13/12/2023 Une autoroutes pour les dinosaures polaires

En Alaska, des traces de pas au même endroit et à la même époque témoignent de la coexistence de deux types de grands dinosaures herbivores. Cette découverte suggère que cette région était une voie de communication entre deux continents au Crétacé supérieur, peu de temps avant la catastrophe.

Les premières ont été attribuées à des hadrosaures, ces grands dinosaures herbivores à bec de canard et à la puissante mâchoire, connus par des fossiles exhumés en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. Leurs traces sont nombreuses en Alaska. Les secondes seraient dues à des thérizinosaures le groupe des tyrannosaures) principalement retrouvés en Mongolie.

Mesurant plusieurs mètres de hauteur, ils se tenaient sur leurs pattes arrière. Leurs pattes avant, puissamment musclées et longues de deux mètres, étaient armées de trois griffes de 70 centimètres de longueur, en forme de faux (ce qui leur a valu leur nom, thérizinosaure signifiant reptile faucheur). Considérés comme herbivores, ils s’en servaient peut-être pour couper les branches et les feuilles des végétaux, ou bien pour fouiller le sol comme l’ont suggéré certains auteurs.

La formation Cantwell date du Crétacé supérieur, vers 70 millions d’années avant le présent. C’est donc à cette époque qu’ont marché là des troupeaux d’hadrosaures et de thérizinosaures. Les auteurs de l’étude ne sont pas certains de l’exacte contemporanéité du passage des deux groupes, dont les effectifs ne sont d’ailleurs pas connus. Mais la seule présence de thérizinosaures en Alaska est en soi intéressante car assez rarement documentée alors que c’est au cœur de l’Asie qu’ont surtout été retrouvés des fossiles de ce clade de théropodes.

La proximité des deux traces sur le même socle rocheux est, elle, en revanche, une première dans cette région, comme les auteurs l’expliquent dans un article de Scientific Reports ( dont nous publions ci-dessous les références et le résumé). En Mongolie, des restes ou des traces de ces deux familles ont été trouvées mais c’est la première fois qu’une telle coexistence est démontrée en Alaska et même dans toute l’Amérique du Nord.

Selon les auteurs, cette présence plaide pour la similarité, à l’époque, des écosystèmes entre ce qui est aujourd’hui l’Alaska  et le cœur de l’Asie, occupé actuellement par la Mongolie. La région devait être humide et marécageuse. Ce milieu convenait à chacun de ces deux grands herbivores, ce qui suffit à expliquer leur coexistence, rendant inutiles des hypothèses sur des interactions écologiques complexe. À cette époque, concluent-ils, la région, avec le détroit de Bering, devait donc représenter une importante jonction entre l’Amérique et l’Asie pour les dinosaures.

An unusual association of hadrosaur and therizinosaur tracks within Late Cretaceous rocks of Denali National Park, Alaska

Scientific Reports 

volume8, Article number: 11706 (2018) 

Abstract

We report details of a unique association of hadrosaur and therizinosaur tracks found in the Late Cretaceous lower Cantwell Formation, Denali National Park, central Alaska Range, Alaska. This rock unit is now well-documented as a source of thousands of fossil footprints of vertebrates such as fishes, pterosaurs, and avialan and non-avialan dinosaurs. The lower Cantwell Formation in this area consists of numerous fining-upward successions of conglomerates and pebbly sandstones, cross-stratified and massive sandstones, interbedded sandstones and siltstones, organic-rich siltstones and shales, and rare, thin, bentonites, typically bounded by thin coal seams, and it contains a diverse fossil flora. We report the first North American co-occurrence of tracks attributable to hadrosaurs and therizinosaurs in the lower Cantwell Formation. Although previously un-reported in North America, this association of hadrosaur and therizinosaur tracks is more characteristic of the correlative Nemegt Formation in central Asia, perhaps suggesting that parameters defining the continental ecosystem of central Asia were also present in this part of Alaska during the Latest Cretaceous.

12/12/2023 Le Nanuqsaurus hoglundi.

En 2006, des fossiles d’un théropode de taille moyenne, d’une longueur de crâne estimée à environ 60-70 cm, ont été trouvés dans la carrière Kikak-Tegoseak, dans le district de la côte nord de l’Alaska. Ils ont d’abord été attribués au genre Gorgosaurus puis Albertosaurus Leur préparation dans le Perot Museum of Nature and Science (muséum d’histoire naturelle de Dallas) a permis d’y reconnaître un nouveau genreNanuqsaurus a été décrit et nommé par Anthony R. Fiorillo et Ronald S. Tykoski en 2014. L’espèce type est Nanuqsaurus hoglundi.

L’holotype, référencé DMNH 21461, a été trouvé dans une couche de la formation de Prince Creek, datée par datation radiométrique de 69,1 Ma (millions d’années). Il se compose de morceaux du crâne et des mâchoires : la branche nasale du maxillaire droit, un fragment du toit du crâne comprenant une partie des os pariétaux, des os frontaux et un latérosphénoïde droit, ainsi que l’avant du dentaire gauche.

La longueur totale du Nanuqsaurus est estimée à environ 6 à 7 mètres, soit environ la moitié de celle d’un Tyrannosaurus rex. Il était ainsi un peu plus grand qu’un humain ordinaire en taille, le dépassant d’environ une tête. Sa taille en fait un véritable nain parmi les autres tyrannosauridés apparentés

Nanuqsaurus porte sur sa tête une crête d’une forme caractéristique qui montre que ce carnivore était étroitement apparenté au Tyrannosaurus rex. Un caractère distinctif (autapomorphie) du genre est la présence de deux toutes petites dents à l’avant du dentaire.

Selon les paléontologues, il y a environ 70 millions d’années le nord de l’Alaska faisait partie d’un ancien sous-continent appelé Laramidia et subissait un climat froid et de longues périodes d’obscurité et de lumière, avec des saisons où la nourriture n’était pas facilement disponible. Il est probable que la disponibilité des proies augmentait brusquement pendant l’été mais diminuait durant l’hiver, ne laissant aux prédateurs que peu de nourriture. Fiorillo, dans son étude publiée le 12 mars 2014 dans la revue PLOS ONE, a déclaré que ce manque de nourriture pourrait expliquer la taille anormalement petite de Nanuqsaurus hoglundi, puisqu’un gros animal ne peut survivre avec des ressources limitées.

La forme de son crâne suggère que son cerveau avait une zone particulièrement développée consacrée à l’odorat, ce qui semble indiquer que l’animal se fiait beaucoup aux odeurs pour chasser ses proies, comme Tyrannosaurus rex. Il est probable, en raison de sa taille et du climat, que Nanuqsaurus hoglundi était couvert d’une épaisse couche de plumes de duvet, comme certains autres tyrannosaures.

Sources
wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Nanuqsaurus
Science et Avenir La Recherche. Ces dinosaures qui venaient du froid Joel Ignasse N° 921 Novembre 2023 p.83



11/12/2023 Découverte d’une exoplanète géante orbitant autour d’une naine rouge

Les naines rouges dites aussi M dwarfs sont des étoiles relativement froides, avec des températures de surface de moins de 3600 ° et un spectre d’absorption dominé par l’oxyde de titanium. Ce sont les étoiles les plus fréquentes dans la Voie lactée.Autour d’elles orbitent des planètes de taille moyenne, du diamètre de la Terre à celui de Jupiter.

Aussi la découverte récente dans le visible et l’infra-rouge proche faite par le Pr Miguel Morales, cosmologue à l’Université de Washington et par son équipe d’une planète géante orbitant autourde la naine rouge GJ 3512  est si inhabitulle qu’elle devrait conduire à une remise en cause du processus de formation des planètes

Voir Science

https://www.science.org/doi/10.1126/science.aax3198


Abstract

Surveys have shown that super-Earth and Neptune-mass exoplanets are more frequent than gas giants around low-mass stars, as predicted by the core accretion theory of planet formation. We report the discovery of a giant planet around the very-low-mass star GJ 3512, as determined by optical and near-infrared radial-velocity observations. The planet has a minimum mass of 0.46 Jupiter masses, very high for such a small host star, and an eccentric 204-day orbit. Dynamical models show that the high eccentricity is most likely due to planet-planet interactions. We use simulations to demonstrate that the GJ 3512 planetary system challenges generally accepted formation theories, and that it puts constraints on the planet accretion and migration rates. Disk instabilities may be more efficient in forming planets than previously thought.

11/12/23 L’Univers. Une expansion moins rapide que l’on pense ?

On dit souvent que c’est Edwin Hubble qui a découvert l’expansion de l’espace, confirmant une prédiction de la théorie de la relativité générale d’Einstein. Mais, en fait, la réalité est un peu différente. Ce que Hubble a fait, c’est montrer clairement qu’il existait une relation de proportionnalité avec une constante entre le décalage spectral vers le rouge des galaxies et leurs distances à la Voie lactée. Pour lui, ce décalage était un simple effet Doppler.

C’est Georges Lemaître qui non seulement avait découvert la loi avec la constante appelée aujourd’hui de Hubble-Lemaître avant Hubble, mais qui avait compris et montré que cette loi était due à l’étirement de la longueur d’onde d’un photon au cours de son voyage vers nos télescopes. Plus ce voyage avait été long, plus l’expansion de l’espace avait eu le temps de cet étirement. On peut montrer également que cette constante, qui est en quelque sorte une mesure de la vitesse d’expansion du cosmos observable, à un moment de son histoire varie dans le temps.

En observant le rayonnement fossile, la plus vieille lumière de l’Univers, le satellite Planck nous a fourni des données qui sélectionnent une solution possible des équations de la cosmologie. On en déduit des lois d’évolution de constante de Hubble permettant de calculer celle que nous observons aujourd’hui.

Depuis plusieurs années il y a une tension grandissante, comme disent les cosmologistes, entre cette valeur prédite à partir des données très soigneusement analysées de Planck et la mesure de la constante de Hubble-Lemaître déduite de l’étude des supernovae au cours des derniers milliards d’années. Pour avancer, il faudrait peut-être mieux comprendre la nature de l’accélération de l’expansion et pour cela peut-être faire intervenir une nouvelle physique. Techniquement, il faudrait appel à la physique qui se trouve  derrière la constante cosmologique d’Einstein.

D

Un article récemment publié dans Monthly Notices of the Royal Astronomical Society (MNRAS) et dont une version se trouve en accès libre sur arXiv   (en voir ci-dessous les références et le résumé) reprend l’idée que notre univers est moins homogène que nous le pensons. Il postule que notre Galaxie se trouve presque au centre d’une zone de sous-densité de matière dans l’Univers (une sorte de bulle de vide comme celles que l’on connaît entrelacées par des filaments de galaxies et d’amas de galaxies), il est possible d’éliminer la tension de Hubble et de réconcilier toutes les observations.

Pour cela les chercheurs font aussi intervenir la théorie Mond https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_MOND, l’alternative à la théorie de la matière noire qui postule l’existence de particules toujours inobservées sur Terre ou dans l’espace. Mond modifie les lois de la mécanique céleste de Newton, théorie de la gravitation et la loi de la mécanique des particules comprises.

Dans cet article Pavel Kroupa explique que la bulle de sous-densité que lui et ses collègues postulent apparaît avec ce que l’on appelle le Vide KBC –  KBC Void ou Local Hole – nommé d’après les astronomes Ryan Keenan, Amy Barger et Lennox Cowie qui l’ont étudié en 2013, Or il se trouve que la Voie lactée n’est pas très loin de son centre. Le contenu de ce vide relatif est attiré par la matière plus densément répartie entourant cette bulle accélère la formation des structures galactiques. Ceci peut donner l’illusion d’une expansion de l’univers

Rappelons que Indranil Banik, Moritz Haslbauer et Pavel Kroupa avaient proposé il y a déjà des années déjà certaines des idées dont il est question aujourd’hui au sein d’un modèle cosmologique basé sur Mond mais aussi une petite composante de matière noire chaude sous la forme de ce que l’on appelle des neutrinos stériles et qui permettait de résoudre plusieurs problèmes du modèle cosmologique standard comme l’existence du Vide KBC et la tension de Hubble

Référence

A simultaneous solution to the Hubble tension and observed bulk flow within 250 h−1 Mpc

Sergij Mazurenko (Bonn), Indranil Banik (St. Andrews), Pavel Kroupa (Bonn, Prague), Moritz Haslbauer (Bonn)

The Λ cold dark matter (ΛCDM) standard cosmological model is in severe tension with several cosmological observations. Foremost is the Hubble tension, which exceeds 5σ confidence. Galaxy number counts show the Keenan-Barger-Cowie (KBC) supervoid, a significant underdensity out to 300~Mpc that cannot be reconciled with ΛCDM cosmology. Haslbauer et al. previously showed that a high local Hubble constant arises naturally due to gravitationally driven outflows from the observed KBC supervoid. The main prediction of this model is that peculiar velocities are typically much larger than expected in the ΛCDM framework. This agrees with the recent discovery by Watkins et al. that galaxies in the CosmicFlows-4 catalogue have significantly faster bulk flows than expected in the ΛCDM model on scales of 100−250h−1~Mpc. The rising bulk flow curve is unexpected in standard cosmology, causing 4.8σ tension at 200h−1~Mpc. In this work, we determine what the semi-analytic void model of Haslbauer et al. predicts for the bulk flows on these scales. We find qualitative agreement with the observations, especially if our vantage point is chosen to match the observed bulk flow on a scale of 50h−1~Mpc. This represents a highly non-trivial success of a previously published model that was not constrained by bulk flow measurements, but which was shown to solve the Hubble tension and explain the KBC void consistently with the peculiar velocity of the Local Group. Our results suggest that several cosmological tensions can be simultaneously resolved if structure grows more efficiently than in the ΛCDM paradigm on scales of tens to hundreds of Mpc.

Comments:Latex, 9 pages, 4 figures. Published in MNRAS in this form
Subjects:Cosmology and Nongalactic Astrophysics (astro-ph.CO); Astrophysics of Galaxies (astro-ph.GA); General Relativity and Quantum Cosmology (gr-qc)
Cite as:arXiv:2311.17988 [astro-ph.CO]
 (or arXiv:2311.17988v1 [astro-ph.CO] for this version)
 https://doi.org/10.48550/arXiv.2311.17988 Focus to learn more
Related DOI:https://doi.org/10.1093/mnras/stad3357 Focus to learn more


10/12/2023 Eclairer la matière noire

Les galaxies et amas de galaxies de l’Univers visible tournent si vite que la force de gravité produite par la matière observable qu’elles contiennent ne pourrait pas les empêcher de se défaire depuis longtemps sous l’effet de la force centrifuge. C’est pourquoi les scientifiques sont convaincus qu’intervient un élément invisible .

Ce serait une cause qui n’aurait pas encore pu être détectée directement et qui donne à ces galaxies une masse supplémentaire. Elles en tireraient le surplus de gravité dont elles ont besoin pour  retomber sur elles-mêmes  et ne pas se défaire sous l’effet de la force centrifuge. Il s’agit d’une matière que nous ne pouvons pas voir visuellement mais dont nous découvrons peu à peu la présence  grâce à des expériences scientifiques sophistiquées. Elle est appelée « matière noire ».

Mais parler de matière noire n’est pas suffisant. Il faut rechercher les particules constitutives de cette matière noire, même si celles-ci ne sont pas directement visibles. Elles ont été nommées axions. Le terme désigne une classe de particules apparaissant dans les modèles destinés expliquer les mystères de la physique des particules de haute énergie et de la cosmologie, notamment la CP violation . Les axions justifient l’absence de celle-ci dans l’interaction forte, peuvent former des particules de matière noire et être responsables de l’inflation et de la formation des structures dans l’univers naissant

Nous reviendrons ultérieurement sur ces questions

Références

Newscientist 02/12/23
https://www.newscientist.com/article/mg26034670-700-the-wonder-particle-how-axions-could-solve-more-than-just-dark-matter/

CEA 03/05/23
https://www.cea.fr/drf/Pages/Actualites/En-direct-des-labos/2023/detection-daxions-le-demonstrateur-macqu-teste-avec-succes.aspx

Madmax
https://madmax.mpp.mpg.de/

(Astroparticule, 2023
https://www.ca-se-passe-la-haut.fr/2023/04/des-indices-daxions-ultra-legers.html

CERN 2022
https://home.cern/fr/news/news/physics/cast-capp-inches-closer-axion-dark-matter

09/12/2023 Le programme de Vladimir Poutine candidat à l’élection présidentielle du 22 mars 2024

Candidat mais avec quel programme ? Andrei Ilnitsky, conseiller du ministère russe de la Défense et idéologue principal du parti Russie Unie, dans un discours prononcé devant le patriarche de Russie et le président Vladimir Poutine, en a donné les principaux thèmes. Il s’agira de libérer le monde, de la même façon que Saint Georges, Saint Patron des Croyants, avait d’un coup de lance transpercé à mort l’empereur romain Dioclétien, selon une icône, popularisée dans l’Église orthodoxe géorgienne.

En fait, Dioclétien a gouverné l’empire romain de 284 à 305 après JC, date à laquelle il est devenu le premier empereur à démissionner volontairement et à se retirer sans fracas. Avant cela, Dioclétien, soldat de carrière, avait beaucoup bataillé avec les Gaulois, les tribus des Balkans et les Perses, ainsi que les chrétiens de Syrie, avant de décider de s’installer dans son jardin sur l’Adriatique. Selon Ilnitski, Saint Georges représente la Russie, et le coup de lance de Dioclétien représente ce que la Russie fait à l’empire américain sur le champ de bataille ukrainien.

« Ils se battent contre nous »a déclaré Ilnitski, « pour la façon dont les gens pensent, pour la façon dont ils perçoivent le monde. Nous menons actuellement une guerre civilisationnelle pour l’avenir. sur nos propres champs de bataille. Nous gagnerons et nous reviendrons en renaissant, sinon notre identité sera anéantie. C’est exactement ce qui s’est passé en Ukraine trente ans avant le début de l’opération militaire spéciale.»

Vadimir Poutine doit aller plus loin que de transpercer la cuirasse de l’empereur, a répété Ilnitski

« Nous pouvons dire franchement que la dictature d’un hégémon est en train de s’effondrer en décrépitude. Nous le voyons, et tout le monde le voit maintenant. Cela devient incontrôlable et est tout simplement dangereux pour les autres. Cela est clair pour la majorité mondiale. Mais encore une fois, c’est notre pays qui est désormais à l’avant-garde de la construction d’un ordre mondial plus juste. Et je voudrais souligner ceci : sans une Russie souveraine et forte, aucun système international durable et stable n’est possible.»

Lors de ce Conseil populaire mondial de la Russie, Ilnitski a déclaré que les menaces de l’empire américain émanaient d’agressions américaines contre le pays et le peuple. « Je ne parlerai pas d’aspects purement militaires, mais de la façon dont nous ne perdrons pas la guerre de l’opinion dans le monde. C’est ce qu’on appelle l’idéologie. Il y a un mois, la stratégie américaine de sécurité nationale a été adoptée. Les Américains se positionnent comme l’hégémon mondial. Les soi-disant autocraties ont été déclarées ennemies numéro un. En fait , ce sont les États-nations qui mènent une politique souveraine. La Russie est mentionnée 69 fois dans ce document ! Encore plus souvent qu’en Chine. Et l’Ukraine n’est définie que par le seul fait d’être antirusse. La Russie est l’adversaire civilisationnel de l’Occident. Sans l’élimination de la Russie, le développement du monde occidental est impossible. Il ne sera pas possible de normaliser les relations entre les nations en raison des différences profondes qui nous séparent dans les objectifs et les valeurs.»

« En même temps, a poursuivi Ilnitski, la violence est devenue le concept déterminant de la politique occidentale. La guerre est une composante d’un tel monde de violence. Comment vont-ils mettre en œuvre cette violence ? Tout est dit dans la stratégie de défense nationale américaine. Ils nous affrontent sur terre, dans les airs, en mer, dans l’espace. Et aussi dans le domaine de l’information. Désormais, ils aspirent à une domination informationnelle et cognitive. Les chefs d’état-major interarmées américains ont identifié trois domaines d’attaque : la guerre technologique (y compris l’intelligence artificielle) ; la guerre urbaine ; la transition de la domination informationnelle à la domination cognitive-mentale. Les opérations psychologiques seront renforcées autant que possible. Il s’agit de la même guerre mentale dont le but est la destruction de la conscience de soi de l’ennemi », a répété Ilnitski.

« Le Russe est un concept spirituel et politique. Nous sommes de grands intégrateurs. Nous construisons ensemble le commun, sans détruire le particulier. Nous sommes actuellement entraînés vers l’enfer. Donc si nous voulons vaincre l’Occident, nous devons le vaincre dans notre tête. Les victoires sur le champ de bataille suivront les victoires dans le domaine de la pensée et de l’idéologie. Mais l’idéologie n’est pas le produit de l’esprit des politologues. Cela découle de toute l’histoire russe. En Occident, la principale menace est d’ailleurs considérée comme l’offensive des conservateurs russes. Et ici, nos adversaires ont raison. La Russie a donc besoin d’une stratégie de sécurité mentale.»

Andrei Ilnitski travaille au ministère de la Défense en tant que conseiller du ministre Sergueï Choïgou depuis 2015. Il est conseiller d’État de la Fédération de Russie de 3e classe, chef adjoint du Comité exécutif central du parti Russie unie et chef du Département du parti au pouvoir pour le travail avec les environnements, les associations publiques et la communauté d’experts. Au ministère de la Défense, il est considéré comme un expert en matière de guerre de l’information et est réputé pour avoir été l’inventeur du symbole “Z” pour l’opération militaire spéciale en Ukraine. Avant son emploi militaire, il a travaillé sur la stratégie de campagne électorale du gouverneur de la région de Moscou, Andrei Vorobyov.

Dans son discours au Conseil de la semaine dernière, Ilnitski résumait l’analyse détaillée qu’il avait donnée dans une interview accordée à une publication Internet de Kazan en mai dernier. L’importance de ses remarques n’a donc pas encore été prise en compte en Russie et à l’étranger : il expliquait que l’objectif de guerre du ministère de la Défense, et donc celui du Kremlin, n’est pas simplement de détruire l’armée ukrainienne, mais de “démilitariser l’OTAN” sur les territoires de l’Ukraine, de la Pologne et des pays baltes. En bref, ramener l’OTAN aux frontières de l’alliance de 1997 – avant que la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ne rejoignent l’accord en 1999, suivies par la Roumanie, les États baltes et les Balkans en 2004.

(Ilnitski a fait précéder ses déclarations publiques de l’avertissement selon lequel il ne s’agit que de ses opinions personnelles.)

Néanmoins, il repousse officiellement et explicitement les affirmations des responsables ukrainiens, israéliens et américains, ainsi que celles des journalistes répétant ce que leur a dit la CIA, selon lesquelles la fin de la guerre peut être négociée avec Moscou selon les termes du prétendu accord d’Istanbul d’avril 2022. Dans ce qu’Ilnitski pense à haute voix et dit en public, il y a l’indication la plus claire de l’état-major et de la Stavka [NduT : nom donné au gouvernement resserré de la Russie en temps de guerre] que la guerre ne peut pas se terminer sans la capitulation de l’OTAN, et pas seulement sans la défaite du régime de Kiev et de Lvov. .

C’est également la position officielle du ministère russe des Affaires étrangères dans les traités de non-agression qu’il avait présentés aux États-Unis et à l’OTAN le 17 décembre 2021. L es termes en ont été sommairement rejetés par Washington et Bruxelles.

Selon Ilnitski en mai, « nous ne combattons plus contre l’Ukraine, mais contre l’OTAN. La Troisième Guerre mondiale a déjà commencé. Non seulement l’Ukraine est désormais membre de facto de l’OTAN, mais l’Allemagne et la France sont également devenues des partenaires secondaires de l’OTAN. Paris et Berlin ne savaient pas que les Américains, les Britanniques et les Polonais avaient déjà suffisamment armé l’Ukraine pour mener une guerre élargie… l’axe principal de l’OTAN avait changé. Cela ressemble maintenant à ceci : Washington — Londres — Varsovie — Kiev. Autrement dit, dans le dos de la vieille Europe, l’Alliance de l’Atlantique Nord de l’OTAN a été reconstituée, et l’Ukraine est membre de facto de l’OTAN dans une bien plus grande mesure que bon nombre de ses membres de jure.

C’est pourquoi aujourd’hui, notre armée sur le territoire de l’URSS s’occupe non seulement de la démilitarisation et de la dénazification de ce territoire, mais aussi de la démilitarisation de l’OTAN.»

« Le mouvement qui a directement conduit au conflit armé a commencé en 1994, lorsque la décision a été prise d’élargir l’OTAN. Avant cela, les stratèges occidentaux avaient tenté de mettre en œuvre un projet légèrement différent sur le territoire de l’URSS : créer avec l’Ukraine une vitrine de la démocratie occidentale sur le territoire du monde russe. Mais ce plan échoua assez rapidement et lamentablement. L’Ukraine s’est révélée être un État en faillite, un État insolvable auquel l’Occident a assigné le rôle d’une entité antirusse de première ligne, dont la fonction a été réduite à un processus de pression constante sur la Russie. En 2014, cela a pris la forme d’un coup d’État, à la suite duquel une junte est arrivée au pouvoir et a commencé la transition vers la phase brûlante. Le processus de création d’un pays mercenaire doté d’une fonctionnalité antirusse à partir de l’entité appelée Ukraine s’est alors considérablement accéléré.»

« En 2022, le projet d’un pseudo-État construit exclusivement sur une base antirusse et prêt non seulement à des actions défensives mais aussi offensives contre la Russie avait été mis en œuvre sous une forme assez complète sur le territoire de l’ex-RSS d’Ukraine… L’Occident s’inquiète déjà de l’épuisement de ses réserves militaires, qui commence à affecter directement et à miner le niveau de sécurité nationale et de défense des États-Unis et de l’OTAN. À cet égard, il est intéressant d’apprendre qu’au début du printemps 2023, le Pentagone a utilisé un dépôt de munitions américain en Israël pour fournir à l’Ukraine des obus de 155 millimètres destinés aux obusiers M-777 fournis par les États-Unis. Le fait est que cet entrepôt a été créé en 1973 à des fins spéciales et ne pouvait être utilisé qu’en cas d’urgence. Avant cela, Israël n’avait été autorisé à y avoir accès qu’une seule fois – en 2006, lors de la guerre contre le Liban. Néanmoins, selon des responsables israéliens et américains, en avril, plus de la moitié des 300 000 obus provenant de cet entrepôt avaient déjà été expédiés via la Pologne vers l’Ukraine. Ainsi, en 2022, les livraisons d’armes à Kiev ont dépassé de dix fois le volume des huit années précédentes. Les États-Unis ont dépensé plus de 50 milliards de dollars dans ce domaine, soit plus que tous les autres pays réunis. »

« La ‘Hyène de l’Europe’ [la Pologne selon la caractérisation de Winston Churchill dans ses mémoires, ‘The Gathering Storm’] est maintenant devenue très vivante et commence à justifier son objectif dans la pratique. Ainsi, des informations ont récemment été publiées selon lesquelles plusieurs milliers de professionnels, principalement issus des structures de renseignement et de gestion, auraient brusquement quitté l’armée polonaise. Cela s’explique par leur mécontentement à l’égard de leur salaire, mais ma version est que cela pourrait être un élément d’un processus complètement différent.»

« Rappelons-nous comment, début 2023, le Bureau national anti-corruption d’Ukraine (NABU) est devenu intensément actif sur le territoire de l’URSS – de jure ukrainien, et de facto un service spécial purement occidental. Des dizaines de spécialistes de niveau intermédiaire ont été arrêtés presque chaque jour, des responsables importants ont démissionné bruyamment et les menaces de continuer à agir “quelle que soit la situation” persistent. Et ici se pose la question : ces processus sont-ils liés, étant donné que l’été dernier ont été votées des lois permettant aux citoyens polonais d’occuper des postes dans la fonction publique ukrainienne, de se déplacer tranquillement et de vivre sur le territoire de l’URSS ? Ce qui se passe ressemble beaucoup à une sorte de nettoyage avec l’élimination des restes de l’État et de la bureaucratie ukrainienne avec la perspective de leur remplacement par des responsables polonais et occidentaux.

Autrement dit, il semble que pendant que nos collègues [de l’OTAN] placent des conseillers d’état-major dans les bunkers et que des Ukrainiens meurent en masse dans les tranchées pour les intérêts de l’Occident, ce dernier a lancé le processus de formation du personnel d’une administration d’occupation pour diriger la population et les territoires de l’URSS. Ceci est ma version de travail.

« Nous – il faut le comprendre clairement – sommes une pierre d’achoppement, un obstacle civilisationnel fondamental au développement de l’Occident. Leur politique visera donc à détruire la Russie au cours de la prochaine décennie. Le but de la guerre mentale de l’Occident est notre histoire, notre culture et notre éducation – le noyau substantiel de notre civilisation, dont la base organisationnelle est un État fort qui assure la sécurité du pays.

La guerre mentale, comme les autres, comporte trois niveaux : tactique, opérationnel et stratégique. Son niveau tactique le plus bas est la confrontation de l’information. Son niveau opérationnel concerne les opérations d’information cognitive, y compris l’utilisation d’éléments d’intelligence artificielle. En termes simples, si le premier niveau concerne ce que les gens entendent et voient, le second concerne la manière dont ils interprètent l’information et pensent. Son niveau stratégique est idéologique. C’est ainsi que les gens se perçoivent : ce qu’ils sont, qui ils sont et ce pour quoi ils vivent.

« L’idéologie est un domaine de guerre mentale. Les États hautement organisés n’existent pas sans idéologie. Sur le territoire de l’URSS, nous menons une guerre idéologique/mentale précisément pour notre compréhension russe – au sens ontologique – de notre façon de vivre. Nous luttons contre le monde du mensonge, menant une guerre civilisationnelle dans laquelle les événements sur le territoire de l’URSS ne sont qu’une étape d’une confrontation globale avec l’Occident. »

Après Ilnitski au Congrès, Poutine a explicitement adopté l’idée selon laquelle le cheval de l’idéologie tire désormais le char de la survie nationale – et pas seulement pour la Russie. « Mes amis, a déclaré le président Poutine, notre combat pour la souveraineté et la justice est, sans exagération, un combat de libération nationale, car nous défendons la sécurité et le bien-être de notre peuple, ainsi que notre droit historique suprême à être la Russie – un pays fort. un pouvoir indépendant, un État civilisationnel. C’est notre pays, c’est le monde russe qui a bloqué la voie à ceux qui aspiraient à la domination mondiale et à l’exception, comme cela s’est produit à plusieurs reprises dans l’histoire. Nous luttons désormais non seulement pour la liberté de la Russie mais pour celle du monde entier. Nous pouvons dire franchement que la dictature d’un hégémon est en train de décrépiter. Nous le voyons, et tout le monde le voit maintenant. Cela devient incontrôlable et est tout simplement dangereux pour les autres. Cela est désormais clair pour la majorité mondiale. Mais encore une fois, c’est notre pays qui est désormais à l’avant-garde de la construction d’un ordre mondial plus juste. Et je voudrais souligner ceci : sans une Russie souveraine et forte, aucun système international durable et stable n’est possible.»

Quelles conditions de fin de guerre Poutine a-t-il proposées ?

« Nous connaissons la menace à laquelle nous nous opposons. La russophobie et d’autres formes de racisme et de néonazisme sont presque devenues l’idéologie officielle des élites dirigeantes occidentales. Ils sont dirigés non seulement contre les Russes de souche, mais contre tous les groupes vivant en Russie : Tatars, Tchétchènes, Avars, Touvins, Bachkirs, Bouriates, Yakoutes, Ossètes, Juifs, Ingouches, Mari et Altaï. Nous sommes nombreux, je ne pourrai peut-être pas nommer tous les groupes maintenant, mais encore une fois, la menace est dirigée contre tous les peuples de Russie. En principe, l’Occident n’a pas besoin d’un pays aussi vaste et multiethnique que la Russie. Notre diversité et notre unité de cultures, de traditions, de langues et d’ethnies ne correspondent tout simplement pas à la logique des racistes et des colonisateurs occidentaux, à leurs plans cruels de dépersonnalisation totale, de séparation, de répression et d’exploitation. C’est pourquoi ils ont repris leur vieux discours : ils disent que la Russie est une « prison des nations » et que les Russes sont une « nation d’esclaves ». Nous avons entendu cela à maintes reprises au cours des siècles. Aujourd’hui, nous entendons également dire que la Russie doit apparemment être « décolonisée ». Mais que veulent-ils réellement ? Ils veulent démembrer et piller la Russie. S’ils ne peuvent pas le faire par la force, ils sèment la discorde.»

« Je voudrais souligner que nous considérons toute ingérence ou provocation extérieure visant à inciter à un conflit ethnique ou religieux comme des actes d’agression contre notre pays et une tentative d’utiliser une fois de plus le terrorisme et l’extrémisme comme une arme contre nous, et nous réagirons en conséquence. »

En théorie, cette nouvelle doctrine de libération nationale russe et de soutien russe à la libération nationale des autres pays luttant contre l’empire américain devrait soutenir la lutte du Hamas contre Israël à Gaza, la lutte palestinienne contre Israël et, plus largement, la lutte arabe et iranienne contre l’empire américain, ici le combinaison américano-israélienne. Ce n’est pas nouveau en Russie : Vladimir Lénine a lancé l’idée d’un soutien à la libération nationale mondiale ; Nikita Khrouchtchev l’a élargi pour en faire la politique étrangère soviétique en janvier 1961. »

Remarques

Ce qui constitue une difficulté dans la pensée et la planification russes actuelles, c’est la guerre en Palestine et la position – militaire et idéologique – que Poutine devrait adopter à l’égard d’Israël et de la Palestine. Ilnitski  n’a pas mentionné le conflit israélo-arabe dans son discours cité ci-dessus ni dans son interview de mai.

Poutine n’y a pas non plus fait référence. Il a cependant mentionné les Juifs, mais seulement dans une liste de groupes composant la société multiethnique russe. La position de Poutine était qu’il conserverait le soutien impartial de la Russie à la fois à l’État juif et aux États musulmans de Palestine, au monde arabe et à l’Iran, afin de prévenir et de combattre « toute ingérence ou provocation extérieure visant à inciter à un conflit ethnique ou religieux en tant qu’actes d’agression contre notre pays et une tentative d’utiliser une fois de plus le terrorisme et l’extrémisme comme une arme contre nous. Si cela devenait le cas, nous réagirons en conséquence»

Les remarques de Poutine ne montrent pas clairement comment la politique de soutien aux guerres de libération nationale en dehors de la Russie et la lutte contre le « terrorisme et l’extrémisme » en Russie peuvent être interprétées sans contradiction. Une évaluation détaillée réalisée par des juristes et des criminologues russes a conclu en 2018 que les tentatives de définition du terrorisme et de l’extrémisme dans le code pénal « reposent principalement sur des méthodes par essais et erreurs… [et] en raison de la politisation excessive du processus législatif, la portée des actions pénalement responsables n’ont cessé de se développer… Il est nécessaire de divulguer clairement et distinctement la nature du crime pour une application ultérieure – c’est-à-dire à la fois pour le criminel potentiel et pour l’agent chargé de l’application de la loi. »

La conclusion de cette étude est ceci : « Le principal problème (qui concerne à la fois le terrorisme et l’extrémisme) résultant de la conjoncture politique dans la législation [est que] le champ d’application de l’interdiction a commencé à s’étendre de manière incontrôlée, ce qui a conduit à un encombrement excessif des dispositions des normes et à l’incertitude de la composition du crime… Des théories erronées ou limitées sur les causes et les conséquences des changements, incorporées dans les amendements aux lois, ralentissent également le processus de lutte contre la criminalité. »

Un analyste politique moscovite bien informé admet qu’il existe une contradiction potentielle entre la libération nationale et le terrorisme dans la politique et l’idéologie russes, et que le Kremlin doit encore la résoudre entre sa sympathie apparente pour Israël et la majorité des Russes et des militaires qui soutiennent la Palestine. « Le fait d’être pour ou contre le Hamas ne fait plus aucune différence », explique la source, « car sa capacité à fournir une quelconque administration à Gaza est maintenant décimée, même si sa guérilla ne l’est pas ». Les déclarations en faveur d’une solution à deux États ont encore moins de poids et de crédibilité. « Les actions et le discours du gouvernement doivent s’orienter vers le maintien en vie de Gaza, puis vers l’autonomie sans occupation israélienne, et enfin vers l’apport d’une aide et d’un soutien considérables à la Cisjordanie, tout en renforçant les forces du Nord [Hezbollah]. »

Selon la source russe précitée « Je pense que l’échec de la Russie et de la Chine ne réside pas dans le fait de critiquer le Hamas. Le Hamas est une toute autre affaire et vous pouvez comprendre que personne ne veuille s’identifier publiquement à lui. L’échec, c’est de ne pas avoir soutenu la cause palestinienne au fil des décennies. Aller en Syrie et ne pas défendre l’ensemble du territoire, c’est un échec. Ne pas s’opposer à Israël en Syrie est un échec encore plus grand. Ne pas s’opposer aux phobies américaines sous toutes leurs formes et exécutées à travers leurs guerres a été un échec, – jusqu’à aujourd’hui. »

« Pour la Russie, ce que nous voyons est le début d’un nouveau cycle d’une décennie, – les dirigeants du Fatah sont âgés et en fin de vie. Le Hamas sera largement détruit. Personne ne lui viendra en aide. Le Hezbollah en sortira intact – même s’il se bat maintenant. Je vois donc la nécessité d’une intervention  – purement humanitaire – pour briser le blocus israélien de Gaza, qui serait à la fois importante et ne fournirait pas de couverture militaire au Hamas. L’avenir devrait être marqué par un mouvement national et international massif au sein de la Russie et de la Chine pour briser le blocus de Gaza, suivi d’une couverture aérienne contre les Israéliens pour Gaza, la Syrie et le Liban ».



09/12/2023 L’Islam selon Geert Wilders


Geert Wilders est membre du Parlement néerlandais et président du Parti pour la Liberté des Pays-Bas ? Ci-dessous des extraits de son discours au Four Seasons à New York, présentant une Alliance des Patriotes;
Ce contenu ne recueille pas nécessairement l’accord de notre Comité de rédaction. Disons pour simplifier qu’il confond trop souvent la religion musulmane, défendable comme toutes les autres religions, et l’islamisme

https://en.wikipedia.org/wiki/Geert_Wilders

.Chers amis, merci beaucoup de m’avoir invité. Je viens en Amérique avec une mission. Tout ne va pas bien dans le vieux monde. Un énorme danger nous menace et il est très difficile d’être optimiste. Nous pourrions être dans les dernières étapes de l’islamisation de l’Europe.

Tout d’abord, je décrirai la situation sur le terrain en Europe. L’Europe que vous connaissez est en train de changer. Dans toutes les villes européennes, il existe un autre monde. C’est le monde de la société parallèle créée par la migration massive des musulmans. Partout en Europe, une nouvelle réalité apparaît : des quartiers musulmans entiers où très peu d’européens résident ou sont même vus. Et s’ils le font, ils pourraient le regretter. C’est le monde des foulards, où les femmes se promènent cachées dans des abayas sans silhouette. Leurs maris marchent à trois pas devant.

Des quartiers avec des mosquées à de nombreux coins de rue. Ce sont des quartiers musulmans et ils se multiplient dans toutes les villes d’Europe. Ils sont les éléments constitutifs du contrôle territorial de portions de plus en plus grandes de l’Europe, rue par rue, quartier par quartier, ville par ville. Il existe aujourd’hui des milliers de mosquées dans toute l’Europe. Et dans chaque ville européenne, il est prévu de construire des super-mosquées qui éclipseront toutes les églises de la région. Le signal est le suivant : nous régnons. De nombreuses villes européennes sont déjà à un quart musulmanes : il suffit de prendre Amsterdam, Marseille et Malmö en Suède. Dans de nombreuses villes, la majorité des moins de 18 ans est musulmane. Mohammed est le prénom le plus populaire parmi les garçons dans de nombreuses villes.

Dans certaines écoles élémentaires d’Amsterdam, la porcherie présente dans touts les exploitations agricoles européennes ne peut plus être mentionnée, car cela reviendrait également à mentionner le cochon, ce qui serait une insulte aux musulmans. De nombreuses écoles publiques en Belgique et au Danemark ne servent que de la nourriture halal à tous les élèves. Dans une Amsterdam autrefois tolérante, les homosexuels sont battus sont brutalisés par des musulmans. Les femmes non musulmanes s’entendent régulièrement traitées de putain. La semaine dernière, à Bruxelles, un homme a failli mourir après avoir été battu par des musulmans parce qu’il buvait pendant le Ramadan. Dans toutes les écoles il est conseillé aux enseignants d’éviter les auteurs jugés offensants pour les musulmans, notamment Voltaire et Diderot ; la même chose est de plus en plus vraie pour Darwin.

En Angleterre, les tribunaux de la charia font désormais officiellement partie du système juridique britannique. De nombreux quartiers en France sont des zones interdites aux femmes sans foulard. Les Juifs fuient la France en nombre record, en quête de la pire vague d’antisémitisme depuis la Seconde Guerre mondiale.

Au total, cinquante-quatre millions de musulmans vivent aujourd’hui en Europe. L’Université de San Diego a récemment calculé que d’ici 12 ans, 25 % de la population européenne sera musulmane. Bernhard Lewis a prédit une majorité musulmane d’ici la fin de ce siècle. Ceci dit, ce ne sont que des chiffres. Et les chiffres ne seraient pas menaçants si les immigrants musulmans avaient un fort désir de s’assimiler. Mais il y a peu de signes de cela. Le Pew Research Center a rapporté que la moitié des musulmans français considèrent leur loyauté envers l’Islam comme plus grande que leur loyauté envers la France. Un tiers des musulmans français ne s’opposent pas aux attentats suicides. Le Centre britannique pour la cohésion sociale a rapporté qu’un tiers des étudiants musulmans britanniques sont favorables à un califat mondial.

Les musulmans exigent ce qu’ils appellent le « respect ». Et c’est ainsi que nous leur donnons du respect. Nous avons des jours fériés officiels musulmans. Le procureur général démocrate-chrétien est prêt à accepter la charia aux Pays-Bas s’il y a une majorité musulmane. Les revendications musulmanes sont soutenues par des comportements illégaux, allant des délits mineurs et des violences aléatoires, par exemple contre les ambulanciers et les chauffeurs de bus, jusqu’aux émeutes à petite échelle. Paris voit des soulèvement dans certaines banlieues populaires, certaines « cités ». J’appelle les auteurs de ces actes des «colonisateurs ». Parce que c’est ce qu’ils sont. Ils ne viennent pas s’intégrer dans nos sociétés ; ils viennent intégrer notre société dans leur Dar-al-Islam.

Si c’est bon pour l’Islam, c’est bien. Si c’est mauvais pour l’Islam, c’est mauvais. Que personne ne vous trompe sur le fait que l’islam est essentiellement une idéologie politique. C’est un système qui fixe des règles détaillées pour la société et la vie de chacun. L’Islam veut dicter tous les aspects de la vie. Islam signifie « soumission ». L’Islam n’est pas compatible avec la liberté et la démocratie, car ce qu’il défend, c’est la charia. Si vous voulez comparer l’Islam à quoi que ce soit, comparez-le au communisme ou au national-socialisme, ce sont toutes des idéologies totalitaires. Vous savez maintenant pourquoi Winston Churchill a qualifié l’Islam de « force la plus rétrograde au monde » et pourquoi il a comparé Mein Kampf au Coran.

Le public a accepté sans réserve le récit palestinien et considère Israël comme l’agresseur. J’ai vécu dans ce pays et je l’ai visité des dizaines de fois. Je soutiens Israël. Premièrement, parce qu’elle est la patrie juive après deux mille ans d’exil jusqu’à Auschwitz inclus ; deuxièmement parce que c’est une démocratie, et troisièmement parce qu’Israël est notre première ligne de défense. Ce petit pays est situé sur la ligne de front du jihad, ce qui contrecarre l’avancée territoriale de l’Islam. Israël est en première ligne du jihad, comme le Cachemire, le Kosovo, les Philippines, le sud de la Thaïlande, le Darfour au Soudan, le Liban e t Aceh en Indonésie. Israël est un obstacle.

Israël reçoit simplement les coups qui nous sont tous destinés. S’il n’y avait pas eu Israël, l’impérialisme islamique aurait trouvé d’autres moyens de libérer son énergie et son désir de conquête. Grâce aux parents israéliens qui envoient leurs enfants à l’armée et restent éveillés la nuit, les parents d’Europe et d’Amérique peuvent dormir et rêver sans se rendre compte des dangers qui les menacent. Beaucoup en Europe plaident en faveur de l’abandon d’Israël afin de répondre aux doléances de nos minorités musulmanes.

Mais si Israël devait, à Dieu ne plaise, s’effondrer, cela n’apporterait aucun réconfort à l’Occident. Cela ne signifierait pas que nos minorités musulmanes changeraient tout d’un coup de comportement et accepteraient nos valeurs. Au contraire, la fin d’Israël donnerait un énorme encouragement aux forces de l’Islam. Ils considéreraient, à juste titre, la disparition d’Israël comme la preuve que l’Occident est faible et condamné. La fin d’Israël ne signifierait pas la fin de nos problèmes avec l’Islam, mais seulement le début. Cela signifierait le début de la bataille finale pour la domination mondiale. S’ils peuvent avoir Israël, ils peuvent tout avoir.

Dans mon pays, les Pays-Bas, 60 pour cent de la population considère désormais l’immigration massive de musulmans comme la première erreur politique depuis la Seconde Guerre mondiale. Et 60 pour cent considèrent l’Islam comme la plus grande menace pour notre pays..

08/12/2023 L’hydrogène est pressé. Il prendra l’avion

Le gouvernement français communique
L’hydrogène, une filière d’avenir

La filière de l’hydrogène devrait créer plus de 100 000 emplois d’ici à 2030. Les profils d’ingénieurs sont actuellement les plus recherchés, mais des recrutements de techniciens et d’opérateurs seront rapidement nécessaires pour assurer l’exploitation et la maintenance des installations.

L’hydrogène jouera un rôle essentiel pour atteindre la neutralité carbone en 2050, en particulier pour les secteurs industriels ou de la mobilité qui n’ont pas d’autres solutions pour se décarboner (sidérurgie, cimenterie, mobilité lourde..). D’où l’importance de disposer d’une filière française suffisamment forte.

Avec le plan France 2030 l’État investit massivement dans la structuration de la filière de l’hydrogène décarboné (hydrogène vert) et vise à être un des leaders mondiaux. La France se donne ainsi l’ambition de pouvoir compter sur son sol au moins quatre giga-usines d’électrolyseurs et l’ensemble des technologies nécessaires à l’utilisation de l’hydrogène. Ce qui demande un effort conséquent sur les compétences pour accompagner ce déploiement industriel massif.

L’aviation civile a manifestement commencé à comprendre le message…..

Ecopulse
https://www.daher.com/ecopulse/

Conçu par Daher, Safran et Airbus, avec le soutien du CORAC (Conseil pour la Recherche Aéronautique Civile) et de la DGAC, EcoPulse est un démonstrateur d’avion à propulsion hybride distribuée. Il s’inscrit comme l’un des projets collaboratifs majeurs de la filière aéronautique française et contribue ainsi aux objectifs de décarbonation du transport aérien à l’horizon 2050.

Dévoilé au Salon du Bourget 2019, ce démonstrateur à l’architecture innovante de Daher, Safran et Airbus s’inscrit comme l’un des projets collaboratifs majeurs de la filière aéronautique française, dans le cadre du plan de relance du gouvernement français présenté en juin dernier. En posant les bases d’avions légers pour la fin de la décennie, il permettra de mettre au point des technologies réduisant l’empreinte environnementale des avions commerciaux de demain, contribuant ainsi aux objectifs de décarbonation du transport aérien à l’horizon 2050.

Après plus d’un an de développements à partir d’une plateforme d’avion léger fournie par Daher, le projet franchit aujourd’hui une étape clé avec le passage réussi de la Preliminary Design Review (PDR) qui permet de valider et de figer les principes constructifs du démonstrateur, son niveau de sécurité et la compatibilité du système avec l’utilisation de l’avion.

Le projet entre désormais dans sa phase de conception détaillée des systèmes fournis par Safran et Airbus en parallèle du lancement de l’assemblage du prototype par Daher.

En charge de l’installation des composants et systèmes, des essais en vol, de la conception globale et de la construction réglementaire, Daher a adapté sa plateforme d’avion afin d’assurer l’intégration et la compatibilité d’un système hybride à propulsion distribuée avec le niveau de sécurité nécessaire.

Le passage réussi de la PDR permet à Daher d’entamer la phase d’assemblage du démonstrateur sur son site de Tarbes, où ont été conçues et réceptionnées les premières pièces. L’entrée en chaîne d’assemblage final est prévue pour la fin 2021, le premier vol devant intervenir courant 2022.

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Zeroavia
https://zeroavia.com/
Le concepteur anglo-américain ZeroAvia veut mettre en service ses appareils à partir de 2025.

ZeroAvia fait parler d’elle depuis quelques années déjà. En 2020, elle faisait voler un avion de six places propulsé uniquement par des moteurs électriques à hydrogène, ce qui laissait déjà présager une évolution rapide de ce nouveau marché. Ce mois-ci, elle a fait voler un avion plus imposant : un bimoteur Dornier 228.

Sous son aile gauche se trouvait un moteur électrique à hydrogène, baptisé ZA-600 et alimenté par deux piles à combustible, mais également par des batteries lithium-ion offrant plus de puissance au décollage et plus de sécurité en cas de défaillance. Le vol s’est déroulé sans encombre et a atteint une altitude de 60 mètres pendant un peu moins de 10 minutes. Le fondateur de ZeroAvia, Val Miftakhov, reste satisfait de l’essai et déclare : « Nous venons de faire voler le plus grand avion hybride à hydrogène avec un moteur commercialisable sur un avion commercial. Nous sommes sur la bonne voie pour une entrée en service dans deux petites années. »

Si l’entreprise veut faire certifier le concept d’ici à un an, elle a encore quelques efforts à fournir. En effet, les packs de batteries, les piles à combustible et les réservoirs d’hydrogène étaient tous situés dans la cabine. Pour passer à la configuration commerciale, ils devront être placés dans un stockage externe. Par ailleurs, sous son aile droite, l’avion dispose encore d’un moteur à réaction conventionnel, par sécurité.

Cependant, ZeroAvia est très optimiste. Elle a déjà enregistré entre 600 et 700 précommandes pour des appareils à motoriser, et elle compte commercialiser un avion de 9 à 19 places à l’horizon 2025. De plus, l’entreprise, qui bénéficie d’investissements conséquents de la part d’Amazon et de son Climate Pledge Fund, travaille sur des moteurs plus puissants dans le but d’équiper des engins de 90 places dans la décennie.

L’hydrogène doit encore faire ses preuves, tant du point de vue de sa viabilité commerciale que de sa capacité réelle à réduire les émissions de gaz à effet de serre. En effet, la production du carburant est coûteuse en énergie, et s’il est envisagé de l’alimenter par des sources renouvelables, certains décrient les moteurs électriques à hydrogène pour leur consommation d’énergie globalement plus importante que celle des moteurs électriques à batterie. Enfin, s’il est beaucoup plus évident de concevoir ce type d’avion, l’infrastructure pour produire le carburant, le stocker et le fournir doit encore être généralisée dans les aéroports. Cela limite donc son attrait commercial pour le moment.

Sources : EngadgetLe Journal de l’Aviation

07/12/2023 La conscience, un sujet de controverse

En 2004, le neuroscientifique bien connu Giulio Tononi a proposé une théorie mathématique de la conscience connue sous le nom de théorie de l’information intégrée (ITT). La conscience reste l’un des plus grands mystères de la science dont la nature insaisissable a suscité de nombreuses théories et débats. 

A l’heure de l’intelligence artificielle, la question se trouve non seulement d’actualité mais elle pose la question des états de conscience que peuvent ressentir les animaux doté d’un cerveau moins riche en neurones associatifs que le nôtre, à plus forte raison les animaux qui comme la pieuvre sont dépourvus de cerveau anatomiquement définis.

L’ITT suggère que la conscience émane d’un système qui génère plus d’informations en tant qu’ensemble intégré que la somme de ses parties. La mesure clé de l’IIT est appelée Φ (phi), une mesure de l’information intégrée dans un système. En termes simples, elle quantifie l’information qui est générée par l’ensemble du système, au-delà de ce qui est produit par ses parties individuelles. Plus le phi est élevé, plus le système est considéré comme conscient.

Pourtant l’ITT ne constitue pas à elle seule l’explication de ce qu’est la conscience Aussi la théorie est aujourd’hui battue en brèche voire même réfutée jusqu’à être qualifiée de “non scientifique”. Il faudrait donc en revenir à Karl Popper, spécialiste en la matière, selon lequel “le critère de la scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter ou encore de la tester » (Conjectures et réfutations, La croissance du savoir scientifique, pp. 64-65).

Les critères retenus dans l’article pour juger de la scientificité de la théorie ITT font appel à divers procédés, mais il n’est aucunement question de tester la théorie en s’appuyant sur “des expériences cruciales » selon le terme de Popper. Peut-être le problème est-il mal abordé et les arguments non appropriés (Consciousness theory ‘is pseudoscience’)?

Que l’on se rassure. Si l’état de conscience d’un individu est difficile à définir, l’état opposé, dit de perte de conscience, saute immédiatement aux yeux.

07/12/2023 Risque de chaos au centre de la Voie Lactée

Les étoiles dites S-Stars qui orbitent au centre de notre galaxie, autour du trou noir supermassif Sagittarius A* marquant ce centre, ont des orbites si chaotiques qu’il est impossible de simuler leurs positions au delà de 460 ans.

Les orbites des corps célestes sont difficiles à prévoir avec précision, car la plus petite erreur d’observation se traduit par des déviations importantes. La difficulté est accrue quand ces orbites sont proches, car les erreurs s’accumulent.

Aujourd’hui, l’astronome Simon Protegies Zwaert et ses collègues de l’Université de Leiden en Hollande ont mis au point un algorithme nommé Brutus. Celui-ci permet de simuler les mouvements des objets dits à N-corps, https://fr.wikipedia.org/wiki/Probl%C3%A8me_%C3%A0_N_corps. Il conserve les décimales des centaines de fois au delà de la virgule, ce qui le rend très lent à dérouler.

Appliqué aux mouvement des étoiles orbitant au centre de la galaxie, cet algorithme montre que les orbites des S-Stars proches de ce centre deviennent imprévisibles bien avant 460 ans.

Ceci tient à un phénomène dit du chaos ponctué. Les orbites apparaissent stables pendant un certain temps, jusqu’à ce que deux ou trois de ces S-Stars rapprochent un peu leurs orbites. Ce mouvement retentit sur la position du trou noir et rapidement sur celles des étoiles proches, bouleversant leurs trajectoires.

Il n’est pas certain que le système solaire puisse échapper aux conséquences de cette évolution. Nous devrons en prendre notre parti. C’est ainsi que l’univers a évolué depuis le Big Bang

Pour plus de détails, voir https://www.techno-science.net/actualite/27-etoiles-trou-noir-grand-chaos-N23756.html

Référence

Punctuated chaos and the unpredictability of the Galactic Centre S-star orbital evolution 

Simon F Portegies Zwart, Tjarda C N Boekholt, Douglas C Heggie

Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, Volume 526, Issue 4, December 2023, Pages 5791–5799, https://doi.org/10.1093/mnras/stad2654

Published:

07 September 2023

ABSTRACT

We investigate the chaotic behaviour of the S-star cluster in the Galactic Centre using precise N-body calculations, free from round-off or discretization errors. Our findings reveal that chaos among the Galactic Centre S-stars arises from close encounters, particularly among pairs and near the massive central body. These encounters induce perturbations, causing sudden changes in the orbital energies of the interacting stars. Consequently, neighbouring solutions experience roughly exponential growth in separation. We propose a theory of ‘punctuated chaos’ that describes the S-star cluster’s chaotic behaviour. This phenomenon results from nearly linear growth in the separation between neighbouring orbits after repeated finite perturbations. Each participating star’s orbit experiences discrete, abrupt changes in energy due to the perturbations. The cumulative effect of these events is further amplified by the steady drift in orbital phase. In the Galactic Centre, perturbations originate from coincidental encounters occurring within a distance of ≲100 au between at least two stars (in some cases, three stars). Our model satisfactorily explains the observed exponential growth in the 27 S-stars cluster. We determine that the S-star system has a Lyapunov time-scale of approximately 462 ± 74 yr. For the coming millennium, chaos in the S-star cluster will be driven mainly by a few of the closest orbiting stars: S2, S5, S6, S8, S9, S14, S18, S31, S21, S24, S27, S29, and S38.