04/12/2022 Découverte d’une exoplanète dans la zone habitable de son soleil

Grâce à l’observatoire spatial Kepler, des astronomes ont découvert la plus petite planète naviguant dans la zone habitable d’une étoile semblable au Soleil.

Il s’agit de l’exoplanète nommée Kepler 22-b Elle est 2,4 fois plus grande que la Terre, donc de taille voisine.

Kepler 22-b tourne en 290 jours autour de Kepler 22, une étoile de type solaire située à 600 années-lumière. Son orbite la place donc dans la zone habitable, c’est-à-dire la région autour d’une étoile où le climat d’une planète peut permettre à l’eau de couler en surface.

Dès que de l’eau liquide (et non gelée) se trouve à la surface d’une planète, on peut espérer trouver sur cette planète des formes de vie comparables à celles que l’on trouve sur la Terre. Ceci signifie en principe y trouver aussi bien des virus que des animaux de grande taille, et pourquoi pas des êtres intelligents capables d’y édifier des civilisations comparables à celles développées par l’humanité sur la Terre.

Ciel et espace donne sur son site les précisions suivantes :
https://www.cieletespace.fr/actualites/decouverte-une-neptune-dans-la-zone-habitable-d-un-soleil

Neptune ou planète océan ?

À l’heure actuelle, l’équipe n’a pas encore observé la planète par la méthode des vitesses radiales — où l’on étudie le balancement que la planète occasionne sur son étoile. Dès lors, elle ne connaît pas sa masse, ni donc sa densité.

Mais si son rayon est 2,4 fois celui de la Terre, il y a très peu de chance pour qu’elle soit rocheuse. Les modèles indiquent en effet que si sa masse est faible (1 ou 2 masses terrestres), il s’agit d’une planète gazeuse. Si elle est plus massive (5 à 10 masses terrestres), nous avons affaire à une planète océan, c’est-à-dire une planète contenant tellement d’eau qu’elle est entièrement couverte d’un océan de plusieurs dizaines de kilomètres d’épaisseur.

Des milliers de planètes potentielles

Kepler 22-b n’est donc pas beaucoup plus semblable à la Terre que ne l’est Gliese 581d. Quelque 5 fois plus massive que notre planète, Gliese 581d navigue dans la zone habitable d’une naine rouge, une étoile plus froide que notre Soleil.

Kepler chasse les planètes par la méthode des transits. Le satellite de la Nasa capte l’infime baisse de luminosité que provoque le passage d’une planète devant son étoile. À ce jour, l’équipe responsable annonce avoir décelé 2326 candidats. Parmi ces planètes, qui restent encore à confirmer, on compterait 207 Terres, 680 Super Terres, 1181 Neptune, 203 Jupiter et 55 planètes plus massives que Jupiter.

48 d’entre elles, dont Kepler 22-b, navigueraient dans la zone habitable de leur étoile. Ce sont elles que le réseau de télescopes Allen (ATA, Allen Telescope Array), situé en Californie et dédié au programme SETI de recherche d’intelligence extraterrestre, va pointer en priorité
ATA avait été mis en mode « hibernation » depuis avril 2011, faute de financement. Un soutien du public et de l’US Air Force a permis de le remettre en service le 5 décembre.

Référence

A Neptune-mass exoplanet in close orbit around a very low-mass star challenges formation models

20 authors
SCIENCE
30 Nov 2023
Vol 382, Issue 6674 pp. 1031-1035
DOI: 10.1126/science.abo023

Editor’s summary

Planets form in protoplanetary disks of gas and dust around young stars that are undergoing their own formation process. The amount of material in the disk determines how big the planets can grow. Stefánsson et al. observed a nearby low-mass star using near-infrared spectroscopy. They detected Doppler shifts due to an orbiting exoplanet of at least 13 Earth masses, which is almost the mass of Neptune. Theoretical models do not predict the formation of such a massive planet around a low-mass star (see the Perspective by Masset). The authors used simulations to show that its presence could be explained if the protoplanetary disk were 10 times more massive than expected for the host star. —Keith T. Smith

Abstract

Theories of planet formation predict that low-mass stars should rarely host exoplanets with masses exceeding that of Neptune. We used radial velocity observations to detect a Neptune-mass exoplanet orbiting LHS 3154, a star that is nine times less massive than the Sun. The exoplanet’s orbital period is 3.7 days, and its minimum mass is 13.2 Earth masses. We used simulations to show that the high planet-to-star mass ratio (>3.5 × 10−4) is not an expected outcome of either the core accretion or gravitational instability theories of planet formation. In the core-accretion simulations, we show that close-in Neptune-mass planets are only formed if the dust mass of the protoplanetary disk is an order of magnitude greater than typically observed around very low-mass stars

03/12/2023 Astral Systems veut réaliser de mini-réacteurs à fusion

La start-up britannique Astral Systems compte réaliser de mini-réacteurs à fusion nucléaire capables de produire le plus tôt possible des isotopes radioactifs pour le traitement des cancers ou l’imagerie médicale.

C’est un des objectifs du projet international ITER, mais Astral Systems ne souhaite pas attendre encore des années avant qu’ITER ne devienne opérationnel.

Rappelons que l »isotope d’un élément chimique donné a le même nombre de protons dans son noyau atomique mais un nombre différent de neutrons. Ceci lui confère des propriétés chimiques presque équivalentes mais des propriétés physiques différentes. Ainsi les isotopes de l’hydrogène H sont le protium (1H) avec zéro neutron, le deuterium (2H) avec 1 neutron, le tritium (3H) avec 2 neutrons.

Par ailleurs, un radionucléide (contraction de radioactivité et de nucléide) est un nucléide radioactif, c’est-à-dire qui est instable et peut donc se décomposer en émettant un rayonnement. Un radioisotope (contraction de radioactivité et d’isotope) est un isotope radioactif (parce que son noyau est un radionucléide).

On réalise l’isotope radioactif d’un élément donné en l’isolant et l’irradiant c’est-dire en le soumettant à une source de radioactivité qu’il relâche ensuite progressivement . C’est cette radioactivité qui semble avoir un effet thérapeutique sur certains cancers. L’isotope radioactif peut également servir de traceur en imagerie médicale pour aider à mieux localiser certains éléments du corps soumis à traitement.

Malheureusement les isotopes radioactifs sont coûteux à obtenir, nécessitent actuellement des centrales à fission toutes en voir de fermeture au Royaume Uni et ne sont actifs que pendant quelques heures.

L’objectif de Astral est de réaliser de petits réacteurs à fusion, beaucoup plus faciles à concevoir et mettre en œuvre que Iter. Ceux-ci seraient installés dans les pays où existe une forte demande d’isotopes radioactifs.

Astral Systems
voir https://uk.linkedin.com/company/astralsystems

03/12/2023 L’antibiorésistance. Le cas de Mycoplasma genitalium

Le terme d’antibiorésistance désigne un phénomène de plus en plus répandu, la résistance aux antibiotiques qui caractérise de plus en plus de microbes, virus, champignons et pathogènes divers

https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/antimicrobial-resistance

Un cas de plus en plus évoqué aujourd’hui est celui de Mycoplama genitalium, responsable d’écoulements génitaux, d’urétrite et de syndrome pelvien douloureux. Cette infection sexuellement transmissible peut se compliquer d’épididymite et d’infertilité chez la femme. Elle concernerait 1 à 2 % des adultes et jusqu’à 40 % des personnes ayant déjà consulté pour une IST.

La British Association of Sexual Health and HIV (BASHH) vient de publier des recommandations de prise en charge de l’infection génitale par Mycoplasma genitalium

Voir aussi

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3612323/#:~:text=%2Fpear%2Dlike.-,M.,therefore%2C%20lacks%20cell%20surface%20markers.

Responsable d’écoulements génitaux, d’urétrite et de syndrome pelvien douloureux, cette IST infection sexuellement transmissible (IST) peut se compliquer d’épididymite et d’infertilité chez la femme. Elle concernerait 1 à 2 % des adultes et jusqu’à 40 % des personnes ayant déjà consulté pour une IST.
 
Les experts de la BASHH  (British Association of Sexual Health and HIV) recommandent une recherche systématique de Mycoplasma genitalium et un antibiogramme chez les hommes présentant une urétrite non gonococcique, ainsi que chez les femmes présentant un syndrome inflammatoire pelvien.
 
En termes de traitement, les recommandations de la BASHH sont de ne traiter que les patients symptomatiques. Dans ce cas, un traitement antibiotique doit être instauré chez ces patients et leurs partenaires sexuels (même en l’absence de symptômes chez ces derniers).
 
Même si la prévalence de la résistance de Mycoplasma genitalium à la doxycycline ou à l’azithromycine a récemment augmenté en Europe, ces deux antibiotiques restent la base du traitement de cette infection.

La BASHH propose également deux protocoles de traitement selon le profil d’antibiorésistance du micro-organisme ou après un éventuel échec de l’azithromycine. La moxifloxacine est l’antibiotique de choix lors d’un échec de l’azithromycine.

En cas de doute, consulter d’urgence un médecin ou un organisme hospitalier

02/12/2023 La vie artificielle ou (synthétique) devient une réalité

Des chercheurs ont crée une variété de levure (yeast) dans laquelle la moitié des 16 chromosomes sont synthétiques (artificiels). Ceci est considéré comme un grand pas en avant vers la réalisation d’une cellule complexe dotée d’un génome entièrement synthétique. En anticipant fortement il est possible de penser que la réalisation d’un être vivant complexe entièrement synthétique n’est qu’une question de temps…et pourquoi pas un humain ?

Dans l’immédiat Joef Bocke de New York University Langone Health estime que cette réalisation constituera une excellente plateforme pour fabriquer des produits utiles à l ‘humanité. Son équipe a déjà réalisé des virus et des bactéries avec des génomes entièrement artificiels, mais dans le cas des levures qui sont des êtres vivants bien plus complexes, il s’agit d’une première.

Aujourd’hui, le premier objectif est de déboguer, c’est-à-dire enlever les défauts de fabrication, des génomes artificiels, afin d’obtenir des êtres aussi efficaces que leurs correspondants vivants. Ensuite, il faudra ajouter plus de 3.000 sites au génome artificiel de la levure, pour obtenir des produits plus performants que ne l’est la levure naturelle.

Il conviendra que de telles recherches soient conduites dans les laboratoires sécurisés, afin que ces produits n’échappent pas prématurément et ne contaminent pas toute la nature, ce qui avait été le cas concernant le Covid 19.

Référence

Debugging and consolidating multiple synthetic chromosomes reveals combinatorial genetic interactions

https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(23)01079-6?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867423010796%3Fshowall%3Dtrue

Summary

The Sc2.0 project is building a eukaryotic synthetic genome from scratch. A major milestone has been achieved with all individual Sc2.0 chromosomes assembled. Here, we describe the consolidation of multiple synthetic chromosomes using advanced endoreduplication intercrossing with tRNA expression cassettes to generate a strain with 6.5 synthetic chromosomes. The 3D chromosome organization and transcript isoform profiles were evaluated using Hi-C and long-read direct RNA sequencing. We developed CRISPR Directed Biallelic URA3-assisted Genome Scan, or “CRISPR D-BUGS,” to map phenotypic variants caused by specific designer modifications, known as “bugs.” We first fine-mapped a bug in synthetic chromosome II (synII) and then discovered a combinatorial interaction associated with synIII and synX, revealing an unexpected genetic interaction that links transcriptional regulation, inositol metabolism, and tRNASerCGA abundance. Finally, to expedite consolidation, we employed chromosome substitution to incorporate the largest chromosome (synIV), thereby consolidating >50% of the Sc2.0 genome in one strain.

DOI:https://doi.org/10.1016/j.cell.2023.09.025

02/12/2023 A Dubaï : une vingtaine de pays appelle à tripler les capacités nucléaires dans le monde d’ici à 2050

C’est l’un des grands enjeux de cette COP. Une vingtaine de pays, dont les Etats-Unis, la France et les Emirats arabes unis, ont appelé aujourd’hui à tripler les capacités de l’énergie nucléaire dans le monde d’ici 2050 par rapport à 2020, pour réduire la dépendance au charbon et au gaz.

L’annonce commune a été faite à Dubaï par John Kerry, l’émissaire américain pour le climat, en compagnie de plusieurs dirigeants dont le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre belge Alexander de Cro.

Il s’agit d’une recommandation importante provenant de la COP 28. Mais elle aurait du faire davantage. Elle aurait du rappeler que le nucléaire classique, dit de fission, devrait être remplacé le plus tôt possible par le nucléaire de fusion, qui a l’immense avantage de se passer de l’uranium et de ne produire que peu de déchets .

Nous n’avons pas à ce jour les CR de la COP. Mais on peut espérer qu’Emmanuel Macron, présent à Dubaï et président d’un pays leader dans le projet de fusion nucléaire ITER à Cadarache, n’a pas manqué de le faire – tout en rappelant que la fusion nucléaire a besoin de financements internationaux pour devenir plus rapidement qu’aujourd’hui prévu un véritable service public mondial

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop/cop28-energies-fossiles-bilan-de-l-accord-de-paris-financements-les-cinq-enjeux-de-la-conference-pour-le-climat-qui-s-ouvre-a-dubai_6166980.html

02/12/2023 L’ex-patron de la BCE, Mario Draghi, veut que l’Union européenne devienne un « État »

Nous lisons dans Marianne que lors de la présentation d’un ouvrage, ce mercredi 29 novembre, l’ancien patron de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a estimé que l’Union européenne devrait s’unir afin de « devenir un État », car il s’inquiète de la phase difficile que l’Europe serait en train de traverser.

Mario Draghi écrit comme s’il était – ce qu’il est – un fidèle serviteur de l’Empire américain. N’a-il jamais appris que si l’Union Européenne était déjà trop dévouée aux intérêts américains, la situation serait pire si elle devenait un Etat européen.

Il n’y a guère que la France, armée d’un reste de gaullisme, qui ose s’affranchir encore parfois des directives venues de Washington. Les autres Etats européens, grands et moins grands, n’ont pas assez de diplomates et de financiers pour prendre leurs consignes aux Etats-Unis. Mario Draghi lui-même n’avait pas brillé par son indépendance.

Voir Santo subito. Mario Draghi è veramente un fuoriclasse dell’economia? 17 mars 2022
Édition en Italien  de Giovanni La Torre

02/12/2023 Fiche de lecture

Center for East Asia Policy Studies John L. Thornton China Center

April 17, 2023

Brookings Senior Fellows Richard Bush and Ryan Hass, co-authors with Bonnie Glaser of a new Brookings Press book on U.S.-Taiwan relations in the context of China’s challenge, argue that tensions between the PRC and Taiwan can only be resolved with the assent of Taiwan’s people. Taiwan’s presidential election result in 2024 will also affect how much pressure Beijing applies to cross-Taiwan Strait relations, they explain.

L’invasion a échoué. La flotte amphibie chinoise est annihilée et les rares soldats de l’Armée populaire de libération qui sont parvenus à prendre pied sur le territoire taïwanais sont rejetés à la mer. Taïwan est en partie ravagée, mais libre. Les Etats_Unis ont tenu parole, ils se sont portés au secours de l’île rebelle dès les prémices du débarquement chinois. Ils sortent vainqueur de ce premier affrontement direct avec Pékin et font taire ceux qui osaient douter de leur supériorité militaire face à la montée en puissance de l’armée chinoise. À quel prix ? Le bilan humain et matériel est incroyablement lourd. En quelques jours de bataille autour de Taïwan et dans l’ouest du Pacifique, l’US Navy a coulé plus de cent bateaux chinois mais elle a perdu entre dix et vingt navires, dont de…

01/13/2023 Perspectives de l’économie russe ?

En mars 2022, Bruno Lemaire annonçait un effondrement de l’économie russe face aux sanctions occidentales. Aujourd’hui, ce scénario ne semble pas se vérifier. Qu’en est-il exactement ?

Au-delà des dizaines de milliards d’euros en dépenses militaires consacrés par la Russie dans la cadre de sa guerre avec l’Ukraine ; la Russie a également été frappée par les sanctions occidentales. Ces dernières devaient couper la Russie de ses revenus tirés de l’exportation de gaz et de pétrole, tout en empêchant Moscou de s’approvisionner en composants étrangers vitaux pour le matériel militaire.

Mais la guerre lancée par Vladimir Poutine a pu continuer pendant plus d’un an, tandis que le Kremlin a développé diverses techniques et manipulations pour tenter de contourner les restrictions imposées par les États-Unis et l’Union Européenne.
Les sanctions occidentales visent plusieurs domaines. Les exportations d’hydrocarbures vers l’Europe ont été sévèrement limitées, tandis qu’un plafonnement du prix du baril de pétrole russe affecte également les gains que peut faire Moscou sur d’autres marchés. L’exclusion des banques russes de la plateforme Swift complique les échanges internationaux que peut engager le Kremlin, tandis que les restrictions sur les importations de nombreux composants limitent l’accès russe à de la technologie de pointe, tel que des semi-conducteurs ou des pièces détachées d’avions.

Des sommes importantes ont donc été perdues par la Russie en l’espace de quelques mois : 233 milliards d’euros en 2022, selon la Banque Centrale russe citée par le Moscow Times, entre sanctions et fuites des entreprises à l’étranger.

De plus, selon le Conseil de l’Union Européenne, 300 milliards d’euros de réserves de la Banque de Russie sont bloqués à l’étranger, en plus de 20 milliards d’euros appartenant à 1 500 personnes directement visées par les sanctions. Entre la sortie d’argent et les difficultés économiques, le PIB russe a baissé en 2022 et devrait stagner en 2023 : le FMI prévoit une hausse à 1,5 % basée sur les chiffres russes, tandis que la Banque Mondiale prévoit une très faible contraction, à -0,2 %.

Cependant bien que très dépendante de ses exportations de gaz et de pétrole, l’économie russe a réorienté ses échanges pour repartir et continuer à s’assurer une rente suffisante. Que ce soit le FMI, la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) ou les ministères russes directement concernés, les données convergent et montrent qu’en 2023, l’économie tient le choc..

La Russie et les BRICS

Mais le principal facteur, encore rarement évoqué, est la réorientation de l’économie russe vers celles de la Chine et dans une moindre mesure, de ses autres partenaires du BRICS.

Rappelons que la Russie avait lancé, en 2006, en marge de l’assemblée générale des Nations-Unies, le processus de création d’un groupe de coopération et d’échange avec la Chine, le Brésil et l’Inde, groupe appelé BRIC. Les chefs d’État de ces pays se réunissent pour la première fois à Ekaterinbourg (Russie), le 16 juin 2009. Lors de ce sommet, ces quatre pays déclarent vouloir développer leur coopération pour faire advenir un monde multipolaire « plus démocratique et plus juste » en réclamant notamment la réforme des institutions internationales (Banque mondiale et Fonds Monétaire International) et leur plus grande ouverture aux économies émergentes. Depuis, les BRICS tiennent un sommet annuel des chefs d’État, le 15e se tient en 2023 en Afrique du Sud[

À chaque sommet annuel suivant, les BRICS réitèrent leurs demandes et affinent le rôle qu’ils entendent voir jouer par leur groupe dans tous les champs des relations internationales avec les Nations Unies comme point central. Ils présentent leur stratégie comme une volonté de réforme de l’existant plutôt que de remplacement. Pour cela, ils s’organisent afin de coordonner leurs positions dans les réunions et organisations internationales et mettre en place des coopérations sectorielles entre eux. Plusieurs instances de coopération sont créées dont les plus notables sont la New Development Bank (NDB) et le Fonds de Réserve des BRICS (CRA) en 2014. Ces deux institutions se veulent les miroirs de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, mais se démarquent de ces institutions internationales financières en ce qu’elles n’exigent aucune contrepartie politique de la part des gouvernements recevant un financement. Le mode de fonctionnement des BRICS, centré sur les problèmes, se rapproche de celui du G7 que la Russie semble avoir voulu copier, tout en soulignant que le groupe BRICS est plus « démocratique et transparent ».

L’influence de la Russie, soutenue par la Chine, outre son rôle de fondatrice de cette organisation, est prépondérante dans cette affirmation politique des BRICS. En février 2007, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, Vladimir Poutine a clairement exposé le programme qu’il envisageait pour les BRIC(S) : « […] le potentiel économique des nouveaux centres de la croissance mondiale [i.e. les BRIC] sera inévitablement converti en influence politique, et la multipolarité se renforcera.[» et désigné l’entrave à la multipolarité « […] presque tout le système du droit d’un seul État, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines : dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres États. À qui cela peut-il convenir ? ».

Au sommet de 2014 (15 juillet), la déclaration finale ne fait pas de commentaire sur l’annexion de la Crimée par la Russie, mais exprime la solidarité des membres avec la Russie et l’Inde, victimes d’attaques terroristes. Avant le sommet d’Oufa (Russie-2015) la Russie affiche ses objectifs pour son année de présidence (2015-2016) : « renforcer les positions politiques internationales de la Russie et des BRICS et faire avancer les intérêts de sécurité de la Russie et des BRICS/

Au sommet de 2022, alors que l’Occident cherche à rallier le plus de pays possible à la cause de l’Ukraine et à ses trains de sanctions contre la Russie, les BRICS n’hésitent pas à s’afficher avec la Russie. Certes ils ne soutiennent pas la solution militaire décidée par la Russie, et réclament une solution diplomatique. Mais ils continuent leur coopération avec elle, adhérant ainsi à sa critique du monde unipolaire dominé par les États-Unis et l’aidant à surmonter les sanctions.

La déclaration finale du sommet 2022, exprime pour la première fois la position des BRICS sur les crises en cours (Afghanistan, Iran et nucléaire, Corée Nord et Sud, Proche-Orient et Afrique du Nord, Afrique), sur le système de contrôle des armements et la prolifération, sur la militarisation de l’espace, sur la sécurité et le cyberspace. Ils se placent comme une instance responsable des équilibres mondiaux avec laquelle il faudra compter dans le monde multipolaire qu’ils souhaitent. Enfin, ils diluent ainsi la guerre russo-ukrainienne dans la toile de fond des conflits contemporains dont la Russie a, de nombreuses fois, dénoncé la gestion unilatérale.

Depuis 2006, les BRICS sont dans une dynamique positive d’affirmation de leur poids économique et politique, avec la volonté de provoquer un changement du paradigme géopolitique. Ils ont été confrontés à de nombreuses vicissitudes, et apparaissent comme un ensemble hétéroclite comparé aux organisations occidentales (OTAN ; Union européenne) ce qui peut expliquer que l’Occident a longtemps sous-estimé leur potentiel d’attractivité, surestimé le sien propre et n’a pas avancé dans les recommandations faites par le rapport de Goldman-Sachs. L’inscription de l’élargissement et de la dé-dollarisation au 15e sommet montre que cette organisation n’a plus aucune crainte de s’affirmer face aux États-Unis et à l’Occident et à affirmer ses ambitions.

De son côté, il apparaît que la Russie, évincée du G8, a développé une stratégie multiforme virulente pour retrouver une stature internationale (emploi de la force dans son étranger proche, bascule asiatique, revitalisation de sa politique africaine et proche-orientale, etc.). La guerre en Ukraine est la catharsis de ses objectifs politiques et un révélateur de la densité du réseau de partenariats internationaux qu’elle a développés et qui lui permettent de résister aux sanctions appliquées par l’Occident.

Enfin au cœur de ces changements et de la force centripète des BRICS, le partenariat stratégique Chine-Russie qu’il serait imprudent de penser fragile à la seule vue des déséquilibres de puissance réels entre les deux. L’alliance Russie-Chine représente un fonsodérable potentiel de puissance (matières premières, énergie, agroalimentaire, nucléaire civil, technologie, militaire…) pouvant être amplifié par les multiples réseaux d’alliances favorisés par les BRICS et les nombreux États gravitant autour, ensemble soudé par leur défiance vis-à-vis de l’Occident.

Source IRIS https://www.iris-france.org/177529-les-brics-de-leconomie-vers-la-construction-dun-monde-multipolaire/#:~:text=La%20Russie%20cr%C3%A9e%20le%20groupe,groupe%20tout%20naturellement%20appel%C3%A9%20BRIC.

30/11/2023 Tzahal devrait se méfier des correspondants de guerre qu’elle incorpore

Comme toutes les forces armées engagées dans un conflit, l’armée israélienne dite Tzahal (ou les FDI ) rémunère des journalistes pour faire des reportages par articles et images concernant les combats qu’elle mène dans la Bande de Gaza et aujourd’hui à Gaza même. Ces journalistes sont dit « embedded ». Ils sont astreints à soumettre à Tzahal les textes qu’ils envoient à leur journal ou à leur chaîne TV. Il est inutile de préciser que ces contenus sont toujours favorables à Israël, tant par ce qu’ils montrent que parce qu’ils ne montrent pas.

Ces derniers jours Israël a procédé à des bombardements massif sur Gaza destinés à y détruire les abris souterrains à partir desquels opère le Hamas. Autant que l’on sache, les représentants du Hamas ont pour la plupart échappé à ces bombardements. Par contre la ville de Gaza, déjà très endommagée précédemment, a vu certains de ses quartiers transformés en un champ de ruines. Vraisemblablement de nombreux Gazaouis, dont inévitablement des femmes et des enfants, ont été tués. Mais les journalistes « embedded » dans Tzahal n’en ont pratiquement pas parlé.

Aussi  Patrick Lawrence, ancien de l’ ‘International Herald Tribune’, a publié le 28 novembre dans ‘Consortium News’ (accès en traduction française sur le site lui-même,  repris par ‘Réseau Internnational’) un article intitulé : « Compromissions fatales »… Dans cet article, il dénonce le fait que ses confrères soient obligés par leurs employeurs de reprendre pour décrire les affrontements Hamas- Israël dans la bande de Gaza les termes mêmes imposés par Tzahal.

Cela n’est pas nouveau. Dans tout conflit les correspondants de guerre ne publient que ce qui convient aux Etats-majors et aux gouvernements. Mais c’est ainsi aussi que les conflits peuvent dégénérer en guerres de plus en plus étendues et meurtrières.

NB Merci à Philippe Grasset qui a signalé sur son site De Defensa l’article de Patrick Lawrence.

30/11/2023 Marie Laure Gouzy

Nous rééditons ici, à destination notamment de jeunes lectrices qui se demandent si, face à la concurrence masculine, elles pourront faire carrière dans le spatial, un résumé des compétences de Mme Marie Laure Gouzy, actuellement Directrice France de Pangea Aérospace.

Sur Pangea Aerospace, on lit dans Futura Science :

Fondée en 2018, cette entreprise franco-espagnole se distingue par le développement d’un moteur de lanceur réutilisable employant la combustion aerospike et des ergols verts.

Pour les projets de petits lanceurs, l’Agence spatiale européenne (ESA) envisage une aide pouvant atteindre 150 millions d’euros, principalement pour ceux faisant le choix de systèmes de propulsion innovants à haute efficacité et bas coût, et privilégiant l’innovation environnementale et les ruptures technologiques, dont la réutilisabilité.

Marie Laure Gouzy.

Curriculum vitae

  • Aerospace Valley – Ingénieur Projets Innovants cc2017 – maintenant
  • Aerospace Valley – Chargée de Mission Projets de Recherche et Technologie 2016 – maintenant Soutien du pôle dans certains de ses processus de fonctionnement

    Nanomade Concept – Project manager 2009 – 2015 Développement d’un procédé innovant – Détection de contraintes mécaniques à base de nanoparticules (interfaces tactiles, capteurs dédiés à l’e-santé):
    – Gestion de projets R&D innovants
    Planification et organisation des phases de développement et des ressources
    Management technique de l’équipe et du projet (coordination des phases de développement et de tests)
    Initiation des actions correctives le cas échéant
    Suivi client – Gestion des fournisseurs

    – Travaux d’intégration et Conception technologique de prototypes (microsystèmes) dédiés à l’e-santé

    – Experte et référente technique de la société pour le domaine des micro et nano-capteurs chimiques et biologiques

    – Veille technologique et scientifique, valorisation de recherches en cours dans le domaine des capteurs chimiques et biologiques

    – Création d’un partenariat entre la société et un laboratoire public de recherche

    – Mise en place de différents projets collaboratifs ANR

    Elitech Microbio – Chef de Projet 2009 – 2009-Développement de techniques micro ph-métrie à l’aide de microcapteurs pour l’amélioration des technologies de la santé
    -Réalisation de microsystèmes innovants dédiés à la réalisation d’antibiogramme

  • LAAS-CNRS – Ingénieur de recherche 2005 – 2009-Mise au point d’un procédé d’analyses biomédicales (gestion de projet en collaboration avec la société Elitech)
    -Prototypage préindustriel (capteurs chimiques et micro fluidique adaptée) basé sur un cahier des charges précis
    -Campagne de mesures en milieu bactérien (mises en culture et préparation des milieux)