22/01/2024 Peut-on résoudre la contradiction entre l’expansion de l’univers et la force de gravité ?

Ce fut Georges Lemaître qui le premier en 1929 émit l’hypothèse que l’univers était resté en expansion après le Big Bang initial pour justifier le fait observé par Hubble que les galaxies paraissaient à l’observation s’éloigner les unes les autres. Sans cette expansion, pourquoi en application de la loi de gravité ne retomberaient-elles pas les unes sur les autres  après que les effets du Big Bang auraient cessé de se faire sentir ?

Personne à cette époque n’avait voulu reconnaître que le mètre-étalon avec lequel on mesurait les distances et les temps était valable pour de petites distances et de courts intervalles de temps mais cessait d’être utilisable si on voulait l’appliquer à l’échelle cosmologique.

Ce n’était pourtant n’est que du bon sens. Comment à l’échelle de l’univers et sans disposer de la moindre référence objective extérieure affirmer que cet univers serait en expansion ?

Mais comment de la même façon affirmer que si l’univers était en expansion (centrifuge ) tous les corps ayant une masse, nous-mêmes en premier lieu, serions centripètes, c’est-à-dire que nous tendrions en fonction de la force de gravité à peser vers un centre où les poids seraient, sinon infinis, du moins non mesurables à notre échelle ?

Apparemment les cosmologistes échappent à cette contradiction en affirmant qu’à l ‘échelle de l’univers tout entier, les lois de la nature ne sont pas les mêmes qu’à notre niveau, le niveau local. Mais en ce cas comment pourrions-nous, nous qui sommes implacablement rivés à ce niveau local. prétendre faire des hypothèses concernant la façon dont les choses se passeraient au niveau général ?

L’observation des images du cosmos actuellement rapportées par le Télescope Spatial James Webb montre que des milliards de galaxies, pour ne pas dire plus, constituent l’univers visible. Dans ces galaxies se trouvent certainement des planètes dotées d’être ayant des cerveaux analogues aux nôtres. Beaucoup de scientifiques supposent qu’ils se représentent l’univers de la même façon que nous. Mais si ce n’était pas le cas ?

21/01/2024 La tempête solaire ayant frappé les Alpes françaises il y a 14.300 ans

Il s’agissait de la plus importante tempête solaire enregistrée dans les archives géologiques de la Terre.

Le terme de tempête solaire désigne couramment mais improprement une éruption solaire ou éruption chromosphérique. Il s’agit d’un événement primordial de l’activité du Soleil. La variation du nombre d’éruptions solaires permet de définir un cycle solaire d’une période moyenne de 11,2 ans

La tempêté solaire se produit périodiquement à la surface de la photosphère et projette au travers de la chromosphère des jets de matière ionisée qui se perdent dans la couronne à des centaines de milliers de kilomètres d’altitude au niveau de l’équateur solaire . Wikipedia

Quand un événement de cette ampleur se reproduira dans le futur, comme prévisible, il s’agira d’une catastrophe mondiale, renvoyant temporairement les civilisations à l’époque préindustrielle. Tous les réseaux électriques et radio-téléphoniques seront projetés dans un black-out de plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Tous les satellites deviendront incontrôlables et retomberont sur la Terre.

L’histoire a conservé le souvenir de la tempête dite de Carrington, s’étant produit en 1859. La plus grande tempête solaire jamais enregistrée aux temps modernes a eu lieu en 1859 au cours d’un maximum solaire d’à peu près la même intensité que celui dans lequel nous entrons, d’après la NASA.

Cette tempête a été baptisée l’évènement de Carrington, du nom de l’astronome britannique Richard Carrington qui remarqua les violentes éruptions solaires et fut le premier à faire le lien entre l’activité solaire et les perturbations géomagnétiques sur Terre.

Au cours de l’évènement de Carrington, des aurores boréales ont été observées jusqu’à Cuba et Honolulu au sud, et des aurores australes jusqu’à Santiago du Chili au nord. Les éruptions étaient si violentes que les « habitants du nord-est des Etats-Unis pouvaient lire leur journal à la seule lumière des aurores », a déclaré Daniel Baker, du Laboratoire de physique atmosphérique et spatiale de l’université du Colorado, lors d’une conférence de géophysique en décembre 2016.

De plus, les perturbations géomagnétiques furent si intenses que des opérateurs télégraphiques américains signalèrent que leurs équipements produisaient des étincelles, dont les plus violentes causèrent des incendies, selon Ed Cliver, astrophysicien au Laboratoire de recherche de l’US Air Force à Bedford, dans le Massachussetts.

Or récemment, Tom Heaton de l’Université de Leeds, UK, et son équipe ont retrouvé des traces d’une tempête solaire au moins deux fois plus importante dans des restes de troncs de pins maritimes fossilisés dans les Alpes françaises, sur les rives de la Durance . Ils y trouvèrent des traces de carbone 14, un carbone qui a deux fois plus de neutrons que la normale et est produit par des particules de haute énergie frappant l’atmosphère terrestre. Ils ont noté un très haut taux de carbone remontant à 14.300 ans bp.

Cette éruption avait été certainement accompagnée d’un très haut taux de rayons gamma. Ces rayons peuvent endommager l’ADN et créer des cancers.

Référence

A radiocarbon spike at 14 300 cal yr BP in subfossil trees provides the impulse response function of the global carbon cycle during the Late Glacial

Edouard Bard 

 See all authors 

Published:09 October 2023

https://doi.org/10.1098/rsta.2022.0206

Abstract

We present new 14C results measured on subfossil Scots Pines recovered in the eroded banks of the Drouzet watercourse in the Southern French Alps. About 400 new 14C ages have been analysed on 15 trees sampled at annual resolution. The resulting Δ14C record exhibits an abrupt spike occurring in a single year at 14 300–14 299 cal yr BP and a century-long event between 14 and 13.9 cal kyr BP. In order to identify the causes of these events, we compare the Drouzet Δ14C record with simulations of Δ14C based on the 10Be record in Greenland ice used as an input of a carbon cycle model. The correspondence with 10Be anomalies allows us to propose the 14.3 cal kyr BP event as a solar energetic particle event. By contrast, the 14 cal kyr BP event lasted about a century and is most probably a common Maunder-type solar minimum linked to the modulation of galactic cosmic particles by the heliomagnetic field. We also discuss and speculate about the synchroneity and the possible causes of the 14 cal kyr BP event with the brief cold phase called Older Dryas, which separates the Bølling and Allerød millennium-long warm phases of the Late Glacial period.

21/01/2024 Voir les premières étoiles nées peu après le Big Bang

Le télescope spatial JamesWebb est si puissant que quelque 12 mois après son lancement en 2022, il permet de voir les premières galaxies et étoiles apparues lors de ce que les astronomes appellent poétiquement l’aube de l’univers (the cosmic dawn) quelques quatre cent millions d’années après le Big Bang.

Ces étoiles apparaissent plus lumineuses qu’il était prévisible en théorie, suggérant qu’elles proviennent d’une époque ou les conditions de conversion du gas cosmique inter-galactique en étoiles étaient différentes de celles observées aujourd’hui. La différence de luminosité va de deux à cinq.

Ce phénomène peut trouver plusieurs explications. L’une étant qu’à cette époque les étoiles étaient plus massives que celles d’aujourd’hui et donnaient plus de lumière que les étoiles plus récentes.

La composition chimique de ces galaxies confirme que leur l’observation nous rapproche de ce qu’elles étaient à l’aube de l’univers . La quantité d’oxygène, de carbone et d’azote était moindre de 1 à 5% par rapport aux quantités d’aujourd’hui

20/01/2024 Le rôle probable des comètes dans l’apparition de la vie sur la Terre

La vie sur la planète Terre n’aurait pas pu apparaître sans la présence préalable de molécules dites prébiotiques, celles que l’on retrouve aujourd’hui dans tous les organismes vivants. Une molécule prébiotique est une molécule impliquée dans les processus menant à l’origine de la vie. Autrement dit une molécule organique formée sans l’intervention d’êtres vivants. Les molécules prébiotiques sont des précurseurs chimiques ou environnementaux de la vie.

La Terre était une planète présentant les conditions préalables indispensables à la vie (présence d’eau, température, pression, ensoleillement). Mais il n’y avait pas initialement de vie, en l’absence de molécules prébiotiques. Celles-ci ont pu y apparaître selon deux mécanismes différents, soit une synthèse endogène (intérieure) sur la jeune Terre, soit un apport exogène (à partir de l’espace).

Il y avait de nombreux types de synthèse endogène, décharges électriques dues à des orages, irradiation atmosphérique, (proton irradiation) , processus photochimiques , impacts à haute vitesse provenant de météores…

Cependant l’apport de molécules prébiotiques à partir de l’espace est un mécanisme de plus en plus pris en considération. Celles-ci auraient pu être apportées par des comètes, des astéroïdes, des particules de poussière interplanétaire. Récemment divers échantillons provenant de l’astéroïde Ryugu avaient montré que de nombreuses molécules prébiotiques pouvaient survivre à l’entrée dans l’atmosphère terrestre.

Celles-ci ne sont d’ailleurs pas indispensables. Les météores dits chondrites carbonées peuvent catalyser la formation de nombreuses molécules prébiotiques en conditions aqueuses (https://fr.wikipedia.org/wiki/Chondrite_carbon%C3%A9e) et ainsi fertiliser la jeune Terre.

Quant aux comètes, l’expérience a montré qu’elles peuvent contenir d’importantes quantités de molécules carbonées CHN ou Hydrocyaniques HCN nécessaires à l’apparition de la vie. Une comète peut impacter la Terre d’une façon ralentie (soft landing) en creusant un entonnoir qui se remplira d’eau riche en éléments préorganiques, où se développeront de premières formes de vie.l

Il est souvent demandé pourquoi l’on observe pas de tels mécanismes encore en action sur la Terre pour y apporter d’autres formes de vie. La réponse souvent faite est que la vie telle qu’existe aujourd’hui sur la Terre est si proliférante qu’elle éliminerait, ou rendrait invisible, tout nouvel apport de vie

Can comets deliver prebiotic molecules to rocky exoplanets?

R. J. Anslow

A. Bonsor

 and P. B. Rimmer

Published:15 November 2023
https://doi.org/10.1098/rspa.2023.0434

  • Abstract

In this work, we consider the potential of cometary impacts to deliver complex organic molecules and the prebiotic building blocks required for life to rocky exoplanets. Numerical experiments have demonstrated that for these molecules to survive, impacts at very low velocities are required. This work shows that for comets scattered from beyond the snow-line into the habitable zone, the minimum impact velocity is always lower for planets orbiting Solar-type stars than M-dwarfs. Using both an analytical model and numerical N-body simulations, we show that the lowest velocity impacts occur onto planets in tightly packed planetary systems around high-mass (i.e. Solar-mass) stars, enabling the intact delivery of complex organic molecules. Impacts onto planets around low-mass stars are found to be very sensitive to the planetary architecture, with the survival of complex prebiotic molecules potentially impossible in loosely packed systems. Rocky planets around M-dwarfs also suffer significantly more high velocity impacts, potentially posing unique challenges for life on these planets. In the scenario that cometary delivery is important for the origins of life, this study predicts the presence of biosignatures will be correlated with (i) decreasing planetary mass (i.e. escape velocity), (ii) increasing stellar-mass and (iii) decreasing planetary separation (i.e. exoplanets in tightly-packed systems).

19/01/2024 La vie artificielle bientôt parmi nous

Des chercheurs annoncent avoir créé une lignée de levure dans laquelle la moitié des 16 chromosomes sont synthétiques. C’est un grand pas en avant dans la perspective de voir une première cellule complexe doté d’un génome entièrement artificiel . Il s’agit d’un projet conduit à la New York University Langone Health L’objectif est de réaliser une plateforme pour optimiser la création de levures utiles en matière de santé humaine

Depuis un certain temps déjà ont été produits des virus et des bactéries dotés de génomes entièrement synthétiques. Mais la tâche est plus difficile dans le cas des levures, qui sont des cellules complexes ou eucaryotes (dotées de chromosomes à ADN) analogues à celles de toutes les plantes et animaux vivant sur Terre.

Les versions synthétiques de tous les chromosomes de levures ont déjà été réalisées, mais il faut désormais les assembler dans un génome correspondant à celui de la levure envisagée. Ceci prendra une année au moins car il faudra « débugger » les chromosomes artificiels, selon le terme informatique, autrement dit en extraire pour les détruire tous les éléments ayant des résultats non recherchés.

L’équipe a aussi ajouté 3.000 sites au génome artificiel pour y assurer la reproduction d’éléments jugés favorables.

Certains biologistes estiment indispensable de veiller à ce que ces nouvelles variétés ne s’échappent pas dans la nature avant que tous leurs effets n’aient été étudiés. D’autres pensent qu’il s’agit d’un vœu pieux.

Référence

Debugging and consolidating multiple synthetic chromosomes reveals combinatorial genetic interactions
  • Yu Zhao
  • Camila Coelho 13
  • Amanda L. Hughes 13
  • Lars M. Steinmetz 17
  • Yizhi Cai
  • Summary
    The Sc2.0 project is building a eukaryotic synthetic genome from scratch. A major milestone has been achieved with all individual Sc2.0 chromosomes assembled. Here, we describe the consolidation of multiple synthetic chromosomes using advanced endoreduplication intercrossing with tRNA expression cassettes to generate a strain with 6.5 synthetic chromosomes. The 3D chromosome organization and transcript isoform profiles were evaluated using Hi-C and long-read direct RNA sequencing. We developed CRISPR Directed Biallelic URA3-assisted Genome Scan, or “CRISPR D-BUGS,” to map phenotypic variants caused by specific designer modifications, known as “bugs.” We first fine-mapped a bug in synthetic chromosome II (synII) and then discovered a combinatorial interaction associated with synIII and synX, revealing an unexpected genetic interaction that links transcriptional regulation, inositol metabolism, and tRNASerCGA abundance. Finally, to expedite consolidation, we employed chromosome substitution to incorporate the largest chromosome (synIV), thereby consolidating >50% of the Sc2.0 genome in one strain.
  • Jef D. Boeke November 08, 2023
    DOI:https://doi.org/10.1016/j.cell.2023.09.025

19/01/2024 Le trou noir le plus distant jamais observé

Des astronomes de la Yale University ont découvert au centre de la galaxie UHZ-1 le trou noir le plus distant jamais observé, à 31.000 milliards d’années lumière de la Terre. Cette observation permettra peut-être de comprendre comment de tels trous noirs supermassifs ont eu le temps de se former si tôt après le Big Bang. Ils ont utilisé pour cela le nouveau James Webb Space Telescope JWST. L’observation a été confirmée par le Chandra X-ray Observatory utilisant les rayons X.

Ils estiment que ce trou noir a du se former 470 millions d’années après le Big Bang quand l’univers n’était âgé que de 3% de son âge actuel.. Il avait de 10 à 100 millions de fois la masse du soleil.

Ces chiffres rendent difficile à comprendre le mécanisme de la formation de ce trou noir. Ils ne sont pas compatibles avec ceux concernant les trous noirs supermassifs habituels. S’il avait commencé comme une étoile qui se serait effondrée sur elle-même, comment aurait-il pu devenir si important en si peu de temps ?

Récemment un autre mécanisme intéressant la formation des trous noirs avait été évoqué. Si suffisamment de gaz intergalactique pénétrait le centre d’une galaxie et s’y condensait directement sous la forme d’un trou noir, les conditions d’apparition d’un trou noir super massif seraient réunies.

La recherche de tels trous noirs pourrait dans l’avenir devenir une priorité.

https://www.newscientist.com/article/2402016-astronomers-have-found-the-most-distant-black-hole-ever-confirmed/

18/01/2024 Bientôt de l’oxygène sur la planète Mars

Une procédure de synthèse chimique robotisée a permis de développer un catalyseur producteur d’oxygène à partir de minéraux martiens trouvés sur 5 météorites provenant de cette planète. L’objectif est de permettre à de futurs explorateurs humains de respirer sans avoir à apporter de bouteilles de gaz.

Dans ce but, Yi Luo et des collègues de l’Université des Sciences et technologies de Chine à Hefei ont mis au point un robot entièrement automatique. Il a utilisé un laser pour analyser la matière en provenance de Mars. Des quantités significatives de fer, calcium, , magésium, aluminium et manganèse y ont été identifiées.

Plutôt que faire des essais en laboratoire pour mettre au point le futur catalyseur martien, l’équipe à utilisé un robot à base d’intelligence artificielle pour proposer les combinaisons les plus efficaces. Ce catalyseur pourra travailler jusqu’à la température de moins 37°, courante sur la Planère rouge, et pendant 6 jours sans interruption.

Cette réalisation est une nouvelle preuve du fait que les humains ne pourront jamais explorer l’espace profond sans un large appel à l’ intelligence artificielle.

Par ailleurs nous voudrions souligner l’importance des technologies permettant la synthèse de l’oxygène, indispensable à la vie et très rare dans l’univers.

Référence

Automated synthesis of oxygen-producing catalysts from Martian meteorites by a robotic AI chemist
Abstract

Living on Mars requires the ability to synthesize chemicals that are essential for survival, such as oxygen, from local Martian resources. However, this is a challenging task. Here we demonstrate a robotic artificial-intelligence chemist for automated synthesis and intelligent optimization of catalysts for the oxygen evolution reaction from Martian meteorites. The entire process, including Martian ore pretreatment, catalyst synthesis, characterization, testing and, most importantly, the search for the optimal catalyst formula, is performed without human intervention. Using a machine-learning model derived from both first-principles data and experimental measurements, this method automatically and rapidly identifies the optimal catalyst formula from more than three million possible compositions. The synthesized catalyst operates at a current density of 10 mA cm−2 for over 550,000 s of operation with an overpotential of 445.1 mV, demonstrating the feasibility of the artificial-intelligence chemist in the automated synthesis of chemicals and materials for Mars exploration.

17/01/2024 Avec le Covid 19, des macaques redécouvrent l’âge de pierre

Les paléoanthropologues considèrent généralement que c’est par l’utilisation systématique d’outils de pierre que les premiers hominina se distinguèrent de la faune environnante Les Hominina sont une sous-tribu d’hominidés qui inclut le genre Homo et les genres éteints apparentés, tels que les Australopithèques ou les Paranthropes. Cette sous-tribu rassemble toutes les espèces de la lignée humaine, qui s’est séparée de la lignée des chimpanzés il y a au moins 7 millions d’années. 

On a pensé pendant longtemps que leur capacité d’imaginer, de fabriquer et d’utiliser des outils permettait de distinguer les individus du genre Homo des autres grands singes. Personne ne doute que les hommes préhistoriques aient intentionnellement taillé des pierres tranchantes à arêtes vives. L’apparition de cette technologie est même considérée comme un tournant dans l’évolution de l’Homme, devenant chasseur-cueilleur.

C’était sous estimer les macaques.

Le macaque, selon wikipedia, est un genre de primates de la famille des Cercopithecidae. Ces singes catarhiniens sont largement répandus en Asie, de l’Inde jusqu’au Japon et à la ligne Wallace, ainsi qu’en Afrique du Nord et à Gibraltar. Ce sont en effet les seuls primates, à l’exception de l’Homme, qui soient présents sur deux (voire trois) continents et surtout qui se soient acclimatés largement au-dessus de la zone intertropicale.

Les macaques passent plusieurs heures par jour à rechercher leur nourriture : fruitsherberacinesécorcesgrainesbourgeons et feuilles, mais aussi des insectes, des fleurs et quelques champignons. Les macaques sont surtout frugivores dans les pays tropicaux. Mais les fruits sont moins abondants dans les régions tempérées et les graines et les feuilles forment l’essentiel de leur régime alimentaire. Au nord du Japon, les macaques ne trouvent plus grand-chose à manger pendant l’hiver. Durant cette saison, ils doivent se contenter de brindilles et de l’écorce des arbres.

Des anthropologues proposent de voir la chose différemment et de tourner le regard vers les singes d’aujourd’hui, plus précisément vers les macaques à queue longue du Parc national d’Ao Phang Nga en Thaïlande. Et si certaines de ces pierres à arêtes vives n’étaient en fait que des accidents ?

Autrement dit, les éclats modernes ressemblent à s’y méprendre à ce qu’on imagine être les plus vieilles pierres taillées, datant de 3,3 millions d’années à 1,56 million, et supposément fabriquées par l’ancêtre d’Homo sapiens. Se pourrait-il que celles-ci soient en fait des éclats obtenus de façon non volontaire ? C’est l’hypothèse, non conventionnelle, que les anthropologues développent dans un article publié dans la revue « Science », au mois de mars.

Pour eux, leur travail confirme que la production d’outils en pierre n’est pas réservée aux humains et à leurs ancêtres, mais qu’il ouvre une réflexion plus large sur la paléontologie. De fait, 20 à 30 % des éclats tranchants conservés dans les collections préhistoriques ne sont en fait des productions accidentelles. Ils imaginent qu’avant de vouloir produire des pierres tranchantes, les premiers hominidés en ont peut-être produit de façon non intentionnelle. Ils proposent même une chronologie : la production involontaire par cassage de noix aurait précédé la production volontaire.

Les chimpanzés utilisent toutes sortes d’objets, feuilles, mousses, tiges, bâtons de bois, et des pierres. Ils sélectionnent précautionneusement les pierres sur le chemin qui les mènent à l’endroit où ils les cassent. Ce comportement sophistiqué s’explique par des capacités cognitives a priori plus avancées par rapport aux autres singes. On sait que les gorilles utilisent très peu d’outils. Les macaques, eux, en font un usage à la fois moins prononcé et d’une moindre complexité : l’outil sera moins modifié ou moins sélectionné. Cela dit, il faut garder en tête que les chimpanzés sont plus étudiés que les autres espèces 

Il y a deux manières : soit un singe peut se retrouver dans les mêmes conditions que ses congénères et réapprend par lui-même, soit il observe les autres et expérimente, c’est-à-dire essaye de reproduire les gestes des individus qui les maîtrisent. Chez les chimpanzés, on observe une transmission familiale avec un enseignement de la mère qui prend la pierre de son petit et lui montre les gestes, mais cela reste rare, l’observation prédomine. Maîtriser le cassage de noix avec une pierre, le marteau, sur une autre grosse pierre, l’enclume, nécessite une dizaine d’années.

Il y a beaucoup d’exemples d’autres espèces qui elles aussi se servent d’outils Les corvidés (la famille des geais, choucas, pies, corbeaux…) en général sont très habiles. Le corbeau de Nouvelle-Calédonie, par exemple, coupe des petites plantes en forme de crochet pour déloger les larves des trous d’arbre. Les pinsons des Galapagos utilisent des tiges ; le vautour d’Égypte des pierres pour casser les œufs d’Autruche. Les loutres cassent les coquillages avec des cailloux. Les cétacés sont assez habiles également: certains dauphins placent des éponges devant leur rostre pour attraper des oursins sans être piqués et d’autres transportent des petites murènes et les positionnent pour déloger d’autres espèces de poissons.

Mais les macaques comme toutes les autres espèces utilisant des outils ne le font que pressés par la nécessité faute d’autres sources plus accessibles . C’est le cas des macaques évoqués dans l’article de recherche dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract.

Ils devraient remercier le Covid 19

Référence

Influence of COVID-19 on the emergence of stone-tool use behavior in a population of common long-tailed macaques (Macaca fascicularis fascicularis) in Thailand
Raza MuhammadTitiporn KaikaewSuchada PanjanSuthirote MeesawatWipaporn ThabthimthongSunchai PayungpornJirawat ApipattarachaiwongSreetharan KanthaswamyYuzuru HamadaLydia V. LunczSuchinda Malaivijitnond

First published: 27 November 2023

https://doi.org/10.1002/ajp.23580

Abstract

Stone tool use is a rare behavior across nonhuman primates. Here we report the first population of common long-tailed macaques (Macaca fascicularis fascicularis) who customarily used stone tools to open rock oysters (Saccostrea forskali) on a small island along the Thai Gulf in Koh Ped (KPE), eastern Thailand. We observed this population several times during the past 10 years, but no stone-tool use behavior was observed until our survey during the coronavirus disease 2019 (COVID-19) pandemic in July 2022. KPE is located in Pattaya City, a hotspot for tourism in Thailand. Tourists in this area frequently provided large amounts of food for the monkeys on KPE. During the COVID-19 curfew, however, tourists were not allowed to access the island, and monkeys began to face food scarcity. During this time, we observed stone-tool use behavior for the first time on KPE. Based on our observations, the first tool manipulation was similar to stone throwing (a known precursor of stone tool use). From our observations in March 2023, we found 17 subadult/adult animals performing the behavior, 15 of 17 were males and mostly solitary while performing the behavior. The M. f. fascicularis subspecies was confirmed by distribution, morphological characteristics, and mtDNA and SRY gene sequences. Taken together, we proposed that the stone tool use behavior in the KPE common long-tailed macaques emerged due to the COVID-19 food scarcity. Since traveling is no longer restricted many tourists have started coming back to the island, and there is a high risk for this stone tool-use behavior to disappear within this population of long-tailed macaques.

17/01/2024 Semaines d’enfer à Gaza

Les attaques d’Israël à Gaza diffèrent des attaques du Hamas contre les Israéliens en ce sens que les meurtres commis par Israël le sont «à distance» et donc peu visibles .

C’est le terme qu’emploie Steven Waugh, actuel représentant de l’Unicef en Palestine. Le raid du 7 octobre du Hamas contre Israël a vu des hommes armés du Hamas franchir la barrière frontalière et attaquer directement les Israéliens avec des armes à feu, des couteaux et des explosifs. Les hommes armés ont poursuivi des festivaliers, attaqué des kibboutzniks et leur ont tiré dessus, se sont battus au corps à corps et ont lancé des grerenades. L’attaque a été brutale, souvent sauvage et certainement meurtrière».

Par contre les bombes larguées à des milliers de mètres et les obus d’artillerie lancés sur Gaza à des kilomètres de distance provoquent la mort et la destruction à grande échelle, mais ils sont exécutés à distance. Les résultats meurtriers sont invisibles pour ceux qui les ont provoqués et la source est invisible pour les victimes qui souffrent et meurent».

 Les exécutions sommaires et les prises d’otages dont le Hamas et d’autres groupes armés se sont rendus responsables le 7 octobre sont des crimes de guerre et doivent être condamnés, mais les autorités israéliennes ne peuvent utiliser ces attaques pour justifier leurs propres attaques illégales et les sanctions collectives imposées aux civils dans la bande de Gaza assiégée, ainsi que la torture, la détention arbitraire et les autres atteintes aux droits humains infligées à des détenus palestiniens. L’interdiction de la torture ne souffre aucune suspension ou dérogation, même, et surtout, dans des périodes comme celle que nous traversons. » 

Pour sa part Amnesty International dénonce depuis des décennies la torture infligée par les autorités israéliennes dans des centres de détention en Cisjordanie. Cependant, ces quatre dernières semaines, des vidéos et des photos ont été largement diffusées en ligne, montrant des soldats israéliens frappant et humiliant des Palestiniens et Palestiniennes détenus les yeux bandés, dénudés, les mains attachées  Selon les autorités de Gaza plus de 19.000 Palestiniens ont été tués dans l’enclave à la suite des représailles d’Israël après le raid du 7 octobre. 70% en étaient des femmes et des enfants.

16/01/2024 Importantes décisions européennes concernant la fusion nucléaire

La fusion nucléaire, indispensable pour prendre la suite de l’actuelle fission et considérée comme une source d’énergie propre, pourrait bientôt devenir une réalité grâce aux efforts de Gauss Fusion https://www.gauss-fusion.com/ On peut considérer qu’il s’agit d’une heureuse retombée du programme international ITER dont le siège est à Cadarache , France

Gauss Fusion est une jeune entreprise européenne fondée par cinq entreprises industrielles privées de renom :
Alcen en France https://www.alcen.com/fr,
ASG en Italie https://www.asgint.com/en/home/
Bruker en Allemagne https://www.bruker.com/en.html
Research Instruments en Allemagne https://research-instruments.de/en/,
IDOM en Espagne https://www.idom.com/en/.

Après de nombreuses réflexions et analyses de ses équipes scientifiques, Gauss Fusion a récemment annoncé sa décision stratégique de choisir le stellarator https://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-stellarator-5877/ comme base pour le développement de sa future centrale à fusion nucléaire. L’opération marque un tournant majeur dans la course à la production d’énergie de fusion renouvelable en Europe.

Le choix du stellarator par Gauss Fusion est basé sur plusieurs avantages significatifs de cette technologie. Le plus notable est la réduction des coûts d’électricité, résultant de la fiabilité et de la stabilité accrues du stellarator. Cette décision a été saluée par Milena Roveda https://www.linkedin.com/posts/milena-roveda-5a55b5174_fusionista-fusionwithintegrity-fusionpower-activity-7069262733086449664-vSaS PDG de Gauss Fusion, comme une avancée substantielle dans la commercialisation de l’énergie de fusion renouvelable en Europe.

La vision de Gauss Fusion repose sur une approche progressive de la production d’énergie de fusion, visant à minimiser les risques d’investissement et les coûts de construction tout en augmentant la flexibilité du processus de planification. Pour y parvenir, l’entreprise développe des technologies innovantes, notamment un système magnétique révolutionnaire, un circuit de combustible optimisé et des techniques de maintenance à distance.

Gauss Fusion prévoit également de déposer des brevets dans les cinq prochaines années pour ces technologies, en se concentrant particulièrement sur le développement des systèmes de couverture tritigène et de cycles du combustible, qui ont le plus faible niveau de maturité technique dans les centrales à fusion.

La couverture tritigène (également connue sous le nom de couverture de fusion, couverture de lithium ou simplement couverture) est un élément clé dans de nombreuses conceptions de  réacteurs à fusion Elle a trois objectifs. Le premier est d’agir comme un mécanisme de refroidissement, absorbant l’énergie des neutrons produits dans le plasma par la réaction de fusion nucléaire entre le deutérium et le tritium (réaction DT). Le second objectif est de produire davantage de tritium, qui serait autrement difficile à obtenir en des quantités suffisantes, grâce à l’interaction des neutrons avec le lithium contenu dans la couverture. Enfin, la couverture tritigène sert également de blindage, empêchant les neutrons de haute énergie de s’échapper vers les régions à l’extérieur de la chambre du réacteur, protégeant ainsi les parties les plus sensibles aux rayonnements (telles que les aimants ohmiques ou supraconducteurs) contre les dommages et l’activation neutronique. Wikipedia

Depuis ses débuts, Gauss Fusion a cherché à collaborer étroitement avec des partenaires industriels pour la construction des composants de ses installations de fusion. L’entreprise insiste sur l’importance des partenariats public-privé et de l’intégration des résultats de ses recherche au profit des entreprises européennes actuelles et futures, telles que Wendelstein-7X, https://en.wikipedia.org/wiki/Wendelstein_7-X IFMIF-DONES https://ifmif-dones.es/ et ITER.

La collaboration étroite entre l’industrie et la recherche a également convaincu la professeure Sibylle Günter, directrice scientifique de l’Institut Max Planck de physique des plasmas en Allemagne, de l’importance de cette décision. Elle a déclaré : “Nous voulons contribuer à construire le plus rapidement possible une centrale à fusion qui repose sur notre travail scientifique avec Wendelstein-7X. C’est une étape importante pour Gauss Fusion qui, grâce à son expérience industrielle et technique unique, contribue au développement et à la promotion de l’énergie de fusion. Cela peut considérablement faciliter la voie vers une centrale à fusion magnétique.”