05/08/2023 Les drones ukrainiens feront-ils céder la Russie ?

La Russie, considérée jusqu’ici comme la 2e puissance militaire du monde, va-t-elle s’incliner devant l’Ukraine ?

Elle dispose certes de l’arme atomique. Par ailleurs, elle s’est donné des forces armées puissantes, dans le domaine terrestre, naval et aérien. Cependant le monde stupéfait a découvert ces derniers jours que de petits drones ukrainiens avaient par deux fois frappé dans le quartier d’affaires de Moscou..

Par ailleurs et surtout deux des navires de guerre de sa flotte de mer Noire ont subi des attaques de drones navals de surface ukrainien. Le premier était le vaisseau amiral Moskva qui a été frappé le 14 avril puis a coulé, le second a été, le 3 août, le navire de débarquement Olenegrorski Gorniak à Novorossïisk, un port du sud-ouest de la Russie. Celui-ci a été gravement endommagé mais n’a pas coulé,

Ajoutons que le 4 août, vers 5 heures du matin, beaucoup d’habitants de la région de Novorossiïsk, dans la Fédération de Russie, ont été réveillés par des bruits assourdissants en plusieurs endroits”, rapporte GlavredLa base navale de Novorossiïsk est une des composantes de la flotte russe de mer Noire”, rappelle le portail d’information ukrainien. Et l’attaque du matin du 4 août s’inscrit dans une série d’actions ukrainiennes qui ont visé ces derniers jours différents sites stratégiques russes dans la région.

Le 1er août, une forte explosion a retenti à Sébastopol et a été entendue jusqu’à Bakhtchissaraï, à 30 kilomètres de là. On a appris par la suite que les forces armées ukrainiennes avaient détruit un des arsenaux de la flotte russe de mer Noire. […] Le 2 août, en Crimée occupée, une forte explosion a été signalée. À la suite de quoi l’occupant russe a interdit les déplacements sur le pont de Kertch.”

Et, indique le site d’information Obozrevatel, dans la nuit du 3 au 4 août, la ville de Féodossia [également en Crimée] aurait été visée par treize drones ukrainiens

https://news.obozrevatel.com/ukr/russia/rosiyani-vlashtuvali-isteriku-cherez-vibuhi-u-feodosii-ta-novorosijsku-i-rozmriyalasya-pro-udari-po-londonu.htm

On peut légitimement se demander pourquoi Moscou, qui dispose de bons services de renseignements, ne s’était pas depuis longtemps rendu compte des investissements faits récemment dans certaines usines ukrainienne pour construire des dizaines de drones. Et pourquoi ils n’avaient pas fortement renforcé leurs défenses maritimes et aériennes?

04/09/2023 Le temps s’écoulait plus lentement dans le passé lointain

Cette idée peut surprendre, mais elle est la conséquence de l’expansion de l’univers depuis le Big Bang. Celle-ci signifie que la lumière provenant des anciens évènements cosmiques doit parcourir des distances de plus en plus longues pour atteindre la Terre, et par conséquent qu’elle prend plus de temps .

Par conséquent les anciens évènements cosmiques paraissent prendre plus de temps pour s’écouler que s’ils survenaient aujourd’hui. Mais pour un témoin vivant à ces époques, le temps aurait paru s’écouler normalement.

Depuis 1990 les astrophysiciens avaient constaté cette modification du temps en observant l’explosion de supernovas éloignées, les plus anciennes datant de la moitié de l’âge de l’univers. Elles paraissaient évoluer à 60% de la vitesse actuelle.

Aujourd’hui les cosmologistes Geraint Lewis et Brendon Brewer annoncent dans Nature (références ci-dessous) avoir observé 190 quasars situés au centre d’un certain nombre de galaxies anciennes. Ils ont constaté que les quasars les plus anciens semblaient vivre cinq fois plus lentement que les quasars actuels.

Source

Detection of the cosmological time dilation of high-redshift quasars

Nature Astronomy (2023)

Abstract

A fundamental prediction of relativistic cosmologies is that, owing to the expansion of space, observations of the distant cosmos should be time dilated and appear to run slower than events in the local universe. While observations of cosmological supernovae unambiguously show the expected redshift-dependent time dilation, this has not been the case for other distant sources. Here we present the identification of cosmic time dilation in a sample of 190 quasars monitored for over two decades in multiple wavebands by assessing various hypotheses through Bayesian analysis. This detection counters previous claims that observed quasar variability lacked the expected redshift-dependent time dilation. Hence, as well as dismissing the claim that the apparent lack of the redshift dependence of quasar variability represents a substantial challenge to the standard cosmological model, this analysis further indicates that the properties of quasars are consistent with them being truly cosmologically distant sources.

03/08/2023 Pour un HAVOC européen

La Nasa ne se désintéresse pas de la planète Vénus, voisine de la Terre. Les conditions dites infernales qui règnent à sa surface lui rendront longtemps difficile sinon impossible toute mission habitée : températures de 460 degrés centigrades, atmosphère hautement toxique et corrosive, pressions écrasantes. Par contre elle étudie depuis quelques années un projet conceptuel dit HAVOC High Altitude Venus Operational Concept – (HAVOC) compatible avec ces conditions.

Mais comment cette mission serait elle possible ?. La température moyenne est supérieure au point de fusion de nombreux métaux tels le bismuth et le plomb. Ils s’y présentent sous forme de neige qui recouvre certains sommets. De vastes plaines de roches basaltique portant des traces d’activité volcanique et plusieurs régions montagneuses de la taille d’un continent se partagent la surface . Certaines plaines jeunes paraissent résulter d’une accumulation de chaleur sous la surface, ayant entrainé la fonte de celle-ci, qui se serait resolidifiée ensuite.

Aussi bien le projet Havoc consiste non à explorer la surface, mais à utiliser l’atmosphère très dense de Vénus pour y faire flotter des dirigeables qui pourraient y demeurer pendant de longue période. Aux altitudes de 40 à 60 km, les conditions de température et de pression sont les mêmes que sur la Terre. Les radiations ionisantes provenant de l’espace sont arrêtées par la densité de l’atmosphère. Par contre les radiations solaires sont assez fortes et continues pour pouvoir servir de source d’énergie.

Les dirigeables seraient emplis d’un gaz respirable analogue à celui se trouvant dans l’atmosphère terrestre. Il y en aurait suffisamment pour fournir en surplus l’oxygène nécessaire à l’équipage. L’étude rapprochée de Vénus pourrait peut-être permettre de préciser comment un tel sort pourrait être épargné à la Terre.

Venus: The Basics https://www.nasa.gov/venus

Venus is a dim world of intense heat and volcanic activity. Similar in structure and size to Earth, Venus’ thick, toxic atmosphere traps heat in a runaway ‘greenhouse effect.’ The scorched world has temperatures hot enough to melt lead. Glimpses below the clouds reveal volcanoes and deformed mountains. Venus spins slowly in the opposite direction of most planets.

Distance from the Sun: About 67 million miles, about 3/4 as far as the Earth is from the Sun.
Year: About 225 Earth days.
Day: About 243 Earth days.
Average diameter: About 7,500 miles, almost as large as Earth.
Surface temperature: 864 degrees Fahrenheit.
Atmosphere: Carbon dioxide, nitrogen.

02/08/2023 France. La perte du statut d’Etat-Nation

Selon wikipedia, un État-nation est un type particulier d’État dans lequel les individus sont censés appartenir dans leur majorité à une même nation. Il repose donc sur la coïncidence entre une notion d’ordre identitaire, l’appartenance à un groupe, la nation, et une notion d’ordre juridique, l’existence d’une forme de souveraineté et d’institutions politiques et administratives qui exercent cette souverainté, l’État. Sans cette coïncidence, on parlera plutôt d’un État multinational ou d’un empire, deux modes d’organisation politique favorables à la coexistence de minorités ethniques1.

En France, l’État s’est construit progressivement. A partir du Moyen Âge les rois de France ont étendu leur autorité sur un ensemble de plus en plus grand. Le développement du nationalisme s’est fait progressivement. Il a clairement émergé au 16  siècle (sans pour autant porter ce nom) dans la bourgeoisie, intellectuelle, commerçante et pré-industrielle, pour s’étendre progressivement à l’ensemble de la population (ou presque). La langue française est devenue la seule langue officielle. Le nationalisme a été renforcé par le système politique démocratique, la création d’une école gratuite, laïque et obligatoire par Jules Ferry à la fin du 19 siècle, l’instauration du service militaire obligatoire et entretenu par la création de divers symboles républicains, régulièrement mis en avant, comme le drapeau français, la Marianne et la Marseillaise.

Depuis la 2e guerre mondiale, en France, l’Etat-nation français s’est dégradé progressivement. Plusieurs raisons expliquent cette situation.

  • La défaite de 1940 suivi de la disparition momentanée de la République française au profit de l’Etat français de Vichy contrôlé par l’Allemagne nazi,
  • l’influence écrasante prise par la Fédération des Etats-Unis et plus généralement la soumission de la nation française aux règles d’un capitalisme international définies à Wall Street et Washington,
  • les guerres d’Indochine et d’Algérie où l’armée nationale française reconstituée a perdu beaucoup ses forces,
  • le marché commun que le traité de Rome avait mis en place en 1958 et qui consistait à libéraliser les échanges entre les États membres dans le double but, officiellement, d’accroître la prospérité économique et de contribuer à «une union sans cesse plus étroite entre les peuples de l’Europe». Ce furent essentiellement les Etats-Unis qui ont obligé les Etats européens à s’unir dans un marché unique favorable à leur domination économique et politique.
  • L’Union européenne, union politico-économique sui generis de vingt-sept États européens qui délèguent ou transmettent par traité l’exercice de certaines compétences à des organes communautaires. Le principe d’une telle union pouvait se justifier. Mais là encore, ce fut l’Empire américain qui imposa de fait aux Etats-membres d’accepter sa domination politique et militaire dans un tel cadre.
  • l’Otan pour Organisation du traité de l’Atlantique nord. Il s’agit en principe d’une organisation politico-militaire mise en place par les Etats-Unis dans les pays signataires du traité de l’Atlantique Nord afin de pouvoir remplir leurs obligations de sécurité et de défense collectives. Il s’agit en fait, comme le montre la présente guerre russo-ukrainienne, de l’organisation d’une force militaire occidentale, dominée là encore par les Etats-Unis mais où les Etats-membres de l’Otan apporteraient les ressources de leurs budgets militaires. Son principal objectif aujourd’hui est de construire une force armée capable d’affronter, sous commandement américain, la Russie et ultérieurement la Chine.
  • L’entrée d’une migration clandestine de travailleurs et de leurs familles provenant principalement d’Afrique du nord et d’Afrique noire censés apporter une force de travail indispensable dans l’économie française, alors que celle-ci souffre d’un sous-emploi grandissant. Aujourd’hui l’entrée des migrants parait incontrôlable.

Quelles conditions justifieraient un retour de la France à l’Etat-nation ?

Ceci ne serait possible qu’en situation de catastrophe obligeant l ‘Etat à reprendre en mains les forces armées nationales afin assurer une meilleure distributions des rares ressources disponibles et la défense contre les prédateurs étrangers, y compris les alliés d’outre-atlantique. Parmi ces catastrophes se trouveraient des changements climatiques importants et longs, la désertification de continents entiers ou le déclenchement de pandémies de grande ampleur entrainant des migrations par centaines de millions.

01/08/2023 Accélérer le passage à la fusion nucléaire

La France importe plusieurs milliers de tonnes d’uranium chaque année pour faire fonctionner son parc de centrales nucléaires de 1ère génération dite à fission L’uranium est un minerai. Les mines françaises ont fermé depuis longtemps faute de réserves. Dans les années 1970, deux compagnies nationales se donc installé au Niger, une ancienne colonie française. Elles exploitent deux mines dans la région du désert d’Arlit, proche de l’Algérie : l’une, à ciel ouvert et l’autre, souterraine. En 2008, 43 % de l’uranium produit par l’exploitant Orano, qui a succédé à Areva, provenaient du Niger. 

Depuis quelques années, Orano extrait un peu moins au Niger. On est passé de 43 % en 2008 à 30 % d’uranium extrait au Niger en 2021, soit 2 000 tonnes par an. L’une des deux mines a fermé en 2021 car les réserves se sont épuisées , l’autre restera exploitée jusqu’en 2040. Une troisième mine nigérienne aurait dû ouvrir mais son exploitation a été repoussée car le cours de l’uranium sur les marchés a chuté depuis la catastrophe de Fukushima. La mettre en route en respectant les impératifs écologiques n’est pour l’instant pas assez rentable pour l’entreprise. Depuis quelques années, Orano extrait donc de l’uranium surtout au Kazakhstan qui est le principal fournisseur mondial, et au Canada depuis 1999.

Or, qu’en sera-t-il de l’uranium nigérien, alors que le Quai-d’Orsay a annoncé le 1er août que la France avait commencé l’évacuation de ses ressortissants. Cette décision se justifie du fait des « violences qui ont eu lieu contre notre ambassade avant-hier et la fermeture de l’espace aérien qui laisse nos compatriotes sans possibilité de quitter le pays par leurs propres moyens ». Quelque 600 Français se trouvent actuellement sur place au Niger, dont un certain nombre travaille chez Orano. Que vont-ils devenir et que va devenir la production d’uranium ? Faudra-t-il faire appel à des forces spéciales de l’armée française pour les protéger ?

A terme, cette dépendance de la France à l’égard de l’uranium justifierait que le pays fournisse davantage de ressources au projet Iter consacré au remplacement de la fission nucléaire par la fusion. Voir notre article du 11/03/2023 La France doit maintenir son avance mondiale en matière de fusion nucléaire

31/07/2023 Parthénogenèse …chez la mouche

Pour la première fois, des femelles modifiées génétiquement – en l’occurrence, des mouches – ont pu se reproduire sans l’intervention d’un mâle. Il s’agit de « parthénogenèse« , ou encore « naissance vierge » : l’ovule devient embryon sans faire appel à un spermatozoïde, qui est la cellule reproductrice du mâle ! Certains oiseaux ou poissons y parviennent naturellement. Des reptiles comme le dragon de Komodo aussi.

C’est arrivé dans certains zoos lorsque une femelle reste trop longtemps seule, sans mâle. Jamais chez le mammifère, qui lui, se reproduit uniquement sexuellement (notamment chez l’homme )

Or des chercheurs de l’Université de Cambridge ont réussi à provoquer une parthénogenèse chez la mouche des fruits (drosophila melanogaster) qui, pourtant dans la nature, s’accouple pour se reproduire. Il s’agit d’une première, réalisée par manipulation génétique. Une découverte publiée dans la revue scientifique Current Biology (voir ci-dessous) grâce à six ans de travail et 220 000 mouches. 

Cependant, tant qu’il y a un mâle, la femelle modifiée garde le réflexe de se reproduire de façon classique. Mais au bout de 40 jours sans aucun mâle (à peu près la moitié de sa durée de vie), elle peut se reproduire seule . Une sorte de stratégie de survie que mettent au point 1 ou 2% des animaux étudiés. Cette découverte est considéré comme une percée scientifique sans précédent.

Référence

A genetic basis for facultative parthenogenesis in Drosophila

Published:July 28, 2023
DOI:https://doi.org/10.1016/j.cub.2023.07.006

Summary

Facultative parthenogenesis enables sexually reproducing organisms to switch between sexual and asexual parthenogenetic reproduction. To gain insights into this phenomenon, we sequenced the genomes of sexually reproducing and parthenogenetic strains of Drosophila mercatorum and identified differences in the gene expression in their eggs. We then tested whether manipulating the expression of candidate gene homologs identified in Drosophila mercatorum could lead to facultative parthenogenesis in the non-parthenogenetic species Drosophila melanogaster. This identified a polygenic system whereby increased expression of the mitotic protein kinase polo and decreased expression of a desaturase, Desat2, caused facultative parthenogenesis in the non-parthenogenetic species that was enhanced by increased expression of Myc. The genetically induced parthenogenetic Drosophila melanogaster eggs exhibit de novo centrosome formation, fusion of the meiotic products, and the onset of development to generate predominantly triploid offspring. Thus, we demonstrate a genetic basis for sporadic facultative parthenogenesis in an animal.

31/07/2023 La Russie craint elle l’Otan ou des forces spéciales russes hostiles basées sur sa frontière avec l’Otan

On peut s’étonner de voir la Russie combattre avec une telle énergie l’entrée éventuelle de l’Ukraine dans l’Otan. Certes en ce cas une Ukraine sous influence américaine pourrait comme d’autres pays de l’Otan se voir imposer par Washington des bases de missiles éventuellement dotées d’ogives nucléaires « tactiques » susceptibles de frapper la Russie jusqu ‘à Moscou, mais ceci n’aurait rien de nouveau.

Début avril 2022, la Russie avait de son côté commencé à former les militaires bélarusses à l’utilisation d’armes nucléaires « tactiques ». Précédemment Vladimir Poutine avait indiqué par le passé que dix avions avaient déjà été équipés au Bélarus pour l’utilisation de telles armes et qu’un entrepôt spécial serait terminé d’ici au 1er juillet. Plus généralement, l’appel au nucléaire serait susceptible de déclencher une guerre mondiale dont la Russie serait la première victime.

Ce que craint la Russie est la guerre de l’ombre. Des « forces spéciales » constituées de militaires ukrainiens opérant dans un relatif anonymat en Ukraine même ont déjà été mises en place par l’armée ukrainienne comme le montrent de petits documentaires obligeamment fournies par l’état-major ukrainien ou la CIA. Elles mènent diverses actions de renseignement et de contre offensives dans la suite de la force de police spéciale ukrainienne Berkut.

Berkut fut l’un des atouts utilisés par le gouvernement prorusse précédant pour réprimer le soulèvement. Aujourd’hui l’Ukraine s’appuie sur les forces Spetsnaz pour diverses activités telles que la collecte de renseignements, la lutte contre la fraude et le crime organisé, la réponse au terrorisme, la cyber-guerre ainsi que la répressions des manifestations de masse.  Elles font parties de l’armée ukrainienne. Le commandement des forces spéciales compte plus de 4 000 agents spetsnaz, tous soldats professionnels 

Or ce qui inquiète actuellement l’état-major russe est que dans les forces armées russes elles-mêmes sont apparues des cellules contestataires de plus en plus virulentes. Elles reprochent notamment à Vladimir Poutine soit de ne pas mener la guerre anti-occidentale avec suffisamment d’énergie, soit au contraire de conduire en Ukraine des opérations de plus en plus meurtrières se révélant inutiles.

Il est évident que si ces cellules trouvaient un appui minimum clandestin transfrontalier chez certains membres de l’Otan, telles la Pologne ou la Hongrie, elles pourraient inquiéter Moscou.

Il s’agit sans doute de la principale raison pour laquelle Vladimir Poutine a lancé une « opération militaire spéciale en Ukraine » et ne renoncera pas au terrain acquis.

29/07/2023 Ce que révèle l’ADN fossile des humains du Pléistocène

De récentes découvertes faites en France précisent les caractères des humains vivants au Pléistocène, révélés par l’étude de restes fossiles de leur ADN. Le Pléistocène est la première époque géologique du Quaternaire et l’avant-dernière sur l’échelle des temps géologiques. Elle s’étend de 2,58 millions d’années à 11 700 ans avant le présent. Elle est précédée par le Pliocène et suivie par l’Holocène. Le Pléistocène est marqué par les cycles glaciaires.,
Ces découvertes viennent d’être publiées par Nature dans deux articles dont nous donnons ici les références et les abstracts

Article 1
https://www.nature.com/articles/s41586-023-06035-2#Sec5
Ancient human DNA recovered from a Palaeolithic pendant
Published: 03 May 2023
Nature volume618, pages 328–332 (2023)

Abstract

Artefacts made from stones, bones and teeth are fundamental to our understanding of human subsistence strategies, behaviour and culture in the Pleistocene. Although these resources are plentiful, it is impossible to associate artefacts to specific human individuals1 who can be morphologically or genetically characterized, unless they are found within burials, which are rare in this time period. Thus, our ability to discern the societal roles of Pleistocene individuals based on their biological sex or genetic ancestry is limited2,3,4,5. Here we report the development of a non-destructive method for the gradual release of DNA trapped in ancient bone and tooth artefacts. Application of the method to an Upper Palaeolithic deer tooth pendant from Denisova Cave, Russia, resulted in the recovery of ancient human and deer mitochondrial genomes, which allowed us to estimate the age of the pendant at approximately 19,000–25,000 years. Nuclear DNA analysis identifies the presumed maker or wearer of the pendant as a female individual with strong genetic affinities to a group of Ancient North Eurasian individuals who lived around the same time but were previously found only further east in Siberia. Our work redefines how cultural and genetic records can be linked in prehistoric archaeology.

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Article 2
https://www.nature.com/articles/s41586-023-06350-8

Extensive pedigrees reveal the social organization of a Neolithic community

Abstract

Social anthropology and ethnographic studies have described kinship systems and networks of contact and exchange in extant populations1,2,3,4. However, for prehistoric societies, these systems can be studied only indirectly from biological and cultural remains. Stable isotope data, sex and age at death can provide insights into the demographic structure of a burial community and identify local versus non-local childhood signatures, archaeogenetic data can reconstruct the biological relationships between individuals, which enables the reconstruction of pedigrees, and combined evidence informs on kinship practices and residence patterns in prehistoric societies. Here we report ancient DNA, strontium isotope and contextual data from more than 100 individuals from the site Gurgy ‘les Noisats’ (France), dated to the western European Neolithic around 4850–4500 BC. We find that this burial community was genetically connected by two main pedigrees, spanning seven generations, that were patrilocal and patrilineal, with evidence for female exogamy and exchange with genetically close neighbouring groups. The microdemographic structure of individuals linked and unlinked to the pedigrees reveals additional information about the social structure, living conditions and site occupation. The absence of half-siblings and the high number of adult full siblings suggest that there were stable health conditions and a supportive social network, facilitating high fertility and low mortality5. Age-structure differences and strontium isotope results by generation indicate that the site was used for just a few decades, providing new insights into shifting sedentary farming practices during the European Neolithic.

29/07/2023 Découverte d’une quasi-particule qui devrait rendre enfin compétitifs les calculateurs quantiques

Une particule qui se souvient de son passé vient d’être redécouverte grâce à un calculateur quantique. Contrairement aux autres particules connues à ce jour, notamment l’électron et le photon, elle peut garder une sorte de souvenir de ses expériences passées. Il s’agit de l’anyon.

En physique quantique l’ anyon est un type de particule, en fait une quasi-particule propre aux systèmes a deux dimensions ou plans. Un plan n’a pas de volume Ni boson ni fermion, l’anyon en est une généralisation du plan.

Prédits et théorisés depuis plus de quatre décennies, les premières preuves expérimentales de l’existence des anyons ne datent que de 2020. Les chercheurs ont montré que ces quasi-particules ne sont pas vraiment des particules mais plutôt des vibrations collectives qui se comportent comme si elles étaient des particules. Contrairement aux autres particules, échanger des anyons les modifie fondamentalement.

En effet, l’anyon est différente de toutes les particules connues car elle garde le souvenir de ses échanges avec d’autres particules

Rappelons que les ordinateurs quantiques manipulent les qubits selon une méthode orchestrée appelée « algorithmes quantiques ». La difficulté réside dans le fait que les qubits sont si sensibles que même la lumière parasite peut provoquer des erreurs de calcul, un risque qui augmente à mesure que l’ordinateur quantique grossit. Cela a des conséquences importantes, car les algorithmes quantiques les plus efficaces que nous connaissons nécessitent un taux d’erreurs largement inférieur à celui de nos qubits actuels. Pour combler cette lacune, il faut recourir à la correction des erreurs quantiques.

La correction des erreurs quantiques consiste à protéger l’information en la codant à l’aide de plusieurs qubits physiques formant un « qubit logique ». L’objectif est de créer un ordinateur quantique à grande échelle ayant un taux d’erreurs suffisamment faible pour effectuer des calculs utiles. Ceci vise à réaliser des opérations au moyen de qubits logiques plutôt que de qubits individuels. En codant un grand nombre de qubits physiques sur un processeur quantique de sorte à créer un qubit logique, on peut espérer réduire le taux d’erreur et ainsi ouvrir la voie à des algorithmes quantiques utiles.

On obtient ainsi un Non-Abelian topological order (TO) Il s’agit d’un état de la matière aux propriétés remarquables très recherchées. Il inclut des quasi-particules qui peuvent se souvenir des séquences au cours desquelles elles ont été échangées. Le nombre des échanges détermine la façon dont elles vibrent.

Henrick Dryer et ses collègues, auteurs de l’étude référencée ci-dessous dont nous publions l’abstract, ont développé dans un entrprise de calcul quantique nommée Quantinuum un nouveau processeur quantique dit H2 qui utilise des champs magnétiques et des lasers pour créer des qubits

Référence

Creation of Non-Abelian Topological Order and Anyons on a Trapped-Ion Processor

Mohsin IqbalNathanan TantivasadakarnRuben VerresenSara L. CampbellJoan M. DreilingCaroline FiggattJohn P. GaeblerJacob JohansenMichael MillsSteven A. MosesJuan M. PinoAnthony RansfordMary RowePeter SiegfriedRussell P. StutzMichael Foss-FeigAshvin VishwanathHenrik Dreyer

Non-Abelian topological order (TO) is a coveted state of matter with remarkable properties, including quasiparticles that can remember the sequence in which they are exchanged. These anyonic excitations are promising building blocks of fault-tolerant quantum computers. However, despite extensive efforts, non-Abelian TO and its excitations have remained elusive, unlike the simpler quasiparticles or defects in Abelian TO. In this work, we present the first unambiguous realization of non-Abelian TO and demonstrate control of its anyons. Using an adaptive circuit on Quantinuum’s H2 trapped-ion quantum processor, we create the ground state wavefunction of D4 TO on a kagome lattice of 27 qubits, with fidelity per site exceeding 98.4%. By creating and moving anyons along Borromean rings in spacetime, anyon interferometry detects an intrinsically non-Abelian braiding process. Furthermore, tunneling non-Abelions around a torus creates all 22 ground states, as well as an excited state with a single anyon — a peculiar feature of non-Abelian TO. This work illustrates the counterintuitive nature of non-Abelions and enables their study in quantum devices.

Comments:6 + 20 pages, 6 + 5 figures, 3 tables
Subjects:Quantum Physics (quant-ph); Strongly Correlated Electrons (cond-mat.str-el)
Cite as:arXiv:2305.03766 [quant-ph]
 (or arXiv:2305.03766v1 [quant-ph] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2305.03766 Focus to learn more

28/07/2023 Le Parlement européen compte réguler l’Intelligence Artificielle AI

Le parlement européen a adopté le 14 Juin 2023 une résolution visant à adopter avant la fin de cette même année 2023 une loi réglementant les utilisations de l’AI. Il s’agit d’encourager les innovations en ce domaine tout en prévenant les abus en fonction du niveau des risques.

Sont particulièrement visés semble-t-il les abus concernant les Grands Modèles de langage LLM. Ceux-ci sont considérés comme des apports de l’Intelligence Artificielle essentiels à la diffusion des connaissances. Outre DALL-E. le modèle le plus souvent cité est ChatGPT. Il utilise les innombrables textes désormais contenus sur Internet pour élaborer un modèle statistique du langage humain. Cela lui permet de prédire quels mots succéderont probablement à un autre dans une phrase donnée.

Concrètement, ChatGPT est dit réseau neuronal transformer-based. Comme les autres, il utilise l’IA générative (et plus précisément le Deep Learning) pour le traitement du langage naturel (NLP) et la génération de langage naturel (NLG).

La Commission a par ailleurs défini six blocs de construction (Building blocs ) où l’AI intervient massivement et devra être réglementé. Il s’agit des données structurelles, des données non structurelles, des processus préliminaires, des processus fondamentaux, des bases de données et des productions d’informations à valeur ajoutée.

La loi réglementera l’AI en fonction du niveau des risques courus, menaces à la santé, à la sécurité, aux droits publics et à l’environnement. Elle devrait aussi interdire la surveillance biométrique, l’identification des émotions et la « Predicting policing » Predictive policing is the usage of mathematics, predictive analytics, and other analytical techniques in law enforcement to identify potential criminal activity.

Très bien mais que se passera-t-il si, faute de moyens dans les administrations concernées, ce ne serait pas la Loi qui réglementerait l’AI , mais l’IA qui contrôlerait la Loi ?