Détectée dans une galaxie qui existait seulement 900 millions d’années après le Big Bang, l’étoile Earendel pourrait nous permettre d’en apprendre davantage sur une période encore méconnue de l’histoire de l’univers.
En utilisant le télescope spatial Hubble, des astronomes ont observé ce qu’ils pensent être une étoile individuelle dans une galaxie très lointaine : l’étoile la plus éloignée et la plus primordiale jamais observée.
« C’est de loin l’étoile la plus éloignée jamais vue », affirme Jane Rigby de la NASA, co-autrice de l’article qui décrit cette découverte et qui a été publié dans la revue scientifique Nature.
Voir ci-dessous référence et abstract
« Il s’agira de notre plus grande opportunité d’étudier comment était une étoile massive au début de notre univers. » L’étoile a été surnommée Earendel, d’après le nom en vieil anglais pour « étoile du matin » ou « lumière montante ». Elle ne date que de 900 millions d’années après le Big Bang. La précédente détentrice du record, surnommée Icarus, existait environ 4,3 milliards d’années après e Big Bang Cela signifie que Earendel existait peu de temps après que l’univers naissant a émergé d’une ère d’obscurité, lorsque certaines des premières galaxies étaient en plein développement.
Les scientifiques estiment qu’Earendel est au moins cinquante fois plus massive que notre Soleil, mais il se pourrait qu’il s’agisse d’une paire d’étoiles binaires plutôt que d’une seule étoile. Des observations de suivi seront effectuées par le biais du télescope spatial James Webb (JWST) de la NASA, ce qui devrait aider à confirmer si l’objet est bien une étoile, ou s’il s’agit de quelque chose de totalement différent.
The advent of the James Webb Space Telescope has revealed a wealth of new galaxies just a few hundred Myr after the Big Bang, a few of which exhibit unusual N/O ratios that are difficult to explain with stellar populations today. While Wolf–Rayet stars in multiple-burst populations, very massive or rapidly rotating primordial stars, general relativistic explosions of metal-enriched supermassive stars, or the precursors of globular clusters can in principle account for the N excess in the galaxies GN-z11 and CEERS 1019, no known stars or supernovae can explain the far higher N/O ratio of 0.46 in GS 3073 at redshift z = 5.55. Here we show that the extreme N abundances in GS 3073 can be produced by 1000–10,000 M⊙ primordial (Pop III) stars. We find that these are the only candidates that can account for its large N/O ratios and its C/O and Ne/O ratios. GS 3073 is thus the first conclusive evidence in the fossil abundance record of the existence of supermassive Pop III stars at cosmic dawn.
En résumé, le Programme Barracuda est un pilier de la stratégie navale française, alliant technologie avancée et capacités opérationnelles pour répondre aux défis contemporains en matière de défense.
Selon des chercheurs, le baiser sur la bouche se pratique non seument chez les humains, mais aussi chez les grands singes, les loups, les chiens de praitie, les ours blancs polairess et même es albatros
Leur étude suggère que ce type de baiser est apparu il y a plus de 21 millions d’années. Selon a même étude les Néandertaliens se baisiant aussi.
Ces scientifiques considère que ce type de baiser un mystère dans l’voutuion. I n’apporte pas d’avantages en matière de survie et de reproduction. Tout au contraie, en cas d’épidémie il favorise la dispersion des germes.
Ils ont défini le baiser comme un contact bouche à bouche sans transmission de nourriture. De plus ils n’ont pas été capable de reconstruie un arbre évoutionnaire concernant cette pratiquue, comme si le baiser n’avait jamais évomué après être apparu.
Dans leur étude, publié dans le journal Evolution and Human Behaviour, ils ont défini le baiser comme une ptatiquue non aggresive et non destinée à affirmer la domination d’un sexe sur l’autre. Ele serait apparu chez les grands singes et queoque rares pèces tlles que es albatros et n’a jamais évoé depuis.
Le PANG, futur porte-avions de l’armée française sera deux fois plus lourd que le Charles-de-Gaulle. En effet, pleinement équipé, le navire fera près de 80 000 tonnes, contre 42 000 pour son prédécesseur
Cela s’explique notamment par sa plus grande taille (environ 310 mètres de long – 1 017 pieds – et 85 mètres de large pour le Pang, contre 260 mètres de long – 856 pieds – et 65 mètres de large pour le Charles-de-Gaulle). Mais aussi par l’équipement à bord : deux hangars pour les avions, des ponts, deux ascenseurs d’aéronefs, des systèmes de protection renforcés, des radars et surtout de nouvelles catapultes bien plus lourdes que les précédentes.
Le plus gros navire jamais construit en Europe
Le Pang sera le plus gros porte-avions jamais construit en Europe. La France, seule puissance nucléaire de l’Union européenne, fait partie des rares pays européens à posséder un porte-avions, aux côtés du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Espagne.
Par comparaison, les deux porte-avions de la Royal Navy (HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales), qui sont actuellement les plus gros d’Europe, font environ 65 000 tonnes et mesurent 284 mètres de long. Il restera toutefois plus petit que l’USS Gerald R. Ford, le plus grand navire de guerre au monde avec ses 100 000 tonnes et 334 mètres de long.
30 avions de chasse et des drones
Le Pang pourra embarquer le même nombre d’avions de chasse que le Charles-de-Gaulle (30 avions de type Rafale Marine, NGF et UCAV) mais plus d’aéronefs supplémentaires : des hélicoptères et surtout plus de drones, ce qui augmente sa capacité opérationnelle.
« En plus des avions de combat, le Pang embarquera deux à trois avions de guet aérien et de commandement E-2D Advanced Hawkeye, ainsi que cinq à six hélicoptères, auxquels s’ajouteront plusieurs drones aériens à voilure fixe ou tournante de différents types (drones tactiques ou de contact) », relève le magazine Mer et Marine.
Nouvelles catapultes électromagnétiques
L’innovation majeure de ce porte-avions concerne surtout les technologies plus modernes à bord, notamment les nouvelles catapultes électromagnétiques et le système de propulsion nucléaire.
Comme sur les porte-avions américains, le lancement d’avions sur la Pang s’effectuera grâce à des catapultes électromagnétiques (EMALS) et non plus avec un système à vapeur comme sur le Charles-de-Gaulle. Il s’agira d’utiliser un champ électromagnétique pour accélérer un chariot linéaire sur le pont et entraîner l’avion jusqu’à la vitesse de décollage. Ce système de lancement est plus précis et modulable.
Par ailleurs, le Pang sera propulsé par deux réacteurs nucléaires de type K22. Ces réacteurs sont plus puissants et plus modernes que ceux du Charles de Gaulle, qui utilise des réacteurs K15. L’énergie produite par les réacteurs sera également convertie en électricité pour alimenter les systèmes embarqués (radars, commandes, systèmes de combat), et les catapultes électromagnétiques.
Les travaux sur les composants de propulsion nucléaire ont débuté l’an dernier, et la commande finale devra être passée dans le cadre du budget 2025.
Un coût estimé de 10 milliards d’euros
Le programme de réalisation du Pang devrait coûter environ 10,25 milliards d’euros (12 milliards de dollars). « La décision de lancer ce programme d’une ampleur considérable a été prise cette semaine », a déclaré Emmanuel Macron face aux forces armées françaises aux Émirats arabes unis, dimanche, ajoutant qu’il espérait que ce projet renforce la base industrielle française, en particulier les petites et moyennes entreprises.
Entre sa commande en 1986 et son lancement en 2001, le Charles-de-Gaulle avait à l’époque coûté 3 milliards d’euros. Même en prenant en compte l’inflation (à 2 % en moyenne en Europe depuis cette période) le Pang coûtera presque deux fois plus cher que son grand frère.
En 2023/2025, es forces armés russus parurent avois beaucoup de ma à prendre le sessus sur ll’armée ukrinienne Ceoendant es troupes de Moscou «disposent d’un avantage significatif en termes d’effectifs et d’équipement et, malgré des pertes importantes, poursuivent leurs opérations offensives», a prévevu l’état-major ukrainien.
Instruit par cetle expérience, Moscou a développé durant les deux dernières années de nouveaux types d’arment. dits de nouvelle génération C’est ainsi que l’état-major russe annonça, mi 2025, deux systèmes stratégifiques propusés pàr l’énergie nucléaire.
I s’agit du Burevestnik, missie de croire capable de traverser l’ atlantique iimitée et du Poséidon, véhicule sous-marin lui aussi à charge nucléaire de portée iimitée.
Fin octobre 2025, es dux systèmes réussirent des tests permettant de vérifier leurs capacitésI. Is les es réussirent. Il na semble pas que es autres puissances disposent à ce jour de capacités semblables. Mais celles-c n’ont d’utiité qu’an cas de guerre mondiale. Dans des théatres pus limité, tels que la pouruite de la guèrre en Ukraine, Moscou pourra les utiliser
En même temps le travail se poursuit pou mettre au point de nouveaux fuels lourds pour missies.
La participation inattendue d’un chat domestique de Floride, nommé Pepper (Poivre), à la découverte d’un orthoretrovirus infectant les animaux d’élevage, a ainsi mis en lumière le role de ces animaux en virologie.
Chats et chiens domestiques peuvent se considérés comme indispensables à la recherche scientifiques dans d’autres domaines que les rats et souris de laboratoires.
Les chercheurs de l’ Unniversity of Florida ont découvert ainsi une nouvelle variété de virus dans une musaraigne en utilisant le sens de l’odorat et d’autres sens aigus de l’observation de Pepper pour les guider dans leurs investigations.
« Les chats domestiques disposent de cles potentielles pour eclairer les mystères actuels de la virologie »
John Lednicky, viroloque responsable des recherches impliquant le chat Pepper, considère comme indispensable ces recherche comme de les étendre à d’autre animaux.
Ceci pourrait faire apparaître de nouveux schémas d’infection, protégeant ainsi au mieux dans l’avenir les animaux et les hommes.
II invite les scientifiques et les propréteurs d’animaux de compagnie à collaborer davantage.
La causalité en physique quantique remet en question les notions classiques de cause et d’effet, introduisant des concepts tels que l’intrication et la superposition, qui compliquent notre compréhension des relations causales.
Les bases de la physique quantique ont été ébranlées au début de cette année quant une équipe de chercheurs proposa une nouvelle interprétation de l’expérience dite des fentes de Young montrant que les photons se comportaient à la fois comme une onde et des particules ; pour ces chercheurs les objets quantiques présentent à la fois les caractères des ondes et ceux des particules. Ils perlent de la dualité onde-particule. Voir Fentes de Young — Wikipédia
Pensant des décennies la lumière paru en donner un bon exemple. Certaines expériences ont montré qu’elle se comportait comme si elle était composée de particules, les photons, et d’autres comme une onde. Cependant, début 2024, des chercheurs de la Federal University of São Carlos in Brazil onr proposé une version de l’expérience des fentes de Young n’impliquant que des photons.
Il est évident qu’une lumière composée parasoxalemenrt de photons sombres ne pouvait être acceptéesans discussion. Cependant en physique quantiqie, avec le concept de superposition, la chose apparut acceptable. Avec des bandes de lumière noire, il n’était plus utile de parer d’ondes de lumière.
Cependant, les chercheurs ne pouvaient accepter le concept de lumière noire sans discussuion. Ils recherchèrent d’autres explications.
Par exemple lVilas Bouas et beaucoup de ses collègues restèrent sceptiques. Ils proposèrent de expériences démontrant l’impossibilité de photons sombres. Mais celles-ci sont restées sans conclusion à ce jour
Nous pourrions ici en concle qua la physique quantique et la physicle classique sont incompatibles.
A suivre. Non traduit.
This is a notable departure from the most common view of light in quantum physics. “Many professors were saying to me: ‘You are touching one of the most fundamental things in my life, I have been teaching interference by the book since the beginning, and now you’re saying that everything that I taught is wrong’,” says Villas-Boas. He says that some of his colleagues did accept the new view. Others remained if not outright sceptical, then cautiously intrigued, as New Scientist’s reporting bore out when the study first became public.
And Villas-Boas has kept busy since, examining several new implications of photons’ dark states. For instance, his and his colleagues’ mathematical analysis revealed that thermal radiation, such as light coming from the sun or the stars, can have dark states that carry a significant portion of its energy, but as they don’t interact with other objects, that energy is, in some sense, hidden. This could be tested in experiments that place atoms in cavities where their interactions with light can be precisely monitored, says Villas-Boas.
He says that his team’s reinterpretation of interference also makes it possible to understand seemingly impossible phenomena, such as waves interfering even when they don’t directly overlap or interference between mechanical and electromagnetic waves. In either case, leaving behind the wave model in favour of bright and dark photon states opens up new possibilities. Villas-Boas can even imagine using some of these findings to build new types of light-driven switches or devices that are only transparent to certain types of light.
In his view, all this work relates to a fundamental truth about quantum physics: it is impossible to discuss quantum objects without describing how they interact with detectors and other measuring devices, including being dark. “This is not new, in my opinion. This is what quantum mechanics already says to us,” says Villas-Boas.
Depuis le retour de Trump, les universités, les scientifiques et jusqu’à l’idée même de science font l’objet d’attaques sans précédent. Une mise au pas théorisée par un courant de pensée qui prend le contre-pied de la philosophie des Lumières : les lumières obscures.
par Pierre-Yves Bocquet, publié le 17 décembre 2025
Les coups de boutoir de l’administration Trump contre la science sont devenus si fréquents que l’on finirait presque par oublier leur violence. Comme lorsque, fin septembre, le président des États-Unis déclare devant l’assemblée générale des Nations unies que le réchauffement climatique est “la plus grande arnaque jamais perpétrée dans le monde, faite par des gens stupides”. “Cela ne m’a pas surpris, même si ça ne m’a pas fait plaisir : il l’avait déjà dit”, confesse le chercheur en politique environnementale François Gemenne. Coauteur du 6e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), il fait pourtant partie des personnes “stupides” pointées du doigt par l’homme le plus puissant du monde, devant une assemblée restée silencieuse face à une telle dénégation du consensus scientifique. Un signe parmi beaucoup d’autres que nous sommes entrés dans une nouvelle ère. Celle où la science n’est plus respectée ni considérée comme l’un des fondements des sociétés modernes. “Elle est pourtant le socle sur lequel on peut débattre en démocratie : si nous ne partageons plus la même réalité, il n’y a plus de débat possible, et donc plus de démocratie, rappelle François Gemenne. Le problème des scientifiques, c’est qu’ils disent la vérité, et que la vérité est parfois déloyale : les faits ne se conforment pas aux opinions.”
Chasse aux sorcières
Dès les premiers jours de son retour à la Maison-Blanche, Trump entreprend de se désengager de l’accord de Paris sur le climat, de sabrer les budgets accordés aux universités, de nommer de nouveaux directeurs à la tête des agences de recherche et des hauts fonctionnaires dénués de toutes compétences scientifiques, d’interdire l’utilisation de certains mots dans les publications de recherche… “C’est tout le modèle des universités de recherche américaines qui estattaqué, estime Brian Sandberg, professeur d’histoire à la Northern Illinois University, l’un des rares chercheurs en poste à oser critiquer publiquement cette politique. Le gel ou la suppression des subventions a stoppé les activités de recherche sur le changement climatique, les sciences de l’environnement, les énergies renouvelables, la santé des femmes, la santé LGBTQ+, mais aussi bien d’autres domaines. Le démantèlement partiel ou quasi total de nombre d’institutions fédérales a fortement réduit leur capacité à soutenir les activités de recherche fondamentale et appliquée. Je crains que la plupart des chercheurs que je connais n’osent plus s’exprimer en raison de l’effet dissuasif des attaques actuelles.” Un climat de défiance et d’autocensure qui n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres du maccarthysme et la chasse aux sorcières : “On n’est plus très loin des arrestations arbitraires pour opinions divergentes, comme cela se fait déjà pour les chercheurs étrangers”, pointe François Gemenne.
Il y a eu le courant des Lumières au XVIIIe siècle ; il s’agit maintenant d’installer son pendant sombreArnaud Miranda, docteur en théorie politique et spécialiste des pensées réactionnaires au Cevipof
“Nous assistons en fait à la fin d’un long cycle qui avait commencé au XVIIIe siècle avec les Lumières”, estime Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, à l’Institut de relations internationales et stratégiques. La lutte contre l’irrationnel, l’arbitraire et l’obscurantisme qu’avaient théorisée les philosophes des Lumières, et sur laquelle la science a prospéré depuis, laisse désormais la place à des discours alternatifs, qui se retrouvent dans un courant de pensée dont le nom à lui seul donne la mesure de l’ambition : Dark Enlightenment, les “lumières obscures”.
Installer une autre réalité
Sous la plume d’esprits scientifiques comme Franklin, Descartes, Buffon ou Condorcet, les Lumières avaient participé à positionner la science comme une autorité émancipée de la tutelle de la religion, fondée sur la raison, l’égalitarisme et l’universalisme, au service de la connaissance et du bien commun. Les lumières obscures estiment au contraire que la science est dévoyée, qu’elle prône des contre-vérités – comme l’égalité entre les individus – et qu’elle n’est au service que d’elle-même, en pervertissant les esprits pour conforter son propre pouvoir, au détriment de l’État. “Il y a eu le courant des Lumières au XVIIIe siècle ; il s’agit maintenant d’installer son pendant sombre”, résume Arnaud Miranda, docteur en théorie politique et spécialiste des pensées réactionnaires au Cevipof.
Gourous de l’alt-right
Ce courant de pensée a pris sa source dans les années 2010, sous le clavier d’un alors obscur ingénieur informaticien californien, Curtis Yarvin. Sous le pseudo de Mencius Moldbug, il partage sur son blog une critique acerbe de l’incapacité chronique des grandes démocraties à résoudre leurs problèmes. Une diatribe aux accents volontiers ironiques, emplie de références à la pop culture geek qui finira par être repérée et mise en lumière par des gourous de l’alt-right, l’extrême droite américaine, comme Steve Bannon et surtout le philosophe britannique Nick Land.
Cet ex-professeur de l’université de Warwick, cofondateur de la Cybernetic Culture Research Unit, publie en 2012 The Dark Enlightenment, véritable manifeste fondateur des lumières obscures, en citant abondamment Moldbug, qu’il désigne comme le “seigneur Sith des néoréactionnaires”, en référence aux guerriers adeptes du côté obscur de la Force dans Star Wars.“Yarvin n’est pas un intellectuel, note Arnaud Miranda. C’est un pamphlétaire. Land, en revanche, est un vrai philosophe, qui se réclame de grands noms, en particulier français, comme Gilles Deleuze et Félix Guattari, mais dont il interprète les idées de façon assez libre.”
Ces attaques systématiques contre la science et la vérité sont révélatrices d’une politique fasciste, qui cherche à installer une autre réalitéFrançois Gemenne, chercheur en politique environnementale, coauteur du 6e rapport du GIEC
Yarvin et Land proposent de remplacer la démocratie actuelle, selon eux inefficace donc, par un régime autoritaire quasi-monarchique en mettant à la tête du pays un roi-PDG aux pouvoirs élargis, sur le modèle de Singapour, Dubaï ou Hong Kong. Un système où les hauts QI doivent régner, explique Arnaud Miranda : “Pour Yarvin, la société doit être hiérarchisée et dirigée par des élites. Mais pas celles d’aujourd’hui, sorties des universités qu’il estime corrompues au niveau des idées, car moralisées et progressistes, acquises à la cause démocrate. Pour lui, l’élite doit faire preuve d’une intelligence naturelle, reconnaissable à la maîtrise des technologies numériques et à la création d’entreprises à succès.”
La Cathédrale
Avec les médias, les universités forment ce que Yarvin appelle “la Cathédrale” ; à savoir “les institutions intellectuelles au cœur de la société moderne, tout comme l’Église était au centre de la société médiévale”, explique-t-il sur son blog. “Les universités sont vues par Yarvin et Land comme des prescriptrices de ces idées d’universalisme et d’égalitarisme, soutenues par la sphère médiatique, qui influencent négativement les élites de l’administration formées dans ces mêmes universités, détaille Arnaud Miranda. Selon lui, la Cathédrale empêche l’État de voir la réalité en face et de prendre les mesures qui s’imposent, à savoir s’extraire de la démocratie dans laquelle les élites progressistes l’ont enfermée, considérée comme un frein à la liberté et à la prospérité.” C’est ainsi que les universités, et à travers elles la science, seraient la cause de tous nos maux, et ce de façon consciente et organisée. “Yarvin avance que ces institutions n’existent pas pour servir l’intérêt général, comme elles le prétendent, mais pour endoctriner et contrôler, perpétuant ce qu’il considère comme une adhésion hypocrite à des principes d’égalité et de représentation qui, en réalité, sapent la liberté”, complète Roger Burrows, professeur à l’école d’études politiques de l’université de Bristol.
Un projet dûment théorisé
En conséquence, “puisque l’université est le cœur de l’ancien régime, il est absolument indispensable à la réussite de tout changement de régime que toutes les universités accréditées soient liquidées, tant sur le plan physique qu’économique”, écrit Yarvin. CQFD. “Trump fédère une convergence de luttes de différents courants : néoréactionnaires, mais aussi cryptofascistes, ultrareligieux, révisionnistes, libertariens… qui partagent tous un même projet : mettre en place un régime autoritaire comme l’a fait Viktor Orban en Hongrie, décrypte Romuald Sciora. Et pour ce type de régime, les universités sont toujours la première cible : plus on fait taire l’intelligence, plus on peut installer des discours alternatifs dans le but de réécrire l’histoire et le récit national d’une Amérique blanche, fière et prospère. Quitte à renier la science.” “Ces attaques systématiques contre la science et la vérité sont en fait révélatrices d’une politique fasciste, qui cherche à installer une autre réalité”, assène François Gemenne.
En tant que mouvement antirationnel, les lumières obscures retiennent les formes qui vont dans le sens de leurs idées anti-égalitaires et antidémocratiquesBenjamin Noys, professeur de théorie critique à l’université de Chichester, en Angleterre
Derrière les frasques apparemment imprévisibles de Donald Trump se cache donc un projet dûment pensé, théorisé et désormais scrupuleusement déployé, même si le président n’a jamais ouvertement prêté allégeance aux lumières obscures : “On ne peut pas le prouver, mais il y a des parallèles assez troublants entre les écrits de Yarvin et ce que l’on observe depuis le retour de Trump au pouvoir, observe Arnaud Miranda. J. D. Vance, l’actuel vice-président, a d’ailleurs déjà publiquement cité Yarvin comme une de ses références. Le maillon central dans cette affaire, c’est Peter Thiel. C’est lui qui a fait connaître Yarvin à J. D. Vance.”
Hard reset
Ce milliardaire américain et néo-zélandais, cofondateur de PayPal avec Elon Musk, a ouvertement soutenu la campagne de J. D. Vance. “Il a aussi financé celle de Michael Anton, l’influent directeur de la planification politique de Trump, qui relaie régulièrement des thèses néoréactionnaires”, reprend le chercheur. Thiel a également un temps employé l’actuel conseiller scientifique de Trump, Michael Kratsios. Et il est considéré comme le point d’entrée des lumières obscures chez les geeks de la Silicon Valley, où elles prospèrent. “La création du DOGE, un temps piloté par Elon Musk, colle en tout point avec l’idéal de Yarvin : c’est ce qu’il appelle le programme RAGE, pour “Retire All Government Employees”, licencier tous les fonctionnaires”, observe Arnaud Miranda.
Accélérationnisme
Un “hard reset”, dans le jargon geek de Yarvin, destiné à éliminer l’“État profond” dont se plaint régulièrement Donald Trump. Thiel est aussi le point de rencontre entre les lumières obscures et une autre idéologie dont il est l’un des chantres, et qui fait elle aussi fureur chez les géants de la tech : l’accélérationnisme. Un autre dogme, pas moins inquiétant à vrai dire, qui appelle à accélérer le développement de l’intelligence artificielle et l’émergence de l’humain augmenté pour sauver le monde – nous vous en parlions dans notre précédent hors-série sur le temps.
Mais au fait, comment les golden boys de la tech peuvent-ils adhérer à des attaques en règle contre la recherche, avec laquelle ils coopèrent étroitement au quotidien ? “Les lumières obscures embrassent la technologie et certaines formes de technoscience, notamment celles qui concernent la manipulation génétique, la fusion de l’humain avec la technologie et l’extension de la vie, ce qu’on pourrait regrouper sous le terme ‘eugéniste’”, décode Benjamin Noys, professeur de théorie critique à l’université de Chichester, en Angleterre. En tant que mouvement antirationnel, elles s’opposent à la science en général, mais retiennent les formes de science qui vont dans le sens de leurs idées anti-égalitaires et antidémocratiques.”
Nous assistons à un affaiblissement inquiétant des capacités scientifiques des États-UnisRomany Webb, chercheuse à la Columbia Law School
L’adhésion de J. D. Vance aux thèses des lumières obscures ne fait plus de doute depuis un discours d’une rare violence, proféré en 2021 à la tribune d’un congrès conservateur, dans lequel il désigne les universités et les professeurs comme des “ennemis” – sous les applaudissements nourris de la salle –, en reprenant presque mot pour mot les arguments de Yarvin. “L’accession de J. D. Vance à la vice-présidence des États-Unis marque un tournant majeur et inquiétant dans la politique américaine, reflétant la banalisation des lumières obscures”, insiste Roger Burrows. La tendance était déjà sensible lors du premier mandat du milliardaire, entre 2017 et 2021, mais à un degré bien moindre. “Sous Trump 1, il y avait encore une forme de respect pour les institutions. Tout a basculé depuis l’attaque du Capitole”, estime François Gemenne. “Trump s’est radicalisé dans l’opposition entre ses deux mandats”, abonde Romuald Sciora. “Pendant le premier mandat, il y avait eu des assauts contre la science, notamment pendant l’épidémie de Covid – on se rappelle que Trump préconisait à l’époque de se soigner à l’eau de Javel –, mais l’administration n’était pas totalement loyale”, confirme William Genieys, chercheur spécialiste des États-Unis au Centre d’études européennes et de politiques comparées. “Cette fois-ci, les attaques de l’administration Trump contre la science ont déjà été bien plus étendues et plus néfastes que celles survenues lors du premier mandat, confirme Romany Webb, chercheuse à la Columbia Law School, qui a mis en place depuis fin 2016 un recensement scrupuleux de ces assauts. Je pense que nous assistons déjà à un affaiblissement inquiétant des capacités scientifiques des États-Unis. Les effets sont extrêmement profonds et se feront sentir pendant de nombreuses années. Il est difficile d’imaginer à quel point la situation est grave.”
Une déferlante
Yasmine Belkaid, directrice générale de l’Institut Pasteur, s’inquiétait mi-octobre au micro de RTL : “Les États-Unis ont pendant longtemps investi énormément dans la recherche. Aujourd’hui, on a un gouvernement qui passe des messages faux aux populations en inventant des associations entre vaccination et autisme sans aucune preuve scientifique. C’est un cauchemar, car ces gens ont une influence non seulement aux États-Unis, mais sur le monde.” Et dès le mois de mars, alors que la déferlante n’en était qu’à ses débuts, l’Académie des sciences française s’alarmait : “La suppression des contributions américaines aux organisations météorologiques et de santémondiale risque d’avoir des répercussions dramatiques, notamment sur la surveillance des maladies émergentes et des phénomènes climatiques extrêmes.” “Sans compter que beaucoup de recherches à l’international reposent sur les États-Unis”, ajoute Romuald Sciora.
Des pans entiers qui s’effondrent
Reste à savoir jusqu’où cette guerre va aller. Dans son projet de budget 2026 présenté en avril, l’administration Trump a proposé une nouvelle baisse drastique d’environ 30 % des crédits fédéraux destinés à la recherche, provoquant un tollé dans les cercles scientifiques. “Ne vous y trompez pas : si le Congrès adopte le budget du président, les conséquences pour l’avenir de notre nation seront catastrophiques. Les États-Unis ne participeront plus à la course mondiale pour le leadership en matière de recherche – ils l’auront perdue”, réagissait dans un communiqué publié dans la foulée, le 2 mai, l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS), l’organisation à but non lucratif qui édite la prestigieuse revue Science.
Incroyable docilité
Il semble que l’appel ait été en partie entendu, nous confie Erin Heath, la directrice des relations avec le gouvernement fédéral de l’AAAS : “Une forte mobilisation a conduit le Congrès américain à rejeter cette proposition de budget et à rédiger des projets de loi de crédits plus favorables à l’entreprise scientifique. Le Sénat a, par exemple, recommandé un financement stable pour la National Science Foundation et une augmentation de 400 millions de dollars pour les National Institutes of Health. En revanche, les domaines de l’énergie propre et des sciences du climat ont subi des coupes disproportionnées, et les sciences sociales ont également été touchées. Mais les batailles budgétaires pour l’exercice fiscal 2026 sont encore en cours.” Un accord budgétaire a été trouvé mi-novembre pour mettre fin au shutdown [la paralysie des activités fédérales tant que le budget n’est pas voté] jusqu’au 30 janvier, sans certitudes sur les orientations du reste de l’année. “Le problème, c’est qu’en attendant, l’administration Trump en a profité pour faire tomber des pans entiers de certaines agences”, observe William Genieys.
L’idéologie trumpienne se répand déjà à travers le monde. Il est à craindre que la défiance envers la science aille en grandissantRomuald Sciora , directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis, à l’Institut de relations internationales et stratégiques
Reste une ultime inconnue : la capacité de réaction du monde académique, jusqu’ici quasiment inexistante. À quelques exceptions près comme Yale, Princeton ou Harvard, peu d’institutions ont osé faire front face aux attaques du gouvernement. “Je suis assez surpris de la facilité avec laquelle tout cela se déploie, et de la docilité de certaines universités”, souffle François Gemenne. “Il est assez incroyable de voir que des universités comme Columbia, dont certains départements ont été mis sous tutelle fédérale, se soient couchées, s’étonne aussi Romuald Sciora, de nationalité franco-américaine. Même Orban n’a pas osé faire ça en Hongrie. Harvard essaie bien de résister, mais jusqu’à quand pourra-t-elle se passer des subventions fédérales ?” “Est-ce que ces attaques en règle contre l’université vont entraîner une réaction ? s’interroge Arnaud Miranda. Pour l’instant, force est de constater que c’est l’apathie.” Pour Brian Sandberg, l’idéologie des lumières sombres suscite peu de réactions parce qu’elle bénéficie d’un écho plutôt favorable dans une société de plus en plus méfiante vis-à-vis de la science : “Les positions antivaccins et antiscience, qui rejettent jusqu’aux notions mêmes de santé publique et de savoir académique, semblent être devenues courantes depuis la pandémie de Covid-19, par l’entremise des réseaux sociaux et des médias extrémistes qui les amplifient.”
L’Europe n’est pas à l’abri
“L’idéologie trumpienne se répand déjà à travers le monde, prévient Romuald Sciora. Avec le Dark Enlightenment, il est à craindre que la défiance envers la science aille en grandissant. Le trumpisme est comme un cancer agressif : il y aura peut-être des périodes de rémission, mais on ne reviendra pas en arrière.” “Ça ne va pas s’arrêter avec Trump, estime lui aussi François Gemenne. Et l’Europe n’est pas à l’abri : partout, les discours se radicalisent.” La plus grande des démocraties serait-elle en passe de faire basculer le monde sous le règne des lumières obscures ? “Il y a plus de lumière et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul”, s’émerveillait au début du XIXe siècle le Français Alexis de Tocqueville, béat d’admiration devant une démocratie américaine alors naissante, directement inspirée des Lumières. C’était il y a deux siècles.
Tout le monde y a cru, les industriels, les états, l’Union européenne. C’était l’énergie verte par excellence, le nouveau pétrole ! Sauf qu’aujourd’hui tout s’arrête. Trop cher, trop instable, avec un mauvais rendement… l’emblème du développement durable est une impasse.
par Aline Nippert, publié le 24 décembre 2025
À Vendôme, en juillet dernier, sur une photo de La Nouvelle République, deux tractopelles s’activent entre des débris de chantier. Sur cette zone désormais déserte, il était prévu que l’entreprise Elogen installe une “méga-usine” de production d’électrolyseurs – des machines qui permettent de transformer des molécules d’eau en gaz hydrogène par le biais d’un courant électrique.
Mais l’industriel a finalement annoncé “suspendre” le projet au début de l’année 2025. En cause : l’absence de commandes et des difficultés financières. Même constat du côté de McPhy, lui aussi censé massifier la fabrication d’électrolyseurs près de Belfort : l’ex-“champion français de l’hydrogène”vend une partie de ses actifs après avoir cédé une partie de ses actifs à son concurrent belge John Cockerill.
Une trahison
Au niveau des sites de production d’hydrogène, sur les quinze projets en lice pour bénéficier de subventions européennes, la moitié ont finalement retiré leur dossier de candidature. Et ce n’est guère mieux à l’autre bout de la chaîne : Renault, le constructeur de bus Safra, Airbus, Alstom, jusqu’à ArcelorMittal, censé recevoir 850 millions d’euros de subventions pour installer des équipements de production d’acier à partir d’hydrogène bas carbone. Tous les programmes sont annulés ou “mis en pause”. Même le pionnier Stellantis, qui produit des utilitaires légers à hydrogène dans le Nord, s’arrete : “une trahison” pour Philippe Boucly, président de France Hydrogène, lobby de la filière française.
C’était prévisible, il n’y a plus grand monde pour croire à une économie hydrogène
Étienne Beeker, ancien conseiller scientifique chez France Stratégie
Énergie “propre”, “de demain”, voire “nouveau pétrole” ou “carburant éternel”, l’hydrogène avait été érigé en héros de la décarbonation, il incarnait le rêve de résoudre le problème du réchauffement climatique pour les transports et l’industrie. Sur la base de deux atouts majeurs : ce gaz composé de molécules à deux atomes d’hydrogène est riche en énergie, donc théoriquement utilisable comme combustible. Et il est dépourvu d’atomes de carbone, contrairement aux combustibles fossiles. Ainsi, brûler un kilo d’H2 libère trois fois plus d’énergie qu’un kilo d’essence, tout en générant seulement de l’eau. Il suffirait donc de le produire sans dégager de carbone – par électrolyse de l’eau à partir d’éoliennes ou de panneaux solaires –, pour bénéficier d’un vecteur d’énergie qui préserve la planète de la surchauffe.
Dans les années 2000, Jeremy Rifkin, influent essayiste américain, envisageait carrément de mettre en place des systèmes hydrogène au pied de chaque bâtiment de manière à “stocker” l’électricité sous forme gazeuse et compenser ainsi les variations de puissance inhérentes à la production d’électricité solaire et éolienne. Il vend alors le rêve hydrogène, au fondement de sa “troisième révolution industrielle”, sous forme de “master plan” à des collectivités, comme la région Nord-Pas-de-Calais en 2012, pour la somme de 350 000 euros.
Trop ambitieux
De retour en 2025, force est de constater que les territoires ne carburent toujours pas à l’hydrogène, au contraire. Montpellier vient de renoncer à l’acquisition de bus à hydrogène au profit de l’électrique ; Dijon abandonne l’idée de convertir l’ensemble de ses bus et bennes à ordures ; l’Ile-de-France revient sur l’ambition de déployer massivement la technologie dans la région ; Lyon lâche l’hydrogène pour la liaison vers le Val de Saône. “Je ne conseille pas aux collègues de s’engager dans le domaine de la mobilité hydrogène à court terme, sauf s’ils cherchent à apprendre à maîtriser la technologie”, témoigne Cyrille Moreau, vice-président de la métropole Rouen Normandie.
Celle-ci a engagé quelque 20 millions d’euros pour acheter des bus à hydrogène, une station-service alimentée par un électrolyseur et des panneaux solaires. Les 14 bus (sur une flotte de 400) ayant à eux seuls coûté 11,2 millions, soit « deux fois plus que des bus 100 % électriques et quatre fois plus que des bus thermiques ». Et faute d’hydrogène renouvelable disponible (l’électrolyseur acheté par la métropole n’est pas prêt), ces bus sont ravitaillés avec de l’hydrogène fossile, sans aucun bénéfice donc d’un point de vue climatique.
Objectif : neutralité carbone
Pour les industriels, les collectivités, le principal problème de l’hydrogène bas carbone, c’est son coût. Outre les investissements initiaux, le gaz produit à partir d’électricité renouvelable reste en effet deux à cinq fois plus cher que le gaz hydrogène issu de ressources fossiles. “On a oublié de se demander si le client était en mesure de payer”, analyse Philippe Boucly. “C’était prévisible ! réagit étienne Beeker, ancien conseiller scientifique chez France Stratégie, auteur d’une note d’analyse critique sur l’hydrogène dès 2014. Je pense qu’il n’y a désormais plus grand monde pour croire à l’émergence d’une économie hydrogène dans les conditions actuelles.”
Et pourtant, il y a encore cinq ans, c’était le grand emballement. En juillet 2020, cinq mois à peine après le début de la pandémie de Covid, la Commission européenne fixe un cap appelé “Stratégie hydrogène pour atteindre la neutralité climatique”. Dès juin 2020, l’Allemagne établissait sa vision stratégique, requérant 9 milliards d’euros d’investissements publics. “Elle a été pionnière en travaillant dès 2011 à son plan Energiewende après l’accident de Fukushima, avec pour but de stocker l’énergie renouvelable”, r
La France publie sa stratégie dans la précipitation, en septembre de la même année, laquelle devait être dotée de 9 milliards d’euros sur dix ans. L’Espagne et le Portugal suivent, les financements publics promis à la filière s’élevant alors à au moins 7 milliards d’euros. En tout, ce sont près de 56 milliards d’argent public qui sont promis au secteur par l’Union européenne et les États membres. Au-delà, selon l’AIE, l’Agence internationale de l’énergie, 65 pays dans le monde se sont dotés d’une stratégie, contre à peine une dizaine avant 2020.