25/02/2024 Généraliser l’électrolyse de l’eau

L’électrolyse de l’eau pour en obtenir de l’hydrogène vert devra dorénavant être réalisée à grande échelle pour répondre aux besoins. Il n’est pas question de faire appel à l’électricité, sauf si celle-ci était produite comme en France dans des centrales nucléaires utilisant la fission, en attendant la future fusion, bien plus économique et sans retombées.

NB. Encore faudra-t-il que des réserves d’eau soient disponibles pour ce faire – ce qui ne sera pas assuré avec le réchauffement climatique.

Aujourd’hui, l’intérêt se porte sur ce que l’on nomme des photocatalyseurs. Ceux-ci font appel à des oxydes métalliques réagissant à la lumière solaire. Les oxydes métalliques sont des matériaux composés d’anions oxyde et de cations métalliques. Le dioxyde d’étain, le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc en font partie.  ..

La photocatalyse peut être utilisée dans la production d’hydrogène H2 (par exemple, via la séparation de l’eau ou le photo-reformage de substrats organiques), la réduction du CO2, l’atténuation de la pollution et l’assainissement de l’eau ou de l’air via l’oxydation (photodégradation) des polluants. Le dioxyde de titane (TiO2) est un photocatalyseur « de référence », grâce à de nombreuses caractéristiques favorables.

Des scientifiques de la Pennsylvania State University ont recherché de nouveaux candidats prometteurs pour l’industrialisation de la photocatalyse. . Pour ce faire, ils ont utilisé une base de données intéressant 109 oxydes métalliques qui n’avait pas été constituée dans ce but. Ils ont trouvé neuf candidats représentant un compromis possible. Compte tenu du fait que leurs propriétés photocatalytique sont instables dans l’eau ils suggèrent de constituer un cœur moléculaire protégé par une enveloppe imperméable.

Référence

A Sunny Path to Green Hydrogen

Michael Schirber, Corresponding Editor for Physics Magazine based in Lyon, France.
February 13, 2024• Physics 17, s21
https://physics.aps.org/articles/v17/s21

29/02/2024 Le futur supersonique commercial américain X-59. A quand un remplaçant français du Concorde ?

Les initiés n’ignorent pas que le lobby militaro-industriel supportait mal le succès technologique et commercial du supersonique franco-britannique Concorde. Celui-ci fut exploité entre 1976 à 2003  jusqu’à l’accident qui entraina son retrait du service. Ils obligèrent notamment le Concorde à ne voler sur le mode supersonique qu’au dessus des océans, à cause de son « bang » qui incommodait les populations alors que les mêmes supportent avec philosophie les innombrables bangs produits par les supersoniques de l’US Air Force.

Aujourd’hui, la Nasa vient de présenter un avion supersonique référencé X-59 dont le lancement est prévu pour 2024. Sa spécificité est qu’il serait capable d’atteindre cette vitesse sans produire de bang. Il volerait à 17 000 mètres d’altitude et n’émettrait qu’un bruit « sourd et discret », semblable « une porte de voiture qu’on claque ».

Les premiers vols d’essais prévus se feront au-dessus des États-Unis. Les populations concernées seront prévenues et seront invitées à livrer leurs impressions sur le bruit entendu, afin de vérifier si le côté « silencieux » est conforme aux exigences d’origine (en dessous de 75 décibels). Si les tests sonores sont concluants, le X-59 pourra en trer en service commercialement

La NASA a déclaré en août avoir identifié des marchés potentiels sur une cinquantaine de routes aériennes pour rentabiliser cet investissement et déstabiliser la concurrence.

Dans ces conditions, pourquoi la France, associée éventuellement avec l’Allemagne ne relancerait-elle pas un Concorde modernisé ? Airbus dispose de toutes les techniques et les dossiers nécessaires. Le nouveau Concorde devrait pouvoir tenir les délais de son concurrent américain.

Ajoutons que dans la perfective d’exploitation d’orbites subspatiales ou spatiales par l’Esa , les engins nécessaires pourraient bénéficier d’ne grande partie de ce savoir-faire.

Références

Concorde https://fr.wikipedia.org/wiki/Concorde_(avion)

X59 https://fr.wikipedia.org/wiki/Lockheed_Martin_X-59_QueSST#Descriptif_technique

24/92/2024 Premier succès d’ampleur du JWST

Grace au James Webb Space Télelescope, une équipe d’astronomes dirigée par le Pr Claes Fransson (Stockholm University, Sweden) et le Pr Mike Barlow de l’University College London vient de découvrir la preuve de l’existence d’une étoile à neutrons récente au coeur de la Supernova 1987A.

Une étoile à neutrons est un astre principalement composé de neutrons maintenus ensemble par les forces de gravitation. De tels objets sont le résidu compact issu de l’effondrement gravitationnel du cœur de certaines étoiles massives lorsque celles-ci ont épuisé leur combustible nucléaire. Wikipedia

Les supernovas quant à elles proviennent du heurt entre 2 étoiles ayant 8 à 10 fois la masse du soleil . Du fait de la chaleur dégagée, elles sont la principale source de la synthèse des éléments chimiques indispensables à la vie tels que le carbone, l’oxygène, le silicium et le fer. Sans l ‘existence des supernova, la vie n’aurait jamais pu apparaître sur Terre, dans un univers primitif principalement composé d’hydrogène et d’hélium.

Cette supernova, située dans le Grand Nuage de Magellan, une galaxie naine voisine de la nôtre, à une distance de 160.000 années-lumière, est la plus brillante constatée depuis 400 ans. Des neutrinos, les plus petites particules sub-atomiques connues, avaient été produits à cette occasion et détectés sur Terre le 23 février 1987. Mais leur source n’avait pas alors été mise en évidence.

Selon les modélisations réalisées par les deux auteurs de la découverte, la température externe de l’étoile à neutron était de 100 millions de degrés au moment de la collision.

Référence

https://www.ucl.ac.uk/news/2024/feb/newly-born-neutron-star-detected-nearby-supernova

23/02/2024. Mourir seul chez soi dans l’indifférence générale

Une récente étude révèle qu’au Royaume-Uni, le nombre de personnes décédées seules et inaperçues à leur domicile augmente depuis 1980.

Depuis les années 1980, l’Angleterre et le Pays de Galles connaissent une hausse du nombre de personnes retrouvées longtemps voire très longtemps après leur décès, rapporte le Guardian.

Certes la pandémie associée au Covid 19 a provoqué un accroissement des décès dans les populations fragiles. Mais le phénomène des personnes âgées retrouvées mortes à leur domicile longtemps après leur décès n’est pas nouveau et ne cesse d’augmenter.

Inutile d’ajouter que le Royaume Uni n’a pas le monopole de cette situation. Les cas relatés dans d’autres Etats européens pourtant dotés pour certains d’un régime de sécurité sociale dit généreux par les gouvernements sont sans doute aussi nombreux. Mais personne n’en parle.

En fait seuls n’intéressent que les cas d’animaux de compagnie retrouvés morts de faim et de soif au pied du lit de leur propriétaire.

https://www.theguardian.com/society/2023/nov/22/rising-numbers-of-people-found-long-after-death-in-england-and-wales-study

23/02/2024. Sous-marins nucléaires. L’Australie attendra encore un peu

On se souvient que l’Australie avait mis à mal ses relations militaires et commerciales avec la France en rompant en 2021 un projet de contrat avec l’industriel français Naval Group pour la fourniture de sous-marins conventionnels, Canberra préférant désormais construire des sous-marins à propulsion nucléaire avec l’aide de technologies américaines et britanniques.

L’ancien gouvernement conservateur australien avait brusquement annulé un contrat de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros) pour des sous-marins du groupe français Naval Group, lui préférant des sous-marins à propulsion nucléaire (SNLE) britanniques ou américains, dans le cadre d’une alliance stratégique baptisée Aukus.

Dès 2020, des discussions au niveau technique étaient en cours entre l’Australie et Washington, avait révèle Scott Morrison, alors Premier ministre, inquiet d’éventuels retards dans la production des sous-marins français et de la menace grandissante de la Chine dans le sud de la mer de Chine. Le programme de sous-marins à propulsion nucléaire et l’alliance Aukus avaient finalement été lancés officiellement en mars dernier.

Du côte français, la découpe de la première tôle du premier des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins qui remplaceront, à partir de 2035, les unités de la classe Triomphant, devrait avoir lieu en mars 2024, sur le site cherbourgeois de  Naval Group dans la Manche. Quant aux sous-marins conventionnels de la marine française, en dehors de dépenses normales de maintenance, il n’y à rien à leur reprocher.

Juste retour des choses, la presse australienne s’interroge désormais sur les conséquences du choix de Canberra de s’allier avec les Etats-Unis et le Royaume -Uni.

Désormais, entre les coûts induits et non induits, la somme de 350 milliards de dollars est évoquée pour Canberra sur le long terme…Dans un récent article, nourri par plusieurs rapports américains et britanniques, le site Strategic Analysis Australia évoque même le risque d’une impasse industrielle. Voir https://strategicanalysis.org/awkward-truths-about-us-and-uk-aukus-challenges/

22/02/2024 Les trous blancs recrachent la matière dont était fait l’univers passé.

C’est en ce sens que l’on voit en eux l’inverse des trous noirs. On les compare parfois à un homme trop gourmand qui aurait mangé en excès ce qu’il y avait dans votre assiette, puis qui s’étant donné la nausée vomit dans cette même assiette l’excès de nourriture qu’il avait absorbé.

Il existe des équations décrivant un objet pénétrant dans un trou noir, elles sont dite équations d’Einstein. A l’inverse, par renversement de la valeur temps, ces mêmes équations peuvent décrire un objet sortant de l’inverse d’un trou noir, c’est-à-dire d’un trou blanc. L’existence des trous noirs à longteps été niée. Aujourd’hui elle es très généralement admise. Ce n’est pas encore le cas concernant les trous blancs. Chacun connait la plaisanterie, « ces trous blancs, c’est troublant ».

Il est impossible d’échapper à un trou noir. Il en est de même pour pénétrer dans un trou blanc. En fait les trous blancs ne sont qu’une hypothèse, qui remonte aux années soixante. Elle a été remise en vogue par le physicien italien bien connu, Carlo Rovelli , qui travaille à l’université d’Aix Marseille. Il vient d’ailleurs de leur consacrer un ouvrage intitulé simplement « Trous blancs », chez Flammarion, dont nous conseillons la lecture. Celui-ci s’inscrit dans son hypothèse de la gravitation quantique à boucles.visant à réconcilier la théorie de la relativité générale et la physique quantique.

D’un point de vue astrophysique, les deux phénomènes, trous noirs et trous blancs, ont un statut différent. Contrairement aux trous noirs, les trous blancs n’ont jamais été observés de façon instrumentale. De plus, les grands trous blancs, dits macroscopiques, seraient instables. Cependant, dans un trou noir comme dans un trou blanc, le seul mécanisme connu pour expliquer le formation de ce type d’astre est l’effondrement gravitationnel d’une étoile ayant au moins trois fois la masse solaire. La concentration de matière et d’énergie y devient telle qu’il finit par former une singularité où la densité d’énergie tend vers l’infini tandis que l’espace s’étire comme un filament sans fin.

Mais ces infinis n’ont pas de traduction physique. C’est là qu’intervient la gravitation quantique à boucles de Carlo Rovelli. Celle-ci postule que l ‘espace ne peut être divisé à l’infini.. Il ne serait pas possible de descendre sous -1puissance 34 mètre. Lorsque l’étoile en effondrement atteint ces échelles, le cours du temps s’inverse et l’étoile en question « rebondit ». C’est ainsi que des trous noirs pourraient devenir des trous blancs.

19/02/2024 Vers une nouvelle théorie du tout (Theory of Everything)

Cet article est une traduction et une adaptation de celui de Michaël Brooks dans le Newscientist du 10 février 2024 The shape of reality

La théorie du tout est une théorie physique susceptible de décrire de manière cohérente et unifiée l’ensemble des interactions fondamentales. Une telle théorie n’a pas encore été découverte à l’heure actuelle, principalement en raison de l’impossibilité de trouver une description de la gravitation qui soit compatible avec le modèle standard de la physique des particules. Celles-ci est le cadre théorique utilisé pour la description des trois autres interactions connues (électromagnétismeinteraction faible et interaction forte). Wikipedia

Découvrir la théorie du tout est le but ultime de la physique et plus généralement de toutes les sciences. Selon un mot de Stephen Hawking, ce serait trouver l’esprit de Dieu. Si bien qu’espérer la découvrir est généralement considéré comme irréaliste. A ce jour, découper la réalité en morceaux toujours plus fondamentaux n’a guère réussi.

Il n’empêche que beaucoup de théoriciens y travaillent encore, Les retombées scientifiques et philosophiques d’un succès en ce domaine seraient si importants que peu y renoncent.  Mais aujourd’hui certains s’orientent vers une nouvelle approche. Comme une théorie du tout doit prendre en compte les divers aspects de la réalité , en incluant l’espace et le temps, ils considèrent qu’il faut adopter l’approche la plus basique possible, c’est-à-dire faire appel à l’abstraction géométrique .

L’abstraction géométrique est une forme d’art abstrait basée sur l’utilisation de formes géométriques parfois, mais pas toujours, placées dans un espace non illusionniste et combinées dans des compositions non objectives (non figuratives). Wikipedia

Peter Woit, mathématicien à l’Université Columbia, New-York, l’a bien compris. Nos meilleures théories, selon lui , sont déjà profondément géométriques. La physique des décennies précédentes s’en était rendu compte. La Relativité Générale d’Einstein explique comment des objets massifs déforment l’espace-temps et produisent la gravité. La physique quantique caractérise de façon incomparable les comportements de la nature aux plus petites échelles. La cosmologie moderne rend compte de la façon dont l’univers est apparu et a évolué. La thermodynamique montre comment la chaleur et l’énergie coopèrent pour créer le mouvement.

Cependant ces différentes disciplines se présentent comme des mondes séparés traitant d’aspects différents de la réalité. Au contraire, une théorie du tout devrait offrir un cadre unique dans lequel ces diverses disciplines coopéreraient. Au mieux, il s’agirait d’une seule équation. De plus, cette équation devrait préciser la nature de l’énergie noire et de la matière noire dont on pressant mais sans pouvoir le préciser, le rôle fondamental. Or cet adjectif de noire symbolise notre ignorance à leur égard.

Pourrait-on dire que la nouvelle démarche devrait être  réductionniste, au sens où le réductionnisme cherche à découvrir les composants les plus élémentaires de toutes choses. Mais c’est déjà le cas. Aujourd’hui ont été mis en évidence les atomes, les protons , les quarks, tous ayant permis de construire le « modèle standard des particules élémentaires ». Désormais on peut ajouter à cette liste un tetraquark exotique récemment découvert au CERN c’est-à-dire un hadron composé de deux quarks et de deux antiquarks. Les physiciens lui ont conféré le nom de Tcc+.

A l’opposé du réductionnisme, beaucoup considèrent que pour découvrir le fondement ultime de la réalité il faut faire appel à une approche dite « unification ». Celle-ci est pratiquée depuis longtemps. Elle montre que deux domaines que l’on croyait séparés sont en fait les mêmes. Ainsi en est-il du magnétisme et de l’électricité unifiés dans l’électromagnétisme, ou de l’espace et du temps unifiés dans l’espace-temps.

En poussant l’unification plus loin, ne pourrait-on pas aboutir à une « grande théorie unifiée ». Celle-ci ne serait pas très différente de la théorie du tout évoquée au début de cet article. Elle ne pourrait pas sans doute permettre de comprendre l’énergie noire, mais elle nous en rapprocherait.

Aujourd’hui, la démarche d’unification est souvent envisagée. Ainsi la Théorie des Cordes n’est pas loin de la M-Theory qui unifie les divers aspects de la Théorie des Supercordes. Celle-ci pourrait être considérée comme la phase ultime du réductionnisme précité. Elle postule qu’il n’existe pas une description unique de l’univers, mais 10 puissance 500 possibilités de descriptions différentes, plus qu’il y a d’atomes dans notre univers.

Quelquefois les deux approches peuvent se conjuguer. Le Théorie des Cordes et sa parente la M-Theory sont les meilleures candidates pour une théorie finale qui serait le sommet à la fois de l’unification et du réductionnisme. Pour elle les composants premiers de la réalité ne seraient pas des quarks mais des cordes unidimensionnelles (one-dimensional strings), pourtant difficiles à imaginer. Celles-ci avaient suscité l’enthousiasme au début du 20e siècle du fait qu’elles rapprochaient de l’unification. Elles paraissaient être des particules semblant proposer une version quantique de la gravité.

Cependant la théorie des cordes a ensuite déçu. Elle conduisait à un univers pouvant être décrit de 10puissance500 façons différentes, plus qu’il ne semble y avoir d’atomes dans l’univers.

Devant ce flou, de plus en plus de physiciens considèrent qu’ils doivent approcher la question autrement, d’une façon encore plus basique, c’est-à-dire par la géométrie. La géométrie étudie les relations entre les lignes, les surfaces et les bordures . Il n’est pas nécessaire que celles-ci existent sous une forme physique.

Un des domaines de la géométrie abstraite est connu sous le nom de amplituhèdron ou amplituhèdre, qui semble pouvoir décrire convenablement un ensemble de particules physiques fondamentales. L’amplituhédron devrait ainsi permettre de reformuler les lois fondamentales de la nature dans un langage géométrique, selon Jaroslav Trnka de l’Université de Californie, un des pères de la théorie de l’amplituhédron.

Recourir à la géométrie permet d’éviter de faire appel aux mathématiques complexes de la  théorie quantique des champs, QFT. Cependant l’amplituhèdron n’est pas aussi fondamental qu’il apparaît. Il est construit en utilisant différents composants géométriques dont l’un est un « twistor » . La théorie du twistor avait été proposée en 1967 par Roger Penrose pour conduire à l’étude de la gravité quantique. Les twistors peuvent être décomposés mathématiquement en spinors, spinor gauche ou spinor droit.

Peter Woit pour sa part utilise les twistors et les spinors pour jeter les fondations d’une future théorie du tout. Il décrit l’espace et le temps en utilisant des vecteurs qui représentent des instructions mathématiques pour se déplacer d’un point à un autre dans l’espace et le temps. Ces vecteurs sont le produit de deux spinors.

Après essais, Woit a crée l’espace-temps en utilisant deux copies des mêmes spinors droits. Il a découvert ensuite que ceci donnait aux spinors de gauche la possibilité de créer des particules relevant de la physique des particules.

Dans la théorie quantique des champs, qui est une approche en physique théorique pour construire des modèles décrivant l’évolution des particules, notamment leur apparition ou disparition lors des processus d’interaction, les spinors sont utilisés pour décrire les fermions qui sont des particules de la matière ordinaire. Aussi cette intrusion dans la géométrie des spinors pourrait, comme l’espère Woit, conduire à une loi décrivant la « sainte trinité » de l’espace, du temps et de la matière. Derrière celle-ci pourraient peut-être apparaître des descriptions de la matière noire. 

Pour d’autres physiciens, la théorie des cordes ne doit pas être abandonnée trop vite. Mais tous reconnaissent que derrière ses hypothèses actuelles, la quête pour la théorie du tout est plus basée sur l’intuition que sur des faits . Pour la physicienne Renate Loll de l’Université Radbout en Hollande, il n’est pas certain que l’on puisse trouver une formule miracle d’où découleraient des réponses à toutes les questions. Elle propose cependant une approche dite Triangulations Dynamiques Causales CDT . Pour la CDT, le temps permet la notion de causalité, c’est-à-dire l’exigence que la cause précède l’effet. Dans les calculs de Renate Loll, l’intégrale de chemin suggère que l’univers que nous voyons est en réalité une combinaison quantique de toutes les formes possibles de l’espace-temps.

Renate Loll connecte en effet des triangles et des tetrahédons pour créer une surface avec une courbure comparable à celle de l’espace-temps d’Einstein. Elle complète cela par un schéma mathématique qui donne une structure de type cause à effet aux évènements qui surviennent dans son espace-temps afin de refléter la causalité que l’on constate dans notre propre univers.

Loll convient du fait qu’il serait possible de retrouver ainsi certains traits de la théorie quantique. Mais son approche est plus sophistiquée. Elle utilise un espace-temps multicouche qui pourrait aider à simuler l’approche de la physique quantique voire à terme d’envisager des expériences en relation avec la CMB primordiale ( cosmic microwave background radiation  ).

Le mathématicien danois Jesper Moller Grimstrup vient de proposer, avec le mathématicien allemand Johannes Aastrup, une approche algébrique dite quantum holonomy-diffeomorphism QHD . Il en déduit un espace de configuration, configuration space. Celui-ci comporte un nombre infini de dimensions et contient les différentes façons dont certains objets , désignés comme stuff, peuvent être déplacés dans cet espace. En physique et plus particulièrement en mécanique classique et en mécanique statistique, l’espace de configuration d’un système physique est l’ensemble des positions possibles que ce système peut atteindre. Wikipédia

Les espaces de configuration ne sont pas des idées nouvelles. Ce qui est nouveau, selon Grimstrup et Aastrup, est la façon dont nous analysons la configuration de cet espace. Ils y ont retrouvé les signatures de fermions encodées dans la géométrie de cet espace.

Plus excitant, selon eux, est que la vision de la gravité telle que conçue par Einstein y apparaît aussi. Mais elle n’y apparait pas comme élément fondateur. Elle y apparaît comme émergente. Ceci sera vérifié dans les prochains mois.

Ajoutons que la géométrie QHD donne naissance à un phénomène appelé « Dynamical ultra-violet regularisation » Voir arXiv:2309.06374v3 [hep-th] 24 Oct 2023. Celle-ci ne se manifeste que des conditions très énergétiques comme celles des trous noirs. Elle travaille à l’opposé de la gravité. Serait-il possible que cette force anti-gravité puisse expliquer l’énergie noire qui semble accélérer l’expansion de l’univers?

En résumé, les deux auteurs ont posé les mathématiques de cet espace vide et en ont vu émerger spontanément les bases de ces deux piliers fondamentaux de la physique que sont la théorie quantique des champs et la relativité générale. Il ne s’agit pas d’une théorie générale mais des bases de ce que pourrait être celle-ci, une fois qu’elle serait mieux approfondie

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18/02/2024 Tout savoir sur l’Intelligence Artificielle et les technologies de l’information grâce à l’Armée de l’air et de l’Espace française

Quand on fait voler des Rafales qui restent les meilleurs avions de combat du monde, quoi que l’on en pense, il faut tout savoir sur l’IA avancée et les dernières générations de Technologies de l’information.

C’est ce qu’à compris depuis longtemps l’Armée de l’Air et de l’Espace française.

Mais cette institution n’a pas le savoir égoïste. Elle partage ses compétences et ses informations avec le grand public francophone.

Voyez

La Revue Vortex https://www.calameo.com/cesa/read/00694028836ec273548b7

Le Centre d’étude stratégique de l’armée de l’air et de l’espace https://air.defense.gouv.fr/cesa

Rappelons que pour l’avenir, l’enjeu annoncé est l’avion hypersonique et furtif. Ainsi  l’US Air Force annonce avoir fait voler le démonstrateur d’un nouvel avion de combat développé secrètement dans le cadre du programme Next Generation Air Dominance (NGAD) et ouvrirait ainsi l’ère des appareils de combat hypersoniques et furtifs

Rassurons nos lecteurs, la France, avec ou sans l’Allemagne, mais avec Dassault, aura sa version.

17/02/2024 Face à la Russie, que peuvent faire les Européens en matière d’armement ?

Les gouvernements européens s’engagent actuellement dans des dépenses militaires de plus en plus lourdes. Celles-ci se font au détriment de la recherche scientifique , fondamentale et appliquée, civile et militaire, dont les budgets sont en réduction constante, notamment dans le domaine spatial. Faut-il y consentir ou compter sur la bienveillance intéressée du lobby militaro-industriel américain ?

Les difficultés actuelles de la Russie face à l’armée ukrainienne commandée avec beaucoup de courage et de dextérité par le jeune président Volodomir Zelensky et son état-major pourrait les rassurer. Les Russes subissent autant de pertes humaines qu’ils en infligent. Les routes sont bordées de dizaines d’épaves de leurs chars abandonnés par leurs équipages après avoir reçu un coup au but ou sauté sur une mine (russe).

Dans le domaine nouveau des drones de combat lanceurs de missiles, les matériels ukrainiens payés par une généreuse aide occidentale maîtrisent les airs, malgré une forte présence russe. Quant à ce que l’on sait du moral des militaires russes, recrutés à la hâte et sans formation suffisante, pleurant dans leurs téléphones portables au su de tout le voisinage, il n’est guère rassurant.

La Russie posséde évidement un puissant arsenal nucléaire, y compris dans le nucléaire de proximité. Il en est de même des autres armes de destruction massive, notamment bactériologiques. Mais dans un champ de bataille aussi réduit que l’est l’Europe du nord, il suffit d’un simple retournement de vent pour que la destruction massive soit aussi celle de l’envoyeur.

Inutile d’ajouter que la puissante flotte russe de la Mer Noire, au train actuel, face aux drones navals ukrainiens, il n’en restera bientôt plus grand chose.

On dira que le grand allié chinois est prêt à voler au secours de la Russie. Mais vu les distances géographiques, cela ne se fera pas très vite.

Ceci dit, si les Européens continuent à compter sur les Etats-Unis pour assurer leur défense, ils seront vite dans l’état actuel de déliquescence de la Russie. Il faut donc qu’ils ne renoncent pas à leurs industries militaires, quitte à ne pas utiliser cet armement. C’est ce que fait la France avec son programme Rafale.