Même si les chercheurs en sciences cognitives ont du mal à expliquer ce qu’est la conscience chez les humains, ils peuvent plus facilement comprendre pourquoi certaines personnes perdent conscience ou sont incapables de conscience.
Différents facteurs favorables à l’émergence de la conscience chez un individu sont d’ordre anatomique. Il doit posséder un cerveau doté d’un nombre suffisant de neurones pour se donner des représentations de lui-même dans une représentation de son environnement. D’autres sont psychologiques. Il doit dès avant la naissance, par un dialogue in utero avec sa mère, apprendre à partager avec celle-ci les états de conscience que celle-ci éprouve. Plus tard, il doit apprendre à partager avec ses semblables puis plus tard éventuellement à refuser les langages par lesquels se forme la conscience sociale. D’autres enfin sont sociologiques. Il doit grandir puis exercer une activité productive dans des sociétés qui valorisent les prises de conscience chez les individus plutôt qu’encourager l’obéissance passive voire réprimer la manifestation des faits de conscience.
Aujourd’hui, les recherches en robotique, ou du moins certaines d’entre elles, cherchent à améliorer les capacités de prise de conscience des robots et simultanément les capacités qu’auraient ces robots augmentés de partager des états de conscience avec des humains. Inutile de dire que la tâche sera difficile, dans la mesure où comme nous venons de le rappeler, l’on ne sait trop encore en quoi consiste la conscience chez l’homme. Cependant de nombreuses pistes prometteuses apparaissent.
Il ne s’agira pas d’emblée d’obtenir des robots conscients et capables de communiquer avec les hommes. Il s’agira plutôt, comme l’a fait la nature au fil des millénaires, de réaliser des robots et des sociétés de robots capables à leur niveau de débuts de prises de conscience. Plusieurs facteurs seront à explorer. Le premier sera de concevoir des robots capables d’évoluer par auto-apprentissage. Pour cela ils devront être dotés de neurones artificiels capables de former des ensembles interactifs plus complexes et significatifs que les neurones individuels.
Ils devront également au lieu d’être constitués entièrement de métaux rigides, comporter des parties plastiques éventuellement gonflables en relation avec des capteurs sensoriels différents qui commanderont les formes et les gestes les plus adaptés. On parle de « soft robotics ».
Une autre exigence essentielle consistera à pouvoir se grouper à plusieurs, voire former des meutes pour explorer des milieux différents. Des robots de taille différente pourront être associés à cette fin, soit robots de grande taille en matière par exemple d’exploration spatiale, soit de très petite taille afin d’opérer dans un corps vivant humain sans le détruire.
Quant aux langages de communication, tant entre robots qu’avec les humains, ce ne sera pas contrairement à ce l’on pense parfois, l’enjeu le plus difficile. Ainsi d’ores et déjà la communication entre un avion de combat comportant des dizaines de petits robots et son pilote se fait déjà bien, dans les deux sens.
Voir dans Paris Match
