23/06/2023 Ce que l’on nomme l’espèce humaine

Une espèce primitive d’hominidés appartenant au genre humain, dite homo naledi, a été découverte en 2013 en Afrique du Sud, dans un système de caves interconnectées dit Rising Star. Deux de celles-ci comportaient un sol couverts de nombreux fragments de fossiles. Après étude par l’anthropologue Lee Berger de la National Geographic Society à Washington,, il est apparu que ces derniers appartenaient à une nouvelle espèce d’hominiens, qui fut nommé homo naledi.

Ils étaient de la taille d’un chimpanzé, environ 1m40, mais faisaient montre de comportements complexes jusqu’ici attribués aux seuls néanderthaliens et sapiens. L’ancètre commun de ceux-ci et de l’homo naledi datait sans doute d’1 million d’années. Une étude plus détaillée de ces fossiles a montré que ces homos vivaient relativement récemment, entre 335 et 240 ans bp. Ils auraient pu rencontrer des sapiens.

Par la suite, il a été découvert que ces hominiens enterraient leurs morts, savaient maîtriser le feu à usage interne et disposaient d’une ensemble de signes géométriques gravés dans le rocher correspondant à une écriture.

Pour en savoir plus

Evidence for deliberate burial of the dead by Homo naledi
https://www.biorxiv.org/content/10.1101/2023.06.01.543127v1

Abstract

Recent excavations in the Rising Star Cave System of South Africa have revealed burials of the extinct hominin species Homo naledi. A combination of geological and anatomical evidence shows that hominins dug holes that disrupted the subsurface stratigraphy and interred the remains of H. naledi individuals, resulting in at least two discrete features within the Dinaledi Chamber and the Hill Antechamber. These are the most ancient interments yet recorded in the hominin record, earlier than evidence of Homo sapiens interments by at least 100,000 years. These interments along with other evidence suggest that diverse mortuary practices may have been conducted by H. naledi within the cave system. These discoveries show that mortuary practices were not limited to H. sapiens or other hominins with large brain sizes.

Plus généralement, voir aussi
http://acces.ens-lyon.fr/biotic/evolut/homme/html/lignhom.htm#:~:text=Le%20genre%20Homo%20se%20d%C3%A9finit,bip%C3%A9die%20quasi%20exclusive….

22/06/2023 A quand un intercepteur endo-atmosphérique européen ?

Il serait urgent pour les pays européens de se doter de systèmes de défense dits intercepteurs endo-atmosphériques. Ils devront être capables de traiter un large éventail de menaces : missiles balistiques manœuvrant de portée intermédiaire, missiles de croisières hypersoniques ou haut-supersoniques, planeurs hypersoniques, missiles antinavires, de même que les cibles plus classiques comme les avions de combat de nouvelle génération. Ces intercepteurs devront s’intégrer aux systèmes terrestres et navals existants et futurs.

La guerre actuelle menée par la Russie en Ukraine montre que ce pays dispose depuis deux ans déjà de tels intercepteurs.

La défense antimissile connaît actuellement des évolutions fondamentales. Longtemps orientée vers l’interception de menaces en provenance des États proliférants, elle s’est avant tout focalisée sur le développement d’intercepteurs exo-atmosphériques devant permettre l’engagement de systèmes longue portée (MRBM, IRBM). Le choix d’une logique d’interception exo-atmosphérique visait également à limiter les conséquences de la destruction d’engins potentiellement associés à des armes de destruction massive, en traitant les cibles à des altitudes et à des portées élevées.

La complexité et le coût de développement des technologies d’interception exo-atmosphérique ont confiné leur développement aux États-Unis, les États européens préférant se concentrer sur le développement et l’acquisition de systèmes d’interception terminaux bas endo-atmosphériques de défense de point ou de zone. Bien qu’un savoir technique et industriel certain existe en Europe, et notamment en France ou en Allemagne, les pays européens tardent cependant à développer une capacité d’interception couvrant l’ensemble du spectre endo-atmosphérique .

Or, cet investissement est essentiel, aujourd’hui davantage qu’hier. En effet, depuis une vingtaine d’années, la maturation des technologies de guidage et de pilotage, l’évolution des technologies de propulsion et la transformation des architectures ISR  autour de plates-formes et de capteurs plus légers et performants ont conduit à une mutation de la menace, plus particulièrement sur les portées courtes et moyennes (300 à 2 500 km), qui deviennent progressivement les portées opérationnelles de la plupart des théâtres d’opération.

Sur ces distances, les systèmes balistiques de frappe dans la profondeur tendent désormais systématiquement à exploiter la manœuvrabilité, situant dorénavant la menace plus spécifiquement dans le champ endo-atmosphérique, mais dans une dimension différente de celle expérimentée jusqu’à nos jours. En effet, l’accroissement très notable de la vélocité et de la manœuvrabilité des systèmes actuellement en développement ne permet plus de traiter la menace par la seule modernisation des capteurs et des architectures ainsi que par la valorisation d’effecteurs existants, mais impose de concevoir de nouvelles familles d’effecteurs, exploitant des technologies innovantes, au niveau des propulsions mais aussi des capteurs terminaux, des matériaux, des algorithmes ou encore de l’intelligence artificielle.

Pour répondre à ces ambitions l’Europe dispose de plusieurs entreprises.

La plus importante est MBDA. Il s’agit d’une société industrielle du secteur aéronautique et spatial et de l’industrie de l’armement, leader européen dans la conception de missiles et de systèmes de missiles. C’est une filiale commune d’Airbus (37,5 %), de BAE Systems (37,5 %) et de Leonardo (25 %), issue de la fusion de Matra BAe Dynamics, d’Aérospatiale Matra Missiles et d’Alenia Marconi Systems.

MBDA emploie environ 12 000 personnes réparties entre la France (5 440 personnes), le Royaume-Uni (4 030 personnes), l’Italie (1 400 personnes), l’Allemagne (1 260 personnes), l’Espagne (20 personnes) et les États-Unis (50 personnes).

En 2018, la société a annoncé un chiffre d’affaires de 3,2 milliards d’euros avec un portefeuille de 17,4 milliards d’euros et une prise de commande de 4 milliards d’euros ; c’est le deuxième du marché mondial des missiles derrière la division missile de Raytheon (4,2 milliards)4 et devant celles de Lockheed Martin (2,3 milliards) et Rafael Advanced Defense Systems (500 millions).

En 2021, son chiffre d’affaires est de 4,2 milliards d’euros et son résultat net de 344 millions d’euros. MBDA FRANCE est active depuis 1990. Établie au PLESSIS-ROBINSON (92350), elle est spécialisée dans le secteur d’activité Fabrication d’armes et de munitions.

Dans le même domaine, on citera en premier lieu le Groupe belge Sonaca.
Sonaca is one of the world leaders in development, manufacturing, assembly and detailed parts supply within the aeronautical sector. Its core competencies are spread within civil, military and space markets. Lastly its 3,500 employees work from 6 different countries to serve major OEMs and super tier-ones.

Divergences européennes

On apprend qu’en avril 2023 la Commission européenne a décidé de financer une seconde étude sur un projet d’intercepteur endo-atmosphérique qui concurrencera le projet HYDEF espagnol auquel participe la Sonaca.

La Commission européenne a décidé, en toute discrétion, de lancer une seconde étude de concept sur un projet d’intercepteur endo-atmosphérique (la couche haute de l’atmosphère). Elle sera confiée à un consortium franco-germano-italien, un projet qui doublonneavec le projet HYDEF espagnol, qui associe aussi la société belge Sonaca, selon plusieurs sources européennes.

Cette décision est incluse, fort discrètement, dans le programme thématique du Fonds européen pour la défense (FEDef) pour 2023, qui vient d’être adopté. Mais l’exécutif européen s’est bien gardé de la mettre en avant. Un peu gêné sans doute de devoir revenir sur l’attribution de l’appel d’offres 2021, selon le site spécialisé Bruxelles2 (B2), qui confirme ainsi des informations du Spiegel et de la revue italienne RID.

Qui décide en Europe? Il est surprenant de voir les incohérences dans l’industrie de la défense européenne en ce qui concerne le défi de contrer les menaces hypersoniques. La décision de la Cour de justice de l’Union européenne de soutenir la proposition de MBDA, HYDIS, et de critiquer le processus d’évaluation de la Commission européenne est significative. Ce jugement remet non seulement MBDA sur les rails, mais souligne également l’importance d’une évaluation équitable et approfondie dans des questions aussi cruciales.

Le projet HYDIS, avec son financement de 80 millions d’euros et la participation de quatre pays européens ainsi que de nombreux partenaires et sous-traitants, témoigne d’un effort collaboratif pour faire face à la menace hypersonique. En exploitant l’expérience acquise avec l’intercepteur Aquila, le consortium vise à développer un système de défense robuste contre les missiles hypersoniques.

Il est intéressant de noter qu’un autre projet, EU HYDEF, avait déjà été lancé avec une coordination (surprenante) de la part de la société espagnole SENER Aeroespacial. Avec deux projets distincts en cours, il reste à voir s’ils convergeront à l’avenir ou si l’un sera préféré.

La course pour contrer les menaces hypersoniques est une étape essentielle pour renforcer les capacités de défense européennes. Au fur et à mesure de l’avancement de ces projets, il est crucial que les pays et les organisations participantes favorisent une communication ouverte et un partage des connaissances afin d’assurer le résultat le plus efficace et le plus efficient possible. La collaboration et la coordination seront essentielles pour protéger avec succès les États européens et les citoyens de l’évolution des menaces hypersoniques.

Pour en savoir plus sur les projets européens, voir

https://www.frstrategie.org/publications/recherches-et-documents/futur-intercepteur-endo-atmospherique-quelles-menaces-quelles-technologies-2019



21/06/2023 La cosmologie à la recherche d’une nouvelle particule, l’axion

Notre Univers se compose de matière dite « ordinaire » qui va constituer tout ce qui nous entoure comme les atomes de notre corps, les étoiles ou les planètes. Afin d’expliquer certaines observations du cosmos, il existerait une autre matière, appelée matière noire, car elle ne rayonne pas dans l’Univers, ne réfléchit ni n’émet la lumière (n’interagit pas avec la force électromagnétique).

On la nomme matière noire (ou matière sombre), traduction de l’anglais dark matter, une forme de matière hypothétique, apparemment indétectable, d’ou ce nom de noire invoquée pour rendre compte d’effets inattendus, notamment au sujet de la forme des galaxies. Celles-ci, si elles n’étaient constituées que de matière ordinaire, se seraient tres vite dispersées faute d’une masse gravitationnelle suffisante.

Différentes hypothèses ont été émises et explorées sur la composition de cette hypothétique matière noire : gaz divers, étoiles mortes, naines brunes , trous noirs, etc. Cependant, le manque d’observations directes) impliquerait plutôt une nature non-baryonique (non constituée d’atomes), et donc encore inconnue, encore que l’on soupçonne fortement des super-partenaires tels que le neutralino et autres particules exotiques telle . Ces particules exotiques sont regroupées sous le nom générique de WIMP, acronyme de l’anglais Weakly interacting massive particles.

La matière noire aurait une abondance au moins cinq fois plus importante que la matière baryonique, pour constituer de 83 % à 90 % de la densité totale de l’Univers observable, selon les modèles de formation et d’évolution des galaxies, ainsi que les modèles cosmologiques.


Or, dans une nouvelle étude, des chercheurs ont établi une théorie novatrice qui pourrait éclairer sur la nature insaisissable de la matière noire et la structure de l’Univers à grande échelle, dite grumeleuse. Ils suggèrent que des axions, des particules ultra-légères, pourraient être leur liant. Si cette hypothèse se révélait fondée, elle permettrait de résoudre l’énigme de la matière noire et de la structure de l’Univers. Ce pourrait donc être l’une des découvertes les plus significatives de ce siècle.

Publiée dans le Journal of Cosmology and Astroparticle Physics, l’étude, menée à l’Université de Toronto, suggère que la « problématique des grumeaux » – la distribution inattendue de la matière à travers l’Univers, en amas de galaxies et galaxies- est liée à la présence d’axions. Selon l’auteur principal de l’étude, Keir Rogers, trouver de la matière noire sous forme d’axions serait une véritable révolution scientifique.
.
Les axions, décrits comme « flous » en mécanique quantique, peuvent avoir des longueurs d’onde plus grandes que des galaxies  entières. Cette particularité influence la formation et la distribution de la matière noire, et pourrait expliquer pourquoi l’Univers est moins grumeleux que prévu.

Pour cette étude, l’équipe de recherche a analysé des  observations du  Fond diffus cosmologique (CMB), obtenues à partir de diverses sources. Ils ont ensuite comparé ces données avec celles du Baryon Oscillation Spectroscopic Survey (BOSS), qui cartographie la position d’environ un million de galaxies dans l’Univers proche.

L’analyse des fluctuations de la quantité de matière à travers l’Univers a confirmé sa répartition moins grumeleuse que prévue. Des simulations informatiques ont prédit l’apparence de la lumière rémanente et la distribution des galaxies dans un Univers avec des axions. Ces calculs coïncident avec les données du CMB et les données de regroupement des galaxies, soutenant l’idée que les axions « flous » pourraient être à l’origine de l’aspect grumeleux.

Note.
Dans la formation de l’Univers, la gravité construit une structure vaste et en forme de toile d’araignée de filaments reliant les galaxies et les amas de galaxies le long de ponts invisibles de centaines de millions d’années-lumière de long. On appelle cela le réseau cosmique.

Pour Keir Rogers, l’un des auteurs de l’étude, la détection d’une particule d’axion floue pourrait donner des indices sur la justesse de la théorie des cordes, qui a dominé la recherche d’une théorie du tout au cours des dernières décennies. Nous ne saurions ici aborder cette dernière question. Quant à la détection d’une particule d’axion floue, à supposer qu’elle soit possible, il faudra attendre un peu.

Référence

Journal of Cosmology and Astroparticle Physics

Ultra-light axions and the S8 tension: joint constraints from the cosmic microwave background and galaxy clustering
https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1475-7516/2023/06/023

Published 14 June 2023 
The Author(s)Keir K. Rogers, Renée Hložek, Alex Laguë, Mikhail M. Ivanov, Oliver H.E.Philcox, GiovanniCabass, Kazuyuki Akitsu5 and David J.E. Marsh

Abstract

We search for ultra-light axions as dark matter (DM) and dark energy particle candidates, for axion masses 10-32 eV ≤ ma ≤ 10-24 eV, by a joint analysis of cosmic microwave background (CMB) and galaxy clustering data — and consider if axions can resolve the tension in inferred values of the matter clustering parameter S8. We give legacy constraints from Planck 2018 CMB data, improving 2015 limits on the axion density Ωah2 by up to a factor of three; CMB data from the Atacama Cosmology Telescope and the South Pole Telescope marginally weaken Planck bounds at ma = 10-25 eV, owing to lower (and theoretically-consistent) gravitational lensing signals. We jointly infer, from Planck CMB and full-shape galaxy power spectrum and bispectrum data from the Baryon Oscillation Spectroscopic Survey (BOSS), that axions are, today, < 10% of the DM for ma ≤ 10-26 eV and < 1% for 10-30 eV ≤ ma ≤ 10-28 eV. BOSS data strengthen limits, in particular at higher ma by probing high-wavenumber modes (k < 0.4h Mpc-1). BOSS alone finds a preference for axions at 2.7σ, for ma = 10-26 eV, but Planck disfavours this result. Nonetheless, axions in a window 10-28 eV ≤ ma ≤ 10-25 eV can improve consistency between CMB and galaxy clustering data, e.g., reducing the S8 discrepancy from 2.7σ to 1.6σ, since these axions suppress structure growth at the 8h-1 Mpc scales to which S8 is sensitive. We expect improved constraints with upcoming high-resolution CMB and galaxy lensing and future galaxy clustering data, where we will further assess if axions can restore cosmic concordance.

21/06/2023 Fonctionnement du cerveau. Une découverte importante

Le cortex cérébral est la couche la plus externe du cerveau et c’est le plus grand site d’intégration neuronale du système nerveux central (il comporte entre 14 et 16 milliards de neurones). Il joue un rôle clé dans de nombreuses fonctions cognitives complexes, telles que l’attention, la perception, la conscience, la pensée, la mémoire, le langage et la conscience. Les signaux cérébraux découverts par les chercheurs se propagent dans tout le cortex et s’avèrent omniprésents, tant au repos que dans les tâches cognitives.

La plupart des recherches en neurosciences se focalisent sur les connexions et les interactions entre les neurones pour comprendre le fonctionnement du cerveau. Mais de plus en plus de scientifiques étudient des processus cérébraux plus vastes pour tenter de percer ses mystères. « L’activité à grande échelle du cerveau humain présente des schémas riches et complexes, mais la dynamique spatio-temporelle de ces schémas et leurs rôles fonctionnels dans la cognition restent peu clairs », expliquent les chercheurs dans Nature Human Behaviour.

Pour la suite voir
https://trustmyscience.com/decouverte-signaux-cerebraux-spirale-jette-nouvelle-lumiere-activite-cerebrale/

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Interacting spiral wave patterns underlie complex brain behaviour

Nature Human Behaviour (2023)
Published: 15 June 2023

Abstract

The large-scale activity of the human brain exhibits rich and complex patterns, but the spatiotemporal dynamics of these patterns and their functional roles in cognition remain unclear. Here by characterizing moment-by-moment fluctuations of human cortical functional magnetic resonance imaging signals, we show that spiral-like, rotational wave patterns (brain spirals) are widespread during both resting and cognitive task states. These brain spirals propagate across the cortex while rotating around their phase singularity centres, giving rise to spatiotemporal activity dynamics with non-stationary features. The properties of these brain spirals, such as their rotational directions and locations, are task relevant and can be used to classify different cognitive tasks. We also demonstrate that multiple, interacting brain spirals are involved in coordinating the correlated activations and de-activations of distributed functional regions; this mechanism enables flexible reconfiguration of task-driven activity flow between bottom-up and top-down directions during cognitive processing. Our findings suggest that brain spirals organize complex spatiotemporal dynamics of the human brain and have functional correlates to cognitive processing.

19/06/2023. Un embryon humain synthétique

Le terme de synthétique ne doit pas être confondu avec celui d’artificiel. Il signifie dans le cas évoqué ici que ce sont des éléments provenant d’un organisme humain qui ont été prélevés et ré- assemblés dans l’équivalent plus sophistiqué d’un tube a essai pour reconstituer des éléments d’embryon humain

Rappelons par ailleurs que chez l’espèce humaine le stade embryonnaire commence à la fécondation et dure huit semaines. Le stade fœtal va de la 10e semaine de grossesse jusqu’à la naissance.

Ces précisions permettent de relativiser la portée d’une information que publie le Dailymail du 19 juin 2023, référencée in fine. Selon l’article, des chercheurs du Gurdon Institute de l’Université de Cambridge (UK) ont réussi à créer un modèle d’embryon humain doté de battements de cœur et de traces de sang, ceci afin d’étudier les événements marquant les premières semaines de vie. Mais il ne s’agit pas selon eux d’amorcer la réalisation d’un fœtus humain synthétique.

Ce modèle synthétique a été réalisé à partir de cellules-souches humaines, mais sans faire appel à des œufs et du sperme pour réaliser une fertilisation. Il s’agit d’une réplique des cellules qui apparaissent dans la 3e et la 4e semaine de la grossesse , mais dépourvues de la capacité de développement en fœtus.

Par ailleurs, en dépit des pulsations sanguines équivalentes à ce que seront plus tard les battements de cœur, la structure n’a pas les éléments nécessaire à la création d’un placenta et d’une vésicule ombilicale tels qu’ils apparaissent dans un embryon naturel.

Dans celui-ci les cellules cardiaques apparaissent généralement le 23e jour après la fécondation et les globules rouges dans le mois.

Référence

https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-12208967/Scientists-create-model-human-embryo-heartbeat.html

Gurden Institute
https://www.gurdon.cam.ac.uk/

18/06/2022 Contrôler des robots par la pensée

Chez les humains comme chez la plupart des animaux supérieurs capables de marcher au sens propre, c’est une aire spécialisée du cerveau qui transmet aux nerfs moteurs prenant leur origine dans l’épine dorsale les commandes nécessaires à la marche. Si, notamment à la suite d’un accident tel qu’ un accident de la route, cette transmission est rompue, la victime se retrouve incapable d’utiliser ses jambes pour marcher.

Des chercheurs de l’Institut Fédéral Suisse de Technologie ont eu l’idée de remplacer la liaison détruite cerveau-épine dorsale par ce qu’ils ont nommé une Brain Spine Interface (BRI) numérique. Celle-ci consiste en deux implants en forme de disque de 5 cm de diamètre greffés à la surface du cerveau et envoyant des messages informatiques provenant d’un petit calculateur porté dans un sac à dos. Ce dispositif communique sans fil (par radio) en cas de marche en utilisant un casque porté sur la tête du sujet.

Ce dernier a l’impression de commander des mouvements de marche par la pensée d’une façon globale, sans qu’il ait besoin de commander de façon coordonnée chacun des nerfs et muscles impliqués dans la marche.

L’équipe envisage maintenant d’utiliser ce dispositif pour un contrôle du bras et la main dans le cas d’une paralysie du membre supérieur . La réalisation sera plus difficile compte-tenu de la complexité de celui-ci.

Ainsi la perspective d’un robot entièrement commandé par la pensée d’un humain se rapproche peu à peu. Elle sera indispensable pour une exploration spatiale approfondie

Reference

Walking naturally after spinal cord injury using a brain–spine interface

Nature  volume618,  pages 126–133 (2023)

Abstract

A spinal cord injury interrupts the communication between the brain and the region of the spinal cord that produces walking, leading to paralysis. Here, we restored this communication with a digital bridge between the brain and spinal cord that enabled an individual with chronic tetraplegia to stand and walk naturally in community settings. This brain–spine interface (BSI) consists of fully implanted recording and stimulation systems that establish a direct link between cortical signals and the analogue modulation of epidural electrical stimulation targeting the spinal cord regions involved in the production of walking. A highly reliable BSI is calibrated within a few minutes. This reliability has remained stable over one year, including during independent use at home. The participant reports that the BSI enables natural control over the movements of his legs to stand, walk, climb stairs and even traverse complex terrains. Moreover, neurorehabilitation supported by the BSI improved neurological recovery. The participant regained the ability to walk with crutches overground even when the BSI was switched off. This digital bridge establishes a framework to restore natural control of movement after paralysis.



17/06/2023. Comment disparaitront les ecdysozoaires marins…

Des sociétés minières ont commencé à draguer des aires sous-marines de l’océan Pacifique situées à des profondeurs de – 4.000 m afin d’en remonter des nodules de manganèse, de nickel et de chrome qui s’y trouvent en grande quantités. Il s’agit de la zone dite Clarion- Clipperton (CCZ) d’une superficie équivalente à deux fois celle de l’Inde.

Une première étude faite à la hâte a montré que cette opération mettra en danger, voire fera disparaître plus de 5.000 espèces marines dont 92% jusqu’ici inconnues. Cette étude a été conduite par une équipe du Natural History Museum de Londres sous la direction de Muriel Rabone. Parmi ces espèces, six seulement avaient été étudiées jusqu’alors, dont un concombre de mer, un nématode et une éponge carnivore.

Les nématodes, ou vers ronds et effilés, constituent un embranchement de vers non segmentés. Classés parmi les ecdysozoaires, ils sont recouverts d’une épaisse cuticule. Ils représentent une part très importante de la diversité biologique sur terre et constituent, en nombre d’individus, les 4/5 du règne animal.  Leur présence dans les mers est bien moins étudiée.

Muriel Rabone qui a suivi ces dragages estiment que 6 à 8.000 espèces encore inconnues se trouvent dans la zone Clarion-Clipperton. Elles risquent de rester inconnues indéfiniment.

Pour en savoir plus

Current Biology
https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(23)00534-1?

Summary
The global surge in demand for metals such as cobalt and nickel has created unprecedented interest in deep-sea habitats with mineral resources. The largest area of activity is a 6 million km2 region known as the Clarion-Clipperton Zone (CCZ) in the central and eastern Pacific, regulated by the International Seabed Authority (ISA). Baseline biodiversity knowledge of the region is crucial to effective management of environmental impact from potential deep-sea mining activities, but until recently this has been almost completely lacking. The rapid growth in taxonomic outputs and data availability for the region over the last decade has allowed us to conduct the first comprehensive synthesis of CCZ benthic metazoan biodiversity for all faunal size classes. Here we present the CCZ Checklist, a biodiversity inventory of benthic metazoa vital to future assessments of environmental impacts. An estimated 92% of species identified from the CCZ are new to science (436 named species from a total of 5,578 recorded). This is likely to be an overestimate owing to synonyms in the data but is supported by analysis of recent taxonomic studies suggesting that 88% of species sampled in the region are undescribed. Species richness estimators place total CCZ metazoan benthic diversity at 6,233 (+/−82 SE) species for Chao1, and 7,620 (+/−132 SE) species for Chao2, most likely representing lower bounds of diversity in the region. Although uncertainty in estimates is high, regional syntheses become increasingly possible as comparable datasets accumulate. These will be vital to understanding ecological processes and risks of biodiversity loss.

17/06/2023 Quel lanceur succédera à Ariane 6 ?

Le lanceur Ariane 6 de l’Agence spatiale européenne doit remplacer la fusée Ariane 5 à compter de 2023. Les études sur la prochaine génération de lanceur ont été lancées avant même le premier vol d’Ariane 6. L’objectif prioritaire de cette nouvelle fusée est de diviser le cout de lancement par deux par rapport à Ariane 6 avec des modalités de lancement simplifiées et plus souples.

Après six décennies de largesse, l’astronautique s’oriente désormais vers des lanceurs en grande partie réutilisables. Il suffira après usage de les nettoyer, de les recharger en carburant et de les coiffer d’une nouvelle charge utile avant de les refaire décoller. En dépit des défis techniques qu’implique cette option du recyclage, les économies sont telles qu’elle déclasse en termes de coûts l’ancienne méthode – celle des fusées à usage unique.

Viendra ensuite dans un premier temps Thémis .

Themis est conçu par ArianeWorks (CNES/ArianeGroup) pour préfigurer le premier étage du futur lanceur Ariane Next qui succédera à Ariane 6. Une phase initiale de développement et d’essai a été engagée sous contrat de l’ESA en 2020.

Themis mesurera 30 mètres de haut pour 3,5 mètres de diamètre et sera équipé de 3 moteurs Prometheus développés par ArianeGroup pour l’ESA. La construction de ces moteurs se fera notamment en impression 3D et leur propulsion sera le couple d’ergols oxygène/méthane.

Le programme vise des objectifs économiques et technologiques, mais aussi environnementaux. S’intégrant à une stratégie d’écoconception de la filière Ariane, Themis doit valider des solutions de réduction de l’empreinte environnementale pour les prochaines générations de lanceurs, par exemple par l’utilisation de méthane biosourcé localement en Guyane comme carburant.

À Kourou, l’ensemble de lancement du lanceur Diamant désaffecté depuis 1975 reprendra du service en accueillant les essais de Callisto en 2024 puis de Themis en 2025. Themis s’appuie sur le développement du véhicule expérimental Callisto,plus petit, conçu en coopération entre le CNES, le DLR et la JAXA japonaise

Ariane Next .

Ce nom de code désigne la future fusée de l’Agence spatiale européenne développée par ArianeGroup. Ce lanceur partiellement réutilisable devrait succéder à Ariane 6 à compter de la décennie 2030. L’objectif du nouveau lanceur est de diviser les coûts de lancement par deux par rapport à Ariane 6. L’architecture privilégiée est celle de la fusée Falcon 9  de Space X soit un premier étage réutilisable atterrissant verticalement, un moteur commun aux deux étages. Le carburant sera un mélange de méthane et d’oxygène liquide. Les premiers démonstrateurs technologiques sont en cours de développement.

L’architecture proposée pour Ariane Next reprend la formule mise au point par SpaceX avec son lanceur Falcon 9 : un premier étage réutilisable qui, après s’être séparé du deuxième étage, revient se poser sur Terre à la verticale.

Cet étage utilisera plusieurs moteurs-fusées à ergols liquides : le prototype de ceux-ci est le démonstrateur Prometheus, en cours de développement, qui brûle un mélange de méthane et d’oxygène liquide. Le méthane liquide est moins énergétique que l’hydrogène liquide utilisé par le moteur Vulcain d’Ariane 6, mais il peut être stocké à des températures plus élevées (-161°C contre -253°C pour l’hydrogène), ce qui permet d’alléger et de simplifier le réservoir et les circuits d’alimentation et d’éviter la fragilisation par l’hydrogène ; sa densité est bien plus élevée que celle de l’hydrogène (420 kg/m3 contre 70 kg/m3), ce qui permet de diminuer la taille du réservoir et de ne nécessiter qu’une seule turbopompe au lieu de deux (commune à celle de l’oxygène liquide).

En parallèle, dans l’optique de réaliser un lanceur réutilisable, il faudra emporter plus de carburant pour freiner, se stabiliser et se diriger en vue de l’atterrissage (environ 30 % d’ergols supplémentaires). Le lanceur utiliserait sept ou neuf moteurs de ce type pour le premier étage et un moteur unique pour le second étage. L’objectif est de diviser par deux les coûts de lancement comparé à ceux d’ Ariane 6.

Désormais, la première jambe de Themis, confiée à une entreprise suisse, s’est envolée de Payerne pour subir des tests aérodynamiques en France, au terme desquels elle sera expédiée en Laponie suédoise, avec ses trois sœurs jumelles qui seront livrées en mai. Le premier «hop-test» (saut de puce d’essai d’une centaine de mètres de haut) de Themis et de ses pieds suisses aura lieu au printemps 2024.

La suite du programme se déroulera à Kourou, en Guyane française. Il s’agira de passer d’une petite fusée de démonstration à un engin capable de mettre des satellites sur orbite. L’enjeu n’est rien de moins que de développer un successeur au nouveau lanceur conventionnel Ariane 6, dont le premier vol est prévu cette année. Ce lanceur réutilisable, dont le nom de code actuel est Ariane Next, devrait entrer en service vers 2035. Il devrait permettre de diviser par deux les coûts de lancement.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ariane_Next

Note

Projet intermédiaire Prometheus

Le projet s’étend de 2019 à 2025 avec comme dates importantes :

  • 2019 : approbation par le conseil ministériel de l’ESA
  • 2020 – 2021 : essais de remplissage et de mise au point des opérations
  • 2022 : premiers moteurs Prometheus et essais à feu
  • 2023 – 2024 : vols verticaux à basse altitude à Kiruna (Suède)
  • 2025 : profils de vol d’un premier étage à 60 km depuis Kourou (Guyane)
  • Après 2025 : ajout de nouvelles technologies, domaine de vol étendu (Kourou)

16/06/2023. Que fera l’Ukraine des F-16 américains ?

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué la « décision historique » du président américain de fournir des F-16 Fighting Falcon à l’Ukraine. Il a précisé que cela « renforcerait considérablement notre armée dans le ciel ». Qu’en sera-t-il exactement ?

Depuis que la Russie a envahi son pays en février 2022, Zelensky a plaidé pour l’obtention d’avions de combat occidentaux, mais les États-Unis se sont toujours montrés réticents. Ils ont longtemps affirmé qu’ils n’enverraient pas les chasseurs parce que cela risquait de trop irriter la Russie et que des avions à réaction n’étaient pas nécessaires à l’effort de guerre de l’Ukraine.

Pourtant, les États-Unis avaient les mêmes préoccupations concernant les craintes d’escalade russe lors de la livraison d’autres catégories d’armes, comme l’obusier M777, les lance-roquettes HIMAR, les systèmes de défense aérienne Patriot et les chars M1A1. La Russie a protesté après l’introduction de chacun d’entre eux, mais n’a pas pris d’autres mesures.

Comme on pouvait s’y attendre, la Russie a mis en garde samedi contre les « risques colossaux » encourus par les États-Unis en cas d’envoi de F-16, sans toutefois préciser de quels risques il s’agissait. Selon toute probabilité, les Russes n’intensifieront pas la guerre simplement en raison de la présence de F-16 aux mains des Ukrainiens.

Sur le fond, la volte-face de l’administration Biden sur ce point soulève de nombreuses questions, dont la principale est de savoir dans quelle mesure ces avions peuvent aider l’Ukraine à gagner sa guerre. Tout d’abord, il faudra beaucoup de temps pour former correctement les pilotes et les équipes de maintenance ukrainiens afin qu’ils soient en mesure de faire voler les chasseurs au combat et de les maintenir en état de navigabilité. En février, le sous-secrétaire à la Défense Colin Kahl a déclaré qu’il faudrait entre 18 et 24 mois pour former les pilotes et les équipes de maintenance, acheminer les cellules et les livrer sur place.

Une évaluation de l’US Air Force qui avait fait l’objet d’une fuite laisse entendre que le temps de formation pourrait être de quatre mois seulement. Si cela était vrai cela permettrait aux pilotes d’acquérir une capacité minimale pour piloter les jets, mais ils seraient loin d’être compétents en matière de combat aérien. Le processus visant à rendre aptes au vol les avions reçus, puis à les livrer avec l’ensemble des fournitures d’entretien, des pièces de rechange et des munitions, s’étendra probablement jusqu’en 2024.

Par ailleurs, si le F-16 est comme la Rafale français le meilleur avion de combat de quatrième génération au monde, son efficacité première repose sur le fait qu’il n’est qu’un des élément d’un système intégré de commandement et de contrôle de la gestion de la bataille, composé de capteurs. Si l’avion est capable de fonctionner seul, il est beaucoup moins performant sans moyens d’acquisition supplémentaires, tels que l’AWACS E-3 Sentry, avion-radar volant à distance du front et assistant les pilotes de chasse pour analyser la situation tactique et les menaces. À ce jour, il n’a pas été question de fournir de telles capacités à l’Ukraine.

De plus, le F-16 n’est pas un avion furtif. Il a été livré pour la première fois à l’Air Force en 1979 et il est vulnérable aux défenses aériennes russes, telles que les systèmes de défense aérienne S-300 et S-400. L’une des raisons pour lesquelles l’armée de l’Air ukrainienne a joué un rôle si minime dans cette guerre est son incapacité à neutraliser les réseaux de défense aérienne russes. Bien que le F-16 soit plus performant que les MiG-29 utilisés par les Ukrainiens, il reste vulnérable aux attaques de ceux-ci.

Enfin, la question se pose de savoir qui fournira les avions. Si Washington veut autoriser l’utilisation de F-16 produits aux États-Unis malgré les inconvénients, c’est un choix qu’il peut faire. Mais ce sont d’autres nations riches, comme celles d’Europe, qui devraient fournir les cellules, et non les États-Unis.

D’un point de vue tactique, il ne fait aucun doute que le F-16 est une excellente plate-forme aérienne et qu’il constituera une amélioration par rapport aux chasseurs ukrainiens existants. Mais il n’y a aucune raison de s’attendre grâce à eux à un changement radical de la situation de Kiev dans la guerre actuelle. Les 40 à 50 avions à réaction supplémentaires que l’Ukraine demande ne changeraient pas fondamentalement le cours de celle-ci.

NB. Merci à Les crises dont les contributions ont été précieuses