L’article de Nature, dont nous publions ci-dessous les références et l’abstract, a été écrit en avril 2019 par une équipe de neuroscientifiques de l’Ecole de Médecine de Yale, aux Etats-Unis, dirigés par Zvonimir Vrselja. Ils réussirent à rétablir les fonctions, autrement à ressusciter, le cerveau d’un porc dit cochon domestique ou Sus domesticus décapité quatre heures auparavant dans un abattoir voisin.
Ils injectèrent à cette fin dans les vaisseaux sanguins dudit cerveau un cocktail spécial d’agents de préservation. Ils virent alors le cerveau quitter l’état cadavérique dans lequel il se trouvait pour récupérer ses principales fonctions vitales élémentaires, qu’ils croyaient détruites en l’absence du flux sanguin habituel. Le cerveau n’était pas « vivant » mais il n’était pas « mort ».
Depuis, l’équipe de Yala applique cette technique à des cerveaux humains. Ils justifient ce risque compte tenu des considérables avantages qui en résulteront en cas de succès.
Parmi ceux-ci viendrait en premier la découverte de médicaments permettant de restaurer les principales fonctions d’un cerveau momentanément arrêté, à la suite d’une opération chirurgicale ou d’un accident.
Plus gravement se pose la question de savoir quand une personne est définitivement morte afin de n’arrêter les soins qu’à bon escient. Depuis les anciens Grecs, l’arrêt de la respiration était la preuve de la mort. Des chandelles ou de petits miroirs avaient été mis en service pour constater ce qu’il en était.
Qu’en sera-t-il dorénavant ? Vraisemblablement des techniques de sonde cervicale devront être utilisées dans les cas complexes, à moins de conserver les corps jusqu’à début de putréfaction comme cela se faisait souvent dans certains hôpitaux du passé.
Référence
Published: 17 April 2019
Restoration of brain circulation and cellular functions hours post-mortem
- Zvonimir Vrselja, and others
Nature volume 568, pages 336–343 (2019)
- Abstract
The brains of humans and other mammals are highly vulnerable to interruptions in blood flow and decreases in oxygen levels. Here we describe the restoration and maintenance of microcirculation and molecular and cellular functions of the intact pig brain under ex vivo normothermic conditions up to four hours post-mortem. We have developed an extracorporeal pulsatile-perfusion system and a haemoglobin-based, acellular, non-coagulative, echogenic, and cytoprotective perfusate that promotes recovery from anoxia, reduces reperfusion injury, prevents oedema, and metabolically supports the energy requirements of the brain. With this system, we observed preservation of cytoarchitecture; attenuation of cell death; and restoration of vascular dilatory and glial inflammatory responses, spontaneous synaptic activity, and active cerebral metabolism in the absence of global electrocorticographic activity. These findings demonstrate that under appropriate conditions the isolated, intact large mammalian brain possesses an underappreciated capacity for restoration of microcirculation and molecular and cellular activity after a prolonged post-mortem interval.
