afin de faciliter le travail des équipes scientifiques.

25/03/2022. Les BRICS et la guerre en Ukraine

Le terme de BRICS désigne un groupe de cinq pays qui se réunissent depuis 2011 en sommets annuels : BrésilRussieIndeChine et Afrique du Sud . Il a été créé à l’initiative de la Russie et de ses alliés l’Inde et la Chine pour faire écouter la voix de pays refusant le rôle de porte-parole universel que s’étaient attribué les États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Aujourd’hui cependant, avec la guerre déclenchée par la Russie en Ukraine, les Brics ont du mal à se faire entendre .

A priori la présence des Etats-Unis, avec celle des Etats de l’Union européenne, dans le groupe de ceux qui dénoncent l’intervention militaire russe, pourrait faire penser que l’Inde et surtout la Chine se positionneraient, au moins sur le plan diplomatique, en soutien de Moscou. Mais jusqu’à ce jour Delhi et Pékin, sans le faire savoir officiellement, manifestent plus que de la réserve à l’égard de l’initiative russe.

Cela tient sans doute à ce que pour eux, les conflits d’intérêts stratégiques, aussi importants qu’ils puissent être ne doivent pas prendre une forme militaire. Dans celle-ci, il n’a pas de gagnants mais que des perdants, à supposer même que les adversaires se refusent à utiliser des armes nucléaires dites de faible intensité.

Pour les BRICS, comme ils l’avait fait savoir par la Déclaration de New Delhi, les seules guerres légitimes à mener sont des guerres contre les effets des modifications climatiques. Cela s’était traduit   par la création d’une banque de développement et d’une réserve monétaire d’urgence par ces pays qui comptent plus de trois milliards d’habitants et représentent environ 25 % de la production économique mondiale.

Il serait temps que Vladimir Poutine, qui avait cosigné cette Déclaration, s’en souvienne aujourd’hui.  

24/03/2022

Une boussole stratégique pour renforcer la sécurité et la défense de l’UE au cours de la prochaine décennie.

Ce terme de boussole désigne une série de propositions adoptées par le Conseil de l’Europe le 24 mars 2022 en la présence de Joe Biden, président des Etats-Unis. Nous ne commenterons pas à ce stade le réalisme de ces propositions, au regard de la réduction permanente des ressources budgétaires.

https://newsroom.consilium.europa.eu/embed/234322

Aujourd’hui, le Conseil a officiellement approuvé la boussole stratégique alors que nous assistons au retour de la guerre en Europe.

La boussole dote l’Union européenne d’un plan d’action ambitieux pour renforcer la politique de sécurité et de défense de l’UE d’ici à 2030.

L’environnement sécuritaire devenu plus hostile nous impose de faire un bond décisif et d’accroître notre capacité et notre volonté d’agir, de renforcer notre résilience ainsi que d’investir davantage et mieux dans nos capacités de défense.

La force de notre Union réside dans l’unité, la solidarité et la détermination. La boussole stratégique a pour objectif de faire de l’UE une garante de la sécurité plus forte et aux capacités renforcées. L’UE doit être en mesure de protéger ses citoyens et de contribuer à la paix et à la sécurité internationales. Cela est d’autant plus important alors que la guerre est revenue en Europe, à la suite de l’agression injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine, et que des mutations géopolitiques majeures sont à l’œuvre. La boussole stratégique renforcera l’autonomie stratégique de l’UE et sa capacité à travailler avec ses partenaires pour préserver ses valeurs et ses intérêts.

Une Union plus forte et plus capable sur les questions de sécurité et de défense contribuera positivement à la sécurité globale et transatlantique et est complémentaire à l’OTAN, qui reste le fondement de la défense collective pour ses membres. Elle accroîtra également son soutien à l’ordre mondial fondé sur des règles et articulé autour des Nations unies.

Les menaces augmentent et le coût de l’inaction est évident. La boussole stratégique guidera notre action. Elle définit une voie ambitieuse pour l’avenir de notre politique de sécurité et de défense pour la prochaine décennie. Elle nous aidera à assumer nos responsabilités en matière de sécurité, face à nos citoyens et au reste du monde. Si nous n’agissons pas maintenant, alors quand le ferons-nous?

La boussole stratégique fournit une évaluation commune de l’environnement stratégique dans lequel l’Union évolue ainsi que des menaces et des défis auxquels elle est confrontée. Le document formule des propositions d’action concrètes assorties d’un calendrier de mise en œuvre très précis, afin de renforcer la capacité de l’UE à agir de manière décisive en cas de crise et de défendre sa sécurité et ses citoyens.

La boussole couvre tous les aspects de la politique de sécurité et de défense et s’articule autour de quatre piliers: agirinvestirtravailler en partenariat et assurer la sécurité.

Agir

Pour être capable d’agir rapidement et avec fermeté dès lors qu’une crise survient, avec des partenaires si possible et seule si nécessaire, l’UE:

– mettra sur pied, pour différents types de crises, une capacité de déploiement rapide de l’UE conséquente, pouvant compter jusqu’à 5 000 militaires

– sera prête à déployer, dans un délai de 30 jours, 200 experts pleinement équipés dans le cadre d’une mission PSDC (politique de sécurité et de défense commune=, y compris dans des environnements complexes.

– effectuera de manière régulière des exercices réels sur terre et en mer

– renforcera la mobilité militaire

– renforcera les missions et opérations PSDC civiles et militaires (Politique de sécurité et de défense commune) en favorisant un processus décisionnel rapide et plus flexible, en faisant preuve de davantage de fermeté et en assurant une solidarité financière accrue.

– fera pleinement usage de la facilité européenne pour la paix pour soutenir ses partenaires.

Assurer la sécurité

Afin de renforcer sa capacité à anticiper, à dissuader et à réagir face aux menaces et défis actuels et à ceux surgissant rapidement, et à préserver les intérêts de l’UE en matière de sécurité, l’UE:

– développera ses capacités d’analyse du renseignement

– mettra en place une boîte à outils hybride et des équipes d’intervention rassemblant différents instruments visant à détecter un large éventail de menaces hybrides et à y réagir

– renforcera la boîte à outils cyberdiplomatique et mettra en place une politique de l’UE en matière de cyberdéfense afin d’être mieux préparée aux cyberattaques et de mieux y réagir

– créera une boîte à outils relative aux activités de manipulation de l’information et d’ingérence menées depuis l’étranger

– élaborera une stratégie spatiale de l’UE pour la sécurité et la défense

– renforcera le rôle de l’UE en tant qu’acteur de la sûreté maritime

INVESTIR

Les États membres se sont engagés à augmenter sensiblement leurs dépenses de défense pour répondre à notre ambition collective de combler les lacunes critiques en matière de capacités militaires et civiles et à renforcer notre base industrielle et technologique de défense européenne. L’Union européenne:

– échangera sur les objectifs nationaux en ce qui concerne l’augmentation et l’amélioration des dépenses de défense pour répondre à nos besoins en matière de sécurité

– élaborera de nouvelles mesures d’incitation pour que les États membres s’engagent dans le développement collaboratif des capacités et investissent conjointement dans des moyens stratégiques et des capacités de nouvelle génération pour opérer sur terre, en mer, dans les airs, dans le cyberespace et dans l’espace extra-atmosphérique

– stimulera l’innovation technologique pour la défense afin de combler les lacunes stratégiques et de réduire les dépendances technologiques et industrielles

Travailler en partenariat

Pour faire face aux menaces et aux défis communs, l’UE:

– renforcera la coopération avec les partenaires stratégiques tels que l’OTAN, les Nations unies et les partenaires régionaux, notamment l’OSCE, l’UA et l’ASEAN

– établira des partenariats bilatéraux plus adaptés avec des pays partageant les mêmes valeurs et des partenaires stratégiques, tels que les États-Unis, le Canada, la Norvège, le Royaume-Uni, le Japon et d’autres

– établira des partenariats sur mesure dans les Balkans occidentaux, dans notre voisinage oriental et méridional, en Afrique, en Asie et en Amérique latine, notamment en intensifiant le dialogue et la coopération, en favorisant la participation aux missions et opérations PSDC et en soutenant le renforcement des capacités

Contexte et prochaines étapes

La première version de la boussole stratégique a été présentée par le haut représentant en novembre 2021, sur la base de la toute première analyse des menaces à laquelle les services de renseignement des 27 États membres de l’UE ont contribué et d’une phase de dialogue structuré entre les États membres, les institutions et les experts de l’UE. Des versions successives ont été examinées en février et mars 2022 afin de tenir compte du débat entre les États membres et des paquets « Défense » et « Espace » de la Commission du 15 février, ainsi que des derniers développements au niveau international, notamment l’agression militaire de la Russie contre l’Ukraine. La boussole stratégique contribue directement à la mise en œuvre du programme de Versailles.

Une fois approuvée, la boussole stratégique devrait ensuite être adoptée par le Conseil européen des 24 et 25 mars 2022.

Offensive russe en Ukraine : des missiles hypersoniques mais une hécatombe de généraux tués au combat

Des missiles hypersoniques de type Avangard sont désormais utilisés en Ukraine, selon le Kremlin. Censés pouvoir échapper aux systèmes de défense adverses, ces nouveaux missiles ont été utilisés à deux reprises. Leur emploi est une première mondiale. Jusqu’ici, la Russie n’avait jamais fait état de son utilisation dans les deux conflits où elle est belligérante En utilisant ce genre d’armes, le Kremlin « tente de retrouver un élan » dans le conflit où son armée semble s’enliser. a affirmé le ministre américain de la Défense Lloyd Austin, estimant que ces armements ne « changeaient pas la donne ».

En quoi consistent ces armes ? Pourquoi Moscou y a recours ? Elles peuvent maintenir des vitesses supérieures à Mach 5, c’est-à-dire cinq fois la vitesse du son : autour de 6.000 km à l’heure minimum. Ce sont donc des armes très rapides (même si elles le sont moins que les missiles balistiques intercontinentaux qui volent jusqu’à Mach 20), mais elles ont un avantage indéniable : elles sont difficilement détectables. Et elles sont manoeuvrables sur la quasi-totalité de leur vol, ce qui les rend bien plus précises.

Ces missiles appartiennent à une famille de nouvelles armes développées par la Russie. les missiles hypersoniques russes Avangard Ils sont capables de changer de cap et d’altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine . Ce dernier a comparé la percée scientifique et militaire de leur développement « à la création du premier satellite artificiel de la Terre », le célèbre Spoutnik.

Dans le même temps, faute de composants et de pièces détachées, Uralvagonzavod, la principale usine russe de blindés, ne pourraient plus produire, ni réparer les blindés endommagés par l’armement antichar des forces armées ukrainiennes. L’usine installée à Nizhni Tagil aurait même été contrainte de cesser temporairement la production. Elle produit notamment les chars T-72B3, T-80 et T-90.

Par ailleurs, avec sans doute plus de 10.000 hommes morts au combat lors du premier mois de guerre en Ukraine, les pertes humaines de l’armée russe sont considérables. Elles dépasseraient celles observées mensuellement par l’ensemble des belligérants durant la première guerre mondiale.

De plus les généraux russes ont été cinq –peut-être six à en croire les autorités ukrainiennes– à avoir trouvé la mort depuis le début de la guerre. Les renseignements occidentaux estiment à vingt le nombre de ces haut gradés engagés dans la guerre. Un quart d’entre eux seraient donc déjà tombés, et les opérations sont loin d’être terminées.

Ce serait l’absence de personnels de commandement intermédiaire (sous-officiers) ainsi que de réseaux d’information et de communication qui expliquerait ce record. Ainsi lorsqu’un convoi de blindés se trouve immobilisé, des officiels supérieurs sont obligés eux-mêmes de se rendre en tête de convoi pour s’informer. Ils représentent alors des cibles faciles

23/03/2022 L’impact de la guerre en Ukraine sur les économies en développement

La conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement UNCTAD vient de publier un premier rapport analysant les conséquences de la guerre en Ukraine sur le commerce, les finances et les investissements technologiques des économies du tiers-monde. Les résultats sont catastrophiques, alors que le monde se remet à peine de la pandémie. Des famines et les troubles sociaux en résultant sont à prévoir.

On notera que la responsabilité de la guerre en Ukraine n’est que très rarement imputée à l’offensive russe du 24 février. Pour les experts de très nombreux pays, cette offensive n’était que la conséquence de la volonté des Etats-Unis de faire de l’Ukraine un membre docile de l’Otan, à partir de laquelle des attaques pourraient très facilement être lancées contre Moscou et la Russie occidentale.

La Chine, pour sa part, ne perd pas de temps à la recherche de responsabilités. Comme l’explique un excellent article (à lire en entier) du journal quasi-officiel Global Times, son problème actuel est d’éviter la stagnation de son développement et l’interruption de sa modernisation. https://www.globaltimes.cn/page/202203/1255162.shtml, l

Référence

UNCTAD UNITED NATIONS CONFERENCE ON TRADE AND DEVELOPMENT has prepared a rapid assessment of the impact of war in Ukraine on trade and development, and interrelated issues in the areas of finance, technology, investment and sustainable development. The results confirm a rapidly worsening outlook for the world economy, underpinned by rising food, fuel and fertilizer prices, heightened financial volatility, sustainable development divestment, complex global supply chain reconfigurations and mounting trade costs. This rapidly evolving situation is alarming for developing countries, and especially for African and least developed countries, some of which are particularly exposed to the war in Ukraine and its effect on trade costs, commodity prices and financial markets. The risk of civil unrest, food shortages and inflation-induced recessions cannot be discounted, particularly given the fragile state of the global economy and the developing world as a result of the COVID-19 (coronavirus disease) pandemic.
https://unctad.org/system/files/official-document/osginf2022d1_en.pdf

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22/03/2022 L’avion franco-allemand de combat du futur SCAF décollera-t-il un jour

On peut en douter. Cet avion devrait être l’élément essentiel du « Système de combat aérien du futur » (SCAF) européen, dont les maîtres d’œuvre sont Dassault Aviation et Airbus-Allemagne.

Les ministres de la défense allemande et française, Ursula von der Leyen et Florence Parly, avaient notifié aux deux avionneurs, le 6 février 2022, le premier contrat d’études du projet.

Concernant le moteur, un accord établissant la répartition des tâches entre le motoriste français Safran et son partenaire allemand MTU a également été officialisé.. Le français Safran Aircraft Engines sera responsable de l’architecture du moteur et de son intégration dans l’avion, l’allemand MTU se chargera des services et de la maintenance.

Pour ce qui est de la construction, Safran s’occupera des parties chaudes du moteur et des turbines haute pression, MTU du reste. L’objectif est de tester un propulseur entre 2025 et 2027, pour un premier essai en vol en 2038 sur les avions existants. L’Espagne a rejoint le projet peu après

Les enjeux du SCAF, programme évalué à 100 milliards d’euros au moins, sont considérables. Le chasseur F-35 américain de Lockheed Martin, livré depuis 2015 à onze pays dont cinq européens, menace d’imposer sa norme pour longtemps aux alliés de Washington dans le monde entier.

Le SCAF représente la seule chance de maintenir une souveraineté européenne dans ce domaine. Outre l’avion, le projet envisage des plates-formes volantes dont on ne connaît pas encore toutes les technologies. Ces « systèmes » voleront avec d’autres avions et des drones. Ils seront capables de franchir des défenses anti-aériennes russes et chinoises. Pour la France, le SCAF portera l’arme nucléaire.

Outre-Rhin, le SCAF ne fait pas l’unanimité. Ces derniers mois, Mme von der Leyen s’est ainsi vu reprocher de ne pas suffisamment défendre les intérêts de l’Allemagne, en laissant à la France un rôle jugé excessif dans la conduite du projet.

Le SCAF est la première décision d’ampleur de Berlin en matière d’équipement militaire depuis l’annonce du chancelier Olaf Scholz, le 27 février, de consacrer 100 milliards d’euros à la modernisation de l’armée allemande. Et elle risque de susciter des tensions entre Berlin et ses partenaires s’agissant de défense européenne, France en tête.

En effet, la ministre de la défense, Christine Lambrecht, a annoncé, lundi 14 mars, l’achat d’avions furtifs (jusqu’à 35) de fabrication américaine, des F-35 du constructeur Lockheed Martin, pour remplacer partiellement la vieille flotte de 85 Tornado, utilisés depuis quarante ans, dont le dernier doit être mis hors service au plus tard en 2030.  

Apparemment, elle n’avait jamais entendu parler du SCAF

22/03/2022. Un nouveau rapport du GIEC

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publie aujourd’hui un nouveau rapport intitulé Changements climatiques 2021 : les éléments scientifiques. Le rapport fournit les connaissances les plus avancées et les plus récentes sur la science du climat et vient confirmer l’influence indiscutable de l’Homme sur le climat, la nécessité de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’importance d’agir maintenant pour tenter d’inverser la tendance.

Le rapport propose des scénarios sur l’avenir et affirme un lien évident entre le changement climatique et la fréquence et intensité des phénomènes extrêmes. En témoignent les événements meurtriers observés actuellement dans différentes parties du globe (incendies dévastateurs, vagues de chaleur, inondations etc.) alors que le réchauffement climatique actuel n’est “que” de 1,1°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Le scénario tendanciel d’un réchauffement autour de 5°C, voire davantage, d’ici la fin du siècle, aura donc des effets dévastateurs dès 2025.

On reproche au GIEC de ne pas mettre assez en évidence les liens entre le réchauffement et l’explosion démographique qui se poursuit en Afrique (six enfants par femme environ) et plus généralement la course au progrès qui est le plus souvent une course au suicide. Mais que proposer qui soit acceptable ?

21/03/2022 Jusqu’à quand Vladimir Poutine poursuivra-il son actuelle offensive en Ukraine ?

Autant que l’on sache cette question est de plus en plus posée en Russie même. Le montant des dépenses de campagne ne cesse de s’accroître, alors que l’armée russe piétine sur presque tous les fronts. Ce sont les consommateurs russes qui en souffrent les premiers. Mais tous les investissements d’avenir sont également au régime sec, notamment dans les nouvelles technologie et le spatial, là où la Chine a décidé de faire jeu égal avec Moscou.

On objectera que la présente guerre permet de tester les armements russes de la nouvelle génération , tel le missile intelligent hypersonique kinjal. Mais utiliser une telle arme destinée à détruire un porte-avion, pour attaquer un dépôt militaire parait pitoyable. Quant aux chars d’assaut chacun a pu voir aux actualité des dizaines d’unités immobilisées sur le bord des routes ou versées dans des fossés faute d’une maintenance adéquate. Mettre la main sur les vastes ressources énergétiques de l’Ukraine alors que la Russie peine à vendre son pétrole et son gaz n’a pas plus de sens.

De plus en plus d’experts en géopolitique affirment que Poutine n’arrêtera son offensive en Ukraine que lorsqu’il aura imposé à cette dernière de rentrer définitivement dans la Fédération de Russie. Il ne lui suffira pas que l’Ukraine refuse de participer à l’Otan. Dans ce cas, Poutine ne se comporterait pas de façon rationnelle. L’Ukraine n’est plus ce qu’elle était du temps de Staline. Il serait temps qu’il s’en rende compte

Voir https://fr.gatestoneinstitute.org/18340/poutine-envahi-ukraine

20/03/2022 La guerre en Ukraine durera-t-elle indéfiniment

Elle durera en tous cas aussi longtemps que dureront les croyances religieuses en Russie et en Ukraine.

L’Ukraine est divisée entre deux églises orthodoxes, l’Eglise Orthodoxe d’Ukraine, qui s’était séparée en 1990 de l’Eglise orthodoxe Russe, et l’Eglise Orthodoxe Ukrainienne, Patriarcat de Moscou. Mais en 2018-2019 le Patriarcat Œcuménique de Constantinople, le primus inter pares du monde orthodoxe, avait reconnu l ‘autocéphalie (indépendance) de l’Eglise orthodoxe d’Ukraine. Cette reconnaissance avait résulté de la volonté du gouvernement de Kiev après l’invasion de la Crimée et du Donbass par Moscou.

Or l’Eglise orthodoxe d’Ukraine, conjointement avec l’Eglise Grecque Catholique d’Ukraine., ont plusieurs fois fait connaître leur volonté de voir l’Ukraine adhérer à l’Union européenne et à l’Otan.  

Au contraire, Vladimir Poutine n’a cessé d’affirmer dès le début de la guerre qu’il avait déclenché lui-même, sa volonté de faire triompher l’unité religieuse profonde entre la Russie et l’Ukraine. On lira à ce sujet son long article de 2021 https://www.rusemb.org.uk/article/708. Selon ses proches, il fait souvent remarquer que son patron, St Vladimir, était à la fois prince de Novgorod et grand prince de Kiev. Ceci peut-il expliquer la relative réserve avec laquelle il fait bombarder la capitale religieuse.

Quoiqu’il en soit, pour le moment, les différentes religions russes et ukrainiennes profitent des événements. Elles se font concurrence pour mettre à l’abri les milliards de dollars des oligarques et apporter des secours aux victimes des bombardements et aux réfugiés

19/03/2022. Les nouvelles armes russes

Nous avions ici même relayé les annonces faire il a quatre ans par Vladimir Poutine, selon lesquelles la Russie disposait désormais de nouvelles armes présentées comme invincibles. Un minimum de recherches dans les publications scientifiques de l’époque nous avait convaincu qu’il ne s’agissait pas de paroles en l’air.

Nous nous étions alors étonné de constater que ces annonces n’avaient provoqué aucune réaction de la part des gouvernements impliqués. Ils avaient continué à s’équiper de matériels virtuellement dépassés, techniquement comme en pratique. Une explication à cet aveuglement tenait sans doute au fait que les industries de l’armement dans les pays considérés ne voulaient pas voir remettre en cause les programmes industriels dont ils étaient bénéficiaires.

On en arrivait à des incohérences comme celles consistant à prévoit de mettre en chantier des porte-avions coûtant plusieurs milliards de dollar alors qu’un « missile intelligent » indétectable de quelques milliers de dollars pouvait le rendre incapable de manœuvrer.

Aujourd’hui, l’on découvre que la Russie utilise dans son offensive contre l’Ukraine une partie de sa nouvelle génération de missiles, qualifiés d' »invincibles », d' »hypersoniques », à portée illimitée ou invisibles des radars, quatre ans après avoir été dévoilés par Vladimir Poutine.

On citera (voir https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/industries/invincibles-hypersoniques-ou-invisibles-ces-armes-que-la-russie-a-mis-au-point-en-une-decennie_AD-202203190220.html)

– Les missiles hypersoniques Avangard  capables de changer de cap et d’altitude à très haute vitesse, les rendant « pratiquement invincibles » selon Vladimir Poutine. Testés avec succès en décembre 2018, leur vitesse a alors atteint Mach 27, soit 27 fois la vitesse du son. Ils ont réussi à toucher une cible située à environ 6000 km, selon le ministère russe de la Défense.

– Utilisés pour la première fois vendredi par l’armée russe, les missiles hypersoniques Kinjal (« poignard » en russe) ont permis selon Moscou la destruction d’un entrepôt souterrain d’armements dans l’ouest de l’Ukraine.

Ce type de missiles, très manoeuvrable, est censé défier les systèmes de défense anti-aérienne. Ils ont atteint, lors des essais, toutes leurs cibles à une distance pouvant atteindre 1.000 à 2.000 km. Ils équipent les avions de guerre MiG-31. Leur emploi en Ukraine est une première mondiale pour un armement hypersonique, selon des experts.

-Le missile lourd balistique intercontinental de cinquième génération Sarmat est censé lui aussi échapper aux défenses antimissiles. D’un poids dépassant 200 tonnes, il est plus performant que son prédécesseur – le missile Voïevoda d’une portée de 11.000 km – et « n’a pratiquement pas de limites en matière de portée », selon M. Poutine, qui l’a jugé à même de « viser des cibles en traversant le pôle Nord comme le pôle Sud ».

– Les caractéristiques techniques des systèmes laser de combat Peresvet (du nom d’un moine guerrier du XIVe siècle) sont secrètes. Ils sont prêts au combat depuis décembre 2019, selon le ministère de la Défense.

Le Poséidon, drone sous-marin élaboré pour la dissuasion nucléaire russe, sera capable de se déplacer à plus d’un kilomètre de profondeur, à une vitesse de 60 à 70 noeuds, tout en restant invisible pour les systèmes de détection, selon une source au sein du complexe militaro-industriel russe, citée par l’agence officielle TASS.

Des tests du système Poséidon ont eu lieu au printemps 2020 pour équiper à terme le sous-marin nucléaire Belgorod, navire qui a été mis à l’eau en 2019 mais dont la mise en service a été repoussée, selon l’agence Tass, au moins jusqu’à l’été 2022.

– Là aussi d’une « portée illimitée », toujours selon Vladimir Poutine, et capables de surmonter quasiment tous les systèmes d’interception, les missiles de croisière Bourevestnik  à propulsion nucléaire sont en cours de développement par l’armée russe. Leurs caractéristiques techniques sont secrètes.

JP.Baquiast