02/11/2024 Le Japon dans la guerre technologique

Les années 1980-90 ont été celles de la domination japonaise dans les filières automobile et électronique Mais ce succès s’explique moins par l’arrivée de technologies de rupture que par des progrès dans la chaîne de production réalisés dès la fin des années 1970. Le toyotisme, cette vision industrielle radicalement différente du fordisme et fondée sur une absence de stock, a révolutionné la fabrication des voitures. L’invention du Walkman (Sony) n’est pas non plus une innovation en soi, mais la combinaison de technologies différentes pour en faire un produit grand public

L’émergence des champions japonais a été liée à d’autres facteurs. La sous-évaluation du yen les a aidé à proposer des prix imbattables. Certains secteurs, comme l’automobile et les semi-conducteurs, ont bénéficié d’importantes subventions grâce à l’ambitieuse politique industrielle du gouvernement. Le système de production, modernisé une décennie plus tôt, a permis enfin au pays de mettre rapidement au point des équipements innovants et de qualité. C’est en partie grâce à lui que le Japon a bouleversé l’industrie des puces. Alors que les Etats-Unis fournissaient au monde la grande majorité des semi-conducteurs, les entreprises japonaises ont réussi, en quelques années, à occuper de significatives parts de marché.

Aujourd’hui le ministre japonais de la Réforme numérique, Taro Kono, a fait savoir avec émotion que l’archipel avait « gagné la guerre » non contre la conrrence chinoise ou russe mais que contre les… disquettes. Ce ministre se bat depuis 2021 pour supprimer ces carrés de plastique, obsolètes depuis une bonne décennie, mais toujours utilisés par l’administration japonaise. Il y a encore quelques mois, le gouvernement demandait aux citoyens de fournir diverses informations à l’aide de ces disquettes, et de nombreux fonctionnaires s’opposaient fermement à leur abandon.

Si étrange que puisse sembler cet attachement à une technologie dépassée, la « guerre » de Taro Kono est loin d’être anecdotique, et pose une question plus large : pourquoi un pays qui avait tenu tête dès la fin de la 2e guerre mondiale à la technologie américaine est-il resté bloqué sur des supports aussi vieillissants que des disquettes en matière plastiques ? Et surtout, où est passée la technologie japonaise ?

En fait l’émergence des champions japonais est liée à d’autres facteurs. La sous-évaluation du yen les a aidéss à proposer des prix imbattables. Certains secteurs, comme l’automobile et les semi-conducteurs, ont bénéficié d’importantes subventions grâce à l’ambitieuse politique industrielle du gouvernement. Le système de production, modernisé une décennie plus tôt, a permis enfin au pays de mettre rapidement au point des équipements innovants et de qualité.

C’est en partie grâce à lui que le Japon a bouleversé l’industrie des puces. Alors que les Etats-Unis fournissaient au monde la grande majorité des semi-conducteurs, les entreprises japonaises ont réussi, en quelques années, à prendre de significatives parts de marché, avant de prendre la tête du secteur.

Quelles ont été dans ces conditions les innovations japonaises majeures lors de ces dernières années ?

Pour de nombreux internautes, le Japon est directement associé aux mangas et jeux vidéo. Cependant, le Japon ne peut se définir exclusivement en fonction de ces domaines populaires. Citons ici quelques domaines où la technologie japonaise s’impose.

La 5G

Certes, la 5G est brevetée par la Chine. Toutefois, le Japon investit des sommes importantes pour améliorer cette technologie et l’appliquer dans diverses situations nouvelles. Sans surprise, les jeux vidéo pourront également profiter de débits mobiles considérables pour accueillir de nouvelles fonctionnalités prometteuses.

La robotique

Depuis plusieurs décennies, le Japon s’investit particulièrement dans la recherche de solutions totalement automatisées, particulièrement en robotique. De nombreux prototypes surprenants sont, à ce titre, régulièrement présentés par des sociétés nippones. Le domaine médical ou social profitera particulièrement de ces prochaines avancées technologiques.

L’évolution de l’Intelligence artificielle

Il s’agira en priorité de résoudre diverses problématiques sociales telles que le vieillissement de la société nippone ou encore la pénurie de main-d’œuvre constatée depuis plusieurs années. D’après une étude d’Oracle and Future, environ 29 % des japonais utilisent une solution associée à l’IA sur leur lieu de travail.

L’ internet des objets IoT

Ce domaine n’est pas réservé à certaines sociétés américaines telles que Google  Le Japon participe à l’avancée de la technologie en proposant régulièrement de nombreux produits innovants. On citera la conception de voitures autonomes ou des solutions dédiées au confort des foyers notamment dans un pays dont la population est viellissante

La cybersécurité

L’IoT et la 5G soulèvent une problématique non-négligeable, celle de la cybercriminalité. Ainsi, chaque année, le nombre de tentatives de piratage ne cesse de croître et la confiance des internautes est toujours plus affectée. La conception de nouvelles technologies associées à la cybersécurité devient donc essentielle. L’optimisation d’outils tels que les VPN ou encore la conception de nouvelles solutions impose des investissements conséquents… Et le Japon semble prêt à répondre à cette nécessité.

Une transition en faveur du marketing numérique

Le marketing numérique est devenu incontournable pour toutes les entreprises. Que ce soit pour faire rayonner une marque ou attirer et fidéliser des clients, le numérique est aujourd’hui un canal indispensable. Renforcé depuis la crise sanitaire, le numérique a conduit les entreprises à placer leur transformation digitale au cœur de leur stratégie de développement.

Or le Japon manifeste parfois un retard dans le domaine du marketing numérique. Effectivement, les méthodes traditionnellement employées par les entreprises et sociétés sont parfois conservées à l’image de politiques propres à la culture nippone. Cependant, l’année 2020 fut marquée par une évolution significative dans ce domaine où les avantages considérables du marketing « 2.0 » favorisent les résultats mensuels.

01/11/2024 Sur le réchauffement climatique

La Terre a subi récemment, soit depuis 600 millions d’années, quatre grandes périodes de glaciation, dites ères glaciaires, dont elle est sortie par quatre périodes de réchauffement.

Les quatre dernières ères glaciaires sont :

  • la glaciation panafricaine (vers -600 Ma) ;
  • la petite glaciation ordovicienne ;
  • la glaciation permo-carbonifère ;
  • la glaciation mio-plio-quaternaire dans laquelle nous sommes.

Les périodes de glaciation étaient peu favorables aux espèces vivantes, qui se réfugiaient généralement dans des zones océaniques côtières protégées par des sources d’eau chaudes d’origine volcanique. Elles en sortaient pendant les périodes de réchauffement, en évoluant sur le mode darwinien vers des espèces de plus en plus complexes. Sans ces périodes de réchauffement climatique, l’espèce humaine ne serait jamais apparue.

Le réchauffement pouvait cependant se traduire par des extinctions de masse frappant les espèces adaptées à des températures plus fraiches et incapables d’évoluer suffisamment rapidement. C’est ce qui s’est produit en Afrique dans la zone sahélienne.

Ceci admis, pourrait-on affirmer que l’actuelle période de réchauffement climatique affectant la Terre soit principalement d’origine humaine et qu’il serait possible d’y porter remède par divers grands travaux et changement de mode de vie que décideraient les pouvoirs actuels avec l’accord des opinions publiques.

Beaucoup d’humains en doutent actuellement. Le passage des voitures thermiques aux voitures électriques ne changerait pas grand chose au climat de la planète, non plus d’aideurs à plus long terme que la réduction des taux de natalité en Afrique et le reboisement des forêts primaires. Si des mesures d’intérêt général sont nécessaires, il faut les prendre sans un thermomètre à la main avec l’excuse de vouloir limiter le réchauffement climatique

01/11/2024 Se nourrir de poudre d’astéroïde

Les astronautes devraient bientôt pouvoir consommer l’équivalent de lait frappé (milk shake) ou de yogourt contenant de la poudre d’ astéroïde. Celle-ci serait après pyrolyse (chauffage en l’absence d’oxygène) convertie en un aliment par l’action de diverses bactéries d’origine terrestre se nourrissant habituellement sur la Terre de matière plastique d’emballage.

Si le processus envisagé réussissait, un astéroïde tel que Bennu, visité par la Nasa en 2020, pourrait nourrir jusqu’à 18.000 astronautes pendant un an. Les bactéries utilisées seraient suffisamment diverses pour produire divers types de composés analogues à des protéines, des sucres et du carbone.

Johsua Pearce et ses collègues de la Western University Ontario, qui avaient eu cette idée, décidèrent de la tester en utilisant des morceaux d’astéroïdes tombés sur la Terre. L’expérience est actuellement en cours. Son succès dépendra du nombre et de la variété des composants carbonés contenus dans ces éléments d’astéroïdes qui seraient susceptibles de servir d’aliment aux bactéries retenues.

Vu l’importance d’une telle expérience, il faut s’étonner du peu d’écho qu’elle a reçu actuellement dans le monde scientifique.

Référence

International Journal of Astrobiology doi.org/nkw4

31/10/2024 Beaucoup d’antimatière dans l’espace proche

Le voisinage de la Station Spatiale Internationale ISS semble contenir beaucoup plus d’antimatière qu’attendu.. Ceci pourrait être du à la présence de particules de matière noire autour de l ‘ISS

Pedro de La Torre Luque, astronome à l’Université Libre de Madrid avait obtenu ce résultat en analysant 15 ans d’observations faite par le Spectromètre Alpha Magnetic AMS-02 embarqé à bord de l’ISS

Il n’est pas rare d’observer des particules d’antimatière dans l’environnement de l’ISS. Ces particules ont des charges électriques opposées à celles de la matière ordinaire. Or l’espace est parcouru de rayons cosmiques très énergétiques qui génèrent de l’antimatière en cas de collision avec d’autres particules.

Cependant de La Torre Luque a été surpris par le très grand nombre d’anti-particules détectées à bord de l’ISS, notamment des particules d’anti-helium. Celles-ci étaient trop nombreuses pour résulter de collisions avec des rayons cosmiques.

Pour éclaircir ce point, de La Torre Luque et son équipe réalisèrent des simulations informatiques de situations capable de générer des taux d’anti-particules analogues. Ils reprirent l’hypothèse des WIMPs ou Weakly Interactive Massive Particules formulée dans les années 1980 et abandonnées depuis faute de preuves. Celles ci avaient été présentées comme correspondant à de la matière noire.

Mais même en supposant que des WIMPs existent, elles ne pouvaient pas expliquer les taux élevés d’antimatière observés à bord de l’ISS. Il fallait faire appel à de nouveaux modèles hypothétiques pour expliquer ces observations.

Mattia di Mauro de l’institut National italien de Physique Nucléaire suggère aujourd’hui de reprendre les hypothèses concernant la matière noire pour tenir compte des incertitudes actuelles .De nouvelles mesures, tant dans l’espace que sur la Terre seront nécessaires à cette fin.

L’AMS 02 devant être décommissionné en 2030, les chercheurs envisagent de le remplacer par un nouvel instrument placé dans un ballon opérant à de très hautes altitudes.

Référence

Cosmic-ray propagation models elucidate the prospects for antinuclei detection
Pedro De La Torre Luque, Martin Wolfgang Winkler and Tim Linden
Published 4 October 2024 • © 2024
Journal of Cosmology and Astroparticle PhysicsVolume 2024October 202

30/10/2024 Le Rapport sur le climat 2024 de l’ONU

 » Nous sommes à la veille d’un désastre climatique irréversible. Il s’agit d’une urgence mondiale. Toutes les formes de vie sur Terre sont menacées »

Ce jugement se trouve dans le Rapport sur le climat 2024 de l’ONU. Avant de parler d’exagération, il faut lire le texte .

Le Haut conseil pour le climat y présente la version grand public, accessible et synthétique, de son rapport annuel sur le climat « Tenir le cap de la décarbonation, protéger la population », publié en juin 2024.

La version grand public est tournée vers la jeunesse, mais également destinée à toute personne souhaitant s’informer sur l’action publique climatique en France.

En seize page illustrées, le rapport grand public présente de manière pédagogique les principaux points du rapport annuel 2024 :

-Emissions de gaz à effet de serre,
-Respect des budgets carbone,
-Impacts du changement climatique sur la dernière décennie
-Besoins d’adaptation
-Evaluation du cadre d’action publique en France,
-Leviers pour l’action climatique nationale et internationale,
-Recommandations pour améliorer l’action publique en matière de climat.

On trouvera ci-dessous un extrait en anglais de ce rapport

https://academic.oup.com/bioscience/advance-article/doi/10.1093/biosci/biae087/7808595

The 2024 state of the climate report: Perilous times on planet Earth 

William J Ripple, Christopher Wolf, Jillian W Gregg, Johan Rockström, Michael E Mann, Naomi Oreskes, Timothy M Lenton, Stefan Rahmstorf, Thomas M Newsome, Chi Xu … Show more

BioScience, biae087, https://doi.org/10.1093/biosci/biae087

08 October 2024

We are on the brink of an irreversible climate disaster. This is a global emergency beyond any doubt. Much of the very fabric of life on Earth is imperiled. We are stepping into a critical and unpredictable new phase of the climate crisis. For many years, scientists, including a group of more than 15,000, have sounded the alarm about the impending dangers of climate change driven by increasing greenhouse gas emissions and ecosystem change (Ripple et al. 2020). For half a century, global warming has been correctly predicted even before it was observed—and not only by independent academic scientists but also by fossil fuel companies (Supran et al. 2023). Despite these warnings, we are still moving in the wrong direction; fossil fuel emissions have increased to an all-time high, the 3 hottest days ever occurred in July of 2024 (Guterres 2024), and current policies have us on track for approximately 2.7 degrees Celsius (°C) peak warming by 2100 (UNEP 2023). Tragically, we are failing to avoid serious impacts, and we can now only hope to limit the extent of the damage. We are witnessing the grim reality of the forecasts as climate impacts escalate, bringing forth scenes of unprecedented disasters around the world and human and nonhuman suffering. We find ourselves amid an abrupt climate upheaval, a dire situation never before encountered in the annals of human existence. We have now brought the planet into climatic conditions never witnessed by us or our prehistoric relatives within our genus, Homo (supplemental figure S1; CenCO2PIP Consortium et al. 2023).

Télécharger le rapport complet

30/10/2024 Découverte en Italie des restes d’un tout jeune enfant mort à la fin de l’ère glaciaire

Des scientifiques ont récemment découvert dans le sud de l’Italie les restes d’un bébé ayant vécu il y a environ 17 000 ans, peu après la fin de l’ère glaciaire. Cette découverte, réalisée dans la grotte Grotta delle Mura, à Monopoli (Italie),donne de précieuses informations sur la vie des premiers humains dans cette région. Grâce à une analyse minutieuse des ossements et de l’ADN, les chercheurs ont même pu reconstituer une partie de l’histoire de cet enfant et découvrir la cause probable de sa mort.

La sépulture a été mise au jour en 1998 par l’archéologue Mauro Calattini et son équipe lors de fouilles dans la Grotta delle Mura. Les restes étaient très bien conservés. Le squelette était celui d’un bébé soigneusement enterré sous deux grandes dalles de pierre.

Découvrir des restes aussi bien préservés d’un enfant de cette période est exceptionnel. En effet, il y a 17 000 ans, nous étions encore à la fin de l’ère glaciaire, une époque où les conditions climatiques étaient extrêmement rudes. Cependant, le sud de l’Italie, plus tempéré que d’autres régions d’Europe, a probablement offert un refuge pour les premiers groupes humains.

Les analyses scientifiques du squelette ont révélé que l’enfant était décédé à l’âge d’environ un an et quatre mois. En examinant de près ses dents, les chercheurs ont découvert des marques révélant qu’il avait traversé de nombreuses difficultés au cours de sa courte vie, probablement liées à des périodes de maladie ou de malnutrition.

Référence
https://sciencepost.fr/decouverte-restes-bebe-yeux-bleus-17-000-ans/

Voir aussi NewScientist 12 october 2024 p. 18
Ancient DNA tells toddler’s story

Source

  • Published: 20 September 2024
  • Life history and ancestry of the late Upper Palaeolithic infant from Grotta delle Mura, Italy
    Nature Communications  volume  15, Article number: 8248 (2024) 
  • Abstract

The biological aspects of infancy within late Upper Palaeolithic populations and the role of southern refugia at the end of the Last Glacial Maximum are not yet fully understood. This study presents a multidisciplinary, high temporal resolution investigation of an Upper Palaeolithic infant from Grotta delle Mura (Apulia, southern Italy) combining palaeogenomics, dental palaeohistology, spatially-resolved geochemical analyses, direct radiocarbon dating, and traditional anthropological studies. The skeletal remains of the infant – Le Mura 1 – were directly dated to 17,320-16,910 cal BP. The results portray a biological history of the infant’s development, early life, health and death (estimated at ~72 weeks). They identify, several phenotypic traits and a potential congenital disease in the infant, the mother’s low mobility during gestation, and a high level of endogamy. Furthermore, the genomic data indicates an early spread of the Villabruna-like components along the Italian peninsula, confirming a population turnover around the time of the Last Glacial Maximum, and highlighting a general reduction in genetic variability from northern to southern Italy. Overall, Le Mura 1 contributes to our better understanding of the early stages of life and the genetic puzzle in the Italian peninsula at the end of the Last Glacial Maxim

27/10/2024 La France ne devrait pas négliger les Brics

La France, depuis la fin du gaullisme, n’a plus de politique internationale autonome. Elle se borne à être un membre généralement muet de l’Union européenne, quand elle n’accepte pas purement et simplement les instructions de Washington.

Il n’est donc pas étonnant qu’elle n’ait pas demandé à participer, ne fut-ce que comme membre observateur, à la 16 e réunion des Brics, qui s’est tenu à Kazan, en Russie, du 22 au 24 aout 2024.

Une vingtaine de chefs d’État avaient fait le déplacement, outre les membres fondateurs Brésil-Russie-Inde-Chine et Afrique du Sud. Les Brics veulent être la voix du sud global face à l’Occident, mais aussi face à certaines organisations internationales comme le G7 ou l’ONU. 

Mais ce côté informel facilite leur ambition de représenter le Sud Global (Global South ). Dans leur  declaration commune de Johannesburg  le 23 aout 2023 les membres des BRICS déclarèrent qu’ils considéraient l’ONU comme le fondement du système international et le multilatéralisme comme un cadre indispensable . Ils se bornaient à souligner le traitement injuste qui leur y était réservé

En fait, la présence de l’Inde parmi les Brics reflète leur volonté de contrôler les ambitions de la Chine, leur puissant voisin. Ils n’ont de la même façon aucunement l’intention de renforcer le poids de la Russie. .Ils cherchent seulement à limiter la bipolarisation du monde entre le pouvoir occidental représenté essentiellement par les Etats-Unis et le groupe des pays dits précédemment  » non alignés » dépourvus d’influence politique et diplomatique sérieuse.

Ceci étant, au sein même des Brics il est facile de constater qu’ils n’envisagent pas d’améliorer le poids diplomatique des pays les moins développés (LDC ou Least-developped Countries). En dehors de l’Ethiopie, aucun de ceux-ci n’est membre des Brics.

La force des Brics est qu’ils laissent leurs membres prendre des initiatives qui ne correspondent pas nécessairement avec la prudence de la majorité. C’est ainsi que récemment l’Afrique du Sud a mené une action contre Israël devant la Cour de Justice Internationale , ce que beaucoup de membres des Brics n’auraient pas osé faire.

Il en a été de même lorsque Vladimir Poutine a déclaré que la Russie menait une guerre contre l’Occident et ses valeurs décadentes, ce que la plupart des membres des Brics y compris la Chine n’aurait jamais dit ni d’ailleurs fait en ce qui les concernait.

Ceci étant les Brics avec le réchauffement climatique se trouveront confrontés à des situations dans lesquelles ils seront obligés de définir des politiques globales. L’Europe et plus particulièrement la France ne pourront pas s’en désintéresser. C’est ainsi que les Brics comptent parmi leurs membres quatre des plus importants pays producteurs de pétrole . La France avec ses investissements de longue date dans le nucléaire civil devrait trouver là une opportunité d’augmenter son influence.

27/10/2024 Fiche de lecture:

The Age of Depopulation
Surviving a World Gone Gray
By Nicholas Eberstadt
November/December 2024

Pour la première fois depuis la peste noire dans les années 1300, la population mondiale va diminuer. Le dernier article publié dans Foreign Affairs par l’économiste américain Nicholas Eberstadt, chercheur à l’American Enterprise Institute, commence comme un ouvrage de science-fiction. Pourtant, le monde de demain qu’il nous décrit, celui de « la dépopulation », n’a rien de fictif. Comprenez un monde dans lequel l’excès de décès par rapport aux naissances deviendra la norme. Avec comme conséquence le non-renouvellement des populations.

Ce spécialiste de démographie étudie le sujet depuis près de cinquante ans. Il a publié de nombreux d’ouvrages sur la question. Si la fécondité mondiale a baissé depuis l’explosion démographique des années 1960, l’accélération de ce phénomène ces dix dernières années est spectaculaire. Il n’épargne quasiment plus aucune région du monde. Peu importe le niveau d’éducation ou de richesse des pays observés

Ainsi, l’année dernière, la France a enregistré moins de naissances qu’en 1806. L’ensemble des pays de l’Asie du Sud-Est est tombé dans la dépopulation en 2021. Une chute massive de la natalité touche aussi Cuba, la Tunisie, la Russie, etc. Même dans l’Afrique subsaharienne, qui reste le dernier sous-continent à résister à cette vague mondiale de dépeuplement, les taux de fécondité ont chuté de plus de 35 % depuis la fin des années 1970, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

Là où la dépopulation observée dans les siècles précédents avait été causée par différentes famines et épidémies, celle qui s’annonce sera entièrement due aux choix des individus. Il faut ajouter à la sous-natalité une explosion générale du nombre des vieillards de 80 ans et plus. Les modes de vie et les structures familiales en seront bouleversés. Les finances publiques aussi

… Pourtant, nulle part et notamment pas en Europe et aux Etats-Unis, les observateurs et les décideurs politiques ne sont prêts pour ce nouvel ordre démographique qui se traduit par une société vieillissante et de moins en moins nombreuse voulant maintenir et améliorer sa prospérité.

Il y a de nombreuses menaces qui pèsent sur l’humanité actuellement. Elles ont toujours été là et le seront encore à l’avenir. Mais l’idée que des êtres humains ne veuillent pas perpétuer leur famille, voire leur espèce, aurait défié l’imagination de n’importe quel auteur de science-fiction du siècle passé.

Dans de nombreux endroits du monde très différents, que ce soit dans les pays de l’OCDE ou dans les pays émergents, l’on assiste à des niveaux de fécondité que les démographes n’auraient même pas imaginés il y a encore quelques décennies. A Calcutta, par exemple, le taux de fécondité a été ramené à une naissance par femme, soit moins de la moitié du taux de renouvellement. Dans la ville de Mexico, il y a aujourd’hui moins d’une naissance par femme, ce qui aurait paru inimaginable il y a quarante ans [en 1984, ce taux était de 4,18 enfants par femme..

Et cela n’est pas dû, pour autant que l’on puisse en juger, à la pollution, aux microplastiques ou à la présence d’œstrogènes dans l’eau de boisson. Cela a plutôt à voir avec le nombre d’enfants souhaités.

Pourtant les futurs robots intelligents, dit parfois hommes artificiels ou de synthèse, ne pourront jamais remplacer les humains authentiques.

27/10/2024 Le paradoxe de l’arme nucléaire

Elle coûte très cher mais ne peut être utilisée sans risquer une destruction de la planète. Les pays qui s’en sont dotés à grand frais doivent donc s’engager dans des dépenses d’armement traditionnelles qui les privent de tout investissment dans le domaine civil.

La Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine en donne un exemple éclatant mais elle n’est pas la seule.

Au 11 janvier 2023, les pertes totales de l’armée russe étaient de 6.703 unités d’équipements militaires. La plus grande partie des pertes sont des Chars (947 détruits sur 1614 au total), Véhicules Blindés de Combat à Roues (1203 détruits sur 1904 au total), Véhicules Blindés de Combat (460 détruits sur 751 au total)

S’ y ajoutent des pertes importantes dans les autres domaines :Véhicules Blindés de Combat à Roues, Véhicules Blindés de Transport deTroupes, Véhicules Résistants aux Mines et Ambush Protected (MRAP), Véhicules de Mobilité pour Infanterie, Véhicules et Équipements d’Ingénierie, Systèmes de missiles anti-chars autopropulsés, Artillerie tractée, Lanceurs de Rockets Multiples, Canons anti-aériens autopropulsés, Systèmes de missiles anti-aérien

Ce n’est pas une raison pour arrêter. Au contraire il faut continuer. “Le renforcement de ses forces armées est l’une des plus grandes priorités de la Russie”. C’est ce qu’a déclaré Vladimir Poutine aux jeunes officiers diplômés de l’académie militaire de Moscou.

Toujours selon le président russe, “l’armée du pays évoluera sur la base de l’expérience inestimable fournie par l’opération militaire en cours en Ukraine, ainsi que des défis modernes auxquels la Russie est confrontée”. Il a ensuite détaillé les prochains changements et modernisations des forces russes qui auront lieu au cours de ces prochaines années.

La triade nucléaire – Des armes atomiques pouvant être lancées depuis le sol, la mer et les airs – reste au centre des préoccupations de Moscou. Cette triade demeure “une garantie essentielle de la sécurité militaire de la Russie mais aussi de la stabilité mondiale”.

Vladimir Poutine a précisé que la moitié des lanceurs terrestres ont été équipés de missiles Yars. Il s’agit d’un type d’engin balistique intercontinental possédant une portée de plus de 11.000 kilomètres. Ce missile peut atteindre une vitesse de 24.500 kilomètres par heure et emporter entre 4 et 6 ogives thermonucléaires. Chaque ogive embarquée à bord de cet appareil est indépendante et peut se détacher de l’engin pour voler vers une cible qui lui est propre.

Note 1

Dans le même temps 200 000 Russes auraient été tués en Ukraine depuis le 24 février 2022 et 400 000 auraient été blessés. On comprends le peu d’enthousiasme des jeunes russes devant le service militaire

Note 2

Nos sources en langue russe ne peuvent citées ici du fait des « sanctions »

28/10/2024 L’armée de sa Majesté Britannique serait incapable de se battre

Pour la première fois, un ministre de la Défense britannique admet publiquement que le pays n’est pas prêt à soutenir une guerre. Cette révélation intervient alors que les menaces globales, notamment de la part de la Chine et de la Russie, sont en augmentation.

Le ministre John Healey insiste sur le fait que sans une capacité réelle de combattre, le Royaume-Uni ne peut pas dissuader efficacement les agressions potentielles. Son jugement sur l’état des finances et des forces armées britanniques est alarmant.. Il est confronté à une situation bien plus précaire que prévu, avec des implications graves pour la sécurité nationale et la capacité de défense du pays.

Ceci dit, il semble peu probable que le ministère de la Défense obtienne les fonds nécessaires améliorer la situation. Des hauts responsables militaires ont exprimé des doutes quant à l’augmentation du budget de la défense pour l’exercice 2025, ce qui pourrait entraver les efforts de modernisation et de préparation requise.

Malgré cela, un porte-parole du 10 Downing Street a réaffirmé que le gouvernement prendrait toutes les mesures nécessaires pour défendre le pays. Il a souligné que les forces armées britanniques, parmi les meilleures au monde, assurent la défense du pays en permanence et travaillent en étroite collaboration avec les alliés pour anticiper et se préparer à tout événement.

Cette situation intervient alors que le général Roland Walker, chef d’état-major de la British Army, a averti que le Royaume-Uni avait peu de temps pour se préparer à un conflit majeur potentiel, en particulier une confrontation avec la Chine. De plus, quelle que soit l’issue du conflit en Ukraine, la menace russe restera présente

https://www.telegraph.co.uk/politics/2024/10/24/armed-forces-not-ready-fight-war-admits-defence-secretary/

Note

Peut-on imaginer que la Grande Bretagne affronte seule la Chine ou la Russie. Elle le ferait au sein de l’Otan, avec une forte contribution américaine, en matériels sinon en hommes.