06/10/2025 La momification des morts dans l’ancienne Chine

Références

Hsiao-chun Hung https://orcid.org/0000-0001-5794-3040 hsiao-chun.hung@anu.edu.au, Zhenhua Deng https://orcid.org/0000-0002-6412-7399 zhenhuadeng@pku.edu.cn, Yiheng Liu, +19 , and Hirofumi Matsumura https://orcid.org/0000-0001-5453-7987 hiromura@sapmed.ac.jpAuthors

June 14, 2025;

hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38

Significance

This finding documents smoke-dried mummification of the dead, mostly in tightly bound crouched postures, from archaeological contexts between 12,000 and 4,000 y old across a vast region encompassing Southeast Asia, southern China, and beyond. The practice continued into the ethnographic record in the New Guinea Highlands and parts of Australia. The oldest of these burials predate the mummification associated with the Chinchorro culture (7,000 cal. BP, northern Chile) and Ancient Egypt (Old Kingdom, cal. 4,500 BP). Our burial samples from Southeastern Asia highlight a remarkably enduring set of cultural beliefs and mortuary practices that persisted for over 10,000 y among hunter-gatherer communities who were related through their craniofacial attributes and genomic affinities to Indigenous New Guinea Highland and Australian populations.

Abstract

In southern China and Southeast Asia (collectively, Southeastern Asia), Terminal Pleistocene and Early to Middle Holocene (ca. 12,000 to 4,000 cal. BP) hunter-gatherer burials feature tightly crouched or squatting postures, sometimes with indications of post-mortem dismemberment. Such burials contrast strongly with the extended supine burial postures typical of subsequent Neolithic inhumations in these regions. Their contorted postures, often with traces of burning, present interpretive challenges. This study uses multiple techniques, including X-ray diffraction and Fourier-transform infrared spectroscopy, to investigate 54 pre-Neolithic burials from 11 archaeological sites located across Southeastern Asia. The findings confirm that many of these pre-Neolithic flexed and squatting burials were treated by an extended period of smoke-drying over fire, a process of mummification similar to that recorded ethnographically in some Australian and Highland New Guinea societies. Some of the analyzed archaeoll samples represent the oldest known instances of such artificial mummification in the world.

Pour en savoir plus
La momification en Egypte

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Le dénominateur commun des peuples « momificateurs » est leur appartenance à des zones climatiques favorisant l’apparition de momies spontanées. Ainsi, les régions désertiques ou encore certaines contrées à climat froid (Groenland, pays andins). Plus rarement, la nature chimique particulière du sol a pu contribuer à la dessiccation spontanée des corps (tourbières d’Écosse et du Danemark).

Origine

En Égypte, c’est avant tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées. La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement exhumés par les animaux du désert [1], passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux « Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux). On peut admettre que la réapparition de proches spontanément momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30 mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée. Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides) affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la conservation du corps était une des conditions indispensables pour assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la personne implique l’association indispensable d’élément matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une momie, n’a été élaborée que très lentement, très progressivement. On peut considérer que le début se situe à l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de la position contractée du corps au profit d’une position allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire, est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales, même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin. Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée, ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des progrès de la momification vient du fait qu’en principe les embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés : le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même pu assister à des régressions dans la qualité de certaines momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois classes de momification accessibles en fonction des moyens financiers des familles. La dernière classe fait appel à des moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à la quasi-total

L’élimination des organes internes

L’éviscération abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute, elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle retardait de façon importante le développement de la putréfaction. Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort, s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie (silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort … Cette incision était suivie de l’extraction de différents organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons, la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont on a retrouvé des exemplaires [2]. Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras, l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A. Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis) représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train d’officier.

D’autres techniques ont été utilisées, pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la momification ont été satisfaisants.

Après l’éviscération, la cavité abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés, puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.

Une autre technique encore, concernant les viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques, enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les momifications les plus expéditives.

La dessiccation par le natron

Le deuxième geste majeur de la momification est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron » et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait, le corps était placé sur la table de momification, semblable à nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes : l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau. Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée, introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.06/10/2025 La momification des morts dans l’ancienne Chine



Références

Hsiao-chun Hung https://orcid.org/0000-0001-5794-3040 hsiao-chun.hung@anu.edu.au, Zhenhua Deng https://orcid.org/0000-0002-6412-7399 zhenhuadeng@pku.edu.cn, Yiheng Liu, +19 , and Hirofumi Matsumura https://orcid.org/0000-0001-5453-7987 hiromura@sapmed.ac.jpAuthors

June 14, 2025;

hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38

Significance

This finding documents smoke-dried mummification of the dead, mostly in tightly bound crouched postures, from archaeological contexts between 12,000 and 4,000 y old across a vast region encompassing Southeast Asia, southern China, and beyond. The practice continued into the ethnographic record in the New Guinea Highlands and parts of Australia. The oldest of these burials predate the mummification associated with the Chinchorro culture (7,000 cal. BP, northern Chile) and Ancient Egypt (Old Kingdom, cal. 4,500 BP). Our burial samples from Southeastern Asia highlight a remarkably enduring set of cultural beliefs and mortuary practices that persisted for over 10,000 y among hunter-gatherer communities who were related through their craniofacial attributes and genomic affinities to Indigenous New Guinea Highland and Australian populations.

Abstract

In southern China and Southeast Asia (collectively, Southeastern Asia), Terminal Pleistocene and Early to Middle Holocene (ca. 12,000 to 4,000 cal. BP) hunter-gatherer burials feature tightly crouched or squatting postures, sometimes with indications of post-mortem dismemberment. Such burials contrast strongly with the extended supine burial postures typical of subsequent Neolithic inhumations in these regions. Their contorted postures, often with traces of burning, present interpretive challenges. This study uses multiple techniques, including X-ray diffraction and Fourier-transform infrared spectroscopy, to investigate 54 pre-Neolithic burials from 11 archaeological sites located across Southeastern Asia. The findings confirm that many of these pre-Neolithic flexed and squatting burials were treated by an extended period of smoke-drying over fire, a process of mummification similar to that recorded ethnographically in some Australian and Highland New Guinea societies. Some of the analyzed archaeoll samples represent the oldest known instances of such artificial mummification in the world.

Pour en savoir plus
La momification en Egypte

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Le dénominateur commun des peuples « momificateurs » est leur appartenance à des zones climatiques favorisant l’apparition de momies spontanées. Ainsi, les régions désertiques ou encore certaines contrées à climat froid (Groenland, pays andins). Plus rarement, la nature chimique particulière du sol a pu contribuer à la dessiccation spontanée des corps (tourbières d’Écosse et du Danemark).

Origine

En Égypte, c’est avant tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées. La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement exhumés par les animaux du désert [1], passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux « Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux). On peut admettre que la réapparition de proches spontanément momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30 mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée. Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides) affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la conservation du corps était une des conditions indispensables pour assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la personne implique l’association indispensable d’élément matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une momie, n’a été élaborée que très lentement, très progressivement. On peut considérer que le début se situe à l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de la position contractée du corps au profit d’une position allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire, est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales, même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin. Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée, ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des progrès de la momification vient du fait qu’en principe les embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés : le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même pu assister à des régressions dans la qualité de certaines momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois classes de momification accessibles en fonction des moyens financiers des familles. La dernière classe fait appel à des moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à la quasi-total

L’élimination des organes internes

L’éviscération abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute, elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle retardait de façon importante le développement de la putréfaction. Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort, s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie (silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort … Cette incision était suivie de l’extraction de différents organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons, la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont on a retrouvé des exemplaires [2]. Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras, l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A. Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis) représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train d’officier.

D’autres techniques ont été utilisées, pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la momification ont été satisfaisants.

Après l’éviscération, la cavité abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés, puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.

Une autre technique encore, concernant les viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques, enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les momifications les plus expéditives.

La dessiccation par le natron

Le deuxième geste majeur de la momification est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron » et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait, le corps était placé sur la table de momification, semblable à nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes : l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau. Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée, introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.

06/10/2025 La momification des morts dans l’ancienne Chine

Références

Hsiao-chun Hung https://orcid.org/0000-0001-5794-3040 hsiao-chun.hung@anu.edu.au, Zhenhua Deng https://orcid.org/0000-0002-6412-7399 zhenhuadeng@pku.edu.cn, Yiheng Liu, +19 , and Hirofumi Matsumura https://orcid.org/0000-0001-5453-7987 hiromura@sapmed.ac.jpAuthors

June 14, 2025;

hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38

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Origine

En Égypte, c’est avant tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées. La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement exhumés par les animaux du désert [1], passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux « Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux). On peut admettre que la réapparition de proches spontanément momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30 mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée. Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides) affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la conservation du corps était une des conditions indispensables pour assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la personne implique l’association indispensable d’élément matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une momie, n’a été élaborée que très lentement, très progressivement. On peut considérer que le début se situe à l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de la position contractée du corps au profit d’une position allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire, est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales, même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin. Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée, ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des progrès de la momification vient du fait qu’en principe les embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés : le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même pu assister à des régressions dans la qualité de certaines momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois classes de momification accessibles en fonction des moyens financiers des familles. La dernière classe fait appel à des moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à la quasi-total

L’élimination des organes internes

L’éviscération abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute, elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle retardait de façon importante le développement de la putréfaction. Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort, s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie (silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort … Cette incision était suivie de l’extraction de différents organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons, la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont on a retrouvé des exemplaires [2]. Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras, l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A. Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis) représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train d’officier.

D’autres techniques ont été utilisées, pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la momification ont été satisfaisants.

Après l’éviscération, la cavité abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés, puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.

Une autre technique encore, concernant les viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques, enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les momifications les plus expéditives.


La dessiccation par le natron

Le deuxième geste majeur de la momification est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron » et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait, le corps était placé sur la table de momification, semblable à nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes : l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau. Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée, introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.

06/10/2025 La momification des morts dans l’ancienne Chine

Références

Hsiao-chun Hung https://orcid.org/0000-0001-5794-3040 hsiao-chun.hung@anu.edu.au, Zhenhua Deng https://orcid.org/0000-0002-6412-7399 zhenhuadeng@pku.edu.cn, Yiheng Liu, +19 , and Hirofumi Matsumura https://orcid.org/0000-0001-5453-7987 hiromura@sapmed.ac.jpAuthors

June 14, 2025;

hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38

Significance

This finding documents smoke-dried mummification of the dead, mostly in tightly bound crouched postures, from archaeological contexts between 12,000 and 4,000 y old across a vast region encompassing Southeast Asia, southern China, and beyond. The practice continued into the ethnographic record in the New Guinea Highlands and parts of Australia. The oldest of these burials predate the mummification associated with the Chinchorro culture (7,000 cal. BP, northern Chile) and Ancient Egypt (Old Kingdom, cal. 4,500 BP). Our burial samples from Southeastern Asia highlight a remarkably enduring set of cultural beliefs and mortuary practices that persisted for over 10,000 y among hunter-gatherer communities who were related through their craniofacial attributes and genomic affinities to Indigenous New Guinea Highland and Australian populations.

Abstract

In southern China and Southeast Asia (collectively, Southeastern Asia), Terminal Pleistocene and Early to Middle Holocene (ca. 12,000 to 4,000 cal. BP) hunter-gatherer burials feature tightly crouched or squatting postures, sometimes with indications of post-mortem dismemberment. Such burials contrast strongly with the extended supine burial postures typical of subsequent Neolithic inhumations in these regions. Their contorted postures, often with traces of burning, present interpretive challenges. This study uses multiple techniques, including X-ray diffraction and Fourier-transform infrared spectroscopy, to investigate 54 pre-Neolithic burials from 11 archaeological sites located across Southeastern Asia. The findings confirm that many of these pre-Neolithic flexed and squatting burials were treated by an extended period of smoke-drying over fire, a process of mummification similar to that recorded ethnographically in some Australian and Highland New Guinea societies. Some of the analyzed archaeoll samples represent the oldest known instances of such artificial mummification in the world.

Pour en savoir plus
La momification en Egypte

S’il existe des momies dans d’assez nombreuses contrées du monde, c’est indiscutablement en Égypte que cette pratique s’est développée à grande échelle, et ce pendant plus de 3000 ans. Précisons que l’on appelle momies les corps qui ont subi un traitement conservateur propre à enrayer la putréfaction par opposition aux corps spontanément conservés à la faveur de facteurs extérieurs non intentionnels. Il reste que la frontière peut parfois être difficile à préciser et que dans l’usage courant on appelle souvent momies des corps conservés naturellement.

Le dénominateur commun des peuples « momificateurs » est leur appartenance à des zones climatiques favorisant l’apparition de momies spontanées. Ainsi, les régions désertiques ou encore certaines contrées à climat froid (Groenland, pays andins). Plus rarement, la nature chimique particulière du sol a pu contribuer à la dessiccation spontanée des corps (tourbières d’Écosse et du Danemark).

Origine

En Égypte, c’est avant tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées. La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement exhumés par les animaux du désert [1], passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux « Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux). On peut admettre que la réapparition de proches spontanément momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30 mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée. Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides) affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la conservation du corps était une des conditions indispensables pour assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la personne implique l’association indispensable d’élément matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une momie, n’a été élaborée que très lentement, très progressivement. On peut considérer que le début se situe à l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de la position contractée du corps au profit d’une position allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire, est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales, même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin. Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée, ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des progrès de la momification vient du fait qu’en principe les embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés : le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même pu assister à des régressions dans la qualité de certaines momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois classes de momification accessibles en fonction des moyens financiers des familles. La dernière classe fait appel à des moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à la quasi-total

L’élimination des organes internes

L’éviscération abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute, elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle retardait de façon importante le développement de la putréfaction. Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort, s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie (silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort … Cette incision était suivie de l’extraction de différents organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons, la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont on a retrouvé des exemplaires [2]. Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras, l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A. Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis) représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train d’officier.

D’autres techniques ont été utilisées, pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la momification ont été satisfaisants.

Après l’éviscération, la cavité abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés, puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.

Une autre technique encore, concernant les viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques, enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les momifications les plus expéditives.

La dessiccation par le natron

Le deuxième geste majeur de la momification est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron » et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait, le corps était placé sur la table de momification, semblable à nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes : l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau. Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée, introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.Références

Hsiao-chun Hung https://orcid.org/0000-0001-5794-3040 hsiao-chun.hung@anu.edu.au, Zhenhua Deng https://orcid.org/0000-0002-6412-7399 zhenhuadeng@pku.edu.cn, Yiheng Liu, +19 , and Hirofumi Matsumura https://orcid.org/0000-0001-5453-7987 hiromura@sapmed.ac.jpAuthors

June 14, 2025;

hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38

Significance

This finding documents smoke-dried mummification of the dead, mostly in tightly bound crouched postures, from archaeological contexts between 12,000 and 4,000 y old across a vast region encompassing Southeast Asia, southern China, and beyond. The practice continued into the ethnographic record in the New Guinea Highlands and parts of Australia. The oldest of these burials predate the mummification associated with the Chinchorro culture (7,000 cal. BP, northern Chile) and Ancient Egypt (Old Kingdom, cal. 4,500 BP). Our burial samples from Southeastern Asia highlight a remarkably enduring set of cultural beliefs and mortuary practices that persisted for over 10,000 y among hunter-gatherer communities who were related through their craniofacial attributes and genomic affinities to Indigenous New Guinea Highland and Australian populations.

Abstract

In southern China and Southeast Asia (collectively, Southeastern Asia), Terminal Pleistocene and Early to Middle Holocene (ca. 12,000 to 4,000 cal. BP) hunter-gatherer burials feature tightly crouched or squatting postures, sometimes with indications of post-mortem dismemberment. Such burials contrast strongly with the extended supine burial postures typical of subsequent Neolithic inhumations in these regions. Their contorted postures, often with traces of burning, present interpretive challenges. This study uses multiple techniques, including X-ray diffraction and Fourier-transform infrared spectroscopy, to investigate 54 pre-Neolithic burials from 11 archaeological sites located across Southeastern Asia. The findings confirm that many of these pre-Neolithic flexed and squatting burials were treated by an extended period of smoke-drying over fire, a process of mummification similar to that recorded ethnographically in some Australian and Highland New Guinea societies. Some of the analyzed archaeoll samples represent the oldest known instances of such artificial mummification in the world.

Pour en savoir plus


La momification en Egypte

S’il existe des momies dans d’assez nombreuses contrées du monde, c’est indiscutablement en Égypte que cette pratique s’est développée à grande échelle, et ce pendant plus de 3000 ans. Précisons que l’on appelle momies les corps qui ont subi un traitement conservateur propre à enrayer la putréfaction par opposition aux corps spontanément conservés à la faveur de facteurs extérieurs non intentionnels. Il reste que la frontière peut parfois être difficile à préciser et que dans l’usage courant on appelle souvent momies des corps conservés naturellement.

Le dénominateur commun des peuples « momificateurs » est leur appartenance à des zones climatiques favorisant l’apparition de momies spontanées. Ainsi, les régions désertiques ou encore certaines contrées à climat froid (Groenland, pays andins). Plus rarement, la nature chimique particulière du sol a pu contribuer à la dessiccation spontanée des corps (tourbières d’Écosse et du Danemark).

Origine

En Égypte, c’est avant tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées. La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement exhumés par les animaux du désert [1], passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux « Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux). On peut admettre que la réapparition de proches spontanément momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30 mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée. Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides) affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la conservation du corps était une des conditions indispensables pour assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la personne implique l’association indispensable d’élément matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une momie, n’a été élaborée que très lentement, très progressivement. On peut considérer que le début se situe à l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de la position contractée du corps au profit d’une position allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire, est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales, même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin. Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée, ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des progrès de la momification vient du fait qu’en principe les embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés : le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même pu assister à des régressions dans la qualité de certaines momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois classes de momification accessibles en fonction des moyens financiers des familles. La dernière classe fait appel à des moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à la quasi-total

L’élimination des organes internes

L’éviscération abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute, elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle retardait de façon importante le développement de la putréfaction. Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort, s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie (silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort … Cette incision était suivie de l’extraction de différents organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons, la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont on a retrouvé des exemplaires [2]. Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras, l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A. Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis) représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train d’officier.

D’autres techniques ont été utilisées, pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la momification ont été satisfaisants.

Après l’éviscération, la cavité abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés, puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.

Une autre technique encore, concernant les viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques, enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les momifications les plus expéditives.

La dessiccation par le natron

Le deuxième geste majeur de la momification est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron » et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait, le corps était placé sur la table de momification, semblable à nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes : l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau. Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée, introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.


Références

Hsiao-chun
Hung
https://orcid.org/0000-0001-5794-3040
hsiao-chun.hung@anu.edu.au,
Zhenhua
Deng
https://orcid.org/0000-0002-6412-7399
zhenhuadeng@pku.edu.cn,
Yiheng
Liu
, +19 , and Hirofumi
Matsumura
https://orcid.org/0000-0001-5453-7987
hiromura@sapmed.ac.jpAuthors


June 14, 2025;


hps://doi.org/10.1073/pnas.251510312213 6151

Vol. 122 | No. 38


Significance

This finding documents smoke-dried mummification of the dead,
mostly in tightly bound crouched postures, from archaeological
contexts between 12,000 and 4,000 y old across a vast region
encompassing Southeast Asia, southern China, and beyond. The practice
continued into the ethnographic record in the New Guinea Highlands
and parts of Australia. The oldest of these burials predate the
mummification associated with the Chinchorro culture (7,000 cal. BP,
northern Chile) and Ancient Egypt (Old Kingdom, cal. 4,500 BP). Our
burial samples from Southeastern Asia highlight a remarkably enduring
set of cultural beliefs and mortuary practices that persisted for
over 10,000 y among hunter-gatherer communities who were related
through their craniofacial attributes and genomic affinities to
Indigenous New Guinea Highland and Australian populations.

Abstract

In southern China and Southeast Asia (collectively, Southeastern
Asia), Terminal Pleistocene and Early to Middle Holocene (ca. 12,000
to 4,000 cal. BP) hunter-gatherer burials feature tightly crouched or
squatting postures, sometimes with indications of post-mortem
dismemberment. Such burials contrast strongly with the extended
supine burial postures typical of subsequent Neolithic inhumations in
these regions. Their contorted postures, often with traces of
burning, present interpretive challenges. This study uses multiple
techniques, including X-ray diffraction and Fourier-transform
infrared spectroscopy, to investigate 54 pre-Neolithic burials from
11 archaeological sites located across Southeastern Asia. The
findings confirm that many of these pre-Neolithic flexed and
squatting burials were treated by an extended period of smoke-drying
over fire, a process of mummification similar to that recorded
ethnographically in some Australian and Highland New Guinea
societies. Some of the analyzed archaeoll samples represent the
oldest known instances of such artificial mummification in the world.D

Pour en savoir plus


La momification en Egypte

S’il existe des momies dans d’assez
nombreuses contrées du monde, c’est indiscutablement en Égypte
que cette pratique s’est développée à grande échelle, et ce
pendant plus de 3000 ans. Précisons que l’on appelle momies les
corps qui ont subi un traitement conservateur propre à enrayer la
putréfaction par opposition aux corps spontanément conservés à
la faveur de facteurs extérieurs non intentionnels. Il reste que la
frontière peut parfois être difficile à préciser et que dans
l’usage courant on appelle souvent momies des corps conservés
naturellement.


Le dénominateur commun des peuples
« momificateurs » est leur appartenance à des zones
climatiques favorisant l’apparition de momies spontanées. Ainsi,
les régions désertiques ou encore certaines contrées à climat
froid (Groenland, pays andins). Plus rarement, la nature chimique
particulière du sol a pu contribuer à la dessiccation spontanée
des corps (tourbières d’Écosse et du Danemark).

Origine

En Égypte, c’est avant
tout le climat sec qui a induit l’apparition de momies spontanées.
La mise au jour de défunts spontanément momifiés, probablement
exhumés par les animaux du désert [1],
passé la frayeur que cela a pu provoquer, a sans doute fait émerger
l’idée d’une forme de survie après la mort. On ne peut dater
précisément l’époque à laquelle cette idée est apparue, sans
doute à la période prédynastique vers 3500-3100. On a en effet
retrouvé un certain nombre de momies spontanées datant de cette
période. Plusieurs sont conservées au British Museum, le fameux
« Ginger » en est un excellent exemple. Il s’agit
essentiellement de corps en position contractée, chez qui seuls
demeurent le squelette, la peau et les phanères (ongles, cheveux).
On peut admettre que la réapparition de proches spontanément
momifiés a eu un effet déterminant sur l’invention de la
momification et, par ailleurs, il est certain que ces réapparitions
ont conduit à construire des tombes plus élaborées que les fosses
sommairement recouvertes de branchages des origines. Les fosses
simplement creusées deviennent des caveaux aux parois maçonnées
de brique, puis, pour les plus riches, des mastabas, tombes à
superstructure oblongue, d’abord en briques puis en pierre. Un
puits, creusé à partir du sommet plat du mastaba, aboutissait à
un caveau souvent creusé à grande profondeur (jusqu’à 30
mètres). Dès lors, voulant soustraire le corps aux agressions des
animaux du désert, on le livrait aux vers nécrophages … Les
Égyptiens, perpétuellement aux prises avec les nuisances que leur
causait le sable, n’avaient pas compris, de prime abord, son
caractère bienfaisant dans le processus de momification spontanée.
Dans le même temps, les textes religieux (Textes des Pyramides)
affirment l’idée d’une vie après la mort, au moins pour la
personne royale. La légende d’Osiris, dieu mort et ressuscité
par son épouse Isis, prend forme, même si aux débuts de la
momification ce mythe n’est pas encore connu sous les formes qu’il
aura bien plus tard, au Moyen Empire et surtout à partir du Nouvel
Empire. Le mythe de la deuxième vie se développe, deuxième vie
conditionnée par un certain nombre de rituels dont fait partie
intégrante la momification. Dans l’esprit des Égyptiens, la
conservation du corps était une des conditions indispensables pour
assurer la deuxième vie. En effet, l’image qu’ils se font de la
personne implique l’association indispensable d’élément
matériels (le corps) et d’éléments invisibles (le souffle
vital, la conscience, la mémoire …).

À l’origine, la momification était très
imparfaite, ce qui pourrait expliquer, au moins en partie, la
confection de statues inscrites au nom du mort, ces statues étant
censées remplacer le corps au cas, le plus fréquent à ces
époques, où il n’était pas conservé.

Technique

La technique de la momification, ou plutôt
l’ensemble des gestes qui contribuent à la réalisation d’une
momie, n’a été élaborée que très lentement, très
progressivement. On peut considérer que le début se situe à
l’Ancien Empire ou un peu plus tôt. L’abandon assez rapide de
la position contractée du corps au profit d’une position
allongée, que l’on constate dès le début du iiie millénaire,
est sans doute le reflet des premières éviscérations abdominales,
même si tous les corps n’en bénéficiaient pas et de loin.
Plusieurs facteurs ont contribué à la lenteur de l’amélioration
technique. Un des plus importants est qu’à l’origine, la
momification est réservée au roi, à sa famille et à un nombre
restreint de grands personnages. Le petit nombre de momies à
confectionner, même si on tient compte de la longévité limitée,
ne nécessitait pas un grand nombre d’embaumeurs, donc limitait
l’accumulation de savoirs. Une autre cause de la lenteur des
progrès de la momification vient du fait qu’en principe les
embaumeurs ne pouvaient vérifier le résultat de leurs procédés :
le retour d’expérience n’était pratiquement pas possible. La
démarche mentale des anciens Égyptiens était fort éloignée de
celle qu’auront les Grecs avec l’invention de la méthode
expérimentale. Les seuls qui pouvaient constater l’état des
défunts étaient les pilleurs de tombe. Il est bien évident que
leurs activités, condamnées, ne les incitaient pas à révéler le
moindre détail… Tout au plus peut-on imaginer qu’à la fin de
l’Ancien Empire, lorsque les pyramides et les tombes des familles
royales ont été pillées, les embaumeurs ont eu accès à ce type
d’information. Le petit nombre d’embaumeurs et de momies
confectionnées, la lenteur des progrès expliquent qu’on a même
pu assister à des régressions dans la qualité de certaines
momies. Au total, la momification ne sera vraiment efficiente qu’au
Nouvel Empire, il aura fallu mille ans … Au cours du ier
millénaire a.C., des techniques plus simples, moins coûteuses se
développent. Hérodote, qui visite l’Égypte au ve siècle avant
notre ère, le précise bien : il existe à son époque trois
classes de momification accessibles en fonction des moyens
financiers des familles. La dernière classe fait appel à des
moyens assez sommaires mais néanmoins efficaces, ce qui permet à
la quasi-total

L’élimination des organes internes


L’éviscération
abdominale revêtait une importance essentielle : sans doute,
elle ne contribuait que peu à la dessiccation du corps, mais elle
retardait de façon importante le développement de la putréfaction.
Il est plus que probable que les embaumeurs ont imité les chasseurs
ou les bouchers qui, aussitôt l’animal mis à mort,
s’empressaient d’en retirer les viscères. Toutefois, cette
opération se heurtait certainement à une sorte de tabou : il
n’est pas anodin de porter atteinte à l’intégrité du corps
d’un défunt, surtout d’un être cher. On trouve la trace d’un
interdit concernant l’éviscération dans un texte de l’écrivain
grec Diodore qui relate que le parachiste, l’officiant chargé
d’ouvrir l’abdomen à l’aide d’une pierre d’Éthiopie
(silex), était chassé à coups de pierre par ses collègues, comme
pour le punir d’avoir attenté à l’intégrité du mort …
Cette incision était suivie de l’extraction de différents
organes : les intestins, le foie, l’estomac, et les poumons,
la rate étant parfois extraite par mégarde. Ces organes, momifiés
à part, étaient déposés dans des vases que l’on a coutume
d’appeler vases canopes. Les attaches vasculaires et péritonéales
des organes étaient tranchées à l’aide d’un instrument dont
on a retrouvé des exemplaires [2].
Le cœur, organe essentiel parce que réputé siège de la pensée
et de la vie, devait rester dans la poitrine. Si par mégarde, il
était retiré avec les poumons, on le momifiait à part et on le
remettait ensuite en place. Cette éventualité s’est produite
dans le cas du pharaon Ramsès ii. Les reins, la vessie, l’utérus
n’étaient pas retirés. Il faut observer que l’ablation du foie
et son extraction par un orifice de dimensions limitées (souvent
moins de quinze centimètres) ne devait pas être facile. De même
celle des poumons qu’il fallait chercher à bout de bras,
l’avant-bras et le coude entrés dans la cavité abdominale. On a
discuté des raisons de la position de l’incision sur le flanc
gauche qui à certains égards est plutôt mal commode. Sans doute
revêt-elle un caractère rituel comme le souligne J.C. Goyon. A.
Macke a observé une position encore plus latérale, pratiquement
postérieure de l’orifice, comme si on voulait cacher un peu plus
cet acte sacrilège. Nous l’avons personnellement observé
également dans un certain nombre de cas. S’il n’y avait pas eu
contrainte, imposant de limiter au maximum l’atteinte portée au
corps, on aurait pu effectuer une large ouverture abdominale. Par
ailleurs, la place de l’officiant par rapport à la momie semble
avoir été à la droite du corps, celui-ci étant couché sur le
dos sur la table de momification. On voit souvent le dieu Anubis (en
réalité le prêtre portant un masque à tête d’Anubis)
représenté à droite de la momie sur laquelle il est en train
d’officier.


D’autres techniques ont été utilisées,
pouvant remplacer l’éviscération abdominale classique, en
particulier celle qui consiste à effectuer l’éviscération par
la voie anale, ce qui limite l’atteinte portée à l’apparence
du corps. C’est, semble-t-il, la technique utilisée pour la
momification des princesses de la famille de Montouhotep ii (autour
de 2000 a.C.), retrouvées dans leurs tombes inviolées du complexe
funéraire du roi à Deir el-Bahari. Les résultats de la
momification ont été satisfaisants.


Après l’éviscération, la cavité
abdominale était lavée puis on y introduisait des onguents ou
encore de la résine dont les vertus antiseptiques contribuaient à
la bonne conservation du corps. À la basse époque, on a pris
l’habitude de replacer dans l’abdomen les viscères enlevés,
puis momifiés à part : on parle alors de paquets canopes.


Une autre technique encore, concernant les
viscères abdominaux, consistait à injecter un produit corrosif qui
dissolvait les intestins et qui, par ses vertus antiseptiques,
enrayait la putréfaction. Ce procédé était utilisé dans les
momifications les plus expéditives.

La dessiccation par le natron


Le deuxième geste majeur de la momification
est la dessiccation par le natron. Le natron est un mélange en
proportion variable de carbonate et de chlorure de sodium associés
à des impuretés diverses. On trouve du natron dans la partie
occidentale du delta, au Ouadi Natroun, et le long de la Piste des
Quarante Jours qui relie l’oasis de Kharga, dans le désert
occidental, au Darfour. Par une mauvaise traduction du texte
d’Hérodote, on a longtemps parlé de « bain de natron »
et, par voie de conséquence on a cherché, en vain, d’éventuelles
baignoires dans lesquelles on aurait plongé les cadavres. En fait,
le corps était placé sur la table de momification, semblable à
nos tables à autopsie, et recouvert par du natron à l’état de
cristaux. Hérodote parle de taricheuein, saler. Les
taricheutes, chargés de ce travail étaient des saleurs (le terme
grec tarichos désigne le poisson séché). La preuve de
l’usage du natron sous forme de cristaux a été apportée par
Lucas qui a momifié des rats en essayant diverses méthodes :
l’immersion des rats dans une solution de natron n’a pas permis
d’obtenir des momies alors que l’usage du natron sous forme de
cristaux recouvrant les animaux a été parfaitement opérant. Le
mode d’action du natron est multiple. D’une part, il se comporte
comme un déshydratant puissant car au terme de son action le corps
a complètement perdu son eau. En fait, si cette action est assez
comparable à celle du salage de la viande ou du poisson, le natron
a une action plus profonde qu’un simple salage : il saponifie
les graisses qui, rendues solubles, sont éliminées avec l’eau.
Enfin, le natron a un pouvoir tannant, donnant à la peau l’aspect
du cuir. Il est d’ailleurs encore utilisé à cet effet de nos
jours. Un cas particulier est celui des 60 archers de Montouhotep
ii, découverts à Deir el-Bahari, qui semblent avoir été
desséchés par le contact avec le sable.

L’éviscération crânienne

Un geste de moindre importance, qui ne semble
pas avoir été mis en œuvre avant le Nouvel Empire, est
l’éviscération crânienne. Cette technique consistait à retirer
le cerveau après avoir perforé la lame criblée de l’ethmoïde à
l’aide d’une tige de bronze à l’extrémité recourbée,
introduite dans la narine (le plus souvent gauche). L’officiant
morcelait le cerveau et l’éliminait en versant un liquide dans la
cavité crânienne. Ensuite, on introduisait dans le crâne une
certaine quantité d’un produit résineux noir, rendu liquide par
chauffage. Ce produit est bien visible sur les radiographies, sous
forme d’un niveau horizontal. Cette éviscération n’a qu’un
impact très modeste sur la conservation du corps. Il est étonnant
de constater que les Égyptiens n’ont pas réalisé l’importance
du cerveau, attribuant au cœur l’intelligence et les sentiments.



06/10/2025 L’hydrogène est- il l’avenir de l’automobile ?

L’hydrogène, souvent perçu comme un élément clé pour un futur énergétique durable, soulève des questions complexes. Si ses avantages, comme la production d’énergie propre et renouvelable, sont indéniables, les défis techniques et économiques restent nombreux. Le transport et le stockage de ce gaz léger posent des problèmes de sécurité et d’efficacité. Par ailleurs, la production d’hydrogène vert, issu de sources renouvelables, nécessite d’importants investissements et des avancées technologiques.

Les solutions pour surmonter ces obstacles commencent à émerger. Des innovations dans les procédés de production, comme l’électrolyse à haute efficacité, et les développements en matière de stockage et de transport, sont en cours.

Pour que l’hydrogène prenne une place centrale dans notre mix énergétique, une coopération internationale et des politiques publiques ambitieuses seront essentielles.

Les défis actuels de l’hydrogène dans le secteur énergétique

Le développement de l’hydrogène comme vecteur énergétique pose plusieurs défis, tant techniques qu’économiques. Actuellement, 95 % de l’hydrogène est produit à partir d’énergies fossiles, ce qui annule son intérêt pour la réduction des gaz à effet de serre. Afin de véritablement contribuer à la transition écologique, il est impératif d’investir dans des méthodes de production plus durables comme l’électrolyse de l’eau alimentée par des énergies renouvelables.

La France et l’UE ont compris ces enjeux et investissent massivement dans cette filière. Grâce au soutien de l’AFHYPAC, du Programme d’investissement d’avenir, de l’ANR, de la BPI et de l’Ademe, des projets innovants voient le jour. Le Conseil national de l’hydrogène régule ces initiatives pour garantir une transition énergétique cohérente et efficace. Ces investissements pourraient générer 100 000 emplois directs en France.

  • Stockage : L’hydrogène peut être comprimé à 700 bar ou liquéfié à -253 °C.
  • Transport : Il est transporté sous forme comprimée via un réseau de pipelines.

L’hydrogène pourrait aussi réduire la dépendance aux gaz d’importation, principalement fournies par des pays comme la Norvège, l’Algérie et la Russie. En remplaçant ces énergies par de l’hydrogène produit localement, la France et l’Europe renforceraient leur indépendance énergétique tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique.

Les solutions technologiques pour une production d’hydrogène durable

La production d’hydrogène repose sur diverses technologies. Le reformage du gaz naturel est actuellement la méthode la plus courante, bien qu’elle génère des émissions de CO2 importantes. Le recours à des technologies de captage et de stockage de ce CO2 permet de transformer cet hydrogène en hydrogène bleu, une solution à plus faible impact environnemental.

L’électrolyse de l’eau apparaît comme une alternative prometteuse. Utilisant de l’électricité pour séparer l’eau en oxygène et en hydrogène, cette méthode permet de produire de l’hydrogène vert si l’électricité provient de sources renouvelables comme énergie de fusion nucléaire ( Programme ITER) l’énergie solaire ou éolienne. Les progrès dans la fabrication et l’efficacité des électrolyseurs sont majeurs pour réduire les coûts de production.

Types d’hydrogène

  • Hydrogène vert : Produit par électrolyse utilisant des énergies renouvelables.
  • Hydrogène gris : Issu de procédés thermochimiques avec des énergies fossiles.
  • Hydrogène bleu : Similaire à l’hydrogène gris, mais avec captage du CO2.
  • Hydrogène jaune : Produit par électrolyse avec de l’électricité nucléaire.

La diversification des sources de production est essentielle pour répondre à la demande croissante d’hydrogène. Les projets comme NortH2, qui vise à produire de l’hydrogène vert en grande quantité, montrent la voie vers une industrie plus durable. Le soutien des acteurs institutionnels, tels que le ministère de la transition écologique et Bpifrance, est aussi déterminant pour accélérer ces développements.

Les applications de l’hydrogène dans la transition énergétique

L’hydrogène joue un rôle central dans la transition énergétique. Il est notamment utilisé dans les piles à combustible, qui transforment l’hydrogène en électricité avec une émission de gaz à effet de serre quasi nulle. Cette technologie est particulièrement adaptée aux secteurs du transport et de l’industrie.

Le secteur des transports voit émerger des véhicules à hydrogène, comme alternative aux moteurs diesel traditionnels. La SNCF, par exemple, investit dans le développement des TER H2, des trains régionaux fonctionnant à l’hydrogène. Ces projets visent à réduire l’empreinte carbone tout en offrant une autonomie et une performance énergétique optimales.

Dans l’industrie, l’hydrogène est utilisé comme matière première pour la production d’ammoniac et de méthanol, ainsi que dans les procédés de raffinage. Il permet aussi de décarboner des processus industriels lourds et énergivores, contribuant ainsi à la réduction des émissions de CO2.

Les collectivités locales s’intéressent aussi à l’hydrogène pour ses applications variées. Certaines municipalités intègrent des bus à hydrogène et des systèmes de chauffage urbain basés sur cette technologie. Cela permet de pallier l’intermittence des énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien, en stockant l’énergie excédentaire sous forme d’hydrogène.

L’hydrogène représente ainsi une solution prometteuse pour diversifier les sources d’énergie et réduire la dépendance aux énergies fossiles. Son utilisation croissante dans des secteurs clés montre son potentiel en tant que levier majeur de la transition énergétique.Perspectives et enjeux futurs pour l’hydrogène

La stratégie nationale bas-carbone en France met en avant l’hydrogène comme un pilier de la transition énergétique. Cette stratégie inclut des initiatives soutenues par le ministère de la Transition écologique et le ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance. L’objectif est de promouvoir la production d’hydrogène vert via des projets comme NortH2.

L’hydrogène vert, produit par électrolyse à partir d’énergies renouvelables, est essentiel pour décarboner l’économie. Le projet NortH2, par exemple, vise à produire de l’hydrogène vert à grande échelle à partir de parcs éoliens offshore. Cette initiative ambitieuse s’intègre dans un cadre européen pour créer un marché de l’hydrogène durable.

Les investissements publics et privés jouent un rôle fondamental. Des organismes comme Bpifrance, l’Agence nationale de la recherche, la Banque des Territoires et la Caisse des dépôts et consignations soutiennent le développement de la filière hydrogène par des financements ciblés. Ces investissements visent à réduire les coûts de production et à construire des infrastructures nécessaires pour une utilisation massive de l’hydrogène.

Principaux défis à surmonter

  • Réduction des coûts de production de l’hydrogène vert
  • Construction d’infrastructures de transport et de stockage
  • Adoption de normes et régulations harmonisées au niveau européen

La création d’un écosystème favorable nécessite une coordination entre les secteurs industriels, les collectivités locales et les institutions de recherche. Le Conseil national de l’hydrogène joue un rôle de régulateur pour harmoniser ces efforts et accélérer la transition vers une économie propre

05/10/2025 Apprendre à utiliser les calculateurs quantique

Dans un monde de plus en plus numérisé, l’informatique quantique se profile comme la prochaine révolution technologique susceptible de bouleverser les paradigmes actuels. Grâce à l’exploitation contre-intuitive des lois de la physique quantique, ces nouveaux ordinateurs promettent des performances de calcul sans précédent, ouvrant la voie à des avancées révolutionnaires dans des domaines aussi variés que la cryptographie, la recherche médicale ou l’intelligence artificielle. Cependant, cette technologie de pointe cache un défi de taille : la gestion des erreurs, véritable talon d’Achille de l’informatique quantique. Plongeons au cœur de cette problématique cruciale.

Lorsque le classique rencontre la quantique

À la différence des ordinateurs classiques, basés sur des bits représentés sous forme de 0 ou de 1, les ordinateurs quantiques exploitent des qubits, unités d’information pouvant exister simultanément dans plusieurs états superposés. Cette propriété quantique permet de réaliser des calculs massivement parallèles, offrant des capacités de traitement inédites. En effet, selon une étude menée par le cabinet d’analyse Tractica, les ordinateurs quantiques pourraient être jusqu’à 100 000 fois plus puissants que les superordinateurs actuels pour certaines applications spécifiques.

Mais c’est également cette fragilité intrinsèque des qubits qui constitue le principal défi à relever. “Les systèmes quantiques sont extrêmement sensibles aux moindres perturbations de leur environnement”, explique le Dr. Sylvain Bertrand, chercheur en physique quantique à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS). “Le moindre champ magnétique, la plus légère vibration ou encore le simple fait d’observer le système peuvent entraîner des erreurs dans les calculs.”

S’affranchir des erreurs, un défi de taille

Afin de concrétiser le potentiel révolutionnaire de l’informatique quantique, les chercheurs et les industriels du secteur doivent relever le défi colossal de la gestion des erreurs. Plusieurs pistes sont explorées pour y parvenir, chacune présentant ses avantages et ses limites.

L’un des axes de recherche les plus prometteurs concerne le développement de codes correcteurs d’erreurs quantiques. Selon une étude menée par le Massachusetts Institute of Technology, ces algorithmes pourraient permettre de réduire le taux d’erreur des qubits à moins de 0,01%. “L’idée est de redonder l’information quantique sur plusieurs qubits, de manière à pouvoir détecter et corriger les erreurs”, détaille le Dr. Bertrand. Inspirés des codes correcteurs classiques, ces solutions algorithmiques permettraient de protéger l’intégrité des calculs, mais au prix d’une complexité accrue et d’une réduction des performances.

Une autre approche consiste à concevoir des qubits plus robustes, moins sensibles aux perturbations de l’environnement. Les recherches se concentrent notamment sur l’utilisation de matériaux exotiques, comme les supraconducteurs ou les ions piégés, offrant une meilleure stabilité. Selon une étude publiée dans la revue Science, ces technologies pourraient permettre d’atteindre des temps de cohérence supérieurs à 10 secondes, un niveau critiqueplour la réalisation de calculs quantiques complexes. Cependant, ces solutions techniques engendrent d’autres défis technologiques, en termes de miniaturisation, de refroidissement ou d’intégration dans des architectures de calcul.

“Quelle que soit la voie empruntée, la gestion des erreurs quantiques représente un obstacle majeur qui nécessite des avancées significatives sur le plan scientifique et ingénieurial”, souligne le Dr. Bertrand. “C’est un défi complexe, mais qui conditionne l’avenir de l’informatique quantique.”

Des applications révolutionnaires, à condition de maîtriser les erreurs

Malgré ces obstacles techniques, les potentiels de l’informatique quantique restent immenses. Selon une étude réalisée par le cabinet d’analyse McKinsey, le marché mondial de l’informatique uantique pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars d’ici 2035. Une fois que les chercheurs seront parvenus à surmonter les défis liés à la gestion des erreurs, ces machines quantiques pourront ouvrir la voie à des applications révolutionnaires.

“Imaginez pouvoir déchiffrer instantanément des codes de cryptographie ultra-sécurisés, simuler avec précision le comportement de molécules complexes pour concevoir de nouveaux médicaments, ou encore résoudre en quelques secondes des problèmes mathématiques insurmontables pour les supercalculateurs classiques”, s’enthousiasme le Dr. Bertrand. “Voilà le genre de prouesses que l’informatique quantique pourrait permettre, à condition de relever le défi de la gestion des erreurs.”

En parallèle, les efforts de recherche menés sur les codes correcteurs quantiques ont d’ores et déjà des retombées dans des domaines connexes, comme la cryptographie quantique ou la téléportation quantique. Selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie atomique, le marché mondial de la cryptographie quantique pourrait ainsi atteindre 24 milliards de dollars d’ici 2028. Autant d’avancées qui, à terme, pourraient également profiter à l’informatique quantique elle-même.

Bien que les défis soient de taille, les acteurs du secteur restent confiants dans la capacité de l’informatique quantique à révolutionner de nombreux pans de notre société, de la cybersécurité à la recherche médicale en passant par la finance et l’intelligence artificielle. Selon une étude menée par le cabinet d’analyse Gartner, l’informatique quantique pourrait ainsi générer près de 450 milliards de dollars de valeur ajoutée d’ici 2035. Mais pour y parvenir, la maîtrise des erreurs quantiques demeure la clé.

“C’est un défi complexe, mais passionnant”, conclut le Dr. Bertrand. “Résoudre ce problème ouvre la voie à un avenir numérique complètement inédit, où les lois de la physique quantique repousseront les limites de ce que nous pensions possible.”

04/10/2025 Découverte d’un dinosaure à pointes , le Spicomellus.

le Spicomellus était un dinosaure herbivore de la famille des ankylosaures considéré comme l’un des plus «étranges» jamais découverts.
Il était enfermé de la tête à la queue dans une armure osseuse sophistiquée comportant des pointes d’un mètre de long sortant de son cou

Il est décrit dans une étude qui vient publiée dans la revue scientifique Nature, référencée ci-dessous.

L’animal qui a vécu il y a environ 165 millions d’années, est le plus ancien exemple d’un groupe de dinosaures cuirassés et herbivores appelés ankylosaures.
L’image que les paléontologues se faisaient de lui reposait sur un seul os trouvé au Maroc en 2019. Mais la découverte de nouveaux fossiles a permis aux scientifiques de se faire une idée plus précise de ce dinosaure inhabituelaure

Note Ankylosaurus est un genre fossile de dinosaure ornithischien herbivore de l’infra-ordre des Ankylosauria et de la famille des Ankylosauridae. Son nom signifie « lézard rigide

Longueur : 6 – 8 m (Adulte)
Poids : 4 800 – 8 000 kg (Adulte)
Hauteur: 1,7 m

Extreme armour in the world’s oldest ankylosaur

https://www.nature.com/articles/s41586-025-09453-6

Nature (2025)

Abstract

The armoured ankylosaurian dinosaurs are best known from Late Cretaceous Northern Hemisphere ecosystems, but their early evolution in the Early–Middle Jurassic is shrouded in mystery due to a poor fossil record1,2. Spicomellus afer was suggested to be the world’s oldest ankylosaur and the first from Africa, but was based on only a single partial rib from the Middle Jurassic of Morocco3. Here we describe a new, much more complete specimen that confirms the ankylosaurian affinities of Spicomellus, and demonstrates that it has uniquely elaborate dermal armour unlike that of any other vertebrate, extant or extinct. The presence of ‘handle’ vertebrae in the tail of Spicomellus indicates that it possessed a tail weapon, overturning current understanding of tail club evolution in ankylosaurs, as these structures were previously thought to have evolved only in the Early Cretaceous4. This ornate armour may have functioned for display as well as defence, and a later reduction to simpler armour with less extravagant osteoderms in Late Cretaceous taxa might indicate a shift towards a primarily defensive function, perhaps in response to increased predation pressures or a switch to combative courtship displays.

03/10/2025 L’ordinateur quantique

03/10/2026Sur le calculateur quantique

Le monde quantique est un monde ou les choses (les entittés), sont plus petites qu’un atome.A cette échelle elles ne se comportent pas de la meme façon que nous le voyons à notre échelles.

Les calculateurs quantiques ont beaucoup depotentiel, mais à quelle distance sommes nous des limites de celui-ci ?

On trouve ici une anlyse plus précise dela question

Rappelons ququ bit; l’unité de base dans le cacul quantique, peur avoir les valeurs limites de zéro et de un mais aussi une infinité de valeurs entre ces deux unités. Celles-ci peuvent se superposer ou changer à tout moment, en conséqunce de la fragilité des états quantique. On parle alors de réduction de la fonction d’ondes ou d’effondrement du paquet d’ondes. Dans ce cas, une erreur se produit dans le calcul sans avertissement Les risques d’erreurs sont aujourd’hui d’environ 1/100 . En pratique, cela rend tout calcul impossible

Mais pour amélioret le rendement d’un ordinatur quantique de mille, il est apparu plus rentable au lieu d’augmenter le rendement de chaque qubit individuel de mille, d’assembler mille de ces qu-bits non modifié avec un code de correction d’erreur efficace jusqu’à mille erreur.On nomme alors cet assessemblage de 1000 qubit un qubit logique –

A suivre. Non traduit-

Rather than make each qubit a billion times better, the agreed-upon approach is to make them about 10-100 times better, then assemble these qubits together with an error-correcting code. The individual qubits on the chip are known as physical qubits, and connecting together 100s or 1000s of physical qubits can give one logical qubit. Without improving the quality of the individual physical qubits, the error rate of the logical qubits can be reduced exponentially just by bundling more physical qubits into each one. The only catch: the physical qubit error rate must be lower than a certain threshold before the code will function at all.

A quantum computer that uses error correction to push qubit and gate errors to 0 is called fault-tolerant.

The front-runner for a quantum error-correcting code is called a surface code. The blue region in the chart is where physical qubits are good enough to form logical qubits in a surface code. After some feedback, I added a fade to the bottom of that region, since we’re not exactly sure what the threshold is (very likely between 0.1% to 1%, but it depends on what kind of errors happen).

We’re very close to this! However: If we need 100 physical qubits to make a single logical qubit, then that increases our qubit requirements by a factor of 100. And 100 is an underestimate: longer algorithm’s like Shor’s algorithm (to break RSA) likely require more than 1000 physical qubits per logical qubit.

There has been some talk about quantum computers reaching a point where they cannot be simulated classically. Quantum computers have already passed this point, since classical computers can only simulate about 40 qubits (each qubit doubles the time or memory complexity of the simulation, so even huge classical computers can’t go much higher than this).

However, once we start bundling physical qubits into logical qubits, then the number of qubits which are actually useful (the logical qubits) is much lower than the number of physical qubits. Even if we have 40,000 physical qubits, if we only get 40 logical qubits once we bundle them together for error correction, then any algorithm on those logical qubits is still within reach of classical computers.

The yellow-///-striped region of the chart is where we can’t simulate all the physical qubits, but there are so few logical (error-corrected) qubits that we can classically simulate any error-corrected algorithm.

The bottom left region is bad for quantum computers: if the gate error is 10-3, we can only run about 1000 gates on the physical qubits, probably not enough to do anything useful. But we can’t make enough logical qubits to do anything useful, either!

Once we have decent error rates (say, 10-3) then we just need to build lots of qubits and we can start doing useful things. However, the number of qubits for these fault-tolerant algorithms can be very high.

The green line shows the minimum requirements for a chemical simulation of FeMoCo, a molecule involved in producing ammonia from atmospheric nitrogen.

The red lines show the minimum requirements to run Shor’s algorithm to break RSA keys of various sizes.

What about to the left of that green line? If you had 10,000 qubits but 1 in 1000 gates caused an error (i.e., 100x more qubits and 10x less error than today), could you still do something useful? We’re not sure. There are promising approaches, mainly variational quantum algorithms, which can be more robust against noise and can use error reduction techniques with lower overheads but less benefit than full fault-tolerance. The problem with these is that there are few provable guarantees on their effectiveness. They might work really well, or they might not, and maybe we won’t even know until we can actually build a quantum machine and try them. There is a lot of research in this area, under the term “NISQ”: Noisy Intermediate Scale Quantum computers.

The green-\\\-striped region shows where we can solve some chemistry problems using quantum computers, without needing full error correction. The green dots are resource counts for some specific problems.

From this chart, here is my opinion on the prospects of quantum computing:

  1. Outside of the green striped region and to the left of the green line, quantum computers might be useless. This is a region where we cannot run any quantum algorithm which outperforms classical computers. Though, we may discover new algorithms which could run on a quantum computer in this region.
  2. We need Moore’s-law type scaling for quantum computers to ever be useful. This is a log plot. If we ever want to get to the regions on the top or the right, we need to be scaling exponentially in some dimension.
  3. There may be a sharp transition from “quantum computers are useless” to “quantum computers break RSA”. If we do get exponential scaling, then the distance we have to cover from here to the green line (the first useful application on this chart) is much farther than the distance from there to where all reasonable RSA sizes are broken.
  4. The green-striped region will probably move down.
    • First, it’s the most outside of my expertise and the most likely for a paper that I don’t know about.
    • Second, there is a lot of research in this area.
    • Third, these are exactly the kind of problems where I would expect the real-world performance of algorithms to vastly exceed the worst-case performance of a theoretical analysis. But we won’t get to see that real-world performance until the big quantum computers are built!
  5. The red lines probably won’t move much. Unlike with variational problems, we can estimate the runtime and success probability of Shor’s algorithm with known algorithms very precisely. Moreover, Shor’s algorithm is mainly just modular exponentiation, meaning that it’s about as hard for a quantum computer to use RSA as it is to break RSA. An asymptotic improvement is highly unlikely, though small algorithmic improvements and better codes will probably develop and shift the curves a bit to the left. Also, variational algorithms won’t break RSA.
  6. A big breakthrough could change this whole chart – but a big breakthrough could also break factoring classically. If someone comes up with a code much better than the surface code, then this all radically changes; if someone beats O(n2/log n) multiplication on a quantum computer, the red lines move. But these would be big innovations; we could also get a polynomial-time classical factoring algorithm. How do we decide which scientific breakthroughs are plausible, and which aren’t?
  7. Even though quantum computers are far away, you should still replace RSA and ECC. Michele Mosca pointed out the main problem: Suppose quantum computers that can break RSA-2048 are 30 years away. If it will take 10 years to standardize new cryptography, 10 years for your organization to implement it, and you need your secrets to remain safe for 12 years, then you’re already 2 years too late, since someone can record your encrypted data and break it later. Basically, it’s a race between the world’s most brilliant quantum engineers and the world’s laziest sysadmins, where the sysadmins have about a 30 year headstart.

If you want a more thorough survey of quantum computing, I recommend John Preskill’s excellent survey, where he coins the term « NISQ ».

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Quantum computers have a lot of potential, but how far are we from that potential? When will all of our RSA keys be obsolete? When will — as Microsoft hopes – quantum computers solve climate change?

I drew a quick sketch of my impressions of the field on Twitter, and Steve Weis asked for a more detailed treatment. Here is a more accurate picture of that sketch:

(Undoubtedly this chart is still incomplete. If you think some of the points on this chart should move, please send me a message and ideally a citation!)

Some terminology: A qubit is the basic unit of data in a quantum computer, and it can store a 1 or a 0 just like a classical bit, but also superpositions of those two states. A gate is an operation applied to a qubit, such as flipping a 0 to a 1, or changing the quantum phase, or XOR, etc.

To explain this chart: quantum data is very fragile. Most types of qubits today can only hold onto a quantum state for a few microseconds before they lose it – either they drift to another quantum state unpredictably, or they interact with the environment and « collapse » any superposition they had.

Not only that, any gate applied to the qubit has some chance of causing error. Today’s qubits are close to 1% gate error. Imagine if every time you sent a bit through a transistor, there was a 1% chance of flipping the bit. You could hardly perform any computation at all!

Google’s Sycamore chip, famous because it seems to be able to solve a (useless) computational problem faster than any classical computer, can only do about 20 gates in a row before being reduced to useless noise. To break RSA-2048 would require more than 2.1 billion gates in a row.

For quantum computers to be useful, we need more qubits but we also need better qubits.

Rather than make each qubit a billion times better, the agreed-upon approach is to make them about 10-100 times better, then assemble these qubits together with an error-correcting code. The individual qubits on the chip are known as physical qubits, and connecting together 100s or 1000s of physical qubits can give one logical qubit. Without improving the quality of the individual physical qubits, the error rate of the logical qubits can be reduced exponentially just by bundling more physical qubits into each one. The only catch: the physical qubit error rate must be lower than a certain threshold before the code will function at all.

A quantum computer that uses error correction to push qubit and gate errors to 0 is called fault-tolerant.

The front-runner for a quantum error-correcting code is called a surface code. The blue region in the chart is where physical qubits are good enough to form logical qubits in a surface code. After some feedback, I added a fade to the bottom of that region, since we’re not exactly sure what the threshold is (very likely between 0.1% to 1%, but it depends on what kind of errors happen).

We’re very close to this! However: If we need 100 physical qubits to make a single logical qubit, then that increases our qubit requirements by a factor of 100. And 100 is an underestimate: longer algorithm’s like Shor’s algorithm (to break RSA) likely require more than 1000 physical qubits per logical qubit.

There has been some talk about quantum computers reaching a point where they cannot be simulated classically. Quantum computers have already passed this point, since classical computers can only simulate about 40 qubits (each qubit doubles the time or memory complexity of the simulation, so even huge classical computers can’t go much higher than this).

However, once we start bundling physical qubits into logical qubits, then the number of qubits which are actually useful (the logical qubits) is much lower than the number of physical qubits. Even if we have 40,000 physical qubits, if we only get 40 logical qubits once we bundle them together for error correction, then any algorithm on those logical qubits is still within reach of classical computers.

The yellow-///-striped region of the chart is where we can’t simulate all the physical qubits, but there are so few logical (error-corrected) qubits that we can classically simulate any error-corrected algorithm.

The bottom left region is bad for quantum computers: if the gate error is 10-3, we can only run about 1000 gates on the physical qubits, probably not enough to do anything useful. But we can’t make enough logical qubits to do anything useful, either!

Once we have decent error rates (say, 10-3) then we just need to build lots of qubits and we can start doing useful things. However, the number of qubits for these fault-tolerant algorithms can be very high.

The green line shows the minimum requirements for a chemical simulation of FeMoCo, a molecule involved in producing ammonia from atmospheric nitrogen.

The red lines show the minimum requirements to run Shor’s algorithm to break RSA keys of various sizes.

What about to the left of that green line? If you had 10,000 qubits but 1 in 1000 gates caused an error (i.e., 100x more qubits and 10x less error than today), could you still do something useful? We’re not sure. There are promising approaches, mainly variational quantum algorithms, which can be more robust against noise and can use error reduction techniques with lower overheads but less benefit than full fault-tolerance. The problem with these is that there are few provable guarantees on their effectiveness. They might work really well, or they might not, and maybe we won’t even know until we can actually build a quantum machine and try them. There is a lot of research in this area, under the term “NISQ”: Noisy Intermediate Scale Quantum computers.

The green-\\\-striped region shows where we can solve some chemistry problems using quantum computers, without needing full error correction. The green dots are resource counts for some specific problems.

From this chart, here is my opinion on the prospects of quantum computing:

  1. Outside of the green striped region and to the left of the green line, quantum computers might be useless. This is a region where we cannot run any quantum algorithm which outperforms classical computers. Though, we may discover new algorithms which could run on a quantum computer in this region.
  2. We need Moore’s-law type scaling for quantum computers to ever be useful. This is a log plot. If we ever want to get to the regions on the top or the right, we need to be scaling exponentially in some dimension.
  3. There may be a sharp transition from “quantum computers are useless” to “quantum computers break RSA”. If we do get exponential scaling, then the distance we have to cover from here to the green line (the first useful application on this chart) is much farther than the distance from there to where all reasonable RSA sizes are broken.
  4. The green-striped region will probably move down.
    • First, it’s the most outside of my expertise and the most likely for a paper that I don’t know about.
    • Second, there is a lot of research in this area.
    • Third, these are exactly the kind of problems where I would expect the real-world performance of algorithms to vastly exceed the worst-case performance of a theoretical analysis. But we won’t get to see that real-world performance until the big quantum computers are built!
  5. The red lines probably won’t move much. Unlike with variational problems, we can estimate the runtime and success probability of Shor’s algorithm with known algorithms very precisely. Moreover, Shor’s algorithm is mainly just modular exponentiation, meaning that it’s about as hard for a quantum computer to use RSA as it is to break RSA. An asymptotic improvement is highly unlikely, though small algorithmic improvements and better codes will probably develop and shift the curves a bit to the left. Also, variational algorithms won’t break RSA.
  6. A big breakthrough could change this whole chart – but a big breakthrough could also break factoring classically. If someone comes up with a code much better than the surface code, then this all radically changes; if someone beats O(n2/log n) multiplication on a quantum computer, the red lines move. But these would be big innovations; we could also get a polynomial-time classical factoring algorithm. How do we decide which scientific breakthroughs are plausible, and which aren’t?
  7. Even though quantum computers are far away, you should still replace RSA and ECC. Michele Mosca pointed out the main problem: Suppose quantum computers that can break RSA-2048 are 30 years away. If it will take 10 years to standardize new cryptography, 10 years for your organization to implement it, and you need your secrets to remain safe for 12 years, then you’re already 2 years too late, since someone can record your encrypted data and break it later. Basically, it’s a race between the world’s most brilliant quantum engineers and the world’s laziest sysadmins, where the sysadmins have about a 30 year headstart.

If you want a more thorough survey of quantum computing, I recommend John Preskill’s excellent survey, where he coins the term « NISQ ».

L’impression 3D au service des calculateurs quantiques

https://europesolidaireeu.https://europesolidaireeu.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=14583&action=editwordpress.com/wp-admin/post.php?post=14583&action=edit

L’objectif est d(augment la capacité des calculateurs quantiques. Clle-ci, malgré des progèrs récents, reste insuffisante face à l’inflation des besoins.

À mesure que les ordinateurs quantiques grossissent, ils peuvent devenir vraiment utiles – l’impression 3D un composant clé de certains ordinateurs quantiques peut faciliter la construction de réseaux de qubits plus grands pour les rendre plus puissants

Actuellement, il n’y a pas de consensus sur la meilleure conception pour les ordinateurs quantiques, mais les chercheurs conviennent que pour devenir sans ambiguïté, les ordinateurs quantiques devront être agrandis. Pour ceux qui utilisent des ions comme bits quantiques ou qubits, un bloc de construction clé est appelé «piège à ions». Hartmut Häffner à l’Université de Californie à Berkeley, et ses collègues ont maintenant développé une technique d’impression 3D pour les pièges à ions miniaturisés, ce qui pourrait faciliter la combinaison de beaucoup d’entre eux en un grand ordinateur.

Le but d’un piège à ions est juste en son nom: il confine les ions en place et aide à contrôler leurs états quantiques avec des champs électromagnétiques, une condition essentielle pour l’utilisation d’ions pour exécuter les calculs.

Pour leur version, les chercheurs imprimés en 3D 3D ne faisaient que quelques centaines de microns. Dans des tests de laboratoire approfondis, ceux-ci battent des conceptions plus conventionnelles. Ils ont capturé des ions jusqu’à 10 fois plus efficacement et l’ont fait avec des temps d’attente plus courts à partir du moment où le piège est activé sur le moment où les ions peuvent être utilisés, explique Häffner. «Vous pouvez évoluer à un ordre de grandeur plus de qubits, et vous pouvez accélérer les choses», dit-il.

Le membre de l’équipe Xiaoxing Xia au Lawrence Livermore National Laboratory en Californie a déclaré que l’impression 3D est une correspondance parfaite pour le problème à accomplir, car elle peut faire de petits objets complexes avec moins de contraintes que des méthodes plus semblables à la fabrication des puces. Cela signifie que les chercheurs pourraient suivre le succès de leur minuscule piège à ions avec des conceptions plus innovantes et nouvelles. Le membre de l’équipe Shuqi Xu, également à l’Université de Californie à Berkeley, dit que certains sont déjà en préparation. «L’impression 3D vous permet de réinventer les choses dans une large mesure», explique Xia.

Les méthodes actuellement utilisées pour faire des pièges à ions «souffrent de complexité, de limitations inhérentes et parfois d’un faible rendement, de coûts élevés et d’une mauvaise reproductibilité. Il me semble que le schéma d’impression 3D pourrait éventuellement surmonter tous ces problèmes… ce qui est à son tour une prérequise clé pour l’évolutivité quantum Computing avec des ions piégés».

Xia dit que l’équipe veut maintenant intégrer des composants optiques dans leurs conceptions imprimées en 3D, telles que les lasers miniaturisés nécessaires à l’informatique quantique. Häffner ajoute que leurs minuscules pièges pourraient aider à repenser les spectromètres de masse, qui sont des outils omniprésents en chimie.

https://issues.fr/limpression-3d-pourrait-faciliter-la-fabrication-de-grands-ordinateurs-quantiques/

Référence

naturearticles

  • Article
  • Published: 03 September 2025
3D-printed micro ion trap technology for quantum information applications

Nature volume 645, pages 362–368 (2025)Cite this article

Abstract

Trapped-ion applications, such as in quantum information processing1, precision measurements2,3,4,5, optical clocks6 and mass spectrometry7, rely on specialized high-performance ion traps. The last three of these applications typically use traditional machining to customize macroscopic 3D Paul traps8, whereas quantum information processing experiments usually rely on photolithographic techniques to miniaturize the traps and meet scalability requirements9,10. Using photolithography, however, it is challenging to fabricate the complex 3D electrode structures required for optimal confinement. Here we demonstrate a high-resolution 3D printing technology based on two-photon polymerization (2PP)11 that is capable of fabricating large arrays of high-performance miniaturized 3D traps. We show that 3D-printed ion traps combine the advantages, such as strong radial confinement, of traditionally machined 3D traps with on-chip miniaturization. We trap calcium ions in 3D-printed ion traps with radial trap frequencies ranging from 2 MHz to 24 MHz. The tight confinement eases ion cooling requirements and allows us to implement high-quality Rabi oscillations with Doppler cooling only. Also, we demonstrate a two-qubit gate with a Bell-state fidelity of 0.978 ± 0.012. With 3D printing technology, the design freedom is greatly expanded without sacrificing scalability and precision, so that ion trap geometries can be optimized for higher performance and better functionality.

01/09/2025 Affaire Sarkozy (bis)

Le site europe solidaire, dont en tant que Jeau-Paul Baquiast je suis juriquement le seul responsable r, n’est pas d’inspiration commerciale. Il se borne à publier des articles relevant de la vulgarisation scientifique dont ont les thèmes lui sons souvent suggérés par ses lecteurs., souvent des scientifiques eux aussi

Il lui arrive cependant de publier des articles d’inspiration politique. Dans noss sociétés universalistes , la science et la polique sont difficiles à distinguer.

Les déclarations et décisions à portée politique que prennent dans les domaines scientifique les Présidents de la République ont une importance considérable, encore plus à l’étranger qu’en France

Dans ce domaine, les positions prises par Nicolas Sarkozy pour nier lr le réchauffement climatique avaient suscité beaucoup de questions.

Etait ce cependant une raison pour condamner aussi sévèrement l’ancien Président de la république ?

30/09/2025 Jugement Sarkozy

L’article suivant, que nous recevons pour publication de la part d’un de nos membres magistrat, résume bien l’opinion concernant ce jugement. A titre exceptionnel, nous ne publions pas ici le nom de l’auteur. Mais il est disponible pou toute personne habilitée à en connaitre.

Les médias, les politiques, et plus généralement le Peuple Français, au nom duquel sont rendues toutes les décisions de Justice, sont dans l’incompréhension à la suite du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre d’un ancien président de la République.

 Sur le fond, il convient de rappeler que M. Sarkozy était prévenus de 4 délits : la corruption passive, le financement illégal de campagne électorale, le détournement de fonds publics étrangers, et une association de malfaiteurs.

 Les 3 premiers délits ont fait l’objet d’une relaxe, le tribunal ayant considéré qu’aucun élément probatoire sérieux  n’était rapporté.

 Reste le délit d’association de malfaiteurs : il est important de mentionner que dans la pratique, ce délit est  utilisé à l’encontre des terroristes, des trafiquants de drogue et des braqueurs de banques et commerces, bref en matière de grande criminalité organisée, ce qui ne semble pas correspondre aux faits de la cause.

 Or, juridiquement, cette infraction se trouve en amont des délits commis en aval; en conséquence, dès lors que des relaxes ont été prononcées pour les 3 délits susmentionnés, le délit d’association de malfaiteurs ne peut juridiquement être caractérisé faute de supports de délits jugés constitués. 

 Le raisonnement du tribunal a étonné, le mot est faible, tous les spécialistes de droit pénal, magistrats, avocats et professeurs de droit…

 Par ailleurs, le quantum de la peine, 5ans, paraît en totale disproportion face à des faits datant de plus de 20 ans qui, de surcroît, n’ont pas été commis !

 Enfin, le prononcé de l’exécution provisoire du jugement nonobstant appel et la délivrance d’un mandat de dépôt à effet différé, dont la légalité n’est pas remise en cause, est choquant car aucun des motifs prévus par la loi n’existe en l’espèce : M. Sarkozy ne présente aucun risque de récidive ou de réitération des délits qu’il n’a pas commis, pas plus que de risques de fuite…

 Il reste à espérer que la cour d’appel de Paris infirme ce jugement qui a fait une mauvaise application du droit