10/10/2024 Une très violente explosion cosmique d’origine encore inconnue

Une explosion cosmique d’une violence exceptionnelle a été observée par des astronomes utilisant le réseau ATLAS de télescopes robotisés reliant Hawaï, le Chili et l’Afrique du Sud. Elle émergeait d’une galaxie dite « rouge »https://english.cas.cn/newsroom/archive/news_archive/nu2011/201502/t20150215_140153.shtml.

Elle a été vite reconnue comme un phénomène jamais observé auparavant, alors que les astronomes responsable de cette découverte observent des centaines voire des milliers de galaxies par an.

Le phénomène, qui a été nommé AT2022aedm, était 100 fois plus lumineux que la plupart des supernova. Il a disparu après son pic d’intensité beaucoup plus vite que celles-ci, qui persistent pendant des mois. Ceci signifie qu’il a émis autant d’énergie que le soleil ne le fera pendant les 10 milliards d’années de sa vie

Les supernova les plus courantes sont dites par effondrement du cœur. Quant une étoile ayant au moins 8 fois la masse de notre soleil a consommé tout son carburant, elle n’ a plus d’énergie pour combattre la gravité et retombe sur elle même puis ultérieurement disparaît. Elle laisse à sa place un trou noir ou une étoile à neutron. Mais AT2022aedm n’avait pas un cœur de masse suffisante pour qu’il puisse s’effondrer.

Des supernova dites de Type 1a peuvent se produire lorsque l’étoile dispose d’une étoile compagne ou companion star. Si elle s’effondre et n’a pas la masse suffisante pour créer une supernova, ses débris peuvent créer une « étoile à neutron » ou un trou noir. Mais ce phénomène généré une radiation uniforme qui peut durer très longtemps et qui est appelé standard candle et peut servir à mesurer les distances cosmiques.

Mais AT2022aedm ne ressemble à rien de tout cela. Son origine demeure inconnue

Voir

https://www.space.com/1st-of-its-kind-explosion-luminous-fast-cooler-black-hole-star-destroyer

https://iopscience.iop.org/article/10.3847/2041-8213/acf0ba/meta

10/10/2024 La vie dans l’Univers

La vie aurait pu apparaître dans l’Univers beaucoup plus tôt et dans beaucoup plus de planètes qu’estimé aujourd’hui.

Des recherches antérieures sur la formation des éléments dans l’Univers primitif suggéraient que le carbone, un élément essentiel pour la vie telle que nous la connaissons, n’avait commencé à se former en grande quantité qu’environ un milliard d’années après le Big Bang. Cette hypothèse était basée sur plusieurs observations et modèles théoriques de l’évolution stellaire et de la nucléosynthèse.

Après le Big Bang, l’Univers était principalement composé d’hydrogène, d’hélium et de traces de lithium. Les éléments plus lourds, connus sous le nom de métaux en astronomie, ont été créés dans les intérieurs brûlants des premières étoiles. Ces dernières, appelées étoiles de Population III, étaient très massives et de courte durée de vie.

On pensait jusqu’à présent que ces étoiles massives produisaient principalement de l’oxygène et d’autres éléments lourds, mais peu de carbone. Les modèles standards laissaint penser en effet que cet élément ne se formerait en quantités significatives que dans les générations d’étoiles suivantes (Population II) qui sont moins massives et ont des processus de fusion nucléaire différents.

Selon ces modèles, il aurait fallu plusieurs cycles de formation et de destruction d’étoiles pour enrichir l’Univers en carbone. Pour ces raisons, les grandes quantités de carbone nécessaires à la formation de planètes rocheuses favoravles à la vie étaient donc supposées être apparue très tardivement après le Big Bang,

Or de récentes observations montrent que le carbone s’est formé dans l’univers beaucoup plus tôt que prévu. Selon les chercheurs, le carbone pourrait même être l’élément plus ancien apparu dans l’univers.

Le télescope spatial James Webb

Pour faire cette hypothèse, les astronomes ont utilisé le spectrographe proche de l’infrarouge du télescope James Webb dans le but d’observer une ancienne galaxie connue sous le nom de GS-z12. En décomposant la lumière de cette galaxie en un spectre de couleurs, les chercheurs ont ainsi pu lire l’empreinte chimique de cet objet primitif apparu seulement 350 millions d’années après le Big Bang. Ils ont alors trouvé un mélange de traces d’oxygène et de néon avec un fort signal de carbone.

La manière dont ce carbone a pu se former si tôt dans l’Univers reste incertaine. Certains suggèrent que cela pu être dû à l’effondrement d’étoiles disposant de moins d’énergie qu’on ne le pensait initialement. Dans ce cas, le carbone aurait pu se former dans les couches extérieures de ces étoiles et s’échapper dans l’Univers primitif au lieu d’être aspiré dans les trous noirs résultant de l’effondrement de ces étoiles.

La détection de carbone si précocement a néanmoins des implications majeures pour la recherche de la vie extraterrestre. En effet, étant donné que le carbone est considéré comme fondamental pour la vie telle que nous la connaissons, il n’est donc pas impossible que la vie soit apparu et ait évolué dans l’Univers. beaucoup plus tôt qu’il ne le semblait jusqu’à présent

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives sur la formation des éléments et la rapidité avec laquelle les conditions propices à la vie ont pu émerger dans l’Univers. Elle remet en question nos modèles actuels de nucléosynthèse stellaire et soulève des interrogations sur l’évolution chimique de l’Univers primitif.

De plus l’observation de carbone dans une galaxie aussi jeune que GS-z12 montre que les ingrédients nécessaires à la vie ont peut-être été présents beaucoup plus tôt que nous ne le pensions, suggérant ainsi que l’apparition de la vie extraterrestre dans l’Univers, pourrait également avoir commencé très tôt.

D’après https://sciencepost.fr/james-webb-fait-decouverte-carbone-univers-primitif/

Référence

JADES: Carbon enrichment 350 Myr after the Big Bang in a gas-rich galaxy

[Submitted on 16 Nov 2023]

Abstract

Finding the emergence of the first generation of metals in the early Universe, and identifying their origin, are some of the most important goals of modern astrophysics. We present deep JWST/NIRSpec spectroscopy of GS-z12, a galaxy at z=12.5, in which we report the detection of C III]λλ1907,1909 nebular emission. This is the most distant detection of a metal transition and the most distant redshift determination via emission lines. In addition, we report tentative detections of [O II]λλ3726,3729 and [Ne III]λ3869, and possibly O III]λλ1661,1666. By using the accurate redshift from C III], we can model the Lyα drop to reliably measure an absorbing column density of hydrogen of NHI≈1022 cm−2 – too high for an IGM origin and implying abundant ISM in GS-z12 or CGM around it. We infer a lower limit for the neutral gas mass of about 107 MSun which, compared with a stellar mass of ≈4×107 MSun inferred from the continuum fitting, implies a gas fraction higher than about 0.1-0.5. We derive a solar or even super-solar carbon-to-oxygen ratio, tentatively [C/O]>0.15. This is higher than the C/O measured in galaxies discovered by JWST at z=6-9, and higher than the C/O arising from Type-II supernovae enrichment, while AGB stars cannot contribute to carbon enrichment at these early epochs and low metallicities. Such a high C/O in a galaxy observed 350 Myr after the Big Bang may be explained by the yields of extremely metal poor stars, and may even be the heritage of the first generation of supernovae from Population III progenitors.





Cite as:arXiv:2311.09908
 (or arXiv:2311.09908v1
Francesco D’Eugenio others authors Focus to learn more
Journal reference:A&A 689, A152 (2024)
Related DOI:https://doi.org/10.1051/0004-6361/202348636 Focus to learn more

09/10/2024 Homo erectus savait déjà sculpter des pierres en forme de sphère




L’analyse de 150 pierres de la taille d’une balle de baseball trouvées à Ubeidiya, au nord d’Israël dans un site où vivaient des humains primitifs de l’espèce Homo erectus montre que ces pierres avaient été artificiellement taillées en forme de sphère d’un diamètre uniforme de 8 cm dans des morceaux de grès.

Le grès est une roche sédimentaire détritique, issue de l’agrégation de grains de taille majoritairement sableuse (0,063 mm à 2 mm) et consolidé lors de la diagenèse. La diagenèse est l’ensemble des processus qui interviennent dans la transformation des sédiments en roches sédimentaires.

Les grains qui constituent le grès sont généralement issus de l’érosion de roches préexistantes, qui déterminent en grande partie sa composition, principalement constituée de quartz et feldspath. Selon le degré de cimentation et sa composition, il peut former une roche très friable ou cohérente. Le grès se rencontre dans une grande variété de milieux de dépôt, depuis le domaine continental (rivière, plage) jusqu’au domaine marin (turbidites).

Fabriquer ces sphères en grès demandait le même niveau de savoir-faire que confectionner des haches de pierre. Leur emploi est inconnu. Il s’agissait probablement de projectiles. Mais pourquoi l’usage de telles objets s’est-il rapidement perdu ?

Référence

The limestone spheroids of ‘Ubeidiya: intentional imposition of symmetric geometry by early hominins?

Antoine Muller and others,  

Published:06 September 2023
https://doi.org/10.1098/rsos.230671

  • Abstract

Spheroids are one of the least understood lithic items yet are one of the most enduring, spanning from the Oldowan to the Middle Palaeolithic. Why and how they were made remains highly debated. We seek to address whether spheroids represent unintentional by-products of percussive tasks or if they were intentionally knapped tools with specific manufacturing goals. We apply novel three-dimensional analysis methods, including spherical harmonics and surface curvature, to 150 limestone spheroids from ‘Ubeidiya (ca 1.4 Ma), presently the earliest Acheulean occurrence outside of Africa, to bring a new perspective to these enigmatic artefacts. We reconstruct the spheroid reduction sequence based on trends in their scar facets and geometry, finding that the spheroid makers at ‘Ubeidiya followed a premeditated reduction strategy. During their manufacture, the spheroids do not become smoother, but they become markedly more spherical. They approach an ideal sphere, a feat that likely required skilful knapping and a preconceived goal. Acheulean bifaces are currently thought to represent the earliest evidence of hominins imposing a premeditated, symmetrical shape on stone. The intentional production of sphere-like objects at ‘Ubeidiya similarly shows evidence of Acheulean hominins desiring and achieving intentional geometry and symmetry in stone.

09/10/2024 Un nouveau type de cellule cérébrale découvert dans le cerveau

Les cellules cérébrales sont de deux type, les neurones et les glia. Les neurones communiquent entre eux travers les synapses par l’intermédiaire d’impulsions électriques qui provoquent l’émission d’un produit chimique dit neurotransmetteur. Les glia, aussi appelés gliocytes, ne produisent pas d’impulsions électriques telles celles des neurones. Elles ne communiquent donc pas entre elles.

Il y a 20 ans cependant, Andrea Volterra, actuellement à l’Université de Lausanne annonça que lui et son équipe avaient découvert que certaines glia pouvaient aussi utiliser des transmissions de type synaptique. Mais ils eurent du mal à le prouver.

Désormais cette preuve est faite. L’équipe vient de faire savoir que des cellules non neuronales situées dans l’hippocampe avaient elles-aussi recours à des transmissions synaptiques. Plusieurs types de glia, dits astrocytes, ont cette faculté. Elles secrètent un neurotransmetteur dit glutamate qui est le plus commun dans le cerveau.

Elles possèdent des gènes spécialisés qui commandent cette fonction. Les chercheurs ont nommé ces cellules des astrocytes glutamatergiques ou cellules hybrides.

La recherche a été faite à partir de cellules se trouvant dans des cerveaux de souris adultes en utilisant un microscope fluorescent spécialisé. Les chercheurs estiment que des glia communiquant par des transmissions synaptiques contribuent à une meilleurs coordination des messages cérébraux entre milliers de neurones chez la souris et de millions ou plus de neurones chez l’homme.

Il semble aujourd’hui que des défaillances dans ce système peuvent conduire à des formes plus ou moins graves de maladie de Parkinson.

Référence

article

    Specialized astrocytes mediate glutamatergic gliotransmission in the CNS

    Multimodal astrocyte–neuron communications govern brain circuitry assembly and function1. For example, through rapid glutamate release, astrocytes can control excitability, plasticity and synchronous activity2,3 of synaptic networks, while also contributing to their dysregulation in neuropsychiatric conditions4,5,6,7. For astrocytes to communicate through fast focal glutamate release, they should possess an apparatus for Ca2+-dependent exocytosis similar to neurons8,9,10. However, the existence of this mechanism has been questioned11,12,13 owing to inconsistent data14,15,16,17 and a lack of direct supporting evidence. Here we revisited the astrocyte glutamate exocytosis hypothesis by considering the emerging molecular heterogeneity of astrocytes18,19,20,21 and using molecular, bioinformatic and imaging approaches, together with cell-specific genetic tools that interfere with glutamate exocytosis in vivo. By analysing existing single-cell RNA-sequencing databases and our patch-seq data, we identified nine molecularly distinct clusters of hippocampal astrocytes, among which we found a notable subpopulation that selectively expressed synaptic-like glutamate-release machinery and localized to discrete hippocampal sites. Using GluSnFR-based glutamate imaging22 in situ and in vivo, we identified a corresponding astrocyte subgroup that responds reliably to astrocyte-selective stimulations with subsecond glutamate release events at spatially precise hotspots, which were suppressed by astrocyte-targeted deletion of vesicular glutamate transporter 1 (VGLUT1). Furthermore, deletion of this transporter or its isoform VGLUT2 revealed specific contributions of glutamatergic astrocytes in cortico-hippocampal and nigrostriatal circuits during normal behaviour and pathological processes. By uncovering this atypical subpopulation of specialized astrocytes in the adult brain, we provide insights into the complex roles of astrocytes in central nervous system (CNS) physiology and diseases, and identify a potential therapeutic target.

    08/10/2024. L’Iran est-elle intouchable?

    Le précédent Premier ministre Israélien Naftali Bennett vient d’appeler Israel à frapper le programme nucléaire iranien qui selon lui projette une ombre sinistre sur l’avenir du pays. « Pour la première fois, nous avons la possibité de le faire, comme suite aux pertes infligées par Israël aux groupes terroristes du Hamas et du Hezbollah ». Selon lui, le régime Iranien reposant sur le terrorisme et le meurtre est pour la première fois en situation de vulnérabilité.

    Mais comment pourrait procéder Israël, tenant compte du fait que les sites scientifiques et industriels dans lesquels les mollahs préparent leur prochaines armes nucléaires sont répartis en sous-sol sur un territoire équivalant à trois fois celui de la France. Il faudrait qu’Israël y consacre des dizaines de bombes classiques à tête perforante pour espérer les atteindre/

    Certes, la Force aérienne et spatiale israélienne  aligne environ 400 avions  et 215 hélicoptères, ainsi que des drones, des satellites et des missiles balistiques. Israël est le seul pays du Moyen Orient à disposer d’avions de chasse de cinquième génération. Sa flotte est l’une des plus modernes de la région. Elle possède également une grande quantité d’équipements évolués, produits localement ou importés des Etats-Unis

    Cependant même l’allié américain n’admettrait pas qu’Israël puisse s’en prendre à l’Iran en utilisant ne fut-ce qu’une partie de cet arsenal, tant du moins que l’Iran ne l’aura pas attaquée. C’est donc Israël qui est en situation de vulnérabilité.

    Ceci dit, Israël bénéfice des renseignements et le cas échéant des interventions d’agents infiltrés chez ses adversaires (human intelligence). Il n’est pas exclu que de tels agents infiltrés en Iran et bénéficiant de la sympathie de l’opposition interne aux mollahs ne l’aident à tempérer l’ardeur belliqueuse de ces derniers.

    On lit dans wikipedia, sous l’intitulé Iran

    L’Iran compte 83 millionshabitants? . La république islamique est un régime autoritaire théocratique où le clergé chiite exerce le pouvoir, qui incorpore des éléments démocratiques dont l’élection au suffrage universel du président et des députés au Madjles. Le Guide de la révolutionAli Khamenei depuis 1989, détient l’autorité suprême. La politique étrangère de l’Iran se caractérise par son opposition à Israël et aux États-Unis, et son soutien à certaines forces du monde arabe, le plus souvent chiites — milices irakiennes, gouvernement syrienHezbollah libanais.

     Membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), c’est un très important producteur de pétrole à l’échelle mondiale. Le pays dispose par ailleurs de la plus grande réserve de gaz naturel aujourd’hui connue.

    07/10/2024 La start-up quantique Quantinuum a réussi la téléportation quantique

    Contrairement aux ordinateurs traditionnels qui utilisent des bits pour traiter l’information, les ordinateurs quantiques fonctionnent avec des qubits. Les bits classiques peuvent exister dans un état de 0 ou 1, tandis que les qubits peuvent être simultanément dans plusieurs états (0 et 1 en même temps) grâce aux propriétés de la mécanique quantique, une propriété connue sous le nom de superposition. Cette caractéristique permet aux ordinateurs quantiques de réaliser des calculs bien plus complexes et à une vitesse beaucoup plus élevée que les ordinateurs classiques.

    Cependant, cette puissance s’accompagne de défis majeurs. Les qubits sont en effet extrêmement sensibles à leur environnement. Ils peuvent être perturbés par des interférences extérieures, ce qui conduit à des erreurs dans les calculs. C’est là que réside l’un des obstacles principaux à la réalisation d’ordinateurs quantiques utilisables : comment garantir des résultats fiables quand les erreurs sont si fréquentes ?

    Pour pallier ces erreurs, les chercheurs ont développé ce qu’on appelle des qubits logiques. Contrairement aux qubits physiques, qui sont les unités de base d’un ordinateur quantique, les qubits logiques sont formés en combinant plusieurs qubits physiques. Cela permet de corriger les erreurs potentielles qui peuvent survenir durant les calculs.

    Les qubits logiques sont donc comme un groupe de travailleurs qui collaborent pour s’assurer que le travail est bien fait, même si l’un d’entre eux fait une erreur. En d’autres termes, ce mécanisme de correction d’erreurs permet aux calculs quantiques d’être plus stables et moins susceptibles de produire des résultats incorrects.

    Une des caractéristiques de la mécanique quantique est l’idée de la téléportation quantique. Il ne s’agit pas de déplacer physiquement un objet, mais de transférer instantanément des informations d’un endroit à un autre à l’aide d’un phénomène appelé intrication. L’intrication quantique permet à deux particules (ou qubits) d’être connectées de telle manière que l’état de l’une affecte immédiatement l’autre, peu importe la distance qui les sépare.

    Dans cette nouvelle avancée, les chercheurs de Quantinuum ont réussi à téléporter des qubits logiques. Cette réalisation est révolutionnaire, car elle prouve que les informations stockées dans un qubit logique peuvent être transférées d’un endroit à un autre de manière fiable, même en utilisant des méthodes tolérantes aux pannes. C’est une étape cruciale pour rendre les ordinateurs quantiques pratiques et efficaces.

    Pour y parvenir, les chercheurs ont utilisé leur processeur quantique à ions piégés H2 et ont testé deux méthodes : la chirurgie transversale et la chirurgie en treillis. La première méthode permet de manipuler plusieurs qubits à la fois, ce qui accélère ainsi le processus de téléportation. La seconde méthode consiste à ajuster les frontières des qubits, ce qui permet une compatibilité accrue entre différentes architectures quantiques. Bien que ces deux approches aient montré des résultats prometteurs, la méthode transversale s’est avérée plus fidèle et plus rapide.

    Bien que cette avancée représente un grand pas en avant, l’on est encore loin d’un ordinateur quantique pleinement opérationnel. Les chercheurs doivent en effet encore résoudre de nombreux défis techniques, notamment la réduction des erreurs à grande échelle et la gestion de plusieurs qubits logiques de manière simultanée.

    Néanmoins, la percée de Quantinuum montre que l’industrie progresse rapidement. La première téléportation de qubits logiques à l’aide de méthodes tolérantes aux pannes est un signe prometteur du fait que les ordinateurs quantiques deviendront un jour une réalité, ce qui transformera ainsi de nombreux aspects de notre vie quotidienne.

    À terme, ces ordinateurs pourraient révolutionner de nombreux secteurs. En médecine, ils pourraient simuler des molécules complexes pour accélérer la découverte de nouveaux médicaments. Dans le domaine de la cryptographie, ils seraient capables de casser les codes les plus complexes en un temps record tout en permettant de créer de nouvelles méthodes de sécurité incassables. Enfin, dans l’intelligence artificielle, ces machines pourraient entraîner des modèles d’apprentissage profond bien plus efficacement qu’aujourd’hui.

    https://www.quantinuum.com/

    https://www.quantinuum.com/press-releases/introducing-quantinuum
    Quantinuum is a result of the combination of two global leaders in quantum computing: Honeywell Quantum Solutions and Cambridge Quantum

    Voir aussi, concernant la France

    Five French quantum computer-research startups were awarded contracts to develop two universal quantum computer prototypes by 2032. France’s defense-procurement agency selected Alice & Bob, C12, Pasqal, Quandela and Quobly for the project. March 6 2024

    07/10/2024 La science au néolithique. Menga

    Le dolmen de Menga est situé à un kilomètre au nord-est de la ville d’Antequera, à quelques mètres seulement du dolmen de Viera. Avec ce dernier et celui d’El Romeral, ils forment le site de dolmens d’Antequera, un site inscrit au patrimoine de l’Humanité de l’Unesco depuis 2016..

    À la fin du XVIe siècle, l’existence et l’ancienneté du site sont déjà connues. En 1587, dans un manuscrit intitulé Discursos Históricos de Antequera, l’ecclésiastique Agustín de Tejada Páez mentionne « une grotte qui s’appelle Menga, et une autre qui a été découverte il y a peu de temps, qui se trouvent à la périphérie de la ville, en direction de Grenade ». Selon Tejada Páez ces « grottes » (la seconde pourrait être le dolmen de Viera) étaient « faites à la main et devaient être des temples nocturnes où les gentils venaient la nuit pour faire des sacrifices ». Son neveu, Francisco de Tejada y Nava y voyait « l’œuvre d’êtres surnaturels dans laquelle les hommes accomplissaient des sacrifices ou des rituels démoniaques »1.

    L’archéologue Rafael Mitjana mentionne qu’il a visité le monument à 25 reprises entre le 17 avril 1842 et la publication de son ouvrage Memoria en 1847. Conscient de l’importance scientifique du monument, qui n’avait jamais été jamais été reconnue auparavant, il ordonna de le nettoyer et d’en clôturer l’entrée. Le succès de son ouvrage Memoria a contribué à la notoriété internationale du dolmen.

    En 1852, la voyageuse britannique Louisa Tenison lors de son voyage dans le sud de l’Espagne fit un déplacement à Antequera pour visiter le monument. En 1885, le roi Alphonse XII, qui parcourait la province de Malaga à la suite du grave tremblement de terre qui a frappé la région, a visité le site et ordonneé qu’il soit déclaré monument national, ce qui fut fait le 1er juin 1886.

    C’est peut-être le monument mégalithique le plus célèbre d’Espagne. Il aurait été érigé entre – 3600 et – 3680 bp. Son toit est constitué de 32 dalles de pierre. Le poids de la plus lourde est estimé à plus de 30 tonnes ; trois fois plus que la plus grande érigée à Stonehenge UK qui fut construit 10 siècles après. La façon sont ces dalles ont été extraites et transportées demeure mystérieuse.

    En étudiant ces dalles, l’ archéologue Leonardo Garcia Sanjuàn de l’université de Séville a découvert que le bord des pierres constituant le toit avaient été taillé de façon géométrique afin qu’elles s’enclenchant entre elles et forment un ensemble rigide. Ceci supposait que les constructeurs avaient des connaissances suffisantes en géométrie dans l’espace pour se représenter à l’avance l’ensemble de l’édifice, avec des angles suffisamment précis. Rappelons que la Pyramide de Cheops aurait été construite vers 2.570 bp.

    Référence

    Early science and colossal stone engineering in Menga, a Neolithic dolmen (Antequera, Spain)

    Science Advances
    23 Aug 2024

    Vol 10, Issue 34

    José Antonio Lozano Rodríguez and others
    DOI: 10.1126/sciadv.adp1295

    • Abstract

    • Megaliths represent the earliest form of monumental stone architecture. The earliest megalithic chambers in Europe appeared in France in the fifth millennium BCE. Menga is the oldest of the great dolmens in Iberia (approximately 3800 to 3600 BCE). Menga’s capstone #5 weighing 150 tons is the largest stone ever moved in Iberia as part of the megalithic phenomenon and one of the largest in Europe. The research presented here proposes a completely innovative interpretation of how this colossal monument was built. It comprises a geoarchaeological analysis encompassing three major components: (i) the angles of the planes of each stone, (ii) the stratigraphic polarity of each structural element, and (iii) the depth of the foundations. Our results show that Menga is a unique example of creative genius and early science among Neolithic societies. It was designed as a completely original engineering project, for which we know of no precedents in Iberia.


    06/10/2024 Face à l’Islamisme les Juifs sont-ils encore en sécurité en France?

    La France comprend la plus forte communauté juive d’Europe avec un peu moins de 500.000 Juifs, selon un index portant sur 12 pays européens publié en juin 2022 dans le cadre d’une rencontre organisée par l’Association juive européenne (EJA). Cependant, la France est l’un des pays européens dans lequel la communauté juive se sent le moins en sécurité, en dépit des actions menées par l’État.

    Cet index de la « qualité de vie juive », réalisé à partir de sondages et études menées par l’Institute for Jewish Policy Research de Londres et par la European Union Agency for Fondamental Rights, auprès de 16 000 Juifs européens en 2018, croise quatre ensembles de données : le sentiment de sécurité ressenti par la communauté juive, l’attitude de la population vis-à-vis des Juifs et Israël, l’antisémitisme et enfin la « performance du gouvernement » (statistiques sur les incidents antisémites, lieux de mémoire de l’Holocauste, budgets destinés à la sécurité des sites juifs, liberté de culte et préservation des pratiques juives telles que la circoncision et l’abattage rituel, etc…)

    Au « classement général » la France arrive à la 10e position (68/100), loin derrière l’Italie (1re place avec 79/100) et la Hongrie (2e) mais devant la Pologne (11e) et la Belgique (12e place avec 60/100). Pourtant, « le gouvernement de la France a une bonne performance » par les actions menées par l’État (score de 83/100), « mais en dépit de cela, la communauté juive exprime un fort sentiment d’inquiétude » pour sa sécurité (31/100), selon Daniel Staetsky, auteur de cet index, statisticien à l’Institute for Jewish Policy Research.

    Comme possibles explications, il cite les « attaques terroristes antisémites » comme la tuerie de l’école juive Otzar Hatorah à Toulouse en 2012 ou l’attaque contre l’Hypercacher dans l’Est parisien en janvier 2015.

    Rappelons que le 19 février 2019, mille personnalités, juives ou non juives, participaient au Carrousel du Louvre au traditionnel dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Il y avait les dignitaires communautaires, des ministres, d’anciens Premiers ministres, des personnalités des arts et quelques autres. 200 gendarmes et policiers sécurisent les lieux, L’inquiétude était perceptible : récemment, à Paris, des portraits de Simone Veil avaient été tagués de croix gammées, le philosophe Alain Finkielkraut a été bousculé dans une manifestation de gilets jaunes et les arbres plantés en mémoire d’Ilan Halimi sciés.

    Dans un discours d’une trentaine de minutes, Emmanuel Macron avait affiché sa détermination. Il avait promis l’adoption par la France d’une définition de l’antisémitisme élargie à l’antisionisme comme le souhaite le Crif. Il avait annonce le vote d’une proposition de loi contre la haine sur Internet et lancé l’idée d’un audit sur la déscolarisation des enfants juifs des écoles publiques.

    Aujourd’hui, cinq ans ont passé,. Les deux premières mesures sont entrées en vigueur, mais pas l’audit, Aujourd’hui encore, nul ne sait combien d’enfants juifs ont quitté l’école de la République par sentiment d’insécurité. 

    Depuis plusieurs années déjà dans certains départements, en Seine-Saint-Denis en particulier, on constate que des enfants juifs quittent l’école publique parce qu’ils ne s’y sentent plus en sûreté, les parents préférant les scolariser dans des écoles confessionnelles juives ou privées catholiques. A la fin des années 1990, puis dans un rapport datant de 2004 portant sur « les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires », Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education nationale, mentionne des proviseurs qui organisent le transfert d’élèves juifs vers le privé faute de pouvoir en assurer la sécurité. Mais personne ne sait avec précision combien ils sont, ni où. La ségrégation est à l’œuvre.

    Des données comme les inscriptions dans les écoles juives communautaires, fournissent une indication, mais elles ne sont que partielles. Parfois, des familles déménagent mais sans renoncer à l’école publique. Parfois, elles choisissent le privé catholique.

    Dans le même temps le nombre d’actes antisémites n’a cessé d’augmenter: soit 887 actes antisémites au 1er semestre 2024 en Franc. Les actes antisémites ont quasiment triplé depuis le début de l’année, avec « 887 faits » recensés au premier semestre, vient d’indiquer le ministre démissionnaire de l’Intérieur Gérald Darmanin, alors qu’ils étaient 304 au cours de la même période en 2023

    « L’antisémitisme, qui a toujours existé, désormais ne se cache plus. Il est une insulte aux morts, aux blessés, aux humiliés et à notre Histoire », a-t-il souligné lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de l’attentat de la rue des Rosiers, au cœur du quartier historique juif de Paris, qui avait fait six morts et 22 blessés après l’explosion d’une grenade dans le restaurant Jo Goldenberg, puis une fusillade dans le quartier. « La justice n’est pas encore passée sur ce crime ignoble et antisémite », a ajouté Gérald Darmanin, alors qu’un seul des quatre suspects de l’attaque du 9 août 1982 est aux mains de la justice française.

     Réitérant le « soutien indéfectible du gouvernement aux juifs de France », il a estimé que « ce sont les mots qui nourrissent aujourd’hui l’antisémitisme qui nous touche tous » et « qui nous pressent de mener un combat culturel ». Face à la montée de  l’antisémitisme, « comment des hommes politiques peuvent considérer qu’il est résiduel ? » a ajouté le ministre démissionnaire, dans une allusion à des propos du leader LFI Jean-Luc Mélenchon.

    L’Islam en France

    L’islam est aujourd’hui la deuxième religion en France après le catholicisme en nombre de pratiquants, la troisième en nombre de lieux de culte après le protestantisme. La communauté musulmane française est aussi la première en Europe. Essentiellement issues de l’immigration connue par la France à partir des années 1960, les populations musulmanes sont aujourd’hui souvent de deuxième, de troisième voire de quatrième génération.

    En l’absence de recensements officiels portant sur la religion, il est assez difficile de chiffrer avec précision leur nombre en France. Les évaluations les plus récentes se situent dans une fourchette allant de 4,1 millions de musulmans (selon une estimation de l’Observatoire de la laïcité en 2019) à 8,4 millions de personnes ayant une « origine musulmane » (selon une estimation de François Héran en 2017) en fonction des méthodes de calcul retenues pour les estimations.

    Le Pew Research Center estimait en 2017 que les musulmans étaient 5,72 millions en 2016 en France, soit 8,8 % de la population. Par projection, le même centre de recherche estime qu’en 2050 en France entre 12,7 % et 18 % de la population sera musulmane, ce nombre variant en fonction de la quantité d’immigration vers la France

    NB. Selon une étude de l’université Prince Sultan (en) de Riyad (Arabie saoudite), la France sera à majorité musulmane d’ici 2135. Faut-il le croire?

    Dans un rapport de l’INED et de l’Insee dont les résultats ont été publiés en 2023, parmi la population de 18 à 59 ans en France métropolitaine, il y avait en 2019-2020, 10 % de personnes se déclarant musulmanes (contre 51 % se déclarant sans religion et 38 % se déclarant chrétiens)

    La grande majorité des musulmans de France appartient au courant principal de l’islam, le sunnisme.

    Les musulmans Français ne sont pas tous antisémites. Seuls le sont ceux qui se croient mobilisés dans une guerre pour la conquête du pouvoir telle que définie par l’organisation dite Etat Islamique encore très présente en France comme en Europe méditerranéenne. Rappelons cependant la formule répétée à satiété dans certains banlieues européennes : Il n ‘y a de bons juifs que morts

    Voir https://fr.timesofisrael.com/les-gens-aiment-les-juifs-morts-titre-dara-horn/

    05/10/2024 Le changement climatique provoquera des glissements de terrain catastrophiques

    Un exemple vient d’en être donné récemment au Groenland. Le 16 septembre 2023, les stations d’alerte au séisme en place tout autour du monde détectèrent pendant 9 jours un étrange signal intermittent. Celui-ci était différent des signaux correspondant à des tremblements de terre. Stephen Hicks et ses collègues du University College London le nommèrent un Objet Sismique Non-identifié (Unidentified seismic object ou USO).

    Ils montrent maintenant que ce signal était causé par des vagues traversant d’une rive à l’autre le Fjord Dickson, situé dans l’est du continent et large par endroit de près de 3 km. Ces vagues étaient causées par un massif glissement de terrain provoquant un tsunami de 110m de haut .

    Les tremblements de terre ne durent généralement que quelques minutes et sont un mélange de diverses fréquences

    .En l’espèce l’USO avait une fréquence unique de 11 millihertz et se répétait toutes les 90 secondes. Les scientifiques en conclurent que les vagues et le séisme avaient la même cause, ce que l’on nomme une seiche https://en.wikipedia.org/wiki/Seiche ou https://fr.wikipedia.org/wiki/Seiche_(hydrodynamique)

    Celle-ci dura probablement plus de 9 jours, bien que devenant à la fin difficilement perceptible.

    Ceci signifie que les glissements de terrain résultant du réchauffement climatiques risquent de devenir dans les prochaines années de plus en plus fréquents et catastrophiques.

    Dans le cas relaté ici, le glissement de terrain avait résulté de la fonte progressive d’un glacier qui empêchait de s’effondrer une partie de la montagne rocheuse voisine. Il en est résulté 25 millions de m3 de roches et de glaces tombant dans le fjord.

    L’on peut craindre que le même phénomène ne se reproduise bientôt dans les Alpes et les Pyrénées.

    Référence

    Research Article
    GEOPHYSICS

    A rockslide-generated tsunami in a Greenland fjord rang Earth for 9 days

    Kristian Svennevig https://orcid.org/0000-0003-3863-8096 , Stephen P. Hicks https://orcid.org/0000-0002-7476-3284Thomas Forbriger https://orcid.org/0000-0002-2330-3886Thomas Lecocq https://orcid.org/0000-0002-4988-6477Rudolf Widmer-Schnidrig https://orcid.org/0000-0001-9698-2739Anne MangeneyClément HibertNiels J. Korsgaard https://orcid.org/0000-0002-8700-7023Antoine Lucas https://orcid.org/0000-0003-2192-4416[…], and Bastien Wirtz https://orcid.org/0009-0007-5306-455X+58 authors

    12 Sep 2024
    Vol 385, Issue 6714
    pp. 1196-120

    https://www.science.org/doi/10.1126/science.adm9247

    Editor’s summary

    A large rockslide occurred in Greenland on 16 September 2023 that generated a local tsunami. The event was energetic enough to generate a global signal that resonated for 9 days. Svennevig et al. used a range of geophysical tools to detail the sequence of events that occurred and then determined the origin of the global signal. The authors found that the signal was generated by standing waves in the Dickson fjord due to the rockslide. Climate change drives feedback among the cryosphere, hydrosphere, and mass wasting events, and signals such as the one the authors observed may provide a different way of understanding these interactions. —Brent Grocholski

    Abstract

    Climate change is increasingly predisposing polar regions to large landslides. Tsunamigenic landslides have occurred recently in Greenland (Kalaallit Nunaat), but none have been reported from the eastern fjords. In September 2023, we detected the start of a 9-day-long, global 10.88-millihertz (92-second) monochromatic very-long-period (VLP) seismic signal, originating from East Greenland. In this study, we demonstrate how this event started with a glacial thinning–induced rock-ice avalanche of 25 × 106 cubic meters plunging into Dickson Fjord, triggering a 200-meter-high tsunami. Simulations show that the tsunami stabilized into a 7-meter-high long-duration seiche with a frequency (11.45 millihertz) and slow amplitude decay that were nearly identical to the seismic signal. An oscillating, fjord-transverse single force with a maximum amplitude of 5 × 1011 newtons reproduced the seismic amplitudes and their radiation pattern relative to the fjord, demonstrating how a seiche directly caused the 9-day-long seismic signal. Our findings highlight how climate change is causing cascading, hazardous feedbacks between the cryosphere, hydrosphere, and lithosphere.

    04/10/2024 Quantique. Les atouts français

    A l’inverse de l’intelligence artificielle, dont les récents progrès sont tangibles, les technologies quantiques  sont difficiles à appréhender, étant basées sur des principes scientifiques peu familiers comme la superposition et l’intrication d’atomes, de spins et de photons.

    Bien qu’elles soient promises à révolutionner le calcul intensif utilisé entre autres dans la chimie, la santé, l’énergie, leurs applications concrètes pour le grand public ne verront probablement pas le jour avant plusieurs décennies.

    « L’aventure que nous vivons en ce moment dans le quantique est comparable à celle des pionniers de l’informatique dans les années 1950 », disait il y a un an Georges-Olivier Reymond, le patron de l’entreprise française Pasqal, spécialisée dans le domaine. De ce fait, il est essentiel de s’y positionner le plus tôt possible.

    Dans l’Hexagone, le message a été compris, indique une note de l’Institut Montaigne, publiée le jeudi 3 octobre. La France « est bien positionnée tant sur le plan scientifique qu’en matière d’exportation de ses infrastructures et de son matériel quantique », par rapport à des compétiteurs mondiaux, les Etats-Unis en premier lieu. Le pays a su « faire émerger quatre des six technologies quantiques les plus prometteuses.

    On citera en premier lieu les atomes froids. La lumière permet de refroidir les gaz d’atomes pour produire une « matière quantique » aux propriétés surprenantes, radicalement différentes des fluides ordinaires. Ces atomes froids sont à la base de dispositifs d’une précision inédite pour mesurer le temps et l’espace. Ils trouvent des applications dans des domaines aussi divers que la navigation, les télécommunications ou la géophysique. Ils sont également au cœur du concept de « simulateur quantique », qui consiste à émuler par un système bien contrôlé (nos atomes) d’autres objets encore mal compris, comme le fluide d’électrons de certains supraconducteurs.

    C’est d’autant plus nécessaire que l’incertitude demeure importante concernant les performances futures des technologies quantiques (calculateurs quantiques de taille intermédiaire dits NISQ ou ordinateurs quantiques tolérants aux défauts dits FTQC) et celle des technologies associées.

    Une chose est cependant certaine : des avantagesémergeront ; ils devraient transformer durablement le marché des supercalculateurs (High Performance Computing) et impacter les secteurs de la défense et de la sécurité.

    Ces avantages quantiques concernent avant tout le calcul quantique qui devrait représenter près de 90 % du marché quantique en 2040 , marché estimé à 106 Mds $. D’autres avantages quantiques sont à prévoir au niveau des capteurs et des communications mais de manière plus ciblée.
     
    Aujourd’hui, les algorithmes quantiques apportent de la valeur ajoutée dans 4 secteurs clés: chimie & pharmaceutique, industrie manufacturière & transport, énergie & développement durable, et finance (banque / assurance).

    Le quantique est donc une technologie clé où la France détient un avantage compétitif stratégique et un intérêt sécuritaire majeur. L’enjeu consiste désormais à créer un marché porteur et à savoir valoriser nos innovations.

    Note

    L’Institut Français Montaigne https://www.institutmontaigne.org/ propose une réponse opérationnelle en cartographiant les usages à fort potentiel et en identifiant les secteurs prioritaires auxquels appliquer des technologies quantiques.

    Voir https://www.institutmontaigne.org/publications/quantique-vers-une-logique-de-marches