09/02/2024 De la glace d’eau et de l’eau liquide souterraine présentes sur la planète Mars dans le passé

Les nombreuses image de la surface de Mars rapportées de l’espace ou par les différents rovers Sojourner, Spirit, Opportunity, Curiosity et Perseverance montrent des terres aujourd’hui desséchées , mais dont les reliefs indiquent qu’ils avaient été parcourus voire recouverts d’eau il y a quelques millénaires.

Savoir ce qu’est devenue cette eau et si le cas échéant elle pourrait être utilisables par des missions humaines voire par des établissements durables de l’homme sur Mars constitue un enjeu majeur pour les prochaines années. Vue la distance, les prochains explorateurs ne pourraient pas facilement compter sur de l’eau qu’ils apporteraient de la Terre.

Or récemment de nouveaux enregistrement sonar du sol sous-marin de l’océan Arctique terrestre ont monté que celui-ci était parcouru de structures linéaires d’origine glaciaire très semblables à celles que l’on observe dans certaines parties des anciens estuaires et canaux sous-marins martiens.

Par analogie, on a cru pouvoir en déduire que de grandes quantités de glace d’eau voire un océan de faible profondeur aurait existé sur Mars dans le passé.

Cela ne signifie pas qu’une partie de cette eau soit encore accessible. Il semble qu’elle se soit évaporée dans l’espace n’étant pas retenue par la faible force de gravité régnant sur une planète trop petite.

04/02/2024 Un nouveau sursaut Gamma GRB d’une force exceptionnelle

 On savait déjà que le sursaut gamma appelé « GRB 221009A » était l’explosion la plus puissante jamais observée dans l’espace. Mais on n’avait pas encore connaissance de ses effets pour notre planète… Une étude publiée dans la revue Nature Communication ce mardi 14 novembre donut on trouvera in fine les références et le résumé précise en partie ce phénomène survenu à la distance de la Terre de deux milliards d’années-lumière.

Elle nous apprend que GRB 221009A pourrait ainsi être le sursaut gamma le plus impressionnant qu’il y ait eu depuis le début de la civilisation humaine. Les astronomes lui ont pour cette raison donné un surnom : « BOAT », pour « Brightest Of All Time » soit « le plus lumineux de tous les temps ».

Cette explosion colossale n’a pas été sans conséquence. Rappelons que les sursauts gamma sont les explosions les plus puissantes et les plus lumineuses connues dans l’Univers. Les uns durent moins de quelques secondes, et l’on suppose qu’ils se produisent lors de la fusion de deux étoiles à neutrons, ce qui provoque une kilonova.

Les sursauts longs durent plus de deux secondes et pourraient être provoqués par l’effondrement d’une étoile géante sur elle-même, ce qui forme alors un trou noir. C’est à ce type de sursaut gamma qu’appartient GRB 221009A.

Le 9 octobre 2022, le sursaut gamma a duré 800 secondes sur Terre, le temps pour l’explosion de transférer un gigawatt de puissance dans notre haute  atmosphère soit l’équivalent de la puissance d’un réacteur nucléaire.

Cela a perturbé les communications radios en grandes ondes. Mais surtout, « l’ozone a été partiellement appauvri, temporairement détruit » autour de la Terre, comme l’a expliqué au New York Times, Pietro Ubertini, astronome à l’Institut national d’astrophysique de Rome et coauteur de l’étude. Heureusement l’impact n’a duré que quelques minutes et l’ozone s’est rapidement réparée.

Ce même 9 octobre, les scientifiques ont observé pour la première fois des perturbations dans la haute partie de l’ionosphère, zone de l’atmosphère comprise entre 350 et 950 kilomètres au-dessus de la Terre où le rayonnement du Soleil se transforme en particules éleectriquement chargées chargées qui forment un important champ électrique.

 Voir aussi le communiqué.de Erik Kuulkers, expert en rayons gamma à l’Agence spatiale européenne (ESA)

Cet évènement devrait aider à comprendre la menace potentielle de futurs sursauts gamma. Si cette explosion avait été plus proche, en se déroulant dans la Voie lactée, elle aurait très probablement endommagé notre couche d’ozone bien plus sévèrement. Or, c’est cette couche qui nous protège des rayons UV du Soleil. Sans elle, la vie sur Terre ne serait pas possible.

Ce type de sursaut gamma ne survient environ qu’une fois tous les 10 000 ans.

Référence

Nature Communications 

Published: 14 November 2023

Evidence of an upper ionospheric electric field perturbation correlated with a gamma ray burst

Abstract

Earth’s atmosphere, whose ionization stability plays a fundamental role for the evolution and endurance of life, is exposed to the effect of cosmic explosions producing high energy Gamma-ray-bursts. Being able to abruptly increase the atmospheric ionization, they might deplete stratospheric ozone on a global scale. During the last decades, an average of more than one Gamma-ray-burst per day were recorded. Nevertheless, measurable effects on the ionosphere were rarely observed, in any case on its bottom-side (from about 60 km up to about 350 km of altitude). Here, we report evidence of an intense top-side (about 500 km) ionospheric perturbation induced by significant sudden ionospheric disturbance, and a large variation of the ionospheric electric field at 500 km, which are both correlated with the October 9, 2022 Gamma-ray-burst (GRB221009A).

08/02/2024 Des galaxies anormalement massives

Une étude parue dans Nature le 6 février 2023 dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract, s’intéresse à plusieurs galaxies observées grâce au télescope spatial James-Webb. Massives, elles semblent défier la compréhension de la formation des galaxies. 

Six d’entre elles, notamment ne semblent pas conformes aux théories sur la formation des galaxies après le Big Bang. Elles ont été prises en photos par le télescope James-Webb lors d’une des premières observations effectuées en juillet 2022. Elles font partie d’un lot de treize galaxies qui se trouvent dans l’univers lointain et seraient apparues environ 600 millions d’années après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années. Les six qui intriguent le plus dépassent toute la masse de 10 milliards de Soleils, tandis que l’une d’elle atteint même les 100 milliards de Soleils

Pour évaluer la masse, on observe la lumière qui émane de ces galaxies. Cette lumière provient des étoiles, et plus elles sont nombreuses, plus une galaxie est considérée comme massive. 

Or ces monstres galactiques qui regorgent d’étoiles ne devraient pas se trouver aussi près des débuts de notre univers, d’après le modèle standard de création des galaxies. Pour amasser la matière nécessaire à la formation des étoiles, il faut du temps. Des galaxies aussi massives que les six ayant retenu l’attention des auteurs de l’article de ans Nature, n’ont été vues jusqu’à présent qu’après le premier milliard d’années ayant suivi le Big Bang.

Mais ce n’est pas le seul défi posé à notre compréhension de l’histoire de l’univers. Le halo rouge des galaxies sur les images prises par le télescope James-Webb devrait plutôt être bleu. « Il y a deux types de rouge dans les observations spatiales, celui qui permet de dire si un objet est lointain, et le rouge intrinsèque des étoiles qui indique que ce sont des corps matures. Dans le cas de nos six galaxies, elles ont toutes une couleur rouge intrinsèque selon François Hammer, astrophysicien à l’Observatoire de Paris et qui vient de publier « Voyage de la Terre aux confins de l’Univers » (éd. Odile Jacob).

Là encore, des galaxies qui se trouvent aussi loin dans le temps et l’espace ne devraient pas avoir eu le temps de laisser de développer des étoiles matures.

Pour en savoir plus, il faudra attendre l’entrée en service du spectrographe NIRSpec du télescope James-Webb. Celui-pourra automatiquement fixer le décalage spectral, ou décalage vers le rouge qui correspond aux objets lointains.

Pour l’instant, les auteurs de l’étude ont utilisé une méthode par colorimétrie en appliquant différents filtres permettant de se faire une idée de la distance. C’est une approche plus artisanale fréquemment utilisée, mais dont les résultats sont à prendre avec prudence.

Ce rouge synonyme de grande distance peut aussi être lié à d’autres facteurs. Le spectre d’un galaxie peut-être rougi par la poussière spatiale », selon Stéphane Charlot, spécialiste de la formation des galaxies à l’Institut d’astrophysique de Paris. « La poussière absorbe en effet le bleu, ce qui fait qu’une planète très poussiéreuse aura une signature beaucoup plus rouge »

Il se peut aussi que ces galaxies ne soient pas aussi massives qu’elles n’y paraissent, notamment si elles contiennent des trous noirs supermassifs. Ces phénomènes font rayonner fortement les gaz tombant sur eux, évoquant une signature d’étoiles. Dans cette hypothèse, il ne faudrait plus autant d’étoiles pour expliquer la luminosité de ces galaxies.

Mais même si cet outil confirmait les hypothèses de l’étude cela ne signifiera pas automatiquement la fin de la théorie du Big Bang. Les modèles fournissent des règles générales, et il y a la place pour des exceptions

D’une facon plus générale, l’on trouve de plus en plus d’articles autour des premières observations du télescope James-Webb qui suggèrent que les galaxies plus jeunes n’ont pas forcément les propriétés qu’on leur prêtait jusqu’alors. Ainsi les étoiles formées aux premiers temps de l’univers pouvaient émettre beaucoup de lumière sans être aussi massives.

Référence

  1. nature  
  2. article
A population of red candidate massive galaxies ~600 Myr after the Big Bang
Abstract

Galaxies with stellar masses as high as roughly 1011 solar masses have been identified1,2,3 out to redshifts z of roughly 6, around 1 billion years after the Big Bang. It has been difficult to find massive galaxies at even earlier times, as the Balmer break region, which is needed for accurate mass estimates, is redshifted to wavelengths beyond 2.5 μm. Here we make use of the 1–5 μm coverage of the James Webb Space Telescope early release observations to search for intrinsically red galaxies in the first roughly 750 million years of cosmic history. In the survey area, we find six candidate massive galaxies (stellar mass more than 1010 solar masses) at 7.4 ≤ z ≤ 9.1, 500–700 Myr after the Big Bang, including one galaxy with a possible stellar mass of roughly 1011 solar masses. If verified with spectroscopy, the stellar mass density in massive galaxies would be much higher than anticipated from previous studies on the basis of rest-frame ultraviolet-selected samples.

07/02/2024 La multiplication des drones militaires

En Ukraine le président Volodomir Zelinsky a promis qu’en 2024 les forces armées ukrainiennes auraient à leur disposition un million de drones. Depuis deux ans la Russie comme l’Ukraine s’affrontent en utilisant des milliers de drones militarisés sinon beaucoup plus. Elles ont toutes deux les ressources industrielles pour en fabriquer davantage.

Mais l’emploi d’un million sinon plus de drones de part et d’autre changerait-il la nature de la guerre entre la Russie et l’Ukraine? Si oui, quelles conséquences, la France, très en retard dans ce domaine, devrait-elle en tirer quant à son propre équipement ?

D’ores et déjà l’utilisation des drones a transformé le conflit russo-ukrainien. Tout ce qui bouge, que ce soit un navire, un véhicule ou un homme, peut être repéré, traqué et éventuellement détruit par un drone terrestre, aérien ou navals. Les reportages de guerre actuels sont riches en image d’hommes attaqués et tués à partir du ciel. De petits drones tels ceux vendus en libre service en occident pour le prix incroyablement bas de 500 euros, sont équipés de cameras infrarouges auxquelles rien n’échappe.

Ils jouent notamment le rôle de ce que l’armée française appelait des DLO, Détachement Liaison Observation. Leur vol vertical leur permet de cibler des appartements dans de grands ensemble immobiliers. Ils sont souvent armées de grenades de forte puissance. Certains sont nommés Mavik, du nom de ceux fabriqués par la firme chinoise DjI.

Ces drones sont complétés de quadcopters lourds capables de larguer des bombes ou par d’élégants appareils ressemblant à de petits avions de chasse pouvant être chargés de tâches de reconnaissance à longue distance ou du lancement de missiles de croisière.

Ils ont été renforcés en 2022 par l’introduction d’armements puissants dits FPV (first person view racing quadcopters) capables de s’attaquer aux tanks et aux batteries d’artillerie.

Dans le domaine maritime, l’utilisation par l’Ukraine de petites vedettes rapides sans pilote et sans équipage armées de missiles, parfois qualifiés de drones maritimes, a entrainé la destruction ou l’indisponibilité de plusieurs navires importants de la flotte russe de la Mer Noire.

Par ailleurs, on a remarqué récemment, tant en Russie qu’en Ukraine, que des combattants individuels, face à l’incompréhension de leur commandement, achetaient eux-mêmes de petits drones afin de les utiliser sur le front à leur propre initiative.

En 2023 l’Ukraine aurait déployé selon des informations officieuses plus de 200.000 de ces appareils, achetés pour certains dans les libres marchés européens.

Aujourd’hui le jamming de ces drones, c’est-à-dire le brouillage de leurs instruments de vision et de communication, est devenu une priorité pour les parties en présence. Mais ceux-ci sont équipés de systèmes d’intelligence artificielle autonomes qui les rendent de plus en plus indépendants.

Dans un prochain article nous nous demanderons si la possibilité de recourir à des drones armés modifient les rapports de forces internationaux.

Note

Drone avec 2 Caméra Réglage Électrique Caméra 360° Active D’évitement D’obstacles WIFI FPV Video Quadcoptère Télécommandé Drone avec Double Caméra 2 Batteries IDEA12 2024 prix non mentionné ici

Pour en savoir plus
Ministère des armées, Drones armés
https://www.defense.gouv.fr/dems/bibliotheque-lecole-militaire/productions/biblioveilles/drones-armes

06/02/2024 Le principe de l’incertitude quantique gagne en certitude 

Le terme signifie qu’une fonction qui est petite et dont la transformée de Fourier est elle-même petite est une fonction nulle. Ce principe connu sous le nom de principe d’incertitude de Heisenberg 1927 possède une interprétation en mécanique quantique, selon laquelle on ne peut mesurer avec précision à la fois la vitesse et la position d’une particule.

Avant la mécanique quantique, les physiciens cherchant à mesurer un objet avec plus de précision cherchaient à connaître la vitesse ou la position de cet objet en faisant appel à des instruments différents dont ils s’efforçaient d’améliorer la précision.

Mais en 1926 Werner Heisenberg découvrit que pour des objets de taille quantique, essentiellement des atomes quantiques, les objets ne sont pas statiques . Les atomes sont en mouvement constant. On ne peut donc mesurer simultanément leur vitesse et leur position

Aujourd’hui des physiciens japonais de l’ University of Electrocummunications ont montré qu’une version du Principe d’incertitude pouvait s’appliquer même en ne mesurant qu’une seule variable

Depuis les années 1950, des physiciens se sont demandé si le principe d’incertitude ne devait pas être modifié dans le cas de systèmes tel que celui de deux billes entrant en collision dans lesquels le mouvement combiné est conservé avant et après la collision.

Pour des systèmes simples dans lesquels les mesures ont des valeurs discrètes, telles que 0 ou 1, la réponse semble négative. Mais pour des systèmes complexes tels que celui de ces billes entrant en collision, la position et la vitesse varient continuellement et n’ont donc pas de valeurs discrètes. Elles sont dites continues

Le principe d’incertitude pouvait-il en ce cas toujours s’appliquer? Jusqu’ici la réponse a été affirmative. Il n’était pas possible de tromper Heisenberg. Les chercheurs ont cependant fait appel à une autre méthode mathématique que nous ne décrirons pas ici. Mais là encore le principe d’incertitude est sorti vainqueur

Ils invitent cependant à rester méfiants, quand il s’agira d’appliquer le principe dans le cas de technologies complexes. Il faudra vérifier et revérifier sa pertinence.

05/02/2024 La croissance de l’intestin, clef de la croissance du cerveau chez nos ancêtres

En 2 millions d’années d’évolution, le cerveau humain a triplé de volume. En effet, le cerveau des premiers humanoïdes, les australopithèques, avait la taille de celui des chimpanzés et des bonobos(Pan troglodytes et  Pan paniscus). Avec l’homme ,   H. neanderthalensis et H. sapiens , le cerveau n’a pas cessé de grossir. Les mécanismes ayant provoqué cette évolution sont encore en discussion.

L’hypothèse dite Expensive Tissue Hypothesis suggère une redirection des ressources caloriques depuis le système digestif vers les tissus cérébraux au détriment des tissus musculaires. Mais ceci n’aurait pas été possible sans une transformation du régime alimentaire. Plutôt qu’être végétariens les premiers hommes ont du devenir carnivores. Mais comme ils ne pouvaient entrer en compétition avec les vrais carnivores, ils ont du se contenter de la viande restant sur les carcasses des animaux tués

Ils ne sont devenus eux-mêmes chasseurs que plus tard, au paléolithique moyen sinon au paléolithique récent. Ils pouvaient pas se limiter à la viande des charniers, en trop petite quantité et souvent avariée. Ils ont du devenir chasseurs-cueilleurs, selon l’expression consacrée. Quant au terme de cueilleur, il ne doit pas faire illusion. Il s’agissait surtout de fouiller une terre dure avec un épieu à la recherche de racines comestibles après cuisson- tâche dit-on réservée aux femmes ;

Pour la suite, voir le texte anglais ci-dessous :

The importance of foraging in human evolution, linked to the Grandmother Hypothesis, has been highlighted in the tuber-based model of increased calories28. The importance of tubers as a source of calories for hominins has been debated, however. One frequently cited source of nutritional data29 calculated the caloric value of the //ekwa tuber using samples of tubers to determine calories per gram and then multiplying by the total mass of the unearthed tuber. But in the field, Hadza hunter-gatherers discard large fibrous portions of foraged wild tubers prior to consumption30. Not only are they labor-intensive to unearth, wild foraged tubers have as little as ¼ of the caloric density reported by Vincent31, even after cooking.

Another possibility is that the modifications to food through cooking provided the necessary additional calories and nutrients to support a reduction of gut and increase in encephalization32. The hypothesis has been extended to encompass others. For example, cooked tubers have been proposed as an important component of the “cooked foods” diet27,28,32 and it has been suggested that scavenged carcasses were cooked to mitigate microbiological contamination33. The trend of reduction of molar size in hominin evolution, perhaps an adaptation from moving from tougher to softer foods34, fits well with this hypothesis35.

The benefits of cooking—increase in bioavailability of calories, easier mechanical digestion (especially chewing), and the lowering of energy requirements for digestion—are undoubtable36,37. However, there is a lack of archeological evidence for the usage of fire by australopiths and early hominins; the earliest date for the evidence of fire by hominins is frequently cited at 1.5 mya by H. erectus during the Middle Pleistocene38. Evidence for fire mastery in the Lower Pleistocene still puts this behavior well after the initial emergence of H. erectus39, which is well after selection for brain expansion put hominins on a different course than the Pan lineage. While it is likely that the actual origins of human-controlled fire predate its oldest surviving archeological evidence, and older evidence may be newly discovered in the future, mastery of fire technology requires individuals to have the cognitive capacity to plan, create, maintain, and use fire effectively: a tall order for an organism with a brain-to-body ratio barely exceeding modern nonhuman apes. Thus, we should continue to search for other mechanisms that could have kickstarted our ancestors’ initial encephalization.

Hypothesis: external fermentation

What dietary strategies were accessible by individuals with brains roughly the size of a chimpanzee’s? We outline a hypothesis, the External Fermentation Hypothesis (Fig. 1). Central to this hypothesis is the realization that the gut is itself a machine for internal fermentation: digestion is accomplished via the endogenous microbiome. Culturally-transmitted food handling practices which promoted the externalization of this functionality to the extra-somatic environment could have offloaded energetic requirements from the body creating the surplus energy budget necessary for brain expansion.

Référence

https://www.nature.com/articles/s41586-023-06825-8

Nature Communications Biology

Fermentation technology as a driver of human brain expansion

Communications Biology 

volume6, Article number: 1190 (2023) 

Cite this article

Abstract

Brain tissue is metabolically expensive. Consequently, the evolution of humans’ large brains must have occurred via concomitant shifts in energy expenditure and intake. Proposed mechanisms include dietary shifts such as cooking. Importantly, though, any new food source must have been exploitable by hominids with brains a third the size of modern humans’. Here, we propose the initial metabolic trigger of hominid brain expansion was the consumption of externally fermented foods. We define “external fermentation” as occurring outside the body, as opposed to the internal fermentation in the gut. External fermentation could increase the bioavailability of macro- and micronutrients while reducing digestive energy expenditure and is supported by the relative reduction of the human colon. We discuss the explanatory power of our hypothesis and survey external fermentation practices across human cultures to demonstrate its viability across a range of environments and food sources. We close with suggestions for empirical tests.

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Notre observation

Observons pour notre part que les auteurs de cet article ne semblent pas s’être posée une question essentielle : pourquoi la taille du cerveau des hommes aurait-elle triplé de volume, comme ils l’indiquent, en deux millions d’années d’évolution ? Ils laissent entendre que c’est du fait d’augmentations régulières de leurs besoins d’énergie qu’auraient satisfaites une augmentation corrélative de ressources alimentaires ayant subi une fermentation extérieure. Celle ci nécessite l’intervention de leur intelligence, et donc une augmentation de la taille de leurs cerveaux. Mais toutes les espèces vivantes dans le cours de leur évolution n’ont-elles pas rencontré ce problème, c’est-à-dire faire face à des modifications de leurs besoins corporels sans pouvoir faire appel à une augmentation visible de la taille de leurs cerveaux.

On pourrait penser que l’ordre des facteurs aurait été différent. La taille des hommes aurait augmenté, avec augmentation corrélative de leur encéphale, du cerveau se trouvant à l’intérieur et finalement de leur intelligence. Cette augmentation d’intelligence leur aurait permis de faire face à l’augmentation de leurs besoins corporels, notamment grâce une amélioration de leur régime aimantaire. Quant à savoir pourquoi la taille des hommes aurait augmenté, il s’agirait d’un tout autre problème. Mais il n’est pas spécifique à l’espèce humaine

04/02/2024 Un bel avenir pour les « dark ships ».

L’Automatic Identification Système – AIS – est un système d’identification des navires conçu par le Suédois Häkan Lans. Il est développé dans les années 90 sous l’autorité de l’Organisation maritime internationale (OMI) puis imposé en décembre 2004 aux navires de commerce de plus de 15 mètres (ou 300 tonneaux) et aux navires de transport de plus de 11 passagers.

En transmettant automatiquement et en temps réel la position, la route et la vitesse des navires, l’AIS améliore la sécurité des zones où le trafic maritime est  dense. Chaque navire, mais aussi les autorités de régulation et de sauvetage en mer (CROSS) peuvent ainsi suivre en tant réel le trafic maritime et observer d’éventuelles anomalies (dérives, routes de collision, etc.).

Cependant, un nombre croissant de navires de toutes tailles et de toutes activités désactivent dorénavant leurs ABS. On les qualifie de « dark vessels » ou « dark ships ». En conséquence ils ne sont plus identifiables par les satellites et les systèmes publics en charge de la sécurité en mer. Ils restent visibles par les radars, mais ceux-ci ne donnent que peu d’ informations les concernant. Ils peuvent ainsi se livrer à toutes les activés légalement interdites, telles que la pêche illégale et la contrebande.

En cas d’accidents leur arrivant, fuites de pétrole, incendies ou naufrages notamment, leurs épaves peuvent être abandonnées sans risques de poursuite par les armateurs ou les autorités..

Un certain nombre d’Etats européens ont bien compris le problème et tenté d’interdire les frets insuffisamment déclarés. Voir à ce sujet https://swzmaritime.nl/news/2023/06/30/eu-seeks-to-tackle-illegal-ship-to-ship-transfers-and-abuse-of-ais/

Mais comme toujours en ces domaines, les décisions, à supposer qu’elles soient prises, restent difficiles à appliquer. Les dark ships ont encore un bel avenir devant eux.

04/02/2024 Pourquoi Vénus se distingue-t-elle de ses soeurs dites habitables du Système Solaire ?

Sur Vénus, nous trouvons dans Wikipedia les précisions suivantes
https://fr.wikipedia.org/wiki/V%C3%A9nus_(plan%C3%A8te),

Vénus est l’une des quatre planètes telluriques du Système solaire. Elle est parfois appelée la « planète sœur » de la Terre en raison des similitudes relatives de leurs diamètres, masses, proximités au Soleil et compositions. Par d’autres aspects, elle est radicalement différente de la Terre : son champ magnétique est bien plus faible et elle possède une atmosphère beaucoup plus dense, composée de dioxyde de carbone à plus de 96 %. La pression atmosphérique à la surface de la planète est ainsi 92 fois supérieure à celle de la Terre, soit environ la pression ressentie, sur Terre, à 900 mètres sous l’eau. Elle est de loin la planète la plus chaude du Système solaire — même si Mercure est plus proche du Soleil — avec une température de surface moyenne de 462 °C (735 K). La planète est enveloppée d’une couche opaque de nuages d’acide sulfurique, hautement réfléchissants pour la lumière visible, empêchant sa surface d’être vue depuis l’espace. Bien que la présence d’océans d’eau liquide à sa surface par le passé soit supposée, la surface de Vénus est un paysage désertique sec et rocheux où se déroule toujours un volcanisme. La topographie de Vénus présente peu de reliefs élevés et consiste essentiellement en de vastes plaines géologiquement très jeunes : quelques centaines de millions d’années.
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Nous publions ci-dessous un article écrit par deux chercheurs américains qui, à la suite de nombreuses simulations, estiment que Vénus, orbitant de la même façon que la Terre et Mars, aurait rencontré une roche massive, de la taille de la Lune, qu’ils ont surnommé Neith. Celle-ci l’aurait ralentie et déviée de sa trajectoire, en inversant son spin, autrement dit le sens de sa rotation. Ceci se serait passé entre 100.000 et 1 million d’années bp.

Cette hypothèse est difficilement vérifiable, tant du moins que des études attentives de la surface de Vénus, actuellement inaccessible, n’auront pas été réalisées. On retiendra cependant qu’il n’est pas impossible que la Terre fasse un jour une telle rencontre catastrophique.


Chaotic Capture of a Retrograde Moon by Venus and the Reversal of Its Spin

Valeri V. Makarov
United States Naval Observatory, 3450 Massachusetts Ave. NW, Washington, DC 20392, USA

Alexey Goldin
2 Teza Technology, 150 N Michigan Ave, Chicago, IL 60601, USA

Abstract

Planets are surrounded by fractal surfaces (traditionally called Hill spheres), separating the inner zones of long-term stable orbital motion of their satellites from the outer space where the gravitational pull from the Sun takes over. Through this surface, external minor bodies in trajectories loosely co-orbital to a planet can be stochastically captured by the planet without any assistance from external perturbative forces, and can become moons chaotically orbiting the planet for extended periods of time. Using state-of-the-art orbital integrators, we simulate such capture events for Venus, resulting in long-term attachment phases by reversing the forward integration of a moon initially attached to the planet and escaping it after an extended period of time. Chaotic capture of a retrograde moon from a prograde heliocentric orbit appears to be more probable because the Hill sphere is almost four times larger in area for a retrograde orbit than for a prograde orbit. Simulated capture trajectories include cases with attachment phases up to 860,000 years for prograde moons and up to 370,000 years for retrograde moons. Although the probability of a long-term chaotic capture from a single encounter is generally low, the high density of co-orbital bodies in the primordial protoplanetary disk makes this outcome possible, if not probable. The early Venus was surrounded by a dusty gaseous disk of its own, which, coupled with the tidal dissipation of the kinetic energy in the moon and the planet, could shrink the initial orbit and stabilize the captured body within the Hill surface. The tidal torque from the moon, for which we use the historical name Neith, gradually brakes the prograde rotation of Venus, and then reverses it, while the orbit continues to decay. Neith eventually reaches the Roche radius and disintegrates, probably depositing most of its material on Venus’ surface. Our calculations show that surface density values of about 0.06 kg m−2 for the debris disk may be sufficient to stabilize the initial chaotic orbit of Neith and to bring it down within several radii of Venus, where tidal dissipation becomes more efficient.

03/02/2024 Un petit trou noir se trouverait-il au centre du soleil ?

Certaines étoiles pourraient comporter dans leur centre de petits trous noirs qui se seraient formés lors du Big Bang. Cette hypothèse, initialement formulée par Stephen Hawking, pourrait expliquer les origines de la matière noire.

En 1971, le physicien Stephen Hawking s’était interrogé sur l’apparent manque d’énergie des particules dites neutrinos en provenance du soleil. Il s’ était demandé si ce prétendu problème des neutrinos n’était pas du au fait que le soleil comportait en son centre un petit trou noir qui se serait formé lors du Big Bang, lui-même considéré comme le Trou noir primordial

L’hypothèse fut abandonnée jusqu’en 2022, puis reprise par l’astrophysicien allemand Earl Bellinger, membre du Max Plank Institute for Astrophysics. Il y vit une possible explication de la matière noire et des effets que des trous noirs primordiaux pouvaient avoir sur l’évolution de leur étoile hôte.

Concernant le soleil Bellinger et son équipe éliminèrent l’hypothèse de trous noirs trop petits et à l’inverse de trous noirs trop grands qui auraient rapidement englouti le soleil et auraient été par ailleurs incompatibles avec leurs autres observations. Ils furent réduits à des trous noirs de la masse de la planète Mercure.

Un trou noir de cette taille dévorant par l’intérieur la masse du soleil aurait pendant des millions d’années obligé celui-ci par compensation à grandir jusqu’à atteindre la température nécessaire à la fusion nucléaire dont il tire son énergie et qui le stabilise.

Mais ce mécanisme en contre partie pousse l’étoile à devenir chaotique de l’intérieur jusqu’à se transformer en l’équivalent d’une « Red Straggler » ou étoile formée par la collision de deux étoiles
Voir https://the-universe-of-the-universe.fandom.com/wiki/Red_Straggler.

Ce n’est pas le cas du soleil, parce que nous nous en serions déjà aperçus. Sa stabilité est au contraire remarquable .

Référence

Solar Evolution Models with a Central Black Hole

Published 2023 December 13 • © 2023. The Author(s). Published by the American Astronomical Society.
The Astrophysical JournalVolume 959Number 2  

Abstract

Hawking proposed that the Sun may harbor a primordial black hole (BH) whose accretion supplies some of the solar luminosity. Such an object would have formed within the first 1 s after the Big Bang with the mass of a moon or an asteroid. These light BHs are a candidate solution to the dark matter problem, and could grow to become stellar-mass BHs if captured by stars. Here we compute the evolution of stars having such a BH at their center. We find that such objects can be surprisingly long-lived, with the lightest BHs having no influence over stellar evolution, while more massive ones consume the star over time to produce a range of observable consequences. Models of the Sun born about a BH whose mass has since grown to approximately 10−6M⊙ are compatible with current observations. In this scenario, the Sun would first dim to half its current luminosity over a span of 100 Myr as the accretion starts to generate enough energy to quench nuclear reactions. The Sun would then expand into a fully convective star, where it would shine luminously for potentially several gigayears with an enriched surface helium abundance, first as a sub-subgiant star, and later as a red straggler, before becoming a subsolar-mass BH. We also present results for a range of stellar masses and metallicities. The unique internal structures of stars harboring BHs may make it possible for asteroseismology to discover them, should they exist. We conclude with a list of open problems and predictions.