03/02/2024 Avenir de la Terre dans le système solaire

Dans un milliard d’années environ, l’évolution du Soleil aura été telle que la Terre ne sera plus dans la zone dite habitable. Sa surface sera bouillante. Mais à la même époque, il y a 1 chance sur 100 pour qu’une autre étoile soit entrée dans le système solaire à une distance équivalente à 100 fois la distance actuelle de la Terre au Soleil.

Pour évaluer l’effet que cette trajectoire aura sur le systeme solaire et plus particulièrement sur la Terre, des chercheurs de l’Université de Bordeaux (France) se sont livrés à 12.000 simulations numériques.

Il résulte de leurs travaux que l’effet sera spectaculaire, à supposer que nous soyons encore là pour le voir.

Dans un millier d’années nous verrons une étoile aussi lumineuse que l’est Vénus actuellement se rapprocher et devenir aussi lumineuse qu’actuellement la pleine Lune. Cependant cette étoile n’apparaitra aux Terriens de l’époque que comme guère plus grande que la moitié de l’actuel Jupiter .

La simulation montre qu’après le survol, toutes les planètes s’en tireront plutôt bien., sans modifications sensibles d’orbite. Seule l’orbite de la Lune pourrait être modifié, avec la conséquence qu’elle tomberait sur la Terre

Ceci signifie que la Terre ne devra pas compter sur un tel survol pour revenir à une distance du Soleil plus habitable

Référence

Future trajectories of the Solar System: dynamical simulations of stellar encounters within 100 au 

Sean N Raymond, Nathan A Kaib, Franck Selsis, Herve Bouy

Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 527, Issue 3, January 2024, Pages 6126–6138, https://doi.org/10.1093/mnras/stad3604

27 November 2023

ABSTRACT

Given the inexorable increase in the Sun’s luminosity, Earth will exit the habitable zone in ∼1 Gyr. There is a negligible chance that Earth’s orbit will change during that time through internal Solar System dynamics. However, there is a ∼ 1 per cent chance per Gyr that a star will pass within 100 au of the Sun. Here, we use N-body simulations to evaluate the possible evolutionary pathways of the planets under the perturbation from a close stellar passage. We find a ∼ 92 per cent chance that all eight planets will survive on orbits similar to their current ones if a star passes within 100 au of the Sun. Yet a passing star may disrupt the Solar System, by directly perturbing the planets’ orbits or by triggering a dynamical instability. Mercury is the most fragile, with a destruction rate (usually via collision with the Sun) higher than that of the four giant planets combined. The most probable destructive pathways for Earth are to undergo a giant impact (with the Moon or Venus) or to collide with the Sun. Each planet may find itself on a very different orbit than its present-day one, in some cases with high eccentricities or inclinations. There is a small chance that Earth could end up on a more distant (colder) orbit, through re-shuffling of the system’s orbital architecture, ejection into interstellar space (or into the Oort cloud), or capture by the passing star. We quantify plausible outcomes for the post-flyby Solar System.

02/02/2024 Le canon automoteur français CAESAR

Pendant des décennies les forces armées françaises n’ont eu à leur disposition que le canon tracté américain dit canon ou obusier de 105 https://fr.wikipedia.org/wiki/Obusier_de_105_mm_M2,_M2A1,_M101_et_M101_A1 Il avait des qualités mais s’en servir enfermait la France dans sa dépendance à l’égard des Etats-Unis.

Le canon français de 155 mm Grande Puissance GPF mle 1917 avait tenté de prendre le relais à partir de la Guerre d’Algérie, mais il manquait de souplesse d’emploi. Il s’agissait d’une pièce  de 155 mm utilisée par l’armée française pendant la première moitié du XX e siècle.https://fr.wikipedia.org/wiki/Canon_de_155_mm_GPF

Ce fut donc une surprise générale pour les opinions publiques d’apprendre que la France disposait, pour elle comme pour ses alliés, d’un canon d’emploi aussi souple et néanmoins précis que le Caesar. Même la Russie, pourtant en principe bien renseignée, n’avait pas au début paru prendre cette arme au sérieux. Si bien qu’en Ukraine actuellement, elle n’a le choix qu’entre du nucléaire tactique et des missiles.

Le canon automoteur à longue portée Caesar est produit et monté en France à Bourges par Nexter, groupe industriel français de l’armement. Il s’agit d’un canon de 155 mm installé sur un camion, qui peut le déplacer après le tir afin d’éviter les tirs de riposte. Le Caesar est en capacité de tirer 6 coups par minute et atteindre des cibles distantes de 40 kilomètres.

L’un des principaux avantages du Caesar est qu’il peut s’avancer sur presque tous les terrains. Il est doté d’un système de télé-gonflage, ce qui permet d’adapter la pression des pneus en fonction des sols, y compris des pentes à 40 %. Le tout, en maintenant une vitesse très élevée pour ce type d’armes : c’est-à-dire jusqu’à 50 km/h sur un terrain accidenté, et le double sur la route.

 Le canon Caesar coûte entre trois et quatre millions d’euros, selon le ministre français des Armées,

Wikipedia Caesar https://fr.wikipedia.org/wiki/CAESAR_(artillerie)

02/02/2024 L’énigme des derniers hommes-singes « ape-people »

Il s’agissait des paranthtropes qui vivaient en Afrique du sud sur des terres déjà largement dominées par les premiers humains. Quelques restes fossiles intéressant cette ancienne espèce furent trouvés dans une grotte en 1930. Il s’agissait de fragments de crâne et de quatre incisives exceptionnellement larges. Pour l’anthropologue Robert Broom, rien de tel n’avait encore été découvert. Il donna à cette nouvelle espèce le nom de Paranthtropus.

Les mois suivant, au vu de nouveaux fossiles, les spécialistes se convainquirent du fait qu’il s’agissait d’un ancien hominien encore inconnu. Mais ils ne comprirent pas comment il avait réussi à survivre sur des terres déjà largement occupées par les premiers hommes. On peut penser vu la forme de ses membres supérieurs qu’il avait eu la capacité de fabriquer des outils, probablement en imitant les premiers homos. Mais dans le même temps il se nourrissait des végétaux à sa portée comme une chèvre et apparemment ne communiquait que par des grognements sourds tels ceux des éléphants.

L’histoire de l’évolution humaine a commencé il y a environ 7 millions d’années, avec le Sahelanthrope qui pouvait marcher debout sur ses jambes, au moins occasionnellement, et l’Australopithèque bien connu qui le faisait systématiquement. Ensuite vers 2,4 millions d’années bp, apparurent les premiers représentants du genre homo, dont certains évoluèrent en homo sapiens il a 300.000 ans environ. Ceux-ci développèrent de plus gros cerveaux, des mâchoires moins larges et des dents plus petites.

Dans ce scenario relativement simple, Paranthtropus apparaît comme la marque d’un retour en arrière. Il vivait semble-t-il de – 2 à -1,4 million d’années bp sans avoir évolué morphologiquement pendant cette période

Aujourd’hui, l’on connaît trois espèces différentes de Paranhtropes, P. robustus en Afrique du sud, P boisei et P. aethiopicus en Afrique de l’est. L’étude de leurs fossiles contredit l’hypothèse selon laquelle ils se nourrissaient de noix et autres aliments durs. Ils consommaient des aliments tendres, comme de l’herbe, des fruits murs et sans doute aussi des insectes. Leurs squelettes montrent qu’ils devaient vivre principalement dans des arbres, comme beaucoup de primates modernes, ce qui constitue la seule façon d’échapper aux grands carnivores.

Une question majeure reste aujourd’hui sans réponse évidente : pourquoi les paranthtopes ont-ils disparus, alors qu’ils ne semblaient pas être en compétition avec les humains ? Beaucoup de chercheurs pensent qu’ils n’ont pas su s’adapter, avec leurs petits cerveaux, aux changements climatiques majeurs ayant affecté l’Afrique vers la fin de leur période, contrairement aux humains.

Rappelons que pour certains généticiens les humains modernes ont conservé un nombre non négligeable de gènes hérités des Néandertaliens. Pourquoi n’aurions-nous pas aussi des gènes de Paranthopes ?

Pour en savoir plus, voir Wikipedia

Paranthropes

https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus

https://en.wikipedia.org/wiki/Paranthropus_robustus

01/02/2024 Identification de la vie sur d’autres planètes

Ce problème est capital pour l’astrobiologie, qu’il s’agisse de formes de vie passée ou présente. Mais sauf à pouvoir poser sur ces planètes des rovers dotés d’instruments lourds et possiblement inefficaces, comme en ce qui concerne aujourd’hui la Lune et Mars il ne peut recevoir de réponse.


Récemment cependant des scientifiques intéressés par la question, ont proposé dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences de faire appel à l’Intelligence Artificielle (IA). Leur méthode permettrait de distinguerait des exemplaires d’origine biologique anciens ou actuels de leurs équivalents abiotiques (non vivants). Les senseurs proposés pourraient à terme se livrer à des analyses physiques ou chimiques sur divers types d’échantillons avant leur retour sur terre..

Dans l’immédiat de telles techniques pourraient permettre analyser l’histoire d’anciennes roches présentes sur terre. Par ailleurs, l’un de ces instruments a déjà été nommé SAM car il étudiera des échantillons prélevés sur la planète Mars par le Rover Curiosity (Sample Analyse on Mars SAM.)

La recherche d’une éventuelle vie extraterrestre, qu’elle soit proche de la vie terrestre ou au contraire différente, représente aujourd’hui un enjeu scientifique et philosophique dont l’importance n’a pas besoin d’être soulignée. Que l’on pense aux milliers de milliards de galaxies actuellement découvertes par le James Ward Space Telescope/

Lire aussi

« We’ll need to tweak our method to match SAM’s protocols, but it’s possible that we already have data in hand to determine if there are molecules on Mars from an organic Martian biosphere. »

« The search for extraterrestrial life remains one of the most tantalizing endeavors in modern science, » says lead author Jim Cleaves of the Earth and Planets Laboratory, Carnegie Institution for Science, Washington, DC.

The implications of this new research are many, but there are three big takeaways: First, at some deep level, biochemistry differs from abiotic organic chemistry; second, we can look at Mars and ancient Earth samples to tell if they were once alive; and third, it is likely this new method could distinguish alternative biospheres from those of Earth, with significant implications for future astrobiology missions

Reference

https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2307149120

A robust, agnostic molecular biosignature based on machine learning

H. James Cleaves II https://orcid.org/0000-0003-4101-0654Grethe Hystad https://orcid.org/0000-0001-9572-1019Anirudh Prabhu https://orcid.org/0000-0002-9921-6084+3, and Robert M. Hazen https://orcid.org/0000-0003-4163-8644 rhazen@carnegiescience.edu

Edited by Roger Summons, Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, MA; received April 29, 2023; accepted July 17, 2023

September 25, 2023

120 (41) e2307149120

https://doi.org/10.1073/pnas.2307149120

Significance

We report a significant advance to one of the most important problems in astrobiology—the development of a simple, reliable, and practical method for determining the biogenicity of organic materials in planetary samples, both on other worlds and for the earliest traces of life on Earth. We have developed a robust method that combines pyrolysis GC-MS measurements of a wide variety of terrestrial and extraterrestrial carbonaceous materials with machine-learning-based classification to achieve ~90% accuracy in the differentiation between samples of abiotic origins vs. biotic specimens, including highly-degraded, ancient, biologically-derived samples. Such discrimination points to underlying “rules of biochemistry” that reflect the Darwinian imperative of biomolecular selection for function.

Abstract

The search for definitive biosignatures—unambiguous markers of past or present life—is a central goal of paleobiology and astrobiology. We used pyrolysis–gas chromatography coupled to mass spectrometry to analyze chemically disparate samples, including living cells, geologically processed fossil organic material, carbon-rich meteorites, and laboratory-synthesized organic compounds and mixtures. Data from each sample were employed as training and test subsets for machine-learning methods, which resulted in a model that can identify the biogenicity of both contemporary and ancient geologically processed samples with ~90% accuracy. These machine-learning methods do not rely on precise compound identification: Rather, the relational aspects of chromatographic and mass peaks provide the needed information, which underscores this method’s utility for detecting alien biology.

31/01/2024. Les ingrédients de la vie ont ils été apportés sur la Terre par des comètes convenablement refroidies.

On estime généralement que les comètes peuvent apporter les briques de base nécessaires à l’apparition de la vie, acides aminées et autres composants organiques notamment, vers des planètes présentant des conditions favorables. Mais si ces comètes proviennent directement de l’espace profond, elles s’échaufferont au point que tous ces éléments seront détruits.  La comète devra ralentir en rebondissant de planète en planète, dans le cas où celles-ci formeraient un système cohérent autour de leur soleil.

Des chercheurs viennent de simuler l’organisation d’un système pluriplanétaire capable de ralentir suffisamment des comètes pour que les éléments nécessaires à la vie qu’elles apportent soient accueillis à des températures convenables. A son arrivée, la comète sera encore chaude, mais si elle capable de creuser un petit cratère dans de la terre meuble et suffisamment humide, elle pourra réaliser une sorte de flaque ou soupe prébiotique dans laquelle de la vie pourra se développer.

Référence

Can comets deliver prebiotic molecules to rocky exoplanets?

R. J. AnslowA. Bonsor P. B. Rimmer

Published: 15 November 2023
https://doi.org/10.1098/rspa.2023.0434

  • Abstract

In this work, we consider the potential of cometary impacts to deliver complex organic molecules and the prebiotic building blocks required for life to rocky exoplanets. Numerical experiments have demonstrated that for these molecules to survive, impacts at very low velocities are required. This work shows that for comets scattered from beyond the snow-line into the habitable zone, the minimum impact velocity is always lower for planets orbiting Solar-type stars than M-dwarfs. Using both an analytical model and numerical N-body simulations, we show that the lowest velocity impacts occur onto planets in tightly packed planetary systems around high-mass (i.e. Solar-mass) stars, enabling the intact delivery of complex organic molecules. Impacts onto planets around low-mass stars are found to be very sensitive to the planetary architecture, with the survival of complex prebiotic molecules potentially impossible in loosely packed systems. Rocky planets around M-dwarfs also suffer significantly more high velocity impacts, potentially posing unique challenges for life on these planets. In the scenario that cometary delivery is important for the origins of life, this study predicts the presence of biosignatures will be correlated with (i) decreasing planetary mass (i.e. escape velocity), (ii) increasing stellar-mass and (iii) decreasing planetary separation (i.e. exoplanets in tightly-packed systems).

31/01/2024 Découverte en Australie, Etat de Victoria, de nombreuses traces d’oiseaux datant du Crétacé ancien.

Elles sont âgées de 120 millions d’années et d’autant plus intéressantes qu’elles sont très rares et ne doivent pas être confondues avec les fossiles de petits dinosaures ailés dotés de becs et de plumes, beaucoup plus fréquents dans d’autres parties du Gondwana. Ce sont des marques de pas laissées dans des couches argileuses alors humides.

On trouve en Australie des traces d’ancêtres d’espèces actuelles remontant à la fin de l’Oligocène. L’histoire de certaines espèces date de l’époque du Gondwana. C’est le cas par exemple de l’émeu, du casoar à casque et autres oiseaux de l’ordre des ratites, du léipoa ocellé et du tallégalle de Latham de la famille des Megapodiidae ainsi que d’un nombre important d’espèces de perroquets endémiques, de l’ordre des Psittaciformes. Les perroquets australiens constituent un sixième de la population mondiale de cet ordre et comprennent par exemple de nombreux Cacatuinae dont le cacatoès rosalbin et le martin-chasseur géant

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_oiseaux_d%27Australie

Rappelons que de – 145 millions à – 66 millions d’années, le Crétacé connaît un incroyable foisonnement de vie qui prend des formes très diverses. Il s’achève par une extinction massive qui marque la fin de l’ère mésozoïque, avec la disparition des ammonites et des dinosaures non-aviens.

Référence

Earliest known Gondwanan bird tracks: Wonthaggi Formation (Early Cretaceous), Victoria, Australia
  • Anthony J. Martin and others,
  • Published: November 15, 2023
  • https://doi.org/10.1371/j
  • Abstract
  • The fossil record for Cretaceous birds in Australia has been limited to rare skeletal material, feathers, and two tracks, a paucity shared with other Gondwanan landmasses. Hence the recent discovery of 27 avian footprints and other traces in the Early Cretaceous (Barremian-Aptian, 128–120 Ma) Wonthaggi Formation of Victoria, Australia amends their previous rarity there, while also confirming the earliest known presence of birds in Australia and the rest of Gondwana. The avian identity of these tracks is verified by their tridactyl forms, thin digits relative to track lengths, wide divarication angles, and sharp claws; three tracks also have hallux imprints. Track forms and sizes indicate a variety of birds as tracemakers, with some among the largest reported from the Early Cretaceous. Although continuous trackways are absent, close spacing and similar alignments of tracks on some bedding planes suggest gregariousness. The occurrence of this avian trace-fossil assemblage in circumpolar fluvial-floodplain facies further implies seasonal behavior, with trackmakers likely leaving their traces on floodplain surfaces during post-thaw summers.

30/01/2024 Des « iles d’informations » rejetées par les trous noirs ?

Les trous noirs sont ainsi nommés parce qu’ils ne restituent jamais les informations qui tombent à l’intérieur de leur horizon des événements. Ce terme (event horizon en anglais), représente la frontière d’un trou noir à partir de laquelle la vitesse de libération doit atteindre celle de la lumière. Or comme nul ne peut atteindre cette vitesse, nul ne peut se libérer du trou noir. C’est ce que l’on nomme le paradoxe du trou noir. Cependant, selon le type de trou noir concerné, la taille et la forme de l’horizon seraient variables .

Pour un observateur extérieur  la matière tombant dans un trou noir apparaît comme perdue. Il en serait ainsi d’un engin spatial ayant fait l’erreur de trop se rapprocher de l’un de ceux-ci. Or la mécanique quantique postule que l’information ne peut jamais disparaître.

Dans les années 1970, Stephen Hawking avait fait admettre qu’un trou noir émettait une « radiation ». Celle ci était une réémission au moins partielle, de l’information tombée dans le trou. On a dit alors que le trou noir s’évaporait lentement, au moins partiellement. Pouvait-il s’évaporer jusqu’à disparaître, ce que Stephen Hawking avait nommé le paradoxe du trou noir?

Aujourd’hui il apparaît que certaines parties d’un trou noir, dites des « islands » peuvent en émerger pour être mesurées. Si cela était le cas, le paradoxe du trou noir pourrait être résolu ? A cette fin une hypothèse dite de la complémentarité a été proposée. Elle postule qu’une information tombant dans un trou noir pourrait se trouver copiée et mémorisée dans l’une de ces « iles ». Elle ne serait donc pas perdue pour un observateur extérieur. Ceci cependant apparaîtrait comme créant deux copies de la même information, ce qu’interdit également la mécanique quantique par le « non-cloning theorem ».

Pour résoudre cette difficulté, en 2012, des chercheurs proposèrent qu’un mur de feu, « firewall wall », se trouverait à l’ « event horizon » du trou noir, détruisant toute information à son contact. Ainsi serait détruit le double d’une information étant entrée dans le trou noir. Mais comment vérifier que cela serait bien le cas, compte-tenu de l’impossibilité d’y introduire un instrument scientifique ?

Il faudrait en effet que celui-ci ne dépasse pas la taille d’un atome pour échapper à la chute dans le trou noir. Il ne reste aujourd’hui aux chercheurs que la voie de la simulation numérique pour tenter de résoudre cette difficulté pratique, et d’autres du même genre associées au concept de trou noir

Référence

[Submitted on 5 Dec 2023 (v1), last revised 20 Dec 2023 (this version, v3)]

Islands Far Outside the Horizon

Raphael BoussoGeoff Penington

Information located in an entanglement island in semiclassical gravity can be nonperturbatively reconstructed from distant radiation, implying a radical breakdown of effective field theory. We show that this occurs well outside of the black hole stretched horizon. We compute the island associated to large-angular momentum Hawking modes of a four-dimensional Schwarzschild black hole. These modes typically fall back into the black hole but can be extracted to infinity by relativistic strings or, more abstractly, by asymptotic boundary operators constructed using the timelike tube theorem. Remarkably, we find that their island can protrude a distance of order ℓprhor−−−−−√ outside the horizon. This is parametrically larger than the Planck scale ℓp and is comparable to the Bohr radius for supermassive black holes. Therefore, in principle, a distant observer can determine experimentally whether the black hole information paradox is resolved by complementarity, or by a firewall.

Comments:27 pages, 4 figures, v3 added citations to arXiv:2004.05863 and arXiv:2011.08814
Subjects:High Energy Physics – Theory (hep-th); General Relativity and Quantum Cosmology (gr-qc); Quantum Physics (quant-ph)
Cite as:arXiv:2312.03078 [hep-th]
 (or arXiv:2312.03078v3 [hep-th] for this version)

28/01/2024 La conscience résulte-t-elle d’effets quantiques se produisant dans le cerveau ?

L’hypothèse dite de la conscience quantique selon laquelle la conscience résulte d’effets quantiques se produisant dans le cerveau  est de plus en plus répandue. Il serait trop facile de dire qu’elle fait appel à du peu connu, la physique quantique, pour expliquer l’inconnaissable, la conscience humaine. En fait, l’hypothèse a été formulée dès la fin des années 1980 par Roger Penrose mathématicien et philosophe des science bien connu et Stuart Ameroff généticien et co-inventeur avec Penrose en 1996 du concept de Orchestrated Objective Reduction, OrcOR (voir https://en.wikipedia.org/wiki/Orchestrated_objective_reduction ). Mais elle n’avait pas été développée faute de moyens pour la tester à l’époque.

Selon cette hypothèse la conscience apparaît quand des instabilités gravitationnelles dans la structure fondamentale de l’espace-temps font s’effondrer de petites structures dites microtubules qui se trouvent dans les neurones de toutes les espèces vivantes et plus généralement dans toutes leurs cellules. Sur les microtubules, voir in fine Note 1

Or aujourd’hui des expérimentations permettant de mettre à l’épreuve l’hypothèse de la conscience quantique sont devenues réalisables. Des chercheurs ont désormais proposé des expériences relevant de l’hypothèse selon laquelle de fragiles états quantiques peuvent persister dans le cerveau et aussi celle selon laquelle certains anesthésiants peuvent avoir des effets sur eux.

Désormais, comme le pense George Musser, auteur d’un article intitulé The Quantum mind que vient de publier la revue Newscientist (Newscientist 20 january 2024 p 33), l’hypothèse peut être mise à l’épreuve. Il faut pour cela utiliser des produits anesthésiants bien définis et des modèles réduits du cerveau vivant dit Brain Organoids. Il s’agit d’ensembles de neurones soigneusement prélevés et cultivés dans un plat, ayant généralement la taille d’une framboise. Mieux que les cultures conventionnelles de cellules, ils montrent comment les organes se développent et fonctionnent.

Note 1 Les microtubules

(Wikipedia )Les microtubules (MT) sont des fibres constitutives du cytosquelette des cellules eucaryotes, au même titre que les microfilaments d’actine et les filaments intermédiaires. Ils sont moins importants, pondéralement, chez les métaphytes (plantes) que chez les métazoaire (animaux). Les microtubules ont un diamètre d’environ 25 nm et une longueur variable du fait d’un déséquilibre récurrent entre la polymérisation lente côté + et la dépolymérisation brutale se faisant du même côté. Les microtubules sont ancrés sur le centrosome et le matériel péricentriolaire, et irradient dans tout le cytoplasme.

Les microtubules sont impliqués dans la mitose, processus dans lequel leurs variations de longueur permanentes jouent un rôle essentiel (formation de la plaque équatoriale des chromosomes). Le temps de demi-vie des microtubules non stabilisés est d’environ 15 s durant la métaphase et de 5 min durant l’interphase.

Les microtubules sont formés de dimères de tubulines constitués chacun de deux sous-unités, la tubuline α et la tubuline β, liées par des liaisons non covalentes. Les dimères sont assemblés en protofilaments qui constituent la paroi des microtubules dont l’intérieur semble « vide » sur les clichés de microscopie électronique.

Comme les dimères de tubuline sont polarisés et qu’ils sont orientés de façon également polarisée le long de chaque protofilament, une extrémité des microtubules ne présente que des tubulines β, tandis que l’autre ne présente que des tubulines α. Ces deux ext extrêmement dynamique. Les deux extrémités des microtubules polymérisent et dépolymérisent en permanence. L’état des extrémités varie selon la concentration locale de dimères de tubuline et des propriétés cinétiques dynamiques des deux extrémités des microtubules. In vitro, l’extrémité (+), constituée de tubulines β exposées au solvant, est celle qui polymérise le plus vite. L’élongation d’un microtubule est liée à l’hydrolyse du GTP (guanosine triphosphate) qui libère de l’énergie. La molécule de GTP est scindée en deux entités: GDP+Pi, le Pi étant la molécule de phosphate inorganique. Ce tandem reste associée au dimère de tubuline avant que le Pi puis le GDP ne soient libérés en solution. Ce mécanisme génère un court segment le long du microtubule en cours d’élongation que l’on appelle: cap GDP-Pi. L’extrémité (−), constituée de tubulines α exposées au solvant, est celle qui dépolymérise le plus vite. Ainsi, à l’état d’équilibre (in vitro), un microtubule est soumis à un processus dit de treadmilling ou « tapis roulant » pendant lequel sa longueur reste constante alors que le nombre de dimères de tubulines gagnés à une extrémité égale celui de dimères perdus à l’autre. Si l’une des extrémités est « capée » (ou biochimiquement modifiée), ce processus est altéré, tout comme la dynamique du microtubule. In vivo comme in vitro, on peut observer des effondrements rapides ou, au contraire, la stabilisation des microtubules. Ces deux mécanismes sont mis à profit lors des chimiothérapies dans lesquelles on utilise de molécules qui modifient les propriétés dynamiques des deux extrémités des microtubules, par exemple, le taxol stabilise les microtubules, la colchicine, les vinblastines et autres vincristines, les déstabilisent.

( à suivre )

27/01 /2024 La France à l’honneur en Inde

En invitant Emmanuel Macron comme hôte d’honneur à la fête de la Constitution indienne qui s’est déroulée à New Delhi le Premier ministre indien Narendra Modi a souligné son partenariat stratégique avec la France. Cette constitution était entrée en vigueur le 26 janvier 1950, deux ans après l’indépendance.

La présence française illustre les liens entre les deux pays à travers un partenariat industriel et militaire. Un contingent de 150 légionnaires, emmené par la colonelle Anne-Laure Michel, commandant la base aérienne d’Istres, ainsi que deux chasseurs Rafale et un avion ravitailleur MRTT français ont ouvert le défilé.

La France espère de nouveaux contrats militaires avec l’Inde. Cependant son premier fournisseur d’armements reste la Russie suivie par les Etats-Unis. Des MiG-29  russes ont survolé Jaipur capitale du Rajasthan  aux côtés des Rafale indiens, signe du multi-alignement de l’Inde avec la Russie, mais aussi avec les Etats-Unis. D’ailleurs, Narendra Modi avait d’abord invité le président américain Joe Biden, qui n’a finalement pas donné suite sur fond de tensions après un projet d’assassinat d’un séparatiste sikh à New York.

Emmanuel Macron a assiste à cet événement avec le ministre des Armées Sébastien Lecornu, ainsi qu’avec des représentants des grandes entreprises françaises d’armement dont les PDG de Dassault Aviation, Naval Group, EDF et Cap Gemini.

Rappelons que l’Inde a déjà acheté 36 Rafale français pour son armée de l’Air et est en négociation pour  acquérir 26 Rafale Marine . Elle souhaite aussi consolider sa base industrielle de défense à travers des coentreprises avec des groupes français, de Dassault au missilier MBDA. Safran travaille aussi avec l’Indien HAL sur un nouveau moteur d’avion. Enfin, des discussions portent sur l’acquisition de trois sous-marins de la classe Scorpène construits par Naval Group. Enfin Paris espère aussi vendre aux Indiens six réacteurs nucléaires EPR.

A la fois première puissance démographique (1.43 milliard d’habitants) et cinquième économie mondiale, l’Inde est un poids lourd incontournable et de plus en plus courtisé. La France entend de son côté être un acteur de la zone Asie-Pacifique et une puissance d’équilibre entre le Nord et le Sud.

Malgré cette relation avec la France, l’Inde conserve de bonnes relations avec la Russie. La veille de l’arrivée d’Emmanuel Macron, le gouvernement indien a présenté les travaux préparatoires d’un corridor maritime visant à relier les ports à l’est du pays à ceux de l’Extrême-Orient russe. Il s’agit de créer de nouvelles routes maritimes pour les hydrocarbures, le charbon ou les engrais agricoles.

Le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC) n’est pas une idée nouvelle. Il y a deux mille ans, par cette route, les commerçants indiens fournissaient à Rome des marchandises d’une valeur de plus d’un milliard de sesterces par an, soit plus que ce qui était nécessaire pour soutenir l’Empire. 

Le plan rivalise avec l’initiative chinoise de la Ceinture et de la Nouvelle Route de la Soie, annoncée en 2013, qui vise à relier l’Asie, l’Afrique et l’Europe. L’administration Biden a l’intention de compléter son offensive diplomatique au Moyen-Orient par un grand accord avec l’Arabie saoudite, qui comprend la normalisation des relations entre le royaume et Israël, afin de contribuer à faire du Moyen-Orient une région plus prospère, plus stable et plus intégrée. 

Outre l’aspect géopolitique, l’IMEC est important du point de vue des infrastructures et de la connectivité. Le projet comprendra deux corridors distincts : le corridor oriental, qui reliera l’Inde au golfe Persique, et le corridor septentrional, qui reliera le golfe à l’Europe.  

Le long de la voie ferrée, des câbles seront posés pour l’électricité, les données à haut débit et les pipelines d’énergie, en particulier l’hydrogène propre. Il complétera et renforcera les itinéraires maritimes et routiers existants ainsi que les chaînes d’approvisionnement régionales, dans le but d’accroître l’efficacité, de créer des emplois, de réduire les émissions et d’améliorer les échanges commerciaux. 

Pour sa part, la France espère encourager sa coopération scientifique et technique déjà très bonne avec les laboratoires indiens, notamment dans le domaine de la santé.

26/01/2024 Pourquoi le dernier singe géant a-t-il disparu.

Ce singe a été nommé Gigantopitecus blacki. Il était proche des orangs outangs mais debout mesurait plus de 3 mètres. Il pesait à l’âge adulte plus de 300 kg. Il a vécu plus de 2 millions d’années.

Les primatologues en savent un peu plus sur lui aujourd’hui grâce à l’analyse d’une énorme dent fossilisée retrouvée en 1935 dans une droguerie de Hong Kong. Cette dent était alors présentée comme ayant appartenu à un dragon.

D’autres restes fossiles ont été depuis retrouvés dans des grottes de la province de Guangxi, en Chine du sud. Ils ont montré que G.blacki était un herbivore, vivant dans un environnement forestier. Cependant, peu avant et pendant la disparition du primate, entre 295.000 et 2I5.000 ans bp, le milieu naturel avait supporté d’importants changements climatiques auxquels l’espèce n’avait semble-t-il pas su s’adapter. Ceci ne fut pas le cas des 3 espèces d’orangs outangs qui survécurent à ces événements sans doute parce qu’ils surent modifier leurs comportements alimentaires

Référence

  1. nature  
  2. articles  
  3. The demise of the giant ape Gigantopithecus blacki

Article

The demise of the giant ape Gigantopithecus blacki

Nature volume 625, pages535–539 (2024)

  • Abstract

The largest ever primate and one of the largest of the southeast Asian megafauna, Gigantopithecus blacki1, persisted in China from about 2.0 million years until the late middle Pleistocene when it became extinct2,3,4. Its demise is enigmatic considering that it was one of the few Asian great apes to go extinct in the last 2.6 million years, whereas others, including orangutan, survived until the present5. The cause of the disappearance of G. blacki remains unresolved but could shed light on primate resilience and the fate of megafauna in this region6. Here we applied three multidisciplinary analyses—timing, past environments and behaviour—to 22 caves in southern China. We used 157 radiometric ages from six dating techniques to establish a timeline for the demise of G. blacki. We show that from 2.3 million years ago the environment was a mosaic of forests and grasses, providing ideal conditions for thriving G. blacki populations. However, just before and during the extinction window between 295,000 and 215,000  years ago there was enhanced environmental variability from increased seasonality, which caused changes in plant communities and an increase in open forest environments. Although its close relative Pongo weidenreichi managed to adapt its dietary preferences and behaviour to this variability, G. blacki showed signs of chronic stress and dwindling populations. Ultimately its struggle to adapt led to the extinction of the greatest primate to ever inhabit the Earth.