03/09/2025 Le rôle du chaos dans le cerveau

Nous ne prenons pas assez en considération les exploits qu’accomplit à chaque instant notre cerveau. Dire son nom à quelqu’un est déjà une tâche difficile à réaliser par un calculateur

Keith Hengen, biologiste à la at Washington University à St Louis rappelle cependant que cela ne serait pas possible sans le désordre voire le chaos, qui règne à chaque instant dans le cerveau.

Ils nomment cette hypothèse «  the critical brain hypothesis ». Selon eux, la matière grise balance en permanence entre l’ordre et le désordre dans ce qu’ils nomment une “critical zone”, autrement dit au bord du chaos.

Il s’agit d’un phénomène que l’on retrouve en permanence dans la nature, par exemple dans les avalanches ou les incendies de forêts . De petits évènements peuvent avoir des conséquences catastrophiques . Ils sont gouvernes par des principes mathématiques.;

Ces hypothèses semblent absurdes, mais aujourd’hui d’autres neuroscientifiques les sles partagent. C’est le cas de Karim Jerbi, de l’Université de Montreal. Cette hypothèse devrait nous aider à augment notre flexibilisé mentale. Elle devrait aussi nous aider à mieux comprendre le fonctionnement des cerveaux de certains animaux chats ou singes. On lira auss sur ce sujet Woodrow Shew, physicien à l’University of Arkansas, Un article en ce sens vient d’être publie dans Neuron

02/09/2025 L’effondrement probable de l’AMOC

Au moment où le monde commence à prendre très au sérieux les conséquences du réchauffement climatique envisagé pour le prochain demi-siècle, les climatologues mettent en garde contre l ‘établissement de conditions polaires en Atlantique nord, avec de graves conséquences pour l’Europe.

Le sujet du devenir de l’Amoc inquiète et suscite des débats interminables. Ce méga-courant a un impact majeur sur la météo telle que nous la connaissons. Son effondrement bouleverserait le climat, et donc, notre environnement, notre agriculture et notre société.

Le climat de la Planète dépend en partie des courants marins, dont l’Amoc. Celui-ci transporte les eaux chaudes de l’océan Atlantique Sud vers les hautes latitudes de l’océan Atlantique Nord. Cette eau se refroidit alors et forme des zones de différentes températures qui jouent un rôle important : elles redistribuent la chaleur et le carbone dans d’autres eaux.

Le courant Amoc (dont le gulf stream constitue l’un des segments) influence ainsi la météo d’une partie de l’hémisphère nord : l’Europe en particulier, mais aussi une partie de l’Amérique, le nord de l’Asie et le nord de l’Afrique. Ce transport d’eau chaude fait donc office de régulateur du climat européen, en atténuant le froid des hivers. Sans l’Amoc, et donc sans le gulf stream pour tempérer le froid, le climat européen serait radicalement différent en hiver.

Selon une nouvelle étude, publiée dans Environmental Research Letters, le 28 août dernier, l’effondrement de l’Amoc n’est plus une hypothèse : c’est une certitude, d’après les scientifiques néerlandais, allemands et anglais qui ont réalisé l’étude. Mais l’effondrement n’aura pas lieu avant 2100. C’est une mauvaise nouvelle pour les futures générations. Dèjà un affaiblissement du courant est prévu entre 2100 et 2500.

Si les émissions de carbone continuent à augmenter au même rythme, 70 % des simulations sur les modèles informatiques envisagent un effondrement du courant. Un ralentissement de l’Amoc est visible dans les simulations informatiques réalisées dans le cas d’un scénario pessimiste de l’évolution du réchauffement climatique. Mais aussi parfois, pour certaines simulations, dans le cas d’un scénario intermédiaire et même faible d’évolution du réchauffement.

Le transport de chaleur du courant diminuerait de 20 à 40 % dans l’eau. Dans l’air la dose de chaleur transportée par le courant représenterait moins de 20 %, comparé à ce que nous connaissons à l’heure actuelle.

Vers des hivers beaucoup plus rudes en France

Un effondrement de l’Amoc transformerait le climat d’une partie du monde. La majeure partie de la Planète continuerait à se réchauffer, tandis qu’une petite partie se refroidirait, et le niveau de la mer pourrait s’élever de 50 centimètres. L’Europe serait la zone la plus concernée avec « du froid extrême » l’hiver.

L’équipe de recherche a analysé les simulations CMIP6 (Coupled Model Intercomparison Project), utilisées dans le dernier rapport d’évaluation du GIEC, mais avec des horizons temporels étendus aux années 2300 à 2500 au lieu de 2100.

Pour mesurer l’intensité de l’AMOC, les scientifiques ont utilisé la quantité d’eau se déplaçant vers le nord à 26 degrés de latitude nord. Les projections montrant que ce transport d’eau descendra sous 10 sverdrups (unité qui équivaut à million de mètres cubes par seconde) d’ici 2100 indiquent une stagnation au cours des siècles suivants (communiqué de l’Institut météorologique royal des Pays-Bas).

Sur cette base, les chercheurs concluent que dans au moins 70 % des simulations du modèle avec des émissions élevées de CO2 (scénario d’émissions SSP5-8.5), l’AMOC stagnera. Pour le scénario d’émissions modérées (SSP2-4.5), ce chiffre est de 37 %, et pour le scénario d’émissions faibles (SSP1-2.6), il est de 25 %.

Incertitudes

« D’après les simulations, le point de basculement dans les principales mers de l’Atlantique Nord se produit généralement au cours des prochaines décennies, ce qui est très inquiétant », note Stefan Rahmstorf, qui a supervisé ce travail, dans un communiqué de l’institut de recherche sur le climat de Potsdam (PIK) où il dirige le département Analyse du système terrestre.

Une fois franchi ce point de bascule, l’arrêt de l’AMOC devient « inévitable » en raison d’une boucle de rétroaction amplificatrice, précise l’étude. La chaleur libérée par l’Atlantique Nord chute alors à moins de 20 % de sa valeur actuelle, voire presque à zéro dans certains modèles.

Interrogé par nos confrères du Guardian, le Dr Aixue Hu, du Laboratoire de dynamique climatique mondiale du Colorado (États-Unis), qui n’a pas contribué à ce travail, juge ces résultats « importants ». Cependant,il nuance il nuance ;« la temporalité de l’effondrement de l’AMOC et le moment où le point de bascule sera franchi restent très incertains, en raison du manque d’observations directes et des résultats variables des modèles »

L’avenir de l’AMOC est « entre nos mains »

Ces pourcentages « doivent être interprétés avec prudence : la taille de l’échantillon étant réduite, davantage de simulations [au-delà de 2100] sont nécessaires pour mieux quantifier le risque », confirme auprès du média britannique le Dr Jonathan Baker, du Centre Hadley du Met Office au Royaume-Uni, co-auteur d’une précédente étude indiquant qu’un effondrement total de l’AMOC serait peu probable au cours de ce siècle. Toutefois, selon lui :

Même si un effondrement est peu probable, un affaiblissement majeur est attendu, ce qui pourrait à lui seul avoir de graves conséquences sur le climat européen dans les décennies à venir. Mais l’avenir de la circulation atlantique est toujours entre nos mains.


Voir aussi
Bold Plans to save vital current
New Scientist JULY 2025 p11



02/09/2025 Faire de la France une (très) grande puissance spatiale

Dans les prochaines années les grandes puissances ou celles qui aspirent à ce titre ne maintiendront leur rang que si elles investissent massivement dans ce domaine. L’Union soviétique l’avait bien compris en finançant très tôt, malgré une situation économique fragile, le Projet Gagarine d’homme en orbite terrestre.

La Chine pour sa part s’est attiré le respect de la communauté spatiale en mettant rn plce, sur la face cachée de la Lune, un petit observatoire. Quant aux Etats-Unis la spatial dominance qu’ils se sont donnée dès les origines continue à faire d’eux les maîtres du monde.

L’Union européenne et l’Allemagne en particulier n’affichent aucune ambition spatiale. Ceci contribue à les rendre inaudibles au plan scientifique et technique, que ce soit dans le domaine civil que militaire. Très tôt par contre la Général de Gaulle avait compris que la Frane ne reprendrait son rang après la défaite de Juin 40 qu’en se donnant des objectifs indispensables à toute politique spatialem, notamment dans le domaine des lanceurs et des instruments d’observation planétaire.

Il est donc surprenant de constater qu’aujourd’hui ceux qui prétendent faire la France sortir de l’enlisement politique et économique oublient le spatial.

La France aurait un rôle essentiel à y jouer. Non pas seulement dans le domaine des lanceurs, mais en finançant des projets plus ambitieux. Citons une station spatiale moderne, mais surtout l’envoi sur Mars et ses satellites, avec les moyens adéquats de missions humaines d’une certaine durée. Nous sommes certains du fait que malgré les risques les volontaires ne manqueraient pas 

IA et archéologie

L’impact de l’intelligence artificielle sur la science et la recherche est croissant depuis une dizaine d’année. C’est notamment le cas en archéologie qui voit en cette technologie une opportunité pour compiler, traiter et interpréter, avec un gain de temps considérable, de gros volumes d’informations. L’IA s’est également imposée comme une aide précieuse à la préservation du patrimoine archéologique et à la création de nouveaux savoirs. Son utilisation systématique peut cependant ouvrir la porte à certaines dérives, dont celle de la réinterprétation.

Premiers usages : compiler des informations

Dans les années 2000, différents conflits armés et l’accélération du changement climatique menacent de faire disparaître un nombre important de sites archéologiques. Face à ce triste constat, plusieurs organisations internationales, dont l’Unesco, qui a fait de la sauvegarde numérique du Patrimoine une de ses priorités, décident de lancer d’importants projets de numérisation 3D des sites menacés. Différentes entreprises, comme Iconem, développent des technologies innovantes, notamment l’utilisation de drones intelligents, pour scanner les vestiges et en proposer une restitution virtuelle à l’identique.
 
En plus de conserver la mémoire numérique d’un patrimoine menacé de destruction, cette initiative a permis de compiler une masse de données totalement inédite de par sa nature et son volume. Conscient de l’opportunité créée, le monde de la recherche s’est appuyé sur l’IA pour exploiter cette nouvelle base de référence.

En 2016, l’utilisation de l’IA en archéologie prend un nouveau tournant avec l’apparition de l’application ArchAIDE, un système de reconnaissance automatique de fragments de céramique généré par une intelligence artificielle : l’apport pour la recherche est immense et les gains de temps pour trier les vestiges sont remarquables. Le potentiel de cet outil ouvre la voie à une identification plus poussée des artefacts jusqu’à en proposer une reconstitution.

De l’identification à la reconstitution des informations

Il est rare qu’un archéologue découvre un objet intact en parfait état de conservation. Généralement, les fouilles relèvent essentiellement des fragments dont l’identification puis la reconstitution sont particulièrement chronophages et fastidieuses.

Dans les années 2000, différents conflits armés et l’accélération du changement climatique menacent de faire disparaître un nombre important de sites archéologiques. Face à ce triste constat, plusieurs organisations internationales, dont l’Unesco, qui a fait de la sauvegarde numérique du Patrimoine une de ses priorités, décident de lancer d’importants projets de numérisation 3D des sites menacés. Différentes entreprises, comme Iconem, développent des technologies innovantes, notamment l’utilisation de drones intelligents, pour scanner les vestiges et en proposer une restitution virtuelle à l’identique.
 
En plus de conserver la mémoire numérique d’un patrimoine menacé de destruction, cette initiative a permis de compiler une masse de données totalement inédite de par sa nature et son volume. Conscient de l’opportunité créée, le monde de la recherche s’est appuyé sur l’IA pour exploiter cette nouvelle base de référence.

En 2016, l’utilisation de l’IA en archéologie prend un nouveau tournant avec l’apparition de l’application ArchAIDE, un système de reconnaissance automatique de fragments de céramique généré par une intelligence artificielle : l’apport pour la recherche est immense et les gains de temps pour trier les vestiges sont remarquables. Le potentiel de cet outil ouvre la voie à une identification plus poussée des artefacts jusqu’à en proposer une reconstitution.

Ainsi en Grande-Bretagne, des chercheurs ont utilisé l’IA pour déterminer à quoi des pierres sphériques retrouvées sur l’île de Santorin, en Crète et à Chypre pouvaient correspondre. L’outil, après analyse, a suggéré que les pierres, de deux tailles distinctes, avaient été délibérément choisies pour leur forme et leur poids. À partir de leur localisation, les plus grandes étant déposées dans des cavités artificielles sous les habitations, l’IA a pensé qu’il s’agissait d’un jeu de société, alors que les chercheurs pensaient plutôt à des balles à lancer, à un système de comptage ou des pions d’un jeu.
 
Le risque de dérive n’est cependant pas à exclure. L’IA, qui est particulièrement efficace pour identifier à partir de ce qu’elle connaît, n’a pas (encore) la capacité de résonner. Elle ne prend pas en compte les notions de culture, de croyance ou de sensibilité artistique. Elle reste un outil pour aider à la détermination, et à associer à l’expertise humaine dans une démarche scientifique.

Source

https://www.ocim.fr/actualites/regard-sur-lactu/larcheologie-face-aux-defis-de-lintelligence-artificielle-ia

L’AI va-t-elle changer l’apprentissage des maths?




Les mathématiques n’ont jamais été faciles, contrairement au conseil bien connu « Laisse tonber l’amour et fais des mathématiques ». Aujourd’hui cependant, de nouvelles générations d’outils d’Intelligence t Artificielle (AI) devraient faciliter la tâche sont apparu

Une révolution dans l’AI va-t-elle transformer les mathématiques ? Des mathématiciens éminents le pensent. De nouveaux outils d’AI devraient transformer la rédaction des preuves, avec le potentiel de changer la façon dont procède la recherche en mathématiques, allant jusqu’à consctruire des preuves eux-mêmes.

Selon un enseignant en mathématiques à laCarnegie Mellon University Jeremy Avigad, la chose est surprenante mais il faudra s’y faire , tant les résultats seront enrichissants.

Le nouveau domaine est dominé par DeepMind de Google https:/deepmind.google /qui avait fait la une en 2024 avec son AI system, AlphaProof, gagna une médaille d’argent à l’ International Mathematical Olympiad (IMO).

L’équipe derrière AlphaProof montra que celui-ci pouvait aider à formaliser une petire partie du Théorème des nombres Premiers 

https://fr.wikipedia.org/wiki/TA9orie_des_nombres

Morph Labs, une start uu américaine, a présenté de son côté un outil d’AI nmmé Trinity conçu pour traduire les preuves automatiquement depuis le document écrit à la main par le mathématicien jusqu’à l’outil de preuve formazlisé et vérifié par le système.

Bhavik Mehta de l’ Imperial College London, montra un exemple selon lequel Trinity prouva un théoreme relatif à l’ABC conjecture qi avait fait tle sujet d’un intense débat concernant son exactittude


31/08/2025 A quoi ressemble un tartigrade ?

Un animal microscopique  

Les tardigrades mesurent entre 0,1 et 1,2 millimètres, ils ne sont visibles qu’au microscope. En fonction des conditions de son environnement (s’il rentre en cryptobiose), le tardigrade peut perdre presque la totalité de l’eau que contient son corps, ce qui fait diminuer de 32 à 40 % son volume total (l’espèce capable de la plus forte miniaturisation est Hypsibus exemplaris).  

Huit pattes et deux yeux 

Bien qu’ils soient minuscules, les tardigrades possèdent quatre paires de pattes et deux yeux. Le reste de leur corps est composé de muscles, neurones et d’un intestin. Tout comme les humains, à la surface de son corps ainsi qu’à l’intérieur sont retrouvés un ensemble de micro-organismes qui forment sont microbiome.  

Evolution et changement de modes de vie 

La présence des tardigrades sur Terre est attestée par des scientifiques depuis près de 500 millions d’années. Ce genre d’animaux s’est largement diversifié : près de 1 340 espèces de tardigrades différentes sont connues, peuplant des zones très diverses de notre planète. Certains évoluent dans les fonds des océans, à 4 600 mètres de profondeur, tandis que d’autre se sont établis à près de 6 000 mètres d’altitude.  

Lire aussi

Les tardigrades au Muséum

Cédric Hubas

31/08/2025 Comment la vie complexe est elle apparue sur la Terre.

À ce jour, les plus anciennes traces de vie sur Terre remonteraient à 3,8 milliards d’années, comme semblent l’indiquer des restes fossilisés retrouvés dans les roches sédimentaires. La vie était alors exclusivement aquatique et le restera pendant près de 3,4 milliards d’années ! Avant cela dans ses premiers milolirs d’années, la jeune Terre était sans doute dépourvue de toutes formes de vie ; D’une part elle n’était pss vivable (ou habitable) car bouleversée sans aaets par de épisodes volcaniques entrainant des sé »eimes d’ean bouillante

; Cependant de nombreus indices montrent que la vie complexe (milticellulaire) y est apparue plutot qu’estimé à ce joury Selon une nouvelle étude, la vie complexe sur Terre est apparue environ 1,5 milliard d’années plus tôt que prévu. C’est ce que montrentn des macrofodssiles lobés provenant d’organismes vivant il y a 2,1 milliards d’années dans une mer intérieure peu profonde, créée par la collision de deux continents.

En dépit du fait que la Terre avait hébergé la vie pendant plus de 2 milliards d’année, celle-ci y était restée rududimentaire. Il ne s’agissait que de bactéries et d’une forme voisine dite archaéa Les formes de vie les plus complexes étaient des colonies de microbes dites stromatolithes.

Pendant des années les bilogistes avaient affirmé que l’apparion de vie complexe était inévitable après que des formes de vie simple soient apparues. En fait ce ne fut pas ce qui arriva Après l’apparition des premières cellules, il y eut un long hiatus, presque la moitié du temps pris par la vie pour se diversifier. Pour qu’apparaissent des organismes mulyi celulaire. pour passer de la simple cellule à des organismes plus complexes, dits multicellulaires, il fallut attendre 4 milliards d’années d’ evolution, Ceci perperme de dire que la vie complexe est un accident

Si les cellules unicellulaires avaient évolué en organismes multicellulires, ceci se sertait traduit penddant des milliards d’années par l’apparion de multiples formes intermédiaires dont on retrouverait aujourd’hui des exemples. Or ce n’est pas ce qui s’est produit. D’un coté aujourd’hui on trouve les prokaryotes, simples cellules et archaea , de l’autres les organismes complexes dits eukaryotes qui prennent une infinité de formes. Un eukarotes est enviton 15.00 fois plus grand qu’une bactérie. Il possède une infinité d’organes dits orgenelles, des membranes intérieures, des squelettes et appeendices de déplacement. Ils son aux prokariotes ce qu’un humaein est à une amibe.

De plus, alors qu’une bactérie ne donne naissances en se regroupant qu’à des chaines identiques,les eukaryotes sont à la source de tous les organismes complexes, depuis les moules de mer jusqu’aux séquoias

(à suivre non traduit)

And while bacteria never form anything more complex than chains or colonies of identical cells, eukaryotic cells aggregate and cooperate to make everything from seaweed to sequoias, aardvarks to zebras. All complex multicellular life forms – that is to say, pretty much every living thing you can see around you, and more besides – are eukaryotes.

All eukaryotes evolved from the same ancestor. Without that one-off event, life would still be stuck in its microbial rut. Bacteria and archaea cells just don’t have what it takes to evolve into more complex forms.

So what happened? The critical event appears to have occurred about 2 billion years ago, when one simple cell somehow ended up inside another. The identity of the host cell isn’t clear, but we know it engulfed a bacterium, which began to live and divide within it, like a squatter. The two somehow found a way to live together amicably, and eventually formed a symbiotic relationship called endosymbiosis.

Through co-evolution over countless generations, the endosymbionts eventually become an organelle called the mitochondrion. These stripped-down vestiges of their former bacterial selves evolved to have one key function: to supply the cell with energy. This was the critical step that allowed life to throw off its microbial shackles and evolve into endless forms most beautiful.

Turbo charge

Once they have mitochondria, cells can overcome a fundamental barrier that prevents bacteria and archaea from growing large. In a nutshell, there is a limit to how much energy microbes can produce. The cell’s universal energy currency, ATP, is manufactured at the cell membrane. But as cells grow larger, their surface area to volume ratio drops and they have relatively less membrane to use. As they grow larger, their energy demands quickly overtake the supply. A cell with mitochondria (which have their own ATP-making membranes) can overcome this simply by adding more mitochondria – something that’s easily done, as the mitochondria retain their bacterial ancestors’ ability to clone themselves.

Awash with squadrons of mitochondria cranking out energy, early eukaryotes were free to grow larger and accumulate bigger and more complex genomes. And these expanded genomes provided the genetic raw material that permitted the evolution of ever more complex life.

Powered by the sun

That was not the end of the story. Another round of endosymbiosis is thought to have created the chloroplast, the organelle that allows plants and algae to convert sunlight into sugar in the process called photosynthesis. The endosymbiont in this case was a photosynthetic bacterium, which first appeared on Earth about 2.8 billion years ago. The cell nucleus, where eukaryotes store the majority of their DNA, was another crucial invention. It may have been created by another endosymbiosis, possibly of a virus. Eukaryotic cells also acquired other organelles, such as the endoplasmic reticulum, where proteins are made, and the Golgi apparatus, which dispatches them to their destination, possibly by infolding of their cell membranes.

All of this set the scene for the emergence of complex, multicellular life forms. Admittedly, it took a while. The first large multicellular organisms were the Ediacarans, ocean-dwelling life forms which appeared about 700 million years ago and disappeared around the time of the so-called Cambrian explosion 540 million years ago, when most of the familiar animal forms first evolved.

Nonetheless, the Ediacarans can trace their origins back to the evolution of mitochondria. And this seems to have hinged on a single fluke event – the acquisition of one simple cell by another. The bottom line is that while simple life appears to be a near inevitability, the evolution of complex life – including you and yours – is fantastically unlikely. That is the true miracle of life on Earth.

New scientist 23 August 2025

Référence
An Asgard archaeon from a modern analog of ancient microbial mats
https://doi.org/10.1101/2025.07.22.6630

Abstract

It has been proposed that eukaryotic cells evolved via symbiosis between sulfate-reducing bacteria and hydrogen-producing archaea. Here we describe a highly enriched culture of a novel Asgard archaeon, Nerearchaeum marumarumayae, with a bacterium Stromatodesulfovibrio nilemahensis from a stromatolite-associated microbial mat. The N. marumarumayae genome indicates it produces H2, acetate, formate, and sulfite, while S. nilemahensis synthesizes amino acids and vitamins, which can be exchanged in a syntrophic partnership. Electron cryotomography revealed N. marumarumayae cells produce chains of budded envelope vesicles attached to the coccoid cell body by extracellular fibers, and intracellular tube- and cage-like structures. Furthermore, the two species were observed interacting via intercellular nanotubes assembled by the bacterium. These characteristics and interactions may reflect an early step in the symbiotic evolution of eukaryotic cells.

29/08/2025 Apparition de l’ Homo sapiens. Pourquoi un tel ensemble de mutations favorables en si peu de temps ?

Entre 2 millions d’années et l’apparition d’ Homo sapiens, les premiers humains dits Homo erectus à descendre des arbres et se tenir debout ont fait preuve d’une grande mobilité et d’une capacité d’invention qui ne se rencontre chez aucune autre espèce. La première sortie d’Afrique, la chasse, la maîtrise du feu… autant d’innovations souvent attribuées a Homo erectus

Mais si cette rapidité évolutive est surprenante, qui dirait-on de la rapidité de l’évolution qui a permis à certain des derniers Homo erectus de devenir des Homo sapiens après avoir été Néandertaliens, sans mentionner les encore mystérieux Dénisoviens et ceux dont on n’a pas encore retrouvé de traces.

Dans un article de Science et avenir daté de juin 2025, on trouve un liste de ce que l’auteur de cet article nomme « «  7 atouts qui ont fait le succès de notre espèce » . En premier lieu estmentionnée une boite crânienne orientée de telle façon qu’elle permette établissement d’un gros cerveau abondamment connecté à l’ensemble du système nerveux cognitif. Par ailleurs des groupes sanguins très diversifiés permettent les métissages et les migrations.

Or comment se fait-il qu’en si peu de temps les humains de l’époque se soient transformés d’une façon si pertinent? Aujourd’hui la génomique synthétique vise à synthétiser un génome entier afin de le produire artificiellement au laboratoire. Pour ce faire, grâce aux méthodes de la chimie et de la biologie moléculaire, les éléments constitutifs de l’ADN (les nucléotides) sont attachés l’un à l’autre selon l’ordre souhaité. Or, malgré les précautions prises il faut des mois pour réaliser avec succès cette opération.

La transformation sur le mode naturel;, par essais et erreurs spontanés, des espèces préexistantes, n’a pus se faire dans les millénaires passés qu’au terme de très longs délais. Les religions y voient d’ail lues l’intervention de la volonté divine.

La théorie de l’évolution postule que les espèces mutent en permanence mais que seules les mutations favorables à la bonne adaptation des espèces sont conservées au sein du patrimoine génétique ?Ainsi l’adaptation spontanée des humains à la vie dans l’espace ne pourra se faire que dans des limites vite atteintes. Aujourd’hui il n’est pas envisageable que des humains puissent vivre longtemps sur la Lune ou sur Mars. Il faudra y envoyer des robots convenablement protégés.

En fait on peut penser que l’apparition de l’Homo sapiens relève de processus naturels que l’on devrait retrouver dans l’univers entier. Mais selon l’observatoire spatial James Webb et les calculs des astronomes, l’univers visible à lui seul contiendrait des centaines de milliards de galaxies. Combien de milliards de milliards de milliards de Sapiens tels que le lecteur du présent article ce chiffre représenterait-il ?


28/08/2025 Les premières sorties d’Afrique d’Homo erectus

Entre 2 millions d’années et l’apparition d’ Homo sapiens, les premiers humains dits Homo erectus à descendre des arbres et se tenir debout ont fait preuve d’une grande mobilité et d’une capacité d’invention qui ne se rencontre chez aucune autre espèce. La première sortie d’Afrique, la chasse, la maîtrise du feu… autant d’innovations souvent attribuées Homo erectus. Mais qui sont-ils ? Constituent-ils un groupe homogène ? Et surtout, qui sont leurs successeurs ?

De 781 000 à 126 000 ans avant le présent, les Homo erctusdsont apparaissent en Afrique et en Eurasie. L’évolution humaine à cette période est encore mal comprise car les fossiles sont à la fois très rares et très différents entre eux. Mais elle est aussi au centre de l’attention car elle voit l’émergence des mystérieux Dénisoviens, de Néandertal et d’Homo sapiens.

C’est Homo erectus qui, le premier, franchit le pas. On retrouve des fossiles humains apparentés à ce genre et datés d’environ 2 millions d’années, en Géorgie, puis des spécimens un peu plus récents, autour de 1,8 million d’années, en Indonésie. Depuis le sud de l’Afrique jusqu’au fin fond de l’Asie, Homo erectus se disperse partout où il le peut. Comme Homo sapiens le fera plus tard, vers 150 000 ans.

Leur extension hors d’Afrique s’apparente plutôt à une expansion démographique progressive. Ainsi, plutôt que de parler de vagues migratoires dûment motivées, les paléoanthropologues évoquent une progression qui n’est pas décidée volontairement

Les Homo erectus ne savent pas qu’ils sortent d’Afrique — un concept qui leur est évidemment étranger. Leurs déplacements s’effectuent sur quelques dizaines de kilomètres de distance à la fois, au fil de centaines de millénaires, et il est probable qu’ils ressemblent plus à des successions d’allers-retours plutôt qu’à un mouvement général et continu à sens unique.

Mais qu’est-ce qui pousse les humains à changer d’horizon ? Parmi les hypothèses, les scientifiques évoquent des variations climatiques qui perturberaient leur environnement. Mais, contrairement à notre époque où les dérèglements connaissent une forte accélération, ils ont lieu sur un très long terme et rien ne prouve que nos ancêtres s’en soient rendus e. Peut-être étaient-ils motivés par des besoins alimentaires due à une augmentation de leur population ? Mais peut-etre aussi par l’envie d’explorer, l »envie de passer la ligne d’horzoni pour aller voir plus loin ?

Les scientifiques s’entendent sur une chose : Homo erectus est le premier doté de capacités qui facilitent son expansion géographique. Grandes jambes, petits bras, cet Homo nouveau genre possède un corps plus adapté à la marche. Son comportement et un outillage plus diversifié représentent également des avantages sur les humains qui le précèdaient.

Alors que ceux-ci sont cantonnés à des écosystèmes bien déterminés — des zones un peu forestières, ni trop humides ni trop sèches —, Homo erectus, lui, fait preuve d’une faculté d’adaptation à des milieux extrêmement variés. Forêt tropicale, forêt européenne, zone ouverte, zone fermée, climat chaud ou plus froid… il peut habiter toutes les niches écologiques qu’il rencontre.

L’origine africaine des humains et leur première sortie de ce continent, il y a 2 millions d’années, fait consensus parmi les paléoanthropologues. Mais, comme toujours en science et encore plus en préhistoire, ces connaissances ne sont pas figées

Restes humains, outils de pierre qui témoignent d’activités diverses… les experts s’appuient sur les données les plus solides pour établir leurs hypothèses. Mais, loin d’être des certitudes, celles-ci peuvent être remises en question par la découverte suivante.

Homo sapiens, espèce de l’Homme moderne, est apparu en Afrique[ et y aurait vécu depuis environ 300 000 ans, avant de quitter l’Afrique il y a entre 60 000 et 50 000 ans, se répandant sur les autres continents, ce que confirment les études génétiques. Ce faisant il a supplantant les espèces humaines antérieures, comme l’Homme de Néandertal en Europe et l’Homme de Denisova en Asie, avec des épisodes d’hybridation limitée entre espèces.

Le débat sur l’oOrigine de l’homme moderne 

Avec l’essor de l’anthropologie au début du XIXe siècle, un débat virulent opposa les tenants du monogénisme comme Johann Friedrich Blumenbach et James Cowles Pritchard, pour qui les différentes races humaines sont des variétés partageant une ascendance commune, et ceux du polygénisme tels que Louis Agassiz et Josiah C. Nott, qui soutenaient que les races humaines sont des espèces distinctes ou se sont développées comme espèces distinctes par transmutation à partir de singes, sans avoir d’ancêtres communs.

Vers le milieu du XXe siècle, de nombreux anthropologues s’étaient ralliés à la théorie du monogénisme, mais les partisans du polygénisme, comme Carleton Coon, demeuraient influents. Ce dernier émit en 1962 l’hypothèse d’une évolution indépendante et séparée d’Homo erectus vers Homo sapiens sur chacun des cinq continents

Le polygénisme a ensuite cédé la place dans les années 1980 à la théorie de l’origine multirégionale de l’homme moderne, une version intermédiaire dans laquelle les cinq branches d’Homo erectus échangent des gènes tout au long de leur évolution avant de parvenir au stade final Homo sapiens.

Le développement de la génétique des populations dans les années 1980 et 1990 a permis de montrer l’origine commune et récente de toute l’humanité actuelle, avec un enracinement sur le continent africain, refaisant du monogénisme l’hypothèse e centrale et quasi-consensuelle de l’origine de l’Homme moderne.

Premiers Homo sapiens

Homo sapiens est apparu en Afrique il y a au moins 300 000 ans, d’après les fossiles les plus anciens connus à ce jour, trouvés à Djebel Irhoud, au Maroc, et publiés en 2017 par Jean-Jacques Hublin Homo sapiens aurait colonisé tout le continent avant de migrer hors d’Afrique.

Dans sa publication de 2017, Jean-Jacques Hublin défend l’idée d’une émergence d’Homo sapiens à l’échelle de l’ensemble du continent africain, selon une sorte de modèle multirégional limité à l’Afrique. Selon lui, l’arbre phylogénétique de l’humanité est un « arbre dont il manque de nombreuses branches » et la surreprésentation de certaines régions et périodes serait due avant tout à l’abondance de fossiles trouvés en Afrique orientale, région dont les conditions ont été propices à la conservation des ossements.

Le passage de l’industrie lithique acheuléenne aux industries dites de mode 3, qui s’est produit en Afrique à partir d’environ 400 000 ans BP, témoignerait peut-être de la transition entre des formes humaines archaïques et les premiers sapiens]

En 2019, une étude des paléoanthropologues français Aurélien Mounier (CNRS-MNHN) et argentine Marta Mirazón Larh (université de Cambridge), publiée dans la revue Nature, montre, parmi les plus anciens fossiles africains connus attribués à l’espèce Homo sapiens, des formes qui préfiguraient le mieux la morphologie finalement acquise par l’Homme moderne.

L’analyse de nombreux crânes d’hommes modernes, issus des différentes populations de la planète, propose une morphologie virtuelle du dernier ancêtre commun de l’humanité actuelle, et la compare, en morphométrie 3D, aux 5 crânes africains les plus complets datés d’au moins 200 000 ans : Irhoud 1 (Maroc), Florisbad (Afrique du Sud), Eliye Springs (Kenya), Omo Kibish 2 (Éthiopie), et LH 18 (Tanzanie). Le crâne de Florisbad est jugé le plus proche de notre ancêtre virtuel, devant celui d’Eliye Springs. Les trois autres crânes fossiles représenteraient des stades plus archaïques de l’espèce Homo sapiens.

Dans une synthèse publiée en 2016, le paléoanthropologue anglais Christopher Brian Stringer, du Musée d’histoire naturelle de Londres, rappelle l’existence, dans plusieurs régions d’Afrique, de fossiles humains récents qui ne sont peut-être pas attribuables à l’espèce Homo sapiens. Les fossiles d’Iwo Eleru (14 ka, Nigeria), de Lukenya Hill (22 ka, Kenya), et du lac Eyasi (7 fragments de crâne, environ 110 ka, Tanzanie), pourraient témoigner de l’existence de populations reliques en Afrique, tout comme l’Homme de Kabwe (environ 250 ka, Zambie), un peu plus ancien, holotype de l’espèce Homo rhodesiensis..

Ces deux études soulignent la grande diversité des morphologies relevées sur les différents fossiles africains datés sur une période allant du Pléistocène moyen tardif jusqu’au Pléistocène supérieur, ce qui pourrait refléter la coexistence de populations ou d’espèces morphologiquement distinctes en Afrique tout au long de cette période. Le modèle d’évolution applicable au Paléolithique moyen africain resterait alors un buissonnement évolutif, ce qui contredirait la théorie de l’origine multirégionale de l’homme moderne à l’échelle du continent, telle que proposée par Jean-Jacques Hublin,

Il est aussi possible d’envisager cette hypothèse comme une version intermédiaire, consistant à imaginer un chemin évolutif se déroulant successivement dans plusieurs régions d’Afrique, avec de possibles apports génétiques de populations plus archaïques le long de ces migrations. Dans cette vision, l’Homme moderne n’émergerait pas d’un foyer régional unique, mais par accrétion successive de caractères acquis à différents moments et dans différentes régions du continent. Ce chemin évolutif laisserait derrière lui différentes populations ou espèces humaines archaïques ayant coexisté un certain temps avec la lignée pionnière, avant de finalement s’éteindre peu avant ou durant le Pléistocène supérieur.

Premières arrivées en Europe

Un fragment de calotte crânienne fossile, noté Apidima 1, fut découvert en 1978 dans la Grotte d’Apidima, située dans le sud du Péloponnèse, en Grèce. Grâce à l’imagerie virtuelle par tomodensitométrie, l’analyse du fossile en morphométrie 3D, soulignant notamment la rondeur de l’os occipital et l’absence de fosse sus-iniaque, a permis en 2019 de l’attribuer à Homo sapiens, avec une datation de 210 000 ans (datation par l’uranium-thorium). Cette datation reculerait de quelque 160 000 ans l’âge de l’arrivée des premiers Homo sapiens en Europe[14],[15].

Homo sapiens n’a pas pu à l’époque se maintenir en Europe où il a probablement été supplanté par l’Homme de Néandertal, mieux adapté au froid des cycles glaciaires successifs, avant que l’Homme de Cro-Magnon réussisse bien plus tard son implantation, à partir de 48 000 ans aBP.

Le second plus ancien fossile d’Homo sapiens trouvé hors d’Afrique, un demi-maxillaire avec ses huit dents, a été découvert en 2002 dans la grotte de Misliya, en Israël. Il a été daté en 2018 d’environ 185 000 ans. Des fossiles d’Homo sapiens avaient été mis au jour en Israël dès les années 1930, dans la grotte d’Es Skhul, datés d’environ 118 000 ans, et dans la grotte de Qafzeh, datés d’environ 92 000 ans. Sur les deux sites, les individus exhumés ont bénéficié de sépultures

Ces premiers Homo sapiens trouvés hors d’Afrique n’auraient pas contribué au patrimoine génétique de l’humanité actuelle. Ils auraient profité d’une période interglaciaire pour s’étendre en dehors de l’Afrique, avant que le retour ultérieur d’une phase glaciaire conduise peut-être à leur retrait d’Eurasie, au profit de Néandertaliens venus du Nord. .

Certains chercheurs pensent que seuls quelques individus ont quitté l’Afrique dans le cadre d’une unique migration et qu’elles ont peuplé le reste du monde. Seul un petit groupe de près de 150 personnes aurait franchi la mer Rouge. C’est pourquoi, de tous les lignages présents en Afrique, seules les filles d’un seul lignage, L3, sont présentes hors d’Afrique. S’il y avait eu plusieurs migrations, on trouverait plus d’un lignage africain hors d’Afrique. Les filles du L3, les lignages M et N, sont peu fréquentes en Afrique subsaharienne (l’haplogroupe M1 est très ancien et diversifié en Afrique du Nord et en Afrique du Nord-Est) et semblent y être arrivées récemment. Une explication possible est que ces mutations se sont produites en Afrique de l’Est peu avant l’exode et, par effet fondateur, sont devenues les haplogroupes dominants après la sortie d’Afrique. Les mutations ont aussi pu se produire peu après la sortie d’Afrique.

D’autres chercheurs ont proposé un modèle de dispersion double selon lequel il y aurait eu deux sorties d’Afrique, dont l’une par la mer Rouge, qui se serait dirigée vers l’Inde en traversant les régions côtières (la route de la Côte), et qui serait représentée par l’Haplogroupe M. La seconde impliquerait un autre groupe, porteur de l’haplogroupe N, qui aurait suivi le Nil à partir de l’Afrique de l’Est, se dirigeant vers le nord et gagnant le Levant à travers le Sinaï. Puis, ce groupe se serait séparé dans plusieurs directions, certains allant en Europe et d’autres se dirigeant vers l’est, en Asie. Cette hypothèse tente d’expliquer pourquoi l’haplogroupe N est prédominant en Europe et pourquoi l’haplogroupe M y est absent.

Les preuves d’une migration vers l’est par la côte d’Arabie ont pu être en partie détruites par la montée du niveau de la mer pendant l’Holocène.

Une calotte crânienne fossile d’Homo sapiens, notée Manot 1, découverte en 2008 dans la grotte de Manot, en Galilée occidentale (Israël), publiée en 2015 avec une datation de 54 700 ans +/- 5 500 ans avant le présent, est le plus ancien fossile de morphologie moderne trouvé à ce jour au Levant. Sa datation semble indiquer un probable contact des hommes modernes avec les populations néandertaliennes contemporaines du Levant, représentées par les fossiles néandertaliens de la grotte de Kébara, datés d’environ 60 000 ans, et de la grotte d’Amud, datés d’environ 55 000 ans. Selon les études génétiques, cette période correspond à l’époque estimée de l’hybridation des Néandertaliens avec les hommes modernes, juste après leur sortie d’Afrique. Cette découverte tend à appuyer la théorie d’une dernière sortie d’Afrique par le Levant plutôt que par la mer Rouge.

L’hypothèse d’une sortie d’Afrique il y a 60 000 ans serait corroborée par l’analyse du crâne d’Hofmeyr appartenant à un Homo sapiens d’Afrique du Sud, daté de 36 000 ans, et étonnamment semblable aux crânes d’Européens du Paléolithique supérieur. Cette similitude suggère en effet que la population d’Afrique sub-saharienne dont l’Homme d’Hofmeyr était issu et les Européens du Paléolithique descendaient d’un ancêtre commun.

Une étude de 2021 estime qu’à partir de la sortie d’Afrique il y a entre 63 000 à 90 000 ans, le peuplement de l’Eurasie aurait duré entre 12 000 à 15 000 ans par des voies intérieures.

références

voit l’émergence des mystérieux Dénisoviens, de Néandertal et d’Homo sapiens.

C’est Homo erectus qui, le premier, franchit le pas. On retrouve des fossiles humains apparentés à ce genre et datés d’environ 2 millions d’années, en Géorgie, puis des spécimens un peu plus récents, autour de 1,8 million d’années, en Indonésie. Depuis le sud de l’Afrique jusqu’au fin fond de l’Asie, Homo erectus se disperse partout où il le peut. Comme Homo sapiens le fera plus tard, vers 150 000 ans.

Leur extension hors d’Afrique s’apparente plutôt à une expansion démographique progressive. Ainsi, plutôt que de parler de vagues migratoires dûment motivées, les paléoanthropologues évoquent une progression qui n’est pas décidée volontairementaaaaaairemennnttitrconscientisée. Les Homo erectus ne savent pas qu’ils sortent d’Afrique — un concept qui leur est par ailleurs étranger. Leurs déplacements s’effectuent sur quelques dizaines de kilomètres de distance à la fois, au fil de centaines de millénaires, et il est probable qu’ils ressemblent plus à des successions d’allers-retours plutôt qu’à un mouvement général et continu à sens unique.

Mais qu’est-ce qui pousse les humains à changer d’horizon ? Parmi les hypothèses, les scientifiques évoquent des variations climatiques qui perturberaient leur environnement. Mais, contrairement à notre époque où les dérèglements connaissent une forte accélération, ils ont lieu sur un très long terme et rien ne prouve que nos ancêtres s’en soient rendus e. Peut-être étaient-ils motivés par des besoins alimentaires due àune augmentation de leur population ? Mais peut-etre aussi par l’envie d’explorer, l »envie de passer la ligne d’hori pour aller voir plus loin ?

Les scientifiques s’entendent sur une chose : Homo erectus est le premier doté de capacités qui facilitent son expansion géographique. Grandes jambes, petits bras, cet Homo nouveau genre possède un corps plus adapté à la marche. Son comportement et un outillage plus diversifié représentent également des avantages sur les humains qui le précèdaient.

Alors que ceux-ci sont cantonnés à des écosystèmes bien déterminés — des zones un peu forestières, ni trop humides ni trop sèches —, Homo erectus, lui, fait preuve d’une faculté d’adaptation à des milieux extrêmement variés. Forêt tropicale, forêt européenne, zone ouverte, zone fermée, climat chaud ou plus froid… il peut habiter toutes les niches écologiques qu’il rencontre.

L’origine africaine des humains et leur première sortie de ce continent, il y a 2 millions d’années, fait consensus parmi les paléoanthropologues. Mais, comme toujours en science et encore plus en préhistoire, ces connaissances ne sont pas figées

Restes humains, outils de pierre qui témoignent d’activités diverses… les experts s’appuient sur les données les plus solides pour établir leurs hypothèses. Mais, loin d’être des certitudes, celles-ci peuvent être remises en question par la découverte suivante.

Depuis quand l’humain peuple-t-il l’Amérique ?

En paléoanthropologie, l’origine africaine de l’Homme moderne est la théorie la plus communément admise pour décrire l’origine des populations humaines actuelles. Cette théorie porte aussi l’appellation anglaise Out of Africa II (deuxième sortie d’Afrique), pour la différencier de Out of Africa I, expression qui renvoie aux migrations d’espèces antérieures du genre Homo hors d’Afrique au cours du Paléolithique inférieur et au début du Paléolithique moyen. Dans les milieux scientifiques elle porte aussi les noms d’« hypothèse d’une origine unique récente » (OUR), « hypothèse du remplacement » (HR), et modèle de l’« origine africaine récente » (OAR).

Homo sapiens, espèce de l’Homme moderne, est apparu en Afrique[ et y aurait vécu depuis environ 300 000 ans, avant de quitter l’Afrique il y a entre 60 000 et 50 000 ans, se répandant sur les autres continents, ce que confirment les études génétiques. Ce faisant il a supplantant les espèces humaines antérieures, comme l’Homme de Néandertal en Europe et l’Homme de Denisova en Asie, avec des épisodes d’hybridation limitée entre espèces.

Origine de l’homme moderne : monogénisme cont

Avec l’essor de l’anthropologie au début du XIXe siècle, un débat virulent opposa les tenants du monogénisme comme Johann Friedrich Blumenbach et James Cowles Pritchard, pour qui les différentes races humaines sont des variétés partageant une ascendance commune, et ceux du polygénisme tels que Louis Agassiz et Josiah C. Nott, qui soutenaient que les races humaines sont des espèces distinctes ou se sont développées comme espèces distinctes par transmutation à partir de singes, sans avoir d’ancêtres communs.

Vers le milieu du XXe siècle, de nombreux anthropologues s’étaient ralliés à la théorie du monogénisme, mais les partisans du polygénisme, comme Carleton Coon, demeuraient influents. Ce dernier émit en 1962 l’hypothèse d’une évolution indépendante et séparée d’Homo erectus vers Homo sapiens sur chacun des cinq continents

Le polygénisme a ensuite cédé la place dans les années 1980 à la théorie de l’origine multirégionale de l’homme moderne, une version intermédiaire dans laquelle les cinq branches d’Homo erectus échangent des gènes tout au long de leur évolution avant de parvenir au stade final Homo sapiens.

Le développement de la génétique des populations dans les années 1980 et 1990 a permis de montrer l’origine commune et récente de toute l’humanité actuelle, avec un enracinement sur le continent africain, refaisant du monogénisme l’hypothèse e centrale et quasi-consensuelle de l’origine de l’Homme moderne.

Premiers Homo sapiens

Homo sapiens est apparu en Afrique il y a au moins 300 000 ans, d’après les fossiles les plus anciens connus à ce jour, trouvés à Djebel Irhoud, au Maroc, et publiés en 2017 par Jean-Jacques Hublin Homo sapiens aurait colonisé tout le continent avant de migrer hors d’Afrique.

Dans sa publication de 2017, Jean-Jacques Hublin défend l’idée d’une émergence d’Homo sapiens à l’échelle de l’ensemble du continent africain, selon une sorte de modèle multirégional limité à l’Afrique. Selon lui, l’arbre phylogénétique de l’humanité est un « arbre dont il manque de nombreuses branches » et la surreprésentation de certaines régions et périodes serait due avant tout à l’abondance de fossiles trouvés en Afrique orientale, région dont les conditions ont été propices à la conservation des ossements.

Le passage de l’industrie lithique acheuléenne aux industries dites de mode 3, qui s’est produit en Afrique à partir d’environ 400 000 ans BP, témoignerait peut-être de la transition entre des formes humaines archaïques et les premiers sapiens]

En 2019, une étude des paléoanthropologues français Aurélien Mounier (CNRS-MNHN) et argentine Marta Mirazón Larh (université de Cambridge), publiée dans la revue Nature, montre, parmi les plus anciens fossiles africains connus attribués à l’espèce Homo sapiens, des formes qui préfiguraient le mieux la morphologie finalement acquise par l’Homme moderne.

L’analyse de nombreux crânes d’hommes modernes, issus des différentes populations de la planète, propose une morphologie virtuelle du dernier ancêtre commun de l’humanité actuelle, et la compare, en morphométrie 3D, aux 5 crânes africains les plus complets datés d’au moins 200 000 ans : Irhoud 1 (Maroc), Florisbad (Afrique du Sud), Eliye Springs (Kenya), Omo Kibish 2 (Éthiopie), et LH 18 (Tanzanie). Le crâne de Florisbad est jugé le plus proche de notre ancêtre virtuel, devant celui d’Eliye Springs. Les trois autres crânes fossiles représenteraient des stades plus archaïques de l’espèce Homo sapiens.

Dans une synthèse publiée en 2016, le paléoanthropologue anglais Christopher Brian Stringer, du Musée d’histoire naturelle de Londres, rappelle l’existence, dans plusieurs régions d’Afrique, de fossiles humains récents qui ne sont peut-être pas attribuables à l’espèce Homo sapiens. Les fossiles d’Iwo Eleru (14 ka, Nigeria), de Lukenya Hill (22 ka, Kenya), et du lac Eyasi (7 fragments de crâne, environ 110 ka, Tanzanie), pourraient témoigner de l’existence de populations reliques en Afrique, tout comme l’Homme de Kabwe (environ 250 ka, Zambie), un peu plus ancien, holotype de l’espèce Homo rhodesiensis..

Ces deux études soulignent la grande diversité des morphologies relevées sur les différents fossiles africains datés sur une période allant du Pléistocène moyen tardif jusqu’au Pléistocène supérieur, ce qui pourrait refléter la coexistence de populations ou d’espèces morphologiquement distinctes en Afrique tout au long de cette période. Le modèle d’évolution applicable au Paléolithique moyen africain resterait alors un buissonnement évolutif, ce qui contredirait la théorie de l’origine multirégionale de l’homme moderne à l’échelle du continent, telle que proposée par Jean-Jacques Hublin,

Il est aussi possible d’envisager cette hypothèse comme une version intermédiaire, consistant à imaginer un chemin évolutif se déroulant successivement dans plusieurs régions d’Afrique, avec de possibles apports génétiques de populations plus archaïques le long de ces migrations. Dans cette vision, l’Homme moderne n’émergerait pas d’un foyer régional unique, mais par accrétion successive de caractères acquis à différents moments et dans différentes régions du continent. Ce chemin évolutif laisserait derrière lui différentes populations ou espèces humaines archaïques ayant coexisté un certain temps avec la lignée pionnière, avant de finalement s’éteindre peu avant ou durant le Pléistocène supérieur.

Premières arrivées en Europe

Un fragment de calotte crânienne fossile, noté Apidima 1, fut découvert en 1978 dans la Grotte d’Apidima, située dans le sud du Péloponnèse, en Grèce. Grâce à l’imagerie virtuelle par tomodensitométrie, l’analyse du fossile en morphométrie 3D, soulignant notamment la rondeur de l’os occipital et l’absence de fosse sus-iniaque, a permis en 2019 de l’attribuer à Homo sapiens, avec une datation de 210 000 ans (datation par l’uranium-thorium). Cette datation reculerait de quelque 160 000 ans l’âge de l’arrivée des premiers Homo sapiens en Europe[14],[15].

Homo sapiens n’a pas pu à l’époque se maintenir en Europe où il a probablement été supplanté par l’Homme de Néandertal, mieux adapté au froid des cycles glaciaires successifs, avant que l’Homme de Cro-Magnon réussisse bien plus tard son implantation, à partir de 48 000 ans aBP.

Le second plus ancien fossile d’Homo sapiens trouvé hors d’Afrique, un demi-maxillaire avec ses huit dents, a été découvert en 2002 dans la grotte de Misliya, en Israël. Il a été daté en 2018 d’environ 185 000 ans. Des fossiles d’Homo sapiens avaient été mis au jour en Israël dès les années 1930, dans la grotte d’Es Skhul, datés d’environ 118 000 ans, et dans la grotte de Qafzeh, datés d’environ 92 000 ans. Sur les deux sites, les individus exhumés ont bénéficié de sépultures[17].

Ces premiers Homo sapiens trouvés hors d’Afrique n’auraient pas contribué au patrimoine génétique de l’humanité actuelle[18]. Ils auraient profité d’une période interglaciaire pour s’étendre en dehors de l’Afrique, avant que le retour ultérieur d’une phase glaciaire conduise peut-être à leur retrait d’Eurasie, au profit de Néandertaliens venus du Nord. .

Certains chercheurs pensent que seules quelques individs ont quitté l’Afrique dans le cadre d’une unique migration et qu’elles ont peuplé le reste du monde. Seul un petit groupe de près de 150 personnes aurait franchi la mer Rouge. C’est pourquoi, de tous les lignages présents en Afrique, seules les filles d’un seul lignage, L3, sont présentes hors d’Afrique. S’il y avait eu plusieurs migrations, on trouverait plus d’un lignage africain hors d’Afrique. Les filles du L3, les lignages M et N, sont peu fréquentes en Afrique subsaharienne (l’haplogroupe M1 est très ancien et diversifié en Afrique du Nord et en Afrique du Nord-Est) et semblent y être arrivées récemment. Une explication possible est que ces mutations se sont produites en Afrique de l’Est peu avant l’exode et, par effet fondateur, sont devenues les haplogroupes dominants après la sortie d’Afrique. Les mutations ont aussi pu se produire peu après la sortie d’Afrique.

D’autres chercheurs ont proposé un modèle de dispersion double selon lequel il y aurait eu deux sorties d’Afrique, dont l’une par la mer Rouge, qui se serait dirigée vers l’Inde en traversant les régions côtières (la route de la Côte), et qui serait représentée par l’Haplogroupe M. La seconde impliquerait un autre groupe, porteur de l’haplogroupe N, qui aurait suivi le Nil à partir de l’Afrique de l’Est, se dirigeant vers le nord et gagnant le Levant à travers le Sinaï. Puis, ce groupe se serait séparé dans plusieurs directions, certains allant en Europe et d’autres se dirigeant vers l’est, en Asie. Cette hypothèse tente d’expliquer pourquoi l’haplogroupe N est prédominant en Europe et pourquoi l’haplogroupe M y est absent.

Les preuves d’une migration vers l’est par la côte d’Arabie ont pu être en partie détruites par la montée du niveau de la mer pendant l’Holocène.

Une calotte crânienne fossile d’Homo sapiens, notée Manot 1, découverte en 2008 dans la grotte de Manot, en Galilée occidentale (Israël), publiée en 2015 avec une datation de 54 700 ans +/- 5 500 ans avant le présent, est le plus ancien fossile de morphologie moderne trouvé à ce jour au Levant. Sa datation semble indiquer un probable contact des hommes modernes avec les populations néandertaliennes contemporaines du Levant, représentées par les fossiles néandertaliens de la grotte de Kébara, datés d’environ 60 000 ans, et de la grotte d’Amud, datés d’environ 55 000 ans. Selon les études génétiques, cette période correspond à l’époque estimée de l’hybridation des Néandertaliens avec les hommes modernes, juste après leur sortie d’Afrique. Cette découverte tend à appuyer la théorie d’une dernière sortie d’Afrique par le Levant plutôt que par la mer Rouge.

L’hypothèse d’une sortie d’Afrique il y a 60 000 ans serait corroborée par l’analyse du crâne d’Hofmeyr appartenant à un Homo sapiens d’Afrique du Sud, daté de 36 000 ans, et étonnamment semblable aux crânes d’Européens du Paléolithique supérieur. Cette similitude suggère en effet que la population d’Afrique sub-saharienne dont l’Homme d’Hofmeyr était issu et les Européens du Paléolithique descendaient d’un ancêtre commun.

Une étude de 2021 estime, qu’à partir de la sortie d’Afrique il y a entre 63 000 à 90 000 ans, le peuplement de l’Eurasie aurait duré entre 12 000 à 15 000 ans par des voies intérieures.

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27/08/2025 La lignée de l’Homme de Denisova pourrait représenter trois espèces humaines

Des analyses de l’ADN humain moderne suggèrent que la lignée de l’Homme de Denisova était étonnamment diversifiée. Il pourrait être le dernier à avoir précédé l’Homo Sapiens.

Il y a près de dix ans, un fragment d’os de petit doigt découvert en Sibérie révélait aux yeux du monde entier une nouvelle espèce déconcertante d’ancien être humain. Nommés Dénisoviens ou Hommes de Denisova d’après le nom de la grotte de l’Altaï qui renfermait leurs ossements, ces lointains cousins de l’Homme de Néandertal ont élu domicile en Asie pendant des dizaines de milliers d’années et pourtant, aucune trace de fossile à l’exception de cet os de doigt, de quelques dents et d’un morceau de crâne, tous contenus dans le petit périmètre de la grotte de Denisova.

Une étude publiée récemment dans Cell vient donner une tournure surprenante à leur mystérieuse histoire : l’ADN d’un large échantillon de personnes vivant en Asie suggère que les fantomatiques Dénisoviens seraient non pas une, mais bien trois espèces humaines différentes, dont une espèce aussi différente des Dénisoviens que des Néandertaliens.

De plus, alors que les Dénisoviens ont vécu aux côtés des humains pendant des millénaires, un groupe pourrait bien avoir survécu aux Néandertaliens disparus il y a environ 40 000 ans. D’après l’étude, ce groupe de Dénisoviens aurait coexisté et se serait mêlé à l’Homme moderne en Nouvelle Guinée jusqu’à disparaître il y a environ 30 000 ans, peut-être même 15 000 ans. Une date qui, si elle est confirmée, signifierait que les Dénosiviens ont été les derniers humains à précéder notre espèce.

Des membres du groupe ethnique Asamat de Papouasie Nouvelle Guinée participent à la fête de la résurrection de Jipae en Papouasie occidentale. Selon les chercheurs, les génomes des Papous modernes présentent des traces de deux groupes distincts d’ancêtres Dénisoviens. Groupe cousin des Néandertaliens, ces hominidés mystérieux ne sont connus que grâce à quelques fossiles et à l’ADN transmis sur des milliers de génération.

PHOTOGRAPHIE DE Joshua Irwandi

Cette trouvaille pour le moins provocante rejoint plusieurs découvertes récentes qui suggèrent une étonnante diversité d’Hominina en Asie au cours de l’histoire, notamment l’annonce faite mercredi dernier de la découverte d’une nouvelle espèce, Homo luzonensis, aux Philippines.

« Tout à coup, il apparaît comme évident que le centre de la diversité des espèces anciennes se trouve dans les îles d’Asie du Sud-Est, » déclare le coauteur de l’étude Murray Cox de l’université Massey en Nouvelle Zélande. Une région qui fait référence aux Philippines, à la Malaisie et aux autres archipels qui composent la vaste région maritime du sous-continent Asiatique.

Sharon Browning de l’université de Washington exprime à la fois enthousiasme et prudence vis-à-vis des résultats et de ce qu’ils pourraient signifier. En 2018, Browning et ses collègues avaient identifié deux vagues de métissage de l’Homme de Denisova avec l’Homme moderne, sur lesquelles la nouvelle étude s’appuie.

« Ce n’est qu’une petite pièce du puzzle, » commente-t-elle à propos du nouveau rapport. « Mais chaque nouvelle petite pièce que nous apportons vient compléter l’histoire. »

Les prédécesseurs de l’Homme de Denisova se sont probablement séparés des Néandertaliens il y a 400 000 ans au bas mot. Alors que l’Homme de Néandertal se dispersait à travers l’Europe et le Moyen-Orient, les Dénisoviens se sont eux dirigés vers l’Asie pour finalement s’accoupler avec des ancêtres de l’Homme moderne d’ascendance Asiatique. De cette manière, les Dénisoviens ont laissé leurs empreintes génétiques dans le génome des Homo sapiens pour les générations à venir, offrant autant d’indices pour étudier leur lignée.

. Les chercheurs espèrent en apprendre davantage sur les traces génétiques laissées par les Dénisoviens dans l’ADN moderne des Papous, des traces qui leur permettent d’améliorer leur état de santé.

Cox et ses collègues n’avaient pas pour objectif initial de s’intéresser à la diversité des Dénisoviens. L’équipe avait plutôt l’intention d’améliorer les soins de santé en Indonésie et dans les régions voisines des îles d’Asie du Sud-Est. Une meilleure compréhension des variantes génétiques en lien avec les maladies de la région pourrait mener à des traitements ciblés spécifiquement pour ces populations.

« C’est très important pour nous, » confie l’auteur de l’étude Herawati Sudoyo, chargée de recherche principale à l’institut Eijkman en Indonésie, qui s’est associée à une équipe internationale pour son travail le plus récent. Alors que l’Indonésie est un pays à la diversité impressionnante qui accueille un grand nombre de personnes génétiquement différentes, elle précise « qu’aucune étude génétique n’avait encore été réalisée tout simplement parce que la technologie nécessaire n’était pas [encore] disponible. »

L’une des différences génétiques caractéristiques de ces groupes indiquait clairement que la scission entre les populations était survenue il y a fort longtemps. Le métissage entre les Homo sapiens en provenance de leurs terres africaines et d’autres ancêtres de l’Homme moderne ont inséré des bribes d’informations ADN de chacun de ces ancêtres qui ont ensuite été transmises de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui. De nos jours, les populations non africaines possèdent jusqu’à 2 % d’ADN de Néandertalien, dont une partie présente un réel intérêt pour l’Homme en aidant les systèmes immunitaires à se protéger contre les maladies infectieuses.

Mais les Néandertaliens n’étaient pas les seuls partenaires de reproduction des Homo Sapiens après leur longue sortie d’Afrique il y a 64 000 ans. La majorité des personnes d’origine Asiatique possèdent une certaine quantité d’ADN dénisovien, cette proportion est particulièrement importante chez les Mélanésiens dont le génome est jusqu’à 6 % Dénisovien. Ces derniers auraient rencontré les ancêtres des Mélanésiens modernes et se seraient reproduits lors de leur périple vers leur foyer insulaire.

Afin d’aller plus loin dans l’étude de cet héritage, Cox et son équipe ont séquencé 161 génomes issus de 14 groupes insulaires à travers l’Indonésie et la Nouvelle Guinée. Ils ont ensuite combiné ces données avec 317 génomes du monde entier et comparé l’ensemble des données aux génomes des Hommes de Néandertal et de Denisova. Lorsqu’ils ont aligné l’ADN des anciens Dénisoviens avec les fragments dénisoviens des Papous d’aujourd’hui, l’équipe s’attendait à ne voir qu’un seul pic, là où l’ADN des Papous se regroupait. À leur grande surprise, ce sont deux pics distincts qui sont apparus.

« C’était soit l’artefact le plus ennuyeux au monde, soit quelque chose d’incroyablement excitant, » raconte Cox.

DÉCHIFFRER LE MÉLI-MÉLO GÉNÉTIQUE

Selon la nouvelle étude, le double pic relève bien de la deuxième hypothèse : il est fort probable qu’ils représentent deux groupes distincts de Dénisoviens en Nouvelle Guinée, eux-mêmes différents des Dénisoviens de la grotte des montagnes russes de l’Altaï.

L’un de ces groupes, qui s’est reproduit avec les Hommes modernes habitant aujourd’hui l’Asie du Sud-Est et l’Inde, s’est séparé des Dénisoviens d’Altaï il y a environ 363 000 ans, moins de 50 000 ans après que les Néandertaliens se sont séparés de leur ancêtre commun.

« Je les rejoins totalement sur ce point, » indique Bence Viola, paléoanthropologue à l’université de Toronto et éminent expert de la morphologie des (très peu nombreux) fossiles de l’Homme de Dénisova. Il rappelle qu’en 2010, alors que lui et ses collègues décrivaient pour la première fois les Dénisoviens, des scientifiques avaient remarqué que la portion d’ADN de cet ancien Hominina présente chez les Mélanésiens modernes était bien différente de celle extraite de l’os et de la dent de la grotte de Denisova. En 2014, lui et ses collègues avaient estimé que ces populations dénisoviennes s’étaient séparées il y a 276 000 à 403 000 ans, une fourchette qui comprend la date récemment proposée.

Mais le véritable casse-tête de cette nouvelle étude, c’est le troisième groupe de Dénisoviens suggéré qui semble s’être exclusivement reproduit avec les ancêtres des populations actuelles de Nouvelle Guinée, et ce, potentiellement des milliers d’années après la supposée disparition des Dénisoviens et des Néandertaliens.

Ce résultat fait hésiter certains scientifiques. D’un côté et selon les auteurs de l’étude, cela signifierait que les Dénisoviens ont trouvé un moyen de traverser des eaux profondes et agitées, un obstacle que les scientifiques ont pendant longtemps jugé franchissable uniquement par l’Homme moderne, en bateau. Cependant, au cours du siècle dernier plusieurs découvertes ont remis en question cette hypothèse. Par exemple avec le petit Homo floresiensis d’Indonésie, dont l’occupation de Florès pourrait remonter à 700 000 ans ; les outils en pierre de l’île de Célèbes en Indonésie datant de 118 000 à 194 000 ans ; et le tout récemment baptisé Homo luzonensis des Philippines qui aurait vécu il y a 50 000 ans.

Toutefois, en ce qui concerne les Dénisoviens, la véracité des résultats reste encore sujet à débats.

« Le problème c’est que nous n’avons aucune preuve archéologique ou fossile de la présence d’anciens Hommes en Nouvelle Guinée ou en Australie, » explique Viola. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas existé, poursuit-elle, mais « il y a encore tant de choses que nous ignorons. »

Le généticien de l’évolution Benjamin Vernot, à l’origine de certaines des méthodes utilisées dans cette analyse, émet d’autres doutes sur la façon dont les données ont été analysées. Bien que l’équipe ait identifié à la fois des fragments d’ADN dénisovien de grande et de petite taille dans les génomes modernes, elle a décidé de limiter son analyse aux fragments d’ADN les plus longs associés aux Dénisoviens afin d’avoir le plus haut degré de confiance dans l’exactitude de l’identification.

Même si Vernot est d’accord avec ce raisonnement, il ajoute : « Je suis toujours méfiant lorsque pour produire un résultat vous devez mener des recherches, identifier des dizaines de milliers d’éléments puis n’en retenir que 500 sur lesquels mener votre analyse. »

Vernot et d’autres chercheurs restent tout de même optimistes vis-à-vis des nouveaux ensembles de données génétiques et de ce qu’ils peuvent apporter à présent que d’autres scientifiques peuvent les télécharger puis les examiner. « C’est ainsi que fonctionne la science, » commente-t-il.

De leur côté, Cox, Sudoyo et leurs collègues étudient actuellement l’influence des fragments dénisoviens d’ADN sur la santé de l’Homme moderne. Bien que le travail de recherche soit loin d’être terminé, ils disposent déjà d’indices prometteurs selon lesquels certains des gènes joueraient un rôle majeur dans les systèmes immunitaires et dans le métabolisme des graisses. Pour sa part, Cox se dit très enthousiaste quant au futur de la recherche indonésienne.

« J’ai le pressentiment que cette région du monde nous réserve encore quelques histoires captivantes. »



27/0/2025 L’Homme de Denisova, l’Homme de Néandertal, l’Homo sapiens, des ancêtres communs ?

En 2010, Svante Pääbo et ses collègues avaient présenté les premiers résultats de l’étude du génome de l’homme de Denisova. Ils avaient découvert cette nouvelle espèce d’hominidé en étudiant uniquement l’ADN contenu dans l’os d’une phalange. Cette étude avait permis de différencier cet ADN qui n’appartenait ni à un néandertalien, ni à un Homo sapiens. Cet hominidé nouveau avait été nommé Homme de Denisova en référence à la grotte de Denisova (sud de la Sibérie) où ces fossiles avaient été trouvés.

Les éléments fossilisés de l’homme de Denisova (une phalange et une dent) montrent des différences morphologiques notoires avec ceux de l’homme de Neandertal et d’Homo sapiens.  En particulier, la dent, découverte dans la même grotte que celle de l’os de doigt, ressemble beaucoup plus à celles d’hominidés plus vieux comme Homo habilis et Homo erectus.
L’étude de l’ADN montre que les 2 éléments appartiennent à la même espèce, mais pas au même individu.

Le séquençage du génome de l’homme de Denisova a permis de nouvelles découvertes surprenantes. En comparant le séquencage du génome de l’homme de Denisova avec les génomes des Néandertaliens et des hommes modernes, les chercheurs ont déterminé que l’homme de Denisova appartenait à un groupe frère de l’homme de Neandertal... Ce qui signifie que Néandertaliens et Denisoviens descendent d’une même population ancestrale qui s’était elle même séparé plus tôt des ancêtres des hommes actuels.

Denisova et les Mélanésiens

L’étude a également trouvé des similitudes de séquences ADN entre les Dénisoviens et certains Mélanésiens actuels (entre 4 et 6%), ce qui suggère qu’il y a eu métissage entre Dénisoviens et les ancêtres des Mélanésiens.
Cela veut également dire que le territoire de l’Homme de Denisova devait aller de la Sibérie au sud de l’Asie. Pour les chercheurs cette grande amplitude territoriale aurait du permettre de trouver un grand nombres de fossiles de cette population. Comme il n’en est rien les chercheurs suggèrent d’examiner plus attentivement les fossiles déjà trouvés dans cette région. Il est possible que des fossiles aient été mal « affectés ».
« Il se pourrait que d’autres échantillons soient classés à tort, indique Richard Green. Mais maintenant, avec l’analyse de l’ADN, on peut dire de façon définitive à quelle espèce appartient un fossile … c’est juste une nouvelle façon d’extraire des informations à partir de restes fossiles. »

Une nouvelle hypothèse de la sortie d’Afrique ?

A la lumière de cette nouvelle découverte il est possible d’imaginer un autre type de migration hors d’Afrique. Il y a 300 000 – 400 000 ans un groupe d’hominidés ancestraux aurait quitté l’Afrique. Il aurait divergé assez rapidement en deux populations. L’une va devenir l’Homme de Neandertal et va conquérir l’Europe à l’ouest, l’autre va coloniser les terres de l’est et devenir l’Homme de Denisova.
Par la suite ( entre -70 000 et – 80 000 ans), Homo sapiens sort à son tour d’Afrique. Il va d’abord rencontrer les néandertaliens avant de conquérir l’Europe puis en se développant vers l’est il va également se métisser avec l’homme de Denisova… 

Richard Green déclare « L’histoire est maintenant un peu plus compliquée. Au lieu de l’histoire, que nous pensions simple, d’une migration hors d’Afrique (Out of Africa) de homme moderne et le remplacement des Néandertaliens, nous voyons maintenant plusieurs axes de migrations avec plus d’espèces et des métissages plus nombreux qu’auparavant.

l y a près de dix ans, un fragment d’os de petit doigt découvert en Sibérie révélait aux yeux du monde entier une nouvelle espèce déconcertante d’ancien être humain. Nommés Dénisoviens ou Hommes de Denisova d’après le nom de la grotte de l’Altaï qui renfermait leurs ossements, ces lointains cousins de l’Homme de Néandertal ont élu domicile en Asie pendant des dizaines de milliers d’années et pourtant, aucune trace de fossile à l’exception de cet os de doigt, de quelques dents et d’un morceau de crâne, tous contenus dans le petit périmètre de la grotte de Denisova.

Une étude publiée récemment dans Cell vient donner une tournure surprenante à leur mystérieuse histoire : l’ADN d’un large échantillon de personnes vivant en Asie suggère que les fantomatiques Dénisoviens seraient non pas une, mais bien trois espèces humaines différentes, dont une espèce aussi différente des Dénisoviens que des Néandertaliens.

De plus, alors que les Dénisoviens ont vécu aux côtés des humains pendant des millénaires, un groupe pourrait bien avoir survécu aux Néandertaliens disparus il y a environ 40 000 ans. D’après l’étude, ce groupe de Dénisoviens aurait coexisté et se serait mêlé à l’Homme moderne en Nouvelle Guinée jusqu’à disparaître il y a environ 30 000 ans, peut-être même 15 000 ans. Une date qui, si elle est confirmée, signifierait que les Dénosiviens ont été les derniers humains à précéder notre espèce.

Des membres du groupe ethnique Asamat de Papouasie Nouvelle Guinée participent à la fête de la résurrection de Jipae en Papouasie occidentale. Selon les chercheurs, les génomes des Papous modernes présentent des traces de deux groupes distincts d’ancêtres Dénisoviens. Groupe cousin des Néandertaliens, ces hominidés mystérieux ne sont connus que grâce à quelques fossiles et à l’ADN transmis sur des milliers de génération.

Cette trouvaille pour le moins provocante rejoint plusieurs découvertes récentes qui suggèrent une étonnante diversité d’Hominina en Asie au cours de l’histoire, notamment l’annonce faite mercredi dernier de la découverte d’une nouvelle espèce, Homo luzonensis, aux Philippines.

« Tout à coup, il apparaît comme évident que le centre de la diversité des espèces anciennes se trouve dans les îles d’Asie du Sud-Est, » déclare le coauteur de l’étude Murray Cox de l’université Massey en Nouvelle Zélande. Une région qui fait référence aux Philippines, à la Malaisie et aux autres archipels qui composent la vaste région maritime du sous-continent Asiatique.

Sharon Browning de l’université de Washington exprime à la fois enthousiasme et prudence vis-à-vis des résultats et de ce qu’ils pourraient signifier. En 2018, Browning et ses collègues avaient identifié deux vagues de métissage de l’Homme de Denisova avec l’Homme moderne, sur lesquelles la nouvelle étude s’appuie.

« Ce n’est qu’une petite pièce du puzzle, » commente-t-elle à propos du nouveau rapport. « Mais chaque nouvelle petite pièce que nous apportons vient compléter l’histoire. »

Les prédécesseurs de l’Homme de Denisova se sont probablement séparés des Néandertaliens il y a 400 000 ans au bas mot. Alors que l’Homme de Néandertal se dispersait à travers l’Europe et le Moyen-Orient, les Dénisoviens se sont eux dirigés vers l’Asie pour finalement s’accoupler avec des ancêtres de l’Homme moderne d’ascendance Asiatique. De cette manière, les Dénisoviens ont laissé leurs empreintes génétiques dans le génome des Homo sapiens pour les générations à venir, offrant autant d’indices pour étudier leur lignée.

. Les chercheurs espèrent en apprendre davantage sur les traces génétiques laissées par les Dénisoviens dans l’ADN moderne des Papous, des traces qui leur permettent d’améliorer leur état de santé.

Cox et ses collègues n’avaient pas pour objectif initial de s’intéresser à la diversité des Dénisoviens. L’équipe avait plutôt l’intention d’améliorer les soins de santé en Indonésie et dans les régions voisines des îles d’Asie du Sud-Est. Une meilleure compréhension des variantes génétiques en lien avec les maladies de la région pourrait mener à des traitements ciblés spécifiquement pour ces populations.

« C’est très important pour nous, » confie l’auteur de l’étude Herawati Sudoyo, chargée de recherche principale à l’institut Eijkman en Indonésie, qui s’est associée à une équipe internationale pour son travail le plus récent. Alors que l’Indonésie est un pays à la diversité impressionnante qui accueille un grand nombre de personnes génétiquement différentes, elle précise « qu’aucune étude génétique n’avait encore été réalisée tout simplement parce que la technologie nécessaire n’était pas [encore] disponible. »

L’une des différences génétiques caractéristiques de ces groupes indiquait clairement que la scission entre les populations était survenue il y a fort longtemps. Le métissage entre les Homo sapiens en provenance de leurs terres africaines et d’autres ancêtres de l’Homme moderne ont inséré des bribes d’informations ADN de chacun de ces ancêtres qui ont ensuite été transmises de génération en génération, jusqu’à aujourd’hui. De nos jours, les populations non africaines possèdent jusqu’à 2 % d’ADN de Néandertalien, dont une partie présente un réel intérêt pour l’Homme en aidant les systèmes immunitaires à se protéger contre les maladies infectieuses.

Mais les Néandertaliens n’étaient pas les seuls partenaires de reproduction des Homo Sapiens après leur longue sortie d’Afrique il y a 64 000 ans. La majorité des personnes d’origine Asiatique possèdent une certaine quantité d’ADN dénisovien, cette proportion est particulièrement importante chez les Mélanésiens dont le génome est jusqu’à 6 % Dénisovien. Ces derniers auraient rencontré les ancêtres des Mélanésiens modernes et se seraient reproduits lors de leur périple vers leur foyer insulaire.

Afin d’aller plus loin dans l’étude de cet héritage, Cox et son équipe ont séquencé 161 génomes issus de 14 groupes insulaires à travers l’Indonésie et la Nouvelle Guinée. Ils ont ensuite combiné ces données avec 317 génomes du monde entier et comparé l’ensemble des données aux génomes des Hommes de Néandertal et de Denisova. Lorsqu’ils ont aligné l’ADN des anciens Dénisoviens avec les fragments dénisoviens des Papous d’aujourd’hui, l’équipe s’attendait à ne voir qu’un seul pic, là où l’ADN des Papous se regroupait. À leur grande surprise, ce sont deux pics distincts qui sont apparus.

« C’était soit l’artefact le plus ennuyeux au monde, soit quelque chose d’incroyablement excitant, » raconte Cox.

Le mélange des gènes

Selon la nouvelle étude, le double pic relève bien de la deuxième hypothèse : il est fort probable qu’ils représentent deux groupes distincts de Dénisoviens en Nouvelle Guinée, eux-mêmes différents des Dénisoviens de la grotte des montagnes russes de l’Altaï.

L’un de ces groupes, qui s’est reproduit avec les Hommes modernes habitant aujourd’hui l’Asie du Sud-Est et l’Inde, s’est séparé des Dénisoviens d’Altaï il y a environ 363 000 ans, moins de 50 000 ans après que les Néandertaliens se sont séparés de leur ancêtre commun.

« Je les rejoins totalement sur ce point, » indique Bence Viola, paléoanthropologue à l’université de Toronto et éminent expert de la morphologie des (très peu nombreux) fossiles de l’Homme de Dénisova. Il rappelle qu’en 2010, alors que lui et ses collègues décrivaient pour la première fois les Dénisoviens, des scientifiques avaient remarqué que la portion d’ADN de cet ancien Hominina présente chez les Mélanésiens modernes était bien différente de celle extraite de l’os et de la dent de la grotte de Denisova. En 2014, lui et ses collègues avaient estimé que ces populations dénisoviennes s’étaient séparées il y a 276 000 à 403 000 ans, une fourchette qui comprend la date récemment proposée.

Mais le véritable casse-tête de cette nouvelle étude, c’est le troisième groupe de Dénisoviens suggéré qui semble s’être exclusivement reproduit avec les ancêtres des populations actuelles de Nouvelle Guinée, et ce, potentiellement des milliers d’années après la supposée disparition des Dénisoviens et des Néandertaliens.

Ce résultat fait hésiter certains scientifiques. D’un côté et selon les auteurs de l’étude, cela signifierait que les Dénisoviens ont trouvé un moyen de traverser des eaux profondes et agitées, un obstacle que les scientifiques ont pendant longtemps jugé franchissable uniquement par l’Homme moderne, en bateau. Cependant, au cours du siècle dernier plusieurs découvertes ont remis en question cette hypothèse. Par exemple avec le petit Homo floresiensis d’Indonésie, dont l’occupation de Florès pourrait remonter à 700 000 ans ; les outils en pierre de l’île de Célèbes en Indonésie datant de 118 000 à 194 000 ans ; et le tout récemment baptisé Homo luzonensis des Philippines qui aurait vécu il y a 50 000 ans.

Toutefois, en ce qui concerne les Dénisoviens, la véracité des résultats reste encore sujet à débats.

« Le problème c’est que nous n’avons aucune preuve archéologique ou fossile de la présence d’anciens Hommes en Nouvelle Guinée ou en Australie, » explique Viola. Cela ne signifie pas qu’ils n’ont pas existé, poursuit-elle, mais « il y a encore tant de choses que nous ignorons. »

Le généticien de l’évolution Benjamin Vernot, à l’origine de certaines des méthodes utilisées dans cette analyse, émet d’autres doutes sur la façon dont les données ont été analysées. Bien que l’équipe ait identifié à la fois des fragments d’ADN dénisovien de grande et de petite taille dans les génomes modernes, elle a décidé de limiter son analyse aux fragments d’ADN les plus longs associés aux Dénisoviens afin d’avoir le plus haut degré de confiance dans l’exactitude de l’identification.

Même si Vernot est d’accord avec ce raisonnement, il ajoute : « Je suis toujours méfiant lorsque pour produire un résultat vous devez mener des recherches, identifier des dizaines de milliers d’éléments puis n’en retenir que 500 sur lesquels mener votre analyse. »

Vernot et d’autres chercheurs restent tout de même optimistes vis-à-vis des nouveaux ensembles de données génétiques et de ce qu’ils peuvent apporter à présent que d’autres scientifiques peuvent les télécharger puis les examiner. « C’est ainsi que fonctionne la science, » commente-t-il.

De leur côté, Cox, Sudoyo et leurs collègues étudient actuellement l’influence des fragments dénisoviens d’ADN sur la santé de l’Homme moderne. Bien que le travail de recherche soit loin d’être terminé, ils disposent déjà d’indices prometteurs selon lesquels certains des gènes joueraient un rôle majeur dans les systèmes immunitaires et dans le métabolisme des graisses. Pour sa part, Cox se dit très enthousiaste quant au futur de la recherche indonésienne.

« J’ai le pressentiment que cette région du monde nous réserve encore quelques histoires captivantes.

https://www.nationalgeographic.fr/sciences/la-lignee-de-lhomme-de-denisova-pourrait-representer-trois-especes-humainesI