14/02/2024 Une première détection de matière noire (Black matter)

L’espace est empli d’une matière que nous pouvons voir, soit de nos yeux, soit à l’aide d’instruments d’optique, galaxies, astres, planètes et autres débris ou poussières. . Mais il comporte aussi quelques 85% d’une matière que nous ne pouvons voir mais dont nous constatons en permanence les effets, matière dite pour cette raison matière noire.. Mais la matière noire se serait comparable à la matière ordinaire, prenant par exemple la forme d’astres qe nous ne pourrions voir.

La matière noire ou matière sombre est une catégorie de matière hypothétique, invoquée dans le cadre du Modèle ΛCDM pour rendre compte de certaines observations astrophysiques, notamment les estimations de la masse des galaxies ou des amas de galaxies et les propriétés des fluctuations du fond diffus cosmologique. Wikipédia

Le modèle ΛCDM ou modèle de concordance est un modèle cosmologique du Big Bang comprenant une constante cosmologique notée par la lettre grecque Λ et associée à l’énergie dite elle- même sombre, laquelle commande l’ expansion de l’univers.

Selon la théorie de la formation des structures de l’univers, la matière de l’univers primitif était initialement répartie de manière homogène. Par la suite, sous l’influence de la gravité, la matière a commencé à s’agglomérer en structures plus denses. La structure à grande échelle de l’univers observable ressemble désormais à une gigantesque toile cosmique se caractérisant par une distribution en réseau des galaxies et d’amas de galaxies reliés par de vastes filaments de matière. Entre ces filaments et nœuds de matière se trouvent ce que l’on nomme  les vides cosmiques, qui ne sont vides que par comparaison.

La toile cosmique est le résultat de l’interaction dynamique entre la matière noire et l’énergie sombre qui constituent la majeure partie de l’univers. La première exerce une attraction gravitationnelle, attirant la matière ordinaire vers les régions les plus denses, tandis que la seconde contribue à l’accélération de l’expansion de l’univers, influençant la formation et l’évolution des structures à grande échelle.

Cette toile cosmique joue un rôle essentiel dans la compréhension de l’évolution de l’univers. Son analyse pourrait ainsi permettre de répondre à certaines des questions clés de la cosmologie, telles que la nature de ces deux mystérieuses entités mentionnées ci-dessus, matière noire et énergie sombre .

De tels travaux pourraient aussi permettre de mieux appréhender l’origine des fluctuations primordiales qui ont conduit à la formation des structures cosmiques.

En utilisant les données du James Webb Telescope, des astronomes de l’Université d’Arizona ont isolé l’un de ces filaments de matière s’étendant sur plus de trois millions d’années-lumière et composé d’une dizaine de galaxies anciennes. Formé à peine 830 millions d’années après le Big Bang, il pourrait représenter le plus ancien fil connu de la toile cosmique.

Le filament nouvellement découvert serait ancré sur un quasar. Le quasar est un objet céleste extrêmement brillant intégrant un trou noir supermassif en son centre. La brillance de cet objet est la raison pour laquelle les astronomes ont découvert ce brin de galaxies.

En effet, la découverte a été faite dans le cadre du projet ASPIRE
ou A SPectroscopic Survey of Biased Halos in the Reionization Era…

Les astronomes ont déterminé que les structures de la matière noire se présentent sous forme de longs brins minces. Grâce au télescope Subaru, une équipe vient en effet de réaliser la première détection directe de ces filaments au sein d’un vaste amas de galaxies. Cette découverte offre ainsi de nouvelles données probantes pour évaluer les théories sur l’évolution de l’Univers.

Cette structure, connue sous le nom de toile cosmique, est formée de filaments massifs constitués de matière. Ces filaments, qui alimentent les galaxies en gaz et guident leur regroupement, jouent un rôle clé dans l’évolution cosmique.

Or, des astronomes de l’Université Yonsei de Séoul ont pour la première fois réussi à détecter de la matière noire sur ces filaments de matière. Cette observation révolutionnaire a été rendue possible grâce à l’utilisation du télescope Subaru, situé à Hawaï, et à l’effet de la gravité sur la lumière, appelé lentille gravitationnelle.

Albert Einstein avait prédit en 1915 que la masse courbe l’espace-temps, ce qui influence le passage de la lumière. Concrètement, lorsqu’une source lumineuse se retrouve sur la trajectoire d’une masse, cette lumière se retrouve déviée, ce qui crée un effet de lentille gravitationnelle. Bien que la matière noire elle-même ne soit pas directement observable, son influence gravitationnelle peut ainsi être détectée à travers cet effet.

L’observation a été réalisée sur l’amas du Coma  composé de plus d’un millier de galaxies, situé à 321 millions d’années-lumière de la Terre. Cet amas fait partie intégrante de la Grande Muraille, considérée comme l’une des premières grandes structures cosmiques identifiées.

Grâce à la sensibilité et à la résolution élevées de l’Hyper Suprime-Cam (HSC) du télescope Subaru, l’équipe a donc réussi à percevoir les effets de lentille gravitationnelle causés par la matière noire sur les filaments intra-amas, une partie moins étudiée de la toile cosmique.

Ainsi l’on trouve une confirmation cruciale de l’existence de la toile cosmique à grande échelle, structure essentielle dans la compréhension de la formation et de l’évolution des galaxies. Alors que la matière noire demeure insaisissable directement, son rôle en tant qu’échafaudage cosmique invisible se révèle une fois de plus à travers les subtilités de la gravité et de la lentille gravitationnelle.

Référence

article

Nature Astronomy (2024)

  • Abstract

The concordance cosmological model predicts that galaxy clusters grow at the intersection of filaments that structure the cosmic web and extend tens of megaparsecs. Although this hypothesis has been supported by the baryonic components, no observational study has detected the dark matter component of the intracluster filaments (ICFs), the terminal segment of the large-scale cosmic filaments at their conjunction with individual clusters. We report weak-lensing detection of ICFs in the Coma cluster field from the ∼12-deg2 Hyper Suprime-Cam imaging data. The detection is based on two methods, the matched-filter technique and the shear-peak statistic. The matched-filter technique yields detection significances of 6.6σ and 3.6σ for the northern and western ICFs at 110° and 340°, respectively. The shear-peak statistic yields detection significances of 3.1σ and 2.8σ for these ICFs. Both ICFs are highly correlated with the overdensities in the weak-lensing mass reconstruction and are well aligned with the known large-scale (>10 Mpc) cosmic filaments associated with the Coma supercluster.

14/02/2024 Nouvelle hypothèse concernant la matière noire

Dans l’étude complexe de la matière noire, une nouvelle hypothèse proposée par Hai-Bo Yu, professeur de physique et d’astronomie à l’Université de Californie à Riverside et son équipe, bouleverse notre compréhension actuelle. Selon cette hypothèse, la matière noire serait composée de particules qui interagissent fortement entre elles via une « force sombre ». Cette idée pourrait enfin élucider les densités extrêmes observées dans les halos de matière noire entourant les galaxies.

Les simulations à haute résolution de structures cosmiques basées sur des observations astronomiques réelles, présentent des interactions fortes entre particules de matière noire. Ces interactions entraînent un transfert de chaleur dans le halo, diversifiant ainsi la densité de la matière noire dans les régions centrales des galaxies. Ainsi, certains halos présentent des densités centrales plus élevées, tandis que d’autres sont moins denses, les détails dépendant de l’histoire évolutive et de l’environnement de chaque halo.

Selon cette étude la matière noire interagissant par une « force sombre » pourrait offrir une solution que la théorie de la matière noire froide ne fournit pas. Elle présente la matière noire comme un élément potentiellement plus complexe et dynamique que prévu.

Les chercheurs espèrent que leurs découvertes encourageront davantage d’études dans ce domaine prometteur, en particulier avec l’arrivée prochaine de données issues de nouveaux observatoires astronomiques, tels que le Télescope spatial James Webb et l’Observatoire Rubin. Leurs travaux ont été publiés en novembre dans The Astrophysical Journal Letters.

Pour en savoir plus
 Ethan O. Nadler et al, A Self-interacting Dark Matter Solution to the Extreme Diversity of Low-mass Halo Properties, The Astrophysical Journal Letters (2023). DOI: 10.3847/2041-8213/ad0e09

16/02/2024 Assassinat politique en Russie. Mort de l’opposant Alexeï Navalny

Les services pénitentiaires russes rapportent le vendredi 16 février 2024, qu’Alexeï Navalny, 47 ans, est mort en prison.

Principal opposant politique à Vladimir Poutine, condamné à une peine de 19 ans de prison pour « extrémisme« , vient de mourir dans sa prison en Arctique, ont annoncé les services pénitentiaires russes (FSIN) ce vendredi 16 février.

Ayant survécu en Allemagne à une tentative d’empoisonnement  » d’origine inconnue », il avait voulu retourner à Moscou pour mieux y fédérer l’opposition démocratique au régime politique actuel.

Prévenu plusieurs fois qu’il allait y risquer sa vie, il avait toujours répondu « qu’ils n’oseront pas » vu sa réputation mondialement connue.

Ils ont osé.

15/02/2024 Découverte d’un nouveau viröide réplicateur

Bien que ceci soit parfois encore discuté, la majorité des virologues considèrent
les virus comme non-vivants car ils ne remplissent pas tous les critères du vivant. En effet, ils sont acellulaires, ne peuvent ni se reproduire, ni métaboliser sans infecter une cellule hôte.

Considérant cependant la complexité biologique des virus et leur capacité à infecter sans cesse des cellules vivantes , beaucoup de biologistes estiment que les virus sont vivants. On parle de « formes de vie élémentaires ». La preuve en est que si l’on découvrait sur la Lune ou Mars des virus analogues à ceux qui existent sur la Terre, on annoncerait tout de suite que ces planètes sont porteuses de vie. Il s’agirait d’une annonce de portée considérable.

En dessous des virus dans l’échelle de la complexité se trouvent les viroïdes. Un viroïde est une particule virale simple, composée d’un seul ARN circulaire sans capside, qu’on différencie des virus acapsidés car sa séquence n’encode aucune protéine. Il appartient cependant aux virus car il se fait répliquer en infectant une cellule hôte, tout en ayant des effets pathogènes comparables à ceux des virus encodant des protéines.

Plus petites que les virus (environ 50 nm de long), ces particules ont été découvertes en 1971 par le spécialiste américain des maladies végétales Theodor Otto Diener en recherchant l’agent causal de la maladie des tubercules fusiformes de la pomme de terre. La preuve de leur nature infectieuse n’a été obtenue qu’en 1972, lorsque des infections expérimentales purent être réalisées. Wikipedia

Or récemment Andrew Fire, prix Nobel 2006 en physiologie-médecin, vient de découvrir à Stanford dans un intestin humain un nouvel agent viroïde réplicateur, bien plus simple qu’un virus. Cet agent a été baptisé « obelisk ». Il s’agit en fait d’une catégorie tout à fait nouvelle. Il n’est pas protégé comme le virus Covid 19 par une enveloppe protéinique. Il s’agit seulement d’un simple cercle constitué d’ARN, si petit qu’il n’ a été découvert que dans les années 1970.

Il diffère cependant du fait que son ARN code (commande la reproduction)d’une protéine jusqu’ici inconnue. Son découvreur l’a nomme « oblin ». La séquence d’ARN est en forme de baguette (rod-like ) plutôt que circulaire. Le viroide a été découvert dans des bouches humaines, mais il semble répandu ailleurs.

Qui plus est, il a été montré récemment que le viroide se reproduisait par l’intermédiaire de la bactérie Streptococcus sanguinis. Celle-ci se trouve aussi dans des bouches humaines. Si elle passe de la bouche dans le sang, elle peut provoquer des inflammations du cœur ou endocardites. De nouvelles études seront entreprises d’urgence pour apprécier le caractère pathogène du viroide, et s’en garder si nécessaire.

Voir https://theconversation.com/a-new-virus-like-entity-has-just-been-discovered-obelisks-explained-222296

14/02/2024 L’Hydrogène blanc. Pourquoi si peu d’enthousiasme ?

L’hydrogène naturel (ou hydrogène blanc) fait l’objet d’un intérêt croissant dans un contexte où il est devenu indispensable de trouver des alternatives aux combustibles fossiles. Produit au niveau des rides médio-océaniques lentes, à la faveur de réactions d’hydratation du manteau (serpentinisation), l’H2 naturel semble pouvoir aussi se former en contexte continental loin de toute roche mantellique. Des concentrations bien supérieures aux teneurs atmosphériques ont été mesurées dans les cratons vieux de plus de 500 millions d’années. L’origine et le comportement géochimique de cet H2 naturel continental restent encore mal comprise et il est difficile d’avoir aujourd’hui une estimation fiable de la ressource en H2. Mais certains la disent inépuisable, aux rythmes actuels de consommation.

Rappelons que l’hydrogène (H²) est une alternative intéressante aux combustibles fossiles traditionnels. Aujord’hui sa production est onéreuse et énergivore et les foyers naturels d’hydrogène sont rares. En Albanie, la mine de Bulqizë, l’une des plus grandes mines de chrome de la planète située à 40 kilomètres au nord-est de Tirana, est une nouvelle source d’espoir. Des chercheurs grenoblois y ont trouvé un énorme réservoir d’hydrogène blanc, révèle une étude publiée le 8 février 2024 dans la revue Science. Le gaz miracle y serait présent en quantité suffisante pour offrir une importante source d’énergie propre.

Nous rapportons des mesures directes d’un taux de dégazage élevé de 84 % (en volume) de gaz H² provenant de la mine souterraine profonde de chromite de Bulqizë« , rapporte l’étude. Au minimum 200 tonnes d’hydrogène seraient évacuées chaque année dans ces galeries,« ce qui en fait l’un des débits de H² les plus importants enregistrés à ce jour ». Selon le document, jusqu’à 50 000 tonnes d’hydrogène pourraient se trouver dans le réservoir de la mine.

Référence

HOMESCIENCEVOL. 383, NO. 6683

A DEEP RESERVOIR FOR HYDROGEN DRIVES INTENSE DEGASSING

SCIENCE

8 Feb 2024
Vol 383, Issue 6683
pp. 618-621

DOI: 10.1126/science.adk9099

Editor’s summary

Hydrogen is an attractive alternative to traditional fossil fuels because it can be used to produce energy without generating carbon dioxide as a by-product. However, natural sources of hydrogen are rare and producing it is energy intensive. Truche et al. found a large natural source of hydrogen gas emitting from deep within the Bulqizë chromite mine. This large hydrogen flux is likely from long-term accumulation within a faulted reservoir. Places with similar geology should be good targets for finding other natural sources of hydrogen. —Brent Grocholski

Abstract

Deep crustal production of hydrogen (H2) is a potential source of primary energy if recoverable accumulations in geological formations are sufficiently large. We report direct measurements of an elevated outgassing rate of 84% (by volume) of H2 from the deep underground Bulqizë chromite mine in Albania. A minimum of 200 tons of H2 is vented annually from the mine’s galleries, making it one of the largest recorded H2 flow rates to date. We cannot attribute the flux solely to the release of paleo-fluids trapped within the rocks or to present-day active and pervasive serpentinization of ultramafic rocks; rather, our results demonstrate the presence of a faulted reservoir deeply rooted in the Jurassic ophiolite massif. This discovery suggests that certain ophiolites may host economically useful accumulations of H2

14/02/2024 Pourra-t-on un jour expliquer toutes les étrangetés du monde quantique?

Cet article est la traduction résumée et discutée de « Where quantum weirdness hides » de Tom Rivlin, New Scientist 3 february 2024, p. 39

Comment les particules quantiques qui se trouvent dans un nuage d’états possibles, peuvent-elles donner naissance au monde solide et bien défini dans lequel nous vivons ?

La réponse à cette question se trouve-t-elle dans la thermodynamique, comme le pensait le physicien autrichien Ludwig Boltzmann au 19e siècle ? Cette théorie était centrée sur l’entropie qui cherche à mesurer le niveau de désordre dans lequel se trouvent les composants du monde.

L’entropie est une grandeur physique qui caractérise le degré de désorganisation d’un système. Introduite en 1865 par Rudolf Clausius, elle est nommée à partir du grec ἐντροπή, littéralement « action de se retourner » pris au sens de « action de se transformer »2. La thermodynamique statistique fournit un nouvel éclairage à cette grandeur physique abstraite : elle peut être interprétée comme la mesure du degré de désordre d’un système au niveau microscopique. Plus l’entropie du système est élevée, moins ses éléments sont ordonnés, liés entre eux, capables de produire des effets mécaniques, et plus grande est la part de l’énergie inutilisable pour l’obtention d’un travail, c’est-à-dire libérée de façon incohérente. Wikipedia

L’entropie explique aussi la mécanique quantique dont les règles ont été développées au début du 20e siècle pour comprendre comment la lumière et la matière peuvent parfois se comporter comme des ondes et parfois des particules . En 1936 Erwin Schrödinger montra comment les traiter d’une façon cohérente dans le cadre mathématique de la fonction d’onde .

Historiquement, la notion de fonction d’onde fut introduite de façon implicite par Louis de Broglie dans sa thèse en 1924. Son nom s’explique par le fait qu’elle revenait à donner à toute particule les propriétés d’interférence typiques d’une onde, généralisant la dualité onde-corpuscule introduite pour la lumière par Albert Einstein. C’est Erwin Schrödinger qui approfondit cette notion, en proposant en 1926 l’équation (portant désormais son nom) qui permet de déterminer la fonction d’onde Wikipedia.

Les lois de la mécanique quantique décrivent avec une grande précision le monde microscopique. Mais elles sont étranges. Elles permettent à une particule d’exister dans plusieurs endroits à la fois, par exemple. Dans le monde macroscopique, on ne voit jamais rien de tel .

Parmi ses concepts, on peut citer la dualité onde corpuscule, la superposition quantique, l’intrication quantique ou encore la non-localité.

De plus, le fait d’observer (mesurer) une particule quantique la reconduit immédiatement dans le monde classique. C’est ce que l’on nomme parfois le measurement mystery. Quel que soit le nombre d’endroits où ait pu se trouver un électron quantique, le fait de l’observer, c’est-à-dire d’interagir avec lui en utilisant n’importe quel instrument le réintroduit immédiatement dans le monde classique.

Des débats pour comprendre cette étrangeté se sont déroulés pendant plus d’un siècle . En 1920, Von Neuman et d’autres physiciens introduisirent l’idée que l’observation faisait s’ « effondrer » la fonction d’onde, en fonction du phénomène dit « réduction du paquet d’ondes » Ceci fut appelé l’interprétation de Copenhague

Elle est basée sur le principe de complémentarité de Bohr. Ce principe tire son inspiration de l’exemple de la théorie de la relativité, dans lequel la solution des contradictions de la mécanique newtonienne avec l’électromagnétisme de Maxwell a consisté à remettre en cause l’existence d’un temps absolu et d’une existence indépendante de l’espace et du temps. De la non-mesure d’un mouvement absolu et de l’existence d’une vitesse limite pour tous les signaux causaux dans l’univers, on en déduisait la vacuité du concept de mouvement absolu, et une fusion de l’espace et du temps en la géométrie de l’espace-temps de Minkowski.

L’effondrement de la fonction d’onde est dit aussi « décohérence ». Dans les années 2000, les physiciens Robert Blume-Koout, alors au California Institute of Technology et Wojciech Zurek du Los Alamos National Laboratory à New Mexico montrèrent que la décohérence ne se produisait pas seulement en laboratoire. Une molécule d’air ordinaire heurtant une particule chargée répandait dans l’environnement toute l’information quantique dont elle était porteuse . Cette information quantique permet la propriété de « superposition », «  deux emplacements en même temps ou « two places at one ». Mais elle permet aussi d’autres curieux effets quantiques, tels que l’intrication grâce à laquelle à tout moment une interaction instantanée entre deux objets quantiques peut s’établir, quelle que soit la distance dans l’univers les séparant.

Les deux physiciens précités affirment que ce sont seulement certains types d’informations qui peuvent être retrouvés après le processus de diffusion résumé ci-dessous . Il s’agit pour eux de l’information classique. L’information quantique est bien là, il est seulement impossible d’y accéder. Ils emploient dans ce cas le terme de darwinisme quantique. Selon ce terme, l’environnement autour d’un objet quantique le sélectionne comme le mieux à même de porter et diffuser le message quantique. Mais jusqu’à ce jour les détails de ce processus étaient restés vagues.

C’est ici qu’intervient l’auteur de l’article et son groupe de travail. Leur hypothèse est que chaque étape du processus décrit ci-dessus peut être au mieux expliqué par la thermodynamique. Ils s’intéressent à ce que deviennent les états quantiques quand apparemment ils disparaissent, question que ne se pose pas le darwinisme quantique.

Or pour eux la thermodynamique propose des réponses à cette question. A ses yeux, l’énergie ne peut pas être créée ou détruite. Par ailleurs, l’univers devient de plus en plus désordonné avec le temps. Or le concept de mesure semble contredire ce qui précède. elles sous-entend une destruction de l’information. Quand une particule se trouvant simultanément dans deux emplacement se retrouve dans un seul emplacement, que devient l’information concernant l ‘autre emplacement ? Pour répondre à ces questions et à d’autres de même, ils élaborèrent un cadre de réflexion qu’ils nommèrent « MEH, measurement equilibration hypothesis » 

MEH décrit la mesure comme un processus dans lequel un objet quantique interagit avec un instrument de mesure. L’instrument de mesure n’est pas nécessairement un instrument au sens propre, mais tout objet non quantique en relation avec l’objet quantique. Ce processus permet à l’information quantique de diffuser dans l’instrument jusqu’à ce qu’un point d’équilibre soit atteint.

L’article dont on trouvera ci-dessous les références est l’un des deux articles publiés sur ce sujet. Ils sont tous deux soumis à relecture par leurs pairs.

Il faudra attendre la discussion de ces articles pour juger de leur pertinence. On notera seulement qu’ils pourraient commencer à expliquer d’une façon scientifiquement discutable toutes les interprétations dites du monde multiple

Référence

[Submitted on 22 Feb 2023]

Quantum measurements and equilibration: the emergence of objective reality via entropy maximisation

Emanuel SchwarzhansFelix C. BinderMarcus HuberMaximilian P. E. Lock

Textbook quantum physics features two types of dynamics, reversible unitary dynamics and irreversible measurements. The latter stands in conflict with the laws of thermodynamics and has evoked debate on what actually constitutes a measurement. With the help of modern quantum statistical mechanics, we take the first step in formalising the hypothesis that quantum measurements are instead driven by the natural tendency of closed systems to maximize entropy, a notion that we call the Measurement-Equilibration Hypothesis. In this paradigm, we investigate how objective measurement outcomes can emerge within an purely unitary framework, and find that: (i) the interactions used in standard measurement models fail to spontaneously feature emergent objectivity and (ii) while ideal projective measurements are impossible, we can (for a given form of Hamiltonian) approximate them exponentially well as we collect more physical systems together into an « observer » system. We thus lay the groundwork for self-contained models of quantum measurement, proposing improvements to our simple scheme.

Comments:7+6 pages, 1 figure
Subjects:Quantum Physics (quant-ph)
Cite as:arXiv:2302.11253 [quant-ph]
 (or arXiv:2302.11253v1 [quant-ph] for this version)

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12/00/2024 Félicitations, Vladimir Poutine et Tucker Carlson, sans oublier Elon Musk: un pic d’audience

L’entretien télévisé entre Vladimir Poutine et le journaliste politique conservateur américain Tucker Calson, diffusée mondialement par la chaine SpaceX d’Elon Musk, a été suivi, compte tenu des rediffusions, par plus de 100 millions d’auditeurs pour les seuls Etats-Unis. Les chiffres manquent à cette heure concernant l’Europe, mais sont probablement dans cet ordre de grandeur.

Poutine y a été excellent. Répondant simplement et clairement, parfois non sans humour, à toutes les questions de son interlocuteur, il s’est montré bien loin du portrait fait de lui par les médias occidentaux, c’est-à-dire prêt à utiliser l’arme atomique pour conquérir le monde. De son côte Tucker Carlson n’a pas hésité à poser des questions supposées gênantes, mais avec courtoisie; . tel un diplomate professionnel. Il a honoré les Etats-Unis, au moment ou Joe Biden, en pleine confusion mentale, les ridiculisait.

Quant à Elon Musk, bien décidé à remplacer, y compris dans l’espace interplanétaire, tous les médias occidentaux, il a montré qu’il en était digne.

https://www.watson.ch/fr/international/etats-unis/467942820-interview-de-poutine-sur-x-voici-ce-qui-s-y-est-dit

11/02/2024. Des galaxies massives apparues peu après le Big Bang

Six points rouges brillant dans le ciel représentent autant de galaxies prises en photos par le télescope James-Webb lors d’une de ses premières observations effectuées en juillet 2022. Elles se trouvent dans l’univers à ses débuts, étant apparues environ 600 millions d’années après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années. Le point remarquable est qu’elles ne sont pas conformes aux hypothèses concernant les débuts de l’univers.

Ces galaxies semblent massives. Elles dépassent toutes la masse (le poids) de 10 milliards de notre Soleil. L’une d’entre elles atteint même les 100 milliards de Soleils, ce qui la rapproche de la taille de la Voie Lactée, beaucoup plus massive car plus récente.

Pour évaluer la masse, on observe la lumière qui émane des galaxies. La lumière provient des étoiles. Plus elles sont nombreuses, plus une galaxie est considérée comme massive. 

Or de telles galaxies géantes débordant d’étoiles ne devraient pas se trouver aussi près des débuts de l’univers, Selon le modèle standard de création des galaxies , pour amasser la matière nécessaire à la formation des étoiles, il faut du temps, au moins 1 milliard d’années après le Big Bang.

De plus le halo rouge des galaxies apparaissant sur les images prises par le télescope James-Webb devrait plutôt être bleu. Une galaxie jeune aura une couleur bleue, tandis qu’une plus vieille sera rouge », précise François Hammer, astrophysicien à l’Observatoire de Paris et qui vient de publier « Voyage de la Terre aux confins de l’Univers » (éd. Odile Jacob).

Là encore, des galaxies qui se trouvent aussi loin dans le temps et l’espace ne devraient pas avoir eu le temps de développer des étoiles matures. Ceci dit, pour en être assuré, il faudra attendre les observations du spectrographe NIRSpec du télescope James-Webb. Il s’agit d’un appareil pouvant automatiquement fixer le décalage spectral ou décalage vers le rouge qui correspond aux objets lointains afin d’avoir une estimation plus précise de la distance.

Pour l’instant, les auteurs de l’étude ont utilisé une méthode par colorimétrie en appliquant différents filtres permettant de se faire une idée de la distance. C’est une approche plus artisanale fréquemment utilisée, mais dont les résultats sont à prendre avec davantage de prudence.

Le rouge synonyme de grande distance peut aussi être lié à d’autres facteurs. Le spectre d’une galaxie se situe dans les infrarouges, notamment s’il est rougi par la poussière spatiale. La poussière absorbe le bleu, ce qui fait qu’une planète très poussiéreuse aura une signature beaucoup plus rouge

Il se peut aussi que ces galaxies ne soient pas aussi massives qu’elles n’y paraissent, notamment si elles contiennent des trous noirs supermassifs. Ces phénomènes, appelés « quasars », font rayonner fortement les gaz tombant sur eux, évoquant une présence étoiles en grande quantité. Dans cette hypothèse, il ne faudrait plus autant d’étoiles pour expliquer la luminosité de ces galaxies.

On notera que les premières observations du télescope James-Webb suggèrent que les galaxies plus jeunes n’ont pas forcément les propriétés qu’on leur prêtait jusqu’alors. Il y a ainsi des indices qui suggèrent que les étoiles formées aux premiers temps de l’univers pouvaient émettre beaucoup de lumière sans être aussi massives.

Enfin, il faut rappeler que les hypothèses concernant l’existence ou la nature du Big Bang sont loin d’être définitives. Certains auteurs envisagent la possibilité d’une succession de Bangs, certains Big, d’autres pas.

https://www.france24.com/fr/%C3%A9co-tech/20230226-espace-james-webb-et-les-galaxies-improbables

Référence

Nature  616, 266–269 (2023)

Galaxies with stellar masses as high as roughly 1011 solar masses have been identified1,2,3 out to redshifts z of roughly 6, around 1 billion years after the Big Bang. It has been difficult to find massive galaxies at even earlier times, as the Balmer break region, which is needed for accurate mass estimates, is redshifted to wavelengths beyond 2.5 μm. Here we make use of the 1–5 μm coverage of the James Webb Space Telescope early release observations to search for intrinsically red galaxies in the first roughly 750 million years of cosmic history. In the survey area, we find six candidate massive galaxies (stellar mass more than 1010 solar masses) at 7.4 ≤ z ≤ 9.1, 500–700 Myr after the Big Bang, including one galaxy with a possible stellar mass of roughly 1011 solar masses. If verified with spectroscopy, the stellar mass density in massive galaxies would be much higher than anticipated from previous studies on the basis of rest-frame ultraviolet-selected samples.

10/02/2024 Les crimes sexuels du Hamas. Merci à Paris Match d’oser en parler

Nous lisons dans le Paris-Match du 7 février 2024, à la signature de Emmanuel Razavi, envoyé spécial en Israël

Crimes sexuels du 7 février du Hamas : enquête sur l’attaque du 7 octobre (1/2)

https://www.parismatch.com/actu/international/crimes-sexuels-du-hamas-enquete-sur-lattaque-du-7-octobre-1/2-234381

Le 7 octobre, les Israéliennes ont été les cibles privilégiées des terroristes. Les experts soupçonnent des viols systématiques que le Hamas nie. Sur des corps souvent calcinés, difficile de trouver des preuves. Mais nos reporters ont recueilli des témoignages précis sur l’ampleur de la cruauté déployée ce jour-là. Premier volet de notre enquête sur les violences sexuelles commises par le Hamas.

Un second volet est à suivre

Notre grand merci à Paris-Match.

Ces faits sont aujourd’hui plus que prouvés. Les bombardement dans la bande de Gaza faits par Israël en retour n’ont aucun rapport. Il ne s agit que d’actes de guerre.

Les supplices infligées par des hommes à de jeunes femmes, souvent des adolescentes, dépassent en horreur les crimes accomplis par la Gestapo dans les camps d’extermination allemands de la seconde guerre mondiale.

Le silence encore fait en France sur ces sujets par de bonnes âmes compréhensives n’a aucune excuse.

On me dit: « il n’y a pas de silence en France. Tout le monde le sait »…Tout le monde le sait, peut-être…mais que ceci soit écrit par un journal de grande diffusion comme Paris-Match change un peu la donne.

Pour plus d’information, voir

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agressions_sexuelles_lors_de_l%27attaque_du_Hamas_contre_Isra%C3%ABl

10/02/2024 Un nouvel océan d’eau liquide découvert dans le système solaire

Les découvertes d’océans d’eau liquide dans des planètes du système solaire vont-elles se faire de plus en plus nombreuses?

Aujourd’hui ce serait une des lunes de Saturne nommée Mimas qui recèlerait un océan. Celui-ci se trouverait à une profondeur de 20 à 30 km sous un sol glacé couvert de cratères dus aux impacts de météorites.

Ces données ne proviennent pas d’études directes de Mimas aujourd’hui encore impossibles, mais d’analyses détaillées des résultats d’observations et de simulations faites par le robot spatial Cassini de la Nasa chargé d’étudier le système global résultant des trajectoires orbitales de la géante gazeuse Saturne et de ses célèbres anneaux. 

Ceci étant, la présence d’océans sur des petites planètes ou lunes situées dans les zones habitables du système solaire est un indice très favorable dans la recherche de la vie extraterrestre, fut-ce sous des formes simples telles que protovirales.

Référence

A recently formed ocean inside Saturn’s moon Mimas

Nature 

volume626, pages 280–282 (2024=

Abstract

Moons potentially harbouring a global ocean are tending to become relatively common objects in the Solar System1. The presence of these long-lived global oceans is generally betrayed by surface modification owing to internal dynamics2. Hence, Mimas would be the most unlikely place to look for the presence of a global ocean3. Here, from detailed analysis of Mimas’s orbital motion based on Cassini data, with a particular focus on Mimas’s periapsis drift, we show that its heavily cratered icy shell hides a global ocean, at a depth of 20–30 kilometres. Eccentricity damping implies that the ocean is likely to be less than 25 million years old and still evolving. Our simulations show that the ocean–ice interface reached a depth of less than 30 kilometres only recently (less than 2–3 million years ago), a time span too short for signs of activity at Mimas’s surface to have appeared.