23/08/2024 Avancées dans le domaine de la fusion nucléaire

Celles-ci sont nombreuses. Elles sont souvent le fait de start-up. Nous y reviendrons.

Dans l’immédiat, signalons une annonce provenant de chercheurs du MIT. Ils estiment possible de construire un premier réacteur en une dizaine d’années

Pour parvenir à leurs fins, ils ont employé de nouveaux supraconducteurs, déjà disponibles dans le commerce. Ces supraconducteurs à base d’oxyde de baryum, de cuivre et de terres rares, et baptisés Rebco (rare-earth barium copper oxide), se présentent sous forme de rubans. De quoi permettre aux chercheurs du MIT de fabriquer des bobines génératrices de champs magnétiques particulièrement intenses, suffisamment pour confiner du plasma, la clé d’un réacteur à fusion nucléaire. Ils ont baptisé leur projet ARC, pour affordable, robust, compact (abordable, robuste et compact).

La fusion nucléaire consiste à faire fusionner deux noyaux atomiques légers, des noyaux d’hydrogène en l’occurrence. Or, les noyaux sont électriquement positifs et deux charges de même signe se repoussent. Seules des températures extrêmes, qui se compteraient en millions de degrés, peuvent accélérer les noyaux au point de leur permettre de casser la barrière dressée par les forces électromagnétiques.

Actuellement la plupart des scientifiques s’accordent à dire que la meilleure solution pour y parvenir est celle du tokamak, une boîte magnétique géante dans laquelle deux isotopes de l’hydrogène, le deutérium et le tritium, seraient confinés et maintenus à une température de quelque 150 millions de degrés. À cette température, la matière se présente sous la forme d’un plasma, un gaz extrêmement chaud et électriquement chargé. C’est ce qu’exige la fusion nucléaire.

Un prototype à grande échelle de ce type de réacteur est actuellement en cours de construction à Saint-Paul-lez-Durance, en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le projet Iter vise à valider la faisabilité scientifique et technologique de l’énergie de fusion et à ouvrir la voie à son exploitation industrielle. Au cœur de ce réacteur seront produits des noyaux d’hélium, des neutrons et de l’énergie. Les noyaux d’hélium, chargés, resteront confinés dans le tokamak sous l’effet du champ magnétique. 80 % de l’énergie produite sera portée par les neutrons, insensibles au champ magnétique. Ceux-ci transféreront leur énergie sous forme de chaleur aux parois du réacteur. Une chaleur qui sera, par la suite, utilisée pour produire vapeur et électricité.

La solution proposée par les chercheurs du MIT pour leur projet ARC repose sur les mêmes principes physiques. Cependant, basée sur des champs magnétiques bien plus intenses, elle permet de diminuer la taille du réacteur et, partant, son coût. Elle permet aussi d’envisager d’autres avancées. Les scientifiques ont en effet établi qu’en doublant l’intensité du champ magnétique appliqué, l’énergie produite pourrait être multipliée par 16 !

Avec un réacteur tel que l’ ARC, l’énergie produite serait 10 fois supérieure à celle que l’on attend en utilisant des supraconducteurs classiques. Ainsi, un réacteur d’un diamètre deux fois plus petit que celui d’Iter pourrait produire tout autant d’énergie, pour un coût bien moindre et une durée de construction plus courte. Rappelons tout de même que Iter n’est pas prévu pour produire de l’électricité mais pour valider des concepts techniques.

Parmi les autres avantages cités par l’équipe du MIT : la possibilité de remplacer le cœur de fusion sans avoir à démanteler le réacteur tout entier. De quoi mener aisément des recherches plus poussées (matériaux, conception, etc.) dans le but d’améliorer encore les performances du système. De même, les matériaux solides qui entourent habituellement ce type de réacteur pourront être remplacés par un liquide qui pourra facilement être mis en circulation autour de la chambre de fusion et remplacé sans grand frais.

Pour le moment, aucun réacteur à fusion n’a pu produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Or, dans sa configuration actuelle, l’ARC serait théoriquement capable de produire trois fois plus d’électricité que celle utilisée pour le faire fonctionner. Et les chercheurs du MIT assurent que ce rendement pourrait être doublé très rapidement…

Source

https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-383832-des-scientifiques-du-mit-font-un-pas-de-geant-vers-la-fusion-nucleaire.html

Voir en parallèle

https://www.lefigaro.fr/sciences/huit-ans-de-retard-pour-le-projet-de-fusion-nucleaire-iter



22/08/2024 LUCA, le premier ancêtre commun

L’ADN que l’on trouve dans tous les organismes vivants, y compris dans les cellules les plus simples, de l’ E coli jusqu’à la baleine bleue, a de si nombreuses similarités que tout laisse penser qu’il a évolué beaucoup plus tôt que l’on ne le croyait, à partir d’un organisme commun apparu il y a des milliards d’années et qui fut nommé le dernier ancêtre commun universel (last universal common ancestor ou LUCA).

De nombreux travaux ont été fait pour se représenter LUCA concrètement, de quelle façon il a vécu et ce qu’était sa biologie. Aujourd’hui une étude visant à une approche plus large a été entreprise et elle a déjà donné des résultats surprenants . Philip Donoghue de l’Université de Bristol (UK) en a été l’un des responsables.

Les gènes que l’on trouve aujourd’hui dans toutes les branches du vivant pourraient avoir été transmis selon une ligne ininterrompue de LUCA jusqu’à nos jours. Ceci pourrait permettre de se représenter ce qu’était LUCA , quand il avait vécu et comment ses gènes avaient évolué.

En pratique le travail est bien plus difficile à faire qu ‘il ne semble. Cependant Donoghue et son équipe ont réalisé une modélisation visant à faire apparaître du mieux possible ce qu’étaient les gènes de l’ancêtre commun. Ils obtinrent les gènes d’un organisme bien plus complexe que l’on imaginait.

Celui-ci aurait disposé de 2.600 gènes codant des protéines, au lieu des 80 que l’on croyait précédemment. Par ailleurs, LUCA devait vivre il y a 4,2 milliards d’années alors que la Terre s’était formée en tant que planète habitable il y a seulement 4,5 milliards d’années. Il aurait donc survécu au dernier bombardement lourd de météores que la Terre avait subi il y a environ 3,8 millions d’années.

Comme LUCA possédait des gènes destinés à protéger contre les rayons UV, les chercheurs pensent qu’il vivait à la surface des océans, plutôt que plus profondément. D’autres gènes suggèrent qu’il se nourrissait d’hydrogène, l’oxygène n’étant pas encore apparu. Il semble également qu’il devait posséder un système rudimentaire de défense contre les virus, dit CRISPR.

Ceci signifie que dès cette époque, les virus étaient apparus. Rappelons que pour certains scientifiques ils provenaient d’autres planètes du système solaire et auraient été transmis par des comètes, ce qui aurait expliqué l’apparition de la vie sur la Terre. Ils étaient assez robustes pour résister à des voyages interplanétaires.

LUCA pouvait participer à un large écosystème d’organismes de ce type, aujourd’hui disparus. Cependant certains chercheurs, dont Patrick Forterre de l’Institut Pasteur de Paris, doutent qu’ils aient pu survivre au bombardement de météores. Ces organismes étaient donc postérieurs.

Référence
Nature Ecology and Evolution

doi.org/m7r3

21/08/2024. Des molécules d’eau détectées dans des échantillons de sol lunaire


Depuis une vingtaine d’années la présence d’eau dans le sous-sol lunaire avait été suspectée. En 2008, à la suite de la mission américaine Apollo, des chercheurs avaient annoncé avoir trouvé de l’eau dans les échantillons de sol volcanique rapportés à cette époque. Mais il était apparu qu’il s’agissait de groupes hydroxyles constitués d’O et de H2 associés et non d’eau H2O proprement dite. Pour en obtenir de l’eau, ou plutôt de la vapeur d’eau, il faudrait les chauffer à plus de 1000°.

Par ailleurs , les satellites orbitant autour de la Lune y ont aussi vu épisodiquement des reflets qui pourraient révéler la présence de flaques d’eau glacée, mais cette eau n’avait pas pu être observée directement dans un échantillon de sol.

Aujourd’hui la question de l’eau se pose à nouveau.

A la suite de la mission chinoise Chang’e-5 sur la Lune, des échantillons de sol lunaire avaient été rapportés sur la Terre. L’analyse de ceux-ci par des chercheurs de l’académie des sciences de Beijing a montré que s’y trouvaient des minéraux comportant des molécules d’eau, ainsi que du magnésium, de l’ammoniaque et de la chlorine. Ce sol pourrait-il fournir assez d’eau à l’avenir pour satisfaire aux besoins de futures missions humaines ?

Des gaz volcaniques chauds passant près d’une roche lunaire basaltique auraient pu dans le passé générer ces minéraux. Or il suffirait de les chauffer à 400° pour en extraire de la vapeur d’eau.+



20/08/24 Un conflit entre les supernovae SN Ia et le rayonnement fossile

Cela fait des années que l’on parle régulièrement de la « tension de Hubble » en tant que facteur déterminant de la crise du modèle cosmologique standard comportant matière et énergie noire, crise qui pourrait même être une crise de la physique fondamentale.

Cette tension est en effet potentiellement la manifestation de l’existence d’une énergie noire affectant l’expansion de la totalité de l’espace observable de telle sorte que cette expansion semble s’accélérer depuis un peu plus de 5 milliards d’années.

Depuis quelques mois, cependant, un groupe de chercheurs menés par la cosmologiste de l’université de Chicago Wendy Freedman avait commencé à expliquer que selon des analyses des observations faites avec le télescope spatial James-Webb et effectuées par elle et ses collègues, il n’y avait peut-être pas finalement de « tension de Hubble », et donc encore moins de nouvelle physique à prendre en considération

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Wendy Freedman vient de faire valoir point de vue dans un article du 12 août 2024 dont on trouvera ci-dessous les références et l’abstract

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Mais de quoi parle-t-on vraiment avec la « tension de Hubble » ? Il s’agit du désaccord de plus en plus significatif apparaissant , aux erreurs de mesure près, entre deux méthodes importantes de détermination d’une constante notée H0 qui intervient de façon fondamentale dans la Loi de Hubble-Lemaître permettant de relier la distance d’une galaxie à son décalage spectral.

Cette constante est un paramètre fondamental du modèle cosmologique standard que l’on peut évaluer en mesurant précisément les caractéristiques du rayonnement fossile. Ceci a été fait avec la mission Planck.en tenant compte de plusieurs sources d’erreurs possibles.

Le prix Nobel de physique Adam Riess et ses collègues, comme Saul Perlmutter, avaient entrepris de mesurer la constante de Hubble-Lemaître en utilisant le télescope Hubble puis le James Web Space Telescope afin d’étudier les explosions de supernovae SN Ia dans des galaxies de plus en plus lointaines. Lui et ses collègues trouvaient une valeur différente. En fait, depuis 10 ans, l’écart se creusait entre ces mesures obtenues par deux méthodes, l’étude du rayonnement fossile donnant H0 = 67.4 ± 0.5 km s−1 Mpc−1 et les supernovae H0 = 73.0 ± 1.0 km s−1 Mpc−1.

 La méthode de la parallaxe

C’est le mathématicien et astronome Hipparque, peut-être le fondateur de la trigonométrie, qui a semble-t-il utilisé pour la première fois la méthode dite de la parallaxe pour mesurer les distances des planètes dans le Système solaire. Mais c’est Copernic qui le premier a eu l’idée de transposer la méthode à l’échelle des étoiles. Les tentatives en ce sens restèrent vaines jusqu’au début du XIXe siècle, lorsque Friedrich Bessel réussit enfin, en 1838, à mesurer la parallaxe de 61 Cygni.

La méthode est simple : il suffit de mesurer le changement de position apparent d’une étoile sur la sphère céleste au cours de l’année. La simple mesure de l’angle p, la parallaxe, à deux positions sur l’orbite terrestre formant une base triangulaire, permet de connaître la distance de l’étoile à notre Système solaire, si l’on connaît la distance moyenne Terre-Soleil, dite  unité astronomique (UA)

Toutefois, cette méthode ne fonctionne bien que pour des étoiles relativement proches, comme Alpha du Centaure ou Tau Ceti. Elle devient de moins en moins précise avec la distance et de plus en plus difficile à mesurer, car p devient de plus en plus petit. C’est pourquoi on se sert de la méthode de la parallaxe pour calculer la distance des étoiles variables particulières que sont les céphéides. On peut relier la magnitude absolue de ces étoiles à la variation périodique de leur luminosité. En mesurant leur luminosité apparente, on peut en déduire leur distance.

Ainsi, par ce que l’on appelle la loi de Tully-Fisher, il est possible de connaître la luminosité intrinsèque des galaxies spirales qui vont alors jouer dans le monde des galaxies le même rôle que les céphéides.

On ne peut pas se servir à grande distance des céphéides pour deux raisons, d’abord elles ne sont pas assez brillantes et enfin, il faut pouvoir atteindre une résolution suffisante avec un télescope pour distinguer une céphéide se trouvant dans une lointaine galaxie.

On peut finalement utiliser la loi de Tully Fisher pour calibrer des mesures de distance à l’échelle cosmologique au moyen des explosions de supernovae SN Ia. Ce sont des explosions de naines blanches dont la luminosité ne doit pas beaucoup varier. Comme ces explosions sont très lumineuses, elles permettent de sonder des distances sur plusieurs milliards d’années-lumière

référence

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-ce-fin-crise-cosmologie-tension-hubble-grace-telescope-james-webb-115265/

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Status Report on the Chicago-Carnegie Hubble Program (CCHP): Three Independent Astrophysical Determinations of the Hubble Constant Using the James Webb Space Telescope

Submitted on 12 Aug 2024]

Wendy L. FreedmanBarry F. MadoreIn Sung JangTaylor J. HoytAbigail J. LeeKayla A. Owens

We present the latest results from the Chicago Carnegie Hubble Program (CCHP) to measure the Hubble constant using data from the James Webb Space Telescope (JWST). This program is based upon three independent methods: (1) Tip of the Red Giant Branch (TRGB) stars, (2) JAGB (J-Region Asymptotic Giant Branch) stars, and (3) Cepheids. Our program includes 10 nearby galaxies, each hosting Type Ia supernovae, suitable for measuring the Hubble constant (Ho). It also includes NGC 4258, which has a geometric distance, setting the zero point for all three methods. The JWST observations have significantly higher signal-to-noise and finer angular resolution than previous observations with the Hubble Space Telescope (HST). We find three independent values of Ho = 69.85 +/- 1.75 (stat) +/- 1.54 (sys) for the TRGB, Ho = 67.96 +/- 1.85 (stat) +/- 1.90 (sys) for the JAGB, and Ho = 72.05 +/- 1.86 (stat) +/- 3.10 (sys) km/s/Mpc for Cepheids. Tying into supernovae, and combining these methods adopting a flat prior, yields our current estimate of Ho = 69.96 +/- 1.05 (stat) +/- 1.12 (sys) km/s/Mpc. The distances measured using the TRGB and the JAGB method agree at the 1% level, but differ from the Cepheid distances at the 2.5-4% level. The value of Ho based on these two methods with JWST data alone is Ho = 69.03 +/- 1.75 (total error) km/sec/Mpc. These numbers are consistent with the current standard Lambda CDM model, without the need for the inclusion of additional new physics. Future JWST data will be required to increase the precision and accuracy of the local distance scale.

Subjects:Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO)
Cite as:arXiv:2408.06153 [astro-ph.CO]
 (or arXiv:2408.06153v1 [astro-ph.CO] for this version)
  https://doi.org/10.48550/arXiv.2408.06153 Focus to learn more

20/08/2024. Les glaciers des Andes vont-ils disparaître ?

Aujourd’hui, des observations aussi précises que possible montrent que ces glaciers ont retrouvé la taille qu’ils avaient il y a 130.000 ans.

Les Andes sont si élevées que l’on trouve des glaciers permanents tout au long de la chaine, même dans les latitudes tropicales. Or cela fait maintenant 10 ans qu’ils raccourcissent et se rétrécissent en conséquence d’une réchauffement qui affecte toutes les parties du monde.

Des chercheurs de l’Université de Berkeley ont analysé des morceaux de rochers jusque là situés sous quatre glaciers tropicaux et découvert par la glace à la suite de ce changement de température. Ils ont recherché les échantillons d’isotopes de carbone et de beryllium qui se forment dans des roches qui viennent d’être découvertes par le retrait des glaces et qui sont exposées aux rayons cosmiques.

Le niveau des isotopes était si bas dans certaines régions qu’ils étaient presque indétectables. Or un niveau identique avait été atteint lors de la précédente période interglaciaire s’étant produite il y a 130.000 ans et s’étant traduite par un réchauffement général.

Autrement dit l’état des glaciers dans les Andes est inférieur actuellement à celui qui était le sien depuis 11.700 ans au début de la période dite Holocène L’Holocène est le nom donné à la période interglaciaire qui a succédé au dernier cycle glaciaire. Cette période tout de suite chaude par rapport à ce qui précède, a débuté il y a environ 12 000 ans et elle est encore en cours de nos jours.

Référence

https://issues.fr/crise-de-glace-les-glaciers-andins-ont-recule-a-leur-plus-bas-niveau-depuis-11-700-ans/

19/20/2024 Il semble désormais inutile de lutter contre la production des gaz à effets de serre.

Une malédiction semble menacer le Terre : finir dans le prochain siècle comme une planète desséchée telle que sa voisine Mars. Les efforts pour limiter les effets du réchauffement climatique n’auront servi à rien.

La Terre dispose à la suite de plusieurs milliards d’années d’explosion de la vie végétale de telles réserves de pétrole et de gaz naturel qu’il n’aura pas été possible d’empêcher les humains de puiser dans ces réserves en rejetant dans l’atmosphère des milliards de tonnes de gaz à effets de serre.

Ainsi que le relatent Newsweek ou The Daily Telegraph, des chercheurs auraient découvert sous l’Antarctique un monde souterrain empli d’une quantité incalculable de gaz et de pétrole. Il y en aurait suffisamment pour rebattre, potentiellement, les cartes énergétiques et géopolitiques mondiales, et mettre un ultime coup de frein aux efforts pour libérer la Terre de sa dépendance aux hydrocarbures . A quoi bon désormais dépenser des sommes considérables pour développer des énergies renouvelables et mettre au point des centrales de fusion nucléaires telles que prévues dans le programme international ITER. Il suffira de creuser en des lieux non encore prospectés pour trouver toute l’énergie nécessaire pour des siècles de consommation.

La Russie aurait ainsi mis au jour l’équivalent de 511 milliards de barils de pétrole en Antarctique, soit près du double des réserves connues de l’Arabie saoudite. Cette découverte inquiète quant à ses conséquences climatiques et géopolitiques. Depuis 1959 et la signature à Washington du Traité sur l’Antarctique, le Continent blanc est, d’une certaine manière, un bien commun de l’humanité, une terre intouchable sauf pour les scientifiques. Ils y disposent de nombreuses bases et peuvent y effectuer diverses recherches, notamment concernant des volcans souterrains encore inconnus. A ce titre, ils y effectuent divers forages. Et il semble que ce faisant, les Russes aient fait il y a quelques années une découverte majeure.

Dès 2023, Le Matin faisait part des inquiétudes internationales autour d’un navire russe d’exploration polaire nommé Akademik Alexandre Karpinski, faisant la navette entre Le Cap, en Afrique du Sud et l’Antarctique

La raison de cette crainte, exprimée par des militants pour le climat, est résumée par le Daily Telegraph : si les scientifiques à bord du bateau d’exploration polaire partaient pour une mission de forages et d’études géologiques et sismiques, celles-ci semblaient destinées à chercher des réserves de pétrole ou de gaz naturel en Antarctique, malgré le bannissement international de son exploitation.

Or ce qu’ont trouvé les hommes de l’entreprise  russe géante RosGeo, https://rusgeology.ru/en/ dépasse largement les peurs ou les espérances. On peut douter que Vladimir Poutine, soumis à de nombreuses contraintes occidentales, décide de laisser dormir ces gisements. L’affaire est à suivre.

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18/08/2024 La Russie prépare-t-elle une guerre nucléaire tactique contre l’OTAN ?

Nous lisons sur le site reseauinternational.net, que l’on peut aussi qualifier de « voix de Moscou » les affirmations suivantes :

https://reseauinternational.net/une-invasion-de-la-russie-nucleaire-par-lotan-est-actuellement-en-cours-et-le-monde-ignore-que-la-troisieme-guerre-mondiale-a-commence/

Le même discours s’adresse aux Canadiens https://www.mondialisation.ca/une-invasion-de-la-russie-nucleaire-par-lotan-est-actuellement-en-cours-et-le-monde-ignore-que-nous-vivons-la-troisieme-guerre-mondiale-la-patience-du-president-poutine-a-t-elle-atte/5691498?doing_wp_cron=1723937500.375689029

Il est repris, dans une dizaine de langues  à destination de la cinquantaine de pays où Reseauinternational est diffusé. Nous y lisons:

Pas à pas, Washington et ses partenaires de l’OTAN ont franchi une ligne rouge à la suite de l’autre.

  • Tout d’abord, les armes de l’OTAN en Ukraine ;
  • puis les troupes de l’OTAN en Ukaine ;
  • puis des avions de chasse F-16 en Ukraine ;
  • puis les soldats de l’OTAN commandant les armes sophistiquées fournies par l’Occident ;
  • puis les troupes de l’OTAN sur les territoires russes ; puis les drones et les avions de l’OTAN attaquant les cibles russes sur le territoire russe – et enfin les troupes de l’OTAN tentent de prendre le dessus de tout un district russe, de faire des prisonniers russes, de tuer des Russes.

Les aéroports de toute la Russie ont été constamment bombardés pendant plusieurs semaines par des drones de l’OTAN. 

Le 9 août 2024, les médias de la Russie ont signalé une explosion, suivie d’un incendie sur la base aérienne russe dans la région de Lipetsk, à environ 280 kilomètres de la frontière avec le nord-est de l’Ukraine, comme si les forces de l’Ukraine / de l’OTAN avaient attaqué l’aérodrome et détruit un entrepôt et plusieurs autres installations avec des bombes guidées ; guidées par des experts de l’OTAN. 

Or la Russie a la capacité militaire d’anéantir simultanément les centres décisionnels et militaires occidentaux, ainsi que les centres financiers, avec des armes nucléaires tactiques supersoniques ultra-précises, en limitant au maximum les pertes humaines, mais en mettant hors d’état de nuire les structures de pouvoir occidentales.

Faut-il en retenir que Vladimir Poutine appelle tous ses alliés dans le monde à soutenir la Russie dans la perspective où elle utiliserait des armes nucléaires tactiques supersoniques contre l’OTAN ? Que devrait faire plus précisément la Chine et l’Inde ?

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18/08/2024. Un réacteur nucléaire qui se refroidit de lui même en cas de panne du système réfrigérant

Au Japon, après le tsunami du 9 mars 2011, au niveau de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, située sur le littoral, la vague atteint 15 mètres de haut et met hors service les systèmes assurant le refroidissement des réacteurs et des piscines de stockage du combustible irradié, ce qui entraîne la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ainsi que la surchauffe de la piscine de désactivation du réacteur 4.

Pour éviter le retour de tels accidents, l’industrie nucléaire chinoise a expérimenté un nouveau type de réacteur dit Pebble Bed Reactor. https://en.wikipedia.org/wiki/Pebble-bed_reactor. Plutôt qu’utiliser des barres d’uranium de haute énergie pour chauffer le liquide des turbines , le PBR emploie un grand nombre de galets (pebble) constitués d’un noyau d’uranium entouré d’une couche de graphite. Ce dispositif est destiné à ralentir les réactions nucléaires en cas de surchauffe et disperser celles-ci sur l’ensemble des galets, ce qui rendra l’évacuation du combustible plus facile en cas d’accident.

Des prototypes avaient déjà été essayés en Allemagne et en Chine. Mais dorénavant un réacteur dit High Temperature Gaz-cooled Reactor Pebble-bed Module est en fonctionnement à Shandong. Il peut atteindre une température stable 35 heures après la coupure de l’électricité. Il sera bientôt proposé à la vente.

En France, la start-up Jimmy Energy a repris ce concept sous la forme de mini-réacteurs destinés à produire non de l’électricité mais de la chaleur industrielle. https://www.discoverthegreentech.com/encyclopedie/entreprises/jimmy-des-mini-reacteurs-nucleaires-graphite-gaz/

Pour en savoir plus https://www.discoverthegreentech.com/nucleaire/fonctionnement-centrale-fission/reacteurs/haute-temperature-htr/lit-de-boulets-pbr/

Voir notre article précédant

https://europesolidaire.eu/2024/08/15/15-09-2024-les-reacteurs-nucleaires-de-4e-generation/

17/08/2024 Un robot-chien qui désherbe les jardins au lance-flamme

Cette solution est à l’étude pour éviter aux gestionnaires de jardins et autres espaces verts d’avoir recours à des désherbants chimiques tels que le glyphosate toujours toxiques pour les utilisateurs.

Des chercheurs de l’Université du Texas ont mis au point un lance-flammes propane-butane contrôlé par un bras robotique, le tout porté par un robot dit Spot de Boston Dynamics

La solution sera peut-être à éviter dans les périodes de sécheresse dues au réchauffement climatique

Spot est un peu semblable à un chien dont il possède l’agilité

Spot de Boston Dynamics https://bostondynamics.com/products/spot/

Référence

https://arxiv.org/abs/2407.04929

[Submitted on 6 Jul 2024]

Toward Precise Robotic Weed Flaming Using a Mobile Manipulator with a Flamethrower

Authors Di Wang, and others

Robotic weed flaming is a new and environmentally friendly approach to weed removal in the agricultural field. Using a mobile manipulator equipped with a flamethrower, we design a new system and algorithm to enable effective weed flaming, which requires robotic manipulation with a soft and deformable end effector, as the thermal coverage of the flame is affected by dynamic or unknown environmental factors such as gravity, wind, atmospheric pressure, fuel tank pressure, and pose of the nozzle. System development includes overall design, hardware integration, and software pipeline. To enable precise weed removal, the greatest challenge is to detect and predict dynamic flame coverage in real time before motion planning, which is quite different from a conventional rigid gripper in grasping or a spray gun in painting. Based on the images from two onboard infrared cameras and the pose information of the flamethrower nozzle on a mobile manipulator, we propose a new dynamic flame coverage model. The flame model uses a center-arc curve with a Gaussian cross-section model to describe the flame coverage in real time. The experiments have demonstrated the working system and shown that our model and algorithm can achieve a mean average precision (mAP) of more than 76\% in the reprojected images during online prediction.

17/06/2024 Qui pousse qui à la guerre? La Russie ou l’Otan?

Nous lisons ceci dans Dedefensa du 16 aout 2024 https://www.dedefensa.org/article/vers-la-guerre

Cet article de Dimitri Trenine a son importance, en fonction de l’attitude habituelle de ce membre des élites russes de la sécurité nationale. • Dans le tableau général de la situation, certaines phrases résonnent comme une recommandation pour que la Russie envisage des interventions hors du cadre l’‘Opération Militaire Spéciale’, y compris,vers certains points stratégiques de pays de l’OTAN. • L’incursion ukrainienne de Koursk n’est pas citée mais on sent bien que l’événement détermine désormais la réflexion russe.

Dmitry Trenin: This European region could be the next Ukraine. The conflict between Russia and the West won’t end after Kiev is no longer viable as a proxy

The « Ukraine crisis » is not actually an accurate name for what is happening now in relations between Russia and the West. This confrontation is global. It touches virtually every functional area – from finance to pharmaceuticals to sport – and spans many geographical regions. In Europe, which has become the epicenter of this confrontation, the highest level of tension outside Ukraine is now in the Baltic region. The question often asked in Russia (and in the West) is: Will this become the next theater of war?

In Western Europe and North America, a scenario has long been contemplated in which the Russian Army, after its victory in Ukraine, continues to march forward – next seeking to conquer the Baltic republics and Poland. The purpose of this simple propaganda fantasy is clear: to convince Western Europeans that if they do not « invest fully » in supporting Kiev, they may end up with a war on their own territory.

It is telling that almost no one in the EU dares to publicly ask whether Moscow is interested in a direct armed conflict with NATO. What would its aims be in such a war? And what price would it be willing to pay? Obviously, even posing such questions could lead to accusations of spreading Russian propaganda.

Our country takes note of provocative statements made by our northwestern neighbors, the Poles, the Baltic states, and the Finns. These have referred to the possibility of blockading the Kaliningrad exclave by sea and land, and closing Russia’s exit from the Gulf of Finland. Such statements are mostly made by retired politicians, but sometimes current ones and military officers also raise their voices. These threats do not cause panic among Russians. Decisions of this magnitude are made in Washington, not in Warsaw or Tallinn. Nevertheless, the situation cannot be ignored.

The Baltic Sea region lost its status as the most stable and peaceful region in Europe many years ago. Since Poland (1999), Lithuania, Latvia and Estonia (2004), and most recently Finland (2023) and Sweden (2024) joined NATO, it became, as they proudly and happily repeat in Brussels, a « NATO lake. » It is a two-hour drive from Narva (i.e. NATO) to St. Petersburg. After Finland joined the US-led bloc, the line of direct contact increased by 1,300km, meaning it doubled. St. Petersburg is less than 150km from this border. Thus, the price of Moscow’s voluntary abandonment of the principle of geopolitical containment at the end of the Cold War was high.

NATO territory has not only expanded and moved closer to the Russian border; it is actively being equipped for operations. Corridors for rapid access of NATO forces to the frontier (the so-called military Schengen) have become operational; new military bases are being built and existing ones are being upgraded; the physical presence of US and allied forces in the region is increasing; military, air and naval exercises are becoming more intensive and extensive. Washington’s announcement that it intends to deploy intermediate-range missiles in Germany in 2026 draws parallels with the so-called Euro-missile crisis of the early 1980s, which was considered the most dangerous period of the Cold War after the Cuban standoff in October 1962.

The current situation in the northwest is forcing Moscow to strengthen its strategy of military deterrence against the enemy. A number of steps have already been taken. To bolster non-nuclear deterrence, the Leningrad Military District has been reconstituted and new formations and units are being created where they had long been absent. Military integration between Russia and Belarus has progressed significantly. Nuclear weapons have already been deployed on Belarusian territory. Exercises involving Moscow’s non-strategic nuclear forces have taken place. Official warnings have been issued that, under certain conditions, military facilities in the territory of NATO countries will become legitimate targets. A modernization of Russia’s nuclear doctrine has been announced. Atomic deterrence is becoming a more active tool of Russian strategy.

We can only hope that Washington realizes that a naval blockade of Kaliningrad or St. Petersburg would be a casus belli – an excuse to declare war. The current American administration does not seem to desire a major direct conflict with Russia. But history shows that they sometimes happen when neither side seems to want them. The strategy of creeping escalation in order to strategically defeat Russia, which the US has adopted in the protracted proxy war in Ukraine, carries with it the risk of just such a scenario, where the logic of a process once set in motion begins to determine political and military decisions and the situation quickly spirals out of control.

Another danger lies in Washington’s de facto encouragement not only of irresponsible rhetoric but also of irresponsible action by American satellites. The latter, convinced of their impunity, may go too far in thoughtlessly provoking Moscow, thereby bringing the US and Russia into direct armed conflict. Again, we can only hope that America’s instinct for self-preservation will be stronger than its arrogance.

Hopes are hopes, but it is clear that Russia has already exhausted its reserve of verbal warnings. The hostile actions of our adversaries do not call for condemnation, but for an appropriate response. We are now talking about airfields in NATO countries, including Poland, where the F-16s handed over to Kiev may well be based; possible attempts by Estonia and Finland to disrupt shipping in the Gulf of Finland; the prospect of Lithuania cutting the railway link between Kaliningrad and mainland Russia on various pretexts; and significant threats to our ally Belarus. A tough response at an early stage in the development of each of these possible schemes has a better chance of preventing a dangerous escalation. Of course, the strongest position for Russia is to be proactive, to pursue a preventive strategy in which Moscow does not react to the enemy’s escalatory steps, but takes the strategic initiative.

It should be borne in mind that Russia’s confrontation with the collective West will continue after the end of active military operations against Ukraine. From the Arctic, which is a separate area of rivalry, to the Black Sea, there is already a solid, unbroken dividing line. European security is no longer a relevant concept, and Eurasian security, including the European component, is a matter for the distant future. A long period of « non-world peace » lies ahead, during which Russia will have to rely on its own forces and capabilities rather than on agreements with Western states for its security. For the foreseeable future, the Baltic region – that once-promising bridge on the road to a « Greater Europe » – is likely to be the most militarized and Russia-hostile part of the neighborhood. How stable the situation will be depends, of course, on the goals of the Ukraine operation being achieved.

This article was first published by Profile.ru, and was translated and edited by the RT team

Traduction

L’Europe pourrait être la prochaine Ukraine

La “crise ukrainienne” n’est pas vraiment un nom précis pour décrire ce qui se passe actuellement dans les relations entre la Russie et l’Occident. Cette confrontation est mondiale. Elle touche pratiquement tous les domaines fonctionnels – de la finance aux produits pharmaceutiques en passant par le sport – et s’étend sur de nombreuses régions géographiques.

En Europe, qui est devenue l’épicentre de cette confrontation, le niveau de tension le plus élevé en dehors de l’Ukraine se situe désormais dans la région baltique. La question souvent posée en Russie (et en Occident) est la suivante : cela deviendra-t-il le prochain théâtre de guerre ?

En Europe occidentale et en Amérique du Nord, on envisage depuis longtemps un scénario dans lequel l’armée russe, après sa victoire en Ukraine, continue d’avancer – cherchant ensuite à conquérir les républiques baltes et la Pologne.

Le but de ce simple fantasme de propagande est clair : convaincre les Européens occidentaux que s’ils n’investissent pas pleinement dans le soutien à Kiev, ils pourraient se retrouver avec une guerre sur leur propre territoire.

Il est révélateur que presque personne dans l’UE n’ose demander publiquement si Moscou est intéressée par un conflit armé direct avec l’OTAN. Quels seraient ses objectifs dans une telle guerre ? Et quel prix serait-il prêt à payer ? De toute évidence, même poser de telles questions pourrait conduire à des accusations de diffusion de propagande russe.

Notre pays prend note des déclarations provocatrices de nos voisins du nord-ouest, les Polonais, les pays baltes et les Finlandais. Ils ont évoqué la possibilité de bloquer l’enclave de Kaliningrad par voie maritime et terrestre et de bloquer la sortie de la Russie du golfe de Finlande. De telles déclarations sont pour la plupart faites par des hommes politiques à la retraite, mais parfois des ministres et des officiers militaires en exercice élèvent également la voix.

Les menaces ne provoquent pas la panique parmi les Russes. Des décisions de cette ampleur sont prises à Washington, pas à Varsovie ou à Tallinn. Néanmoins, la situation ne peut être ignorée.

La région de la mer Baltique a perdu depuis de nombreuses années son statut de région la plus stable et la plus pacifique d’Europe. Depuis que la Pologne (1999), la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie (2004), et plus récemment la Finlande (2023) et la Suède (2024), ont rejoint l’OTAN, elle est devenue, comme ils le répètent fièrement et joyeusement à Bruxelles, un « lac de l’OTAN ». Il faut compter deux heures de route de Narva (c’est-à-dire l’OTAN) à St. Pétersbourg. Après que la Finlande a rejoint le bloc dirigé par les États-Unis, la ligne de contact direct s’est allongée de 1 300 km, ce qui signifie qu’elle a doublé. Saint-Pétersbourg se trouve à moins de 150 km de cette frontière. Ainsi, le prix à payer pour l’abandon volontaire par Moscou du principe d’endiguement géopolitique à la fin de la guerre froide a été élevé.

Le territoire de l’OTAN ne s’est pas seulement étendu et rapproché de la frontière russe ; il est activement équipé pour les opérations. Des couloirs permettant aux forces de l’OTAN d’accéder rapidement à la frontière (ce qu’on appelle l’espace Schengen militaire) sont devenus opérationnels ; de nouvelles bases militaires sont construites et celles existantes sont modernisées ; la présence physique des forces américaines et alliées dans la région augmente ; les exercices militaires, aériens et navals deviennent de plus en plus intensifs et étendus. L’annonce par Washington de son intention de déployer des missiles à portée intermédiaire en Allemagne en 2026 établit un parallèle avec la crise dite des euromissiles du début des années 1980, considérée comme la période la plus dangereuse de la guerre froide après l’impasse cubaine d’octobre 1962.

La situation actuelle dans le nord-ouest oblige Moscou à renforcer sa stratégie de dissuasion militaire contre l’ennemi. Un certain nombre de mesures ont déjà été prises. Dans le cadre d’une dissuasion non nucléaire, la région militaire de Leningrad a été reconstituée et de nouvelles formations et unités sont créées là où elles avaient longtemps disparu. L’intégration militaire entre la Russie et la Biélorussie a considérablement progressé. Des armes nucléaires ont déjà été déployées sur le territoire biélorusse. Des exercices impliquant les forces nucléaires non stratégiques de Moscou ont eu lieu. Des avertissements officiels ont été émis selon lesquels, sous certaines conditions, les installations militaires situées sur le territoire des pays de l’OTAN deviendront des cibles légitimes. Une modernisation de la doctrine nucléaire russe a été annoncée. La dissuasion atomique devient un outil plus actif de la stratégie russe.

Nous ne pouvons qu’espérer que Washington se rende compte qu’un blocus naval de Kaliningrad ou de Saint-Pétersbourg serait un casus belli – un argument pour déclarer la guerre. L’administration américaine actuelle ne semble pas souhaiter un conflit direct majeur avec la Russie. Mais l’histoire montre qu’ils se produisent parfois alors qu’aucune des parties ne semble le vouloir. La stratégie d’escalade rampante visant à vaincre stratégiquement la Russie, que les États-Unis ont adoptée dans la guerre par procuration prolongée en Ukraine, comporte le risque d’un tel scénario, dans lequel la logique d’un processus une fois enclenché commence à déterminer des décisions politiques. et les décisions militaires, et la situation devient rapidement incontrôlable.

Un autre danger réside dans le fait que Washington encourage de facto non seulement une rhétorique irresponsable, mais aussi des actions irresponsables de la part des satellites américains. Ces derniers, convaincus de leur impunité, pourraient aller trop loin en provoquant inconsidérément Moscou, entraînant ainsi les États-Unis et la Russie dans un conflit armé direct. Encore une fois, nous ne pouvons qu’espérer que l’instinct de conservation de l’Amérique sera plus fort que son arrogance.

Les espoirs sont des espoirs, mais il est clair que la Russie a déjà épuisé sa réserve d’avertissements verbaux. Les actions hostiles de nos adversaires n’appellent pas une condamnation, mais une réponse appropriée. Nous parlons désormais des aérodromes des pays de l’OTAN, dont la Pologne, où pourraient bien être basés les F-16 remis à Kiev ; d’éventuelles tentatives de l’Estonie et de la Finlande visant à perturber la navigation dans le golfe de Finlande ; la perspective que la Lituanie coupe la liaison ferroviaire entre Kaliningrad et la Russie continentale sous divers prétextes ; et des menaces importantes contre notre alliée la Biélorussie. Une réponse ferme à un stade précoce de l’élaboration de chacun de ces projets possibles a de meilleures chances d’empêcher une escalade dangereuse. Bien entendu, la position la plus forte pour la Russie est d’être proactive, de poursuivre une stratégie préventive dans laquelle Moscou ne réagit pas aux mesures d’escalade de l’ennemi, mais prend l’initiative stratégique.

Il convient de garder à l’esprit que la confrontation de la Russie avec l’Occident collectif se poursuivra après la fin des opérations militaires actives contre l’Ukraine. De l’Arctique, qui est une zone de rivalité distincte, à la mer Noire, il existe déjà une ligne de démarcation solide et ininterrompue. La sécurité européenne n’est plus un concept pertinent et la sécurité eurasienne, y compris la composante européenne, relève d’un avenir lointain. Une longue période de “paix non mondiale” s’annonce, pendant laquelle la Russie devra compter sur ses propres forces et capacités plutôt que sur des accords avec les États occidentaux pour sa sécurité. Dans un avenir prévisible, la région baltique – ce pont autrefois prometteur sur la route vers une “Grande Europe” – sera probablement la partie du voisinage la plus militarisée et la plus hostile à la Russie. La stabilité de la situation dépend bien entendu de la réalisation des objectifs de l’opération en Ukraine.

Dimitri Trenine

https://en.wikipedia.org/wiki/Dmitri_Trenin