09/11/2024 Trump et la Chine

La volonté annoncée par Donald Trump pendant sa campagne électorale d’augmenter uniformément de 60 % les droits de douane sur les importations en provenance de Chine, porterait si elle était appliquée un coup dur à l’économie chinoise, déjà en difficulté. Elle pourrait même coûter à la Chine entre 1 et 2 % de PIB, selon certains analystes. Mais l’essentiel n’est pas là.

Si Donald Trump, aujourd’hui conforté par une large majorité au Congrès, s’engageait à nouveau dans une logique purement commerciale au détriment de la géopolitique, comme il l’avait déjà fait lors de son premier mandat, le résultat pourrait être le renforcement du statut international de la Chine comme le seul pays capable de tenir tête aux Etats-Unis au plan mondial.

Certains analystes soupçonnent en effet la Chine de vouloir, mieux que la Russie de plus en plus affaiblie par la dénatalité et l’alcoolisme, s’opposer aux Etats-Unis et prendre la tête des BRICS, comme l’a montré le dernier somment de ceux-ci à Kazan.

La réélection de Donald Trump ne changera pas grand chose au déclin américain, qui intervient au moment où l’équilibre mondial est fortement menacé, avec d’une part, la défiance toujours grandissante à l’égard des démocraties libérales et de l’autre, la guerre menée par la Russie en Ukraine depuis février 2022 ainsi que celle d’Israël contre le Hamas à Gaza et le Hezbollah au Liban.

Or ce déclin d’une Amérique en retrait voire en panne, déjà perceptible depuis plus d’une décennie, serait éminemment favorable à la poursuite de l’émergence politico-militaire de la Chine tant en Asie que sur la scène mondiale.

Elle pourrait bien, à terme, donner raison à Xi Jinping pour qui, comme il l’a souvent répété à son « meilleur ami » Vladimir Poutine : « Le monde subit des changements sans précédent depuis un siècle. » Sous-entendu l’autre slogan auquel il se réfère sans jamais le dire : « L’Orient [la Chine] se lève et l’Occident s’efface ».

08/11/2024 Le spatial en France

Aujourd’hui il est clair que pour Donald Trump la France est devenue définitivement une puissance secondaire. Le peu d’indépendance que manifesterait la France lui serait probablement indifférent.

Les circonstances sont donc favorables pour qu’un gouvernement français définisse des politiques qui seraient indispensables pour que la France reste au rang des grandes puissances durant le 21e siècle.

Le premier domaine à prendre en considération est celui de l’espace. Il serait impensable que le spatial proche ou lointain reste un monopole des Etats-Unis bientôt rejoints par la Chine.

On sait que la France est présente dans l’espace avec le lanceur Ariane , dont les versions successives ont amélioré les performances initiales déjà remarquables..

Aujourd’hui, ArianeGroup met la dernière main à une version rajeunie de la fusée Ariane dite Ariane 6 . Peu après son vol inaugural réussi, le 9 juillet, Ariane 6 dotée de deux boosters se prépare pour son second décollage, qui sera aussi sa première mission militaire. En décembre 2024, elle devra placer en orbite basse le satellite militaire CSO-3 pour le compte du ministère des Armées.

Dans le domaine du spatial militaire les 3 satellites militaires d’observation français dits CSO ont donné de bons résultats. La CSO ou Composante spatiale optique  est une série de trois satellites de reconnaissance optique faisant partie du programme d’armement français MUSIS (Multinational Space-based Imaging System). Déployés entre 2018 et 2024, ils devront succéder, avec des performances accrues, aux satellites de la génération précédente, Helios 2.

https://en.wikipedia.org/wiki/Composante_Spatiale_Optique

Les satellites CSO (Composante Spatiale Optique) du programme MUSIS (Multinational Space-based Imaging System) sont des satellites d’observation militaire dédiés à la Défense française et à ses partenaires. Ils apporteront au système Hélios 2 arrivé en fin de vie un gain capacitaire très substantiel.

La constellation CSO comprendra à terme 3 satellites optiques qui, placés sur des orbites polaires d’altitude différente, répondront à une double mission : une mission dite « Reconnaissance » remplie depuis l’altitude de 800 km et privilégiant les capacités de couverture, d’acquisition sur théâtre et de revisite ; une mission dite « Identification » remplie depuis l’altitude de 480 km et permettant d’atteindre un plus haut niveau de résolution, de qualité d’image et de précision d’analyse.

La charge utile des satellites CSO permet l’acquisition d’images à très haute résolution dans les domaines visible et infrarouge (de jour et de nuit) et dans une variété de modes de prise de vue permettant de répondre à un large spectre de besoins.

Les satellites sont de conception identique. Il s’agit de plateformes manœuvrantes, dont l’architecture est en partie héritée de Pléiades et qui leur confère une autonomie et une souplesse d’emploi élevées malgré une masse de 3,5 tonnes. De plus les satellites CSO disposent d’une capacité inédite de contrôle d’orbite autonome à bord pour les fonctions de maintien à poste.

*********

Dans un domaine différent, l’obusier français CAESAR est désormais connu dans le monde entier https://www.defense.gouv.fr/terre/nos-materiels/nos-equipements-terre/nos-vehicules/vehicules-dartillerie/caesar-camion-equipe-dun-systeme

Rappel

Un accord trilatéral sur le futur de la politique spatiale européenne

07/11/2023

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique et ses homologues allemand et italien ont réaffirmé l’ambition européenne dans le domaine de l’exploration spatiale lors d’une déclaration commune à Séville le 6 novembre 2023.

©Jelena Dautova – stock.adobe.com

Fruit d’une négociation de six mois, l’accord trilatéral confirme la détermination de la France, de l’Allemagne et de l’Italie à garantir l’accès indépendant européen à l’espace. En préservant l’unité européenne autour des enjeux spatiaux, l’Europe réaffirme son ambition de rester l’une des grandes puissances spatiales du 21e siècle. L’accord porte sur la fusée Ariane 6 et sur le futur des lanceurs européens au cours de la prochaine décennie.

Soutenir les programmes Ariane 6 et Vega C

Dans un contexte de forte concurrence, en particulier des États-Unis qui déploient des lanceurs très compétitifs avec un soutien public massif, l’accord trilatéral ouvre une nouvelle ère pour les lanceurs européens.

À commencer par la garantie d’assurer l’équilibre économique d’Ariane 6, le seul lanceur lourd capable d’assurer un accès autonome de l’Europe à l’espace. À partir de 2026, le programme Ariane bénéficiera d’un financement de 340 millions d’euros par an en contrepartie d’une baisse de prix des industriels de l’ordre de 11 %.

Au-delà du financement, l’équilibre économique d’Ariane 6 repose sur le nombre de lancements. L’accord prévoit ainsi quatre lancements institutionnels par an d’Ariane 6 d’ici 2030 qui viennent s’ajouter aux 27 lancements déjà contractualisés. Ces 42 lancements programmés vont garantir la solidité du modèle économique de la fusée pour la décennie.

En parallèle, la déclaration commune des trois pays européens et la résolution de l’ESA prévoient le retour en vol du lanceur Vega C. Ce lanceur léger se verra confier un minimum de trois missions institutionnelles européennes par an.

Développer une compétition européenne sur les nouveaux lanceurs

Un second élément de l’accord valide le principe d’une compétition européenne sur les nouveaux lanceurs, en particulier sur les mini-lanceurs. Il s’agit d’un tournant majeur dans l’histoire spatiale européenne.

Ainsi, le choix des futurs lanceurs se fera désormais sur la base d’une compétition entre projets. Ce choix est conforme à la décision prise par le président de la République lors du lancement du plan d’investissement France 2030 qui prévoit une enveloppe de 1,5 milliards d’euros dédiée au spatial.

Cette mise en concurrence avec des règles communes ouvre le marché des nouveaux lanceurs à des TPE et PME françaises, allemandes et italiennes. Elle contribuera à développer les technologies les plus innovantes, des innovations de rupture et des prix compétitifs.

Réaffirmer l’ambition européenne dans l’exploration spatiale

L’ambition spatiale européenne ne se limite pas aux lanceurs et aux satellites, elle a vocation à rester une grande puissance en matière d’exploration de l’espace. Les trois nations européennes souhaitent également participer et préparer les futures étapes d’exploration robotique et habitées de la Lune et de Mars.

La France, l’Allemagne et l’Italie font le choix de modèles innovants d’achats de services en soutenant la mise en place de cargos réutilisables en orbite basse. Ces cargos permettront de livrer du matériel ou des passagers en orbite et de retourner sur Terre.

Enfin, les ambitions européennes peuvent compter sur le centre spatial guyanais qui sera mis au service de la stratégie d’accès indépendant de l’Europe à l’espace. Ce « port spatial » de classe mondiale, qui accueille Ariane 6, pourra être utilisé pour Vega C et les nouveaux lanceurs.

Presse

Communiqué-Accord entre la France, l’Allemagne et l’Italie sur la 

07/11/2024 Un drone de combat sous-marin français

La Direction générale de l’armement, DGA, a notifié à Naval Group un accord cadre, le 28 décembre 2023, pour le développement d’un drone sous-marin de combat sans équipage (Unmanned Combat Underwater Vehicle – UCUV),

Naval Group est le nouveau nom des Chantiers de l’Atlantique https://www.naval-group.com/ qui fournit en navires de combat, outre la France, plusieurs dizaines de pays. Il avait déjà proposé un premier démonstrateur de drone océanique (DDO). qui sera exposé au salon Euronaval.

Sous l’eau, ou les communications sont difficiles, les drones sont complexes à réaliser, le principal enjeu étant dit l’autonomie décisionnelle contrôlée. Elle doit permettre au drone de mener à bien ses objectifs, malgré des missions pouvant durer plusieurs jours, et ce sans télécommandes en temps réel.. Cela impose une re-planification de la mission en permanence, une analyse de la situation tactique mais aussi une adaptation aux éventuelles avaries, le tout de manière complètement autonome mais en respectant toujours les cadres de la mission.

Le DDO de Naval Group servira de laboratoire pour le développement des différentes technologies indispensables à la réalisation du démonstrateur (UCUV) . Ce dernier a pour objectifd’être aérotransportable et déployable dans toutes les mers du globe, depuis un quai ou un bâtiment de surface. L’ambition de la DGA par la suite est de mettre à l’eau et évaluer un démonstrateur de plus de 10 mètres et de plus de 10 tonnes.

Avec UCUV, la France rejoint le cercle fermé des États engagés dans la définition, le développement et l’évaluation d’un drone sous-marin de combat sans équipage et de grande dimension (XL-UUV pour extra-large uncrewed underwater vehicles). Les armées confirment ainsi tirer parti des ruptures technologiques et de l’innovation dans le domaine des drones navals, conformément à la loi de programmation militaire 2024-2030.

06/11/2024 Réélection de Donald Trump et droit à l’avortement



Depuis la décision historique annulant l’arrêt « Roe v. Wade », qui garantissait depuis 1973 le droit constitutionnel à l’avortement, les États ont toute latitude pour légiférer dans ce domaine. Une vingtaine d’entre eux ont mis en place des restrictions partielles ou totales.

Tout au long de sa campagne, Kamala Harris avait dénoncé les situations tragiques dans lesquelles certaines femmes se retrouvent à cause de ces interdictions ou restrictions. Nombre d’entre elles sont obligées de voyager dans d’autres États pour obtenir un avortement, et certaines ont subi de graves complications, les médecins pouvant craindre d’intervenir en cas de fausses couches ou d’autres problèmes, sous peine d’être accusés de procéder à un avortement illégal.

À trois jours de l’élection présidentielle, des milliers de femmes avaient défilé dans les rues de Washington pour apporter leur soutien à la candidate démocrate.

Que peut-on attendre de Donald Trump devenu 47e président élu des États-Unis sur le droit à l’avortement ? Durant sa campagne, Donald Trump avait adopté une position ambiguë. Tout en se réjouissant d’avoir remis entre les mains des États cette question, il a reconnu que certains « étaient allés trop loin »

Son épouse, Melania Trump avait, de son côté, publiquement dit son soutien à l’avortement dans ses mémoires. « La liberté individuelle dont dispose une femme lui donne l’autorité d’interrompre sa grossesse si elle le souhaite », écrit-elle. Questionné sur ce point, Donald Trump avait répondu : « On en a parlé, je lui ai dit ‘il faut que tu écrives ce que tu crois, je ne vais pas te dire ce que tu dois faire’ ».  Quelques mois plus tôt, sur la chaine Fox News, totalement acquise à sa cause, il disait pourtant tout le contraire, estimant que les femmes n’avaient pas « l’indépendance d’esprit nécessaire pour prendre leurs propres décisions ».

Début octobre, Donald Trump a assuré qu’il poserait son veto si le Congrès adoptait « une interdiction fédérale de l’avortement ». Mais selon les experts, ce qu’il entend par interdiction reste flou. Elle pourrait par exemple ne désigner qu’une interdiction sans aucune exception (en cas de viol, d’inceste…), laissant la porte ouverte à d’autres options.

Outre la voie législative, une nouvelle administration Trump pourrait être tentée d’utiliser les leviers de l’Etat fédéral.

Les défenseurs du droit à l’avortement s’attendent à ce que la première cible visée soit la pilule abortive. Les avortements médicamenteux l’utilisant représentent près de deux-tiers des IVG aux Etats-Unis.

Au fil des années, l’Agence américaine des médicaments (FDA) a étendu les conditions d’accès à la mifépristone — la première des deux pilules prises lors d’un avortement médicamenteux — notamment en permettant son envoi par la poste après une téléconsultation.

Une nouvelle administration Trump pourrait chercher à revenir sur ces dispositions avec des conséquences y compris dans les Etats où l’avortement est toujours légal.

La fin de l’envoi par la poste représenterait notamment un coup dur pour des voies d’accès détournées mises en place depuis la décision de la Cour suprême. Des médecins, protégés par des lois spécifiques adoptées par exemple à New York, prescrivent et envoient des pilules abortives à des femmes se trouvant dans des Etats restrictifs.

Plusieurs milliers de pilules abortives sont ainsi envoyées chaque mois dans des Etats ayant restreint ou interdit l’avortement, selon l’organisation WeCount.

06/11/2024 Elections présidentielles américaines. Chercher les femmes

« Le vote des femmes sera décisif lors de cette élection », a estimé Katherine Tate, professeure de sciences politiques, dans une récente analyse publiée par l’université Brown, où elle enseigne. « Si Kamala Harris gagne, ce sera parce que les femmes l’auront élue », a-t-elle ajouté.

La question de la participation se posait également. Selon le Center for American Women and Politics, les femmes se sont inscrites sur les listes et ont voté en plus grand nombre que les hommes lors de toutes les élections présidentielles depuis 1980.

Cette fois-ci, apparemment, les femmes américaines ont préféré le séduisant Donald.

05/11/2024 Les milliardaires dans le monde

La planète compte 2781 milliardaires possédant 14.200 milliards de dollars, soit les PIB de la France, de l’Inde, de l’Allemagne et de l’Angleterre réunis… Leur patrimoine augmente chaque année en moyenne de 4 à 9%. Il faut y ajouter 59,4 millions de millionnaires, dont 245.000 d’entre eux ont des fortunes de plus de 50 millions

Plusieurs classements sont établis, notamment aux États-Unis, par le magazine Forbes et par le groupe financier Bloomberg. Dans ce deuxième cas, le classement des 500 personnes les plus riches du monde est revu quotidiennement, corrigé en fonction des fluctuations boursières. S’y ajoute le groupe de presse Hurun, établi en Chine, là où le nombre de milliardaires évolue le plus rapidement.

Les fortunes de ces personnes ne constituent pas des biens d’investissement collectif, dont chacun pourrait profiter. Il s’agit généralement de biens à finalité de consommation, qui ne bénéficient qu’à leurs propriétaires, leurs relations et leurs fournisseurs. L’argent est généralement dépensé sans souci du bien public voire dans le mépris de l’intérêt général.

Voici la liste des 5 premiers milliardaires au monde en octobre 2024,

  • #1. Elon Musk Fortune nette : 270,5 milliards de dollars …
  • #2. Larry Ellison Fortune nette : 208 milliards de dollars …
  • # 3. Jeff Bezos Fortune nette : 204,3 milliards de dollars …
  • #4. Mark Zuckerberg Fortune nette : 198 milliards de dollars …
  • #5. Bernard Arnault Fortune nette : 195,5 milliards de dollars …

Source https://www.forbes.fr/classements/classement-milliardaires-forbes-octobre-2024-qui-sont-les-dix-personnalites-les-plus-riches-au-monde/




04/11/2024. La recherche d’une vie extraterrestre



La recherche d’une vie extraterrestre analogue à celle que nous connaissons sur la Terre devra-t-elle se limiter aux planètes dont l’atmosphère comporterait un taux d’oxygène analogue aux 18% que l’on trouve sur la Terre ?

Avec un taux plus bas, aucune technologie ne pourrait y être développée car aucune combustion n’y serait possible. Or ces combustions sont indispensables pour extraire les métaux des minerais qui les contiennent. Par ailleurs ces feux naturels ont été indispensables pour la sélection des espèces vivantes sur la Terre et l’élimination des moins aptes.

A l’inverse un taux d’oxygène supérieur à ces 18% entrainerait l’apparition spontanée d’incendies qui empêcherait le développement de toute vie multicellulaire complexe.

Ceci étant il est vraisemblable que sur les milliards d’exoplanètes que le téléscope James Webb commence à découvrir existent d’autres formes de vie que celles connues sur la Terre.

Référence

The Oxygen Bottleneck for Technospheres

Amedeo BalbiAdam Frank

As oxygen is essential for respiration and metabolism for multicellular organisms on Earth, its presence may be crucial for the development of a complex biosphere on other planets. And because life itself, through photosynthesis, contributed to creating our oxygen-rich atmosphere, oxygen has long been considered as a possible biosignature. Here we consider the relationship between atmospheric oxygen and the development of technology. We argue that only planets with substantial oxygen partial pressure (pO2) will be capable of developing advanced technospheres and hence technosignatures that we can detect. But open-air combustion (needed, for example, for metallurgy), is possible only in Earth-like atmospheres when pO2≥18%. This limit is higher than the one needed to sustain a complex biosphere and multicellular organisms. We further review other possible planetary atmospheric compositions and conclude that oxygen is the most likely candidate for the evolution of technological species. Thus, the presence of pO2≥18% in exoplanet atmospheres may represent a contextual prior required for the planning and interpretation of technosignature searches.

Comments:13 pages, 2 figures. Updated to match version published in Nature Astronomy (2023)
Subjects:Earth and Planetary Astrophysics (astro-ph.EP); Atmospheric and Oceanic Physics (physics.ao-ph); Popular Physics (physics.pop-ph)
Cite as:arXiv:2308.01160 [astro-ph.EP]
 (or arXiv:2308.01160v2 [astro-ph.EP] for this version)
  https://doi.org/10.48550/arXiv.2308.01160
Related DOI:https://doi.org/10.1038/s41550-023-02112-8


04/11/2024 La course aux armement dans l’espace.

Le Spatial Air Command de l’armée américaine a communiqué il y a quelques jours des informations sur les manœuvres de sa navette militaire baptisée X-37B

Il s’agit d’un avion spatial entièrement robotisé, donc sans équipage, d’une taille assez modeste, (9 mètres de longueur et 5 mètres d’envergure). L’engin est lancé par une fusée vers l’espace, puis au retour, il se pose sur Terre comme un avion normal.

D’habitude, ce drone militaire vole à quelques centaines de kilomètres d’altitude, sur une orbite circulaire classique. Mais cette fois-ci, les Américains l’ont semble-t-il placé sur une trajectoire très elliptique – elle se trouve à plus de 30.000 km d’altitude à son point le plus haut, sonapogée.

Les militaires sont en train de réaliser en ce moment des manœuvres de « freinage atmosphérique », c’est-à-dire que l’engin passe plusieurs fois dans la haute atmosphère pour ralentir sa course et changer de trajectoire.

Les États-Unis veulent apparemment montrer l’agilité de leurs systèmes spatiaux militaires, leur capacité à manœuvrer et à changer de trajectoire en orbite – ce qui n’est pas simple. Mais, en réalité, on n’en sait pas beaucoup plus. Depuis que la X-37B est en activité, en 2010, ses missions soulèvent beaucoup d’interrogations.

Tout ce que l’on peut dire, c’est que cette navette a déjà réalisé 7 séjours dans l’espace, des missions de 200 à 900 jours, dont les détails sont classés secret-défense. L’armée indique simplement que des expériences sont menées à bord, pour tester la résistance aux rayonnements cosmiques des circuits électroniques des capteurs militaires. Mais certains y voient un engin capable d’espionner des satellites d’autres pays, voire de les endommager ! 

Ten fait, tuutes les armées des grandes puissances – y compris la France – s’activent en ce moment dans l’espace. Et elles s’y affrontent de plus en plus ouvertement. Ces dernières années, on a vu toutes sortes de manœuvres assez suspectes. La Chine dispose elle aussi d’une navette militaire et également d’un engin – baptisé Shijian 21 – doté d’un bras robotisé, qui semblent s’exercer à s’approcher et à s’amarrer à des satellites.  

Il en est de même de la Russie. En mai dernier, les États-Unis ont accusé les Russes d’avoir lancé un vaisseau spatial à proximité d’un satellite militaire américain, peut-être dans l’objectif de l’espionner ou de l’attaquer. Les Américains soupçonnent même Vladimir Poutine de vouloir placer une arme atomique en orbite.

Wikipedia

https://en.wikipedia.org/wiki/Boeing_X-37

03/11/2024 Origine de l’eau sur la Terre

L’eau à la surface de le Terre se présente à l’état liquide, sauf quand elle prend la forme de glace ou de neige aux pôles, dans les massifs montagneur ou en hiver sur certains continents. L’eau à l’état liquide compose les océans et les mers où elle couvre 70,8 % de la surface de la terre, soit 361 millions de km², pour un volume évalué à 1 332 millions de km³.

La question de savoir comment cette eau se trouve sur la Terre se pose inévitablement . Il est souvent répondu qu’elle aurait été apportée sur la jeune planète par des comètes et astéroïdes. Mais où ces astres auraient-ils trouvé l’eau nécéssaire, vu qu’ils n’auraient pas pu la synthétiser eux-mêmes. De plus, comment auraient-ils pu la pomper sur une planète où de l’eau se serait trouvée pour l’apporter sur la Terre en traversant le vide sidéral.

Par ailleurs combien d’astéroïdes aurait-il fallu pour déverser sur la Terre un volume de 1 332 millions de km 3 d’eau ?. Enfin, pourquoi ne retrouve-t-on pas trace d’un tel mécanisme sur les planètes du système solaire analogues à la Terre, telles que la Lune ou Mars ?

Il avait fallu nécessairement que cette eau se trouve déjà sur la Terre. Mais alors comment s’y serait-elle formée et y aurait-elle pu y demeurer sans se vaporiser vu les températures élevées qui régnaient initialement sur la croûte terrestre, même dans les couches superficielles de celles-ci.?

Un début de réponse vient d’être apportée à ces questions. L’eau qui se trouverait sous la croute terrestre, au point d’y constituer un véritable océan, n’y serait pas sous forme liquide mais comme un des composants d’un minéral hydraté nommé la ringwoodite.

En 2009, au Brésil, l’équipe du Dr. Graham Pearson, directeur de recherche sur l’exploration des diamants à l’Université d’Alberta, avait découvert fortuitement un diamant singulier. Issu d’une zone de transition entre le manteau supérieur et le manteau inférieur, ce diamant s’était formé sous d’importantes pressions et températures, à une profondeur située entre 410 et 660 km, alors que la majorité des diamants prennent forme à environ 150 km sous la surface. 

Cette pierre, seul échantillon naturel dont on disposait récemment, présente une inclusion dans laquelle est logé un minéral hydraté : la ringwoodite. Il s’agit d’un minéral qu’on ne retrouvait jusqu’alors que dans les météorites, ou par le biais d’expériences en laboratoire. On peut en effet l’obtenir à partir d’olivine, une roche très commune, en la soumettant à des températures et pressions très importantes, et à la condition d’exposer l’échantillon à de l’eau.

Les diamants, en géologie, apparaissent comme de véritables machines à remonter le temps, ou tout au moins le temps géologique. « Lorsque les diamants se forment » explique Graham Pearson, « ils piègent de très petites inclusions des matériaux qui composent le manteau en profondeur. […] C’est à l’intérieur des inclusions du diamant que nous avons trouvé la ringwoodite qui contient cette molécule OH- attachée à elle, et qui correspond à une liaison de molécule d’eau structurellement modifiée ». 

Le minéral est alors hydraté sous une forme solide. « Nous devons poursuivre notre travail pour déterminer si cela signifie que l’ensemble de la zone de transition contient de grandes quantités d’eau. Si c’est le cas, si la zone de transition du manteau terrestre est uniformément composée de minéraux comme celui retrouvé au Brésil, ce qui est fort probable, alors, il y a l’équivalent d’un à deux océans mondiaux sous nos pieds » explique Graham Pearson. 

Autrement dit, pour répondre à notre question précédente, l’eau que l’on trouve sur la Terre ne proviendrait pas de l’espace mais du processus de formation de la Terre. La même raison expliquerait le présence d’eau en abondance sur Vénus. Par contre l’eau qui devait également se trouver sur la Lune ou sur Mars, s’y serait évaporée, n’y étant pas en quantité suffisant vu la taille de ces astres.

Référence

https://www.science.org/doi/abs/10.1126/science.1253358

HomeScience
Vol. 344, No. 6189

Share on Dehydration melting at the top of the lower mantle

Brandon Schmandt and others

13 Jun 2014
Vol 344, Issue 6189
pp. 1265-1268

DOI: 10.1126/science.1253358

  • Cycling water through the transition zone
  • The water cycle involves more than just the water that circulates between the atmosphere, oceans, and surface waters. It extends deep into Earth’s interior as the oceanic crust subducts, or slides, under adjoining plates of crust and sinks into the mantle, carrying water with it. Schmandt et al. combined seismological observations beneath North America with geodynamical modeling and high-pressure and -temperature melting experiments. They conclude that the mantle transition zone—410 to 660 km below Earth’s surface—acts as a large reservoir of water.

Science, this issue p. 1265

Abstract

The high water storage capacity of minerals in Earth’s mantle transition zone (410- to 660-kilometer depth) implies the possibility of a deep H2O reservoir, which could cause dehydration melting of vertically flowing mantle. We examined the effects of downwelling from the transition zone into the lower mantle with high-pressure laboratory experiments, numerical modeling, and seismic P-to-S conversions recorded by a dense seismic array in North America. In experiments, the transition of hydrous ringwoodite to perovskite and (Mg,Fe)O produces intergranular melt. Detections of abrupt decreases in seismic velocity where downwelling mantle is inferred are consistent with partial melt below 660 kilometers. These results suggest hydration of a large region of the transition zone and that dehydration melting may act to trap H2O in the transition zone.

02/11/2024 Découverte d’un hominien adulte encore plus petit que l’Homme de Flores

Les paléoanthropologues avaient donné le nom d’Homme de Flores Homo floresiensis ou Hobbit à un hominien qui vivait entre 90.000 et 50.000 ans dans l’ile indonésienne de Flores et qui se caractérisait par sa très petite taille, d’environ 1 m. Il avait été découvert en 2003 dans une caverne de cette ile.

https://www.mnhn.fr/fr/homme-de-flores#:!

Or des chercheurs de l’Université de Tokyo viennent de découvrir dans cette même ile, à Mata Menge, les restes d’un hominien beaucoup plus ancien, qui y vivait il y a 700.000 ans environ.

Il est difficile à ce jour de savoir si ces deux individus appartenaient à une même lignée évolutive. Les restes ont été trouvé, non plus dans une caverne, mais dans un site en plein air qui était autrefois un lit de rivière. Ces restes consistent en un morceau de crane, un morceau de mâchoire et 6 dents. S’y ajoute aujourd’hui un morceau d’humérus qui a permis après diverses recherches de déterminer la taille de l’os complet. Celle ci estimée entre 20 et 22 cm appartenait à un adulte d’une taille approximative de 93 à 120 cm.

Ces données sont proches de celles trouvée à Java chez un spécimen d’ H. erectus. Elles permettent de penser qu’une petite population d’H.erectus avait atteint Flores, peut-être par accident, et y avait survécu dans l’isolement. Ces hommes étaient bien plus grands que l’Homme de Flores, mais avec le temps, ils auraient pu perdre en taille, peut-être du fait d’un manque de ressources ou de la consanguinité.

D’autres chercheurs suggèrent que l’Homme de Mata Menge appartenait à une espèce d’homme plus ancienne, jusqu’ici inconnue, proche de Homo Habilis, lequel n’est connu qu’en Afrique.

Voir
Debbie Argue,
Little Species Big Mystery. The story of Homo Floresiensis

Référence

  1. nature communications  
  2. articles  
  3. article
    Published: 06 August 2024
Early evolution of small body size in Homo floresiensis

Nature Communications 
volume 15, Article number: 6381 (2024

Abstract

Recent discoveries of Homo floresiensis and H. luzonensis raise questions regarding how extreme body size reduction occurred in some extinct Homo species in insular environments. Previous investigations at Mata Menge, Flores Island, Indonesia, suggested that the early Middle Pleistocene ancestors of H. floresiensis had even smaller jaws and teeth. Here, we report additional hominin fossils from the same deposits at Mata Menge. An adult humerus is estimated to be 9 − 16% shorter and thinner than the type specimen of H. floresiensis dated to ~60,000 years ago, and is smaller than any other Plio-Pleistocene adult hominin humeri hitherto reported. The newly recovered teeth are both exceptionally small; one of them bears closer morphological similarities to early Javanese H. erectus. The H. floresiensis lineage most likely evolved from early Asian H. erectus and was a long-lasting lineage on Flores with markedly diminutive body size since at least ~700,000 years ago.