17/05/2024 Bientôt l’Intelligence Artificielle Générale

Des chercheurs de Microfsoft viennent d’affirmer que le GPT4 de Open AI est désormais capable d’accomplir un si grand nombre de tâches relevant du domaine de l’Intelligence Artificielle qu’il mériterait d’être qualifié en tant que « champion de l’Intelligence Artificielle généralisée ».

Bien que ce titre n’ait rien d’officiel, on admet qu’il désigne un logiciel d’AI capable de comprendre et exécuter toutes les fonctions de l’esprit humain, notamment la capacité de raisonner, faire des plans, résoudre des problèmes complexes, penser de façon abstraite et apprendre à partir de l’expérience.

Or le GPT4 qui vient d’être mis en service est capable de ces toutes performances, même s’il avait été initialement été conçu comme un prototype de logiciel d’Intelligence Articielle Générale.

Dès le début, il s’est montré capable de répondre à des questions posées aux candidats à des fonctions d’enseignement supérieur ou de recherche médicale…Ses bons résultats étaient de 50 à 60%.Aujourd’hui, ils s’améliorent constamment, allant jusqu’à 80% dans le US Medical Licensing Exam.

Les chercheurs ont cependant prévenu que le GPT4 pouvait être sensibles à des « hallucinations ». On nomme ainsi le fait qu’il puisse produire des réponses fausses avec la même assurance que si elles étaient exactes.

Référence

[Submitted on 22 Mar 2023 (v1), last revised 13 Apr 2023 (this version, v5)]

Sparks of Artificial General Intelligence: Early experiments with GPT-4

Sébastien BubeckVarun ChandrasekaranRonen EldanJohannes GehrkeEric HorvitzEce KamarPeter LeeYin Tat LeeYuanzhi LiScott LundbergHarsha NoriHamid PalangiMarco Tulio RibeiroYi Zhang

Artificial intelligence (AI) researchers have been developing and refining large language models (LLMs) that exhibit remarkable capabilities across a variety of domains and tasks, challenging our understanding of learning and cognition. The latest model developed by OpenAI, GPT-4, was trained using an unprecedented scale of compute and data. In this paper, we report on our investigation of an early version of GPT-4, when it was still in active development by OpenAI. We contend that (this early version of) GPT-4 is part of a new cohort of LLMs (along with ChatGPT and Google’s PaLM for example) that exhibit more general intelligence than previous AI models. We discuss the rising capabilities and implications of these models. We demonstrate that, beyond its mastery of language, GPT-4 can solve novel and difficult tasks that span mathematics, coding, vision, medicine, law, psychology and more, without needing any special prompting. Moreover, in all of these tasks, GPT-4’s performance is strikingly close to human-level performance, and often vastly surpasses prior models such as ChatGPT. Given the breadth and depth of GPT-4’s capabilities, we believe that it could reasonably be viewed as an early (yet still incomplete) version of an artificial general intelligence (AGI) system. In our exploration of GPT-4, we put special emphasis on discovering its limitations, and we discuss the challenges ahead for advancing towards deeper and more comprehensive versions of AGI, including the possible need for pursuing a new paradigm that moves beyond next-word prediction. We conclude with reflections on societal influences of the recent technological leap and future research directions.

Subjects:Computation and Language (cs.CL); Artificial Intelligence (cs.AI)
Cite as:arXiv:2303.12712 [cs.CL]
 (or arXiv:2303.12712v5 [cs.CL] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2303.12712

17/05/2024 Baisse probable de la population mondiale

La population mondiale devrait bientôt plafonner, selon un rapport de l’organisation non profit dépendant du Club de Rome Earth4all. Elle devrait atteindre environ 8,5 milliards d’individus en 2040 puis retomber à 6 milliards à la fin du siècle. Elle est à ce jour de 8 milliards d’individus.

Aujourd’hui l’ONU prévoit un plafond de 10 milliards vers 2070, suivi d’une baisse après 2100, résultant principalement d’une amélioration du statut des femmes dans le monde

Ceci ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de problème, selon Benjamino Callegari, de Kristiana University College à Oslo, un des auteurs du rapport. Cette population a déjà dépassé le point de bascule (tipping point) au delà duquel la survie de la vie sur la Terre sera compromise.

De plus la chute de la population se traduira dans les premières décennies par une chute de la force de travail, rendant plus difficile le financement des assurances maladies et des retraites.

Le rapport de Earth4all montre, chiffres à l’appui, que le déclin de la population résultera d’une chute de la natalité mondiale , d’une meilleure éducation des femmes, de l’appel à l’énergie verte et à des régimes alimentaires plus équilibrés. Par contre, l’augmentation de la longévité, souhaitable par ailleurs, aura un effet contraire.

Source

16/05/2024 Des guêpes sociales sont dotées de cerveaux dont les neurones pratiquent la reconnaissance faciale

Que les guêpes soient dotées de cerveaux peut surprendre le naturaliste débutant. Mais que ces cerveaux disposent de neurones capables de pratiquer la reconnaissance faciale à l’instar de ceux des primates et des humains surprendra plus encore.

La guêpe en question est Polistes Fuscatus. Chacune des guêpes de cette espèce possède sur l’ avant de la tête des marques de formes et de couleurs différentes. Elle est capable grâce à ces marques de reconnaître sans faute d’autres guêpes avec lesquelles elle est en relation.

Des chercheurs de la Cornell Université (New York) équipèrent les cerveaux de 18 femelles de cette espèce de guêpe avec des capteurs capables d’indiquer quels neurones étaient excités à la vue de 2000 images qui leur étaient présentées. Il s’agissait d’image de toutes sortes parmi lesquelles celles de guêpes de la même espèce. Ils identifièrent une sous-population de neurones qui réagissaient positivement à la vue d’une autre de ces guêpes, dans un processus identique à celui que l’on rencontre chez les primates.

Ce phénomène permet d’employer le terme d’évolution convergente au sein d’espèces aussi éloignées que le sont des abeilles et des primates.

Référence

Neural correlates of individual facial recognition in a social wasp

doi: https://doi.org/10.1101/2024.04.11.589095

Abstract

Individual recognition is critical for social behavior across species. Whether recognition is mediated by circuits specialized for social information processing has been a matter of debate. Here we examine the neurobiological underpinning of individual visual facial recognition in Polistes fuscatus paper wasps. Front-facing images of conspecific wasps broadly increase activity across many brain regions relative to other stimuli. Notably, we identify a localized subpopulation of neurons in the protocerebrum which show specialized selectivity for front-facing wasp images, which we term wasp cells. These wasp cells encode information regarding the facial patterns, with ensemble activity correlating with facial identity. Wasp cells are strikingly analogous to face cells in primates, indicating that specialized circuits are likely an adaptive feature of neural architecture to support visual recognition.

16/05/2024 Vivons-nous entourés d’êtres vivants invisibles ?

Ces êtres seraient responsables de phénomènes que la science constate mais qu’elle ne peut expliquer aujourd’hui. La raison de cette incapacité tiendrait au fait que ces êtres seraient constitués de matière noire dite complexe .

L’existence de la matière noire, longtemps mise en doute par les scientifiques, est aujourd’hui très généralement reconnue. Ce serait elle,  notamment, qui par sa masse invisible provoquerait la force centripète permettant aux amas de galaxies et galaxies de conserver la forme que nous leur connaissons, au lieu de se disperser dans l’univers sous l’effet de la force centrifugé découlant de leurs rotations sur elles-mêmes.

La matière noire ou cold dark matter est supposé représenter environ 70% de la masse totale, visible et invisible, de l’univers. La matière dite ordinaire et la « force ou énergie noire», encore inconnue, responsable de l’expansion de l’univers, constitueraient le reste.

Malheureusement, après des années de recherche, il n’a pas été possible d’isoler les particules supposées constituer la matière noire. Les candidats, tels que le « photino » censé découler du photon, ne répondaient pas aux spécifications requises.

Par ailleurs les particules de matière noire entourant les galaxies auraient du former en grand nombre des sphères dites « halo rings » ou galaxies naines, de plus en plus nombreuse vers le centre. Or rien de tel n’ a été constaté.

Pour expliquer ces phénomènes, les astronomes ont commencer à élaborer des modèles plus complexes de la matière noire, dits de la matière noire complexe (complex black matter). Ces modèles sont en fait si complexes qu’il n’a pas été encore aujourd’hui possible d’en extraire des hypothèses cohérentes, susceptibles d’être mises à l’épreuve de tests indiscutables.

Cependant le concept d’atomes noirs constitutifs d’une matière noire analogue à notre matière, mais noire, commence à émerger. En ce cas, cette matière noire pourrait coexister avec la nôtre, mais nous ne la verrions pas.

D’où l’hypothèse évoquée en introduction au présent article. Pourquoi ne pas imaginer que de cette matière noire auraient pu émerger des êtres vivants pour nous invisibles, mais pour le reste analogues à nous et éventuellement susceptibles d’intervenir dans notre univers. Nous pourrions les côtoyer à chaque instant sans nous en rendre compte.

15/05/2024 Les super-sens des dauphins

Des études récentes ont montré que les dauphins sont dotés de trois « super-sens » jusqu’ici mal connus. Il s’agit de la perception des champs magnétiques, de la perception des champs électriques et de l’écholocalisation .

  • La perception des champs magnétiques a été découverte en 1981, quand des chercheurs identifièrent dans les cerveaux de dauphins morts par échouement des fragments de magnétite. Il s’agit d’une espèce minérale composée d’oxyde de fer(II,III), de formule Fe3O4 (parfois écrit FeO·Fe2O3), avec des traces de magnésium Mg, de zinc Zn, de manganèse Mn, de nickel Ni, de chrome Cr, de titane Ti, de vanadium V et d’aluminium Al.

La magnétite est un matériau ferrimagnétique. Elle met le dauphin en relation avec le champ magnétique de la terre. Celui-ci est d’intensité variable selon les zones de navigation du dauphin. Cette fonction permet donc au dauphin de se localiser à condition qu’il en ait conservé une carte en mémoire. Il s’est doté de cette carte dès son enfance, en navigant de conserve avec des adultes. Quand le champ faiblit, le dauphin risque de s ‘échouer.

  • La perception des champs électriques permet au dauphin de recueillir les faibles champs électriques émis par leurs muscles et leurs squelettes quand ils nagent en bande. La capacité d’électroréception a été mise en évidence en 2012. Il a été découvert que le dauphin, comme beaucoup p d’autres animaux marins, posséde sur le rostre quelques petites cavités (vibrissal crypts )emplies de vaisseaux sanguins capables de détecter les champs électriques provenant de congénères ou de proies
  • Quant à l’écholocation , la fonction la mieux étudiée, elle résulte du fait que les dauphins en se déplaçant émettent des séries de « cliks » à l’aide de «  lèvres soniques » placées dans leurs narines. Hautement directionnels, ces sons se déplacent vers l’avant. Quant ils rencontrent un objet, ils sont renvoyés vers l’arrière, permettant à l’animal de détecter des obstacles à plus de 75m de distance et de se positionner en synchronisation avec ses congénères.

Pour en savoir plus, voir

https://theconversation.com/discovering-the-world-of-dolphins-and-their-three-super-senses-224884

https://www.nationalgeographic.com/science/article/dolphin-detects-electric-fields-with-ex-whisker-pits

15/05/2024 La Chine réalise une puce quantique de 504 qubits

Des scientifiques chinois ont franchi une étape majeure dans le domaine de l’informatique quantique en développant une puce quantique de 504 qubits qu’ils ont nommé XIAOHONG. Il devrait s’agir d’un pas significatif dans la réalisation d’ordinateurs quantiques aux capacités de calcul considérables.

Rappelons que contrairement aux ordinateurs traditionnels qui utilisent des bits classiques pouvant avoir comme valeur 0 ou 1, les  ordinateurs quantiques utilisent des bits quantiques ou qubits qui peuvent exister simultanément dans plusieurs états. Cette caractéristique permet aux ordinateurs quantiques d’effectuer des calculs en parallèle, offrant ainsi des vitesses de traitement potentiellement inégalées.

Les puces quantiques chargées de manipuler et de stocker l’information sont conçues pour contenir un certain nombre de qubits qui peuvent être utilisés pour effectuer différentes opérations propres à la physique quantique, telles que l’intrication, la superposition et l’opération logique quantique. Plus le nombre de qubits dans une puce quantique est élevé, plus elle est capable d’effectuer des calculs complexes et de résoudre des problèmes difficiles.

Par ailleurs, maintenir la cohérence quantique des qubits est un élément essentiel pour le fonctionnement fiable des puces quantiques. Il s’agit de la capacité des qubits à conserver leurs états superposés et intriqués pendant une durée suffisamment longue pour l’exécution d’opérations quantiques précises et fiables.

Mais maintenir cette cohérence sur une période de temps suffisamment longue constitue l’un des principaux défis techniques dans la construction de puces quantiques dotées d’un grand nombre de qubits. Cela est dû à divers facteurs environnementaux et internes qui peuvent perturber la cohérence quantique des qubits, conduisant à un phénomène appelé décohérence.

Les facteurs environnementaux comprennent les variations de température, les vibrations mécaniques, les champs électromagnétiques externes et d’autres interférences extérieures qui peuvent perturber les états quantiques fragiles des qubits. Les facteurs internes comprennent les imperfections dans les matériaux des puces quantiques, les fluctuations de courant et d’autres sources de bruit interne.

Afin de réduire les risques de décohérence, on utilise diverses techniques d’ingénierie pour isoler les qubits de leur environnement, réduire les sources de bruit et améliorer la stabilité des opérations quantiques. Cela comprend l’utilisation de matériaux supraconducteurs pour réduire la dissipation d’énergie et maintenir des températures extrêmement basses, ainsi que l’élaboration de protocoles de correction d’erreurs quantiques pour détecter et corriger les erreurs résultant de la décohérence.

Récemment, des chercheurs chinois ont usé de ces approches pour développer la puce nommée Xiaohong qui est désormais considérée comme la plus grande puce quantique construite par la Chine à ce jour. Avec ses 504 qubits, elle vise à optimiser les performances des plateformes informatiques quantiques basées sur le Cloud, offrant ainsi aux chercheurs du monde entier la possibilité de mener des recherches sur des problèmes complexes et d’accélérer l’application de l’informatique quantique dans divers domaines.

Autrement dit, l’objectif de Xiaohong n’est pas de rivaliser directement avec les technologies avancées des États-Unis, mais plutôt de stimuler le développement de l’informatique quantique à l’échelle mondiale.

Les scientifiques derrière la conception de Xiaohong ont notamment exprimé leur espoir que cette puce contribuera au développement de systèmes de mesure et de contrôle informatique quantique à grande échelle (QCMCS). Ces systèmes joueront un rôle crucial dans la connexion entre les ordinateurs traditionnels et quantiques, permettant ainsi une intégration plus fluide des capacités quantiques dans les environnements informatiques classiques

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NB On sait qu’il avait été dit précédemment aux Etats-Unis que le pays qui maitrisera le premier les ordinateurs quantique maitrisera le monde

15/05/2024 Formes possibles de l’univers

Depuis des décennies, les scientifiques débattent de la forme que pourrait avoir l’univers. Une nouvelle étude, publiée dans le journal Physical Review Letters, suggère qu’il n’est pas forcément une étendue ouverte et qu’il pourrait s’apparenter à une galerie des glaces illimitée.

Le groupe international de cosmologistes responsable de l’étude, la COMPACT Collaboration, n’a pas pu établir une topologie précise mais en se basant sur des données portant sur le rayonnement du fond cosmique de l’univers il est parvenu à la conclusion que celui-ci pourrait avoir des formes très exotiques. Une forme incurvée  de croissant ou donut n’est pas exclue, ni même des topologies encore plus complexes, par exemple une  forme dite «tore de dimension 3»..

Cette forme ferait en sorte que, quelle que soit la taille de l’univers, si l’on regardait assez longuement c’est-a-dire assez profondément, on finirait par voir l’arrière de sa tête.

Un univers en forme de dimension 3 pourrait créer d’autres sortes d’illusions par exemple en faisant voir la même partie de l’univers à différents endroits du ciel.

Référence
https://journals.aps.org/prl/abstract/10.1103/PhysRevLett.132.171501

14/05/2024 La Cryptographie postquantique

.. En décembre 2022 Emmanuel Macron avait surpris beaucoup de monde en faisant allusion à la cryptographie post-quantique et à son intérêt dans les communications diplomatiques.

Ce terme désigne de nouveaux algorithmes, plus sécurisés, qui devraient résister à la révolution imminente de  l’ordinateur quantique. Ceux-ci pourront effectuer des calculs à une vitesse  beaucoup plus élevée que l’informatique actuelle. Ils pourront aussi décrypter rapidement des données chiffrées.

Les chiffrements symétriques et assymétriques seront tous les deux affectés. Le chiffrement symétrique utilise une seule clé pour chiffrer et déchiffrer les données protégées. Ce chiffre doit donc être communiqué à toutes les personnes qui ont besoin d’y accéder. Dans ce cas, la solution est simple. Il suffit pour protéger les données d’augmenter la taille de la clé, c’est-à-dire le nombre de ses caractères, sans changer l’algorithme

Mais ce sera le chiffrement asymétrique qui sera particulièrement vulnérable Celui-ci est basé sur deux clés, une clef privée et une clef publique. La clé publique du destinataire sert à chiffrer les données qui lui sont envoyées, et seule sa clé privée  permet de les déchiffrer. Cette méthode est utilisée pour les échanges sécurisés, y compris les messageries instantanées.

C’est ici qu’intervient le message du président de la République. La cryptographie post-quantique désigne de nouveaux algorithmes de chiffrement qui résistent à l’ordinateur quantique. De plus, leur fonctionnement n’implique pas l’utilisation d’un ordinateur quantique, ils peuvent être implémentés sur tous les appareils actuels.

Cette « cryptographie post-quantique » s’appuie sur une solution développée par CryptoNext Security, une start-up issue de l’Inria, du CNRS et de l’université Paris-Sorbonne.

Le message a été envoyé le 30 novembre et chiffré grâce aux algorithmes Crystals-Dilithium, sélectionné notamment par le NIST (organisme de standardisation américain), et Frodo-Kem, un parmi plusieurs sélectionnés par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI). Les algorithmes choisis seront certainement intégrés à une future norme, que le gouvernement souhaite déployer rapidement.

Le communiqué indique que « le Gouvernement français présentera, d’ici la fin du premier trimestre 2023, un premier plan d’action, intégrant une méthodologie et un calendrier de migration vers la cryptographie post-quantique de ses infrastructures critiques ».

14/05/2024. Le renouveau du patriotisme russe

Les correspondants de presse occidentaux qui peuvent enquêter en Russie s’étonnent de voir que la population civile dans sa profondeur semble admettre le nombre important de morts enregistré par l’armée russe lors de ses récentes offensives en Ukraine. L’opinion déplore ces pertes mais n’en tire absolument pas un argument pour obtenir des autorités une cessation des combats.

Certains comparent cet état d’esprit à celui qui régnait, tant en France qu’en Allemagne, durant les quatre années de la première guerre mondiale et notamment à la fin de celles-ci, où les pertes humaines et les destructions furent particulièrement sévères  L’opinion dans son ensemble n’a jamais reproché aux gouvernement de se battre pour sauvegarder des valeurs nationales jugées supérieures aux intérêts particuliers.

Certes, un nombre important de jeunes citoyens russe appartenant aux classes aisées fuient les exigences de la conscription en se réfugiant temporairement en Biélorusse ou dans les Etats frontières, mais il ne s’agit pas d’une révolte généralisée susceptible d’inquiéter Moscou.

Un texte récent de l’historien russe Dmitri Trenin cité par DeDefensa traduit bien cet état d’esprit. On en trouvera ici les principaux passages :


Deux ans et demi après le début de sa guerre contre l’Occident en Ukraine, la Russie se trouve certainement sur la voie d’une nouvelle perception d’elle-même.

Cette tendance était en réalité antérieure à l’opération militaire, mais s’est par la suite fortement intensifiée. Depuis février 2022, les Russes vivent dans une toute nouvelle réalité. Pour la première fois depuis 1945, le pays est véritablement en guerre, avec d’âpres combats le long d’une ligne de front de 2 000 kilomètres, non loin de Moscou. Belgorod, centre provincial proche de la frontière ukrainienne, est continuellement soumis à des attaques meurtrières de missiles et de drones de la part des forces de Kiev.

Pourtant, Moscou et d’autres grandes villes continuent comme s’il n’y avait pas de guerre, et (presque) pas de sanctions occidentales non plus. Les rues sont pleines de monde et les centres commerciaux et les supermarchés offrent l’abondance habituelle de biens et de produits alimentaires.

Cependant la partie du pays qui vit apparemment « en paix » est sensiblement différente de ce qu’elle était avant le début du conflit ukrainien. Le centre d’intérêt central de la Russie post-soviétique – l’argent –  n’a bien sûr pas été éliminé, mais il a certainement perdu sa domination incontestable. Lorsque de nombreuses personnes – non seulement des soldats mais aussi des civils – sont tuées, d’autres valeurs non matérielles reviennent. Le patriotisme, vilipendé et ridiculisé au lendemain de l’effondrement de l’Union soviétique, réapparaît en force. En l’absence d’une nouvelle mobilisation, des centaines de milliers de ceux qui signent des contrats avec l’armée sont motivés par le désir d’aider le pays. Pas seulement par ce qu’ils peuvent en tirer.

….

Politiquement, il n’y a aucune opposition à proprement parler contre le système actuel. Les deux tiers des jeunes hommes qui ont quitté la Russie en 2022 par crainte d’être mobilisés sont revenus, certains d’entre eux assez aigris par leur expérience à l’étranger. De nombreux hommes d’affaires libéraux progressistes n’appartiennent plus à la Russie ; leur volonté de conserver leurs actifs en Occident a fini par les séparer de leur pays d’origine.

. En Russie, un nouveau modèle d’homme d’affaires de niveau intermédiaire est en train d’émerger : celui qui combine argent et engagement social et qui construit son avenir à l’intérieur du pays.

La culture politique russe revient à ses fondamentaux. Contrairement à celui de l’Occident il est basé sur le modèle de la famille. Il y a de l’ordre et il y a une hiérarchie ; les droits sont contrebalancés par les responsabilités ; l’État n’est pas un mal nécessaire mais le principal bien public et la valeur sociétale suprême. La vie politique, au sens occidental du terme, faite de compétition constante et souvent sans limites, est considérée comme égoïste et destructrice ; au lieu de cela, ceux qui sont chargés de diriger l’État sont censés arbitrer, assurer l’harmonie des divers intérêts, proposer des objectifs généraus, etc.

Bien entendu, il s’agit là d’un idéal plutôt que d’une réalité. En réalité, les choses sont plus complexes et compliquées, mais la culture politique traditionnelle, à sa base, est bien vivante, et les 30 à 40 dernières années, bien que extrêmement instructives et percutantes, ne l’ont pas bouleversée.

L’attitude de la Russie à l’égard de l’Occident est également complexe. Il y a une appréciation de la culture occidentale classique et moderne (mais pas postmoderne), des arts et de la technologie et, dans une certaine mesure, du niveau de vie. Récemment, l’image positive et intacte de l’Occident en tant que société a été gâchée par la promotion agressive des valeurs LGBTQ, de la culture de l’annulation (cancel culture), etc. Ce qui a également changé, c’est la vision des politiques occidentales, de la politique et surtout des hommes politiques, qui ont perdu le respect que la plupart des Russes avaient autrefois pour eux. ante. Cela n’a pas conduit les Russes à considérer les Occidentaux comme des ennemis, mais l’Occident politique et médiatique est largement considéré ici comme un foyer d’adversaires.

Il existe un besoin évident d’un ensemble d’idées directrices sur « qui nous sommes », « où nous en sommes dans ce monde » et « où nous allons ». Cependant, le mot « idéologie » est trop étroitement lié dans l’esprit de beaucoup à la rigidité du marxisme-léninisme soviétique. Ce qui émergera finalement sera probablement construit sur le fondement des valeurs des religions traditionnelles, à commencer par l’orthodoxie russe, et inclura des éléments de notre passé, y compris les périodes pré-Pétrine, impériale et soviétique. La confrontation actuelle avec l’Occident rend impérative l’émergence d’une sorte de nouveau concept idéologique, dans lequel la souveraineté et le patriotisme, le droit et la justice jouent un rôle central. La propagande occidentale le qualifie de manière péjorative de « poutinisme », mais, pour la plupart des Russes, il peut être simplement décrit comme « la voie de la Russie ».

Bien sûr, il y a des gens mécontents des politiques qui les ont privés de certaines opportunités. Surtout si les intérêts de ces personnes résident en grande partie dans l’argent et la richesse individuelle. Ceux de ce groupe qui ne sont pas allés à l’étranger restent assis tranquillement, nourrissent des appréhensions et espèrent en privé que d’une manière ou d’une autre, quel qu’en soit le prix pour les autres, le « bon vieux temps » revienne. Ils risquent d’être déçus. Quant aux changements au sein de l’élite, Poutine vise à insuffler du sang frais et de la vigueur dans le système.

Il ne semble pas qu’une sorte de « purge » soit à venir. Les changements seront néanmoins substantiels, compte tenu du facteur âge. La plupart des titulaires actuels des postes les plus élevés ont au moins 70 ans. D’ici six à dix ans, ces postes seront attribués à des jeunes. Veiller à ce que l’héritage de Poutine perdure est une tâche majeure pour le Kremlin. La succession n’est pas seulement une question de savoir qui finira par accéder à la première place, mais aussi de savoir quel type de « génération dirigeante » entrera en jeu.

Dimitri Trenine

13/06/2023. La France devra développer ses parcs d’énergie éolienne en mer

La France dispose aujourd’hui d’un parc de centrales atomiques à fission qui la met en tête de tous les autres pays ayant recours à ce type d’énergie. Elle compte 2 réacteurs de 900 MWe : 4 réacteurs du palier CP0 (4 à Bugey), et 28 réacteurs du palier CPY (4 à Tricastin, 6 à Gravelines, 4 à Dampierre, 4 à Blayais, 4 à Chinon, 4 à Cruas et 2 à Saint-Laurent). Ces centrales sont bien entretenues malgré les coûts et pourraient produire en toute sécurité pendant encore sans doute trente ans. La mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim a été une faute politique du gouvernement français d’alors.

Parallèlement la France a pris la tête des quelques pays ayant décidé de réaliser des centrales nucléaires à fusion contrôlée. Elle héberge à Cadarache le projet international ITER. Celui-ci (International Thermonuclear Experimental Reactor), fait partie de la 2ème génération de prototypes de tokamak. Quelques start up ayant investi dans ce programme ont annoncé avoir obtenue des durées de fusion prometteuses.

Rappelons que la fusion nucléaire fait partie des énergies dites « décarbonées ». Fusionner deux isotopes de l’hydrogène produit de l’hélium. Il ne s’agit pas de combustion, et il n’y a pas d’émission de CO2 dans cette réaction. Le tokamak est une technologie qui permet de confiner le plasma grâce à des champs magnétiques, dans une vaste enceinte torique où la fusion nucléaire peut avoir lieu.

La France doit faire plus pour atteindre la neutralité carbone

En France, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et la loi énergie-climat (LEC) de 2019 ont fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de diversification des sources d’énergie, en cohérence avec les objectifs européens.

L’objectif de neutralité carbone en 2050 (autrement dit viser à ce que la France n’émette pas plus de gaz à effet de serre qu’elle n’en absorbe sur son territoire) et l’objectif de 33 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie en France d’ici 2030 ont ainsi été inscrits dans la loi. Pour l’électricité, cela correspond à un objectif de 40% de la production électrique d’origine renouvelable en 2030.

Pour atteindre ces objectifs, l’État a défini deux feuilles de route, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Dans ces conditions, augmenter la production d’électricité décarbonée pour atteindre la neutralité carbone en 2050 nécessite une électrification massive des usages faisant appel à l’électricité décarbonée.

En France, les émissions de gaz à effet de serre sont principalement générées par le recours aux énergies fossiles, qui représentent aujourd’hui près des deux tiers de la consommation en énergie finale. La décarbonation des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre (transports, résidentiel, industrie…) nécessitera de passer d’une utilisation d’énergie fossile à une utilisation d’électricité, qui devra être produite par des moyens de production décarbonés pour certains usages : véhicules électriques (au lieu de thermiques), pompes à chaleur (au lieu de chauffage au gaz ou au fioul), procédés industriels électrifiés… Il en résulte que le besoin en électricité provenant de sources décarbonées augmentera significativement dans les décennies à venir.

Ainsi, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) publiée en 2020 prévoit à l’horizon 2050 une augmentation en volume du besoin de production électrique à hauteur de 645 TWh.

Compte tenu à la fois de ce besoin croissant en électricité, d’une nécessaire diversification de nos moyens de production d’électricité pour rendre le mix électrique plus résistant face aux crises, du relatif vieillissement des centrales nucléaires existantes, et malgré les projets de nouvelles centrales nucléaires dont la première mise en service n’est pas envisagée avant 2035, il est indispensable de développer rapidement et massivement de nouveaux moyens de production d’énergies renouvelables. Ceux-ci comportent notamment l’éolien terrestre, le solaire et les énergies marines renouvelables (EMR), dont fait partie l’éolien en mer.

L’éolien en mer présente de nombreux atouts :

  • Un gisement important, permettant de remplir à horizon 2050 l’équivalent d’environ un quart des besoins en électricité en France
  • Une grande productivité, avec un facteur de charge de 45% en moyenne
  • Une technologie faiblement émettrice de CO2 (facteur d’émission entre 13 et 19 g eq CO2/kWh produit)
  • Une technologie toujours plus compétitive puisque le dernier appel d’offres éolien posé a été attribué à un tarif de 45€/MWh
  • Une technologie créatrice d’emplois, avec plus de 7500 emplois dans le secteur en France.

Le déploiement de nouvelles capacités de production d’énergie est réalisé selon les objectifs fixés par la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Révisée tous les cinq ans, elle définit la trajectoire du mix énergétique national pour les dix prochaines années. La PPE en vigueur couvre la période 2019-2028 et détermine les capacités de production à attribuer sur cette période. 

Afin de poursuivre le développement de l’éolien en mer, les objectifs suivants ont été annoncés en 2022 :
– objectif de 50 parcs en service représentant 40 GW installés en 2050 (discours du président de la République à Belfort le 10 février 2022) ;
-objectif de 2 GW attribués par an à partir de 2025 et de 20 GW attribués en 2030 (pacte entre l’Etat et la filière de mars 2022).

Lors des travaux sur la révision de la stratégie française pour l’énergie et le climat, le Gouvernement a publié, le 12 juin 2023, une trajectoire de déploiement de l’éolien en mer prévoyant la mise en service de 45 GW à l’horizon 2050 

Ces orientations ont vocation à être traduites, adaptées et précisées lors de la prochaine loi de production d’énergie et la révision de la PPE prévue en 2024.